mardi 23 avril 2013

Poulet aux prunes

Nasser Ali, joueur de tar, se laisse mourir depuis que sa femme Nahid a détruit son instrument. L'occasion pour Marjane Satrapi, une cousine éloignée, de passer en revue les habitudes sociales de son pays pendant la période régnante de Rezashah le père du Shah d'Iran. Les traits sont assez mal définis, bien qu'expressifs, mais l'album vaut, comme pour le précédent Persépolis, pour son oeuvre de témoignage critique.

samedi 20 avril 2013

Valse avec Bachir

Jeune appelé en 1982, Ari Folman est envoyé à Beyrouth, alors que la guerre du Liban fait rage. Traumatisé par des souvenirs insoutenables, le cinéaste israélien force l'oubli pendant vingt-cinq ans, avant qu'un témoignage direct ne l'appelle à surmonter le déni. L'originalité et le force de son documentaire, traité en animation, en font une des projections très remarquées du Festival de Cannes 2008. Le principal motif de Valse avec Bachir est un questionnement sur les mécanismes de la mémoire et de l'oubli. Comme d’autres soldats du contingent israélien, Ari Folman a été le témoin impuissant des massacres dans les camps de Sabra et Chatila : en représailles à l’assassinat de leur leader Bachir Gemayel, les milices chrétiennes libanaises ont exécuté des centaines de réfugiés civils palestiniens. L'album fait écho au film. Le traitement graphique semi-réaliste et les gammes chromatiques très particulières dégagent une atmosphère singulière, envoûtante. La version dessinée est directement issue des images du film sous la supervision de son directeur artistique David Polonsky.

vendredi 19 avril 2013

Le ravissement de Britney Spears


Faut-il prendre au sérieux les menaces d'enlèvement qu'un groupuscule islamiste fait peser sur Britney Spears ? Les services français (les meilleurs du monde) pensent que oui. Certes, l'agent qu'ils enverront à Los Angeles pour suivre cette affaire présente quelques handicaps - il ne sait pas conduire, fume dans les lieux publics, ignore presque tout du show-business et manifeste une tendance à la mélancolie - mais il fera de son mieux pour les surmonter, consultant sans se lasser les sites spécialisés, s'accointant avec des paparazzis, fréquentant les boutiques de Rodeo Drive ou les bars de Sunset Boulevard, jusqu'à devenir à son tour un spécialiste incontesté tant de Britney elle-même que des transports en commun de Los Angeles. II n'en échouera pas moins dans sa mission, et c'est de son exil au Tadjikistan, près de la frontière chinoise, qu'il nous adresse ce récit désabusé de ses mésaventures en Californie.


Le titre peut induire en erreur, il ne faut rien en attendre de ravissant comme je l'ai cru, mais plutôt une histoire de ravisseurs qui fait long feu. On apprend dès le début que le narrateur, barbouze française un peu looser, a failli à sa mission, dont il aurait pu se méfier quand on sait qu'elle avait pour nom de code Poisson d'avril. Ses commanditaires l'ont donc exilé au Tadjikistan, pays frontalier de la Chine, du Pakistan et de l'Afghanistan, afin d'y noter toutes les plaques d'immatriculation des voitures traversant (dans les deux sens) la frontière sino-tadjize. On voit que la trame de l'intrigue est bien légère. De même, il m'est difficile de dire du style si je l'ai apprécié ou pas. Curieusement, quelques mots ou expressions anglaises, parfois non traduites, arrivent comme un cheveu sur la soupe.

Je crois que j'ignore encore, à l'issue de ce roman, l'identité du narrateur, qui ne sort jamais de l'ombre du Je, soit que je l'aie oublié, soit qu'il ne soit pas nommé. En revanche, j'ai retenu sans aucun problème celui de son principal informateur et contact local : F.U.C.K. de son vrai patronyme François Ursule Machin Chose, présenté comme un véritable original, aristocrate français, heureux propriétaire et conducteur d'une voiture de collection dont il néglige l'entretien avec snobisme, inventeur et premier paparazzi au paradis des stars : L.A.la mal nommée si j'en crois le portrait sans aménité qu'en établit Jean Rolin. J'ai bien mémorisé également le nom de Wendy, la créature de rêve - aux yeux du narrateur - avec laquelle il partage quelques nuits dans des motels miteux et la divulgation d'informations sur son enquête relative à Britney Spears. J'ai même appris beaucoup sur les people qui hantent les pages des magazines à scandale (soeurs Kardashian, Lindsay Lohan et autres Kathy Perry) et justifient les longues heures de planque des journalistes en quête DU scoop. Une des séances de covoiturage avec le duo qui travaille pour Fuck est l'occasion de confidences et anecdotes amusantes, mais comme agent secret, il n'est pas très impliqué, ni très crédible.

Sous la plume de l'auteur se côtoient du clinquant et du sordide. Contraint à la marche à pied ou aux transports en commun, faute de savoir conduire, il arpente les lignes de bus et la 407, la bleue ou la verte, n'auraient presque plus de secrets à la fin de ce guide d'un genre un peu particulier. Les lieux qui l'intéressent, par professionnalisme, sont les bars huppés et les endroits à la mode du jour, où il s'introduit sans invitation comme Châtreau Marmont, mais il semble plutôt intéressé par la ville déchue,  l'envers du décor, les non-zones : friches industrielles semi-urbaines, abords de voies ferrées, ponts d'échangeurs et bretelles d'autoroutes... Il se rend plusieurs fois sur l'Océan mais ne se laisse pas gagner par l'attrait des lieux :  tous les palmiers qu'ils me fait voir sont maigres !
Extrait :
De nuit, ce décor invite au crime avec une telle insistance qu'il ne viendrait à personne l'idée de s'y aventurer sans nécessité.

Bien que peu attaché au narrateur, j'ai une petite inquiétude pour lui en dernière page, quand son chef de poste et confident le redoutable Shotemur lui (pro)impose une sortie de chasse au lynx des neiges, animal ultra protégé et presque mythique. Mercenaire de moeurs expéditives, Shotemur cache pourtant un coeur de midinette et se repaît des souvenirs de son compagnon d'isolement, mêlant une vision de Los Angeles, erratique et très contrastée entre des récits personnels sans beaucoup d'intérêt et la narration loghorique des travers des stars, shopping, branchitude, échange de m'as-tu-vu et de voyeurisme rabâché par les tabloïds et Internet. Il faut bien être coupé du monde au coeur de nulle part, entouré de hauts sommets himalayens pour ne pas avoir déjà tout vu et lu des démêlés de Britney Spaers et consoeurs avec la justice, l'alcool, la drogue, leurs ex, etc...
en partenariat avec Livraddict et Folio MERCI

J'aime la manière dont Joyeux-drille en parle


californie USAcalifornie
50 états, 50 billets
Los Angeles, CALIFORNIE (ter)

mardi 16 avril 2013

Une leçon d'ignorance

challenge Daniel PennacMa première lecture pour le challenge  : Daniel Pennac, discours à l'université de Bologne (Italie).
J'y retrouve le ton irrévérencieux et anti-lèche-bottes de Merci ! bientôt suivi d'une véritable réflexion traduisant une posture authentique face à l'acte de lecture, aux lecteurs et à l'apprentissage des livres avec un bel éloge aux "passeurs de mots ".
Extrait :
" La lecture nous est une compagnie qui ne prend la place d'aucune autre et qu'aucune autre compagnie ne saurait remplacer [...] nos raisons de lire sont aussi étranges et personnelles que nos raisons de vivre."

lundi 15 avril 2013

La femme au miroir

Le challenge Eric Emmanuel Schmitt est clos et je crois bien que j'ai atteint mon objectif (1 roman + 1 théâtre + 1 roman du cycle de l'invisible + 1 autre) => Il me reste néanmoins à parachever mes billets (voir ci-dessous), mais cela ne m'empêche pas de continuer sur une si bonne lancée, avec son avant dernier roman.

Anne, Hanna, Anny, Bruges, Vienne, Los Angeles, trois villes associées à trois destins, trois femmes émancipées et incomprises, ayant en commun de se sentir " différente " et de refuser le carcan que leur imposent la société et la morale. Insoumise et libre dans sa tête et dans son coeur, chacune va trouver au plus profond d'elle même, selon son époque, les ressources pour récuser le diktat des hommes.
Pour Anne, une jeune Brugeoise plutôt ignorante, il s'agit de la contemplation mystique et de la communion avec la Nature, dans laquelle son entourage le mieux disposé à son égard veut voir la main de Dieu. Pour Hanna von Walberg, une aristocrate favorisée par la naissance, le salut viendra, en dehors du mariage et de la fréquentation de la haute société, de la découverte et de l'adhésion pleine et entière à la psychanalyse naissante. Quant à Anny Lee, bébé star trop tôt accrochée au firmament d'Hollywood, elle trouvera sa rédemption en portant à l'écran le rôle d'Anne de Bruges, d'après la biographie laissée par Hanna.
A travers le prisme de ces trois vies qui entrent en résonance et se répondent d'un siècle à l'autre, par un jeu de miroirs présents dans chaque histoire, Eric Emmanuel Schmitt parle avec lucidité, bienveillance et sans tabou, des difficultés de la condition féminine.
Peut être parce que je lisais en même temps Le ravissement de Britney Spears, ou parce que la version la plus contemporaine de ces trois visions en miroir me semblait la plus parlante, je me suis plus attachée à Anny, j'avais donc plus de hâte à retrouver les passages dont elle était le sujet et plus d'intérêt à suivre sa relation chaotique avec ses addictions et avec Ethan. De la vie d'Anne, la presque nonne, j'ai surtout retenu l'intérêt des informations concernant le béguinage de Bruges et l'existence, au XVIème siècle, de communautés non religieuses de femmes libres. Enfin, bien que son parcours soit cousu de gros fil blanc dès qu'apparaît le nom de Freud, l'évocation d'Hanna à travers sa relation exclusivement épistolaire avec sa chère cousine Gretchen, la fille de son tuteur, permet d'apporter une rupture bienvenue dans le cours narratif. Comme à son habitude, l'auteur s'appuie sur un style rigoureux et irréprochable, une réflexion prenante, étayée par des arguments qui tiennent au fond et à la forme, et sur une excellente recherche documentaire, parfaitement assimilée et intégrée au processus romanesque pour convaincre de son postulat. Avec lui j'ai toujours l'impression agréable de m'instruire en me divertissant. 

avant challenge : challenge : après challenge :
Odette Toulemonde et autres histoires Ulysse from Bagdad (roman) La femme au miroir
L'évangile selon Pilate Hôtel des deux mondes (théâtre) Les deux Messieurs de Bruxelles
Petits crimes conjugaux Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus (roman - cycle de l'invisible) Diderot ou la philosophie de la séduction (essai)
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran La rêveuse d'Ostende  (nouvelles) Ma vie avec Mozart
L'enfant de Noé
challenge bis :
Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent
Milarepa Votre chat vous aime-t-il vraiment ? (nouvelle) Le visiteur
Oscar et la dame rose Lorsque j'étais une oeuvre d'art (roman) La nuit de Valognes
La part de l'autre Concerto à la mémoire d'un ange (nouvelles) Golden Joe

Le sumo qui ne pouvait pas grossir (roman - cycle de l'invisible) Variations énigmatiques

La secte des égoïstes (roman) Le libertin


La tectonique des sentiments


Courtes pièces en un acte


Mes évangiles

La fille de mes rêves

Je salue l'heureuse initiative que cette édition spéciale Rivages/Noir qui met à l'honneur deux courtes nouvelles de Donald Westlake : La fille de mes rêves, suivie d'Intrigue conjugale. Un catalogue raisonné des auteurs publiés dans la collection (mise à jour 2011) complète le volume et dresse un panorama alléchant : amateur de polar à l'humour noir, j'ai fait mon marché parmi les titres, qui iront rejoindre Gone, Baby gone de Dennis Lehanne dans ma PàL. Pour conclure sur le côté matériel, j'ai été attirée par la qualité d'impression, la belle matière et l'aspect soigné des couvertures.

L'histoire est celle d'un jeune homme dont le songe récurrent se poursuit et s'enchaîne, nuit après nuit, lui faisant vivre une douce passion avec une jeune femme " rêvée ". Grisé par cette vie nocturne où il se révèle plus téméraire que dans son quotidien, il perd pied peu à peu avec la réalité. Le rêve prend bientôt la place la plus importante, vient empiéter et bouleverser ses habitudes, son rapport aux personnes qui l'entourent et lui fait perdre tout bon sens !
Intrigue conjugale est l'histoire d'une manipulation qui tourne au désavantage de son instigatrice. L'écriture concise et limpide, conjuguée à un humour noir décapant, semble un des traits distinctifs du style de l'auteur.

dimanche 14 avril 2013

challenge Un mot, des titres

La seizième session mettra à l’honneur le mot :
 
MORT
Les  billets sont à publier pour  le 1er juin  et le prochain mot sera annoncé le 31 mai (sur proposition des participants). Inscription et récapitulatif des sessions précédentes chez Apertolibro.

Des morts lues ou à lire  : 

La belle mort par Mathieu Bablet Le Grand Mort, tome 4 : Sombre par Régis Loisel Feu destructeur, tome 1 : Mémoires mortes par Denis Bajram

 
La mort d'Orvar Klein par Daniel Katz Les enquêtes de Logicielle : Mort sur le Net par Christian Grenier Poids mort par Xavier Mauméjean

Le Cycle d'Ender, tome 2 : La Voix des morts par Orson Scott Card Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers par Björn Larsson Lettre d'une amoureuse morte par Nathalie Rheims

samedi 13 avril 2013

Paper money

Mon préjugé contre Ken Follett et ce qui m'a toujours empêchée de commencer Les piliers de la terre (en dépit d'une tentative via l'inscription au défi 1000 pages de Fattorius) c'est qu'il écrit des pavés alors que je préfère les petits romans, voire les nouvelles.
Alors je me suis bien étonnée de lire en préface à l'édition française (la parution initiale anglaise de Paper money date de 1976) l'auteur lâcher  " Il est vrai que j'ai tendance à être trop concis dans mon travail d'écriture. C'est un penchant contre lequel je ne cesse de lutter. " Apparemment donc, il a vaincu !!
Il y compare également la construction du roman à l'architecture, en moins complexe, du Scandale Modigliani son plus abouti d'après lui. Comme j'aime les cas compliqués et que j'ai été séduite par son style, cette première rencontre sera suivie d'une autre, pour confirmer la très bonne impression laissée par ce roman. Merci à Livraddict et au Livre de poche pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir un auteur que j'avais choisi d'ignorer sans raison valable.

Résumé éditeur :
Londres, années 1970. Un homme politique en vue s’éveille au côté d’une parfaite inconnue, tandis qu’une Rolls-Royce guette au pied de l’immeuble. Au même moment, un mafieux rassemble ses hommes de main et un magnat de l’édition décide de se retirer des affaires. Le soleil se lève sur la capitale britannique, amorçant une rafale d'évènements : braquage, explosions, chantage, tentative de suicide,  OPA, tirs de chevrotine… Une avalanche d'informations sans rapport apparent déferle sur la rédaction de l’Evening Post. Les journalistes parviendront-ils à assembler les pièces du puzzle à temps pour l’édition du soir  ? Ils ne se connaissent pas tous mais, avant le crépuscule, tous seront emportés dans la course folle d’un convoi de billets de banque…Entre scandales politiques et délits d'initiés,le nouveau thriller inédit de Ken Follett nous dévoile la face cachée de la City.

Papier monnaie : cela évoque les billets de banque, mais aussi les papiers des journalistes, qui valent parfois leur pesant d'or. Kevin Hart est un jeune reporter aux dents longues, pas comme ses collègues plus anciens qui ont appris sur le terrain et pour les meilleurs, ont gravi les échelons qui séparent le garçon de course du rédacteur. A peine sorti d'école, il est entré au prestigieux Evenig Post et entend vite se faire un nom dans le milieu professionnel. D'ailleurs, par recoupement entre deux coups de fil d'informateurs, il a l'intuition de tenir un scoop, de ceux qui lancent une carrière. Mais le rédac chef adjoint, Artur Cole ne l'entend pas de cette façon : avant de lancer une rumeur qui pourrait s'avérer infondée et nuire, il faut vérifier ses sources et recouper l'information. Hart brûle d'impatience, car l'accroche en première page du jour peut être un secret éventé dès le lendemain matin. Dans le monde de l'information, le timing est parfois très serré, de longues heures de recherche peuvent déboucher sur la fébrilité des dernières minutes avant le bon à tirer.

Six heures - seize heures : c'est le découpage de ce roman en dix parties où les chapitres présentent et suivent le cours de la journée d'une douzaine de personnages, journalistes, politiques, hommes d'affaire, malfrats mêlés comme si leurs activités étaient indissociables. C'est aussi le temps qui sépare le bouclage de l'édition matinale de l'Evening Post de celle du soir.
L'auteur révèle que les lecteurs ont parfois été confondus devant le nombre de personnages à suivre dans ce roman. Au contraire je trouve que passer de l'un à l'autre, au début sans bien comprendre les liens qui peuvent les relier donne de l'attrait à l'engrenage qui se prépare et au compte à rebours annoncé. On tremble pour les plans minutieux quand ils sont à deux doigts d'échouer... de dépit ou d'impatience que les méchants soient pris à leur propre piège. Mais la fortune est aveugle et sert aussi bien les probes que les malhonnêtes.
Les points de vue apportent beaucoup dans la démonstration fataliste que Ken Follett entend faire sur la corruption et l'imbrication des milieux mafieux, politiques et économiques dans les années 70s. Le monde est petit sans doute et chacun n'est il pas à huit intermédiaires du pape ou de la reine d'Angleterre ! Les personnages sont très différents et j'ai un penchant pour Billie, le fils demeuré de Willie, qui m'a rappelé le personnage attachant du Bizarre incident du chien pendant la nuit. Tony Cox, Félix Laski, n'ont pas hérité leur fortune de leur père comme Derek Hamilton et Nathaniel Fett et sans approuver leurs moyens, on peut s'attacher ces personnages pour leur volonté de s'élever et d'accéder à ce monde miroitant du pouvoir et de l'argent.

vendredi 12 avril 2013

Des nouvelles de Logicielle

Jeune lieutenant affecté au commissariat de police à Saint Denis, Laure-Gisèle, dite Logicielle, vient de la police scientifique et elle est un as de l'informatique.
L'héroïne de Christian Grenier, revient en 2006 pour quatre courtes nouvelles policières qui éclairent certains aspects moins professionnels de sa vie et de ses relations avec son coéquipier Max.
Noyé après un accident suspect (Dérapages), transpercé par une planche à clous (Attention à la marche), enseveli sous une coulée de lave (Saint Expedit Tuez pour nous) ou volatilisé au cours d'une partie de pêche (Mouche ! ), quatre crimes, quatre victimes : Logicielle et Max font travailler leurs petites cellules grises.
De l'action, des sentiments, de la littérature jeunesse entraînante, crédible et intelligente, qui me rappelle le plaisir d'Alice Cooper détective en plus actuel.
L'auteur : Christian Grenier  Logicielle est née d'un défi lancé par sa fille d'écrire du polar, sinon il s'adonne plutôt aux albums jeunesse.
L'éditeur : En 1941, Tatania et Georges Rageot fondent les éditions G.T. Rageot, pour "donner à lire autre chose aux enfants que la comtesse de Ségur ou Jules Verne et leur faire découvrir à travers des romans d'auteurs étrangers la vie des enfants des autres pays".

Elle voit des rhinos partout [4]

Je le lirai après La colère du rhinocéros (challenge PàL2)

Couverture L'Entreprise des Indes
L'entreprise des Indes d'Erik Orsenna
Le 13 août 1476, au large du Portugal, le bateau que commande Christophe Colomb fait naufrage.
Le futur amiral vient d’avoir vingt-cinq ans. Par miracle, il réussit à regagner la côte et trouve refuge à Lisbonne auprès de son frère cadet, Bartolomé. Lequel exerce la profession de cartographe. Depuis le début de ce xve siècle, le monde s’ouvre. Et le Portugal est le moteur principal de cette ouverture. La Renaissance commence par des expéditions lointaines. Sous l’impulsion d’Henri le navigateur, des caravelles partent chaque mois pour aller explorer les côtes de l’Afrique. À Lisbonne, capitale du savoir, se retrouvent toutes les corporations de la découverte : mathématiciens savants du ciel, cosmographes, géographes, constructeurs de bateaux et des outils de navigation… cartographes.
Huit années durant, les deux frères vont travailler ensemble et préparer le voyage auquel Christophe songe depuis l’adolescence : c’est l’Entreprise des Indes, gagner Cipango (le Japon) et l’empire du Grand Khan (la Chine). Mais au lieu de la route habituelle, celle de la soie, vers l’est, on affrontera l’océan, plein ouest.
En 1484, leur projet sera rejeté par le Comité des Sages qui conseille le Roi Jean II. C’est la raison pour laquelle Christophe ira tenter sa chance auprès des monarques espagnols, Isabelle et Ferdinand.
Un maître cartographe, un rhinocéros, un fabricant de veuves, une maîtresse d’école pour les oiseaux, une bécassine, une prostituée réputée principalement pour la qualité de ses oreilles, Marco Polo, quelques Dominicains, des chiens dévoreurs d’Indiens, tels sont quelques-uns des personnages secondaires de ce récit.

dimanche 7 avril 2013

Je lis aussi des albums

Le bleu de Madeleine
Anne Luthaud, Claire Degans
Madeleine cherche le plus beau bleu du monde : dans le ciel, dans la mer, dans les yeux de son père, dans les objets de tous les jours... Finalement elle le déniche ou plutôt le redécouvre au mur de son grand-père. Monochrome n°9 IKB (pour International Klein Blue).
Un album signé Anne Luthaud et Claire Degans, pour aborder l'univers de l'initiation à l'art ou simplement pour la beauté des illustrations.

Les oiseaux
auteur : Germano Zullo (Suisse), illustratrice : Albertine
Prix Sorcières 2011

Une route à travers le désert, un camion sur cette route, un camion rouge qui grossit et s'approche,  une falaise, le bout de la route, le chauffeur descend du camion et ouvre le vantail arrière, une envolée d'oiseaux de toutes les couleurs, une paire d'yeux au fond du camion, un petit oiseau noir qui refuse de s'envoler, le chauffeur partage un moment avec lui puis réussit à le convaincre
Une poésie sans parole, un album très coloré qui délivre un message optimiste et dont les commentaires invitent à savourer l'instant
Extrait : " Les plus grands trésors sont dans les petits détails "

Les chats
Tomi Ungerer
Les chats ont inspiré des centaines de croquis d'observation ou d'humour à Tomi Ungerer : bon enfant ou réservé aux adultes, pour le plaisir ou la réflexion, les situations sont regroupées selon certaines affinités de style ou d'esprit, crayon, encre, peinture (rarement) les techniques se confrontent, se répondent, s'enrichissent.
A la fin de cet album, il rend hommage à deux de ses chats Piper et Heidsieck, deux demi-frères aussi dissemblables que possibles, dont l'un n'a jamais voulu chasser et l'autre, terrible chasseur, n'avait pas peur de l'eau et les accompagnait sur la plage, à la lisière des vagues.

Le type
Pages arrachées au journal intime de Philippe Barbeau
illustrations de Fabienne Cinquin
Un travail d'illustration très minutieux (fausses pages arrachées, encre violette sur feuilles quadrillées, détails au croquis sur fonds d'aquarelle...) un univers poétique qui rappelle un peu les dessins de Folon, un texte philosophique sans en avoir l'air, cet album a tout bon pour de jeunes lecteurs déjà avertis qui aiment réfléchir à ce qu'ils lisent.
Extrait (dernière page) :
Et elle m'a emmené dans son regard où j'ai fait un formidable voyage.
Je n'en avais jamais vu fait d'aussi beau.
Je lui ai demandé, abasourdi :
Toi qui es si maligne, tu sais aimer?
Et elle m'a ouvert son cœur où j'ai découvert un formidable amour.
Je n'en avais jamais admiré d'aussi beau.
Je ne savais plus où j'étais.
C'était la première fois que je ressentais ça.
Alors j'ai demandé à la vieille dame:
Toi... toi qui es si maligne, où as tu appris tout ça?
Viens...Suis-moi...
Elle s'est assise dans un coin.
Je me suis installé à côté d'elle et, d'une voix plus fraîche que l'eau d'une source, elle m'a raconté des histoires.
À partir de demain, je ne jetterai plus de pierre à la tête des gens, je leur raconterai des histoires.
C'est bien plus malin pour les aider à sourire, à rêver et à aimer

vendredi 5 avril 2013

Inventaire avant reprise

Challenge nordique chez Myiuki :
Mordue de littératures « venues du froid », je me suis dit qu’il serait intéressant de partager ma passion pour ces auteurs souvent méconnus et de découvrir de nouveaux romans grâce à des lecteurs souhaitant s’initier ou développer leurs connaissances en matière de littératures nordiques. Tous les genres sont acceptés, le seul but est de se faire plaisir.
Le principe est simple : lire autant de livres que possible dont l’auteur est originaire d’un des pays suivants    Norvège, Suède, Finlande, Islande et Danemark
Les catégories :
Pêcheur d’Islande : niveau découverte, de 1 à 3 livres à lire
Aventurier des fjörds : niveau connaisseur, de 3 à 5 livres à lire
Explorateur du Grand Nord : niveau expert, plus de 5 livres à lire
La durée : 1 an du 1er avril 2012 au 1er avril 2013.

Inscrite en deuxième catégorie, j'ai finalement plutôt bien honoré ce challenge avec une dizaine de lectures commentées et quelques unes en plus
  1. Sept contes gothiques de Karen Blixen - Danemark
  2. L'envoûtement de Lily Dahl de Siri Hustvedt - Suède/Etats Unis
  3. Contes traditionnels de Scandinavie
  4. La fille au tatouage de Kristina Ohlsson - Suède
  5. Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison d'Arto Paasilinna - Finlande
  6. Le mystère du quatrième manuscrit, enquête au coeur de la série Millenium de Guillaume Lebeau - Suède/France
  7. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Joans Jonasson - Suède
  8. Betty d'Arnaldur Indridason - Islande
  9. L'homme chauve-souris de Jo Nesbo - Norvège
  10. Rosa Candida d'Audur Ava Olafsdottir - Islande
  11. Le cerveau de Kennedy de Henrik Mankell - Suède
  12. Le lièvre de Vatanen d'Arto Paasilinna - Finlande
  13. Le pacte boréal d'Anna Jansson - Suède
  14. Automne de Mons Kallentoft - Norvège
  15. Le caveau de famille de Katarina Mazetti - Suède
  16. La librairie des ombres - Danemark
à lire : La faim de Knut Hamsun (commencé)
Ake Edwardson (fait)

jeudi 4 avril 2013

Lectures BD du mois d'avril

Celles du mois dernier ne sont pas épuisées, pourtant je suis revenue avec une nouvelle collecte !

500x687 - Weëna  Affrontement Valse avec Bachir 400x520 - Asphodèle  La Nuit du Masque Poulet aux prunes  Icare

mercredi 3 avril 2013

Je mourrai pas gibier

challenge Tour du monde
Destination : Liban

En LC avec Sandrine qui découvre l'adaptation en BD après le roman éponyme de Guillaume Guéraud (dont j'ai lu par ailleurs un témoignage autobiographie : Sans la télé).
Cet album appartient à la collection Mirages chez Delcourt, dont je vais suivre de près les parutions car elle m'a valu en peu de temps quelques émotions bibliographiques fortes ! Je suppose, à l'évidence du résultat, qu'Alfred Ka a su livrer une parfaite traduction en images de ce récit de l'absurde, de l'incompréhension et de l'étroitesse d'esprit, qui m'a fait penser à Meursault d'Albert Camus.

Le point de vue est celui de Martial, un adolescent meurtrier et commence par la chute, le brutal fait divers, avec en plongée, l'invasion des lieux par les gendarmes et en voix off, le verdict du médecin légiste qui fait état de neuf victimes : cinq morts dont un enfant de neuf ans, deux blessés graves et un blessé léger.
Dans le petit village de Mortagne, moins de deux milliers d'habitants, tous chasseurs sauf Terence, le pleu-pleu, la société est divisée en deux clans : les actifs en âge de travailler n'ont d'autre solution que de louer leurs bras à la scierie de Monsieur Listrac ou aux vignes du château Clément. Moment de trêve habituellement respecté, une fête de mariage tourne au drame.
Le coupable ne saurait répondre aux enquêteurs pour expliquer son geste, pourtant l'histoire déconstruit petit à petit l'engrenage qui l'a amené à tirer parmi la foule des invités de ses parents et de son frère aîné, jusqu'à épuisement de son stock de cartouches pour le fusil de chasse paternel. Loin des préjugés sur le forcené présumé coupable, l'album traduit la révolte et le long cri de désespérance d'un adolescent trahi par les siens, qui ne trouve pas sa place dans le modèle de société rurale, vulgaire et brutale, qui s'offre à lui et auquel le droit à la différence est dénié.
Presque tout est dit en images, avec une économie de mots, comme chez les gens qui sont peu habitués à parler. De nouveau, Alfred Ka (Pourquoi j'ai tué Pierre), livre un dessin poignant qui active les sentiments, un trait qui va à l'essentiel, suggère les mouvements et parvient à rendre le maelström qui s'agite dans la tête des protagonistes. J'aime particulièrement la planche 84 reprise en couverture, le kaléidoscope de visages qui représente l'ultime moment d'équilibre instable avant le déchaînement, quand tout bouillonne en lui, ce qui traduit bien le leitmotiv lancinant du texte : J'ai vu... J'ai vu... J'ai vu tout ça.