mercredi 31 août 2011

Objectif PàL : régime d'été

Au bilan (mitigé) de ces deux mois de lectures d'été,  - 10 livres sortis de mes PàL dont 3 seulement proviennent de la plus ancienne, sans compter ceux entrés au passif qui s'est alourdit du double voire plus et encore beaucoup de billets en retard : pas très fière !!!
Maurice BARRES, Le voyage de Sparte
René BELLETTO : Coda et Créature
Thomas COOK, Les leçons du Mal
Melissa de LA CRUZ : Les Sang-bleu et Les Sang-d'argent
Laurie Faria STOLARZ Bleu cauchemar et Blanc fantôme
Joëlle ECORMIER, Le petit désordre de la mer
Philippe DELERM, La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules
Audur Ava OLAFSDOTTIR, Rosa Candida en LC avec Canel (26/08)

vendredi 26 août 2011

Rosa candida - Afleggjarinn

La fin prochaine du challenge nordique me force à terminer enfin le billet relatif à cette lecture commune de Rosa Candida d'Audur Ava Olafsdottir pour l' Islande en LC  avec Val (+) Lucie (+) et Canel

Le roman, largement plébiscité sur les blogues, a reçu une douzaine de prix et sélections littéraires, pourtant je ne réussissais pas à m'en emparer, en très grande partie à cause de la couverture (j'ai toujours la même réaction de rejet face à cet éditeur Zulma), mais en plus, je trouve toutes les couvertures plus moches les unes que les autres ! un florilège de repoussoirs...
Dans ce texte, c'est une rose primitive à huit pétales qui vole la vedette aux personnages humains. Pourtant, j'ai eu bien envie de m'intéresser au jeune Arnljótur, libéré de ses liens familiaux (un frère autiste, un père octogénaire) par la mort accidentelle de sa mère adorée. Je me suis interrogée sur le tracé énigmatique de son parcours sur le continent (je n'ai toujours pas deviné le pays de son séjour dans la forêt par exemple) et sur sa destination finale insolite, une ancienne roseraie au coeur d'un couvent loin du monde (dans une ville des Balkans ?). Au milieu des fleurs, dans la compagnie d'un moine cinéphile et philosophe, c'est pourtant à une éclosion d'un autre genre que l'auteur nous invite : père de hasard d'une petite Flòra Sòl, née d'une étreinte furtive avec Anna, dans la serre familiale où sa mère cultivait ses roses avec amour, il donne plus de soins aux boutures qu'il emporta dans ses bagages ou aux massifs de roses rares qu'il ressuscite qu'à la mère et la fille venues le rejoindre sans qu'il n'ait rien demandé, ni promis ; bon gré, mal gré, le sentiment de paternité se fait peu à peu une place dans sa vie.

mercredi 24 août 2011

Monster 6 à 15

Düsseldorf, 1986. Le docteur Kenzo Tenma, un cadet de famille d'origine japonaise, est neurochirurgien urgentiste au Eisler Memorial Hospital et fiancé à la fille du directeur. Une carrière prometteuse semble s'ouvrir à lui. Un soir pourtant, il refuse d'abandonner l'opération d'un jeune garçon blessé d'une balle dans la tête au profit du maire de la ville qui vient aussi d'être admis aux urgences. Johann Liebert et sa soeur jumelle Anne viennent d'arriver d'Allemagne de l'est avec leurs parents, qui ont été assassinés à leur domicile. Anne est commotionnée, Johann survit à l'opération : les deux enfants disparaissent subitement de l'hôpital. Peu après le directeur et deux membres de l'équipe médicale qui s'en sont pris au docteur Tenma meurent empoisonnés par des bonbons.
Neuf ans s'écoulent, l'inspecteur Runge du BKA (bureau d'investigation fédéral allemand) enquête toujours... Sa route croise de nouveau celle du docteur.
A part le sens de lecture, c'est à peine si j'ai l'impresion d'avoir lu un manga. Les personnages ne sont pas typés à la façon des animes japonais, pas même le docteur Tenma pour lequel ce serait justifié.
Le scénario mêle une intrigue policière à suspense, la vie quotidienne d'un service d'urgence et les questions que se pose le chirurgien sur ses valeurs, sa profession, le devoir, l'ambition, la recherche, le sens et le prix d'une vie.
Tome 2, Surprise party : le docteur Tenma conçoit des doutes sur le bienfondé de l'opération qui a sauvé Johann. Il se lance sur ses traces et ne tarde pas à croiser celles de Nina, qui elle aussi poursuit son frère pour terminer ce qu'elle a commencé à neuf ans : éliminer son double malfaisant.
Tome 3, 511 Kinderheim (orphelinat) : le docteur Tenma reconstitue l'enfance des jumeaux Liebert. Johann ne ferait qu'un avec un dangereux psychopathe qui sème la mort sur son passage (tous les couples qui ont accueilli Johann et la famille d'adoption d'Anne se font assassiner). L'inspecteur Runge s'interroge, les indices semblent désigner le docteur Tenma qui est en cavale comme coupable.
Tome 4, L'amie d'Ayse : à Francfort, Johann est recherché également par un groupe néo-nazi qui voit en lui un symbolique nouvel Hitler ; ils s'emparent de Nina pour l'attirer, mais il est plus rapide qu'eux.
Tome 5 : Tenma fait appel à un ancien camarade d'université, devenu un psychiatre réputé en matière de criminalité, pour comprendre si Johann est atteint d'un dédoublement de la personnalité, dont l'une des facettes essaie de faire cesser les activités de l'autre.

Monster est une des série les plus célèbres du prolifique mangaka Naoki Urasawa. Elle lui a valu le prix de l'éditeur Shogakukan en mars 2001 et continue de paraître dans le magazine Big Comic Original, tout comme 20 Century's Boys que j'ai fait découvrir à Volcan dans le cadre du circle challenge ABC.

Les vignettes en noir et blanc sont très finement dessinées, aussi bien dans les expressions que dans les scènes intérieures ou extérieures. L'histoire constitue un très bon thriller, soigné et efficace, qui gagne en intérêt au fur et à mesure des épisodes. Il est probable que certains des personnages secondaires pourraient grandir et venir sur le devant de la scène dans les tomes suivants (en attente dans ma PàL).

Impressions non classées

Tenma est maintenant allié à Dieter, un petit garçon qui s'est attaché à ses pas.

La forêt des secrets
Karl étudiant à l'université de Munich fait la lecture chaque semaine à M. Shuwald un milliardaire aveugle. En dépit de sa cécité croissante et de trois faillites desquelles il s'est relevé, l'homme est resté le plus influent de Bavière. Lotte l'aide à retrouver la trace de sa mère
un autre garçon qui lit aussi se fait passer pour le fils caché de Schuwald
un troisième se prénomme Johann : il réussit à gagner totalement la confiance de Schuwald
Eva l'ex fiancée de Tenma, trois fois divorcée, sombrée dans l'alcoolisme, continue de poursuivre le chirurgien enfuite  de sa haine ou de ses assiduités ? Elle fait la connaissance de Robert qui veut lui venir en aide ou se servir d'elle ?
L'inspecteur Runge, blessé au couteau, est secouru par Tenma, mais il refuse de revoir ses théories et reste convaincu qu'il poursuit l'homme à abattre.
Richard
Richard Brown tente de remonter la pente. Ancien policier tombé dans l'alcool à la suite d'une bavure où il a tué un mineur, violeur récidiviste, il a perdu son travail et sa famille. Devenu détective privé, il enquête pour le compte de M. Shuwald à propos de son prétendu fils. Il s'intéresse à des enquêtes inabouties et finit par se persuader qu'elles ont toutes un lien : Tenma, le présumé coupable ou bien Johan qui aurait tiré les ficelles dans l'ombre. Brown est persuadé de l'innocence de Tenma, il se confie au psychiatre chargé de le suivre. Ce dernier contacte Guillien un de ses anciens élèves, camarade de promotion de Tenma et spécialisé dans le suivi des criminels. Sur la base des indices recueillis par l'ancien policier, les deux médecins aboutissent à un diagnostic qui exclut la culpabilité de Tenma. De leur côté, les trois hommes tentent de percer le mystère et de lui venir en aide. Brown est victime d'un faux suicide ; le jeune tueur qu'il avait tué était aussi pensionnaire du 511 Kinderheim, comme Johann
Mon héros sans nom
Karl et Johann font maintenant partie de l'entourage proche de Schumwald. De solitaire, le vieil homme aveugle se met à remprendre goût à la vie et semontre de nouveau en public. Tenma s'est procuré une carabine de précision pour atteindre Johann lors de la cérémonie organisée par l'université pour accueillir la donation de la bibliothèque Schuwald. Runge est sur ses traces.
Johann sait que Tenma va tenter de le tuer mais ne change rien à ses habitudes. Son plan machiavélique a toujours plusieurs longueurs d'avance... Un jour, dans la bibliothèque, il feuillete un livre illustré écrit en tchèque et perd conscience dans un cri ; Lotte et Runge essaient de déchiffrer le texte pour comprendre. Pendant ce temps, Johann manipule de jeunes garçons pour les amener à un jeu dangereux en haut du toit d'un bâtiment de l'université, les chutes mortelles se multiplient.
un monstre sans nom
tenma décidé à assassiner Johann se cache dans la bibliothèque de l'université
le livre tchèque raconte l'histoire d'un monstre sans nom qui dévore tous ceux qui lui prêtent le leur et recherche sa moitié Anna
pique nique
l'histoire se déplace en république tchèque
sur les indications de Schuwald Tenma se rend à Prague où vit encore la mère des  jumeaux
dans le train, il est protégé de la police aux frontières par Grimmer un journaliste free lance également sur la piste du 511 Kinderheim dont il recherche le directeur
L'inspecteur Suk qui travaille avec le commissaire Zeman repère une belle blonde dans un bar : mis en confiance il lui raconte sa vie... et la tient au courant des avancées de l'enquête
Nina est arrivée à Prague avec Dieter : elle reconnaît un vieil immeuble avec une enceinte qui représente trois grenouilles
J'ai été bluffée par ce chapitre qui donne l'impression de reboucler sur le premier en parallèle de l'histoire de tenma avec Suk pour cible
L'angle mort
grimmer et suk ont mis la main sur un enregistrement où johann parle de son enfance
poursuivis par l'ennemi, l'ex police secrète tchécoslovaque qui entend vendre à l'allemagne les résultats de l'expérimentation sur les enfants pour en faire des surdoués insensibles
une intrigue politico-policière aux multiples rebondissements servie par un trait fascinant, le détail de la barbe naissante de Tenma qui a passé la nuit dans la bibliothèque
ou la salle de lecture, les scènes de rues précision photographique
la villa des roses
l'en^quête sur l'assassinat du directeur de l'orphelinat illégal de Prague, le docteur Pedroff, s'orizent vers Grimmer mais les enfants dé"noncent une belle jeune fille aux longs cheveux blonds et s'organisent pour la rechercher
Milosh se fait prendre et entraîner vers le quartier des prostituées à la frontière tchécoslovaque
l'inspecteur Runge prend ses premières vacances de la police pour se rendre à Prague sur les traces de l'auteur du monstre sans nom
il rencontre Ranke le chef de l'ex police secrète
il est persuadé de la double personnalité de Tenma/Johann
il découvre une pièce condamnée dans la villa des roses, repère de l'ex police secrète tchécoslovaque
tout tourne autour du mystère de cette demeure abandonnée depuis des années et dont le aprc est envahie de rosiers
evasion
autour de la perosnnalité ambigue d'Eva peut perdre ou sauver Tenma, mais versatile entre amour et haine et boisson
arrêté à Prague, Tenma est extradé à Düssedorf
Schuwald mais aussi ses anciens patients lui fournissent le meiller avocat des innocents injustement accusés Maître Verdeman mais son associé n'est autre que Robert qui a failli tué Tenma dans la bibliothèque et qui en veut toujours à Eva
il en veut au carnet du père de Verdeman un ancien espion qui était en contact avec la police secrète et le propriétaire de la villa des roses mais verdeman le remt à Tenma
tenma s'évade pour la protéger
mais elle a été enlevée par Bébé et surveillée par Martin pour aider à désigner Johann elle participe à des soirées
cette nuit là
informé par Verdeman Tenma est de nouveau en RTCH la villa des roses
Nina qui fouille sa mémoire à la recherche de souvenirs et Dieter sont proches de la solution
elle a une vision de massacre dans la salle de banquet murée
Johann aussi est là pour affacer les traces il met le feu
runge se rapproche de Franz Bonaparta qui aurait été une personnage important de l'ex police secrète
plus espionnage cette seconde partie
en quoi et pourquoi consistainent les expériences sur les enfants : les après midi de lectures histoires de monstres
le général Wolf donne un inidce décisif à Tenma sur la structure pyramidale de l'ex police secrète
mais pas connaissance de leur identité
la porte de la mémoire
Eva a été emmenée à francfort pour identifier Johann par une organisation d'extrême droite qui souhaite lui confier un disciple
la rencontre de Faust et Méphisto
avant de rendre le dernier souffle martin confie à tenma une information sur les liens entre Johan et les intentions de son organisation
Eva sait où trouver Johan et elle ne prend pas le train comme le croit Kenzo qui lui doit s'occuper du disciple
toutes les pièces étant détruites, seule reste Nina sonde sa mémoire pour retrouver les clefs de la naissance du monstre

lundi 22 août 2011

Où le regard ne porte pas

COUP DE COEUR
un diptyque signé Georges Abolin et Olivier Pont

1906, village de Barellito, Sud de l'Italie.
Paolo et Nino sont unis à Lisa par un lien étrange : outre un rituel secret autour d'un curieux objet pêché par son père, ils partagent la même date de naissance.  Ils ont dix ans. William est le quatrième à les rejoindre. Originaire de Londres, sa famille vient s'installer dans la maison à l'écart du village qu'il a héritée d'un vieil oncle. Les habitants leur sont hostiles, mais son père est bien décidé à faire fortune dans la pêche moderne. William se lie bientôt avec Lisa, dont le père est également un étranger au village, à peine toléré. Il est retrouvé assassiné et Lisa disparaît peu après, leur laissant un sentiment de perte.

Le temps a passé : 20 années exactement. Les trois garçons se retrouvent à Istanbul sur la requête de Lisa. Ils ont fait leur vie mais sont tous restés un peu amoureux d'elle. Elle vient de faire une fausse couche et veut partir à la recherche de son compagnon, un artiste peintre de dix ans leur cadet, qui a disparu après la lecture d'un livre étrange. Elle réussit à les convaincre de l'accompagner et sur la foi de ses intuitions, les entraîne au coeur de la forêt costaricienne. Un vieil homme et des réponses à leurs questions existentielles les attendent aux abords d'une ancienne mine d'or abandonnée.



Où le regard ne porte pas est un album hermétique mais envoûtant que je lis pour la seconde fois, avec des sentiments renouvelés d'admiration et de réserve, mélancolie, fatalité, espoir mêlés. Les auteurs investissent un univers mental original, qui n'est facile ni à pénétrer, ni à quitter. Le graphisme sert admirablement à l'édification de l'ambiance authentique et troublante de ce récit initiatique où quatre adultes, très unis quand ils étaient gamins, sont confrontés à des coïncidences difficiles à expliquer.

Les deux tomes sont en total contraste et pourtant en harmonie profonde.
Eclatant, lumineux, joyeux, léger, confiant, éthéré, porté par un dessin et une mise en couleurs superbes, le premier album est prométhéen. Bien que la fatalité qui s'apesantit bientôt sur leurs jeunes épaules soit lourde à porter, les protagonistes sont à l'aube de leur vie, à l'âge des promesses et des connivences d'enfants. Leur innocence, sur le point d'être rompue par les évènements, les préserve encore des mauvaises querelles des adultes. Avec délice le lecteur plonge dans la légèreté méditerranéenne des embruns, dans la chaude ambiance de village italien baigné de soleil, où retentissent les cris joyeux et les rires du quatuor.
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Le second appartient à un univers plus sombre, fermé, inquiétant, grave, pesant, ambigu, souterrain. L'histoire, dont le côté surréaliste est beaucoup plus accentué, s'enfonce dans la touffeur de la jungle.
Lisa continue à mener le jeu mais les garçons, pourtant heureux de retrouver leur complicité intacte, se montrent réticents et ne sont plus prêts à la suivre en aveugles, sans explication. Les règles de leurs rituels de camaraderie font l'objet de remises en question et ne sont plus acceptés comme allant de soi. 
Ce double album pose des questions fondamentales que la dernière page a le mérite de laisser ouvertes...

dimanche 21 août 2011

Les voiliers du soleil

La saga d'Argyre se compose de trois ouvrages, Chirurgien d'une planète, Les voiliers du soleil, et Le long voyage, parus au Fleuve Noir, dans la collection Anticipation, sous le pseudonyme Gilles d'Argyre.

Pour sa réédition dans la collection J'ai lu, illustrée par Caza, le tome 1 a été remanié sous le titre Le rêve des forêts. Archim Noroit a réussi à terraformer la planète Mars et à la doter d'une atmosphère. L'Administration (du projet) devenue toute puissante est en conflit latent avec les prérogatives de l'Assemblée générale de la Terre.
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Le tome 2 se compose de quatre parties : Les voiliers du soleil ; Ganymède ; Les astéroïdes ; La cinquième planète.
Les années ont passé. Ina, la fille d'Archim Noroit et de Gena d'Argyre, astronome et astrophysicienne, poursuit son rêve d'enfant : rencontrer le mystérieux Jor Arlan, dont elle admire les travaux et l'expertise scientifiques dans des domaines aussi divers que la psychologie ou l'espace. Depuis des années, il vit reclus sur Ganymède, une des lunes de Jupiter dont l'accès est strictement défendu aux visiteurs. Faisant route vers Uraniborg, la ville spatiale construite à proximité de Jupiter, Ina prend conscience du danger extrême que la ceinture d'astéroïdes représente pour les voiliers solaires. Digne fille du " chirurgien planétaire ", elle conçoit un projet d'envergure destiné à réduire les risques du voyage. Elle n'est pas la seule à s'intéresser au génie d'Arlan et se fait enlever par un mutant étrange, aveugle mais hyper-tactile, qui l'interroge sous hypnose puis la drogue pour effacer la totalité de sa mémoire. La réaction de l'héroine est très belle. La suite du scénario, sur lequel planent de lourds secrets, présente une histoire de l'humanité qui repose sur une hypothèse, intelligible et subtile.
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La saga d'Argyre fait désormais figure de classique de la SF dans la catégorie space opera. Gérard Klein se montre un conteur plein d'intérêt, mêlant imaginaire et talent d'écriture. Décrivant des nefs à la structure ultra légère, sans moteur, donc à l'abri des pannes et disposant d'une énergie inépuisable, il est un des précurseur du concept de voile solaire comme moyen de propulsion dans l'espace.

L'info en plus
Le principe des voiles solaires est applicable en théorie :
A la fin de sa vie, Johannes Kepler, mathématicien et astronome mort en 1630, découvre que la queue d’une comète indique la direction opposée au soleil, comme un drapeau flottant au vent et non pas le sens de sa trajectoire, comme le sillage d'un bateau dans l'eau. Il en déduit qu’il existe logiquement une sorte de vent solaire dont il suppose qu’il sera possible de l’utiliser un jour pour naviguer dans l’onde céleste.

samedi 20 août 2011

Smoking / No smoking

Si l 'uchronie en littérature se plaît à modifier le cours de l'Histoire à partir d'une date de divergence et à imaginer des Terres parallèles, en un temps qui n'existe pas, le monsieur Jourdain de la SF se crée des uchronies personnelles sans même s'en rendre compte à chaque fois qu'il dit ou pense : " et si... j'avais fait/dit ceci plutôt que cela... "
Le film d'Alain Resnais, sur un texte du dramaturge anglais Alan Ayckbourn Intimate Exchanges, exploite ce filon de manière presque exhaustive. Un double film/deux films complémentaires découpés selon un schéma identique à partir de l'élément déclencheur : 5 secondes, 5 jours, 5 semaines 5 années plus tard, montrent la vie (les vies possibles avec leurs bonnes ou mauvaises fortunes) de trois couples - Teasdale, Coombes et Hepplewick - dont les histoires se croisent au sein d'une école d'Angleterre._
Les séquences divergentes suivent une douzaine de variantes possibles de leur destinée (entrecoupées de " ou bien ") aux issues plus ou moins favorables. En dépit d'une structure complexe, le fil logique est très clair.
Une leçon de vie filmée avec beaucoup de philosophie, de dérision et de recul et jouée avec brio : tous les personnages sont incarnés par le couple Sabine Azema-Pierre Arditi, ce qui constitue une véritable et extraordinaire performance d'acteurs.

Peur bleue

Stephen King a écrit le scénario de Peur bleue en deux phases, d'abord sur une idée de Christopher Zavisa, le texte d'un projet de calendrier illustré par des peintures de Berni Wrightson (album édité chez Albin Michel), ayant abouti à l'écriture d'une " nouvelle en douze volets ", puis sur commande du réalisateur Dino di Laurenttis, le script du film.

La nuit du loup-garou
Aux environs de Tarker's Mills, une paisible bourgade comme il en existe beaucoup en Nouvelle-Angleterre, rôde une bête qui laisse derrière elle des cadavres atrocement mutilés. Le massacre se reproduit chaque nuit de pleine lune... et l'angoisse croît parmi la population, car la bête, ayant d'abord attaqué des personnes isolées, se rapproche dangereusement des habitations. Certains commencent à parler d'un loup-garou, mais aucun vivant ne l'a réellement vu, jusqu'à cette nuit de juillet où le petit Marty Coslaw, un gamin en fauteuil roulant, réussit à lui échapper en lui tirant au visage une de ses fusées de feu d'artifice : il est sûr que son agresseur a été éborgné et qu'il pourra l'identifier fiablement...
Une année, douze nuits d'angoisse, à raison d'une par mois du calendrier, pour les habitants de Tarker's Mills, qui s'inquiètent de la prochaine victime et s'organisent finalement en battue : Stephen King signe un suspense à huis clos, à la manière des " Dix petits nègres " où traqueurs et traqués se côtoient mais s'ignorent au sein d'une communauté fermée, avec pour seule assurance que l'assassin est parmi eux.

Peur bleue
Le script complet publié à la suite de la nouvelle montre bien l'envergure du travail de réécriture pour le passage du roman au film. Le rôle du narrateur est tenu par Jane, la soeur de Marty, qui commente les évènements bien des années après. Pourtant, le spectateur garde l'impression constante d'être pleinement immergé dans l'action, plus même que dans le roman qui introduit une certaine distanciation. Des artifices cinématographiques rendent  d'ailleurs l'ambiance beaucoup plus inquiétante : les drames se succèdent plus rapidement, l'action est concentrée sur quelques jours et non répartie sur une année calendaire. La description des scènes, accompagnée des indications concernant la bande son, contribue à faire monter l'angoisse du spectateur mis au rang des protagonistes.
C'est assurément une expérience de double lecture enrichissante. Resterait à voir le film mais je suis peu tentée !!!

50 états, 50 billets 7/50
MAINE

vendredi 19 août 2011

La licorne

Le petit roi et la petite reine d'un petit royaume adoptent une magnifique licorne blanche comme neige et rapide comme le vent. Malgré les soins attentifs dont ils l'entourent, elle dépérit loin de la grande forêt où elle aime vivre. Par amour, ils renoncent à la retenir captive et rendent l'animal fabuleux à sa liberté.
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Les illustrations de Martine Bourre (gouache sèche sur papier de couleur), toutes en teintes douces et en rondeurs, sont une invitation à la lecture rêveuse, au cocooning.

jeudi 18 août 2011

Tag des dessinateurs

Monsieur Jean Tabary n'est plus.

Sa carrière de dessinateur débute en 1956 au magazine Vaillant, avec la série Richard et Charlie, puis il crée Totoche, viennent ensuite Corinne et Jeannot.
Dès 1962, il partage avec René Goscinny la paternité d'Iznogoud, dont il continue la série à la mort de ce dernier en 1977.
Pour leur plus grand plaisir, petits et grands suivent d'album en album les manigances illusoires du grand vizir qui " voulait être calife à la place du calife " le placide et bonasse Rachid el Poussah.

mercredi 17 août 2011

Un mot, des titres : SOLEIL

La petite fleur et le soleil
Pour illustrer le mot soleil du challenge de Calypso, j'ai choisi un conte pour enfant de Joëlle Ecormier, auteur réunionnaise pré-sélectionnée l'an dernier pour le prix du roman métis de la ville de Saint Denis avec Le petit désordre de la mer (commenté sous peu sur ce blogue). Ecrivant aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse et traduisant également des contes originaires de l'Océan indien, elle possède un univers bien à elle, très visuel, tendre et poétique.

Un matin à l'heure habituelle, le soleil n'est pas levé. Au départ, chacun envisage et excuse une petite crise passagère, une soudaine envie de farniente. Mais bientôt, il faut se rendre à l'évidence,  la bouderie du soleil rique de s'éterniser : il persiste dans son refus de se lever...
Toutes les choses qui vivent de sa chaleur et de sa lumière commencent à dépérir et seuls les animaux souterrains trouvent un sujet de contentement.
La Lune son amie, puis les puissants de la Terre : les douze plus grands rois, ses fidèles adorateurs les lézards et même les pierres les plus précieuses désormais privées d'éclat se rendent au chevet de l'astre lumineux pour l'implorer de reparaître ; rien n'y fait, car chacun ne fait que plaider sa cause sans humilité, mais personne ne sait trouver les mots justes pour l'émouvoir.

La question enfantine de Marie (4 ans) " et si le soleil ne se levait pas ? " est à l'origine de l'écriture de ce conte. Sa maman Joëlle Ecormier lui permit d'y contribuer de nouveau à 10 ans en l'illustrant par ses dessins. Ci-contre : le vent qui, attendri par la détresse de la petite fleur, l'emporte jusqu'au soleil.

mardi 16 août 2011

Histoires de pirates

Barracuda, tome 1 : Esclaves par Jean Dufaux et Jérémy

Malencontreusement pour les nobles passagères à son bord, le navire du capitaine de La Loya croise la route des redoutables pirates du Barracuda. Menés par le vieux Blakdog et son fils Raffy dont la devise est " Pas de pitié ! Pour personne.. jamais ! ", ils écument les Caraïbes et à l'occasion, vendent leurs prises fructueuses sur le marché aux esclaves de Puerto Blanco.
Doña Emilia Sanchez, sa fille Maria et le jeune Emilio (déguisé hâtivement en fille pour lui éviter une mort immédiate) essaient de monnayer leur liberté contre le trésor caché de la famille del Scuebo, dont le joyau est un fabuleux diamant : le maléfique Kashar, réputé pour n'avoir fait qu'apporter la mort et la désolation à ses possesseurs.
Des moines-chevaliers rachètent la comtesse, qui meurt de désolation peu après, mais doivent abandonner sa fille à la rapacité de Flynn, le marchand d'esclaves, tandis qu'un troisième acheteur se porte acquéreur d'Emilio/Emilia et l'installe dans une belle propriété.

Sur fond classique de piraterie, les destins croisés de Raffy, Maria et Emilio se nouent de manière originale dans cet album initial. J'ai hâte de voir comment va évoluer le caractère des adolescents dans la course passionnée au trésor. Jean Dufaux offre un premier feuilleton prometteur pour sa nouvelle saga sanglante et sans merci " Pas de pitié ! Pour personne.. jamais ! " Le trait de Jérémy, le coloriste de Murena qui signe son premier album intégral, excelle autant dans le rendu des physionomies que dans les fresques d'ensemble.

lundi 15 août 2011

La Barbe bleue - Charles Perrault - Dominique Ehrhard

La collection Le conte de mon enfance, riche d'une dizaine de titres (Peau d'âne, Poucette, Boucle d'or, Le chat botté, La Belle et la Bête...) offre à chaque illustrateur la possibilité de choisir son histoire préférée.
Le texte mis en images par Dominique Ehrhard est celui de Charles Perrault :
Et à chaque fois la voix douce de ma mère renouvelait le charme : délicieuse angoisse de connaître à l'avance le terrible secret caché derrière la porte et, malgré cela ou à cause de cela, retarder le moment hésitant où elle franchissait le seuil de la pièce interdite.
Une lecture dans le cadre de ma participation au challenge Réglons nos contes

Après une très belle scène de convivialité sur double page, l'épouse curieuse descend un escalier impressionnant dont l'image est cadrée en plongée vertigineuse, pour se rendre dans le cabinet interdit.
Les scènes sont organisées en blocs de couleurs, assez peu détaillés. Les huiles de Dominique Ehrhard me semblent fortement marqués par l'influence de la peinture impressionniste et en particulier l'école de Pont-Aven.

dimanche 14 août 2011

lundi 8 août 2011

Fin du swap animaux

Pas moins de huit de mes bêbêtes préférées dans le colis que m'a concocté Kkrolyn !!!

Mais tout d'abord, un petit rappel concernant l'organisation, sur une idée de Luca reprise par Jed's Burdy. Ca tombait vraiment bien parce que j'avais manqué la date des inscriptions pour la première édition de ce swap en chaîne autour de nos animaux préférés.
Le contenu du colis prévoyait :
- 2 romans (poche) qui contiennent le nom de l'animal dans le titre, ou l’animal apparaît dans l’histoire ou l’histoire a un quelconque lien avec cet animal ;
- 2 marque-pages (pour chaque livre) toujours en lien avec cet animal ;
- 1 belle photo (ou dessin) de l’animal, prise/fait sur Internet, ou par vous-même ;
- 1 surprise – (peluche, objet, figurine, fait-main …) en lien avec l'animal ;
- 1 gourmandise (non, non, là, plus de lien avec l’animal – juste pour déguster pendant la lecture).
Du 1er au 20 Juin => Inscription ; 21 Juin => Réception du questionnaire de votre swappé(e) ; du 1er au 13 Août => Envoi des colis
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Kkrolyn a eu du fil à retordre avec le sujet : il faut dire que l'animal n'est pas commode... mais voyez plutôt le mal qu'elle s'est donné et le résultat stupéfiant : on a fait des ohhhh et des ahhhh à n'en plus finir en déballant. J'
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- Peter S. Beagle, Le rhinocéros qui citait Nietsche
- Liliane Mungiebe Lumongo, Le rhinocéros qui ne voulait pas mourir (une auteure africaine ? que je ne connais pas du tout)
- des marques pages magnifiques, faits main (je ferais bien d'en prendre de la graine)
 I  RHINOS, un rhinocéros stellaire et mon chouchou : on dirait une peinture rupestre
- de belles images, en grand format deux rhinocéros dans la savane et dans un beau cadre au motif safari : un tendre nez-à-nez
- une figurine qui ne faisait pas encore partie de ma collection (mais déjà repérée...)
- une jolie carte Volutes par Misstigri et un petit mot très sympa de ma swappée
- des gourmandises :
du thé Rooibos d'Afrique du Sud (hum, il ne m'en restait plus), des dragibus (déjà partagés) et des Toblerone (gardés pour moi... je n'en ai pas mangé depuis tellement longtemps que je me souviens à peine combien c'est bon !!!)

MERCI  beaucoup Kkrolyn, j'espère que tu seras aussi gâtée que moi.
PS : même tes emballages étaient chouettes (si si je t'assure, ce papier gaufré, au toucher c'est super).
Merci aussi à Jed's Burdy. Et je me suis également bien amusée à préparer le mien !
A chaque tentation, je me dis que je vais résister, arrêter les swaps, mais comment voudriez vous renoncer à d'aussi agréables surprises ?

Le colis de PetiteBelge : Le facteur sonne toujours deux fois

Il était une fois .... Monsieur le Facteur qui souffrit terriblement de la chaleur dans sa petite camionnette et décida donc de se rafraîchir chez Petitebelge66.  Pour ce faire, il avait besoin d'une excuse!  Que faire?  Aaaaaah, oui, il se rappela : un colis non  livré traînait encore dans le coin depuis hier!  Vite!  Il prit le colis en provenance de l'Ile de la Réunion et sonna à la porte de Petitebelge66.  Celle-ci tellement contente de recevoir un colis, l'embrassa, signa le papier et ferma aussitôt la porte pour découvrir le colis! Désolée, Monsieur Le Facteur, la limonade, ce sera pour la prochaine fois!

Merci XL!  J'ai reçu un magnifique colis! Et quelle chance, comme les livres n'étaient pas arrivés, je vais avoir droit à un deuxième tour de passage de Monsieur le Facteur...

dimanche 7 août 2011

La route

coup double : coup de poing et gros coup de coeur
La lecture de ce roman culte de Cormac McCarthy que j'avais repéré il y a longtemps dans le cadre du défi Crazy SF est de celles qui ne peuvent laisser indifférents. J'ai aimé l'écriture à égalité avec La horde du contrevent d'Alain Damasio, que je classe pourtant comme mon roman SF préféré de l'année. L'auteur privilégie une construction sans aucun chapitre mais une succession de courts paragraphes où alternent les parties narratives et des sortes de dialogues entre les protagonistes, à peine des échanges de mots, plutôt des flux croisés de pensées et d'informations vitales.
J'ai été prise par le style, en dépit de l'histoire qui décrit un monde post-apocalyptique où le soleil ne réussit plus à percer, dont le sol et l'air sont saturés de cendres, que toute vie animale a déserté : un roman plus déprimant ça ne doit pas exister, du concentré de sanglot, contenu au fil des pages, de la noirceur à l'état brut, sans espoir, ni rédemption, seule cette étrange lueur qui irradie de l'enfant parfois. Les personnages sont à peine humanisés " l'homme " et " le petit ", un étrange couple père-fils qui chemine depuis des semaines, des années peut-être : le temps n'est plus qu'une notion abstraite, derrière un caddie bourré d'objets divers, sur une route de tous les dangers. Balayés par un vent glacial, criblés de pluie, transis de froid, affamés et fiévreux, ils marchent avec obstination en direction du Sud, tout en se défiant de toutes les rencontres car les quelques dizaines de survivants sont devenus des loups pour l'homme.






50 états, 50 billets 6/50
Providence, RHODES ISLAND

samedi 6 août 2011

Le nuage bleu

Je poursuis ma redécouverte de l'univers de Tomi Ungerer : des albums jeunesse mais qui conviennent à tous les niveaux de lecture, pour les enfants de 7 à 77 ans...

Le nuage bleu
Il était une fois, un nuage bleu. Tellement heureux et tellement bleu, qu'il ne faisait jamais pleuvoir et tellement malicieux qu'il bleuissait tout sur son passage.
Tout rond, tout bon, un peu joueur, un peu rebelle, voici  l'histoire d'un nuage pas comme les autres qui ne veut que le bien des habitants de la Terre et ferait tout pour les sauver.
Ce jour arrive lorsqu'il est confronté à la guerre : les blancs, les noirs, les jaunes, les rouges se battent dans tous les coins et s'entretuent. Alors, pour mettre tout le monde d'accord, le nuage bleu libère toute l'eau qu'il contient, jusqu'à ce que tous les combattants devenus bleus fassent la paix !
C'est une histoire doudou pour les tout petits, mais qui chez les plus grands peut amener à s'interroger sur les réponses possibles face aux différences, les déchirures et la guerre ou l'entraide et la tolérance.

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Les trois brigands
Pour la découverte en famille du conte de Tomi Ungerer, Les trois brigands, j'ai choisi la version audio, qui présente entr'autres avantages celui d'entendre la voix de l'auteur-narrateur.
Comme chacun des choix jeunesse que me propose Petite Fleur, j'ai adoré ce conte moderne semé de références traditionnelles.
L'histoire, parue en Allemagne en 1961 et traduite en français en 1968 (L'école des loisirs), a fait l'objet d'une première adaptation en court métrage en 1991 (Gallimard Jeunesse), avant la version longue sortie en 2007.
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Rappiat, Grigou et Filou sont des détrousseurs de grand chemin. Patibulaires et vêtus de grandes capes noires, ils effraient les voyageurs les plus téméraires... sauf une petite fille, dont ils ont arrêté la diligence pour en rançonner les passagers.
Les trois méchants sont avides d'or et ne jurant que butins et richesses, ils accumulent leur trésor dans une caverne retirée au coeur de la forêt sombre... jusqu'à l'arrivée de Tiffany. Promise à un triste avenir dans un orphelinat, elle réussit à attendrir le trio, en leur faisant la lecture, puis à se faire adopter. Mais elle a un projet de plus grande envergure en tête !
Lu le 28 mars 2011 dans le cadre du circle challenge ABC

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Otto, autobiographie d'un ours en peluche
Otto, un ours en peluche est le cadeau d'anniversaire de David, inséparable d'Oskar. Mais la guerre éclate et David est juif ; juste avant d'être déporté, il offre Otto à son ami. Après bien des péripéties et une médaille militaire pour avoir sauvé la vie d'un GI, Otto se retrouve dans la vitrine d'un antiquaire où David le reconnaît. Un article de presse dont Otto est la vedette permet à Oskar de retrouver son ami d'enfance. Et ils vécurent tous trois heureux comme ils n'auraient jamais dû cesser de l'être.
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Quand je l'ai inscrit à la lettre U de mon challenge ABC, suite aux commentaires avisés d'un blog que je traversais, j'avais oublié que Tomi Ungerer était auteur-illustrateur pour enfants et strasbourgeois. Je l'ai redécouvert avec bonheur et j'ai lu par la même occasion " Pas de bisous pour maman " ou l'histoire d'un garnement qui s'aperçoit heureusement à temps que les baisers d'une mère ne se repoussent pas.
Lu le 25 mars 2009 dans le cadre du challenge ABC

mercredi 3 août 2011

Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler

COUP DE COEUR
Chili
Initialement, j'ai apprécié cette brève histoire, écrite par Luis Sepulveda durant son exil à Hambourg, à travers  le dessin animé La Gabbianella e il gatto (1999) du réalisateur italien Enzo d'Alo.
Un chat décrit comme " grand, noir et gros " promet à une mouette argentée venue (pondre et) mourir sur son balcon, de s'occuper de son oeuf. Dévoué et fidèle à sa parole, il réussit à mener à bien cette mission singulière.
Bien des années après, je découvre que les qualités inéniables du film d'animation tiennent en grande partie à l'écriture soignée et au découpage précis du texte d'origine. Plein de sens, de poésie et d'humour, ce conte a reçu le prix Sorcière du salon du livre de Montreuil en 1997 ; il patientait depuis trop longtemps dans ma PàL !
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Kengah, une jeune mouette argentée, vole et virevolte tout en se régalant de harengs en compagnie du clan du Phare rouge. Elle n'entend pas les cris d'alerte et ne réagit que trop tard au danger immédiat. Surprise, engluée par une vague de mazout, elle parvient néanmoins à décoller et à trouver refuge, à bout de forces, sur un balcon où elle pond un ultime oeuf. Moribonde, elle le confie à Zorbas, le chat de la maison, non sans avoir obtenu au préalable, son engagement solennel de le couver, de protéger l'oisillon et de lui apprendre à voler le moment venu.

La communauté des chats du port de Hambourg va se mobiliser autour de Zorbas pour l'aider à tenir ses promesses insolites. Colonello, le vieux chef, Secretario, le sous-fifre plein de bon sens, Jesaistout, l'intello qui ne jure que par l'encyclopédie, s'unissent pour soustraire la jeune mouette aux dangers, l'éduquer et lui donner les moyens de rejoindre ses semblables.
La gent féline défend les valeurs d'amitié, de solidarité et de respect de la parole donnée. Le roman met aussi en avant la nécessité d'être soi même : Afortunada apprend à renoncer à son modèle " maternel " pour devenir une mouette, ainsi que le droit à la différence : " nous avons appris à apprécier, à respecter et à aimer un être différent ", conclut Zorbas.

La mise à distance des humains est une donnée qui est reprise fréquemment dans les contes : les animaux/personnages de Sepulveda sont capables de se comprendre entre eux (oiseaux, singe, rats) et même de parler le langage des humains, mais un tabou immémorial, une loi du silence leur interdit de le montrer. L'engagement pris auprès de la mère de la jeune mouette va pourtant les obliger à rompre le secret et à solliciter l'aide d'un médiateur : de façon hautement symbolique, le personnage élu est un homme à part, un homme de l'art, un poète !

Destinées à un jeune public, les aventures rocambolesques de Zorbas et Afortunada proposent une transposition animalière de la société, avec ses bons et mauvais sujets, des territoires et des lois, une éthique et une culture, qui se rapprochent des comportements humains tout en conservant le point de vue des bêtes.
Drôle et tendre, mais également pathétique et cruel, ce récit merveilleux où les animaux ont la parole, mêle subtilement la fiction à la réflexion, la poésie à la dénonciation, et autorise une lecture plus approfondie, par exemple une sensibilisation du jeune lecteur au risque écologique.

lundi 1 août 2011

La guerre éternelle

Inconditionnelle du dessin de Marvano depuis Dallas Barr, je découvre que le texte de Joe Haldeman est aussi un roman, d'ailleurs complété en une trilogie par
- La liberté éternelle
- La paix éternelle.
Surprise de taille alors que je me préparais plutôt à une déconvenue,  le roman est aussi bon que la BD ! D'ailleurs,  The Forever War (1974) a obtenu les prix Hugo et Nebula, les deux plus hautes distinctions de la SF anglo-saxonne. Son adaptation par Marvano en trois albums (1988-89) dans la collection Aire libre constitue un de mes fleurons de la bande dessinée de guerre-fiction.

Présentation de l'éditeur
Jusque-là, personne n'a jamais vu les Taurans, ni su à quoi ils ressemblent, ni même connu leurs véritables intentions. Mais une fusée terrienne est détruite par les ennemis extraterrestres, c'est du moins ce qu'annonce la télévision. Aussitôt, politiciens et généraux décrétent qu'il faut en finir une fois pour toutes avec cette menace intolérable. Cela commence par la Grande Conscription de 2009 et la constitution d'un corps expéditionnaire d'élite. Marygay Potter et William Mandella se trouvent engagés dans une guerre qui va durer plus de mille ans...
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... en temps relatif. Démobilisés à la fin de la guerre, Marygay et William ont à peine une trentaine d'années terrestres, sauf quà cause des sauts temporels, deux siècles les séparent. Plusieurs centaines de vétérans dans la même situation s'associent pour racheter un croiseur temporel avec les intérêts de leurs soldes et y attendre le retour alléatoire de leurs conscrits. Etablis finalement sur Majeur, une planète proche des conditions terrestres, ils se sentent pourtant étrangers à jamais, aussi bien des nouveaux " Homme " que des anciens ennemis " Tauran ".

Et la suite : Libre à jamais !
Les vétérans de La guerre éternelle tentent d’échapper à l’ordre établi en se projetant dans le futur. Le voyage avorte suite à une avarie et ils retournent sur Majeur devenue inhabitée. Ils décident d'envoyer une mission de la dernière chance sur Terre en espérant y retrouver des traces de vie humaine...

Je trouve ces romans denses, extrêmement prenants, sensibles et profondément humains. Les personnages de Mandella et Potter sont beaucoup moins cyniques qu'ils pourraient l'être. Durant toute La guerre éternelle l'espoir persiste qu'ils vont survivre à ce combat absurde, mais la victoire et la démobilisation est bien pire pour eux que les années d'active. Je ne peux m'empêcher de plaindre ces " trop vieux " jeunes vétérans auxquels sont refusés les fruits de leurs sacrifices à commencer par le retour définitif dans un " chez eux " qui n'existe plus que dans les archives et leurs souvenirs.
La transposition dans un space opera de l'expérience de Joe Haldeman comme combattant au Viêtnam montre et dénonce l'absurdité de la guerre depuis le malentendu du déclenchement des hostilités, en passant par la persistance du conflit armé, en dépit des difficultés de terrain, de la dégradation en guerre d'usure (1000 ans) marquée par l'improbabilité d'un affrontement direct avec l'ennemi, jusqu'aux difficultés du retour à la vie civile des troupes démilitarisées qui ne savent plus trouver leur place dans un monde qui ne les a pas attendus et l'impossibilité de la réadaptation (symbolisée par la disparition des couples hétérosexuels dont les moeurs sont considérées avec dégoût dans le futur).

objectif PàL 2010-2011 : bilan

L'idée et le logo viennent de chez Antigone
mais les livres sont bien dans MA PàL
à l'exclusion de tout livre emprunté en bibliothèque
(là je n'ose même pas les afficher...)
Il ne manque que quelques lettres pour un challenge ABC ! 
  1. Muriel Barbery, Une gourmandise - ACHAT
  2. Jorge Luis Borges, Nouveaux contes de Bustos Domecq, PRÊT
  3. Patricia Cornwell, Tolérance zéro - CADEAU
  4. Harlan Coben, Juste un regard - PRÊT
  5. Per Olov Enquist, Le cinquième hiver du magnétiseur, Suède, SWAP Bleu orangé
  6. Philippe Jaenada, Néfertiti dans un champ de canne à sucre, JEU sur Quoi de 9Cécile
  7. Robert Pirsig, Le traité du zen et de l'entretien des motocyclettes - PRÊT
  8. Elif Shafak, La bâtarde d'Istanbul - CADEAU
  9. Danielle Thiéry, Affaire classée, CADEAU
  10. Virginia Woolf, Mrs Dalloway, SWAP challenge ABC 2009
  11. Festival « Etonnants voyageurs » Saint Malo 2005, recueil de nouvelles Vive l’imagination !
Le bilan n'est pas très réjouissant, la vieille PàL est en passe de s'enkyster et je continue d'accumuler de nouveaux livres...
PàL lue :
  1. Mitch Albom, Le vieil homme qui m'a appris la vie - LU janvier
  2. Kate Atkinson, La souris bleue, SWAP couleurs : bleu - LU, à échanger
  3. Maurice Barrès, Le voyage de Sparte, PARTENARIAT BoB
  4. Pierre Bordage, Ceux qui sauront, Jeu RSFB, LU mai
  5. C.J Box, Trois semaines pour dire adieu, Partenariat Babelio/Seuil, LU juillet
  6. Martial Caroff, Exoplanète, JEU La grande bibliothèque, LU juin
  7. Harlan Coben, Innocent - LU juillet
  8. Suzanne Collins, Hunger games 2, L'embrasement, SWAP anniversaire, LU juillet
  9. Thomas Cook, Les leçons du Mal, Partenariat Babelio, LU mai
  10. Douglas Coupland, Eleanor Rigby, LU avril
  11. Bernard Guillot, b.a.-ba la vie sans savoir lire - Livre voyageur CQ9, Lu mai
  12. Guillaume Guéraud, Sans la télé - Livre voyageur L'encreuse, LU février
  13. Alain Grousset (collectif), Dissidences001, LU juillet
  14. Mikaël Hirsch, Le réprouvé - Partenariat Babelio, LU février
  15. Ryû Murakami, Bleu presque transparent - LU mars
  16. Luis Sepulveda, Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler - LU juillet
  17. Michel Spielmann, Au-delà d'Abencorr, Partenariat BoB, LU mai
  18. Charles Stross, Palimpseste - Partenariat NewsBook
  19. Mélanie Vincelette, Polynie, Partenariat BoB, LU mars
Lectures en cours  panne !!
  1. Bruce Chatwin, Le chant des pistes, Partenariat BoB
  2. Pascal Fioretto, L'élégance du maigrichon, ACHAT
  3. Gaston Kelman, Je suis noir et je n'aime pas le manioc - PRÊT
  4. Marie N'Diaye, Trois femmes puissantes, PRÊT
  5. Erik Orsenna, Petit précis de mondialisation tomes 1 et 2 : Voyage aux pays du coton et L'avenir de l'eau - ACHAT
  6. Dominique Paravel, Nouvelles vénitiennes, Partenariat Babelio
  7. Andrea Vitali, La modiste, JEU Babelio
Nouvelle PàL
  1. Mohammed Aïssaoui, L'affaire de l'esclave Furcy - PRÊT
  2. Tonino Benacquista, Homo erectus, ACHAT
  3. Ian Caldwell, La règle de quatre - ECHANGE
  4. Philippe Djian, Doggy bag (6 tomes), ECHANGE
  5. Katharina Hagena, Le goût des pépins de pomme - PRÊT
  6. Donna Léon, Mort à La Fenice - Swap les livres font leurs valises
  7. Gilles Leroy, Alabama song, Goncourt 2007 - ECHANGE
  8. Frances Mayes, Bella Italia - PRÊT
  9. Haruki Murakami, Au Sud de la frontière, à l'Ouest du soleil et Sommeil - PRÊT
  10. Arto Paasilinna, Petits suicides entre amis - ECHANGE
  11. Raymond Queneau, Une histoire modèle - ACHAT
  12. Eric Emmanuel Schmitt, Quand j'étais une oeuvre d'art et Le sumo qui ne pouvait pas grossir
  13. Philippe Torreton, Petit lexique amoureux du théâtre, ACHAT