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lundi 26 octobre 2020

Karine Giebel [9]

ATTENTION cette dame n'hésite pas à faire mourir ses personnages, y compris les principaux.
Elle excelle à dépeindre la noirceur de l'âme où elle rejoint à mon avis le meilleur de Stéphanie Benson (A teatro). Un autre conseil : ne commencez jamais un roman de Karine Giébel le soir, non pas qu'il puisse vous faire trop peur (même si je devrais m'inquiéter de certaines réalités qui l'ont inspirée) mais parce que vous serez incapables de le refermer sans connaître le mot de la fin.

Juste une ombre (2012) 

Comme très souvent dans les romans de cet auteur, préférer les victimes aux bourreaux, c'est choisir entre la peste et le choléra. De même, je ne reconnaîtrais pas Karine Giébel si elle ne jonchait pas ses pages de victimes : je ne me remets pas d'un dommage collatéral en particulier, qui m'a semblé tellement injuste ; les autres morts n'étaient somme toute pas si innocents que ça. Au début, je n'ai eu aucune envie de plaindre Cloé Beauchamps, voire plutôt de songer " bien fait ! " pour ce qui lui arrive. En effet, avant de se transformer en proie, elle a eu largement le temps de se montrer sous son mauvais jour de femme arriviste et sans pitié, qui écrase les autres et/ou s'en sert comme faire valoir, à commencer par sa seule amie... Bien sûr, comme certains lecteurs, j'ai eu des doutes sur l'identité de l'ombre dès qu'elle est entrée dans la lumière, mais cela n'enlève rien au suspense ; au contraire, j'avoue que dans le jeu du chat et de la souris, le spectateur se met rarement dans la peau de la souris. Pourtant, j'ai attendu un retournement de perspective, un éclair de lucidité ou pourquoi pas un repentir, mais non, une fois campé dans son caractère, chaque personnage va au bout de lui même, quitte à se jeter droit dans la gueule du loup. La fin est horrible, trop horrible pour que je ne l'occulte pas dans mes souvenirs.

Lu le 26/10/20

Toutes blessent, la dernière tue
Une intermédiaire se fait confier des fillettes au Maroc pour les envoyer étudier à Paris. En fait, elle se livre au dressage d'esclaves domestiques. Son fils Izri est à peine plus âgé que ses victimes. Personnage aussi fort que Marianne de Meurtres pour rédemption, Tama trouve la force de survivre. Pas plus qu'au lecteur, alors qu'aucune souffrance, ni humiliation ne lui sont épargnées.
En parallèle, le roman évoque une jeune femme blessée et amnésique. Sa rencontre avec Gabriel, un homme sombre qui se cache dans un hameau perdu, laisse beaucoup de parts d'ombre. De ce côté aussi, la violence, tant physique que psychologique, est au rendez-vous.
Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.
Lu le 1er juillet 2020

De force
Je l'ai trouvé un peu moins dense que d'autres écrits, sur un sujet qui tient de nouveau à la vengeance.
Un homme meurtri vient juste d'accompagner sa mère jusqu'à sa dernière demeure. Elle ne lui a rien laissé, si ce n'est une lettre où elle laisse enfin éclater toute la haine qu'il a subie sans comprendre depuis l'enfance. " Moi, j'ai voulu l'aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n'aime pas ainsi. Je ne garderai rien, c'est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j'ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. "
Un jogger sauve de justesse une jeune femme d'un viol imminent. Son père, un chirurgien de renom, lui propose  un contrat en apprenant son geste de bravoure et son métier de garde du corps. Il s'installe à demeure dans les communs de la somptueuse villa, disponible 24 heures sur 24, sans jour de repos.
Trop chevaleresque et fortuit pour être honnête : la pensée ne me quitte pas, elle me suit tout au long des pages, tout en me demandant d'où le prochain coup va partir. La menace grandit, envers le chirurgien et sa famille : sa fille, sa nouvelle épouse sont l'objet d'attaques ciblées, éprouvantes mais non fatales. La haine du persécuteur, corbeau énigmatique qui semble au courant de leurs moindres faits et gestes, semble se cristalliser sur des dates spécifiques.
La fin en huis clos, avec un personnage extérieur qui pourrait tirer les ficelles, est palpitante mais néanmoins tristement décevante. Je ne peux pas m'avancer à en dire plus.
Lu le 23 février 2020



COUC DE POING / COUP DE COEUR
Certains n'ont pas aimé/compris, personne n'est resté sans réaction
Lu le 1er février 2020

Ce que tu as fait de moi  (2019)
La passion - dévastatrice - selon Karine Giebel, conduit forcément à l'irréparable. Je viens de lire Ce que tu as fait de moi, je suis muette, sous le choc, mais très ambivalente sur mes sentiments de lecture. Pourtant c'est un de mes préférés, je le sais déjà...
Bien sûr tout est suffisamment dissimulé dans les premiers chapitres pour que le lecteur pense à une histoire de pourri ; au stups, la dérive serait presque banale. Néanmoins, Karine Giebel fait rarement dans la facilité. Ses personnages sont toujours dérangeants, parce qu'ils ne sont jamais noirs ou blancs. Elle excelle à montrer la part d'ombre qui rend soupçonneux envers la victime ou peut donner des excuses au pire salaud. Comme pour contrebalancer l'effet du terme addiction, il y a le coup de foudre et si l'ambiguïté du premier est levée par le second, les connotations négative ou positive s'annulent...

Personne n'est assez fort pour la vivre.
Personne n'est préparé à l'affronter, même si chacun la désire plus que tout.
La passion, la vraie...
Extrême.
Sans limites.
Sans règles.

Le face à face entre le commandant Richard Ménainville, patron des Stups et Laëtitia Graminsky, son lieutenant, sortie major de l'école de police, est construit dans un compte à rebours dont l'auteur laisse d'emblée paraître l'issue tragique, tout en réussissant le tour de force de faire monter encore la pression au fil des pages. Le suspense est ailleurs : qui sont finalement la ou les victimes ? Les probabilités ne manquent pas, d'abord les deux protagonistes, ensuite leur entourage familial ou professionnel,  les " dommages collatéraux " selon un euphémisme usuel. Une seule certitude émerge des premières pages, défaits mais vivants tous les deux, Ménainville et Graminsky sont interrogés séparément par une équipe interne qui montre elle-même certaines fêlures.
 

Retour chronologique sur ma découverte de l'auteur

PetiteFleur m'avait conseillé Jusqu'à ce que la mort nous unisse de Karine Giebel (abandonné) pour le premier circle challenge ABC auquel j'ai participé.

En septembre 2013, le mois de... Karine Giebel lui a permis d'échanger questions/réponses avec des blogueurs : tous les détails de l'opération sur Bookenstock que je remercie pour ce partenariat avec les éditions Fleuve noir.

Le purgatoire des innocents
Le casse raté d'une bijouterie place Vendôme tourne au bain de sang : le frère du cerveau de la bande est touché de deux balles. Les quatre cambrioleurs trouvent refuge dans une ferme isolée de la campagne française, après avoir pris en otage sa propriétaire, une jeune vétérinaire apparemment seule et sans défense qu'ils obligent à opérer le blessé.
Bourreaux aussi torturés que leurs victimes, l'auteur imagine des situations tordues où vrais et faux méchants sont difficiles à départager et nous laisse en équilibre sur un fil où la compassion le dispute au dégoût. Il est impossible de s'identifier aux personnages mais on s'y intéresse, intensément.
Après le suspense un peu mou que je reprochais il y a quelques jour à Patricia McDonald, c'est avec une morbide délectation que je me suis immergée dans ma lecture. Purgatoire des innocents rejoint dans l'horreur de la séquestration Les morsures de l'aube découvert cet été ; il porte bien son titre.
En comparaison, Terminus Elicius, le premier roman de Karine Giébel, était presque angélique.
L'avis de Dup que je partage pleinement

Ci-dessous, un extrait des échanges

Karine :
Bonjour XL,
Merci de m'avoir donné via ce blog [Book en Stock] votre sentiment de lecture. D'après ce que je constate, vous aimez certains de mes romans et pas d'autres. Et visiblement, vous aimez les plus noirs et ceux qui ont un côté plus "thriller".
Si je peux me permettre - et vu que vous avez aimé Purgatoire des Innocents - je vous conseille de poursuivre avec Meurtres pour rédemption.
A bientôt
Commentaire :
J'ai lu le résumé de Meurtres pour rédemption et les commentaires de ceux qui l'ont lu : je ne vais pas m'y mettre tout de suite... il se passe en milieu carcéral et il a l'air vraiment noir !

Son premier roman, Terminus Elicius (2004) a reçu le Prix marseillais du Polar en 2005.
Istres-Marseille. Pour Jeanne, la vie est ponctuée par cet aller-retour ferroviaire quotidien entre son travail de gratte-papier au commissariat et la maison de sa mère. Elle attend néanmoins qu’un événement vienne secouer le fil de son existence : un regard, enfin, du capitaine Esposito ? La résolution, peut-être, de cette affaire de serial killer qui défraie la chronique phocéenne ? «Vous êtes si belle, Jeanne. Si touchante et si belle.» Ce soir-là, une lettre, glissée entre deux banquettes, semble combler toutes ses espérances. Un peu trop, même. Car derrière le mystérieux soupirant se cache le meurtrier tant recherché par la police. Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n’aura de terminus qu’au bout de l’enfer…  
Lu le 22 avril 2013

Ensuite Meurtres pour rédemption (la Vie du rail, 2006) qui a été sélectionné pour le Prix Polar Cognac.
COUP DE POING / COUP DE COEUR
Vingt ans. Le bel âge ? Pas pour Marianne. En prison. Pour perpète. Pour meurtres.  " Ils ne m’ont laissé aucune chance " Alors, nourrir la haine, l’instinct de survie, même si l’on ne désire qu’aimer, être aimée ; pour lutter malgré tout, contre les coups, les brimades, l’ignoble. La liberté. Inaccessible. Sauf à se laisser bercer par le chant des trains, pas si loin, là, derrière les barreaux, à se laisser emporter dans leur sillage. Jusqu’au jour où … En taule, même l’inimaginable peut surgir. Une porte s’ouvre… "  La liberté, Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? » Mais le prix à payer pour transformer ce rêve en réalité est terrifiant.
Lu le 16 août 2014

Les Morsures de l’ombre a reçu le Prix Intramuros du Festival de Cognac 2008 ainsi que le Prix Polar SNCF 2009
COUP DE COEUR et pourtant je n'ai pas écrit mon billet depuis le 8 février 2014
Une femme rousse, plutôt charmante. Oui, il se souvient. Un peu… Il l’a suivie chez elle… Ils ont partagé un verre, il l’a prise dans ses bras… Ensuite, c’est le trou noir.Quand il se réveille dans cette cave, derrière ces barreaux, il comprend que sa vie vient de basculer dans l’horreur. Une femme le retient prisonnier. L’observe, le provoque, lui fait mal. Rituel barbare, vengeance, dessein meurtrier, pure folie? Une seule certitude: un compte à rebours terrifiant s’est déclenché.


Maîtres du jeu 
Deux époustouflantes nouvelles de Karine Giebel sur ce jeu dangereux : le pouvoir de vie et de mort. Il s'agit à chaque fois d'inverser les rôles, de se mettre dans la peau de l'autre : l'auteur maîtrise parfaitement l'art du revirement inattendu. Dans la première, elle joue avec maestria de la séduction et de la répulsion. Une star du cinéma a inconsciemment détruit d'un refus les promesses de carrière d'un jeune comédien ; il n'a pourtant cessé de lui consacrer ses pensées, jour et nuit, pour la tenir enfin dans ses bras. Dans la seconde, moins noire, il subsiste un espoir final. Un dangereux psychopathe s'évade de l'asile dans un autocar plein d'enfants attardés. Il défie le policier qui a réussi à l'incarcérer pour le tenir enfin à sa merci. La nouvelle est parue dans le recueil Empreinte sanglante que je cherche à me procurer.  
Lu le 5 janvier 2017

C'est sur Book en Stock et dans ma BàL

Reçu le 5 juillet 2013, Le purgatoire des innocents
Merci à Book en stock et aux éditions Fleuve noir pour l'organisation de ce partenariat
Comme Achille49 a participé pour l'autre titre, il me propose déjà l'échange après lecture, donc nous pourrons lire les deux !
Juste une ombre a reçu le Prix Cognac du polar francophone 2012

Septembre sera le mois de Karine Giebel et si je participe, c'est l'occasion de :
1/ gagner un livre (et vous aussi) parmi deux aussi alléchants l'un que l'autre
2/ rédiger les billets de deux romans déjà lus mais en attente donc je vais m'y mettre
Terminus Elicius - Les morsures de l'ombre
3/ échanger avec l'auteur sur des intrigues déconcertantes et particulièrement tordues

samedi 18 avril 2020

Deux enquêtes de l'inspecteur Barry Donovan

Une nuit éternelle de David Khara
Presque 3 ans après jour pour jour, je reprends la suite des aventures de Barry Donovan, flic new-yorkais d'origine écossaise et Werner von Lowinsky, un homme pas comme les autres, transformé en vampire en pleine guerre de Sécession... Ce n'est pas tout à fait un coup de coeur au même titre que le premier tome, mais toutes les explications y trouvent place. Ceci explique peut être cela : encore quelques surprises, mais moindres dans la relation entre les deux amis, plus de place à l'enquête, en lien naturellement avec la part de fantastique du roman. J'ai adoré le préambule, où apparaît le personnage de Nicolae, entouré de mystère lui aussi. Les deux personnages féminins, la légiste Lana Carvey et l'enquêtrice Abigayle Raven, sont également un bon atout dans l'histoire. J'espère qu'il y aura une suite !
De nos jours... A peine remis d'une blessure en service, Barry est embarqué dans une nouvelle affaire sordide : le double meurtre d'un pasteur et de son jeune fils. A la demande du tueur qui s'est dénoncé, Barry se rend sur les lieux du crime.

COUP DE COEUR
Les vestiges de l'aube
En rupture complète avec la filiation actuelle des livres de vampires, mais avec juste la touche d'hémoglobine pour justifier l'appartenance au genre, le roman de David Khara explore les questionnements de Werner von Lowinsky vis-à-vis de sa condition d'immortel. Il y a dans le récit de son passé, un peu de Tara (Margaret Mitchell) qui m'a beaucoup plu.
Son alter ego dans l'histoire, Barry Donovan, est un policier durement éprouvé lors des attentats du 11 septembre, enquêteur à la brigade criminelle de New York.
L'équilibre entre les deux est subtilement et intelligemment mis en balance. 
La fin est très largement ouverte sur une perspective qui me donne envie d'inscrire immédiatement la suite dans ma WL.
à dévorer lire dans ma PàL : Une nuit éternelle
Lu le 9 avril 2017 
ABC polar : K

samedi 4 janvier 2020

Le collectionneur

Le marché de l'art accessible aux seules élites est le sujet retenu par Anne Laure Thiéblement pour son premier roman policier Le collectionneur, où l'amour du beau côtoie le danger.
En même temps que le notaire lui annonce la mort de son père, un parfait inconnu qu'elle croyait déjà décédé, Marion Spicer apprend qu'il lui fait un devoir de retrouver trois inestimables statuettes précolombiennes qui manquent à sa collection, prestigieuse bien qu'il l'ait toujours tenue secrète.
Son ami d'enfance lui entrouvre et la guide parmi les arcanes du microcosme implacable qui évolue entre le faubourg Saint-Honoré et Drouot. Elle compte également dans l'entourage de son père, son secrétaire particulier qui se défie d'elle et veut conserver jalousement les statuettes et un ancien ami et associé qui s'évertue dans l'ombre à l'aider et à la protéger.

mercredi 11 décembre 2019

Michel QUINT [2]

Fox trot
Plusieurs fois que je m'y reprends et je n'avance toujours pas d'un chapitre ! Je me suis déjà passablement ennuyée avec Les amants de Francfort. Le style narratif me bloque. Pourtant j'ai aimé Veuve noire et vraiment apprécié Effroyables jardins. A vérifier, mais il me semble que les quatre romans se déroulent plus ou moins durant la même période historique.

enfin...
Après avoir eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, je me suis intéressée à Charles Bertin, instituteur lillois en mal d'idéal et au contexte particulier des rivalités gauche-droite entre les deux guerres mondiales. Mes cours d'histoire contemporaine sur = Les droites en France = me sont revenus en mémoire, mais sous une forme beaucoup plus préhensible. La teneur et les enjeux des oppositions prennent vie à travers des personnages " humains " que ce soit une personnalité historique comme Roger Salengro, maire de Lille de 1929 jusqu'à son suicide en 1936 ou le fictif commissaire Demeyer, cousin protecteur de Charles. L'écriture m'a fait penser à du Modiano sans le style ! Si l'argot peut être bienvenu pour faire sentir les différences sociales, le relâchement du style m'a parfois gênée.

Les amants de Francfort
Un savoureux mélange de transactions humaines sur fond de salon du livre de Francfort : Michel Quint nous apprend comment se font les contrats en marge des stands officiels, mais aussi s'interroge avec nous sur le poids des héritages familiaux : qui est véritablement le Sandor au grand coeur qui se prétend descendant de Dracula, où vécut de 1943 à 1945 Louis Debaissieux, le grand père de Clémence qui se meurt d'une tumeur au cerveau, pourquoi le père de Florent Vallin, le jeune patron des éditions En colère, fut-il assassiné, est-ce en raison de ses sympathies nazies ou pour un autre motif, dans quelle mesure la troublante Léna et l'intrigant Fitz peuvent-ils l'aider...
Je n'avais pas retenu de ses autres romans qu'il avait cette façon d'écrire assez familière et le style, parfois télégraphique, m'a surprise. Pourtant, au sein de cet imbroglio sentimental, savamment nuancé du grave au léger, le plaisir de lire était là.
Lu le 23 mars 2015

lundi 7 octobre 2019

Une enquête de l'inspecteur Singh

flag   Tour du monde :  MALAISIE

Meurtre en Malaisie de Shamini Flint est le premier volet des aventures de l'inspecteur Singh, qui sillonne l'Asie en luttant contre le crime ! Sikh obèse, encombré de sa personne mais pas débonnaire, subordonné récalcitrant, " le meilleur des limiers de Singapour " est d'emblée sympathique parce qu'il prend la défense de la veuve et de l'opprimé. Plus subtil qu'il n'y paraît, il représente un allié de poids pour Chelsea, crédible dans ses réactions de mère éplorée mais néanmoins prête à user de tous les moyens pour conserver la garde de ses trois fils. 

L'inspecteur Singh est dépêché par le police de Singapour pour mener, à Kuala Lumpur, une enquête mettant en cause une de leurs ressortissantes. Le célèbre top-model Chelsea Liew, divorcée d'Alan Lee pour violences conjugales, est passible de la peine de mort pour le meurtre à bout portant de son ex-mari. Les mobiles ne manquent pas dans l'entourage du magnat forestier, à commencer par ses deux frères Jasper l'aîné et Kian Min le cadet, parce que le premier est opposé à l'exploitation de la forêt primaire à Bornéo et au délogement des populations indigènes, et l'autre pour des motifs contraires, parce qu'il trouve son frère trop mou à la direction de l'entreprise familiale. Pourtant Chelsea a le meilleur des mobiles : Alan voulait la séparer de ses enfants grâce à la loi coranique... La coopération avec la police malaise mobilise toutes les ressources de l'astucieux inspecteur Singh ; il trouve un partenaire compréhensif en la personne du jeune policier Shukor, chargé de l'escorter sur ordre de l'inspecteur Mohammad.

dimanche 7 juillet 2019

Piégés - entre les murs de la nuit -

« Villa Eden... Insouciants, Enzo et Aïcha se croyaient au paradis. Rien n’avait plus d’importance que leur projet d’amour en cette nuit magique. Mais ils venaient de mettre les pieds en enfer, et dans moins de deux heures ils allaient s’en rendre compte. Amèrement. » Deux adolescents piégés. Un terrifiant compte à rebours, dont ils doivent sortir vivants. Les minutes défilent, comme des coups de grâce...
Pour une fois que le résumé en dit assez mais pas trop, je me suis complètement fourvoyée. Je pensais lire un fantastique, mais rien n'est plus proche d'une réalité crédible que la mésaventure survenue à ces deux-là. J'ai beaucoup apprécié le style d'Hubert Ben Kemoun. Ce qui ne gâte rien, le style n'est ni simpliste, mièvre ou relâché comme je le reproche souvent aux romans pour la jeunesse.

lundi 13 mai 2019

Une enquête du commissaire Habib(ou) Keïta


challenge Tour du monde : MALI
La malédiction du lamantin de Moussa Konaté - Un ethno-polar sur les rives du Niger
Descendants revendiqués de Noé et de Moïse, animistes et/ou musulmans, les Bozos de Kokrini entretiennent une relation particulière avec Maa, leur divinité de l'eau et du ciel, protectrice et protéiforme. Lorsque leur chef Kouata et son épouse Nassoumba sont retrouvés sans vie, au petit matin dans leur cour, après un curieux rituel nocturne au bord du fleuve, mais aussi après avoir été menacés de mort par plusieurs membres de leur famille, la police criminelle de Bamako ne peut faire autrement qu'enquêter. Le commissaire Keita et son inspecteur dévoué Sosso interrogent les témoins, les coutumes, reçoivent des conseils de la part des anciens, tentent de faire la part des choses entre l'irrationnel, la tradition, la pression sociale et politique. Une mythologie riche et une cosmogonie originale font le terreau de ce polar déroutant, "exotique" tant par le contexte peu connu que par la personnalité des deux enquêteurs.

lundi 1 avril 2019

Une enquête du détective Mario França

Tour du monde : PORTUGAL
 
Quand les vautours approchent de Miguel Miranda m'a été offert par Nelcie dans le cadre du Christmas Stocking 2017. La nationalité de l'auteur, qui de surcroit, ne figure pas encore sur ma carte alors que c'est un proche pays, m'a attirée vers ce roman. Ensuite, le personnage principal évolue à Porto que j'ai une sérieuse envie de découvrir IRL.
Post lecture, je balance encore entre le détective paumé, has been, mythomane qui fait une incursion (imaginaire) à Bahia du Brésil ou l'enquêteur aux qualités supranormales et aux fulgurances géniales tel qu'il se vit dans sa tête et m'a fait penser à la voix off du film Qui veut la peau de Roger Rabbit ? Il y a d'autres points communs d'ailleurs, comme la voluptueuse peintre disparue et des ennuis en perspective...
Bref, une lecture très drôle : ça arrive même pour un polar et sans hésitation cette fois, j'aime tellement cette première enquête déjantée du détective portugais, que je lirai à coup sûr les suivantes.

dimanche 3 mars 2019

Une dernière enquête de Wallander

Une main encombrante d'Henning Mankel - l'avant-dernière enquête et le dernier roman de la série des Wallander, avec une postface tout à fait intéressante pour valider le bonus (nordique) de ce mois

La carrière désabusée de Wallander est maintenant sur le point de s'achever. Le commissaire recherche toujours la maison idéale où s'installer pour profiter de sa retraite en compagnie d'un chien. Justement, un collègue lui propose une ancienne ferme, dans le quartier de son enfance. Lors d'une visite, déjà conquis, il trébuche, dans une allée du jardin, sur des ossements... humains. L'enquête qui s'annonce difficile remet en cause toute velléité d'achat. En appendice au roman, Henning Mankel explique que cette ultime séquelle doit conclure définitivement les aventures de son personnage fétiche, dont le destin appartient désormais au public. J'ai aimé le style de ce bref texte mettant fin aux apparitions du commissaire. Bizarrement, je croyais avoir déjà lu un des tomes de la série ; comme il n'en est rien, je vais pouvoir les découvrir in extenso. J'avais été bien moins convaincue par Le cerveau de Kennedy, thriller situé en partie au Mozambique, où l'auteur exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au lent naufrage d’un continent rongé par le sida. Depuis plusieurs années, Henning Mankell partage son temps entre la Suède et l'Afrique.

dimanche 24 février 2019

L'enjeu

Élisabeth, femme sensible, se réveille droguée et à moitié nue dans un entrepôt en ruine, froid et humide. Elle découvre trois autres personnes : José, jeune caïd de banlieue, Mary infirmière et Karl militaire en retraite. Pourquoi eux ? Qui est derrière tout ça ? Comment sont-ils arrivés là ? Mais surtout dans quel but ? Prisonnière de cet endroit et de ses peurs, elle va devoir trouver des réponses...
Un thriller autoédité dont l'intrigue particulière fait très vite oublier les quelques imperfections de style des premiers chapitres. Le thème assez banal de l'amnésie est exploité de manière originale par Wendall Utroi. Sans qu'elle soit d'emblée sympathique, la quête de l'héroïne devient rapidement celle du lecteur qui veut savoir comment elle est arrivée là et surtout comment elle va s'en sortir. Les rebondissements jusqu'aux révélations finales sont très bien dissimulés, bien que le soufflé retombe un peu en dernière partie.

samedi 16 février 2019

Deux enquêtes d' Einar le journaliste [2]

L'ombre des chats  d'Arni Thorarinsson (tome 5 de la saga)
Einar, remplaçant au pied levé le rédacteur en chef et éditorialiste du Journal du soir, a des scrupules à exploiter des informations personnelles pour faire le buzz dans son journal. Un couple de ses amies est victime d'une mauvaise farce au moment du déballage des cadeaux de mariage ; l'une des deux est impliquée peu après dans une double overdose assistée par ordinateur. Un homme est grièvement blessé par une inconnue dans une file d'attente devant un bar de nuit. Ce roman, très orienté LGBT, repose sur un certain nombre de préjugés sexuels. Sur fond d'élections tendues au poste de premier secrétaire du parti socialiste, le roman porte le débat sur les aspects déontologiques liés à la concurrence des activités journalistiques avec les enquêtes policières, mais aussi à la liberté des media et au devoir/pouvoir d'investigation, notamment par rapport à la transparence de la vie politique.

Les polars nordiques forment un groupe particulier et parmi eux les polars islandais un sous-groupe unique en son genre. J'aime à les lire car ils donnent à voir la réalité socio-économique d'une île en crise à certains égards, notamment à cause des transformations inéluctables et des répercussions de la mondialisation. Nul territoire, aussi sauvage que puissent encore le paraître des endroits reculés, isolés comme les fjords de l’ouest, ne parvient à rester en dehors des soubresauts dus à l'appât du gain, du pouvoir, de la gloire.

Le septième fils (tome 3) reçu pour Colore ton SWAP
Le rédacteur en chef du Journal du soir, avide de sensationnel, a envoyé son correspondant de l'agence Nord traquer le scoop dans le port occidental d’Isafjördur. Les soirées sont longues et les journées semées d'embûches car personne ne veut coopérer, à commencer par la commissaire de police locale. Pourtant, un air désabusé, une nonchalance non feinte et un regard sans préjugés sur les événements lui permettent d’apprivoiser les témoins. Alors que l'agitation est à son comble à Reykjavik, Einar parvient à lever quelques lièvres dans les enquêtes en cours.
Lu le 11 janvier 2015  en LC pour le 11ème LDPA

dimanche 6 janvier 2019

Fred Vargas [5]

Hors série
Ceux qui vont mourir te saluent

Les enquêtes du commissaire Jean Baptiste Adamsberg [4]
Les quatre fleuves
Le roman graphique peint à l'encre de chine par Edmond Baudouin pour relater une enquête originale du commissaire Adamsberg, réussit l'exploit d'atteindre à la même finesse psychologique que les précédents romans de Fred Vargas mais en raccourci : le déroulement est plus concis, plus concentré et moins lent. Le commissaire reste aussi insaisissable, alors que Danglard est plus repoussant qu'à l'écrit ou alors - parce qu'il est père, célibataire et l'assume - je n'ai pas voulu lire entre les lignes ce que le dessin expose crûment. L'énigme posée par la mort violente d'un voyou met le commissaire aux prises avec une famille de marginaux qui fait bloc autour du patriarche, une sorte de facteur Cheval en train de construire une réplique du Bernin avec des cannettes et des capsules de bière. Je ne connais pas assez l'univers de Fred Vargas pour savoir si la conclusion s'insère dans le fil de sa bibliographie.

L'homme aux cercles bleus
Cela fait bien longtemps que je n'avais pas réussi à accrocher un titre à ma liste en BLEU : la cause, trop de challenges, trop de lectures de blogues, trop de tentations. Mais voilà, j'en tiens un et un bon !
Je suis contente de commencer par le début des enquêtes du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg et de faire connaissance avec sa méthode si particulière de " pelleteur de nuages ". Le surnom lui a été attribué par son équipe, dont fait partie son inspecteur préféré, Danglard, père célibataire de deux fois deux jumeaux plus un coucou depuis que sa femme lui a abandonné leur progéniture.
L'enquête se passe à Paris : ils sont affectés au commissariat du V ème, mais l'homme aux cercles bleus se déplace dans plusieurs arrondissements. Au début, il ne s'agit que de bizarreries, des cercles dont le centre désigne un rebut de trottoir, un objet insignifiant laissé pour compte. Mais le commissaire, avec sa manière bien à lui de ressentir la cruauté des gens sait que cela va empirer. Il met ses enquêteurs sur l'affaire bien avant le premier meurtre... qu'il ne peut éviter, ni les deux suivants.
Mathilde, une océanographe célèbre et déconcertante, avec des conceptions très personnelles sur l'existence et dont je me demande au bout du compte si elle ne serait pas plus misanthrope que généreuse, arrive aussi dans sa vie. Elle lui est beaucoup plus proche qu'il n'aurait pu l'imaginer, bien qu'elle n'ait rien à voir avec ses Pyrénées natales et ses débuts dans la carrière policière.
J'avais déjà apprécié la plume de Fred Vargas dans Ceux qui vont mourir mais je dois dire que l'idée de retrouver ses personnages récurrents me séduit encore plus.
Lu le 20 décembre 2013

Assez bizarrement, après avoir beaucoup apprécié ces deux romans au moment de la lecture et l'avoir écrit dans mes billets, je ne suis plus aussi sûre de mon degré de satisfaction maintenant que le temps a passé et mon enthousiasme me semble exagéré.

Un lieu incertain 
Le troisième roman de Fred Vargas que j'ai tenu entre les mains n'échappe pas à la règle et je m'en aperçois en ayant tardé à écrire mon billet. Les raisons de mon plaisir m'échappent un peu et si je ne trouve aucun défaut au style de l'auteur, je ne sais pas ce qui motive l'envie de me replonger dans une enquête d'Adamsberg. Je crois que mon principal attrait tient à la personnalité si particulière du curieux personnage principal, qui pourtant n'était pas présent dans Ceux qui vont mourir te saluent.
Quant au présent objet de ce billet, Un lieu incertain m'a clairement mise mal à l'aise, tant pour la partie anglaise de l'enquête que pour le meurtre perpétré en France. Je n'ai pas non plus adhéré à l'épisode mettant à mal le commissaire imprudent dans les Balkans. Mais la double énigme autour de la personnalité du " Zerquetscheur " (écraseur) est particulièrement intéressante.
Dans l'incertitude, une prochaine tentative me convaincra de poursuivre la série... ou pas.
Lu le 21 février 2015

Pars vite et reviens tard est la troisième enquête de Fred Vargas dans laquelle apparaît Jean Baptiste Adamsberg. Le commissaire (maintenant principal à la Criminelle), aux méthodes vraiment très peu orthodoxes, reste accompagné de son fidèle second Danglard, méthodique convaincu. La paire est pour le moins saugrenue mais pourtant elle fonctionne. Ils affrontent un serial killer qui annonce ses crimes à l'aide d'extraits de textes médiévaux et par la voix d'un "crieur des rues" : Joss Le Guern, comme feu son arrière grand-père, exerce ce métier peu commune, installé à un carrefour proche de la gare Montparnasse (le quartier des Bretons en exil dans la capitale pour ceux qui l'ignorent).
Pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins, Joss Le Guern, capitaine du chalutier "Le Vent de Norois", a connu la prison, puis le chômage avant d'échouer à Paris et de devenir "crieur", place Edgar Quinet. Trois fois par jour, il relève les messages, accompagnés de pièces ou de billets, que ses clients ont déposés dans sa boîte et, trois fois par jour, perché sur une estrade, il crie les nouvelles devant les habitués du quartier. Un jour, Joss découvre dans sa boîte une étrange missive qui se révèle inquiétante. C'est tout au moins ce que pense Hervé Decambrais, un septuagénaire qui allie à la broderie de napperons une érudition peu commune. Et comme ces messages bizarres continuent d'arriver trois fois par jour, il va déployer tous ses efforts pour en détecter le sens caché.
Le commissaire principal Jean-Baptiste Adamsberg, qui vient d'être affecté à l'antenne du XIII ème arrondissement de la brigade criminelle, reçoit Maryse. La jeune femme est affolée d'avoir découvert peint en noir sur presque toutes les portes de son immeuble un grand 4 inversé accompagné des lettres CLT. Le policier se décide à prendre l'affaire au sérieux lorsque des tags similaires sont découverts dans un autre arrondissement et qu'un cadavre est retrouvé, la peau enduite de charbon. Bientôt les deux affaires vont se recouper, l'oeil exercé du commissaire fera le reste.

Avec ses accroches insolites, Fred Vargas crée d'emblée un mystère. Elle entraîne le lecteur dans une plongée au cœur de l'histoire en compagnie de personnages déjà croisés dans de précédent romans, comme Adamsberg et son amie Camille (L'Homme à l'envers), ou encore Marc, l'un des évangélistes (Debout les morts). On y croise aussi d'autres individus singuliers comme Joss le crieur, Hervé, l'as du napperon brodé ou l'ancienne prostituée Lizbeth. Instructif et divertissant, ce nouvel opus qu'on déguste avec délice, est copieusement garni de digressions qui font le charme des polars de Fred Vargas.
Lu le 2 juillet 2018

vendredi 28 décembre 2018

L'auteur du mois...

Voyage en Islande sous la plume d'Arnaldur Indridason. NB : les islandais n'ont pas de patronyme, ils sont fils de (-son) ou fille de (-dotir). 
Les enquêtes du commissaire Erlendur Sveinsson [3]
Chaque histoire est l'occasion de dénoncer certains faits de société et notamment les violences faites aux femmes. En tant que policier, Erlendur est sans pitié, mais en tant qu'auteur également, la position d'Indridason est ferme. Il donne un vision dure, non édulcorée de son île, en proie aux démons de son passé, mais aussi aux problèmes liés à la mondialisation de l'économie.
Un challenge organisé par RizDeuxZz qui me permet de compléter la bibliographie d'Arnaldur Indridason [4] avec un emprunt en bibliothèque : ils n'avaient pas la suite logique, La voix, donc j'ai pris Etranges rivages.

J'ai préféré ce tome à tous les précédents mettant en scène Erlendur car il n'y fait pas figure de commissaire. Plus centré sur son passé, c'est une enquête sans en être une. Son idée fixe, rechercher la vérité sur les disparitions, est au centre de l'histoire. Eprouvant de temps à autre le besoin de se retirer loin de Reykjavic, il part errer sur la lande où il dort à la belle étoile ou bien dans les ruines abandonnées de la ferme autrefois occupée par ses parents. Il s'interroge sur sa responsabilité dans la perte de son frère cadet au cours d'une terrible tempête. En parallèle, il recherche les derniers contemporains d'une jeune femme portée disparue simultanément à tout un régiment de soldats britanniques heureusement rescapés pour la plupart. Loin de ses enquêtes habituelles, mais pas de ses préoccupations ni de ses manières, Etranges rivages livre quelques secrets du passé. De façon très collatérale, il découvre deux meurtres insoupçonnés survenus plusieurs dizaines d'années auparavant. 

* * *

La cité des jarres est le premier tome étonnant d'une série. Vient ensuite La femme en vert. Je ne le savais pas mais heureusement je préfère avoir commencé dans l'ordre chronologique.
La cité des jarres
Un meurtre a été commis dans un quartier de Reykjavik construit sur pilotis à l'emplacement d'un ancien marais. Holberg, la victime, a été assassiné avec un cendrier dans son salon. Etrangement, le meurtrier a laissé sur le corps un papier indiquant « je suis Lui ». L'intuition de l'inspecteur Erlendur, policier aux méthodes très personnelles, le pousse à chercher le mobile du crime dans le passé d'Holberg. Contre toute attente, l'enquête le conduit jusqu'au centre d'étude du génome, laboratoire de recherches sur le patrimoine génétique islandais.  
Lu le 27 juillet 2009_
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La femme en vert
Reykjavik prend de l'ampleur et s'étend sur les pentes de collines autrefois réservées aux résidences d'été et aux camps militaires. Dans un nouveau quartier en construction, des ossements indubitablement humains sont découverts dans le talus d'un chantier.
Dans ce second tome, l'inspecteur Erlendur continue à se débattre avec ses problèmes familiaux, une ex-épouse acariâtre qui refuse de lui adresser la parole depuis le divorce, un fils indifférent et une fille junkie et enceinte, qui l'appelle à l'aide mais le fuit.
Lu le 23 novembre 2011

La voix 

L'homme du lac
A la suite des tremblements de terre d'Islande en juin 2000, le lac de Kleifarvatn se vide peu à peu. Une hydrologue chargée de mesurer le niveau de l'eau découvre sur le fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l'homme du lac ? Erlendur et son équipe se voient chargés de l'affaire qui les amène à se déplacer dans le pays, pour le plaisir du lecteur qui apprend à découvrir un peu plus de l'Irlande et des Islandais à chaque nouvelle enquête. Elle les entraîne également hors des frontières, avec le programme d'échanges de jeunes communistes prometteurs avec certaines universités réputées de RDA sous contrôle de la police politique. Dans le contexte de la guerre froide et de la révolte populaire hongroise, le roman interroge, sans s'appesantir, la position islandaise dans les relations internationales. Par ailleurs, le climat familial d'Erlendur ne s'est pas allégé, entre ses deux enfants qui lui reprochent son divorce et conséquemment leur abandon : sa fille Eva Lind vit une histoire d'amour-haine avec lui, tandis que son fils Sindri Snaër, très proche de sa soeur, reste plutôt indifférent à son père.
Lu le 22 novembre 2017
* * *
Hors série
Betty vit avec Tozzi (Tomas Ottosson Zoëga), un armateur islandais qui a assis sa fortune sur les quotas de pêche. La jeune femme, très attachée au luxe qui l'entoure, a décidé de se débarrasser de lui avant qu'il ne révise son testament. Elle l'a convaincu d'embaucher un juriste spécialisé en droit maritime européen dont elle devient la maîtresse. La souricière pour deux personnes est tendue... dans l'attente de ses proies.

Les Diaboliques en version islandaise, Betty diffère un peu des autres romans écrits par Arnaldur Indridasson ; l'inspecteur Erlendur Sveinsson n'y fait d'ailleurs son apparition que par une courte allusion. Plus centré sur l'étude psychologique d'un personnage, il laisse peu de place aux évocations de l'Islande (sociale, économique...) qui habituellement m'intéressent. Mais l'auteur s'y révèle toujours aussi habile à maintenir l'intérêt. Le point pivotant du livre, au chapitre 18, est remarquablement imprévu !

Je ne regrette pas de m'être laissée convaincre par les commentaires élogieux d'Avenael et Philisine, des co-participantes au challenge nordique : Islande
Lu le 22 juin 2012

lundi 17 décembre 2018

La promesse de l'ombre

flag Tour du monde : JAPON

Thriller d'une intense perversité, La promesse de l'ombre de Shizuko Natsuki, tient le lecteur dans ses rêts du début à la fin. Cela commence par une rencontre à forte charge érotique entre le narrateur/enquêteur et une inconnue dans un hôtel français.
Dernière de couverture : De longues jambes gainées de soie, la pointe d'un escarpin gris... C'est tout ce que Daigo a pu apercevoir avant que l'orage ne plonge l'hôtel tout entier dans une obscurité totale. Troublante rencontre... Est-ce la voix chaude de l'inconnue qui le bouleverse à ce point? Ou peut-être son parfum entêtant? En tout cas, l'intimité des ténèbres encourage les confidences les plus extraordinaires. Et c'est ainsi que Daigo découvre que la même envie le lie à l'inconnue. Une envie de meurtre...
Ensuite, un crime parfaitement prémédité dans ses moindres détails fait disparaître un scientifique corrompu responsable par omission de l'empoisonnement mortel de nombreux enfants. Enfin, mis opportunément sur la piste de deux riches héritières, vivant sur les bords d'un lac très connu au Japon (j'ai imaginé Annecy) Daigo ne sait plus s'il doit se fier à l'une et/ou se défier de l'autre soeur...

samedi 8 septembre 2018

Trilogie de l'été

Michel BUSSI
Il s'agit d'une tricherie car j'ai commencé par Un avion sans elle l'an dernier et cet été, après avoir établi une liste chronologique de ses parutions, j'ai découvert le stupéfiant Nymphéas noirs. Ne lâche pas ma main qui m'intriguait beaucoup puisqu'il a pour cadre l'île de La Réunion m'a finalement moins convaincue, je ne pense pas ajouter un troisième titre avant l'échéance de ce challenge !

Mourir sur Seine (2008)


Le jour paraît sur Giverny. Du haut de son moulin, une vieille dame veille, surveille. Le quotidien du village, les cars de touristes… Des silhouettes et des vies. Deux femmes, en particulier, se détachent : l’une, les yeux couleur nymphéas, rêve d’amour et d’évasion ; l’autre, onze ans, ne vit déjà que pour la peinture. Deux femmes qui vont se trouver au coeur d’un tourbillon orageux. Car dans le village de Monet, ou chacun est une énigme, ou chaque âme a son secret, des drames vont venir diluer les illusions et raviver les blessures du passé…

Comme Phildes c'est sans conteste mon préféré par sa construction hallucinante et toutes les allusions à la vie de Claude Monet, à l'évolution de sa peinture et au tissage particulièrement crédible entre la fiction réaliste et la vérité historique.

Un peu déçue par ce roman, sans doute parce que mon esprit critique s'est exercé et que je n'ai pas été convaincu par certains aspects de la cavale improbable de Martial ; en revanche les décors et ambiances de La Réunion sont parfaitement restitués : je me suis vue en terrasse à Boucan Cannot...

Un couple amoureux dans les eaux turquoise de l’île de La Réunion. Farniente,palmiers, soleil. Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. Quand Liane disparaît de l’hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n°1. D’autant qu’il prend la fuite avec leur fille de six ans. Barrages, hélicoptères… la course-poursuite est lancée au coeur de la population la plus métissée de la planète.
Lu le 20 août 2018

Un avion sans elle
Ni témoin, ni survivant, après le crash de l'avion de la ligne Istanbul-Paris sur le mont Terrible dans le Jura, sauf un nourrisson, une petite fille miraculeusement rescapée que deux familles de disparus se disputent. Lyse-Rose ou Emilie ? J'ai tout de suite pensé qu'avec un test ADN la solution ne se ferait pas attendre, mais apparemment ce n'était pas d'actualité dans les années 80, au moment du drame.
Aujourd'hui, la petite surnommée "Libellule" par la presse est presque majeure : Lili est en plein dilemme pour décider de sa vie, avec ou sans Marc Vitral, son frère ?  Malvina Carville était trop jeune pour pouvoir identifier sa soeur de manière formelle et le doute de sa naissance n'a jamais été entièrement levé. Pourtant le détective privé Crédule Grand Duc n'a pas ménagé sa peine ni l'argent des Carville depuis 18 ans pour tenter de faire la lumière sur cette affaire. Il a suivi toutes les pistes, interrogé toutes les personnes possibles et imaginables autour du lieu du drame. Toutes ces années, il a tenu à jour un carnet d'enquête, avec toutes ses hypothèses, sans aucun résultat. Il est au bord du suicide, en proie à l'échec le plus cuisant de sa carrière, lorsque survient l'inconcevable : en posant une ultime fois les yeux sur l'article de l'Est républicain, l'édition locale, il comprend tout. Il devait révéler la vérité...
Quand toutes les solutions raisonnables ont été écartées, alors la solution, même inconcevable, qui demeure est la bonne. Cela se vérifie dans chaque roman faussement insoluble, je m'attendais donc à un rebondissement de ce genre, mais je dois reconnaître que Michel Bussi m'a bien promenée. J'ai pris plaisir à suivre les indices disséminés au fil des pages, dans le journal de Grand-Duc, mais aussi dans les recherches menées par Marc. J'ai beaucoup aimé le personnage et les réparties de Nicole Vitral, la grand-mère, marchande ambulante mais toujours droite dans ses bottes face à la famille Carville et j'ai eu de la pitié pour les enfants, les victimes collatérales de l'accident, le gentil Marc et même la détestable Malvina.
Lu le 6 juillet 2014
  challenge A tout prix : Maisons de la presse (des) - Roman - 2012

samedi 11 août 2018

Le Bleu de tes yeux

• Défi 4 challenge des 4AS - un  livre dont le titre fait référence à la musique : Le bleu de tes yeux chanson de Piaf.

Le mari de Laurie Moran est abattu de sang froid sous les yeux de leur fils ; avant de quitter la scène du crime, le meurtrier, un homme aux yeux d'un bleu intense, a menacé Timmy de s'en prendre ensuite à sa mère puis à lui. Son père, commissaire en retraite anticipée veille contre la menace toujours présente, huit ans après...
En dépit de la peur, Laurie se lance dans la réalisation d'une nouvelle émission consacrée aux affaires non élucidées, réunissant les témoins du drame. Le pilote de la série est dédié au Graduation Gala Murders (bal des lauréates) : il y a plus de vingt ans, Robert Powell organisait une grande soirée en honneur sa belle-fille Claire et de ses trois amies fraichement diplômées. Au cours de la fête, la belle et très mondaine Betsy Powell était étouffée dans son lit. Les quatre jeunes femmes ainsi que le mari ont été soupçonnés, sans que l'enquête conduise à une interpellation. Les séquences du tournage et les interviews ravivent les souvenirs, mais aussi les rancoeurs. Le coupable qui se sent en difficulté commet une erreur. En parallèle, l'assassin du docteur Greg Moran veut profiter de l'agitation pour tenir sa promesse, il enlève Timmy afin de perpétrer le deuxième meurtre qu'il a annoncé.
L'intrigue est bien plus soutenue que les derniers romans que j'ai pu lire de Mary Higgins Clark. Depuis 2014, elle s'est lancée dans une nouvelle série : Suspicion, dont l'héroine récurrente est productrice d'émissions de télé. Je lirai la suite avec plaisir et intérêt.
ABC polar : H

mercredi 25 juillet 2018

Garden of love

Marcus Malte publie Garden of Love en 2007 chez Zulma. Le livre est distingué par de nombreux prix littéraires dont le Grand Prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres, le Prix Michel Lebrun, le Prix Cannes Polar, le Prix Sang d'encre des lycéens, le Prix Millepages, le Prix Cœur noir de Saint Quentin en Yvelines et le Prix des Lectrices de Elle 2008, catégorie Policier.
Magicienned'Oz m'a offert le Folio dédicacé par l'auteur et accompagné d'un marque-page. Je suis touchée par l'attention mais cela ne m'a guère aidée à entrer dans l'univers tourmenté de ce thriller qui joue avec la perversion et la folie. Alexandre Astrid, un flic à la dérive, reçoit par la poste un manuscrit anonyme qui porte le titre de Garden of love. Très vite piégé par le texte, il y reconnaît le récit de sa propre vie, dans une version dévoyée qui le renvoie à ses plus insupportables remords et joue impitoyablement avec ses nerfs.

Marcus Malte, Cocotte : cauchemars morbides d'une ancienne barbouze

lundi 23 juillet 2018

Toxique


Les mères de chérubins auxquels Marie-Thomas s'intéresse passionnément n'ont qu'une chose à faire : bien se tenir... et surtout à l'écart de cette femme volontiers insignifiante qui s'occupe de leurs petits anges à l'école maternelle.

Dans l'homicide d'une directrice d'école, suivi d'un suicide sous une rame de métro, le commissaire chargé de l'enquête décèle un malaise plus profond. Le responsable du centre aéré, que tout accable dans cette affaire apparemment limpide, n'avait rien d'un violent, ni d'un dépressif.

samedi 5 mai 2018

La mort est un jeu d'enfants

Dorothy Uhnak est une reine du polar tel que j'aime qu'ils soient, avec une veuve bien noire... et plus de réflexion psychologique que d'action sanglante, même si la scène de crime initiale est particulièrement déconseillée aux âmes sensibles.
Kitty Keeler est d'une beauté solaire, rayonnante. Joe, chargé de l'enquête concernant le meurtre de ses deux enfants Terry et Georgie âgés de six et trois ans, n'échappe pas à la fascination qu'elle exerce sur les hommes et qui n'a d'égale que la jalousie haineuse des femmes. Elle apparaît d'emblée comme la suspecte idéale, d'autant qu'elle se défend bien mal, avec hauteur et une apparente indifférence à son sort.

dimanche 17 décembre 2017

La cabane de l'enfer


Au cours d'une journée portes ouvertes, Annie, agent immobilier, se fait enlever par son dernier client, un homme qui prétend s'appeler David. Après l'avoir fait monter de force dans sa camionnette, son ravisseur l'emmène au cœur de la forêt et l'emprisonne dans une cabane pour en faire une épouse modèle. Commence une longue année de calvaire où la survie est sa seul préoccupation. Le dénouement met en avant son extraordinaire volonté de s'en sortir. Alors qu'un peu de bonheur semble encore possible, les circonstances de son enlèvement réservent une immense surprise.
Un bon polar à ne pas mettre entre toutes les mains : si vous avez des tendances paranoïaques, vous ne regarderez plus vos amis ni votre famille de la même façon !