ATTENTION cette dame n'hésite pas à faire mourir ses personnages, y compris les principaux.
Elle excelle à dépeindre la noirceur de l'âme où elle
rejoint à mon avis le meilleur de Stéphanie Benson (A teatro). Un autre conseil : ne commencez jamais un roman de Karine Giébel le soir, non pas qu'il puisse vous faire trop peur (même si je devrais m'inquiéter de certaines réalités qui l'ont inspirée) mais parce que vous serez incapables de le refermer sans connaître le mot de la fin.
Juste une ombre (2012)
Comme très souvent dans les romans de cet auteur, préférer les victimes aux bourreaux, c'est choisir entre la peste et le choléra. De même, je ne reconnaîtrais pas Karine Giébel si elle ne jonchait pas ses pages de victimes : je ne me remets pas d'un dommage collatéral en particulier, qui m'a semblé tellement
injuste ; les autres morts n'étaient somme toute pas si innocents que ça. Au début, je n'ai eu aucune envie de plaindre Cloé Beauchamps, voire plutôt de
songer " bien fait ! " pour ce qui lui arrive. En effet, avant de se
transformer en proie, elle a eu largement le temps de se montrer sous
son mauvais jour de femme arriviste et sans pitié, qui écrase les autres
et/ou s'en sert comme faire valoir, à commencer par sa seule amie... Bien sûr, comme certains lecteurs, j'ai eu des doutes sur l'identité de l'ombre dès qu'elle est entrée dans la lumière, mais cela n'enlève rien au suspense ; au contraire, j'avoue que dans le jeu du chat et de la souris, le spectateur se met rarement dans la peau de la souris. Pourtant, j'ai attendu un retournement de perspective, un éclair de lucidité ou pourquoi pas un repentir, mais non, une fois campé dans son caractère, chaque personnage va au bout de lui même, quitte à se jeter droit dans la gueule du loup. La fin est horrible, trop horrible pour que je ne l'occulte pas dans mes souvenirs.
Lu le 26/10/20
Toutes blessent, la dernière tueUne intermédiaire se fait confier des fillettes au Maroc pour les envoyer étudier à Paris. En fait, elle se livre au dressage d'esclaves domestiques. Son fils Izri est à peine plus âgé que ses victimes. Personnage aussi fort que Marianne de Meurtres pour rédemption, Tama trouve la force de survivre. Pas plus qu'au lecteur, alors qu'aucune souffrance, ni humiliation ne lui sont épargnées.
En parallèle, le roman évoque une jeune femme blessée et amnésique. Sa rencontre avec Gabriel, un homme sombre qui se cache dans un hameau perdu, laisse beaucoup de parts d'ombre. De ce côté aussi, la violence, tant physique que psychologique, est au rendez-vous.
Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.
Lu le 1er juillet 2020
De force
Je l'ai trouvé un peu moins dense que d'autres écrits, sur un sujet qui tient de nouveau à la vengeance.
Un homme meurtri vient juste d'accompagner sa mère jusqu'à sa dernière demeure. Elle ne lui a rien laissé, si ce n'est une lettre où elle laisse enfin éclater toute la haine qu'il a subie sans comprendre depuis l'enfance. " Moi, j'ai voulu l'aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n'aime pas ainsi. Je ne garderai rien, c'est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j'ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. "
Un jogger sauve de justesse une jeune femme d'un viol imminent. Son père, un chirurgien de renom, lui propose un contrat en apprenant son geste de bravoure et son métier de garde du corps. Il s'installe à demeure dans les communs de la somptueuse villa, disponible 24 heures sur 24, sans jour de repos.
Trop chevaleresque et fortuit pour être honnête : la pensée ne me quitte pas, elle me suit tout au long des pages, tout en me demandant d'où le prochain coup va partir. La menace grandit, envers le chirurgien et sa famille : sa fille, sa nouvelle épouse sont l'objet d'attaques ciblées, éprouvantes mais non fatales. La haine du persécuteur, corbeau énigmatique qui semble au courant de leurs moindres faits et gestes, semble se cristalliser sur des dates spécifiques.
La fin en huis clos, avec un personnage extérieur qui pourrait tirer les ficelles, est palpitante mais néanmoins tristement décevante. Je ne peux pas m'avancer à en dire plus.
Lu le 23 février 2020

COUC DE POING / COUP DE COEUR
Certains n'ont pas aimé/compris, personne n'est resté sans réaction
Lu le 1er février 2020
Ce que tu as fait de moi (2019)
La passion - dévastatrice - selon Karine Giebel, conduit forcément à l'irréparable. Je viens de lire Ce que tu as fait de moi,
je suis muette, sous le choc, mais très ambivalente sur mes sentiments
de lecture. Pourtant c'est un de mes préférés, je le sais déjà...
Bien
sûr tout est suffisamment dissimulé dans les premiers chapitres pour
que le lecteur pense à une histoire de pourri ; au stups, la dérive
serait presque banale. Néanmoins, Karine Giebel fait rarement dans la
facilité. Ses personnages sont toujours dérangeants, parce qu'ils ne
sont jamais noirs ou blancs. Elle excelle à montrer la part d'ombre qui
rend soupçonneux envers la victime ou peut donner des excuses au pire
salaud. Comme pour contrebalancer l'effet du terme addiction, il y a le
coup de foudre et si l'ambiguïté du premier est levée par le second, les
connotations négative ou positive s'annulent...
Personne n'est assez fort pour la vivre.
Personne n'est préparé à l'affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie...
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.
Le
face à face entre le commandant Richard
Ménainville, patron des Stups et Laëtitia Graminsky, son lieutenant,
sortie major de l'école de police, est construit dans un compte à
rebours dont l'auteur laisse d'emblée paraître l'issue tragique, tout en
réussissant le tour de force de faire monter encore la pression au fil
des pages. Le suspense est ailleurs : qui sont finalement la ou les
victimes ? Les probabilités ne manquent pas, d'abord les deux
protagonistes, ensuite leur entourage familial ou professionnel, les "
dommages collatéraux " selon un euphémisme usuel. Une seule certitude
émerge des premières pages, défaits mais vivants tous les deux,
Ménainville et Graminsky sont interrogés séparément par une équipe
interne qui montre elle-même certaines fêlures.
Retour chronologique sur ma découverte de l'auteur
En septembre 2013, le mois de... Karine Giebel lui a permis d'échanger questions/réponses avec des blogueurs : tous les détails de l'opération sur Bookenstock que je remercie pour ce partenariat avec les éditions Fleuve noir.
Bourreaux aussi torturés que leurs victimes, l'auteur imagine des situations tordues où vrais et faux méchants sont difficiles à départager et nous laisse en équilibre sur un fil où la compassion le dispute au dégoût. Il est impossible de s'identifier aux personnages mais on s'y intéresse, intensément.
Après le suspense un peu mou que je reprochais il y a quelques jour à Patricia McDonald, c'est avec une morbide délectation que je me suis immergée dans ma lecture. Purgatoire des innocents rejoint dans l'horreur de la séquestration Les morsures de l'aube découvert cet été ; il porte bien son titre.
En comparaison, Terminus Elicius, le premier roman de Karine Giébel, était presque angélique.
L'avis de Dup que je partage pleinement
Ci-dessous, un extrait des échanges
Karine :
Commentaire :Bonjour XL,
Merci de m'avoir donné via ce blog [Book en Stock] votre sentiment de lecture. D'après ce que je constate, vous aimez certains de mes romans et pas d'autres. Et visiblement, vous aimez les plus noirs et ceux qui ont un côté plus "thriller".
Si je peux me permettre - et vu que vous avez aimé Purgatoire des Innocents - je vous conseille de poursuivre avec Meurtres pour rédemption.
A bientôt
J'ai lu le résumé de Meurtres pour rédemption et les commentaires de ceux qui l'ont lu : je ne vais pas m'y mettre tout de suite... il se passe en milieu carcéral et il a l'air vraiment noir !
Son premier roman, Terminus Elicius (2004) a reçu le Prix marseillais du Polar en 2005.
Istres-Marseille. Pour Jeanne, la vie est ponctuée par cet aller-retour ferroviaire quotidien entre son travail de gratte-papier au commissariat et la maison de sa mère. Elle attend néanmoins qu’un événement vienne secouer le fil de son existence : un regard, enfin, du capitaine Esposito ? La résolution, peut-être, de cette affaire de serial killer qui défraie la chronique phocéenne ? «Vous êtes si belle, Jeanne. Si touchante et si belle.» Ce soir-là, une lettre, glissée entre deux banquettes, semble combler toutes ses espérances. Un peu trop, même. Car derrière le mystérieux soupirant se cache le meurtrier tant recherché par la police. Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n’aura de terminus qu’au bout de l’enfer…
Lu le 22 avril 2013
Ensuite Meurtres pour rédemption (la Vie du rail, 2006) qui a été sélectionné pour le Prix Polar Cognac.
COUP DE POING / COUP DE COEUR
Vingt ans. Le bel âge ? Pas pour Marianne. En prison. Pour perpète. Pour meurtres. " Ils ne m’ont laissé aucune chance " Alors, nourrir la haine, l’instinct de survie, même si l’on ne désire qu’aimer, être aimée ; pour lutter malgré tout, contre les coups, les brimades, l’ignoble. La liberté. Inaccessible. Sauf à se laisser bercer par le chant des trains, pas si loin, là, derrière les barreaux, à se laisser emporter dans leur sillage. Jusqu’au jour où … En taule, même l’inimaginable peut surgir. Une porte s’ouvre… " La liberté, Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? » Mais le prix à payer pour transformer ce rêve en réalité est terrifiant.
Lu le 16 août 2014
Les Morsures de l’ombre a reçu le Prix Intramuros du Festival de Cognac 2008 ainsi que le Prix Polar SNCF 2009
COUP DE COEUR et pourtant je n'ai pas écrit mon billet depuis le 8 février 2014
Une femme rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir.Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie? Une seule certitude: un compte à rebours terrifiant s’est déclenché.
Maîtres du jeu
Deux époustouflantes nouvelles de Karine Giebel sur ce jeu dangereux : le pouvoir de vie et de mort. Il s'agit à chaque fois d'inverser les rôles, de se mettre dans la peau de l'autre : l'auteur maîtrise parfaitement l'art du revirement inattendu. Dans la première, elle joue avec maestria de la séduction et de la répulsion. Une star du cinéma a inconsciemment détruit d'un refus les promesses de carrière d'un jeune comédien ; il n'a pourtant cessé de lui consacrer ses pensées, jour et nuit, pour la tenir enfin dans ses bras. Dans la seconde, moins noire, il subsiste un espoir final. Un dangereux psychopathe s'évade de l'asile dans un autocar plein d'enfants attardés. Il défie le policier qui a réussi à l'incarcérer pour le tenir enfin à sa merci. La nouvelle est parue dans le recueil Empreinte sanglante que je cherche à me procurer.
Lu le 5 janvier 2017
C'est sur Book en Stock et dans ma BàL
Reçu le 5 juillet 2013, Le purgatoire des innocents
Merci à Book en stock et aux éditions Fleuve noir pour l'organisation de ce partenariat
Comme Achille49 a participé pour l'autre titre, il me propose déjà l'échange après lecture, donc nous pourrons lire les deux !
Juste une ombre a reçu le Prix Cognac du polar francophone 2012
Septembre sera le mois de Karine Giebel et si je participe, c'est l'occasion de :
1/ gagner un livre (et vous aussi) parmi deux aussi alléchants l'un que l'autre
2/ rédiger les billets de deux romans déjà lus mais en attente donc je vais m'y mettre
Terminus Elicius - Les morsures de l'ombre
3/ échanger avec l'auteur sur des intrigues déconcertantes et particulièrement tordues






Tour du monde : MALAISIE












Tour du monde : JAPON




