Le zeugmas est un animal à deux têtes, voire plus, qui se nourrit d'aliments contradictoires, mais parfois complémentaires, les digère en silence et les expulse d'un seul trait, dans un bruit de crécelle qui évoque le rire des bonobos. Il appartient, avec la syllepse à poil long, l'anacoluthe à deux patte et l'hendiadys à bec creux, à la famille des invertébrés sémantiques. Ce sont de petits animaux véloces et sournois, qui conviennent parfaitement à l'attelage, adorent se cacher dans les vieux livres et se reproduisent à une vitesse prodigieuse. Domestiqué par les Grecs depuis la plus haute Antiquité, adopté en particulier par la France des rhétoriciens et des beaux parleurs, le zeugma est devenu, au fil du temps, l'animal de compagnie préféré des écrivains, des chanteurs, des humoristes, des dialoguistes de cinéma et des journalistes. J'en oublie...
Journaliste et écrivain français, Jérôme Garcin dirige le service culturel du Nouvel Observateur, produit et anime l'émission Le Masque et la Plume sur France Inter et fait partie des membres du comité de lecture de la Comédie-Française. Source Wikipedia
A la manière d'un collectionneur de curiosités, l'auteur rassemble dans cet ouvrage une floraison de ces " bons mots " d'un genre particulier.
Ce hors série publié chez Folio fait partie des petits livres faciles à lire mais difficile à commenter tant ils sont autosuffisants. Bien sûr il ne me restait qu'une idée assez vague de la définition du zeugma, pourtant la présentation de l'éditeur m'a bien attirée vers ce partenariat (voir ci-dessus)
Au mitan de ma lecture, je suis un peu sur la réserve face à ce catalogue. Certes, il est amusant voire intéressant, mais reste cependant très anecdotique. Y avait-il là réellement matière à faire un livre - dans une très belle finition qui plus est - quand tant d'auteurs cherchent à être édités ?
Les rubriques diluent le propos à l'envi, tandis que tout est déjà dit dans le prologue et les 20 premières pages. Au départ d'une anecdote, l'auteur explique l'engouement soudain de l'émission pour ces figures de style au nom barbare. Une ronde d'exemples les plus divers, tirés des arts du texte et de la scène (romans, théâtre, chansons, sketchs, journaux, films, poésie, etc.) convainc le lecteur que si le terme est curieux et peu usité, la pratique est fréquente et tellement habituelle qu'il faut un oeil ou une oreille exercés pour la traquer dans ses manifestations les plus discrètes. D'ailleurs les auditeurs de l'émission Le Masque et la Plume ne se sont pas privés d'envoyer leurs trouvailles quotidiennes, qui figurent en bonne place au recueil. Ouvrage de vulgarisation sur un fait d'érudition, tendant à prouver que tels la prose de M. Jourdain, ils sont partout, " les Meilleurs Zeugmas " me laisse un goût de trop peu et sur ma faim. Merci en tout cas à Livraddict et à Gallimard pour ce partenariat.
Les zeugmas, selon la définition du dictionnaire (du grec dzeûgma qui signifie lien) sont des figures de style consistant à lier par la syntaxe plusieurs éléments polysémiques, avec un terme qu'ils ont en commun sans le répéter. L'exemple le plus connu est de Victor Hugo :
A la manière d'un collectionneur de curiosités, l'auteur rassemble dans cet ouvrage une floraison de ces " bons mots " d'un genre particulier.
Ce hors série publié chez Folio fait partie des petits livres faciles à lire mais difficile à commenter tant ils sont autosuffisants. Bien sûr il ne me restait qu'une idée assez vague de la définition du zeugma, pourtant la présentation de l'éditeur m'a bien attirée vers ce partenariat (voir ci-dessus)
Au mitan de ma lecture, je suis un peu sur la réserve face à ce catalogue. Certes, il est amusant voire intéressant, mais reste cependant très anecdotique. Y avait-il là réellement matière à faire un livre - dans une très belle finition qui plus est - quand tant d'auteurs cherchent à être édités ?
Les rubriques diluent le propos à l'envi, tandis que tout est déjà dit dans le prologue et les 20 premières pages. Au départ d'une anecdote, l'auteur explique l'engouement soudain de l'émission pour ces figures de style au nom barbare. Une ronde d'exemples les plus divers, tirés des arts du texte et de la scène (romans, théâtre, chansons, sketchs, journaux, films, poésie, etc.) convainc le lecteur que si le terme est curieux et peu usité, la pratique est fréquente et tellement habituelle qu'il faut un oeil ou une oreille exercés pour la traquer dans ses manifestations les plus discrètes. D'ailleurs les auditeurs de l'émission Le Masque et la Plume ne se sont pas privés d'envoyer leurs trouvailles quotidiennes, qui figurent en bonne place au recueil. Ouvrage de vulgarisation sur un fait d'érudition, tendant à prouver que tels la prose de M. Jourdain, ils sont partout, " les Meilleurs Zeugmas " me laisse un goût de trop peu et sur ma faim. Merci en tout cas à Livraddict et à Gallimard pour ce partenariat.
Info en + : comprendre ce dont il s'agit
Les zeugmas, selon la définition du dictionnaire (du grec dzeûgma qui signifie lien) sont des figures de style consistant à lier par la syntaxe plusieurs éléments polysémiques, avec un terme qu'ils ont en commun sans le répéter. L'exemple le plus connu est de Victor Hugo :
« Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques
Vêtu de probité candide et de lin blanc. » (Booz endormi)
Vêtu de probité candide et de lin blanc. » (Booz endormi)
Le zeugme sémantique, aussi appelé attelage, consiste à rattacher à un mot (le plus souvent un nom) deux compléments disparates quant à leur sens, l'un étant un terme concret et l'autre un terme abstrait.
Un exemple simple a inspiré l'illustration ci-contre : il a pris le bus (sens propre) et la grosse tête (expression figurée)
Le zeugme syntaxique ou zeugme de construction, unit à un mot (généralement un verbe) deux compléments qui se construisent de façon différente.
Les zeugmas appartiennent à l'origine à la littérature où ils figurent de manière intentionnelle pour produire par des associations incongrues, un effet poétique, stylistique, humoristique, etc.
Lu le 19 mai 2016
Je poursuis dans l'approfondissement de la langue française avec 99 mots et expressions à foutre à la poubelle.
Jean-Loup Chiflet suggère d'ouvrir la chasse aux mots flous et vagues, creux et inutiles, qui polluent, qui irritent, bref, qui agacent notre langue au quotidien ! L'auteur s'inscrit donc en faux contre ce n'importe quoi qui le gave grave, si vous voyez ce qu'il veut dire, mais il juge personnellement qu'il existe au jour d'aujourd'hui un consensus franco-français au niveau de cette dangerosité. Voilà. C'est clair ? Y a pas de souci ? Bon courage ! À plus ! Et bonne fin de journée !
J'ai lu quelques uns des propos de l'auteur autour des tics langagiers qu'il épingle puis j'ai jeté l'éponge : encore un livre égocentrique dans lequel l'auteur ne vise que son autosatisfaction.
Un exemple simple a inspiré l'illustration ci-contre : il a pris le bus (sens propre) et la grosse tête (expression figurée)
Le zeugme syntaxique ou zeugme de construction, unit à un mot (généralement un verbe) deux compléments qui se construisent de façon différente.
Les zeugmas appartiennent à l'origine à la littérature où ils figurent de manière intentionnelle pour produire par des associations incongrues, un effet poétique, stylistique, humoristique, etc.
Lu le 19 mai 2016
Je poursuis dans l'approfondissement de la langue française avec 99 mots et expressions à foutre à la poubelle.Jean-Loup Chiflet suggère d'ouvrir la chasse aux mots flous et vagues, creux et inutiles, qui polluent, qui irritent, bref, qui agacent notre langue au quotidien ! L'auteur s'inscrit donc en faux contre ce n'importe quoi qui le gave grave, si vous voyez ce qu'il veut dire, mais il juge personnellement qu'il existe au jour d'aujourd'hui un consensus franco-français au niveau de cette dangerosité. Voilà. C'est clair ? Y a pas de souci ? Bon courage ! À plus ! Et bonne fin de journée !
J'ai lu quelques uns des propos de l'auteur autour des tics langagiers qu'il épingle puis j'ai jeté l'éponge : encore un livre égocentrique dans lequel l'auteur ne vise que son autosatisfaction.
















