mercredi 29 février 2012

Challenge ABC 2012 - Mars - D & X

Tirage au sort du mois de mai : 
Ce sont les lettres A et V qui sont sorties de la marmite, avec la bonne vieille méthode des petits papiers pliés. Pour mémoire, les deux initiales pour le mois d'avril sont : J et C. Publication des billets et bilan des lettres D et X :

XL : Laurence Darcourt, 100% Dolto

Jeneen : Qiu Xiaolong, La bonne fortune de Monsieur Ma
XL : du même auteur, Cité de la Poussière rouge

mardi 28 février 2012

Cité de la Poussière rouge

Destination : Chine


Je poursuis mon voyage en Chine avec des nouvelles signées Qiu Xiaolong, que j'ai découvert par un de ses romans policiers mettant en scène pour la cinquième fois l'inspecteur Chen Cao : De soie et de sang.
L'auteur fait débuter en 1949 ce recueil de récits et d'anecdotes tirées du quotidien des habitants de la Poussière rouge, ce quartier de Shangai où l'auteur vit depuis 20 ans. Les petites histoires croisent la Grande, celle de Mao Zedong, de l'instauration de la République populaire de Chine, de la révolution culturelle, de la montée en puissance et des conflits sanglants entre Gardes rouges...
Chaque chapitre débute par ces mots :
Ceci est le dernier bulletin d'information de La poussière rouge pour l'année...
1984 : une années de grands succès et de grandes réalisations pour notre pays. Les instances du Parti ont mis l'accent sur deux tâches principales pour le pays dans la période nouvelle : la réforme de l'économie et l'ouverture au monde extérieur.
Une nouvelle année d'appauvrissement pour une partie des habitants du peu reluisant quartier de La poussière rouge, mais riches en évènements, voyons plutôt  :
Janvier, visite du Premier Ministre Zhao Ziyang aux Etats Unis
Avril, visite en Chine du Président des Etats Unis Ronald Reagan
Décembre, signature entre les Premiers Ministres Margaret Thatcher et Zhao Ziyang d'une déclaration commune sino-britannique sur le retour de Hon-Kong à la Chine en 1997, assortie de la promesse solennelle de Deng Xiaoping que le système économique resterait le même après le retour de Hong Kong à la souveraineté chinoise  : " Un pays, deux systèmes ".

Au fil des années et des chapitres, le bulletin d'informations retrace les avancées politiques du socialisme à la chinoise, qui trouvent un écho dans les causeries informelles qui ont lieu chaque soir sur le pas des portes, à quelques endroits stratégiques du quartier. Certaines histoires semblent achevées mais se répercutent quelques décennies plus tard. Elles montrent l'importante précarité des situations et traduisent surtout l'incertitude du lendemain parmi cette foule de petites gens, intellectuels bannis ou capitalistes "noirs" (honnis) qui s'ignoraient, soumis aux aléas des revirements politiques, aux espoirs et aux trahisons suscitées par la marche en avant forcée, à la surveillance grandissante et implacable des comités de quartier.
Je trouve dans la lecture d'auteurs chinois les signes d'une tradition littéraire forte qui me séduit en tant qu'écriture et qui m'apporte beaucoup en termes de connaissance d'un pays continent qui ne cesse de me fasciner.
Citation
Kang Gros-Sous : " A quoi bon discuter avec son père ? Autant discuter avec l'histoire. ça n'avance à rien de jeter un manuel d'histoire. " 
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Qiu Xiaolong est un auteur chinois né à Shanghai en 1953. Son père, professeur, est victime des gardes rouges pendant la Révolution culturelle vers 1966. Il vit désormais aux États-Unis et enseigne à l'université de Saint-Louis.

Lectures à suivre dans ma Làl :
J'ai feuilleté le tome suivant de l'étrange enquête menée par l'inspecteur Minami dans Tokyo année zéro, de David Peace que m'avait fait découvrir El Jc, ainsi que les versions successives du fracassant Quand la Chine s'éveillera d'Alain Peyrefitte.
David Peace pratique un peu à la manière de ce roman de Qiu Xiaolong, avec des pages qui semblent raconter les événements à la façon impersonnelle d'un narrateur et des pages plus intimistes à la première personne (Minami)

dimanche 26 février 2012

Swap tissons des liens

A la mi-décembre, Mypianocanta proposait de tisser des liens entre blogueuses, à l'occasion d'un swap original, et Cln acceptait de jouer le jeu avec moi.
A la mi-janvier, nous échangions nos questionnaires de tags, ce qui faisait partie intégrante du swap.
Comme nous sommes chanceuses organisées, nos colis se sont parfaitement croisés et nous avons choisi de déballer en même temps ce dimanche matin et d'échanger en direct nos impressions.Cln a parfaitement réussi à cerner mes goûts et m'a concocté un chouette colis aux couleurs bretonnes qui me va droit au coeur.
Tout d'abord, je prends connaissance de la lettre et des post-it collés sur chacun des paquets
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Pour le cocooning :
- deux jolies bougies parme et prune, mes couleurs préférées après le bleu turquoise que Cln a choisi pour les emballages
- un gel douche Mangue de chez Body Shop, introuvable ici, un vrai shoot olfactif à respirer sans modération
- une écharpe aux rayures bretonnes qui rappelle le drapeau à l'hermine, longue et fine comme j'aime et que je peux porter en toute circonstance
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Ensuite, les douceurs :
- un kouing aman : placé sur le dessus du colis, j'étais entre le sourire et l'émotion en le découvrant, ça fait tellement longtemps, le dernier que j'ai reçu avait imprégné de beurre tout le carton
- des galettes bretonnes de Pleyben
- du thé Or noir mêlé de pétales de fleurs
- de la crème de caramel au beurre salé, celui là j'ai déjà prévenu que je ne le partagerais pas !

Enfin, le choix des livres :
- Sans parler du chien de Connie Willis, qui est le plus ancien de ma LàL
- Gone Baby Gone de Dennis Lehane, dans la collection Rivages/Noir qui me tente depuis longtemps : un roman qui lui a beaucoup plu
- des marque-pages venus de Brest : une bibliothèque et une librairie où j'aurai peut être l'occasion d'aller lors d'une IRL
- des serre-livres BOOK, bienvenus pour tenter de contenir ma PàL débordante
Et une surprise particulièrement sympathique :
- un DVD de 2 heures d'enregistrements choisis pour me faire connaître ses groupes musicaux du moment, ainsi que les films adaptés du livre de Lehane. J'ADORE PIRE (dirait Pomm')

vendredi 24 février 2012

100 % Dolto

Après une courte biographie, Laurence Darcourt explique les différents aspects de la théorie de Françoise Dolto. En une succession de chapitres très clairs, dénués de jargon, elle réussit une démarche de vulgarisation qui s'attaque également à quelques préventions et mauvaises interprétations de l'oeuvre de Dolto.
Psychanalyste clinicienne, celle qui fit figure de pionnière par ses propos et sa pratique, contestait en toute modestie : " ce n'est pas moi qui suis en avance, c'est mon siècle qui est en retard ".
Que faut-il en retenir au-delà de l'image contestable et qu'elle a réfutée de l'enfant-roi ?
Sans doute, une vérité première, éprouvée mais oubliée par chacun : la condition humaine est difficile et cette (més)aventure commence dès la naissance. Un enfant nouveau-né, bien qu'extrêmement dénué et privé de moyens, est pourtant une personne à part entière avec laquelle il faut compter dès la conception. Manifestant par son incarnation et sa venue au monde, un incroyable désir de vivre, il figure dès cet instant, aux côtés, voire entre le père et la mère. La vie du nourrisson, du jeune enfant, puis de l'adolescent est une succession d'épreuves obligatoires qui lui permettent d'avancer et de dépasser la confrontation à des interdits puissants comme le cannibalisme, le meurtre, l'inceste... Ces "castrations symboligènes" (image dans le miroir, complexe du homard...) sont des transferts rendus nécessaires pour le passage à l'étape suivante. A défaut, le cerveau reste enfermé à cet étage du développement, ce qui entraîne des pathologies qui s'aggravent au fur et à mesure que l'écart se creuse entre l'âge biologique et psychique. Françoise Dolto a inventé, expérimenté avec succès et validé la mise en oeuvre de remédiations pour aider ces personnes à "grandir".

En illustration directe de la lecture de ce texte, je me suis posé beaucoup de questions sur la cohabitation de l'interdit et de l'art, au cours de ma visite de l'exposition Hey! aux Halles Saint Pierre.
ABC 2012   5/26

La révolte des anges

Quatrième de couverture :
Je m’appelle Ariel.
Je suis un ange, un être spirituel, docile et simple, intermédiaire entre dieu et l’homme.
Mais le statut de messager des volontés divines m’est devenu insoutenable.
Depuis un moment, je ne supporte plus l’inactivité.
Mon statut d’ange immobile et inutile m’insupporte.
J’ai pris ma décision définitive un jour de Mars 2008.
J’empêcherai les horreurs sur terre par ma venue pour le bonheur des hommes.
Ariel a donc engagé la révolte des anges.
Mais le diable Ibis n’apprécie guère cette soudaine arrivée.
En ce mois de Mars 2009, Clémentine Duval la petite journaliste Française, Steve Ascot le détective privé et son frère Brian moine à Westminster vont devoir remettre leurs convictions au placard.
Ensemble, ils vont vivre une aventure qui va changer radicalement le cours de leur vie…
Préparez vous à la révolte !
Auteur : David Ghisdal
Éditeur : Je Publie
Infos : 232 pages

Le résumé est assez largement exhaustif ! Ibis Alastor est appelé un incitateur (l'imagerie classique a popularisé sa représentation par un petit diable rouge qui symbolise la mauvaise conscience) ; il s'oppose à l'action d'Ariel et Mummiah. Les humains sont Steve, Brian et Kate que les péripéties de l'histoire vont entraîner, à la recherche de preuves, de Londres à Paris et jusqu'en Galilée. Les détails pratiques sur lesquels repose la crédibilité de l'histoire ne sont pas convaincants.

Heureusement que je lis seulement vos avis sur La révolte des anges après coup, mais je dois dire que je ne vais pas le repêcher non plus. Je suis hélas assez d'accord avec le commentaire d'Agathe. J'ai moi aussi contribué à la sélection de ce roman, mais il ne sera pas mon coup de coeur. Pour les histoires gentillettes, il y a déjà un Marc Lévy, que je n'apprécie pas plus que ça. Pour un avis plus positif, c'est TheChouille
Lu le 24 février 2012

lundi 20 février 2012

Le grand jeu 1 et 2

de Jean Pierre Pécau et Léo Pilipovic
tome 1 : Ultima Thulé

1945. La seconde guerre mondiale, terminée depuis 4 ans, a abouti à la victoire des Alliés. Hitler est mort, mais l’Allemagne nazie n'a pas été abattue. Tandis que l’heure est à la méfiance vis-à-vis de l’Union soviétique, le Charles de Gaulle, fleuron de la flotte dirigeable d'Air France, a disparu quelque part au nord du Groënland. Il avait à son bord un espion chargé de faire des photos au dessus de la baie...
Le reporter Nestor Serge, de France Soir, est chargé d'accompagner l'expédition qui se porte à leur secours, pour faire la lumière sur l'accident. Le héros semble avoir la fâcheuse habitude de se faire de solides ennemis, mais par ailleurs, il a des alliés fiables, présents au bon moment.
Dans ce premier tome, certains détails me rendent perplexe et me pousseraient à me replonger dans la "vraie" histoire de la seconde guerre mondiale. Il y a bien aussi quelques anachronismes dérangeants, des feux follets (?), de vilaines bêtes ou des super héros en chair et en os qui paraissent surgis de l'imagination à l'oeuvre dans les mythes, les histoires fantastiques ou la BD. Mais j'attends la suite de cette série classée Uchronie.
Lu le 20 février 2012

samedi 11 février 2012

Féroces infirmes, retour des pays chauds

COUP DE COEUR
Merci à Newsbook grâce auquel j'ai pu recevoir en partenariat, ce roman de Tom Robbins : Féroces infirmes retour des pays chauds paru chez Gallmeister. Le titre est inspiré de Mauvais sang, un des chants du recueil d'Arthur Rimbaud intitulé Une saison en enfer. Il faut lire le roman pour comprendre à travers le clin d'oeil (la citation est en page 195), une référence plus générale à un certain état d'esprit "jeune" (je n'aurais pas cru en le lisant que l'auteur est un monsieur de 75 ans !)
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Résumé de l'éditeur : Switters, agent peu conventionnel de la CIA, épicurien à la libido débridée, se rend dans la forêt amazonienne pour libérer le perroquet de sa grand-mère, grande prêtresse du piratage informatique. Il y sera victime d’un sortilège lancé par un étrange chaman à la tête en forme de pyramide. Rendu infirme par cette malédiction, Switters échoue au Moyen-Orient chez des nonnes militant pour la contraception. Il y découvrira l’amour, ainsi qu’une prophétie mystérieuse jadis dictée par la Vierge à Fatima et qui contient le secret d’un nouvel ordre mondial. De l’Amazonie au Vatican, ce roman d’aventures de Tom Robbins est une épopée picaresque balayant d’un trait de plume plein d’humour quelques-uns des plus grands mystères de l’humanité.

En quelques courts chapitres placés en tête de roman, Tom Robbins ferre le lecteur. Il y donne un aperçu non exhaustif des aventures inextricables dans lesquelles le héros se plonge tête baissée. Dès lors, je n'ai eu qu'une envie, comprendre les raisons qui avaient pu amener un homme, présenté comme fort, intelligent et plutôt raisonnable, à affronter une situation aussi peu crédible. Je me suis attachée aux pas, et au personnage anticonformiste, sensible et faussement blasé de Switters.
Ses proches également sont tout sauf banals : Bobby, son ami indéfectible et mentor à la CIA, qui lui a appris les principes et les bienfaits de la méditation, sa grand-mère, hackeuse espiègle et auto-entrepreneur brillante, qui refuse d'être appelée autrement que Maestra et le mène à la baguette avec une affection dont tous les deux se cachent la réciprocité, sa mère enfin, de multiples fois divorcée, tout aussi souvent remariée et dont le plus grand mérite actuel est d'être la belle-mère d'une jeune fille en fleurs, Suzy dont l'innocence (relative) hante les fantasmes de son demi-frère.
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J'ai adoré le style de Tom Robbins : pailleté est le mot qui me vient à l'esprit pour décrire l'impression que me laissent les péripéties exaltantes du scénario, le caractère attrayant des personnages, qui en dépit de passages parfois éphémères dans la vie de Switters, ont une densité et une présence qui les rend "palpables".
C'est un long roman dont le souffle épique ne se relâche pas une minute ; les interludes au cours desquels l'auteur dévoile les aspects plus humains de la personnalité de Switters, un "ange" convaincu parmi les cow boys de l'agence gouvernementale qui l'emploie, ne font que renforcer l'intérêt d'un dénouement qui sait se faire attendre.







 50 états, 50 billets 13/50
 Seattle, WASHINGTON

vendredi 10 février 2012

Voyageur

Comme c'est de mode actuellement, Voyageur est une oeuvre composite dont l'élaboration s'articule autour de deux chefs de projets et d'un ensemble d'auteurs qui travaillent en parallèle.
Parue dans la collection Grafica de Glénat, la série Voyageur scénarisée par Pierre Boisserie et Eric Stalner comprend trois séries de quatre albums : Futur, Présent et Passé, ainsi qu'un épilogue Oméga, organisées autour d'un même personnage central montrent le héros Mark Vedder à différents âges et différentes époques.
  • La série Futur renvoie à son adolescence et à l'émergence de ses capacités.
  • Dans la série Présent, le héros âgé d'une vingtaine d'années effectue son premier saut quantique vers son passé en 2008. Un second voyageur arrive sur ses traces.
  • Dans la série Passé, Voyageur, devenu âgé, retourne dans le temps afin d'assurer la pérennité du Futur.
Vedder retourne dans le PASSE pour contrecarrer les menaces qui pèsent sur le FUTUR : le scénario repose sur le récit de plusieurs uchronies imbriquées, qui sont développées successivement.

Il me reste à lire l'épilogue de la série avec Omega, qui doit apporter un certain nombre de clefs, notamment sur le choix des personnages "empruntés" à différentes époques.
Je trouve globalement que les albums sont très inégaux ; outre une évidence, puisqu'il s'agit de dessinateurs multiples et je n'ai pas apprécié de la même façon les différents traits, mises en couleurs... j'ai senti qu'au sein de la même série, il y avait parfois un manque de cohérence ou qu'une tonalité homogène faisait défaut : par exemple, c'est ce qui m'a le plus gêné dans la série Passé où les sauts semblent un peu aléatoires, sans que que le choix de ces époques en particulier ait été bien défendu.
Valérie Mangin, qui travaille sur le même principe avec des dessinateurs différents pour plusieurs séries inscrites dans un même univers imaginaire : Les chroniques de l'Antiquité galactique, est beaucoup plus attentive à conserver une image d'ensemble unitaire.

Voyageur - Présent #1 à 3

Après une matérialisation abrupte sur un quai de la Seine en 2008, le Voyageur est admis aux urgences de l'Hôtel-Dieu pour poly-traumatismes. Possédant une capacité de récupération spectaculaire, il se remet rapidement, mais semble amnésique. Perplexe devant ses résultats d'analyse, le docteur Clara Fabiani, le médecin de garde qui l'a examiné la nuit de son arrivée, s'intéresse à son cas. Elle fait appel au service d'identification du 36 quai des orfèvres, où travaille Philippe son ancien ami. Mais la sécurité nationale est aussi sur les traces de Vedder... depuis la seconde guerre mondiale. Clara, que Vedder semble reconnaître, veut l'aider à comprendre ce qui lui arrive et à échapper aux recherches déclenchées par sa venue. Fish, qui est aussi à sa poursuite, arrive peu après dans le Présent : il est plus révolté que jamais contre les dommages irréversibles causés à l'environnement par des gouvernements ultralibéraux et des multinationales qui ne pensent qu'au profit à court terme. Il s'associe à un groupuscule de jeunes activistes alter-mondialistes qu'il pousse vers la revendication violente et la lutte terroriste. Après quelques assassinats et attentats revendiqués d'un V, la police et les services secrets font le rapprochement et cherchent à mettre la main sur les deux répliques du Voyageur.
Cet album contient des indications sur l'orgine du nom de Marc Vedder, sur les débuts de ses sauts quantiques dans le passé, ses liens avec Clara/Juliane et le "recrutement" du docteur Mac.

Voyageur - Futur #1 à 4

Trois enfants ont fait partie de l'expérience : Fish, le leader, Lou plus réfléchi et Lili, la seule fille. Ils vivent dans une sorte de centre de recherches, sur la rive gauche d'un Paris dévasté. En tentant de s'échapper, ils sont poursuivis par des miliciens et la jeune fille est victime d'une chute mortelle. Recueillis et soignés par la résistance, ils prennent conscience de ce qui leur a été caché par les dirigeants du centre. Vedder est le Voyageur.
Conçu en laboratoire par Markovic, le maître de GranParis, Fish possède le pouvoir de se déplacer dans le temps et l'espace grâce au gène quantique qui a été inséré dans son ADN. Mais il a conçu une haine tenace envers son " père " qui n'a pas hésité à sacrifier l'avenir de la planète à son projet démiurgique : créer un vecteur capable de transférer une partie de l'humanité sur une planète idyllique pour redémarrer à zéro.
Dessinés par Eric Stalner, les albums de Futur montrent un Paris plongé dans le chaos, mais ayant conservé toute sa beauté architecturale, ce qui donne lieu à de magnifiques planches. J'aime beaucoup moins la façon de représenter les visages et les expressions, qui restent assez figées.
L'histoire est prenante, même si les clefs de l'intrigue semble avoir été toutes dévoilées lors de cette première série car les possibilités d'interaction sont nombreuses.

Paris 2082.
Trois enfants s'enfuient du laboratoire où ils ont été conçus et entraînés : ils découvrent la précarité dans laquelle vivent les hors-zone, en dehors de la fondation Markovic installée dans l'ancien palais de Chaillot rive droite. L'envers du décor est pitoyable : le climat est bouleversé, la famine et les pénuries de toutes sortes guettent les habitants de la rive gauche, depuis que l'économie et la politique sont tombées aux mains de quelques conglomérats internationaux. Markovic, le moins scrupuleux d'entre eux, s'est approprié GranParis vendu par l'état français criblé de dettes. Il profite de sa main-mise sur les réserves énergétiques et de son avance technologique pour manipuler tout le monde.

La résistance, encouragée et structurée par Vedder, s'est installée à Sorbone. Recueillis par Juliane, Fish et Lou sont entraînés physiquement et mentalement par Issa et Mac, mais les deux garçons ont des tempéraments très différents. Lou fait l'expérience d'un voyage dans le temps qui le déstabilise, au cours duquel il rencontre Issa (en gladiateur) et Vedder dans l'Antiquité. Depuis la mort de Lili au cours de leur escapade, Fish est en proie à la haine et à des crises d'épilepsie : il ne rêve que vengeance. Lorsqu'il retombe aux mains de la fondation, il refuse de remplir le rôle qui lui est assigné. Markovic a de bonnes raisons de croire qu'il est le fils de Vedder et veut l'amener à participer à son projet, mais au lieu de rechercher Eden, Fish se téléporte dans le passé pour trouver le moyen de détruire l'oeuvre du tyran. Markovic cherche alors à capturer Lou, dont tous ont jusqu'alors négligé l'importance.

Voyageur Passé 1 à 4

Vedder poursuit Fish dans le passé : ils ne réussissent le saut qu'ensemble, ce qui les amène d'abord en 1165 sur le chantier de construction de la cathédrale Notre-Dame, puis en 1940 avec l'installation des troupes allemandes dans Paris.
Fish est un révisionniste à sa manière : il cherche à réformer le passé pour améliorer l'avenir dans lequel ils vont vivre, alors que Vedder est convaincu que changer le passé équivaudrait à anéantir leur futur. Pourtant, un enfant va naître de ce séjour dans le passé, qui pourrait bien être la cause de tout !
Vedder et Fish réussissent à cohabiter assez longuement à l'époque car l'un se cache de l'autre. Dans le dernier tome, ils se retrouvent dans la Rome antique où Fish est gladiateur. Vedder tente de le sauver pour le ramener dans leur présent.

jeudi 9 février 2012

Le jeudi c'est citation

Un optimiste, c'est l'incarnation humaine du printemps.
Susan Bissonnette

Plein d'autres à découvrir chez Chiffonnette

mercredi 8 février 2012

Le combat d'hiver


Ma première réaction à la lecture de ce roman signé Jean-Claude Mourlevat est la surprise car je ne m'attendais pas à ce genre de lecture dans la catégorie SF (baby challenge Livraddict 2012), même si la situation rappelle beaucoup La déclaration que j'ai lue en 2011 pour le même challenge.
De faux orphelins sont "internés" dans des institutions chargées de les élever à la dure. Ils y sont gardés dans l'ignorance de leurs origines et des actes de résistance qui ont valu la mort à leurs parents. Tous les intellectuels, artistes, scientifiques... qui se sont opposés au coup d'Etat perpétré par les forces de La Phalange ont été traqués et massacrés. Faber, le chef des hommes-chevaux qui se sont alliés aux rebelles, a été capturé par ruse et humilié publiquement.
Avec ses Diables, des hommes-chiens dressés à l'attaque, le chef de la police Mills fait régner la terreur parmi la population, dont la joie de vivre s'est envolée. Les libertés sont étroitement surveillées et les plaisirs comme l'opéra, le théâtre... sont désormais interdits.
Quinze ans après, quatre adolescents prennent la fuite en dépit des risques. Ayant rejoint la capitale au Sud du pays, ils fournissent à la résistance, brisée mais non vaincue, le signe fort qu'elle attendait pour catalyser les mécontentements et organiser une insurrection, avec l'aide des hommes-chevaux, aussi puissants qu'ils sont pacifiques.
Hymne au courage et à la liberté, le roman perd un peu son souffle dans les derniers chapitres.

Challenge 4 saisons : Hiver
Pourquoi ce roman illustre-t-il bien la saison "hiver" ?
Tout d'abord parce que les adolescents s'enfuient en octobre et se dirigent vers le Nord, où les montagnes sont déjà prises dans les neiges. L'un des quatre se fait prendre par les hommes de La Phalange qui ont remis à l'honneur les combats de gladiateurs. Il est envoyé lutter dans l'arène pour les jeux d'hiver...
Mais aussi, parce que son combat, en se superposant à celui d'un peuple pour la liberté et contre la barbarie, laisse entrevoir... la sortie de l'hiver.

samedi 4 février 2012

Lulu femme nue

Dès la première lecture, je comprends et partage l'engouement suscité par ce magnifique diptyque signé Etienne Davodeau.
La narration débute par une sorte de veillée funèbre : ils parlent tous de Lulu. Jusqu'au bout, on ne saura pas s'il y a eu décès comme on le craint...

 
Lulu, la quarantaine, mère de famille, sans travail mais heureusement une belle bande d'amis, ne se rend même pas compte que sa vie conjugale est devenue sinistre. Ni heureuse, ni malheureuse, entre un mari archétypal du beauf et ses trois enfants Morgane seize ans et les deux jumeaux d'une dizaine d'années, elle ne prend tout simplement pas le temps de penser à elle.
Un jour, à l'issue d'un énième entretien d'embauche déprimant, elle ressent le besoin de faire une pause et ne rentre pas le soir même à la maison. Elle fait alors une rencontre anodine mais bouleversante, qui démarre une réaction en chaîne dont ni elle, ni personne dans son entourage ne peut sortir indemne. Elle ne rentre toujours pas... Les enfants, le mari, les amis s'inquiètent de ce comportement qui lui ressemble si peu.
L'histoire avance à son petit train, sans rebondissement spectaculaire mais Lulu subit, puis s'accorde de vivre une transformation progressive mais irréfragable : la banalité d'une vie sans remise en question qui bascule sans cri, sans signe avant coureur, sans préméditation, mais sans retour en arrière possible.
Davodeau, sous les traits de Xavier, un ami de longue date, prend la parole dans le premier album pour raconter le début de l'escapade ; Morgane, la fille, prend le relais pour la suite de ce road movie étrangement peu exotique.
Les personnages pourraient être ceux de tous les jours et pourtant chaque rencontre est époustouflante ; le dessin est assez brut, mais les visages et jusqu'aux silhouettes sont porteurs d'émotions. Les images, toutes en tonalités douces, bleues, grises et ocres, donnent envie de faire comme elle, regarder les oiseaux, sentir le passage du temps, souffler au bord de la mer (il me semble reconnaître Saint Gilles Croix-de-Vie), s'abandonner à l'instant. J'ai en tête une scène incroyable où Lulu, émancipée de ses chaînes, se précipite de nuit, nue, dans la mer qu'on n'imagine pas autrement que glaciale.

jeudi 2 février 2012

Le coffre enchanté... a fini par arriver !

Babelio est un réseau social dédié à la littérature. Par son programme " Masse critique " il propose de recevoir gratuitement un livre en échange d'une critique sur son site (pour candidater, il suffit d'avoir déjà publié sur le site, même sans tenir de blogue). 400 albums disponibles
La liste des ouvrages est consultable à partir du mardi 15 novembre à l’adresse suivante : http://www.babelio.com/massecritique.php. Le thème de cette 14ème édition est le livre jeunesse et je connais plein de copinautes que cela ne va pas manquer d'attirer infailliblement !!!

Affluence record lors de cette édition. Un grand merci à Babelio puisque je vais recevoir Le coffre enchanté de Jean François Chabas et David Sala. Voilà l'histoire, mais c'est aussi la dernière ligne de la présentation qui m'a incitée à le choisir.
Remonté par un pêcheur des profondeurs de la mer, un gros coffre de métal luisant suscite l'’avidité de l’'Empereur cupide, toujours en quête d'’un trésor supplémentaire. Seulement voilà : rien ni personne ne parvient à l’'ouvrir. Mille clés, mille outils, mille épées ont été essayés, on a mandé le serrurier de l'’Empereur, puis l'’homme fort, la magicienne et même l’'alchimiste : rien n’y fait, pas moyen d'’ouvrir ce satané coffre ! L'’Empereur est très contrarié. Il lui faut absolument mettre la main sur les merveilles que le coffre contient, il en est certain. Un marmiton du château aura l'’idée qu'’il faut : capturer le lynx, dont les yeux magiques lui permettent, comme on le sait, de voir à travers toutes choses, même un coffre fermé. Et de fait, le lynx...… Mais chut, réservons au lecteur le plaisir de découvrir par lui-même la chute et la morale de cette fable édifiante. La réalisation du Coffre enchanté est particulièrement soignée : découpe et matière « soft touch » sur la couverture, lettrages et tranches dorées.
Depuis le 15 novembre, j'ai beaucoup patienté pour le recevoir, mais cela en vaut vraiment la peine et j'ai eu une belle surprise dans ma boîte aux lettres hier soir.
Le coffre enchanté est un très bel album grand format, doré sur tranche et à la couverture originale.
Le texte de Jean François Chabas est orné (il n'y a pas d'autre mot) d'une douzaine d'illustrations pleine page signées David Sala, d'une richesse décorative qui me laisse admirative. Les originaux, au graphisme inspiré de l'art nouveau, doivent être splendides.
C'est presque dommage de le destiner (uniquement) à des enfants !

Un pauvre pêcheur remonte des flots un coffre magnifique mais hermétiquement fermé. Le capitaine de la garde s'en saisit pour l'offrir à son empereur, un homme cruel et cupide. Mais rien n'y fait : ni par la force, ni par la magie, ni par la menace, toutes les tentatives se révèlent vaines et le coffre reste définitivement clos sur son secret. Un jeune marmiton a l'idée de faire appel au lynx (dont l'oeil est réputé fameux) pour qu'il voie à travers les parois, le trésor caché à l'intérieur.
Le texte est très intéressant également, pour faire réfléchir, car le contenu du coffre demeure inconnu de tous (sauf du lynx malin qui choisit de se taire) ; cela me fait un peu penser au chat de Schrodinger dont l'expérience ne tranche pas la question cruciale : est-il mort ou vivant dans son caisson fermé ?

mercredi 1 février 2012

Challenge ABC 2012 - Février - F & P

A l'issue du tirage au sort, les deux initiales pour le mois d'avril sont : J et C
toujours la même souplesse : auteur au choix, titre au choix... voir mon billet de présentation.
Voilà le bilan des lettres F et P.

XL : Daniel Pennac, Merci
Jeneen : Porter, La théorie de la lumière et de la matière


XL : Eric Fottorino L'homme qui m'aimait tout bas
Sophie Fontanel, L'envie
Jeneen : James Frey Le dernier testament de Ben Zion Avrohom

Info : l'alphabet que j'utilise est signé Fabian Gonzalez graphiste-designer.

L'homme qui m'aimait tout bas

Eric Fottorino a une dizaine d'années quand Michel entre dans la vie de sa mère, pour leur apporter le soleil de sa Tunisie natale, la sécurité affective et la certitude d'appartenir à une famille.
Après le suicide de ce dernier, l'écrivain se penche sur les souvenirs attachés à la personne de cet homme calme et souriant, silencieux mais chaleureux, qui l'a accompagné comme un père et dont l'absence lui rappelle le prix des moments partagés.
Comme beaucoup en pareille situation, il cherche à comprendre le dernier geste et se rend compte qu'il est sans doute passé à côté de certains aspects de la personnalité de son père adoptif. Fier mais démuni, privé d'existence sociale par l'obligation de cesser ses activités de kinésithérapeute, il est parti sans rendre de comptes, mais en laissant à ses proches une ultime lettre venue du coeur.
Peu construit, le récit s'égrène au fil des pensées, suivant un ordre relativement chronologique, mais au-delà de l'évidente sincérité de l'hommage et de l'émotion, il est un peu redondant et d'un intérêt biographique qui devrait être réservé aux proches.
L'écriture est belle mais je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture et je m'y suis reprise à plusieurs fois, avec l'impression qu'à tout moment, je pouvais quitter ce récit sans y revenir et ne rien manquer d'important.

ABC 2012   3/26

L'envie

Quand je lis la chronique de Fonelle, j'ai toujours un sourire amusé... alors j'ai cédé à la tentation de lire le roman récemment paru de Sophie Fontanel, ne sachant pas ce que cachait son titre : L'envie. Bien m'en a pris car si la fille joyeuse et délurée du magazine féminin a toujours le mot pour rire, la femme de la vie réelle a des choses profondes à dire. Elle part d'un constat lucide mais sans amertume sur la perte, l'épuisement de son désir, l'absence de repères et dit son choix de la solitude affective, pour se retrouver et redonner un espace à sa vie personnelle. Elle partage ses réflexions sur la norme et l'identité sociale, les relations sentimentales voire moins si affinités, la frénésie sexuelle, le regard des autres, etc.
J'ai beaucoup aimé l'absence de tabous, sans pruderie, ni exhibitionnisme de la confession d'une femme "libre" qui, se rendant compte qu'elle enchaîne les relations sans véritable satisfaction et plus aucune attente, choisit de se mettre en retrait(e). Le ton me semble juste pour parler et souligner une autre forme de consumérisme actuel.

ABC 2012    3bis/26
à rapprocher de La femme en bleu de Noëlle Châtelet

Vendredi lecture

Au tirage du 20 janvier dernier, j'ai gagné un des 20 exemplaires du dernier livre numérique d’Alexandre JarryLa symétrie des souffles.
C'est agréable de participer et de partager nos lectures lors de ce rendez-vous hebdomadaire où l'on finit par se reconnaître à force de se croiser.
C'est un plus de recevoir un cadeau lecture, surtout quand on ne s'y attend plus !!! Merci à VL et à l'auteur pour ce partenariat qui va me faire découvrir la lecture au format numérique (en fait, j'en lis un peu notamment des nouvelles SF sur le site de Bélial, mais pour un roman complet, ce sera une première)
Pour rappel, vous pouvez déposer vos titres sur la page de VendrediLecture via Twitter ou Facebook ou bien les envoyer par messagerie. Le but à atteindre est de dépasser - par paliers - un seuil fixé chaque semaine.