dimanche 6 janvier 2019

Fred Vargas [5]

Hors série
Ceux qui vont mourir te saluent

Les enquêtes du commissaire Jean Baptiste Adamsberg [4]
Les quatre fleuves
Le roman graphique peint à l'encre de chine par Edmond Baudouin pour relater une enquête originale du commissaire Adamsberg, réussit l'exploit d'atteindre à la même finesse psychologique que les précédents romans de Fred Vargas mais en raccourci : le déroulement est plus concis, plus concentré et moins lent. Le commissaire reste aussi insaisissable, alors que Danglard est plus repoussant qu'à l'écrit ou alors - parce qu'il est père, célibataire et l'assume - je n'ai pas voulu lire entre les lignes ce que le dessin expose crûment. L'énigme posée par la mort violente d'un voyou met le commissaire aux prises avec une famille de marginaux qui fait bloc autour du patriarche, une sorte de facteur Cheval en train de construire une réplique du Bernin avec des cannettes et des capsules de bière. Je ne connais pas assez l'univers de Fred Vargas pour savoir si la conclusion s'insère dans le fil de sa bibliographie.

L'homme aux cercles bleus
Cela fait bien longtemps que je n'avais pas réussi à accrocher un titre à ma liste en BLEU : la cause, trop de challenges, trop de lectures de blogues, trop de tentations. Mais voilà, j'en tiens un et un bon !
Je suis contente de commencer par le début des enquêtes du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg et de faire connaissance avec sa méthode si particulière de " pelleteur de nuages ". Le surnom lui a été attribué par son équipe, dont fait partie son inspecteur préféré, Danglard, père célibataire de deux fois deux jumeaux plus un coucou depuis que sa femme lui a abandonné leur progéniture.
L'enquête se passe à Paris : ils sont affectés au commissariat du V ème, mais l'homme aux cercles bleus se déplace dans plusieurs arrondissements. Au début, il ne s'agit que de bizarreries, des cercles dont le centre désigne un rebut de trottoir, un objet insignifiant laissé pour compte. Mais le commissaire, avec sa manière bien à lui de ressentir la cruauté des gens sait que cela va empirer. Il met ses enquêteurs sur l'affaire bien avant le premier meurtre... qu'il ne peut éviter, ni les deux suivants.
Mathilde, une océanographe célèbre et déconcertante, avec des conceptions très personnelles sur l'existence et dont je me demande au bout du compte si elle ne serait pas plus misanthrope que généreuse, arrive aussi dans sa vie. Elle lui est beaucoup plus proche qu'il n'aurait pu l'imaginer, bien qu'elle n'ait rien à voir avec ses Pyrénées natales et ses débuts dans la carrière policière.
J'avais déjà apprécié la plume de Fred Vargas dans Ceux qui vont mourir mais je dois dire que l'idée de retrouver ses personnages récurrents me séduit encore plus.
Lu le 20 décembre 2013

Assez bizarrement, après avoir beaucoup apprécié ces deux romans au moment de la lecture et l'avoir écrit dans mes billets, je ne suis plus aussi sûre de mon degré de satisfaction maintenant que le temps a passé et mon enthousiasme me semble exagéré.

Un lieu incertain 
Le troisième roman de Fred Vargas que j'ai tenu entre les mains n'échappe pas à la règle et je m'en aperçois en ayant tardé à écrire mon billet. Les raisons de mon plaisir m'échappent un peu et si je ne trouve aucun défaut au style de l'auteur, je ne sais pas ce qui motive l'envie de me replonger dans une enquête d'Adamsberg. Je crois que mon principal attrait tient à la personnalité si particulière du curieux personnage principal, qui pourtant n'était pas présent dans Ceux qui vont mourir te saluent.
Quant au présent objet de ce billet, Un lieu incertain m'a clairement mise mal à l'aise, tant pour la partie anglaise de l'enquête que pour le meurtre perpétré en France. Je n'ai pas non plus adhéré à l'épisode mettant à mal le commissaire imprudent dans les Balkans. Mais la double énigme autour de la personnalité du " Zerquetscheur " (écraseur) est particulièrement intéressante.
Dans l'incertitude, une prochaine tentative me convaincra de poursuivre la série... ou pas.
Lu le 21 février 2015

Pars vite et reviens tard est la troisième enquête de Fred Vargas dans laquelle apparaît Jean Baptiste Adamsberg. Le commissaire (maintenant principal à la Criminelle), aux méthodes vraiment très peu orthodoxes, reste accompagné de son fidèle second Danglard, méthodique convaincu. La paire est pour le moins saugrenue mais pourtant elle fonctionne. Ils affrontent un serial killer qui annonce ses crimes à l'aide d'extraits de textes médiévaux et par la voix d'un "crieur des rues" : Joss Le Guern, comme feu son arrière grand-père, exerce ce métier peu commune, installé à un carrefour proche de la gare Montparnasse (le quartier des Bretons en exil dans la capitale pour ceux qui l'ignorent).
Pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins, Joss Le Guern, capitaine du chalutier "Le Vent de Norois", a connu la prison, puis le chômage avant d'échouer à Paris et de devenir "crieur", place Edgar Quinet. Trois fois par jour, il relève les messages, accompagnés de pièces ou de billets, que ses clients ont déposés dans sa boîte et, trois fois par jour, perché sur une estrade, il crie les nouvelles devant les habitués du quartier. Un jour, Joss découvre dans sa boîte une étrange missive qui se révèle inquiétante. C'est tout au moins ce que pense Hervé Decambrais, un septuagénaire qui allie à la broderie de napperons une érudition peu commune. Et comme ces messages bizarres continuent d'arriver trois fois par jour, il va déployer tous ses efforts pour en détecter le sens caché.
Le commissaire principal Jean-Baptiste Adamsberg, qui vient d'être affecté à l'antenne du XIII ème arrondissement de la brigade criminelle, reçoit Maryse. La jeune femme est affolée d'avoir découvert peint en noir sur presque toutes les portes de son immeuble un grand 4 inversé accompagné des lettres CLT. Le policier se décide à prendre l'affaire au sérieux lorsque des tags similaires sont découverts dans un autre arrondissement et qu'un cadavre est retrouvé, la peau enduite de charbon. Bientôt les deux affaires vont se recouper, l'oeil exercé du commissaire fera le reste.

Avec ses accroches insolites, Fred Vargas crée d'emblée un mystère. Elle entraîne le lecteur dans une plongée au cœur de l'histoire en compagnie de personnages déjà croisés dans de précédent romans, comme Adamsberg et son amie Camille (L'Homme à l'envers), ou encore Marc, l'un des évangélistes (Debout les morts). On y croise aussi d'autres individus singuliers comme Joss le crieur, Hervé, l'as du napperon brodé ou l'ancienne prostituée Lizbeth. Instructif et divertissant, ce nouvel opus qu'on déguste avec délice, est copieusement garni de digressions qui font le charme des polars de Fred Vargas.
Lu le 2 juillet 2018

3 commentaires:

Mo a dit…

Un des rares Adamsberg que je n'ai pas lu. Dommage, mais j'y viendrais de toute façon. J'aime beaucoup ce personnage :)

Le Papou a dit…

Je lis...rarement Vargas... car je suis jaloux d'Adamsberg. Je m'assume.
Le Papou

XL a dit…

@Mo' moi aussi j'ai un faible pour lui mais je crois que je n'aime pas les histoires
@Papou ah bon ?! les raisons sont sans doute contenues dans les autres commentaires