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mardi 11 janvier 2011

Le ballon et autres histoires inédites du petit Nicolas

René Goscinny n'est plus depuis 1977 mais sa descendance : Astérix, Lucky Luke, Iznogoud... est éternelle. Le petit Nicolas aurait eu 50 ans en 2008.
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Lorsqu'à cette occasion, Anne Goscinny le sollicite pour reprendre les pinceaux, Jean-Jacques Sempé répond présent. Le résultat est un petit joyau de fraîcheur, une dizaine de courtes histoires inédites d'où resurgissent sans une ride, le petit Nicolas et de sa bande de terribles copains, Geoffroy, Alceste, Clotaire, Rufus, Eudes, Maixent et les autres. Immortalisés "à vie" sur la photo de classe des petits CP, en compagnie de la maîtresse, des surveillants Le Bouillon et M. Bordenave, du directeur, de l'inspecteur et des parents, ils gardent plus d'un tour pendable dans leur sac, mais restent grandioses de naïveté et de candeur.

J'ai alors fait quelques recherches... Même si le héros cultissime né de l'imagination fertile du duo Sempé-Goscinny est l'écolier le plus célèbre de France, je ne m'attendais pas à trouver autant de titres relatant ses innombrables aventures. Il faut dire que j'avais un peu cessé de tenir le compte des parutions depuis mes dernières lectures qui remontent peu ou prou... au primaire ! Une belle redécouverte que je dois au circle challenge ABC. Difficile toutefois, depuis la sortie du film, d'imaginer la maman de Nicolas sans entendre la voix pointue de Valérie Lemercier.
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Marcellin Caillou rougit hors de propos et cela lui cause des problèmes relationnels jusqu'au jour où il fait la connaissance du fils de ses nouveaux voisins, René Rateau, qui éternue sans raison. Il deviennent les meilleurs amis du monde, appréciant jusqu'au silence qui s'établit parfois entre eux. Mais au retour des vacances, Marcellin découvre que René a déménagé de nouveau et perd sa trace jusqu'à l'âge adulte. Une jolie fable sur la difficulté de vivre sa différence, qu'on soit enfant ou adulte.

jeudi 30 décembre 2010

Bilan de clôture du circle challenge 2010

Le circle challenge ABC finit en beauté, avec une belle répartition de "l'effort" tout au long de l'année 2010 !
Grâce à Talyate, qui a compris combien j'aime les voyages littéraires, j'ai pu partir à la découverte d'auteurs souvent féminins et de pays, dont je ne cite que les principaux, dans un tour du monde qui a cheminé à travers l'Europe, l'Afrique, l'Asie et les Amériques :

  • ANTILLES : Marie-Reine de JAHAM (janvier) => L’or des îles
  • BRESIL (Amazonie) : Eva IBBOTSON (novembre) => Reine du fleuve 
  • CANADA : Jane URQUHART (décembre) => La foudre et le sable
  • CHINE (et Hong-Kong) : Adeline YEN MAH (décembre) => Feuilles d'automne et J. M. ERRE => Made in China 
  • EGYPTE : Christian JACQ (mars) => Le pharaon noir, Violaine VANOYEKE (novembre) => Le trésor de la reine-cobra
  • ETATS-UNIS : Stephen KING (janvier) => Shining, Marc LEVY (octobre) => Sept jours pour une éternité
  • FRANCE : Danielle STEEL (février) => JoyauxJuliette BENZONI (mars) => Les dames du Méditerranée-Express, tomes 1 et 2/3, Emile ZOLA (avril) => Thérèse Raquin, René GOSCINNY et Jean Jacques SEMPE  (août) => Les aventures du petit NicolasCharmaine CRAIG (novembre) => L'hérétique
  • IRLANDE : Ray BRADBURY (septembre) => La baleine de Dublin et les océans du monde : Herman MELVILLE => Moby Dick
  • ITALIE : Elisabeth ADLER (juillet) => Voyage à Capri
  • MAROC : Fouad LAROUI (janvier) => Les dents du topographe, Malika OUFKIR (août)=> L'étrangère
  • ROYAUME-UNI : Mary HIGGINS CLARK (janvier) => Dans la rue où vit celle que j’aime, Barbara TAYLOR BRADFORD (mai) => L'espace d'une vie, Ruth RENDEL (août) => En toute honnêteté et Rosamund PILCHER => Retour au pays, Amanda QUICK (septembre) => Le chant de la sirène
  • RUSSIE : Barbara TAYLOR BRADFORD (mai) => L'espace d'une vie
  • SENEGAL : Marie N'Daye (décembre) => Trois femmes puissantes
  • enfin un merveilleux Voyage à travers les continents et les siècles grâce à : Nathalie WOOD (mai) => La pierre sacrée

mercredi 29 décembre 2010

La foudre et le sable

Depuis qu'elle a recueilli le dernier souffle d'un marin naufragé sur la côte de Rathlin, son île irlandaise natale, la belle Mary aux yeux verts et aux cheveux roux ne se fait plus appeler par son nom de baptême mais par celui que lui a inspiré le noyé : Moïra. Les villageois la disent possédée par un esprit des eaux. Pourtant, Brian l'instituteur lui demande de l'épouser et plus tard, la naissance de leur fils Liam semble l'apaiser.
Mais avec la maladie des pommes de terre, la misère s'installe et ajoute à la douleur de l'occupation anglaise. De nombreuses familles émigrent au Canada où des concessions sont distribuées aux infortunés colons.
Brian s'enfonce avec sa famille dans la forêt à défricher, loin de la mer ; il s'acharne à cultiver un sol revêche, mais reste obstinément attaché à l'Irlande, à son histoire et au gaélique. A la naissance d'Eileen, Mary s'enfuit sans retour et abandonne du jour au lendemain, mari, enfants, maison, pour finir ses jours en ermite au bord du lac Moïra. Brian rêve toujours d'enseigner, mais c'est un homme brisé à plus d'un titre auquel les habitants de Madoc confient la classe du village.
Alors que Liam a les pieds ancrés dans la terre et aspire à la prospérité, Eileen semble avoir hérité des qualités ambigues de sa mère. Esther, sa petite fille, est maintenant une vieille femme et elle se souvient...

La foudre et le sable est une des dernières lectures du circle challenge ABC de l'année 2010 : elle fait partie de la sélection "historique" de Talyate, entre fiction romanesque et saga familiale basée sur des faits avérés.
Jane Urquhart puise au coeur de l'âme irlandaise pour tracer une grande fresque humaine, où se mêlent rudesse de l'existence, fierté des racines et magie des croyances ancestrales. A travers plusieurs générations de femmes, elle décrit la vie de ces courageux paysans irlandais, transplantés hors de leur sol, poussés par la misère et la famine. Mais elle montre aussi les freins à la construction d'un véritable nouveau monde, la persistance des communautarismes et la transposition parfois absurde, outre-atlantique, des vieilles querelles venues d'Europe, la poursuite du combat des "fenians" (nationalistes) contre le joug anglais ou des oppositions entre papistes (catholiques) et orangistes (protestants).

vendredi 17 décembre 2010

Feuilles d'automne

Un proverbe chinois en forme d'épitaphe " Luo Ye Gui Gen " (les feuilles d'automne retournent à la terre) vient clore le récit autobiographique d'Adeline Yen Mah, écrit de manière très romancée. Son témoignage, sur fond de guerre sino-japonaise, de combat entre nationalistes et communistes et de révolution culturelle, est très enrichissant et éclaire le lecteur sur de nombreux aspects de la vie de la moyenne bourgeoisie durant ces périodes troublées de l'histoire chinoise.

Fuyant devant l'avancée des troupes japonaises, la famille Yen Mah s'établit dans les années 30 à Shanghai, qui est alors une cité coloniale prospère et cosmopolite, puis à Hong-Kong. Les aïeules d'Adeline, instruites et émancipées, sont des femmes hors du commun ; le grand-père, industrieux, puis le père, créatif et entreprenant, réussissent à faire fortune et à la maintenir en dépit d'un contexte économique et culturel inégalement favorable.
Dernière née d'une famille de quatre enfants, Adeline porte inconsciemment le lourd fardeau de la mort de sa mère peu après sa naissance. Elle ne sera jamais autorisée à la jeunesse insouciante de ses frères et soeur. Le remariage de son père avec la belle "Niang" (mère) d'origine eurasienne et de culture française aggrave la situation des enfants. Pour la petite Jun-Ling, bientôt rebaptisée Adeline, il signe le temps de son exil définitif au ban de la famille. Soutenue par son grand-père et sa tante paternelle, elle trouve néanmoins la force de caractère pour surmonter l'épreuve du rejet paternel et se réfugie dans les études et les livres. Mais elle ne réussit jamais, en dépit de ses efforts uniformes, à voir son amour filial et fraternel payé de retour. Le testament de sa belle-mère lui réserve une ultime déception.

vendredi 10 décembre 2010

Made in China

Made in China, par référence aux gadgets fabriqués en série, est le deuxième roman de J.M. Erre. Il y traite du mystère des origines et de la question que tout enfant adopté finit immanquablement par se poser sur sa famille biologique. La gravité du sujet aurait pu peser sur le lecteur sans l'humour bon enfant - parfois un peu too much - et les apartés de l'auteur au lecteur destinés à créer une connivence.
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Toussaint Legoupil est le fils unique de Mado et Léon Legoupil, respectivement première dame et premier magistrat de Croquefigues-en-Provence, modeste village que rien ne prédestine à la renommée. Mais le maire est inventif pour faire fructifier les intérêts de la commune et ceux de quelques particuliers bien choisis. Il découvre un associé de choix en la personne de Jean-Marius Djemba, qui maîtrise l'art d'attirer les naïfs pour ensuite les convaincre de se délester de leur argent : le mentor hippie est le fondateur de la secte du MINOU, des adorateurs de Claude François ; les impécunieux sont impitoyablement refoulés du village.
Toussaint présente un particularité surprenante pour un chinois : il possède des caractères physiques indéniablement africains. Faisant une crise d'identité tardive, il se rend à Chengdu en Chine à la recherche de l'orphelinat où les époux Legoupil sont venus l'adopter.

vendredi 26 novembre 2010

Reine du fleuve

Talyate avait inscrit Eva Ibbotson dans ce challenge pour Les matins d'émeraude que j'ai attendu au prêt depuis au moins 6 mois sans qu'il soit réapparu. Je reviendrai pourtant dès que possible sur cette lecture qui m'intéresse, notamment à titre de comparaison avec Sur la tête de la chèvre (Hongrie), car elle traite des souvenirs de jeunesse de l'auteur, de la vie à Vienne au moment des lois de Nuremberg, ainsi que de la situation des autrichiens contraints à l'exil par les persécutions antisémites.

Je me suis finalement rabattue sur Reine du fleuve, qui m'a entraînée dans une nouvelle région du monde, la grandiose Amazonie. Maia est une jeune orpheline anglaise fortunée, que des parents lointains, pourtant peu portés à la philantropie, acceptent d'accueillir à leur domicile : les Carter et leurs filles Gwendolyne et Béatrice ont dû fuir Londres à la suite de malversations ; ils se sont établis près de Manaus sur une plantation de caoutchouc, mais leur comportement méprisant à l'égard des indiens qui travaillent pour eux les conduit à la faillite. Leurs affaires marchent mal et ils sont aux abois.
L'attitude de Maia est à l'opposé de celle des jumelles et de leur mère : prête à aimer son pays d'adoption, elle désire découvrir la jungle luxuriante et lier connaissance avec ses habitants. Sa rencontre fortuite avec Finn Taverner, également orphelin d'un lord anglais ayant fui sa famille pour s'installer comme botaniste au Brésil et d'une indienne Xanti, décide de son avenir : elle veut naviguer sur le fleuve, remonter l'Amazone, explorer la jungle et découvrir de nouveaux remèdes en sa compagnie.

La romancière vient de disparaître. Son oeuvre appartient depuis longtemps aux classiques de la littérature jeunesse dans les pays anglo-saxons. Reine du fleuve a reçu en 2001 le Prix Smarties délivré par plus de mille écoles anglaises.

dimanche 21 novembre 2010

L'hérétique

J'ai eu beaucoup de difficultés à me procurer ce titre et je suis contente de ne pas être passée à côté de cette lecture suggérée par Talyate, qui s'est révélée une des plus satisfaisantes depuis le début de ce challenge.
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En 1320, une jeune Languedocienne originaire d'un petit village occitan est jugée par un tribunal de l’Inquisition pour hérésie et inceste. Les minutes de son procès – popularisé par Emmanuel Le Roy-Ladurie – sont à l'origine de l'intérêt de Craig Charmaine pour le sujet. Son roman, qui résulte de recherches historiques poussées, retrace la progression de l'hérésie dans le Languedoc au XIVème siècle en parallèle à celle des pratiques inquisitoriales mises en oeuvre pour en expurger les croyances propagées par les "bons hommes". Alliant une solide formation d'historienne à une réelle aisance d'écrivain, l'auteur atteint un bel équilibre entre utilisation de la ressource documentaire et fiction romanesque.
L'histoire de cette lignée de femmes ayant vécu à Montaillou et de leurs relations troubles avec le prêtre du village, Pierre Clergue, débute avec Marquise, aimée de Pierre, mais séduite puis abandonnée par Guillaume, son frère aîné. Fabrisse, la petite fille née de ces amours clandestines et baptisée en secret par Pierre, est amoureuse du prêtre mais ignore leur lien de parenté. Son mariage d'amour avec Pons, célébré en dehors de l'Eglise, devient une union malheureuse avec l'adhésion de son mari aux préceptes de la vraie foi, qui le pousse à l'abstinence absolue puis au suicide. Elle, qui a souffert de sa naissance adultérine, met au monde une fillette illégitime, née posthume. Grazida devenue adolescente est séduite par Pierre qui l'ayant mise enceinte, lui fait épouser Arnaud Lizier.
Son témoignage a inspiré le roman, dont les personnages déchirés, tourmentés par leur quête de pureté spirituelle et confrontés à la force de leurs désirs charnels, sont des figures historiques ayant réellement existé : Grazida Lizier, mais aussi Pierre Clergue, le recteur déviant de Montaillou et Bernard, l'implacable moine dominicain créateur de l'Inquisition.

samedi 6 novembre 2010

L'Egyptien Alexandros - Violaine Vanoyeke

N'ayant pas trouvé le titre inscrit par Talyate dans la liste du challenge ABC, j'ai remplacé Une mystérieuse égyptienne par Le trésor de la reine-cobra. Violaine Vanoyeke a écrit de nombreux romans historiques ayant pour cadre l'Egypte ancienne dont elle est une spécialiste (linguiste, historienne) reconnue.

L'intrigue policière lui sert de prétexte pour décrire les coutumes des Thébains sous le règne des Ptolémées et faire part des dernières découvertes archéologiques concernant la femme-pharaon Hatchepsout, la reine-cobra, qui a su profiter de la minorité de son neveu Thoutmosis III pour exercer le pouvoir. Tandis qu'Alexandrie, où vit Pharaon et sa cour, et la Basse-Egypte voient s'installer de nombreux Grecs qui apportent leurs dieux et leur mode de vie, autour et en amont de Thèbes, l'ancienne capitale, les Egyptiens restent plus attacher à leurs traditions et rejettent les pratiques helléniques.
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Le prince Alexandros, fils bâtard de Ptolémée, et sa compagne Helena sont venus à Thèbes pour assister aux fêtes données en l'honneur des dieux guérisseurs. Ils se retrouvent mêlés à une étrange disparition sur fond de crime organisé : Melissa connaît la Vallée des Rois et ses innombrables nécropoles comme sa poche. Elle s'est accoquinée avec une bande de pilleurs de tombes qui font main basse sur le mobilier funéraire et les bijoux des riches sépultures, en dépit de l'interdit puni de mort du pharaon. Ayant tenté de s'approprier indûment une plus grosse part du butin, elle doit s'enfuir et disparaît dans le fleuve. Nertari, mariée au riche Rhodopis, ignore presque tout des moyens d'existence de sa soeur jumelle ; elle accourt néanmoins de Chypre pour tenter de confondre les meurtriers, au péril de sa vie.
 
Repères :
Il y a trois autres enquêtes où apparaît l'égyptien Alexandros, venu de Macédoine, dont la lecture me tente si elle concilie avec le même bonheur les qualités romanesques et une réelle érudition sur l'Antiquité méditerranéenne.

mercredi 13 octobre 2010

Sept jours pour une éternité

Encore un bon choix de Talyate pour ce roman très frais, drôle et émouvant dont j'attends avec impatience la traduction en BD signée Corbeyran  (le premier de deux tomes vient de paraître => en fait j'ai trouvé la BD un peu en dessous et je crois surtout que l'effet de surprise ayant disparu, enlevait beaucoup d'intérêt à l'histoire).

Lucas est beau en diable, ce qui est normal pour le champion des envoyés de Satan sur Terre. Zofia, d'une douceur angélique, ne saurait à moins représenter l'élite des forces du Bien. Ils viennent de faire connaissance et ne savent pas encore que leurs employeurs respectifs viennent de les engager dans une ultime mission, qui doit les opposer en combat singulier. Dieu "Monsieur" et Diable "Président", qui partagent un immeuble à San Francisco, se sont en effet lassés de l'inaboutissement de leurs tentatives réciproques de suprématie et afin de trancher un conflit vieux comme l'humanité, ils se sont lancé ce défi à l'issue définitive. Les deux protagonistes ne semblent avoir qu'une solution : anéantir l'adversaire.

lundi 30 août 2010

En toute honnêteté

J'apprécie beaucoup ce choix de Talyate qui a su trouver en Ruth Rendell le contrepoint idéal à la lecture de Rosamund Pilcher : je ne m'y attendais pas du tout, ni par le titre, ni par l'auteur, que j'ai dû vraisemblablement confondre avec une autre. Les deux écrivent des romans autant que des nouvelles, mais si l'une excelle à délivrer un message d'optimisme et de foi en l'humanité, l'autre préfère montrer la mesquinerie et la noirceur d'âme des hommes et femmes qui lui servent de sujet et insister sur leurs aspects humains et moraux les moins valorisants ou les plus infâmants.

La plupart des personnages rassemblés dans ce recueil souffrent d'obsession : phobiques, compulsifs... ils offrent une large palette des troubles du comportement, des plus apparemment bénins à ceux qui tournent dans certains cas à une pathologique insupportable pour l'entourage et pourrait conduire au meurtre.
Certaines histoires appartiennent d'ailleurs à un registre proche de la thématique de Meurtres et obsessions dans la collection supervisée par Otto Prenzler : le désir obsessionnel et ses conséquences incontrôlables.

Lu également Un parfum bleu foncé, une courte nouvelle dramatique sur le thème de l'obsession.

Avec l'extrême finesse psychologique et l'économie de style trompeuse qu'on lui connaît, Ruth Rendell pratique ici la dissection des mobiles qui ont motivé les actes; jusqu'à exposer les moindres rouages des névroses de ses personnages pour créer, mieux qu'un suspense, un malaise lancinant.

En trente ans, Ruth Rendell s'est imposée comme la reine de la littérature criminelle. Elle est le seul auteur à avoir été deux fois consacrée par le Gold Dagger Award, décerné par l'Association britannique des auteurs de littérature criminelle. Elle vient d'être distinguée par la reine d'Angleterre qui l'a nommée Companion of the British Empire.

vendredi 20 août 2010

L'étrangère

Dans La prisonnière, écrit en collaboration avec Michèle Fitoussi et paru en 1999, Malika Oufkir témoigne de ses vingt années de captivité dans les geôles marocaines où l'ensemble de la famille a été emprisonné en 1972, à la suite du coup d'état manqué et de l'exécution du général Oufkir par le roi Hassen II. Son récit a fait l'objet d'une diffusion exceptionnelle en Europe et aux Etats-Unis et lui a valu de nombreuses tournées de présentation.

L'étrangère, où elle livre la suite de ses souvenirs, raconte avec une apparente humilité et un moralisme de bon aloi, les difficultés de son retour à la vie "civile", ses années de rééducation à la liberté avec l'aide de son mari, son choc face aux changements survenus dans le monde.
Cela n'est pas réellement l'oeuvre d'un écrivain, mais plutôt un bis repetita de la catharsis engagée grâce au premier livre. Les chapitres sont décousus, l'auteur hésite sans trouver sa place entre l'anecdote autobiographique et la pensée générale.
Globalement, je me suis beaucoup ennuyée, même si je dois admettre que j'ai découvert ignorer honteusement une partie de l'histoire récente du Maroc.

Une des pires impressions de ce circle challenge ABC après Danielle Steel

mardi 17 août 2010

Retour au pays

Le justement nommé Retour au pays est un recueil qui regroupe deux précédentes compilations des meilleures nouvelles de Rosamund Pilcher choisies par l'auteur. Elle précise dans la postface qu'elle souhaite que son oeuvre trouve sa place au chevet des chambres d'amis, là où elle pourra trouver lecteur et apporter réconfort. En effet, Rosamund Pilcher excelle à délivrer un message d'espérance comme en témoignent ses nouvelles qui présentent le même fond d'incurable optimisme et de foi en l'humanité ; leur action se déroule à un moment clef de la vie de l'héroine (le plus souvent) quand elle se trouve face à un choix crucial pour son avenir et que tout s'arrange presque miraculeusement. Les personnages ont ce qu'il convient d'appeler un bon tempérament, de belles qualités morales.
Parmi mes préférées figurent L'arbre, où un jeune couple se voit offrir un merveilleux cadeau inattendu par leur vieux parrain à la réputation exécrable, Une soirée mémorable au cours de laquelle un autre couple fait bonne figure en improvisant un dîner pour le patron du mari et son épouse en avance d'un jour sur la date prévue ou encore Jour de repos, où un mari découvre les mille petits riens qui meublent une journée de semaine ordinaire de son épouse. Les descriptions de paysages à la beauté sauvage incitent à découvrir de visu les cairns, les lochs, les landes qu'elle décrit si bien et avec tant d'amour. Tout semble presque trop beau dans le paisible petit monde de Rosamund Pilcher... qui pourtant me donne très très envie de la découvrir dans un plus long roman.

dimanche 8 août 2010

Secrets en héritage - Voyage à Capri

Je n'ai pas réussi à finir Secrets en héritage emprunté à la bibliothèque pendant des vacances étonnamment dépourvues d'envie de lire !
Pourtant le style d'Elisabeth ADLER m'a plu et le début du roman est prometteur : deux héritiers présomptifs, issus de deux branches distinctes, se lancent sur les traces de la "méchante" Lily Molineux, leur supposée aïeule qui a mené une existence remuante et non conformiste. Ils se retrouvent par hasard dans le manoir d'une vieille tante/cousine ? (la fille de Ciel la petite soeur de la fameuse Lily) qu'ils comptent interroger sur ses souvenirs, pour son plus grand plaisir.

Pour compenser, je viens de lire Voyage à Capri, dont l'intrigue se révèle moins captivante : sir Robert Hardwick, un richissime industriel et pair du royaume annobli par la reine, est mort dans un accident de voiture. Par testament, il charge Daisy Keane, la secrétaire particulière qu'il chérissait, d'enquêter avec l'aide d'un détective privé, bien sous tous rapports, sur les conditions de sa mort, dont il annonce qu'il ne peut s'agit que d'un meurtre. Pour cela, il a décidé de convier certains de ses anciens proches à une croisière en Méditerranée sur un magnifique yacht privé : premier amour, épouse divorcée, maîtresse séparée, amis éloignés et partenaire en affaires relégué, chacun pourrait bien avoir un mobile pour le supprimer.
Si la promesse du fabuleux héritage est au bout du voyage, la vérité également puisque les uns et les autres, poussés par la convoitise ou le repentir, seront amenés à dévoiler leur visage secret.

mardi 1 juin 2010

Talyate's circle challenge by XL à la mi-parcours

J'étais très impatiente de recevoir ma liste de lectures 2010 et au cours de ce premier semestre, je me suis inspirée de cette sélection très largement féminine concoctée par Talyate pour aborder des lectures vers lesquelles je ne serais pas allée a priori. A la mi-parcours, le bilan est moins positif que prévu, puisqu'il me reste 15/26 titres à lire.

Récapitulatif
En janvier donc, j'ai lu quatre titres de la liste de Talyate, dont deux sans surprise car je connaissais les auteurs et deux découvertes intéressantes (mes notes de lecture étant disponibles au fur et à mesure sur mon blogue, je préfère publier ici une mise à jour mensuelle (@noldenol : ça te convient ?) :
  • KING Stephen => Shining
  • HIGGINS CLARK Mary => Dans la rue où vit celle que j’aime
  • JAHAM Marie-Reine (de) => L’or des îles
  • LAROUI Fouad => Les dents du topographe.
J'avais inscrit deux romans à trame historique au programme de mes lectures de février et cela m'a valu, dans cet ordre, une bonne surprise et une déception :
  • XENAKIS Françoise => Désolée, mais ca ne se fait pas
  • STEEL Danielle => Joyaux.
En fin de trimestre, j'ai donc rempli un quart du contrat (7/26), ce qui est dans la norme, même si le rythme s'est ralenti en mars, où je n'ai lu que :
  • Juliette BENZONI => Les dames du Méditerranée-Express : tome 1 : La jeune mariée et tome 2 : La fière Américaine
  • Christian JACQ => Le pharaon noir.
Fête du travail oblige, j'anticipe d'une journée mon commentaire mensuel sur l'avancement de mes lectures et j'avoue piteusement, pour ce mois d'avril, que je n'ai réussi à ajouter la lettre Z que dans la mesure où elle était à moitié imposée par notre organisatrice et j'ai pu ainsi découvrir :
  • Emile ZOLA => Thérèse Raquin, un de ses premiers romans.
Deux lectures intéressantes au bilan de mai :
  • Barbara WOOD => La pierre sacrée
  • Barbara TAYLOR BRADFORD => L'espace d'une vie.

mardi 18 mai 2010

L'espace d'une vie

Ce premier roman de Barbara Taylor Bradford raconte l'ascension fulgurante d'Emma Harte, créatrice d'un véritable empire industriel et commercial dans l'Angleterre du début du XX ème siècle.
Jeune bonne engagée à douze ans dans la famille Farley, Emma se promet d'avoir un jour la fortune qui procure le pouvoir. Elle partage l'ambition de ses rêves avec Blackie O'Neil un jeune maçon irlandais installé à Leeds qui est venu travailler au château. Quand Emma, enceinte et soucieuse de cacher sa grossesse, décide de s'enfuir, elle pense naturellement à trouver refuge auprès de son seul ami.

samedi 15 mai 2010

La pierre sacrée

Plus qu'un roman, ce livre est une succession de courtes histoires qui se déroulent dans des lieux et à des époques différents, avec comme fil conducteur une pierre bleue polie, de la taille d'un petit oeuf, issue d'une météorite tombée sur terre au cours de la préhistoire et passée de main en main à travers les âges et les continents.
Le plus beau chapitre, de mon point de vue, se déroule pendant la période médiévale et fait voyager l'héroïne à travers l'Europe, la Méditerranée et l'Asie : partie d'Amsterdam pour Jérusalem qu'elle n'atteindra jamais, en quête de la pierre bleue et de sa famille qu'elle ne retrouvera pas, elle finira par rencontrer plusieurs fois l'amour et finira ses jours comme souveraine d'un lointain royaume fabuleusement riche perdu au coeur des montagnes d'Asie centrale.

vendredi 16 avril 2010

Thérèse Raquin

Quel plaisir de reprendre contact - grâce au circle challenge ABC - avec l'oeuvre monumental de Zola, dont le nom évoque pour moi le meilleur de l'écriture du XIXème siècle. Il signe dans ce roman, un de ses premiers (1867) et celui qui l'a fait connaître du public littéraire parisien, un splendide portrait de femme. Femmes auxquelles il sait faire la part belle, même si, comme l'inoubliable Nana, elles ne sont pas des plus recommandables !

Adoptée dès l'enfance par sa tante paternelle et promise au mariage avec son cousin maladif, Thérèse ne connaît et n'attend rien de la vie. Faute d'être avertie des choses de l'amour, la rencontre avec un collègue de son mari la met aux prises avec des pulsions qu'elle ne contrôle pas et qui l'entraînent sur la pente d'une passion criminelle.
Le trio infernal est en place : la femme, le mari, l'ami, l'amant. Si le scénario n'est pas original, Emile Zola, par son regard d'entomologiste, en tire une histoire qui le devient. Tel un scientifique rendant compte d'une expérience de laboratoire, il note avec précision les étapes de la métamorphose des protagonistes au contact l'un de l'autre.
En réponse aux accusations portées par certains critiques lors de la première parution, il justifie dans la préface de la seconde édition la violence et la bestialité des personnages : « Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs [Thérèse] et leur sang [Laurent], dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus ».

mercredi 31 mars 2010

Le pharaon noir

La carte de visite de Christian Jacq n'est plus à écrire : ce roman, mis au programme du circle challenge ABC, ne déroge pas à la réputation de l'auteur, romancier connu et reconnu comme spécialiste de l'Egypte antique, dont il met en scène, avec un art consommé, les personnages historiques et les traditions.

Le pharaon noir retrace la lutte de Pi(ankh)y dit « le vivant », pharaon de Haute et Basse-Egypte, pour reconquérir les provinces du delta et de Moyenne Egypte passées aux mains d'une coalition de princes lybiens menés par Teknakt, prince de Saïs.
Les points de vue, apparemment irréconciliables, des parties adverses se croisent et alternent en de courts chapitres, qui suivent les avancées des deux armées. L'affrontement final, qui met en présence le prince rebelle du nord et le pharaon en titre, issu de Nubie à l'extrême sud du royaume et adorateur d'Amon, trouve une issue inattendue.

mercredi 17 mars 2010

Similitude de couvertures au cours de l'ABC2010

Les Dames du Méditerranée-Express est une série de trois romans de Juliette BENZONI parus de 1990 à 1993 chez Julliard.

Tome 1 : La jeune mariée
5 août 1914, en route pour le front, un conducteur de la compagnie des wagons-lits se souvient des passagères qui ont marqué son existence. Il évoque d'abord la douce Mélanie, rencontrée lors de sa lune de miel et qu'il a sans doute contribué à sauver de la mort, avec l'aide du peintre Antoine Laurens. Après l'avoir séduite et rapidement convaincue de l'épouser, le marquis de Varennes, non content de la tromper avec une danseuse dans le train qui les mènent vers la Côte d'Azur, avait prévu de la faire disparaître au cours du voyage de noces afin de mettre la main sur son héritage.


Tome 2 : La fière Américaine
1915, la guerre s'éternise. Pierre Bault déroule le fil de ses souvenirs : il n'a pu oublier une jeune et arrogante héritière de Philadelphie. Lorsque son époux, qui ne lui a jamais rien refusé, annule en dernière minute leur voyage en Europe, Alexandra se rebelle et décide de partir quand même, avec oncle et tante. Les traces de Marie-Antoinette la mènent de Versailles à Vienne, mais elle visite aussi la Côte d'Azur, Venise et même Beaune. La jeune femme est partout reçue dans la meilleure société. Richement vêtue et parée, d'une exceptionnelle beauté, elle ne tarde pas à susciter l'admiration mais aussi la jalousie.

Tome 3 : La princesse mandchoue (à lire)


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Faute de trouver Les clefs d’Aphrodite, de la liste concoctée pour ma participation au challenge ABC 2010, j'ai lu Le chant de la sirène un roman à l'eau de rose à l'ancienne, qui mêle aventure et grands sentiments.
Lu le 20 octobre 2010

Amanda Quick, de son vrai nom Jayne Ann Krentz, a plus de 120 romans, dont 30 best sellers, à son actif. Sous ce pseudonyme, elle publie des romans d’amour historiques, sous celui de Jayne Castle, ce sont des romans futuristes et elle utilise son vrai nom pour ses romans contemporains.
à lire Le mystère du bracelet bleu

A vingt-cinq ans, Olympia Wingfield ne convoite pas le mariage comme la plupart des jeunes filles de sa condition : elle a reçu de son père, veuf, une instruction qui la met un peu à part dans la société victorienne. Membre de la vénérable Société des explorateurs, elle collectionne récits de voyages et cartes anciennes et se passionne pour les histoires de pirates et de flibustiers. Après des années de recherche, elle entre en possession du journal intime de Claire Lightbourne, la femme du célèbre capitaine Jack, un document codé qui recèle l'emplacement d'un fabuleux trésor. Mais les descendants du capitaine Jack convoitent également ce qu'ils considèrent comme leur héritage... Un dernier personnage étrange se présente chez elle : avec ses cheveux longs et le bandeau de velours noir qui masque son oeil mort, Jared Chillhurst semble sortir tout droit des rêves les plus fous d'Olympia et ce qu'il lui propose est proprement stupéfiant !  

vendredi 26 février 2010

Joyaux

Les premières pages du roman m'avaient parues inintéressantes et insipides... Mon impression n'a fait que se confirmer, alors que je pensais que le sujet allait décoller au moment où Sarah, une jeune américaine mariée à un duc anglais, commencerait à créer des bijoux. Au contraire, le plus sordide de l'histoire restait à venir : à la Libération, Sarah qui vit en France, est sollicitée pour venir en aide à des femmes démunies qui n'ont d'autre choix pour survivre que de se séparer de leurs parures ; ne sachant plus qu'en faire, Sarah a l'idée d'ouvrir une boutique à Paris pour les revendre.
Je me suis ennuyée de bout en bout et j'espère que les consoeurs de Danielle Steel dans la liste établie par Talyate seront moins décevantes.