samedi 6 février 2016

Eric Emmanuel Schmitt [3]

Elixir d'amour
Elle est avocate et mutée à Montréal, il est psychanalyste installé à Paris, ils sont anciens amants, mais la messe n'est pas dite. Eric Emmanuel Schmitt invente le théâtre épistolaire : grâce à l'immédiateté de la messagerie, les réponses fusent ou se font attendre... Il me semble (car mes souvenirs ne sont pas des plus récents) qu'il a puisé son inspiration dans Les liaisons dangereuses - d'ailleurs citées dans le texte - pour les mettre au goût du jour. L'argument reste le même : l'amour peut-il être déclenché à volonté comme par un élixir ? Le défi est lancé, relevé... Je n'ai pas trop envie de plaindre ce nigaud d'Adam, mais je n'ai qu'un mot d'admiration pour Louise : quelle fine mouche ! Jubilatoire.
Lu le 7 août 2015

Maintenant je dois lire son pendant Le poison d'amour.
Ce qui est chose faite. Au final de cet intéressant dyptique demeure LA question : aimer justifie-t-il tous les crimes ?

Poison d'amour
Elles ont seize ans. Elles entrent en première. Elles sont amies pour la vie ou du moins elles veulent le croire quand elles referment un cadenas sur la rambarde du Pont des Arts. Pourtant Julia, Colombe, Anouchka et Raphaëlle sont très différentes. Chacune tient un journal intime où elle accepte plus ou moins de se révéler. J'ai un peu cru qu'Eric Emmanuel Schmitt, à s'essayer à tous les genres, était tombé dans le piège de Quatre filles et un jean ! La subtilité du propos ne se déroule en finesse que progressivement.
J'ai un peu moins aimé que son pendant, dans sa façon d'interroger la durée de l'amour, sa fiabilité, à travers des exemples de tous les jours tirés de l'entourage des adolescentes, mais aussi du théâtre avec la dramatique histoire de Roméo et Juliette. J'ai détesté le machiavélisme de Julia, apprécié à sa juste valeur la force vive de Colombe et plus que tout la merveilleuse histoire des grands parents d'Anouchka qui sauve le roman. L'histoire révèle une manipulatrice qui ne me fait pas battre des mains comme dans Elixir d'amour, mais ressentir une immense pitié pour cet âge dit ingrat.

Les deux messieurs de Bruxelles
Je dois la découverte de ces nouvelles au challenge Eric Emmanuel Schmitt organisé chez Unchocolatdansmonroman (article très détaillé)  qui a fait voyager ce livre et un autre d'ailleurs qui est encore dans ma PàL bien qu'il ne soit pas épais !
Avec la lecture de plus des deux tiers de son oeuvre, je dirais pour résumer son style, qu' E.E. Schmitt est un narrateur qui fait plaisir à lire quels que soient ses écrits, y compris les carnets d'écriture qui accompagnent désormais rituellement ses fictions. Il parle tout aussi aussi bien d'amour que de ceux qui sont déchirés, malheureux, n'attendent plus rien de la vie. Il souligne combien l'espoir est permis au coeur des heures les plus sombres, en mettant sur la route de ces derniers une bonne personne, une âme charitable ou compatissante, quelqu'un capable d'intérêt pour son prochain. => à lire à ce propos : Votre chat vous aime-t-il vraiment ?
 
Dans ce recueil, ce sont les amours invisibles qui sont à l'oeuvre. Deux messieurs se prêtent serment dans le fond d'une cathédrale au cours d'un mariage classique, un chien et ses cinq sosies successifs sauvent un médecin misanthrope de la désespérance, une femme pourrait se demander si son nouveau mari ne l'a pas épousée dans le seul but de parfaire sa connaissance de son ex, une mère reporte sur son neveu et filleul adoré la haine de n'avoir pu sauver sa relation avec son fils décédé, une blessure nouvelle sépare un vieux couple bien plus sûrement que la décision de ne pas garder leur enfant.
Dans une réflexion en postface sur les cinq nouvelles regroupées sous ce titre, il explique qu'une sorte de pensée commune latente émerge de la cohabitation des textes et que le sens général de ce qu'il est en train d'écrire ne vient généralement qu'après (c'est normal la vision stratégique vient souvent a posteriori)
Lu le 8 janvier 2014 pour le challenge à vos nombres de Piplo


Article mis en forme pour le challenge 
Lire sous la contrainte NOM PROPRE DE LIEU

vendredi 5 février 2016

Corpus delicti, un procès

 Drapeau Allemagne Allemage
Juli Zeh dans cette pièce de théâtre qui se lit comme un roman décrit une utopie hygiéniste où la santé est le bien social primordial. Le principe Mens sana in corpore sano a force de loi et tout contrevenant s'expose à des sanctions immédiates. Le roman porte bien son titre puisque le corps du délit est constitué par le refus de l'héroïne de se plier aux contrôles sanitaires obligatoires. La résistance qu'oppose Mia Holl à la Méthode, la forme de gouvernement qui prône la santé comme valeur fondatrice, fait suite à l'erreur judiciaire qui a conduit au suicide, son frère Moritz, un libre penseur. Esprit cartésien, Mia est une scientifique convaincue par la Méthode, qui bascule dans le camp des opposants un peu par mégarde et beaucoup par amour fraternel. Esprit retors, le journaliste Kramer est un fondamentaliste : promoteur des maisons pilotes auto administrées par des ménagères modèles (qui rappellent un peu les terribles concierges de la Révolution française) et pourfendeur des anti-méthodistes révolutionnaires.

Fanatisme contre martyr, la pièce se joue comme un tournoi d'échecs ou le combat de deux pensées qui me fait penser à la joute verbale du Souper entre Talleyrand et Fouché. Le postulat de l'obsession sanitaire est intéressant mais la narration, l'attitude, le discours des personnages principaux est totalement froid, impersonnel, dépassionné alors que les enjeux sont importants, la crédibilité politique de Kramer et la vie de Mia. Du coup, je me suis ennuyée.

jeudi 4 février 2016

La faute de l'abbé Mouret

abandonné il y a un an !
Je voulais me remettre à lire tous les Rougon-Macquart mais je n'ai pas choisi le bon personnage, je pense. J'étais partie dans l'idée du cousin Pons ou de la cousine Bette, mais j'ai trouvé La Faute de l’abbé Mouret, cinquième volume de la série. Faisant suite à la Conquête de Plassans, c’est le second ouvrage de la série qui traite du catholicisme et dont le thème est la vie d'un prêtre déchiré entre sa vocation religieuse et l'amour d'une femme.
La nature, la religion, les descriptions, la lenteur, les atermoiements et les affres de l'âme... je n'ai pas tenu la longueur et j'ai cessé de lire à hauteur de la deuxième partie, pour ne pas la reprendre : rendu à la bibliothèque le 25 janvier 2015.

Extrait : Un soir qu'il était au plus mal, Albine lui donna sa main, pour qu'il y posât la joue. Et, la main ne le soulageant pas, elle pleura de se voir impuissante. Depuis qu'il était retombé dans l'assoupissement de l'hiver, elle ne se sentait plus assez forte pour le tirer à elle seule du cauchemar où il se débattait. Elle avait besoin de la complicité du printemps. Elle-même dépérissait, les bras glacés, l'haleine courte, ne sachant plus lui souffler la vie. Pendant des heures, elle rôdait dans la grande chambre attristée. Quand elle passait devant la glace, elle se voyait noire, elle se croyait laide.

lundi 1 février 2016

Des femmes bien informées

J'ai reçu ce livre de Missmolko au cours d'un troc surprise. Le résumé me plaisait assez mais pas suffisamment pour le lire. Je l'ai donc inscrit au challenge demi-ABC polar pour le sortir de ma PàL et le hasard a voulu qu'il fasse aussi partie du tirage Random PàL.
Ce roman possède certains qualités de départ dont le résumé rend compte :
Un meurtre, huit femmes. Chacune a vu ou entendu quelque chose. Chacune sait, croit savoir ou peut-être feint de ne pas savoir. Car chacune, de près ou de loin, est mêlée à une affaire sordide... On a retrouvé le cadavre d'une jeune prostituée roumaine dans un fossé de la périphérie de Turin. Crime crapuleux ? règlement de comptes ? ou incroyable machination ? Comme dans un kaléidoscope, les voix des huit femmes se croisent et se mêlent tandis que la police piétine.

L'histoire est à la fois banale et originale.
Une jeune prostituée roumaine est retrouvée étranglée dans un fossé, ce qui laisse penser à un meurtre mafieux. Mais il s'avère que Milena, rapidement identifiée, est également la récente épouse d'un banquier turinois en vue. Les pistes s'étoffent... Huit femmes vont donner leur avis, sans parfois qu'il leur soit demandé !
Prendre le point de vue de huit femmes pour construire l'enquête, cela change des habituels inspecteurs. Mais l'écriture (ou la traduction), surtout dans les premiers chapitre, est d'un niveau qui ne passe pas du tout. Retranscrire du langage parlé, pour moi ce n'est pas écrire. En outre, des expressions incompréhensibles sans indication de sens sont laissées à l'entendement du lecteur.

Du côté des investigatrices : une gendarme perspicace mais empêchée par sa hiérarchie et une journaliste en électron libre : leurs recoupements vont les amener à la solution.
Du côté des proches de la victime, Lucia est une bénévole participant à un programme de réinsertion privé, en faveur de victimes d'esclavage sexuel venues d'Europe de l'Est. Elle connaît très bien Milena pour ce qu'elle est, une fille belle, douce et intelligente, puisqu'elle l'a aidée à s'en sortir et faisait partie des invitées de sa noce. Camilla est la fille du banquier. Divorcée, elle s'est installée au rez de chaussée chez son père avec ses deux fils, dont Milena était la baby-sitter. Beatrice, meilleure amie depuis l'enfance de Fiorenza, la première épouse décédée d'une maladie orpheline, est sa proche confidente. Elle a apporté une aide indéfectible au père et à la fille. C'est elle qui par relations a permis le recrutement de Milena.
Du côté des témoins, les deux femmes qui ont découvert le cadavre sont des opposés : une serveuse, gentille fille sans histoire et une surveillante-chef  aigrie et malveillante qui cherche les histoires. Une vieille comtesse recluse dans une tour mais très observatrice rapporte des détails qui m'ont mis la puce à l'oreille.

Des huit versions des faits monte une voix polyphonique qui finit par dessiner la sordide réalité de ce crime scabreux auquel les huit femmes sont mêlées de près ou de loin. Au-delà se peint un portrait au vitriol d'une société bien pensante, raffinée, désoeuvrée et cruelle, qui s'achète une conscience pour ignorer la férocité des bas-fonds, d'une société de l'information où le racolage sordide de la presse répond à l'avidité de scandale du petit peuple.
destination : ITALIE
Carlo Fruttero a reçu le prix Campiello pour ce roman.

jeudi 28 janvier 2016

Chroniques du monde émergé

tome 1 : Nihal de la Terre du vent, Lu le 6 avril 2015 

Hantée par des cauchemars étranges depuis l'enfance, Nihal est la seule rescapée du peuple des demi-elfes exterminés par le Tyran. Découvrant qu'elle a été adoptée et a survécu, il envoie ses sbires à demi-humains pour anéantir sa race à jamais. L'invasion de la Terre du vent et la destruction de son deuxième foyer chasse Nihal vers son destin. Elle qui ne rêve que simulations de batailles et de combat à l'épée, elle va devenir une guerrière et venger les siens. Mais auparavant, elle doit parfaire son éducation et sa tante la recueille dans la forêt  avec Sennar un jeune mage qui a réussi à lui faire perdre la face. Ses seuls alliés sont la magie et une épée de cristal noir fabriquée par son père, un forgeron d'exception.

tome 2 : La mission de Sennar

Tant le monde que Sennar explore sous l'océan, en quête du soutien du peuple de la mer qui s'est retiré des mondes émergés et de leurs tumultes, que l'apprentissage de Nihal auprès du chevalier Ido, sont intéressants pour la narration et le développement des deux personnages. Dans ce tome, leurs chemins se séparent, il poursuit sa voie de magicien entré au grand conseil et elle se forge un tempérament de guerrière inexpugnable à l'académie.

tome 3 : Le talisman du pouvoir

Le dernier tome donne toujours autant envie de connaître la suite de leurs aventures mais je l'ai trouvé moins fantastique, plus faible en trouvailles scénaristiques, les pierres magiques sont un peu facilement acquises. Ce défaut courant est souvent ce qui ne me convainc pas dans les romans jeunesse et je n'aurais jamais lu les 3 tomes sans la couverture du tome 1, ni sans mon attachement progressif aux compagnons de Nihal, Sennar le magicien puis Ido le gnome-chevalier. La morale est surprenante toutefois et j'ai eu pitié finalement du Tyran car il est un être en souffrance qui n'a pas toujours été le méchant de l'histoire.

Et les dragons sont fabuleux : les prouesses de Nihal donnent envie, les chevaucher en imagination, faisant corps avec leur cavalier en un ballet aérien maîtrisé, est merveilleux. Rien qu'en cela l'auteur a réussi à entretenir mon intérêt. La jeune héroïne au coeur indompté va se prendre d'amour pour un dragon aigri et mal embouché. Ido la met en garde mais elle refuse d'écouter : Ce dragon est différent des autres. Son chevalier est mort et il ne fait plus confiance aux humains.

 défi SFFF
item 1 : auteur féminin
item 6 : jeune adulte
item 8 : Nihal est une combattante
item 18 : VO italien
item 20 : le monde émergé autant que submergé est peuplé de créatures étranges

lundi 25 janvier 2016

Lectures BD du mois

Yorgi le nain, Jusqu'ici, tout va bien ! de Mary Pumpkins, un monde de donjon, avec des orcs, des trolls, des elfes, des nains risibles (papa et maman nains par exemple) et un ami humain pas très malin

Simon's cat et le chaton infernal, tome 3 l'arrivée d'un jeune chat follet perturbe la vie pépère de Simon et les règles établies

Appartement tomes 1 et 2 de Kang Full (Corée du Sud)  : le locataire s'aperçoit qu'à 21h56 pile, les lumières de l'immeuble en vis-à-vis s'éteignent en plus grand nombre chaque soir. Le voyeur tente de prévenir la police quand des décès accidentels se multiplient. Bien vite, la curiosité du jeune homme, désoeuvré et chômeur, fait place à la crainte. Cette BD d'horreur/fantastique fait froid dans le dos.


Sortis aussitôt qu'entrés dans ma PàL

Les vieux fourneaux tome 3 (petite déception et grosse surprise finale => tout porte à croire qu'il y aura une suite à cette trilogie !)

Murena tome 8 (sublimes : cruauté de Néron, lâcheté de Pierre, beauté de Poppée, fidélité de Balba...)

Dans ma PàL depuis plus longtemps que nécessaire

Mongo est un troll, l'errance de deux vieux amis écumeurs de cimetière, Duane et Cameron, qui croisent la route d'une magicienne manipulatrice et de plein d'autres créatures fantastiques

Niklos Koda, tomes 11, 12 et 13, le maître des masques dans une histoire de plus en plus complexe avec la montée en puissance de sa fille Séléni

Issus de ma WL et empruntés avec intérêt

A l'origine des contes : la Barbe bleue, par Bonnifay et Duval, sur l'origine humain du mythe, excellent

samedi 23 janvier 2016

D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds / Fiskarnir hafa enga faetur


25 décembre 2015 : Noël ! 
J'ai participé à l'opération Matchs de la Rentrée littéraire organisée par Price Minister et j'ai reçu la sélection de Jérôme
D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds de Jon Kalman Stefansson   #MRL15

Deux certitudes s'imposent d'emblée en commençant la lecture de ce roman, l'écriture n'est pas banale et il refuse de se laisser lire vite.



Années 20, l'Islande entre dans le développement économique et les grands parents d'Ari construisent une famille et une entreprise. Margret la grand-mère est étonnamment moderne dans sa façon d'agir. Elle a dû s'exiler quelques années au Canada pour aider sa famille mais elle revient à Reflavik bien décidée à épouser Oddur sur lequel elle a jeté son dévolu dès leur enfance.
Années 80, l'Islande s'est développée sur une mono-activité et les entreprises de pêche et de conserverie peinent à survivre face à la récession, la concurrence s'avive avec la baisse des quotas, le travail est dur pour la génération d'Ari.


De nos jours, Ari, poète et éditeur, est de retour au pays après une longue fuite en avant. Il revient à Keflavik, attiré par un message de son père en fin de vie et un colis de souvenirs familiaux évocateurs : le diplôme d'honneur du grand-père, capitaine et armateur autodidacte, une photo inédite de sa mère décédée. Bientôt les questionnements sur sa propre vie affluent : ses ancêtres, son passé de pêcheur dans le Nordfjördur, ses anciens amis qu'il a trahis en partant s'installer au Danemark, sa femme et ses jeunes enfants qu'ils a abandonnés sans se retourner en quittant la table du petit déjeuner...

***
Jon Kalman Stefansson manie une plume lumineuse pour évoquer le pays noir et la ville " qui n'existe pas ". Il a une manière de poser les mots qui impose un rythme de lecture lent, intimiste. Le procédé stylistique de reprendre certaines phrases en début de paragraphe aide à suivre le cheminement en boucle de la pensée d'Ari, mais souligne aussi une sorte de litanie poétique, une envolée comme ces oiseaux blancs manqués par le chasseur. De même que les vers du poète Einar Benediktsson cités par Kristjan, cela crée un contrepoint à l'amertume économique qui perce dans le récit.


J'ai détesté le personnage d'Ari, plutôt veule et sans consistance. L'épisode humiliant de l'aéroport semble là pour pointer à quel point il est méprisable. Ensuite, dans le taxi, il reconnaît une ancienne camarade mais il se dérobe encore. Il est complètement autocentré : c'est un poète qui a son oeuvre dans le dos et préfère publier des livres de développement personnel. Le roman ne cherche pas vraiment à excuser sa défection.
J'ai eu l'impression que Keflavik était à l'autre bout du monde, un endroit perdu dont l'auteur précise " nulle part en Islande, les gens ne vivent aussi près de la mort ". Il n'en est rien sur la carte, la région est même la plus proche de la capitale. Pourtant, il s'en dégage une impression de Finis Terrae ultime.
Plusieurs indices auraient dû m'avertir : les Américains l'ont choisi comme camp de base et au retour d'Ari, il ne met pas une heure pour retourner en taxi vers ses lieux de nostalgie avant de venir prendre sa chambre d'hôtel à Reykjavik.

     

A part l'histoire des grands parents et certains personnages secondaires, le roman vaut surtout par le partage d'une émotion forte, primordiale autour de paysages magnifiques, la description d'une Islande sublimée. Les éléments bruts, le vent, la mer et l'éternité submergent le lecteur de sensations. Le fantôme des époques révolues, des usines désaffectées et des marins disparus flottent dans l'air et les criaillements des mouettes.
Je citerai pour conclure la phrase d'un des lecteurs de ce roman :
Si vous ne vous êtes jamais rendus dans cette île exceptionnelle, ce livre vous fera connaître l’âme d’une nation où la nature submerge l’individu et le maintient au rang de second rôle. Eric Rubert

dimanche 17 janvier 2016

Lire sous la contrainte # 25

25ème session du challenge de Phildes, un mois et demi jusqu'au 17 janvier 2016, lire un livre dont le titre compte 5 voyelles différentes : a, e, i (y) o, u
Pas si facile ? voyez vous même :
 
le doublé, par Douglas Kennedy:
L'homme qui voulait vivre sa vie
Les charmes discrets de la vie conjugale 
 
la plus économe, en trois mots :
Le diable chuchotait
et en deux :
Une gourmandise

la plus complète, toutes les voyelles :
La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi 
Les yeux jaunes des crocodiles 

Je vais essayer d'en lire au moins un sur les quatre  :



Finalement et comme d'habitude, je n'ai pas lu ce qui était prévu. Cependant, j'ai réuni quatre titres avec les 5 voyelles demandées  :
La tentation du homard  a e a i o u o a
La mémoire des murs  a e o i e e u
En un monde parfait  e u o e a a i
La voix de l'empereur  a o i e e e e u

samedi 16 janvier 2016

Les enquêtes du commissaire Erik Winter

Tome 6 - Le voile de Pierre
Je l'ai lu deux ans avant le tome 7, dans le cadre du challenge Un mot, des titres : pierre. Pour la traduction française du titre, j'aurais plutôt choisi Chappe de plomb, qui rend mieux compte de l'ambiance de ce polar, tant par le temps qui règne sur l'Europe du Nord que pour la morosité du commissaire Winter.  Il me semble déjà y reconnaître le style de l'auteur, une forme d'obsession : une intrigue basée sur les méandres du temps, les boucles que forme le passé avec le présent.
Lu pour le 14 janvier 2014

Göteborg, Suède, c'est le règne de l'été indien et le début d'une enquête casse-tête pour le commissaire Erik Winter. Sur un appel à l'aide d'une amie de longue date dont le père ne donne plus signe de vie, le flic suédois se voit contraint de filer en Ecosse afin d'y élucider la disparition du marin pêcheur au large des côtes calédoniennes. Le fait divers est d'autant plus troublant que le grand père du disparu s'est volatilisé soixante ans auparavant au même endroit dans des conditions similaires, durant une saison de pêche.
Le rythme est lent mais je ne m'y ennuie pas. Même les digressions sont intéressantes. Les deux affaires qui occupent Winter et Djanali sont très différentes. Il est toujours aux prises avec son débat intérieur, son engagement auprès d'Angela et leur fille Elsa, l'achat d'un terrain au bord de la mer pour y construire leur future maison, son appartement central dans Göteborg, sa mère, veuve et expatriée sur la Costa del sol...  De son côté, l'inspecteur Aneta Djanali originaire du Burkina Faso, s'intéresse à un cas complexe de violences conjugales quitte à raviver les plaies encore vives de son passé.


Tome 7 - Chambre numéro 10
Je suis contente de la découverte de cet auteur scandinave et de son commissaire Erik Winter (hiver en allemand), bien mal nommé puisqu'il ne rêve que fuite au soleil et douceur andalouse alors que Göteborg (capitale de la Suède) sombre peu à peu dans l'hiver : brume, nuit et pluie accompagnent son enquête sur le meurtre d'une jeune femme, maquillé en suicide.
Le roman réunit les ingrédients qui ont fait le succès d'Ake Edwardson, surnommé " le Simenon du froid " : un univers insolite, un suspense subtil et un art du récit qui l'a classé parmi les grandes révélations de la littérature scandinave. Avant dernier tome de la saga policière suédoise, Chambre numéro 10 pose une énigme policière en forme d'huis clos, spatial et temporel. 

En cette fin d'été indien, la police criminelle de Göteborg est appelée sur une scène de crime où une certaine Paula Ney a été retrouvée pendue dans la chambre numéro 10 de l'hôtel Revy. La thèse du suicide ne convainc guère le commissaire Winter qui s'aperçoit qu'il est déjà venu sur les lieux, dix-huit ans auparavant, lors de la disparition non résolue d'une autre jeune femme Ellen Börge. Persuadé d'être passé à côté d'un indice capital autrefois, un lien qui peut avoir son importance dans sa nouvelle affaire, il se penche de nouveau sur l'enquête du passé pour résoudre celle du présent, l'occasion pour lui de rétablir la vérité. A quelques semaines d'un congé sabbatique bien mérité, Erik Winter devra compter autant sur son équipe que sur ses souvenirs pour déterrer d'impensables secrets de famille et mettre fin à une série de meurtres plus horribles les uns que les autres.

Les Mystères de Walt Longmire [1]

Dans le comté d'Absaroka, dans le Wyoming, on retrouve le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été l'un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d'une jeune Indienne, Melissa Little Bird. Jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd'hui, il semblerait que quelqu'un cherche à se venger. Le shérif Walt Longmire est chargé de l'enquête.
Le titre anglais est The cold dish, sous entendu [la vengeance est] un plat [qui se mange] froid.

Une jeune Cheyenne attardée est violée par des lycéens. Elle refuse de les charger. Son oncle Henry Ours debout est le meilleur ennemi du shérif Walt Longmire. Bien que déclarés coupables de plusieurs chefs d'accusation, les quatre prévenus bénéficient d'un jugement extrêmement clément.
Lorsque le cadavre de l'un des quatre coupables est retrouvé par deux gardiens de troupeaux de moutons, le shérif envoie sur les lieux Vic sa nouvelle adjointe. Avec l'aide d'Omar un organisateur de chasse milliardaire, Walt enquête sur les conditions du meurtre. Grâce à Henry Ours debout, il poursuit des investigations dans la réserve indienne.
Une deuxième scène de crime présentant des similitudes avec la première est découverte. Pour porter secours à une troisième victime potentielle, Walt et Henry s'engagent en haute montagne alors qu'une tempête de neige s'annonce. Le suspense est intense en raison du double danger car à ce stade, Henry n'a pas complètement été éliminé des suspects.
L'épisode dramatique dans le blizzard est compensé par une longue scène absolument magique sur les croyances cheyenne. En plus d'une très belle écriture, l'immense empathie de l'auteur et sa connaissance de l'Histoire indienne, de leurs communautés et de leurs rites participent très largement au charme et à la qualité de ce roman.
J'ai entrevu le dénouement peu avant la fin, précisément à l'exact moment où l'auteur en avait décidé ainsi puisqu'il entreprend peu après de lever le voile sur le mystérieux justicier... Pourtant le texte est semé d'indices, trop incroyables pour que le puzzle se mette en place de lui même.

Je viens de lire un roman au discret logo Gallmeister sans le savoir et je valide donc ma participation au challenge de Léa Touch Book pour les 10 ans de ces éditions, car j'ai envie de poursuivre la " conversation " avec Walt Longmire. J'aime beaucoup ce personnage de vieux shérif désabusé, sans certitude si ce n'est celle du droit et de la justice. Proche de la retraite, il songe à passer le flambeau et à appuyer la candidature de son équipière (il s'agit d'une fonction élective et non d'un travail de fonctionnaire de police) plutôt que celle de son premier adjoint et neveu du précédent shérif Lucian. La célèbre devise I'm a poor lonesome cow boy pourrait très bien lui convenir !




50 états 50 billets
Durant, WYOMING






présentation du challenge
« Dix ans. Dix ans que les éditions Gallmeister nous font découvrir des merveilles de la littérature américaine. Dix ans : c'est un anniversaire à ne surtout pas manquer ! C'est au travers de belles couvertures caractéristiques, de traductions de qualité, d'excellents choix de publications, d'une promotion proche des lecteurs et surtout d'une passion omniprésente de ce genre littéraire que cette maison d'édition a montré qu'elle était incontournable. » Léa Touch Book.


jeudi 14 janvier 2016

La tentation du homard

challenge des 5 continents : AMERIQUES

Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'il me plaise, ni à ce qu'il soit facile, mais ce roman fait typiquement partie des perspectives avantageuses offertes par le challenge transaméricain de Sofynet : les commentaires de plusieurs participantes l'ayant lu et apprécié m'ont donné envie de le découvrir.

La tentation du homard raconte les " guerres " acharnées de deux communautés ennemies, dominées par deux familles Les Ellis et les Wishnell, deux minuscules îles de pêcheurs vivant de la pêche au homard au large des côtes du Maine.
Il retrace également la lutte d'une toute jeune fille, Ruth Thomas contre l'emprise des hommes, et en particulier contre le patriarche Landford Ellis. Elle ne veut pas connaître le sort de ses mère et grand-mère qui bien qu'ayant été adoptées par la famille, ont fait figure de dames de compagnie corvéables à merci auprès de Véra Ellis.
Il s'agit enfin de l'attachement farouche à un mode de vie que certains qualifieront d'absurde et de rétrograde mais auxquels les insulaires mâles, jaloux de leur indépendance, ne sont pas prêt à renoncer. Seuls de rares marginaux comme Simon Adams le sénateur, Webster Pommeroy le simple d'esprit ou le pasteur Toby Wishnell échappent à la tentation...
L'étude des habitudes des homards est habilement exploitée en introduction de chaque chapitre.
Elizabeth Gilbert dessine le portrait d'une jeune femme intelligente et déterminée, entière et attachante. Ce roman est celui de l'émergence, subtilement guidée par un vieil homme plus philanthrope qu'il n'y paraît, d'un esprit en avance sur son temps, profondément attaché à ses racines, mais rétif à toute pression. Je ne supposais pas en outre qu'il me serait donné de lire une belle histoire d'amour heureux, alors que je craignais plutôt une sorte de terrible répétition de Roméo et Juliette, mais c'était sans compter sur la modernité de Ruth qui n'hésite pas à prendre son destin en main.

Comme les autres lectrices du challenge, je valide le DELAWARE, bien qu'il y soit fait mention de façon marginale et que le gros de l'action se déroule dans le MAINE.


50 états, 50 billets


mercredi 13 janvier 2016

50 états, 50 billets : 100% - objectif 2016

Billet du 31 juillet 2011
Nouveau challenge : 50 états, 50 billets
Les inscriptions se passent chez Sofynet de J'suis pas super'mam !
et voilà un extrait de ce qu'elle nous propose :
Le but est que chaque participant(e) essaie d'écrire un billet par état des Etats-Unis : il peut s'agir de critique de livre, de film, d'une série ou d'un épisode de celle-ci, d'un compte rendu de voyage, d'un billet d'humeur sur un fait d'actualité, d'une recette... Mais il faut qu'il y ait un lien clair avec l'état que vous avez choisi d'illustrer. Et le billet ne peut être lié qu'à un état (exemple : La route de Kerouac, il faudra faire un choix).
Chaque état évoqué rapportera 1 point. Un point bonus sera donné à chaque personne ayant été seule à évoquer un état. Un cadeau surprise sera remis à la personne qui aura le plus de points.
Evidemment, les 50 billets sont l'objectif final, le but est d'en faire le maximum, mais si vous n'en faites que 15, pas grave !!! Quand aux "orientations" plus ciné, télé, livres, voyages... vous êtes totalement libre et je pense que cela nous fera un beau patchwork sur la culture US.
Et de combien de temps disposons nous pour faire ce tour des Etats-Unis, dites-moi ? Je propose de sonner le gong final le 31 décembre 2012. Cela laisse donc 17 mois pour parcourir les USA en tout sens....

Depuis, beaucoup d'eau est passée sous les ponts et j'ai bien avancé puisqu'il me reste deux états et demi à parcourir ! Heureusement car après de multiples reports, le challenge s'arrêtera définitivement le 31 juillet 2016 après cinq pleines années d'existence. Pour en témoigner, le site dédié de Sofynet.
Bilan au 31 décembre 2015 :
  1. ALABAMA : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee + Alabama song de Gilles Leroy 
  2. ALASKA : Noël en Alaska de Kate Hoffman 
  3. ARIZONA : Médecine apache d'Elmore Léonard, Prisonniers du temps de Michael Crichton
  4. ARKANSAS : Pas de Noël cette année  de Jon Grisham
  5. CALIFORNIE : Le jeu du fou - Et si c'était vrai, Marc Lévy - Laurier blanc de Janet Fitch - Le ravissement de Britney Spears de Jean Rolin +  Le sot de l'ange de Christopher Moore
  6. CAROLINE DU NORD : La griffe du mal, Erica Spindler
  7. CAROLINE DU SUD : Walking dead (série BD) de Robert Kirkman
  8. COLORADO : Trois semaines pour dire adieu, C.J Box
  9. CONNECTICUT :  Hunger games de Suzanne Collins
  10. DAKOTA DU NORD : Nobody de Dan Wells
  11. DAKOTA DU SUD :  Des parasites comme nous EN COURS
  12. DELAWARE La tentation du homard d'Elizabeth Gilbert
  13. FLORIDE : Duma Key de Stephen King EN COURS 
  14. GEORGIE : Seul le silence, RJ Ellory
  15. HAWAÏ : L'île des lépreux, Jack London +  Bleu univers de Tarek Issaoui
  16. IDAHO L'extravagant voyage du jeune et prodigieux S. T. Spivet
  17. ILLINOIS : Divergente de Veronica Roth,  America, (série Rubine) de François Walthéry
  18. INDIANA : Zombies contre licornes, Meg Cabot
  19. IOWA : Marionnettes humaines de Robert Heinlein + Dewey de Vicki Myron
  20. KANSAS : De sang froid de Truman Capote
  21. KENTUCKY, La naissance d'un pont, de Maylis de Kerangal + Raylan d'Elmore Leonard
  22. LOUISIANE :  Âmes perdues et Contes de la fée verte de Poppy Z. Brite +  La femme au portrait de Greg Iles
  23. MAINE : Peur bleue, Stephen King 
  24. MARYLAND : Le Neptune (BD) de Jean Yves Delitte
  25. MASSACHUSETTS : Blanc fantôme, Laurie Faria Stolarz - Kane et Abel, Jeffrey Archer - Elle qui chante quand la mort vient d'Andrea Japp
  26. MICHIGAN : En un monde parfait de Laura Kasischke
  27. MINNESOTA : L'envoûtement de Lily Dahl, de Suri Huvstedt 
  28. MISSISSIPPI : Les leçons du Mal, Thomas COOK - La couleur des sentiments (Film)
  29. MISSOURI : La mort du centaure de Dan Simmons
  30. MONTANA : Légendes d'automne de Jim Harrison
  31. NEBRASKA : Outside Valentine de Liza Ward
  32. NEVADA : Le livre des morts/Le livre des âmes de Glenn Cooper + Tuer le père d'Amélie Nothomb
  33. NEW HAMPSHIRE : Huit saisons de Justin Cronin
  34. NEW JERSEY :  Innocent, Harlan Coben, Je suis une légende, Richard Matheson + Le dernier beau jour de Peter Blauner
  35. NOUVEAU MEXIQUE : Martiens, go home ! + Porteurs de peau de Tony Hillerman + Sur tous les fronts de Tom Clancy
  36. NEW YORK : Douce nuit, Mary Higgins Clark + 3 BD sur Manhattan + Brooklyn paradis de Chris Simon + Bartleby le scribe, de Herman Melville + Si c'était à refaire de Marc Lévy + Vengeance en Prada de Lauren Weisberger + V-Virus et A-Apocalypse de Scoot Westerfeld
  37. OHIO : Ce que veulent les filles, Leigh Rilker, Les 1001 vies de Billy Milligan de Daniel Keyes + Horrorstör de Grady Hendrix
  38. OKLAHOMA : Midnighters, Scott Westerfeld
  39. OREGON : La saison barbare, Andrea Japp + La promo 49 de Don Carpenter + Delirium de Lauren Oliver + Hush Hush de Becca Fitzpatrick
  40. PENNSYLVANIE : Level 26 d'Anthony E. Zuiker
  41. RHODES ISLAND : La route, Cormac McCarthy
  42. TENNESSEE :  Le dahlia bleu, de Nora Roberts
  43. TEXAS : Sept pistoleros de David Chauvel (série BD)
  44. UTAH : Ender Wiggin d'Orson Scott Card
  45. VERMONT : Bleu eldorado  de Laurence Fontaine
  46. VIRGINIE : RED (BD) Warren Ellis et Curtis Hamner
  47. VIRGINIE OCCIDENTALE : 13 petites enveloppes bleues  de Maureen Johnson
  48. WASHINGTON : Féroces infirmes, retour des pays chauds, Tom Robbins 
  49. WASHINGTION DC : Faut-il manger les animaux ? de J. Safran Foer 
  50. WISCONSIN : Une femme simple et honnête de Robert Goolrick
  51. WYOMING :  Little bird de Craig Johnson
  52. BONUS  Far away de Maryse Charles (BD) +  Nouvelles chroniques du 87ème district d'Ed Mc Bain

    dimanche 10 janvier 2016

    Francis Scott Fitzgerald Vs Zelda Sayre

    Nouvelles
    Alabama song de Gilles Leroy qui investit les éléments de mémoire entourant Zelda Fitzgerald m'a donné l'envie de comparer les versions mari et femme de Gatsby le magnifique, mais avant de l'aborder je m'aventure dans l'oeuvre de Francis Scott Fitzgerald à travers trois de ses nouvelles new-yorkaises.
    Tête à claque : la revanche de l'insignifiance, récidiviste et il y prend goût
    Entre 3 et 4 : abus de pouvoir et terreur mortelle (fantastique), un rendez vous qui n'a rien d'un 5 à 7 !
    Mon plus vieil ami : de la relativité entre fidélité et trahison
    Le style, la maîtrise du crescendo, le sens de la chute, sont là, sans aucun doute, en concentré, avec une attention particulière à l'humain, ses meurtrissures secrètes, sur fonds d'insécurité économique à la fin des années 20.
    Lues le 10 juin 2014




    50 états, 50 billets
    Montgomery, ALABAMA (bis)







    Z le roman de Zelda
    Alabama song de Gilles Leroy m'a donné à la fois l'envie de découvrir par moi même les textes de Francis Scott Fitzgerald, ce que j'ai fait et poursuivrai car l'oeuvre est intéressante, et d'en savoir plus sur le couple talentueux mais auto-destructeur qu'il forma avec Zelda Sayre, ce que vient de me permettre le roman de Thérèse Fowler qui s'attaque à un mythe puissant.

    L'auteur revendique la liberté fictionnelle mais s'appuie néanmoins sur des éléments biographiques avérés et des sources bibliographiques documentées et sérieuses. Elle réhabilite la mémoire de la femme, dans ses tentatives pour exister en tant qu'artiste et sa lutte contre la folie, sans ternir outre mesure le personnage de l'écrivain habité par son projet de grand oeuvre, pygmalion bientôt dépassé par son élève Ernest Hemingway.
    Elle reconnaît en postface que les avis sont très partagés entre les défendeurs de l'épouse et les témoins à charge du mari. Reste comme résultat tangible, une somme littéraire bicéphale : quelques romans ambitieux, inégalement portés par la critique et par les lecteurs, contre des centaines de nouvelles populaires parues dans les journaux à grand tirage.
    Lu le 13 septembre 2015

    Vu Gatsby le magnifique avec Leonardo di Caprio / le texte est dans ma PàL
    en cours : Des livres et une Rolls, recueil d'interviews, une source directe qui nuance beaucoup les propos qui ont pu être tenus par d'autres

    samedi 9 janvier 2016

    Challenge scandinave : version épurée du challenge nordique

    Les pays qui entrent dans le cadre du challenge proposé par Chroniques littéraires pour 2016 sont les pays scandinaves  :
    Drapeau Danemark DANEMARK
    Drapeau Finlande FINLANDE
    Drapeau Norvège NORVEGE
    ILES FEROE

    Il s’agit de lire des livres écrits par des auteurs nés dans les pays précités, ou de livres dont l’action se passe dans l’un de ces pays : romans, BD, livres jeunesse…
    Mais aussi tout ce qui concerne la culture de ces pays : nourriture, comptes rendus d’expositions, de visites de monuments, de week-ends passés là-bas, les bons plans, les lieux insolites, les jeux, l’Histoire et la royauté des pays concernés.

    ISLANDE
    D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds de Jon Kalman Stefansson (LU en JANVIER)

    SUEDE
    Millenium, ce qui ne me tue pas de David Lagercrantz (LU en JANVIER)
    La cinquième saison de Mons Kallentoft (LU en FEVRIER)

    Les auteurs finlandais invités au Festival Est-Ouest de Die :
    Riikka Ala-Harja (à lire : Un hiver aux Canaries, éd. Gaïa, 2012)
    Katja Kettu (à lire : La Sage femme, éd. Actes Sud, 2014)
    Jyrki Kiiskinen (à lire : Trois poètes finlandais, éd. du Murmure, 2011)
    Leena Lehtolainen (à lire : Le lynx, éd. Hachette 2013)
    Rosa Liksom (à lire : Compartiment N°6, éd. Gallimard, 2013
    Martti Linna (à lire : Le royaume des perches, éd. Gaïa, 2013)
    Ville Ranta (à lire : Sept saisons, éd. ça et là, 2013, Papa est un peu fatigué, éd. ça et là, 2013, L’Exilé du Kalevala, éd. ça et là, 2013)
    Rax Rinnekangas (à lire : Le juif égaré, éd. Phébus, 2013)
    Johanna Sinisialo (à lire : Le Sang des fleurs, éd. Actes Sud, 2013)

    vendredi 8 janvier 2016

    Ma sélection d'Angoulême 2016

    Je ne les ai pas lus et ils me tentent :

    mercredi 6 janvier 2016

    Millénium : ce qui ne me tue pas

    Destination : SUEDE

    J'avais peur d'une différence mais je n'en vois pas (sauf l'absence des longs exposés de politique intérieure suédoise, mais je ne m'en plains pas)
    Comme Mikael, je suis contente de revoir Lisbeth. Plus forte que jamais, elle applique à fond le précepte de Nietzsche lorsque le passé la rattrape une fois de plus.
    Une suite très intelligente à la trilogie de Stieg Larsson.

    mardi 5 janvier 2016

    La liste de mes envies

    Merci à Magicienned'Oz qui m'a offert ce roman inattendu et touchant. Il m'a tellement donné envie de voir le film que je viens de l'emprunter, avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine dans les rôles de Jo².
    J'ai été surprise par la violence de certaines scènes dans le couple alors que je les avais édulcorées, refoulées à la lecture (23 janvier 2016)

    J'aime l'écriture faussement simple de Grégoire Delacourt et la façon dont il s'empare d'un fait divers (peu banal quand même avec un gain de 18 euromillions !) pour plonger l'héroïne dans des abîmes de sombres réflexions.
    Par ailleurs, Jocelyne n'a pas vraiment besoin de cet argent puisqu'elle a acquis notoriété et ressources grâce à sa mercerie à Arras et au blogue où elle parle dentelles et entraide. Elle réalise tout ce qu'ils ont à perdre... Son mari Jocelyn (= spoiler = voilà ce qui rend la supercherie possible) n'a pas sa force d'âme. Il ne s'en rend compte que quand il est trop tard pour réparer ses torts.
    Si l'histoire est une fiction, elle surfe sur les déboires de nombreux gros gagnants du loto et les mises en garde sont injustifiées par la réalité.

    dimanche 3 janvier 2016

    Petits crimes japonais


    Kyōtarō Nishimura a écrit ce recueil à la fin des années 1970. Le titre et le contenu ne sont pas sans me rappeler les Petits crimes conjugaux d'Eric Emmanuel Schmitt. L'auteur présente huit nouvelles déconcertantes, insolites et cruelles dont les deux premières vérifient le principe selon lequel les principaux suspects de meurtre sont les conjoints. Mais ici, les mobiles ne sont pas seulement sordides, ils sont parfois totalement inattendus : exemple, un policier commet des délits pour envoyer les "coupables" en prison et les soustraire ainsi aux rigueurs de l'hiver.
    Les personnages de cette galerie de portraits sont plutôt ordinaires, peu ambitieux, usés par une existence morne et sans envergure, si ce n'est qu'à un moment de leur vie, la découverte d'une passion dévorante les transforme radicalement :
    - pour les pickpockets du métro tokyoïte (une chute subtile)
    - pour le vol par procuration (un retournement de situation pitoyable pour le policier humaniste)
    - pour la prodigalité (Le jeu de la charité, un conte dans l'esprit de La peau de chagrin et autres tentations-pièges)
    - pour le meurtre de sang froid (un serial killer peu ordinaire)
    - pour le chantage (un maître chanteur sympathique)
    - pour les héritages (une voisine froidement manipulatrice)
    sans oublier la jeune fille qui risque le double homicide involontaire pour le banal vol d'une poêlée de fèves et l'étrange affaire d'un extraterrestre qui devient le complice de 96 000 criminels !

    samedi 2 janvier 2016

    En un monde parfait

    COUP DE COEUR 
    Je me demande parfois pourquoi je résiste si longtemps à un auteur... si ce n'est par esprit de contradiction envers les commentaires trop unanimement élogieux. A la lecture de Laura Kasischke je comprends que c'était pour me réserver l'excellente surprise d'un magnifique coup de coeur pour le dernier jour de l'année !
    Jiselle et Mark Dorn ont tout du couple cliché : il est le séduisant commandant de bord quinquagénaire, elle est la charmante hôtesse trentenaire célibataire, celle qui est demoiselle d'honneur à tous les mariages. Lors d'une escale, il semble s'apercevoir qu'elle est décidément bien jolie et après une cour rapide mais enthousiaste, il obtient son accord pour un mariage en dépit des mises en garde de la future belle mère. Le monsieur est veuf et père de trois enfants qui ont lassé plusieurs gouvernantes successives : Sara, peste avouée et adolescente gothique, Camilla plus doucereuse mais aussi redoutable adversaire et enfin Sam, le benjamin de 10 ans qui est le seul à paraître désirer une nouvelle présence maternelle. Même la maison construite au fond d'un bois du Michigan semble sortie du rêve d'un architecte d'intérieur. Tout figurerait un monde parfait si ce n'était la menace latente de la grippe de Phoenix qui fait des ravages dans les états voisins et se rapproche insidieusement de la petite bourgade de St. Sophia, berceau de l'Amérique. Le malaise se traduit par l'absence de Mark, retenu une quarantaine interminable en Allemagne (22 semaines) dont on peut soupçonner qu'elle s'éternise parce qu'il a cédé à l'appel d'une nouvelle sirène plus germanique... ses appels se font de plus en plus distants avant qu'il ne clôture le compte commun. Les révélations de voisins, puis celles des enfants font entrevoir à Jiselle une nouvelle vérité sur les intentions de son beau commandant.
    Le roman est du genre survival en contexte apocalyptique. Des comportements d'animaux inquiétants, migrations d'oiseaux, hordes de rats comme dans les textes bibliques, confrontés à des attitudes humaines à la limite du normal donnent un sentiment d'ambivalence : la vie continue malgré les coupures de courant, les ruptures d'approvisionnement, l'absence suspecte de nouvelles de la pandémie. Pourtant une sorte de beauté ne cesse de hanter les pages, parfois irréelle avec des rencontres d'animaux extraordinaires : une oie baptisée Béatrice surgie de nulle part et qui s'installe dans leur jardin, un cougar qui prend pour tanière la maison voisine désertée et rôde autour de la niche de Béatrice.




    50 états, 50 billets 
    MICHIGAN

    vendredi 1 janvier 2016