jeudi 31 mai 2012

Challenges Lecture

ABC 2012
Le stock de lettres s'amenuise dans la petite marmite qui sert aux tirages au sort depuis le début de l'année.
Pour le 1er août, les auteurs à tirer de la PàL devront commencer par => ci-contre :
bizarre, je n'ai aucun N dans ma PàL sauf un roman primé abandonné depuis plusieurs années...
Demain la publication des lettres I et T.

jeudi 24 mai 2012

challenge PàLà2


Mais qu'est-ce donc que cette nouvelle bête ?
Le principe:
En binôme, chacun choisi dans la PAL de l'autre, trois livres, qu'il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire, dont il aimerait avoir l'avis d'un ami ou pour une tout autre raison.Sur ces trois livres, vous en choisissez un et dans un délai imparti, vous devez le lire et en faire un avis.
La marche à suivre:
Vous devez vous inscrire à deux, deux possibilités s'offrent à vous:
1. Vous vous mettez d'accord avec un ami et c'est tout bon
2. Ou vous vous mettez sur une liste de tirage au sort qui déterminera votre collègue de challenge
Comment s'inscrire:
Il suffit de poster un message sur Livraddict à la suite des messages. Pour faire valider votre participation, il faudra néanmoins réaliser un article sur votre blog, dans lequel vous mettrez la marche à suivre, les trois livres choisis par votre binôme et celui que finalement vous lirez.

Les dates:
Début des inscriptions, le 5 mai, clôture le 20 mai à 12h00.
Vous avez jusqu'au 25 mai pour choisir votre lecture finale. Aucune inscription ne sera possible passée cette date. Du 25 mai au 15 juillet : Lecture du livre. Le challenge se terminera maximum le 30 juillet.

J'ai choisi le tirage au sort et le hasard a désigné mon binôme : il s'agit de Bloop qui a répondu présent !
Il en parle ICI. Voilà ce qu'il me dit :
Alors je te propose les suivants :
Homo Erectus - Tonino Benacquista
La porte des enfers - Laurent Gaudé
Montedidio - Erri de Luca
Je suis curieux de voir ce que tu vas choisir.
Bon alors ma réponse sera facile car les trois me plaisent bien ! Merci de cette proposition
Je possède Montedidio en version italienne et donc je le place au premier rang de mes lectures dans le cadre de ce challenge.

Ensuite Tonino Benacquista est depuis trop longtemps en attente... donc en 2 (je pense y arriver)
Enfin, je suis ok pour tenter La porte des enfers dont j'ai lu beaucoup de bien (si j'arrive jusque là).
J'ai choisi dans sa Làl :
Mercure d'Amélie Nothomb (un des rares que je n'ai pas lu)
Miserere de Jean-Christophe Grangé (pour avoir son avis, je l'ai lu)
Kirschblüten und Coca-Cola Sidney Sheldon (je ne connais pas mais j'aime le titre)
C'est marrant, on a vraiment des points communs car il a choisi de lire en VO comme moi avec, en allemand : Kirschblüten und Coca-Cola... et peut-être qu'on trouvera le titre en français...

Le petit défi dans le défi : un plus entre nous, lire également les deux autres
Pour lui donc, en deuxième position Mercure et en troisième Miserere. :-) Je crois bien que j'aurais fait pareil ! bonne(s) lecture(s)

mercredi 23 mai 2012

Journal intime

Lecture du Read-a-thon Mai 2012 : le bilan complet est ici
4/6

En 2 ans et 150 pages, la narratrice pose un point final à son aventure avec un homme marié. Du fond de son impasse, elle dresse le constat d'une relation qui n'était fusionnelle que de sa part : une autre histoire de Back Street, sans l'humour.
Au fil de la plume, Nathalie Rheims confie son attente lamentable entre deux rencontres, le rare bonheur de quelques escapades prolongées, plombées d'avance par l'imminence de la séparation prochaine et son désarroi, puis sa lassitude face à une situation qu'elle subit jusqu'à la lie. Pour s'échapper et se reconstruire, elle doit en passer par deux étapes successives, renoncer et consigner la trace de ce lent détachement.
J'ai parfois envie de la plaindre et en même temps, je ne peux complétement compatir à son abnégation et à l'abandon de son libre arbitre ; surtout je ne vois pas bien l'intérêt de cet étalage sentimental si ce n'est pour atteindre une seule personne, qui ne sera jamais nommée, et tenter un dernier rappel, en lui communiquant le prix et le poids de ce renoncement, duquel je ne suis finalement qu'à moitié convaincue.
J'ai déjà écrit à propos du livre d'Eric Fottorino L'homme qui m'aimait tout bas, combien le deuil me semblait mal s'accommoder d'une exposition en place publique.
Je goûte d'autant moins le genre autobiographique qu'il s'agit ici du deuil d'un amour. Ce n'est pas la démarche qui me gêne, mais son contenu le plus prosaïque, alors que la sublimation de la perte (voire de la non concrétisation) dans une oeuvre qui transcende l'expérience particulière a pu donner, notamment chez les romantiques mais je pense aussi à Pétrarque, des pages magnifiques.

mardi 22 mai 2012

Marie Antoinette, la reine fantôme

Lecture du Read-a-thon Mai 2012 : le bilan complet est ici

Maud est la jeune veuve très fortunée d'un homme âgé qu'elle aimait. Son beau-fils qui voudrait remettre la main sur la fortune paternelle, lui fait une cour aussi assidue que grossière, mais elle ne lui accorde qu'un intérêt ennuyé. Par dépit, il veut faire croire qu'elle est incapable de gérer ses biens.
En effet, Maud, qui est peintre, montre un comportement de plus en plus étrange. L'explication est hallucinante : alors qu'elle faisait des croquis pour une prochaine exposition, la reine de France guillotinée lui est apparue pour lui demander de ramener ses restes mortels dans la nécropole royale de Saint Denis. Marie Antoinette n'en est pas à sa première tentative mais ses entrées en contact se sont soldées par des échecs. Grâce à la sensibilité de Maud, elle croit enfin pouvoir compter sur une âme compatissante et trouver le repos.

Je retrouve avec plaisir le parfum suranné qui m'a plu dès le départ dans le travail d'Annie Goetzinger. Je trouve que son style, très réaliste, convient bien à un travail sur le fantastique (Félina). Elle est à l'aise avec les décors et les costumes historiques. Elle est associée dans cet album à Rodolphe que je découvre comme scénariste. L'histoire se passe à la Belle Epoque et s'appuie sur un fait divers authentique : deux anglaises racontent avoir croisé la reine au Petit Trianon, un lieu où elle passait beaucoup de temps avec ses dames de compagnie et qu'elle affectionnait particulièrement. Cet album est un one-shot qui s'intercale dans la série en cours : Agence Hardy

lundi 21 mai 2012

Orfi aux enfers

Lecture du Read-a-thon Mai 2012 : 2/6 et le bilan complet
Dino Buzzati est un de mes auteurs italiens (novelistes) préférés. J'avais fait figurer Orfi aux enfers dans ma LàL après en avoir lu quelques pages sur le web et c'est avec un immense plaisir que j'ai reçu d'Orchidée, dans un colis qui nous a donné des sueurs froides tant il a tardé !
D'abord, mes attentes ont été complétement dépassées par ce roman très graphique paru dans la collection Actes Sud. Je ne le voyais pas du tout comme ça en fait, je pensais à quelques planches, jamais à un si gros livre, très beau, très fini. C'est un bel ouvrage qui m'a offert une rare surprise et qui m'a totalement déroutée, surprise, stimulée.
L'histoire ne vaut pas en soi mais par la liberté d'interprétation - littéraire aussi bien que littérale - qu'a prise l'auteur par rapport au mythe d'Orphée, revisité dans un Milan (un peu désincarné) de la fin des sixties. Je trouve le graphisme très pop'art mais il possède aussi une touche expérimentale très personnelle que je reconnais de l'écriture de Dino Buzzati. Il savait d'ailleurs son oeuvre tellement d'avant-garde qu'il avait d'ailleurs jugé préférable de ne la publier qu'une vingtaine d'années plus tard.
C'est un livre que je suis contente de posséder car il fait partie de ceux dont je sais que je prendrai plaisir à les redécouvrir souvent ou à en consulter quelques pages au hasard.

dimanche 20 mai 2012

0.4

Lecture du Read-a-thon Mai 2012 : le bilan complet est ici
1/6

Sous la plume de Mike Lancaster, Kyle Straker prend le micro pour raconter à la postérité - s'il y en a une - ce qui est arrivé à son village de 1000 habitants au cours d'une banale après-midi de kermesse. Danny, un jeune collégien de son entourage tente un numéro d'hypnose et demande des volontaires. Pour les quatre candidats, le réveil (?) est étrange, voire flippant.

Il est assez difficile de commencer à raconter quoi que ce soit d'autre sans risquer d'en dire trop.
L'accroche du roman et la structure sont très originaux, d'autant que le témoignage de Kyle est entrecoupé de commentaires a posteriori qui expliquent et extrapolent sur certains passages. J'ai juste été gênée par une petite atteinte à la crédibilité de l'ensemble, avec l'épisode qui concerne Annette la soeur de Danny sur laquelle il s'était entraîné quelques jours auparavant.

Il était dans ma LàL et m'a gentiment été offert par Petitebelge
1.4 est annoncé et j'ai bien envie de lire la suite !

0.4 entre dans le challenge à vos nombres de Piplo.

samedi 19 mai 2012

Aujourd'hui c'est Read-a-thon

Le RAT (readathon d'origine outre atlantique) est un tournoi de lecture non-stop de 12 ou 24 heures d'affilée. Il se tient habituellement deux fois l'an, à l'automne et au printemps. Pour la France (ou les francophones), celui de printemps aura lieu le 19 mai, avec une possibilité le dimanche 20 pour celles et ceux qui le souhaiteraient.
Les horaires sont 10 heures - 22 heures pour le mini
ou 10 heures - 10 heures J + 1 pour le big RAT
Avis aux amateurs !
Les inscriptions se font chez Dolmen
Comme chaque année je n'en lirai pas 1/10ème mais je prépare néanmoins ma liste :-)

Ma première lecture est pour le challenge Un mot des titres, je n'en dévoilerai donc le titre que dans dix jours !
Un petit repas et je vais choisir une deuxième lecture plus courte...
Journal intime de Nathalie RHEIMS, un livre rapide, bizarre
Maintenant une BD pour entrecouper
Marie Antoinette La reine fantôme de Rodolphe et Annie GOETZINGER
J'hésite pour la suite...
Orfi aux enfers de Dino BUZZATI, chouette roman graphique que je voulais lire depuis longtemps, arrivé dans ma PàL grâce à Orchidée
Bilan à mi-RàT : 800 pages

Bilan de missXL qui a joué avec nous : 949 pages
Peau de pêche de Jodi Lynn ANDERSON
Une fille et 7 voeux de Rose WILKINS
Histoires de princesses de Christine PALLUY et Rebecca DAUTREMER

Tentative de Big-RàT, suite et fin :
Une lecture avec un nombre pour le challenge de Piplo : 0.4 de Mike LANCASTER merci à PetiteBelge
Pour finir la nuit, un gros volume écrit petit (est-ce une bonne idée ??!)
Sans parler du chien de Connie WILLIS qui était dans ma LàL depuis une éternité et qui m'a été offert par Cln! avec une jolie carte marque-page que j'ai découverte en l'ouvrant Merci

Je n'ai pas fini le dernier roman, mais je ne le lâche pas car il me plaît bien, désopilant et farfelu à souhait, me sens un peu fatiguée et surtout je suis satisfaite de mon bilan et de ma tentative de Big-RàT

AUTEUR et TITRENombre de pages
Dino BUZZATI, Orfi aux enfers (BD)232
Mike A. LANCASTER, 0.4255
Âme361
Nathalie RHEIMS, Journal intime158
Annie GOETZINGER, Marie Antoinette (BD)66
Connie WILLIS, Sans parler du chien288/574
 Total =1360

Chez les autres participantes :Adalana, Asphodèle, Giny, La bibliothèque du dolmen (organisatrice)  L'or des chambres, Sharon, Syl, Touloulou. Bonne journée à toutes.

Il est midi pour moi, nous allons manger et puis nous irons... à la bibliothèque !  Je me suis écroulée et j'ai même pas réussi à dormir : vivement ce soir, après quelques pages de Connie Willis avant de fermer les yeux ! Demain boulot

jeudi 17 mai 2012

Confessions d'une femme mûre

Ce roman-témoignage est l'occasion de revenir sur ma première lecture inscrite au challenge ABC 2009. Michèle Goettmann précise en dédicace que le roman de Stephen Vizinczey lui a donné envie d'écrire le point de vue d'une femme en réponse à son Eloge des femmes mûres.
Isabelle, la quarantaine assumée, deux fois mariée, dévoile son apprentissage de l'amour physique, ses attentes et expériences de femme affirmant sa liberté sexuelle et ayant mûri avec le souci de donner satisfaction à ses partenaires en assouvissant ses et leurs désirs charnels. Elle porte un regard de femme sur les hommes qui ont croisé sa route et entend déclarer, dans le même temps, son amour à son mari.
Le roman ne parle que de sexualité, en dépit des explications liminaires où les mots d'empathie, de philanthropie, de souci de l'autre, auraient pu faire penser à la recherche d'un accomplissement aussi philosophique que physique.L'écriture, qui se veut spontanée et sans inhibitions, échoue à faire la part des choses entre exhibitionnisme et pornographie. Vers chez les blancs, le roman de Philippe Djian, pourtant aussi crûment sexuel, ne fait ressentir ni cette vacuité, ni cet écoeurement.
J'ai donc été déçue par ce roman dont l'objectif est loin d'être atteint. Le résultat est moins flatteur que le souvenir que m'a laissé la lecture de sa source d'inspiration, sans doute parce qu'il tient plus du témoignage et donc du catalogue que le roman de Stephen Vizinczey. Certains chapitres sont toutefois plus intéressants que d'autres : dans le désordre, les hommes de la famillle, les amis, les amoureux transis, les vacances, le bureau.

Lu le 18 décembre 2010

Âme rouge : tome 3 de Blacksad

Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido
Il y a certaines BD dont je me demande pourquoi, en dépit d'éloges soutenus et unanimes, j'ai résisté si longtemps avant de daigner les ouvrir, ... sans doute pour me réserver le plaisir de les découvrir après tout le monde.
_
tome 1 : Quelque part entre les ombres
Natalia, une actrice de cinéma est retrouvée assassinée dans son lit. Le détective Blacksad, anciennement son amant, est maintenu à l'écart de l'enquête. Il en faudrait plus - ou il n'en faut pas moins - pour que son intérêt redouble. Il en fait une affaire personnelle. Sa seule piste le mène jusqu'à la disparition étrange de Léon Kronski, un scénariste qui l'avait remplacé auprès de la belle. Mais cela n'était sans doute pas du goût de son protecteur ! Pour l'histoire, l'amateur de thriller très très noir, à l'américaine, n'a pas lieu de se sentir dépaysé.
Graphiquement, c'est tout le contraire. Les deux auteurs, Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido, sont issus des studios d'animation Disney et cela se sent à certains cadrages et mises en page inusités et audacieux, parfois empruntés au cinéma (plongée,contre-plongée...). Chaque planche est sublime : du grand art parfaitement maîtrisé. Blacksad est à juste raison salué comme un des chefs d'oeuvre du 9ème art, à commencer par Régis Loisel qui en signe la préface !
Les détails sont fouillés, que ce soit dans les scènes de ville, d'intérieur ou les plans rapprochés sur les personnages. Tous sont représentés par des animaux, dont le faciès est souvent plus humain que nature - on pourrait presque leur prêter la voix de certains acteurs de polar tant ils sont expressifs - et ils sont regroupés par catégories d'espèces, en fonction des caractéristiques à exprimer, en une étude de moeurs habile.
Lue le 25 mai 2011

tome 2 : Artic-Nation
Oldsmill, le maître de la ville, un tigre blanc, Karup, le chef de la police, un ours blanc et Huk, son âme damnée, un renard blanc, soutenus par les gros bras d'Artic-Nation, le parti raciste, font régner la loi des WASP (white/anglo-saxon/protestant) sur la ville.
Kyle, une petite fille a disparu. Dinah, sa mère travaille comme femme de ménage chez Karup, mais une femme de couleur n'a aucun droit, même ou surtout si elle est la petite amie du fils Oldsmill. Personne n'accepte d'enquêter, sauf John Blacksad, auquel on ne fait pas appel en vain.

tome 3 : Âme rouge
Après avoir eu affaire aux noires affaires des animaux à pelage immaculé, son moral  est au plus bas.
Il est appelé à Las Vegas pour protéger un joueur fortuné, excentrique et superstitieux. Au cours d'une conférence sur le nucléaire, il reconnaît Otto Lieber, un scientifique de haut rang auquel il fut lié dans sa jeunesse. Alma, une jeune femme énergique et autoritaire, lui barre la porte du savant. Il la retrouve peu après sous les traits de l'épouse sulfureuse de Gotfield, son employeur. Elle joue du fait qu'elle ne le laisse pas indifférent.

Des animaux plus vrais que nature :
Les albums ne valent pas tant par l'intrigue policière qui se défend pourtant bien que par  l'illustration de caractéristiques humaines et l'incroyable diversité des physionomies qui transparaissent à travers les faciès des animaux : par exemple, Alma en petite chatte agressive toutes
griffes dehors ou l'amoureuse suave aux yeux de miel dont ce don Juan accompli brise le coeur sans le prévoir, Liebbert le hibou idéaliste ou Litzac le peintre engagé/enragé, le tueur sur gages aux bottes en croco ou le journaliste : chacal, fouine ou putois ?
Une BD troublante, qui renouvelle le genre du polar politique.
Lue le 17 mai 2012

Un mot, des titres

à venir (avec rhinocéros inside)
Broussaille, Un faune sur l'épaule, Frank

mercredi 16 mai 2012

Dans ma BàL ces jours-ci

Un grand merci à l'organisatrice du swap anniversaire qui nous tient en haleine depuis un an (reste Mandy dans les Vosges qui attend toujours son colis, la pauvre !). Tout au long de l'année, Petitebelge avait également proposé un concours intra-swap sur le thème de " l'anniversaire-mystère ". Comme je ne suis arrivée que deuxième, elle a eu la gentillesse de me faire parvenir un super lot de consolation : des livres que  j'avais très envie de lire :
0.4 de Mike Lancaster
L'élue de Lois Lowry (la suite du Passeur découvert grâce au Babychallenge science-fiction)
La salle de bain du Titanic de Véronique Osvaldé

Ensuite, du côté des partenariats avec Livraddict ça se bouscule
Le Livre de Poche vient de m'adresser Kane et Abel de Jeffrey Archer - Chronique pour le 15 juin 2012

Les éditions Hachette jeunesse m'ont envoyé Au commencement il y avait Bob de Meg Rosoff - Chronique pour le 19 juin 2012

mardi 15 mai 2012

Le combat ordinaire

La série porte bien son titre, c'est déjà un bon point à accorder à Manu Larcenet. Ensuite, même si je n'adhère pas à son trait griffonné, il colle bien à la sordidité (?) quotidienne qu'il décrit. Autant certains auteurs comme Philippe Delerm s'attachent à mettre en relief les menus plaisirs de la vie, autant Manu Larcenet s'emploie à montrer le côté désenchanté du réel. Ce sont deux positions philosophiques symétriquement défendables, mais je préfère pencher vers l'optimisme - aveugle - dirons certains. Je lis de la BD pour me détendre, me faire voyager, m'apprendre, me faire réfléchir (pas trop) et donc j'ai généralement plus de goût pour les envolées chevaleresques ou aventureuses, les planches chatoyantes, les couleurs. Petit écart dans mes propos, j'ai bien aimé la sobriété des planches qui correspondent au paysage mental du héros.

1. Le combat ordinaire
2. Les quantités négligeables
3. Ce qui est précieux
4. Planter des clous

Marco est photographe, trentenaire et mal dans sa peau. Il a un rapport un peu élastique avec sa famille : son frère " Georges " et leurs parents qui vivent au bord de la mer. Menuisier, le père a travaillé dans les chantiers navals qui se meurent. Il souffre d'Alzheimer. La mère est un personnage admirable, très présent mais pourtant en retrait : elle a de petites phrases lucides qui font mouche.
Le premier album le montre à un tournant de sa vie. Il suit une psychothérapie qu'il décide d'arrêter, il part habiter au vert car il pense qu'il y vivra plus heureux, il reprend son métier de photographe car il souffre de faire du reportage à sensations. En amenant son chat chez le vétérinaire, il rencontre la femme qui va être capable de le supporter. Il se lie également avec un vieux voisin sympathique.
Marco est un émotif en crise, un indécis en porte-à-faux permanent, fragilisé par un rien comme se faire mettre le couteau sous la gorge par Emilie, la gentille véto qui veut emménager avec lui ou apprendre que le vieux monsieur amoureux de la nature a un passé honteux d'ancien tortionnaire.
Marco grandit à reculons, cède des morceaux de son refus d'entrer dans la maturité, ne va pas au bout de ses opinions. La perte de son père le confronte à une remise en question plus abrupte, le force à ouvrir les yeux. Il retourne aux ateliers et parle avec les anciens qu'il a connus gamin. La réalité de la crise le frappe de plein fouet. Il fait un reportage vérité qui déplaît à son journal mais trouve un écho artistique.

Voilà, je viens de finir le tome 4 et je ne sais pas si je me suis familiarisée avec le dessin, mais c'est celui que j'ai préféré. Il montre Marco plus apaisé, sans être totalement assoupi. Dans sa vie, il est devenu père d'une petite fille et à 2 ans, Maude l'accapare tellement qu'il n'a plus le temps pour s'ausculter le nombril. Professionnellement, il a surmonté sa crise morale et se remet au reportage. Il prend parti pour la cause perdue des chantiers : restructurations, fermetures, plan social et licenciements sont à l'ordre du jour. En parallèle, l'histoire politique voit l'affrontement des présidentielles 2007. L'album se termine par un long monologue d'un des gars du chantier, mis en pré-retraite à 59 ans et qui livre à Marco ses réflexions sur la vanité de la lutte.
Je l'avais dans ma PàL depuis un moment mais je l'ai lu au lendemain du second tour des élections 2012, par hasard. Il m'a servi de mise au point sur les évènements d'il y a un quinquennat. Les choses changent imperceptiblement, les problèmes demeurent.

Je ne peux pas dire que j'ai aimé la série au point de lire d'autres albums mais la réflexion progressive d'un homme qui se cherche, ses émotions, ses doutes, m'a intéressée, sans toutefois me le rendre sympathique. J'ai de loin préféré les personnages secondaires : la mère, le voisin au passé douteux, le vieux du chantier.

dimanche 6 mai 2012

Le diable vit à Notting Hill

coup d'épée dans l'eau
Voilà une lecture dont j'aurais pu m'abstenir et qui va vite passer aux oubliettes.
Je n'ai pas vraiment compris si le titre de Rachel Johnson est une allusion au roman de Lauren Weisberger Le diable s'habille en Prada, mais si c'est le cas, il ne s'agit que d'une pâle copie d'intention et le ton n'y est pas. Le roman est à l'image du petit monde élitiste qu'il raconte : ceux qui connaissent s'y retrouveront, les autres peuvent passer leur chemin ou choisir de perdre quelques heures  !

Il y a deux co-narratrices à cette histoire. Clare et Mimi sont anglaises, citadines, quarantenaires, voisines et... amies jusqu'à un certain point.
Ralph, le mari de Mimi a hérité d'une petite maison sur un square privé de Notting Hill, un des quartiers les plus huppés de Londres. Il travaille dans les pétroles et ne fait pas partie des banquiers à 7 zéros de revenus comme les autres habitants du square. Au contraire de toutes les MNH, les mères de Notting Hill, élégantes et pleines aux as, Mimi est donc dans l'obligation de travailler et elle écrit comme pigiste dans un journal. Avec leurs trois enfants, ils mènent une vie un peu bohème, mais ils peinent souvent à boucler les fins de mois et font figure de parents pauvres dans la communauté étroite du square. Ralph, qui ne rêve que de pêche, voudrait vendre et s'installer à la campagne.
Mariée à Gideon, un architecte reconnu, Clare essaie depuis des années d'avoir l'enfant qui manque à son bonheur. Sous des dehors de complicité et d'entraide, elle envie secrètement la famille de Mimi, ce qu'elle ne s'avouerait en aucun cas.
Voilà pour les bases de l'intrigue.
Sinon, le roman passe en revue les potins et commérages de ce quartier particulier où en dépit de tout leur argent, les beautiful people ont les mêmes soucis d'amour, de pouvoir, de paraître... que tout le monde, puissance 10. Dans ce microcosme, chacun guette et commente les faits et gestes des autres. Malheur à ceux qui enfreignent les règles tacites de savoir vivre autour d'une des pelouses les plus chères au monde, comme ces Américains parvenus, Sélim Kasparian, le milliardaire pas vraiment intégré aux activités qui rythment la vie communautaire ou ce couple richissime, Bob et Sally, mis au ban car ils ont osé transformer leur garage en appartement pour les enfants et les domestiques.
Clare va faire mieux, elle va carrément acheter une seconde maison.

Sans doute à cause des tours de parole alternés entre Clare et Mimi, j'ai eu du mal à distinguer les couples principaux et secondaires dans ce méli-mélo d'intrigues et de chassés-croisés pas toujours crédibles (la nounou trop " bonne " qui épouse le milliardaire convoité par ces dames) et aucun personnage ne m'a été particulièrement sympathique. Seule Donna peut être, la prof de yoga qui a viré gourou feng shui et fait payer ses conseils de bon sens à 100£ de l'heure, parvient à tirer son épingle du jeu.

samedi 5 mai 2012

Yello(w)range exotic

Il ne s'est pas pressé, il a mis le temps depuis la mi-mars, mais il est arrivé, il est là et il est magnifique, à demi déballé sur mon canapé, plein de couleurs vives : bleu, fuschia, orange et jaune, il me tente et me fait envie !
MERCI  Orchidée tu dois être rassurée et moi je dois dire que je suis soulagée quuand je vois le nombre de tes paquets. Bon ceci dit,  tu m'as archi-gâtée :
- des douceurs il ne reste pas grand chose à montrer
" du mou saveur jaune " pas deviné : nougat au citron, saveur inconnue, surprenante, très bon et déjà englouti !
" orange foncé de la région dur ou mou " là je m'en doutais à cause de la fin : caramels au beurre salé, une valeur sûre, après un partage inéquitable, quelques rescapés mais pas pour longtemps
" du jaune à tartiner " il y a tellement de choses qui s'étalent ??? gelée fermière pomme mimosa, dans un mignon petit pot en verre, bien trouvé car j'adore les associations fleurs fruits ou fruits épices, à goûter, sur des crêpes je pense
- des senteurs et des saveurs
" orange, jaune à déguster " deviné à la forme du paquet : du thé aux agrumes de chez Dammann frères, hum!!!
" orange exotique pour les papilles " aucune idée avant d'ouvrir : Dans les dunes de Mezouga, épices pour la soupe, dans une petite bonbonne en fer du plus bel orange, là aussi très bonne idée car je fais beaucoup de potages, à essayer très bientôt
" de l'orange à enflammer " une bougie parfum passion dans son petit verre, qui va rejoindre ses copines.
- des lectures qui m'enchanteront
Elle qui chante quand la mort vient d'Andrea H. Japp, mon auteur de polars préféré du moment
Orfi aux enfers de Dino Buzzati, un auteur italien que j'aime lire et un livre abondamment illustré, entre roman graphique et BD, qui est dans ma PàL depuis des années, je ne le connaissais que par le net   SPECIAL MERCI rien que pour celui-là
La colère du rhinocéros de Christophe Ghislain, un roman de la rentrée littéraire 2011 qui me faisait envie, repéré également sur le net
- des attentions qui font plaisir
un marque page qui reproduit une illustration asiatique du XIXème siècle Oiseau et fruits (on reconnaît des grenades exotiques !)
- un carnet de papiers colorés grand teint de chez Le thé des écrivains, agréablement odorant : je ne connais pas mais c'est encore un carnet dans lequel je ne vais pas oser écrire
- un gentil mot sur une carte orange comme il se doit, avec une jolie demoiselle vêtue de rose et de prune, j'aime
un sans faute, merci encore, et comme dit le proverbe : tout vient à point qui sait attendre !

jeudi 3 mai 2012

Les croisés du cosmos

J'ai emprunté ce roman SF dans l'intention de le lire pour le challenge uchronique de Lhisbei, mais j'ai pris quelque retard... (une paille) dans mon programme ou bien je suis super en avance pour le Winter Time Travel III de l'an prochain !
En fait j'aurais pu y arriver dans les temps car c'est un petit volume qui se lit très vite. Il révèle bien l'univers dans lequel évolue l'auteur. Poul Anderson a une écriture particulière que j'aime beaucoup, car en dépit de concepts parfois compliqués, dans la narration, il est limpide : le lecteur que je suis se laisse emporte dans l'aventure humaine sans se poser de questions technico-métaphysiques insolubles dans l'espace.
Les Croisés du Cosmos par Poul Anderson Pour celle dont il est question présentement : imaginez le début du film Les visiteurs avec Jean Reno et Valérie Lemercier dans les rôles du seigneur et de sa gente dame, car ce sont les images très évocatrices qui me sont venues d'emblée dès les premières pages et que j'ai gardées pour les personnages principaux jusqu'à la fin. Messire Roger de Tourneville est un hobereau de campagne, un seigneur à peine moins pauvre ni moins rustre que ses paysans. Son épouse Lady Catherine, de meilleure naissance, s'est un peu mésalliée, mais elle se distrait en écoutant les vers courtois du chevalier sir Owain Montbelle. Son fief est en pleins préparatifs de bataille car le seigneur d'Ansby s'apprête à rejoindre son roi Edouard d'Angleterre qui combat en France, avant de partir pour délivrer Jérusalem.
C'est le moment que choisit un objet volant non identifié rutilant pour atterrir non loin des douves du château. Quelques hommes bleus au visage plat encadré de longues oreilles et à la courte queue * en descendent pour soumettre les " indigènes " de cette planète. Qu'à cela ne tienne, Roger de Tourneville croit à une nouvelle sorcellerie franco-sarrasine et marche sus à l'ennemi avec ses soldats. Les extra-terrestres sont tellement surpris par l'attaque qu'ils n'ont pas le temps d'utiliser leurs armes surpuissantes et ils sont rapidement défaits jusqu'à l'acant-dernier - Branithar - qui est fait prisonnier ainsi que son vaisseau.
Roger de Tourneville pense dans un premier temps l'utiliser pour se rendre plus vite en France, puis il songe à l'avantage que représente cette prise pour la croisade et il fait embarquer tous ses gens. Au lieu de les amener en Terre sainte, une trahison de l'otage les entraîne dans l'espace, vers une des planètes colonisées par les Wersgors et puissamment défendue par plusieurs garnisons armées.
Le ressort du roman est traité avec astuce et humour : sûr de son bon droit, fort de son honneur chevaleresque et d'une confiance absolue en la suprématie de la couronne d'Angleterre, Roger de Tourneville ne doute (presque) à aucun instant. Ses qualités, qui galvanisent ses troupes, désarçonnent les Aliens conquérants, peu habitués à rencontrer une résistance chez les peuples des planètes sur lesquelles ils jettent leur dévolu et l'effet de surprise allié une stratégie primitive mais efficace permettent aux croises de prendre l'avantage à chaque engagement.
De la SF qui m'a fait sourire bien souvent, ce n'est pas si fréquent ! à lire

* rappelez vous que c'est une des nouvelles de Poul Anderson dont j'ai déjà parlé qui a servi de point de départ au scénario du film Avatar

mardi 1 mai 2012

Ceux qui vont mourir te saluent

La lecture de mon premier Vargas est une réussite, avec des ingrédients que j'aime dans un roman : historique, italien, policier et contemporain, ainsi qu'une autre qualité que j'apprécie : ne pas en faire des tonnes.

Evidemment, je ne vais pas raconter l'histoire bien alambiquée qui se cache derrière ce titre-référence aux jeux du cirque. Pour continuer dans la métaphore antique, les trois héros portent des noms d'empereurs romains.
Claude Valhubert, le fils d'un éditeur d'art parisien réputé pour ses expertises, poursuit des études en histoire de l'art, tout en sachant qu'il ne parviendra pas à égaler son père. Ses amis n'ont pas ses moyens financiers mais réussissent à étudier avec lui à Rome grâce à la bourse obtenue par Thibault dit Tibère. Le dernier David, pensant et agissant sous le pseudonyme Néron auquel il s'identifie, est le caractère le plus difficile à cerner dans ce triumvirat dont il est l'instigateur et le moteur. Quatrième personnage, la femme, car il y en a toujours une dans toute histoire passionnelle, est comme il se doit belle à damner un saint homme.

Face à eux, l'inspecteur Richard Valence, apparaît plutôt sympathique en dépit d'un caractère bien trempé, mais il lui en faut pour résister aux intrigues compliquées de ses suspects et de sa hiérarchie. Sur fond de bibliothèque vaticane, de palais Farnèse, d'originaux de Michel Ange et d'érudition romaine, Fred Vargas tisse une toile dans laquelle il manque de peu se faire prendre. Il incarne le calme méthodique et la pondération,  là où les uns et les autres apportent éclat, chaos, mégalomanie, exubérance, baroque, nonchalance et mal de vivre.

Bien sûr, j'ai hâte de me replonger dans une autre de ses fictions et j'espère y retrouver certains des personnages, attachants ou intrigants, croisés dans les méandres de Rome et de cette histoire surprenante. Le prochain dans ma LàL est L'homme aux cercles bleus, repéré depuis les débuts de ce blogue.