jeudi 31 juillet 2014

Bientôt 26 000

qui l'affichera ? une petite surprise à la clef !

puisque c'est la seule à s'être manifestée, je déclare que c'est Piplo, en plus ça me fait plaisir parce qu'elle vient régulièrement par ici.

mercredi 30 juillet 2014

Alternative rock

Je remercie Folio et Livraddict pour ce recueil uchronique autour du rock'n roll, où les auteurs reprennent à leur compte certaines des questions qui travaillent des milliers de fans " et si... ". Se laissant aller à leur nostalgie érudite, ils investissent des univers parallèles où :
- le Titanic a fini à quai à Liverpool et les Beatles, restés unis, ont sortis un douzième album commun (Stephen Baxter)
- Buddy Holly, Janis Joplin et Elvis Presley se sont rencontrés pour un concert " unique " (Gardner Dozois, Jack Dann, Michael Swanwick)
- le jumeau survivant du King est devenue une rock star engagée politiquement à gauche (Walter Jon Williams) => on reconnaît sur la très belle mise en scène de la couverture, la banane d'Elvis sur fond de drapeau rouge dont le manche est une guitare
- revenu à la vie, Jimi Hendrix a repris la route dans un vieux camping, avec un de ses anciens roadies (Michael Moorcock) 
- John Lennon, aigri et vieillissant, n'a jamais connu le succès en tant que Beatle et a vécu de subsides (Ian R. MacLeod)

J'ai lu de part et d'autre qu'il fallait vraiment bien maîtriser le sujet de ces nouvelles pour en apprécier les subtilités. Sans doute, mais j'avoue ne pas savoir par coeur et dans l'ordre la discographie des Beatles, en connaître le minimum sur Jimi Hendrix ou Janis Joplin et à peine sur Buddy Holly. Sûrement, je distinguerais le timbre de leur voix et reconnaîtrais leurs titres... mais je serais incapable d'en fredonner un morceau ! Mais outre que cela m'a donné envie de réécouter leurs titres, cela ne m'a aucunement gênée pour apprécier le style de certains textes, comme la lente descente de deux amis dans les entrailles désertées du Titanic, à la recherche d'un homme qui restera énigmatique, mais dont on sait qu'il était un collectionneur de microsillons étrange et passionné. De même dans la deuxième nouvelle, cette incroyable chassé-croisé à trois autour de la rencontre non avérée de trois monstres sacrés pour un improbable concert, un jam d'anthologie. Chaque novelliste apporte sa touche personnelle, sa façon de réinventer une vie à sa rock star préférée ou de combler une lacune du passé, mais aussi d'aborder les préoccupations du présent à travers des thématiques uchroniques. La méconnaissance du sujet, un point de vue déroutant et inattendu sur un sujet connu, je peux me retrouver dans ce cas avec chaque texte SF et cela fait partie des plaisirs du genre. Les fans auront pu être déçus... moi je suis plus interpelée par certains traits de caractère un peu forcis, pour montrer par exemple un John Lennon au comble de la mauvaise foi, minable et stérile, détestable sans l'excuse du succès qui monte à la tête. Le texte le plus uchronique à mon avis concerne l'influence qu'aurait pu avoir un Elvis Presley, rallié à l'Union soviétique.

lundi 28 juillet 2014

Bleu univers

COUP DE COEUR
à tel point que je le mets dans ma liste des livres à emporter sur une île déserte car le roman de Tarek Issaoui est complet et a d'énormes qualités :  esthétique, scientifique, idéaliste, romanesque...

Un mathématicien associé à des physiciens a découvert par le calcul la forme de l'univers, précédant de plusieurs années le retour des données du satellite Planck. Il s'apprête à publier l'article conclusif  de ses recherches, qui intéressent beaucoup le groupe restreint des scientifiques de ce domaine, mais pourraient aussi avoir un impact sur l'imaginaire de la population. Au point de départ, il nous entraîne dans le monde des mathématiques et jusqu'aux confins de l'univers. En seconde partie, il invite de manière inattendue à une visite poétique, mystique, contemplative de Mauna Kea (un volcan sacré pour les natifs), dans l'archipel d'Hawaï. J'ai aimé de bout en bout cette ballade dans les nombres et les étoiles, entre science fiction et vulgarisation scientifique, une approche plus littéraire que celle d'Hubert Reeves, mais qui le rejoint sous l'aspect de l'art de communiquer sa passion.

Des images pour faire rêver (le texte qui suit est extrait de l'article d'Akram Belkaïd sur Agora Vox) :

« En fouillant dans les piles, mélangées, raconte ainsi le narrateur, je suis également tombé sur la Maison des Feuilles [l'oeuvre déjà culte de Mark Z. Danielewski] . Je me suis arrêté, étonné. Je l’avais oublié, et pourtant, ce livre a beaucoup compté pour moi. Il aborde des points clés. Dix ans durant, dans l’anonymat, Danielewski a travaillé sur cette description d’une maison isolée, dont les caves et les espaces morts se contorsionnent et se déplient à l’infini au
fur et à mesure que ses habitants les explorent. [...] J’ai réalisé en le lisant que la géométrie ne pouvait se concevoir indépendamment de l’écriture et du regard. » Et de citer dans la foulée le fameux paradoxe qui a longtemps intrigué l’humanité : « Si nos nuits ne sont pas blanches, si nous ne voyons pas les rayons lumineux de toutes les étoiles, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas encore eu le temps de nous parvenir. » Ce paradoxe a été expliqué par Edgar Poe avec un demi-siècle d’avance sur les physiciens. « Pourquoi les poètes, les écrivains, les artistes prennent-ils de l’avance ? » s’interroge alors le narrateur. « Logiquement, parce que leurs armes sont plus adaptées. Les choses les mieux cachées ne sont pas accessibles au seul raisonnement. » Dans le même passage, le narrateur fait cet aveu : « la primauté de la poésie sur le formalisme mathématique en dit précisément long sur la nature de l’univers ».
Une autre personnalité est présente dans le roman. Il s’agit d’Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie - il a obtenu la
médaille Fields en 1966 - qui, à la fin de sa carrière s'est retiré en ermite du côté des Pyrénées. Son œuvre, Récoltes et semailles, a elle aussi influencé le narrateur dans sa quête pour découvrir la forme de l’univers. « Dans le domaine des idées, affirme-t-il, on ose moins en groupe. Grothendieck,  toujours dans Récoltes et semailles, parlait de l’importance d’être seul pour celui qui cherche. Il l’a mis en pratique en vivant reclus. J’aurais également tendance à contredire Einstein, pour affirmer qu’il faut et qu’il faudra toujours des gardiens de phares.
[Einstein a prédit la fin des chercheurs isolés du fait de la complexité croissante de la science]. Bien sûr, il existe de moins en moins de phares, d’endroits physiques ou mentaux d’où l’on puisse se poster face à l’horizon infini. Le progrès implique que le regard bute vite sur un terrain connu ou construit . Et pourtant, que ce soit aujourd’hui ou même dans mille ans, les avancées majeures, les ruptures qualitatives ne viendront ni d’une foule ni d’un consensus, ni même d’un travail en réseau. »



50 billets, 50 états
Mauna Kea, HAWAI bis

samedi 26 juillet 2014

Fruits et légumes littéraires

En 2011, Valérie K a eu l'idée de lancer ce défi  : Lire et présenter 10 romans français ou étrangers dont le titre comprend un nom de fruit ou de légume. 
J'ai été assez tentée par l'originalité de la proposition pour m'associer à la constitution de ce panier de références maraîchères. 
Durée : fin de ce challenge le 31/08/2014. Comme le suivi du challenge manque un peu de tenue et de réactivité, je vous soumets mon petit bilan fruitier avant l'heure
- PRUNES 
- PAMPLEMOUSSES
- CERISE
- ORANGE
- ORANGE bis
- ORANGE ter
- ABRICOTS
- POMME
- POMMES bis
- FRAISE
- CITRONS
Mon panier est bien rempli de lectures vitaminées, je vous offre en prime ce HORS D'OEUVRE et pour finir ce BONUS !
hors challenge :
- CHOUX
- FENOUIL
Pour finir en s'amusant, un petit quizz en fruits et en chansons par Canel 

jeudi 24 juillet 2014

Un mot, des titres

Alors que le bilan de nos lectures pour le mot JE sera publié demain, Calypso nous annonce d'ores et déjà le résultat du tirage au sort pour la 26ème session du challenge.
12 propositions m'ont été faites  pour un total de 12 mots différents ! Bravo !
L'heureux élu est...
COEUR
Ce mot vous tente ? Alors, c'est très simple ! Vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre contiendra le mot « cœur ». Nous publierons nos billets le 1er septembre. Le prochain mot sera annoncé le 31 août.

Quelques titres de ma Làl, mais je suis aussi soumise au gré de mes envies à la bibliothèque :
j'en ai emprunté un, mais lequel ?


mercredi 23 juillet 2014

Mortelle Riviera

Lire sous la contrainte session estivale : une trilogie
C'est bien triste car la première couverture laisse déjà supposer la fin, quand bien même je ne connaissais, au départ, que les titres des deux premiers tomes : La candidate, L'élue... fin du cycle : La défunte. Maître Alix des Maures, avocate, est une sorte de chevalier Bayard qui se met en tête de dénoncer les pratiques mafieuses et de lutter contre la corruption sur la Côte d'Azur (les noms sont transparents : Riviera, Saint-Mont-les-Flots et Cannes, dont la concurrence est évoquée, toute proche). Ce n'est pas ce que son père espérait d'elle quand il est venu la chercher à Paris, à l'enterrement de sa mère, alors qu'ils ne s'étaient pas vus plus de deux fois en 15 ans. Romuald des Mauges, sénateur et maire de la commune depuis 40 années, est impliqué dans toutes les pratiques douteuses qui peuvent accompagner un mandat électoral peu scrupuleux : magouilles immobilières, corruption, drogue et prostitution... au détriment des petites gens, locataires de HLM et habitants des quartiers pauvres de la vieille ville qui subissent la loi du plus fort, la violence, les intimidations, l'insécurité.


Dans cette trilogie, les auteurs Bartoll (Insiders) et Legrain montrent les liens entre la politique, les financements des partis, etc. et le crime organisé. C'est assez efficace, mais consternant puisque le combat semble perdu d'avance pour les défenseurs de la probité et que les alliés sont toujours susceptibles de trahison ou de lâcheté. Rien à voir avec l'actualité d'une commune des Hauts-de-Seine  et la saga familiale tragi-comique autour d'une affaire de pots-de-vin quoique...

mardi 22 juillet 2014

Un thé sur le divan bleu

Enigme des cinq continents : Afrique

Avant dernière étape de notre voyage (itinéraire au choix) proposé par Drussnaga, avec à la clef une énigme littéraire à résoudre, je vous présente une BD jeunesse dont j'ai collectionné les 12 tomes au fur et à mesure de leur parution chez Dupuis : Les aventures de Jimmy Tousseul. Rééditée chez Glénat, la collection s'est enrichie de 3 (actuellement) nouvelles aventures.
Jimmy rêve d'Afrique où ses parents ont disparu. Il entreprend le long voyage pour retrouver des traces de son père, mais c'est en fait à la découverte de lui même et des autres que nous convient les auteurs Daniel Desorgher et Stephen Desberg (tous les deux ont grandi en Afrique). Confronté aux rites et traditions de l'Afrique, mais aussi au monde des adultes, Jimmy fait son apprentissage de la vie.
On reconnaît bien la ligne éditoriale du Journal de Spirou.  C'est ado sans être infantile et les albums s'appuient sur des réalités socio-économiques qui posent véritablement procblème. Voir La corne de rhinocéros

Dans un autre registre, j'ai beaucoup apprécié le roman autobiographique de Natasha Illum Berg, inspiré par la mémoire de Tonio (le peintre Antonio Trzebinski) assassiné à quelques pas de sa case, au Kenya, un soir où il venait la retrouver.
Unique femme titulaire d'un permis de chasse au gros gibier sauvage, elle vit en Afrique depuis ses 18 ans et organise des safaris. Elle n'a pas froid aux yeux et elle est habituée à côtoyer le danger, en solitaire. Pourtant, le meurtre de son ami/amant/âme soeur laisse un grand vide qu'elle s'efforce de combler avec la poésie, alors que le droit au deuil lui est refusé par la bonne société de Nairobi.
Elle réussit une magnifique oeuvre, dont la tragique beauté m'a rappelé le film de Sydney Pollack à partir du roman de Karen Blixen Out of Africa (La ferme africaine) avec Merryl Streep et Robert Redford dans les rôles principaux : deux êtres exceptionnels, indépendants et forts, se rencontrent mais ne peuvent néanmoins sacrifier leur liberté à leur amour : chacun le comprend et vit dans et avec l'acceptation de cet état de fait ; seule la mort est inacceptable.

L'info en +
Avec Out of Africa, Sidney Pollack adapte La Ferme Africaine mais aussi les deux biographies The Life of a Storyteller de Judith Thurman et Silence Will Speak d'Errol Trzebinski (la mère du peintre), oscillant constamment entre la vision idéalisée et romanesque issue des écrits de Karen Blixen et un certain réalisme et vérité sur les évènements amenés par ses biographes.

lundi 21 juillet 2014

Uchronies extra-terrestres

Ils pourraient changer le cours de l'histoire...

Nico 1/2
Recueillie enfant dans Berlin ravagé, Nico a été adoptée par un membre de l'OSS. Comme Dallas, son ami d'enfance dont le père est également militaire, elle a été entraînée pour devenir agent secret. Adolescente, elle a assisté avec ses amis (allusion au club des cinq avec leur chien ?) à la chute de la soucoupe volante de Roswell.
Mais dans cette réalité, le président Truman, contre l'avis d'Eisenhover, en a révélé l'existence au monde entier, une réalité différente où Marilyn fête ses 40 ans et s'appelle Mme Isaac Asimov. De leur côté, les russes possèdent aussi leur réplique de l'objet volant, qui s'est écrasé en Sibérie ; ils ont abattu la tribu témoin de l'accident et ont tenu la découverte secrète. Et Staline de dire : Le futur ne sera pas tout à fait celui que l'Amérique semblait prévoir. Lu le 18 juillet 2014
tome 2 : Fidel Castro a été écarté du pouvoir à Cuba, mais il connaît l'existence d'une troisième soucoupe tombée dans les Caraïbes. Alors que Le Che s'est exilé en Chine, lui s'est allié aux soviétiques auxquels il a révélé son secret. Eisenhover a fait fortune en repêchant des bâtiments militaires et des trésors grâce à la technologie alien. Il a détourné un sous-marin russe au moyen duquel il veut déclencher une guerre nucléaire en tirant sur Kennedy en visite au centre de Guantanamo.
Nico, partie sur les traces de sa mère en Allemagne, se retrouve au coeur de la machination. Talentueuse et réactive, elle réussit à s'introduire dans la base sous-marine d'Eisenhover, avec la complicité de Castro qui devient son amant. L'inspiration du personnage principal, l'une blonde, l'autre brune est très proche de la série Pin'up qui relate les aventures à rebondissements de la sulfureuse Ivy ; les traits attribués aux personnages féminins  de Philippe Berthet sont reconnaissables entre mille.

Midgard, tome 2 : Vers le Nord (peut se lire sans le 1 car il y a un résumé)
Peu importe sa race et sa couleur de peau, Oon reste un garnement qui cherche à échapper au châtiment que méritent ses mauvaises actions. Enfui à bord d'une soucoupe, il s'écrase sur Terre, en plein raid viking contre un monastère irlandais et se retrouve au nombre de leurs prises de guerre : moines terrorisés, bière et moutons. En plus, il n'a que mépris pour les "planétaires" qu'ils soient à plumes, à cornes ou à poils. Pendant ce temps, Joric un jeune flamand débrouillard, s'est glissé dans les pas de Snorri, un des guerriers venus du Nord qui n'a pas pu rejoindre son drakkar à temps auquel Joric tente d'enseigner comment survivre en territoire ennemi.
Plus connu pour Kaamelott que j'ai moyennement apprécié, Steven Dupré a également illustré le tome 3 (gourmandise) de Pandora Box et la série Coma (j'aime beaucoup)


Joëlle Ecormier [2]

D'un côté, le feu, la terre, de l'autre, l'eau, l'air, deux romans de Joëlle Ecormier qui plantent leur décor dans l'ïle de La Réunion, à découvrir -  dans la presse 


Unchocolatdansmonroman en a écrit tellement de bien quand il est sorti et comme par ailleurs je n'ai pas été déçue par mes précédentes rencontres avec les textes de Joëlle Ecormier, je comptais bien le lire un jour, à l'occasion... qui s'est présentée à la bibliothèque.
B(r)aises
Si j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, une fois emportée par le souffle du dragon, je n'ai pas pu lâcher le live. Pourtant, l'ambiance est pesante, dramatique dès le début. L'angoisse est très présente car il y a un disparu, voire un mort. Le doute persiste jusqu'au dénouement.
Les passages à la première personne, d'une femme perdue au milieu des coulées de lave encore fumantes, puis perdue dans ses pensées, ses souvenirs, alternent avec des fragments d'interrogatoire en caractère gras. Son compagnon n'est pas rentré et les recherches ne donnent rien...
Les impressions dégagées par les paysages de La Fournaise après l'éruption spectaculaire de 2007 qui a coupé la route nationale entre St Philippe et Ste Rose, au lieu dit Le Tremblet et a gagné la mer sont très bien rendus : un mélange d'attrait puissant, de fascination irrésistible et de peur viscérale.
Au début, cela ressemble à une banale dispute, une fin de soirée gâchée, mais ensuite, le drame d'une vie à deux impossible, d'un déséquilibre fondamental dans le couple dont il est question, d'une accumulation impardonnable de non-dits émerge petit à petit et se dévoile dans tous ses détails, misérables, parfois choquants.

COUP DE COEUR
Plus léger que l'air
A Paris, Joséphine mène la vie qu'elle a voulu : des études artistiques, une carrière de publicitaire sur le point de décrocher un faramineux contrat, une vie de couple promise au mariage avec un brillant chirurgien. Pourtant, tous les soirs, dans le silence d'une piscine désertée, elle enchaîne les longueurs et s'essaie à des séances d'apnée prolongées. Une lettre venue de son île natale provoque un retour sur le passé qui la hante : afin d'exorciser enfin ses vieux démons, elle prend l'avion pour Saint Denis de La Réunion. Son but est de vendre la belle case familiale aux promoteurs qui la convoitent pour en faire un hôtel de luxe. Auprès de Madeleine et Léger, le couple d'intendants qui a veillé sur son enfance et continue d'entretenir la propriété, sa visite prend peu à peu un autre sens et un tour plus salutaire.
J'ai aimé ce roman, le premier de Joëlle Ecomier dont j'ai déjà apprécié la plume légère et subtile, capable d'évoquer l'intangible dans Le petit désordre de la mer et dans une moindre mesure dans son album jeunesse La petite fleur et le soleil. En particulier, j'ai apprécié l'évocation de paysages, de scènes, d'attitudes qui me sont devenues familières et par dessus tout, les attachants personnages de Léger et Madeleine.
Le texte est émaillé de souvenirs et réflexions d'Andy Le Sauce, apnéiste multi-recordman et réunionnais d'adoption, qui viennent faire écho à la révolution qui se produit dans l'esprit de Joséphine au contact de ses souvenirs.
Je recommande chaudement le billet d'Unchocolatdansmonroman  une autre blogueuse réunionnaise dont je partage le ressenti.
Lu le 27 juin 2014

dimanche 20 juillet 2014

Le secret de l'imam bleu

Le traducteur des Versets oubliés, œuvre qui conteste l’origine du Coran, vient d’être assassiné. Qu’est-ce que l’Imam bleu, chef des Islamistes, a bien pu imaginer pour punir les infidèles ? Une chose est sûre : si les services secrets ne réagissent pas dans les quarante-huit heures, le 11-Septembre ne sera qu’une pâle copie de ce qui se trame pour les fêtes de fin d’année…

Bernard Besson imagine un attentat qui doit surpasser l'effroi suscité par l'effondrement des Twin Towers. Pierre Morvan, le coordonnateur du renseignement français, est la cible hexagonale de cette flambée d'islamisme radical. Les protagonistes de cette course contre la montre sont Tarek Hamza, Henri Boulard et Michel Clément Hamrouche, au sein desquels le représentant de la CIA en France, Melchior Giamenti (dit le mage), joue un rôle trouble.
L'auteur est membre du Comité d’action stratégique pour l’intelligence économique, placé sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur. Ancien directeur de cabinet aux RG, puis à la DST, il est l’auteur de plusieurs romans, dont Chromosomes et Le Matin des Justes.

Des noeuds d'acier

Grand Prix de la Littérature Policière - Français - 2013 - Collection Sueurs froides chez Denoël
Dans un premier temps, j'ai trouvé la couverture jolie, parmi les nouveautés du mois. En lisant la quatrième de couverture, cela m'a rappelé le roman de Karine Giebel qui m'avait laissé une sale impression, durablement. Et puis je me suis souvenue que ce titre de Sandrine Collette avait été pas mal commenté sur les blogues amis et j'ai voulu en savoir plus : comme toujours la curiosité...
Extrait :
Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, un homme est enchaîné. Théo, quarante ans, a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave. Théo n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers.

Pris au piège d'une rabatteuse peu ordinaire, à peine sorti de prison et moralement affaibli, Théophile Béranger se fait intercepter en pleine cavale, alors que personne ne sait où il est, ni ne risque de s'inquiéter de son sort. Les fers aux mains et aux pieds, il rejoint un autre prisonnier dans la cave de la ferme délabrée et sordide. Luc est lui aussi prisonnier, oublié de tous et traité comme un chien depuis huit ans ; un autre est mort avant lui, enterré sous leur bas-flanc.
Les deux frères, Joshua et Basile Pacault, sont fous mais pas bêtes. Méfiants et précautionneux, ils vivent à l'écart de tout depuis soixante ans, leur seul contact avec le monde se fait par l'intermédiaire de leur soeur Rose Mignon et Eric le gardien d'une propriété voisine. Alors que Luc souffre d'une mauvaise blessure à la jambe, Théo arrive à point pour prendre le relais et les aider à couper le bois, entretenir le potager, cuisiner, nettoyer.
Le seul bémol à ma lecture  et je ne spoile rien en écrivant cela, c'est que j'ai trouvé le suspense moins insoutenable que chez Karine Giebel par exemple, parce qu'on est renseigné indirectement mais dès le début, sur l'issue de la captivité de Théo, grâce au procédé narratif : les faits sont rapportés a posteriori par une tierce personne.

D'autres histoires de séquestration
Piège nuptial, Douglas Kennedy
Les morsures de l'ombre, Karine Giebel    SNCF du Polar 2009

samedi 19 juillet 2014

Le pendu littéraire

Pour corser mes lectures estivales, je me suis inscrite à une autre sorte de challenge qui rejoint un peu Lire sous la contrainte, mis en pause jusqu'en septembre, puisqu'il s'agit de choisir une lettre et de lire des auteurs dont le nom la contient un maximum d'occurences. Pour plus de détails sur l'organisation, voir les explications de Merryfantasy
Je suis associée à Melymelo et nous avons pour tâche de trouver des -R
J'ai dans ma PàL de quoi "gagner" 6*3 points, mais je suis à la recherche d'un 4R !
Charline QUARRE A contre jour
Christian GRENIER Virus LIV3 ou la mort des livres
Pierre Marcel FELIX La trajectoire du point
Barbara KINGSOLVER L'arbre aux haricots
Arni THORARINSSON Le septième fils
Muriel BARBERY Une gourmandise

Edit du 19 juillet 2014 :
ça y est je l'ai trouvé : Le père de nos pères de Bernard Werber, je l'ai troqué il y a un certain temps déjà et c'est donc bien évidemment par lui que je vais commencer ce challenge.

mercredi 16 juillet 2014

Les challenges qui se terminent cet été... et ceux que je commence

Lacunes => 15 juin 2014
petit bilan avec une LC qui m'a beaucoup moins emballée que mes co-lectrices
La vie devant soi d'Emile Ajar (Romain Gary)
La petite fille de Monsieur Linh Cœur étincelant de Philippe Claudel
L'écume des jours de Boris Vian  qui est venu remplacer  J'irai cracher sur vos tombes dans ma liste (et PàL)

Oh my couverture => 15 juillet 2014
J'ai participé avec quelques couvertures horrifiques mais j'en ai vu de bien mieux (PIRE) chez les autres
on attend le résultat du vote mais déjà celle de l'organisatrice se détache du lot des favoris

Thrillers et polars => 9 juillet 2015
ça faisait longtemps que je lorgnais du côté de ce challenge organisé par Liliba et en plus je vais pouvoir le combiner avec mon ABC polar


mardi 15 juillet 2014

Un mot, des titres : JE

Session 25 : un mot a été tiré au sort… Nous publierons nos billets le 15 juillet.
Calypso se félicite que le sort ait enfin désigné son mot :  JE
Bravo… moi ! Comme vous tous ? je trépignais de voir un de mes mots tirés au sort et ce, depuis presque trois ans (!). Ce mot, assez singulier j’en conviens, je l’ai proposé à de nombreuses reprises et je sais que je ne suis pas la seule à être sortie des traditionnels noms et adjectifs.

J'ai deux titres à proposer pour cette session :
- Anne Gavalda que je découvre en audio avec ce recueil de nouvelles
- Gaston Kelman dont j'ai enfin lu le roman/étude sociologique feuilleté et Pàlé il y a quelques années

Je n'aurais sans doute pas ouvert spontanément un roman d'Anna Gavalda à cause de ses titres, qui m'ont fait la classer parmi les Musso et Lévy, mais en livre audio l'expérience m'a tentée. Je croyais qu'il s'agissait d'un roman et non d'une suite de nouvelles, de fait son premier recueil publié : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part dont j'ai apprécié la variété dans le désenchantement, au point d'aller lire les dernières qui ne passaient pas sur lecteur de disque.  Je signale en particulier l'humour de Catgut (noir) et de Junior (jaune). Dans l'épilogue, elle conte avec humour ses débuts d'auteur. En revanche, du point de vue audio, j'ai été gênée par sa lecture personnelle, très proche du langage parlé, mais je crois à la réflexion que c'est son écriture-même qui est en cause, que cette "qualité" orale fait partie de son style. Ecouté le 3 juin 2014


Lus au cours des années écoulées (ou pas) :

J'aime pas...
- la mer (Françoise Xénakis)
- les autres (Jacques A. Bertrand)  Lu le 23 août 2010
- Halloween (Chrisitine Féret-Fleury) LàL
- le lundi (Jérôme Lambert) LàL


Avec un patronyme qui le ferait rattacher plus spontanément à l'Est de la France, Gaston Kelman se revendique bourguignon : un brin de provocation, dans le but évident de mettre en défaut les a priori de ses vis-à-vis,  qui ne manque pas de surprendre ses interlocuteurs. Son roman (en est-ce bien un ? ou plutôt un essai, une étude de moeurs... ) est à l'avenant. En quelques chapitres dont les titres font tomber un à un les bastions des préjugés : Je suis noir et je n'aime pas le manioc,  je suis noir et j'en ai une petite, je suis noir et je me soigne, etc. il dresse un portrait érudit et humoristique de la négritude/blackitude ambiante dans les dernières décennies du XXème siècle
Etabli dans la couronne francilienne, actif dans le secteur social, il parle de ce qu'il connaît et l'explique par de nombreuses références bibliographiques, mais aussi géographiques en comparant la situation en Afrique, aux Etats-Unis. Mari et père d'enfants tantôt black (son garçon), tantôt marron clair (sa fille), il a expérimenté la distinction des races et genres. Il propose un point de départ à la réflexion, qui n'est certes pas toujours incontestable mais qui reste instructif. Lu le 30 juin 2014

     Extrait :
La culture, c'est l'adaptabilité à un milieu et à un moment. C'est la capacité à utiliser les outils (production) les langages (communication) les comportements (vie sociale) locaux pour vivre. La culture c'est hic et nunc (ici et maintenant). Elle est donc intimement liée aux notions d'espace et de temps.[...] Evidemment, la culture ce sont des langages, qui en plus d'être spatio-temporels, sont générationnels. Les langages, même gestuels, ne sont pas identiques dans le monde entier. Evidemment, la culture, ce sont des comportements, des modes de pensée. Mais là aussi, une fois la valeur établie, ces données doivent s'adapter au milieu de vie. Les valeurs sont plus universelles. Elles (sont)reconnues  par la totalité du genre humain. La tradition est le mode d'ancrage, d'adaptation à son environnement.

dimanche 13 juillet 2014

La neige noire d'Oslo

Tour du monde : Norvège

Merci à Babelio et aux éditions Anacharsis qui m'ont fait parvenir La neige noire d'Oslo de Luigi di Ruscio (écrivain-ouvrier d'origine italienne, établie en Norvège et mort à Oslo en 2011)
 « Comment se fier à des témoins oculaires qui affirment avoir vu de magnifiques couchers de soleil quand on sait pertinemment que le soleil ne se couche pas, 
c’est nous qui crépusculons constamment. ». 
Voilà la phrase étrange et belle - pertinente autant que poétique - qui a retenu mon attention et fait choisir ce livre lors du dernier Masse critique (Détails de l'opération).

Extrait du résumé :
Enfermé dans « sa tour de glace » – le petit appartement d’une banlieue ouvrière d’Oslo –, puisant dans un quotidien où personne ne parle sa langue, ni à l’usine ni en famille, Luigi Di Ruscio a écrit le monde quarante ans durant. Entraîné par le flot des crépitements incessants de sa machine à écrire, il mêle librement le roman, l’autobiographie, la poésie.

Par un phénomène qui ne connaît pas de règle stricte dans le monde des écrivains polyglottes, l'auteur, bien qu'ayant vécu plus de quarante ans en Norvège, dont il parle et lit la langue, a fait le choix d'écrire dans sa langue maternelle, l'italien, qu'il lit et écrit mais avoue parler de plus en plus mal. C'est une chose à laquelle je m'intéresse et qui, ajoutée au fait qu'il est italophone, m'a aidée dans mon approche de cette prose qui n'est pas extrêmement facile.
Pour le fonds,  l'auteur est en droit de supposer qu'il s'agit d'un dernier roman, d'une ultime occasion de régler des comptes ou plutôt de préciser des aspects de son travail, en réponse à des critiques, des réactions à ses écrits précédents. Il se présente comme ouvrier, autodidacte, engagé politiquement et artistiquement : son témoignage est passionnant à plus d'un titre car s'il a peu profité de l'école, il a énormément étudié, ses réflexions et ses références en témoignent. Etranger, migrant, exilé économique, il mêle reconnaissance et critique pour son pays d'accueil, fidélité à sa patrie et à sa culture natale.
Du point de vue formel, la langue est belle, claire, mais truffée de néologismes, d'inventions linguistiques (j'entrevois et admire la subtilité de la traduction en français). Le texte donne l'impression d'une longue loghorrée sans aucune ponctuation ; chez Alain Mabanckou, cet aspect a été rédhibitoire et j'ai abandonné au bout de deux tentatives (Verre cassé et Mémoires de porc-épic) ; chez Luigi Di Ruscio, je n'ai rencontré aucune difficulté à suivre le fil d'une pensée qui se dévide sur le papier via le clavier de la vieille machine à écrire et qui m'a fait penser aux expériences d'écriture automatique.
Je ne suis pas sûre que je serais à même d'apprécier ses poèmes néoréalistes, mais en ce qui concerne cet objet littéraire non identifié, j'ai été séduite par la langue de cet homme et j'ai envie de le découvrir en VO.

samedi 12 juillet 2014

Let's rat

10:00  Je suis à pied d'oeuvre pour commencer, un petit (moins de 200 pages) pour la mise en bouche, il y a du vent mais je vais essayer de lire dehors au soleil, je pars au Kenya avec Natasha Illum Berg
Read-a-thon, qu'est-ce que c'est ?  Le blog du RàT

13:00  Pause, j'ai un RDV et ensuite je mangerai un peu

16:00  Pour l'instant, c'est plutôt un Raté pour moi car je suis tellement fatiguée que je me suis endormie sur mon livre. Je n'ai lu que 150 malheureuses pages d'Un thé sur le divan bleu qui est pourtant très bien.

19:00  J'ai fini le roman et j'ai lu deux nouvelles d'Alternative rock, je vais attaquer un moyen (plus de 400 pages).

22:00  Je jette l'éponge, mes yeux se ferment et je ne trouve pas de position confortable pour continuer à lire, j'en suis environ à la moitié de Player one.
Bilan de ce premier jour : 446 pages, je n'ai jamais fait moins, heureusement que je suis inscrite aux 24 heures sur 2 jours, je ferai sûrement mieux demain !

13 juillet 2014

7:00  J'ai très envie de connaître la suite des aventures de Parzival et Art3mis et comme je suis déjà debout...

10:00  Il me reste un cinquantaine de pages à lire, puis je ferai une pause énergétique, ensuite je pense lire un polar pour mon challenge ABC, j'ai aussi deux partenariats et un JE mystère dans ma Pàl...

13:00  J'ai fini mes 400 pages et j'ai lu une autre nouvelle d'Alternative rock
Il n'y a pas beaucoup d'activité du côté des autres Rathoniennes non plus

16:00  170 pages lues, je n'ai pas l'impression d'avancer et l'histoire me rappelle quelque chose de Jumelles c'est assez dérangeant, mais j'ai envie de savoir la fin, encore trois heures de lecture

19:00  Il me reste une petite centaine de pages, je m'arrête pour aller voir le feu d'artifice au bord de la plage...
Demain je continue et je savoure le plaisir d'un week end sans obligation et dédié au farniente.

14 juillet 2014

10:00  J'ai hâte de connaître le dénouement de La femme au portrait

Ni top, ni flop, le résultat de mon week end prolongé :


Natasha ILLUM BERG Un thé sur le divan bleu 164
collectif Alternative rock 100
Ernest CLINE Player one 404
Greg ILES La femme au portrait 509


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vendredi 11 juillet 2014

Stupeur et tremblements - Ni d'Eve ni d'Adam - La nostalgie heureuse

Comme d'autres lectrices, j'aime particulièrement quand Amélie Nothomb prend pour sujet ses années au Japon. La période décrite dans Stupeur et tremblements se situe au coeur de ce roman, pendant l'année où elle a tenté d'être une employée japonaise comme une autre. La suite, 16 ans après, est racontée dans La nostalgie heureuse que je suis en train d'écouter.

Sous prétexte d'une romance avec un jeune Tokyoïte, Ni d'Eve ni d'Adam est la chronique d'une histoire d'amour avec le Japon : sentimentalement parlant, quel dommage qu'elle finisse par une fuite car le jeune Rinri a tout du prince charmant dont rêvent, sinon toutes, la plupart de filles.
L'épisode de l'excursion périlleuse dans la montagne enneigée, la nuit dans le gîte glacial,  l'imaginaire autour de Yamamba la sorcière et la relation au Mont Fuji traduisent de manière exaltée le caractère de la relation de l'auteur avec son pays "de naissance".
Lu le 11 juillet 2014

La nostalgie heureuse (audio)
De retour au Japon avec une équipe de télévision, l'auteur retourne dans la province du Kansaï et à Kobé, découvre la reconstruction de Fukushima après le tsunami, retrouve sa nourrice, son école maternelle, son fiancé Rinri, le parc où ils allaient admirer les cerisiers en fleurs, mais aussi le vide des lieux détruits ou disparus. C'est l'occasion d'évoquer après 15 ans d'absence, les souvenirs de Ni d'Eve, ni d'Adam, de Stupeur et tremblements (dont les révélations lui valurent de ne plus être traduite en japonais pendant une dizaine d'années), d'aborder des réflexions philologiques, sa genèse personnelle et les sentiments très particuliers que lui inspire la culture japonaise.

Stupeur et tremblements roman autobiographique d'Amélie Nothomb, a été adapté au cinéma par Alain Corneau, avec Sylvie Testud dans le rôle de l'auteur. Elle s'inspire de son expérience professionnelle d'une année au sein d'une grosse entreprise tokyoïte et relate son apprentissage parfois cruel des rapports hiérarchiques : ancrés dans la tradition japonaise, dont cette expression est révélatrice : on ne s'adresse à l'empereur qu'avec " stupeur et tremblements ", ils sont basés sur la crainte et le respect des apparences et ne laissent place ni à l'initiative, ni à la contestation.
Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999


jeudi 10 juillet 2014

Sentiment 26

Des trois livres proposés par ma binôme du LDPA  #9, je ne lirai finalement que Sentiment 26, qui m'a laissée avec un sentiment plus que mitigé, d'où mon retard pour écrire ce billet.
A la suite de la trilogie La déclaration (L'histoire d'Anna, puis L'histoire de Peter), j'avais inscrit de confiance, le titre suivant de Gemma Malley dans mes livres à lire. Il m'a été offert lors du swap Tissons des liens de l'an dernier, merci Meldc.

Seconde moitié de notre siècle, une dystopie, un triangle amoureux
Dans la cité, les survivants peuvent vivre à l'abri de leurs murs et dans une relative prospérité à l'écart des conséquences dévastatrices de la folie des hommes et des guerres civiles et militaires qui ont dévasté le pays. Par la grâce de la seconde naissance (une ablation de la partie du cerveau qui commande les sentiments), le Guide suprême leur a offert une meilleure vie et leur montre la voie : pour écarter tout risque de rechute, ils doivent se conformer au Livre qui leur désigne les sentiments à proscrire, respecter une morale très stricte et veiller étroitement à ne laisser filtrer aucune émotion.
Les citoyens sont répartis en castes, selon leur degré d'adaptation au système : de A comme admirables à D pour déviants, dangereux et nul ne sait ce qu'il advient des E, les exclus. C'est à la fois la carotte et le bâton, car aucune position n'est définitivement acquise. Voisins, collègues, famille s'observent et s'épient réciproquement, sachant que le système qui les surveille tous traque sans merci les déviances.
Evie est une B, elle travaille pour le gouvernement et met à jour les fiches des sujets qui ont gagné ou perdu un rang dans la hiérarchie. Elle a la chance de plaire à Lucas, un A promis au plus brillant avenir. Mais Evie est en décalage complet avec le monde qui l'entoure. Elle a deux secrets honteux : des pensées, comme des bribes de souvenir, des doutes qu'elle s'efforce de chasser et des rendez vous amoureux avec Raffy, le frère terrible, l'antithèse de Lucas, toujours révolté, inconscient des risques, soupe au lait et râleur.
Bien sûr, Evie va se voir confrontée au danger, son monde va voler en éclat, tous les faux semblants lui seront révélés petit à petit, mais l'auteur n'a pas réellement réussi à rendre les personnages attachants, si ce n'est Lucas, le traître que justement on devrait détester, ni même crédibles émotionnellement : tout est trop lisse, trop lent, trop contenu.

Challenge Livra'deux pour Pal'addict *9* [Mai/Juin/Juil] ou LDPA pour les initiés, le principe de cet agréable challenge trimestriel est simple : associé(e)s par paires, nous choisissons dans la PàL de l'autre ce qui, pour des raisons diverses, nous tente le plus de lui faire lire : un titre en commun, un roman qui nous a plu, un avis que nous aimerions avoir, etc.
Sur les trois proposées, une seule lecture est "obligatoire" mais beaucoup jouent le jeu de l'exhaustivité, rien de tel pour dégraisser les PàL. Les avis sont rendus au plus tard à la fin de la session. Pour cette fois, je suis inscrite au tirage au sort : proposition de binôme et choix de lectures à partir du 15 mai.

Edit du 20 mai : je suis associée à Eliot du blogue Eliot et des livres et nous formons le binôme 40.
Premier constat : il y a vraiment beaucoup de choses intéressantes dans sa PàL, mais puisqu'il faut n'en retenir que trois :
1. parce qu'il est récent et m'intrigue
2. parce qu'il est ancien et que j'en ai un très bon souvenir : elle l'a choisi
3. parce que la couverture, puis le titre, enfin le résumé m'ont interpelée

Edit du 22 mai : de son côté, elle me propose de lire trois livres qui lui font envie dans ma PàL : de très bons choix pour plusieurs raisons, ils me tentent beaucoup moi aussi et ils font tous les trois parties de ma PàL de swaps ! Ce n'est pas la première fois que Le dahlia noir sort mais je recule à chaque fois car il est assez épais... ce sera peut être la bonne


mercredi 9 juillet 2014

13 petites enveloppes bleues

La suite de 13 petites enveloppes bleues : l'enveloppe manquante, celle qui a été dérobée à Ginny avec son sac à dos et toutes ses affaires à Corfou, vient de paraître. Vais-je la lire ? L'auteur a dû mûrir... Voilà ce que j'avais écrit après lecture en 2011 :
J'en attendais beaucoup plus. Maureen Johnson se livre à une sorte d'exercice de style, un jeu de rôle auquel se prête obligeamment la narratrice, mais aussi le lecteur, embarqué sur ses talons.
Tante Peg, peintre aux idées farfelues et défunte d'un cancer du cerveau, fait voyager sa nièce lycéenne, prénommée Virginia, comme l'état ou comme les vestales selon l'humeur et les chapitres), à travers les capitales de quelques pays européens : Londres, Edimbourg, Rome, Paris, Amsterdam, Copenhague, Corfou. Le séjour dans chaque ville excède rarement la journée, mais dure une incroyable semaine à Amsterdam, sans faire avancer le scénario. Ginny est embrigadée par la famille Knapp, venue du Minnesota visiter les hauts lieux du patrimoine hollandais avec un sens de l'organisation paramilitaire.
Le voyage, portant sans doute la marque des lubies d'une dame atteinte au cerveau, est plus fantasmé que crédible. C'est un sommet de la caricature à l'américaine, un feu d'artifice de clichés littéraires, de données peu fiables tirées de l'imagination et non pas d'un sérieux travail de recherches sur les villes d'Europe, avec en cerise sur le gâteau, une improbable course contre la montre dans Venise (p.269) : " Ils arrivèrent à Venise avec seulement un  quart d'heure devant eux, sans aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient. Ils [...] s'entassèrent dans un taxi clandestin et filèrent à près de cent cinquante à l'heure dans les rues désertes. [...] Et quelques instants plus tard, ils montaient sur un gros bateau rouge [pour Corfou] !!!



50 billets, 50 états
VIRGINIE OCCIDENTALE

mardi 8 juillet 2014

Challenge numérique

Top Ten :
1. Un avion sans elle de Michel Bussi,  Le contraire de un (nouvelles) d'Erri de Luca, Player one d'Ernest Cline, Un thé sur le divan bleu de Natasha Illum Berg
2. Deux petits pas sur le sable mouillé (témoignage)
3. Entre 3 et 4 (nouvelle) de Francis Scott Fitzgerald, Virus L.I.V.3 ou la mort des livres de Christian Grenier
4. Les quatre fils du docteur March (suspense) de Brigitte Aubert
5. Meurtre à cinq mains de Jack Hitt
6. Six appeal (comédie) de Janet Evanovitch
7. Sept pistoleros (BD) de David Chauvel
8.
9. La neuvième vie de Louis Drax de Liz Jensen
10. Chambre numéro 10 (polar) d'Ake Edwardson

Aléatoire :
13 petites enveloppes bleues de Maureen Johnson
Sentiment 26 de Gemma Malley
Novecento (1900) d'Alessandro Barrico
Les 1001 vies de Billy Milligan de Daniel Keyes

Math'en mots :
Ma double vie de Sarah Bernhardt
La théorie du chaos de Leonard Rosen