lundi 30 août 2010

En toute honnêteté

J'apprécie beaucoup ce choix de Talyate qui a su trouver en Ruth Rendell le contrepoint idéal à la lecture de Rosamund Pilcher : je ne m'y attendais pas du tout, ni par le titre, ni par l'auteur, que j'ai dû vraisemblablement confondre avec une autre. Les deux écrivent des romans autant que des nouvelles, mais si l'une excelle à délivrer un message d'optimisme et de foi en l'humanité, l'autre préfère montrer la mesquinerie et la noirceur d'âme des hommes et femmes qui lui servent de sujet et insister sur leurs aspects humains et moraux les moins valorisants ou les plus infâmants.

La plupart des personnages rassemblés dans ce recueil souffrent d'obsession : phobiques, compulsifs... ils offrent une large palette des troubles du comportement, des plus apparemment bénins à ceux qui tournent dans certains cas à une pathologique insupportable pour l'entourage et pourrait conduire au meurtre.
Certaines histoires appartiennent d'ailleurs à un registre proche de la thématique de Meurtres et obsessions dans la collection supervisée par Otto Prenzler : le désir obsessionnel et ses conséquences incontrôlables.

Lu également Un parfum bleu foncé, une courte nouvelle dramatique sur le thème de l'obsession.

Avec l'extrême finesse psychologique et l'économie de style trompeuse qu'on lui connaît, Ruth Rendell pratique ici la dissection des mobiles qui ont motivé les actes; jusqu'à exposer les moindres rouages des névroses de ses personnages pour créer, mieux qu'un suspense, un malaise lancinant.

En trente ans, Ruth Rendell s'est imposée comme la reine de la littérature criminelle. Elle est le seul auteur à avoir été deux fois consacrée par le Gold Dagger Award, décerné par l'Association britannique des auteurs de littérature criminelle. Elle vient d'être distinguée par la reine d'Angleterre qui l'a nommée Companion of the British Empire.

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