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samedi 19 mai 2018
Trois souris aveugles
mercredi 9 août 2017
Le chasseur de lucioles
Tour du monde des nationalités : Gabon
Janis Otsiemi m'a fait la bonne surprise de se loger parmi les romans policiers de la petite bibliothèque que je fréquente : par curiosité, j'aimerais savoir (ce) qui l'y a amené... Parmi la cohorte d'Anglo-saxons qui surpeuplent les étagères, c'est un étrange plaisir de trouver un auteur francophone extra-européen... et la découverte sera à la hauteur de ma surprise : heureuse !La photo de couverture m'a intriguée, le dos de couverture encore plus, où il est fait allusion à la truculence d'un Frédéric Dard, sans oublier le bandeau qui n'était pas sur mon exemplaire " L'écrivain qui fait des bébés à la langue française ".
Car l'auteur est un virtuose de la langue ! Les expressions sont souvent déroutantes, sans que je puisse départager s'il s'agit du français à la mode locale ou de néologismes propres à l'écrivain, dont l'imagination est féconde. Le style est d'un grand intérêt pour la lecture de ce roman, dont l'intrigue est assez classique.
Deux équipes d'enquêteurs dont les recherches vont se croiser à moment donné abordent leur affaire en l'absence presque totale d'indice : le braquage à l'arme de guerre d'un fourgon contenant 20 millions de francs (CFA) et une série de meurtres de prostituées sauvagement mutilées découvertes dans des motels de Libreville.
Les auteurs de polars nous ont habitués à des scènes de crime tellement horribles sans qu'un battement de cil n'échappe aux équipes médico-légales ou judiciaires, qu'il est presque rafraîchissant d'entendre les policiers s'émouvoir des tortures infligées aux victimes. Mais ils restent des hommes qui tentent de survivre dans une société qui ne cultive pas la promotion par le travail ni l'effort personnel. Les populations marginales et désoeuvrées de la capitale gabonaise sont montrées sans effort de minimiser l'étendue du fléau, les trafics, la corruption, l'influence des gangs, les conflits ethniques, le clientélisme, les ravages de la maladie du siècle, etc. Sans oublier le divertissement, la volonté de vivre avec le sourire, comme le rappellent les nombreuses expressions imagées et souvent drôles qui figurent en tête de chaque chapitre.
mardi 29 décembre 2015
La voix de l'empereur
Le mois de... Nabil Ouali c'est en décembre sur Bookenstock (voir les ITV)
Novembre :
Sur le commentaire enthousiaste de Dup, je me suis laissée tenter par ce partenariat et vais découvrir La voix de l'empereur, tome 1 Le corbeau et la torche.
Décembre :
Bien que déçue de n'avoir pas dans les mains ce bel objet-livre décrit par les lectrices, je remercie les éditions Mnémos qui viennent de me faire parvenir la version numérique après le retour de mon colis pour défaut de distribution (un AR métropole-Réunion pour rien, quelle frustration !)
Hormis le fait que je n'aime pas lire sur écran ce qui me prive du plaisir du feuilletage à rebours (j'aime revenir en arrière pour retrouver un passage, revenir sur une expression), le support ne m'a pas aidée à m'y retrouver dans les fils de cette histoire éclatée entre plusieurs rameaux.
J'avoue que la présentation est assez obscure pour que j'aie besoin de préciser certains rôles par ordre d'entrée en scène
Dans le rôle du héraut : Frimas / emblème le corbeau
Recueilli orphelin par un soldat d'élite, il est présenté au chancelier qui s'intéresse à ses particularités et l'éduque à la cour dans le but d'en faire le compagnon d'études du futur empereur et prochainement son héraut (champion d'armes, spécialiste en héraldique). Froid, imperturbable, mécanique, volontaire sont les adjectifs qui s'attachent à sa personne et même s'il est admirable par certains côtés, je le trouve antipathique, dans son destin tout tracé (il vient du pays du gel et ne semble pas devoir déroger) et plutôt inquiétant (il a un pouvoir extraordinaire face aux blessures).
Dans le rôle du fils de l'empereur : Elin
Elin est très beau (inspiré par Hugo ?) et sa beauté frappe au premier regard, mais cela semble aussi un handicap car cela empêche qu'il soit pris au sérieux dans ses autres aspects comme la bravoure : aux armes contre Frimas, l'intelligence : duel verbal avec Adamant, etc. S'il hérite du pouvoir (la voix), il doit aussi apprendre à le contrôler et bénéficie de peu de compagnons fiables dans son entourage : le chancelier Gweleth, son maître d'armes Owan et son précepteur Glawol. Il peut aussi créer des choses très belles à partir d'horreurs (exemple la salle souterraine).
Dans le rôle du paladin : Ravel / emblème : la torche
Le paladin est un chevalier ayant atteint l'un des plus hauts grades, faisant partie d'un ordre religieux et porteur du pouvoir sacré de la foi. Le personnage répond bien à cette définition. J'attendais beaucoup de la rencontre avec Artelas à la suite d'un des passages les plus cruels de ce tome. L'épisode sanglant est décrit de manière tellement implicite que je n'ai compris que quelques chapitres plus loin et j'ai dû faire un retour en arrière pour bien comprendre les détails. Globalement, le brouillard dans lequel se passent les actions des uns et des autres semble voulu et je crains que les explications soient reportées aux tomes suivants.
Dans le rôle du mentor : Glawol
Fourbe en puissance, il joue double jeu avec tout le monde et pourtant c'est un personnage qui a des accents de vérité assez perturbants (sa confession à Gweleth), des actes de charité gratuité (apprendre à lire au vieux serviteur). Il est le plus intéressant en termes d'intrigue, un de mes préférés car il n'est pas défini(tif) dès le début. Cela tombe bien car c'est une trilogie...
Tout reste assez ouvert à la fin de ce tome d'installation, surtout après une révélation de dernière minute annoncée par certains indices si on y réfléchit bien !
Novembre :
Sur le commentaire enthousiaste de Dup, je me suis laissée tenter par ce partenariat et vais découvrir La voix de l'empereur, tome 1 Le corbeau et la torche.
Décembre :
Bien que déçue de n'avoir pas dans les mains ce bel objet-livre décrit par les lectrices, je remercie les éditions Mnémos qui viennent de me faire parvenir la version numérique après le retour de mon colis pour défaut de distribution (un AR métropole-Réunion pour rien, quelle frustration !)
Hormis le fait que je n'aime pas lire sur écran ce qui me prive du plaisir du feuilletage à rebours (j'aime revenir en arrière pour retrouver un passage, revenir sur une expression), le support ne m'a pas aidée à m'y retrouver dans les fils de cette histoire éclatée entre plusieurs rameaux.
Il y a d'une part ce qui se passe au château, siège de l'empire où le roi Brisard se meurt victime d'un empoisonnement. Les luttes de pouvoir se déchaînent autour d'Elin le prince-héritier.
Il y a d'autre part ce qui se passe aux confins, Frimas le héraut du prince a dû fuir suite au complot contre l'empereur fomenté par le clergé ou une autre puissance encore plus occulte. Il est poursuivi par Ravel, le fils d'un seigneur vassal, qui en chemin accomplit des exploits comme de capturer la bête immonde des marais.
Les effets de style recherchés montrent un évident plaisir à manipuler la langue. Cela m'a parfois semblé surjoué mais j'ai remarqué d'autres effets très plaisants : un satisfecit particulier pour l'utilisation des adjectifs de couleur les plus extraordinaires. L'auteur explique être très attentif au rythme de ses phrases "les mots monosyllabiques d'ailleurs sont une véritable plaie et c'est la raison pour laquelle je préfère utiliser des nuances de couleurs précises plutôt que rouge/bleu/vert/jaune/noir/blanc/rose".
Il y a d'autre part ce qui se passe aux confins, Frimas le héraut du prince a dû fuir suite au complot contre l'empereur fomenté par le clergé ou une autre puissance encore plus occulte. Il est poursuivi par Ravel, le fils d'un seigneur vassal, qui en chemin accomplit des exploits comme de capturer la bête immonde des marais.
Les effets de style recherchés montrent un évident plaisir à manipuler la langue. Cela m'a parfois semblé surjoué mais j'ai remarqué d'autres effets très plaisants : un satisfecit particulier pour l'utilisation des adjectifs de couleur les plus extraordinaires. L'auteur explique être très attentif au rythme de ses phrases "les mots monosyllabiques d'ailleurs sont une véritable plaie et c'est la raison pour laquelle je préfère utiliser des nuances de couleurs précises plutôt que rouge/bleu/vert/jaune/noir/blanc/rose".
Voici l’histoire de quatre destins réunis au cœur d’un empire mourant. L’enfant du village gelé, le paladin hanté par un sombre secret, le prêtre émérite d’un ordre qu’il méprise et le fils de l’empereur.
Dans les rues des cités fourmillantes ou les profondes forêts, chacun accomplit un voyage sur les routes de l’empire mais aussi dans les méandres de son être : quelles sont les ficelles que tire le clergé dans les coulisses ? Qui a tenté de tuer l’empereur et d’éteindre à jamais sa voix ? Sur le sentier escarpé qui mène au pouvoir, le chemin est infiniment plus important que le sommet.
Dans le rôle du héraut : Frimas / emblème le corbeau
Recueilli orphelin par un soldat d'élite, il est présenté au chancelier qui s'intéresse à ses particularités et l'éduque à la cour dans le but d'en faire le compagnon d'études du futur empereur et prochainement son héraut (champion d'armes, spécialiste en héraldique). Froid, imperturbable, mécanique, volontaire sont les adjectifs qui s'attachent à sa personne et même s'il est admirable par certains côtés, je le trouve antipathique, dans son destin tout tracé (il vient du pays du gel et ne semble pas devoir déroger) et plutôt inquiétant (il a un pouvoir extraordinaire face aux blessures).
Dans le rôle du fils de l'empereur : Elin
Elin est très beau (inspiré par Hugo ?) et sa beauté frappe au premier regard, mais cela semble aussi un handicap car cela empêche qu'il soit pris au sérieux dans ses autres aspects comme la bravoure : aux armes contre Frimas, l'intelligence : duel verbal avec Adamant, etc. S'il hérite du pouvoir (la voix), il doit aussi apprendre à le contrôler et bénéficie de peu de compagnons fiables dans son entourage : le chancelier Gweleth, son maître d'armes Owan et son précepteur Glawol. Il peut aussi créer des choses très belles à partir d'horreurs (exemple la salle souterraine).
Dans le rôle du paladin : Ravel / emblème : la torche
Le paladin est un chevalier ayant atteint l'un des plus hauts grades, faisant partie d'un ordre religieux et porteur du pouvoir sacré de la foi. Le personnage répond bien à cette définition. J'attendais beaucoup de la rencontre avec Artelas à la suite d'un des passages les plus cruels de ce tome. L'épisode sanglant est décrit de manière tellement implicite que je n'ai compris que quelques chapitres plus loin et j'ai dû faire un retour en arrière pour bien comprendre les détails. Globalement, le brouillard dans lequel se passent les actions des uns et des autres semble voulu et je crains que les explications soient reportées aux tomes suivants.
Dans le rôle du mentor : Glawol
Fourbe en puissance, il joue double jeu avec tout le monde et pourtant c'est un personnage qui a des accents de vérité assez perturbants (sa confession à Gweleth), des actes de charité gratuité (apprendre à lire au vieux serviteur). Il est le plus intéressant en termes d'intrigue, un de mes préférés car il n'est pas défini(tif) dès le début. Cela tombe bien car c'est une trilogie...
Tout reste assez ouvert à la fin de ce tome d'installation, surtout après une révélation de dernière minute annoncée par certains indices si on y réfléchit bien !
dimanche 4 octobre 2015
Birth Marked
tome 1 : Rebelle
L'Enclave est une oligarchie où quelques familles profitent des bénéfices de la technologie et les redistribue parcimonieusement à ceux de l'Extérieur du Bastion, en échange de bébés enlevés à leur mère biologique (sous le terme "écartés") pour compenser la baisse de fécondité et la dégénérescence consécutive à une trop forte consanguinité.
Gaïa a été élevée par sa mère dans la perspective de lui succéder comme sage-femme. L'année de ses 16 ans, ce jour arrive brutalement : si elle est fin prête professionnellement, mais éthiquement l'écartement la révolte. Fuyant à travers le désert, avec sa soeur de quelques heures, elle espère rejoindre la communauté de la Forêt morte évoquée par sa grand-mère Danni Orion.
Lu le 20 juillet 2015
tome 2 : Bannie
Elle découvre Zile, une société matriarcale fort éloignée de l'idéal qu'elle s'en faisait. Les naissances de filles sont devenues tellement rares que les femmes en âge de procréer ont acquis tout pouvoir sur et au détriment des hommes. Afin d'assurer la survie de la communauté, une sélection drastique des géniteurs est organisée. Ayant diagnostiqué l'origine du mal, l'ancienne matriarche Danni Orion a trouvé la mort en testant une échappatoire.
Toujours contestataire, Gaïa s'oppose à l'attribution de sa soeur à une famille sans enfant. De son côté, elle est convoitée par plusieurs jeunes célibataires, mais voilà que surgit Léon échappé lui aussi de l'Enclave.
Lu le 12 septembre 2015
tome 3 : Captive
Devenue la Matriarche à son tour, Gaïa doit à présent conduire les volontaires de Zile jusqu'à l’Enclave, et convaincre la cité de leur accorder le refuge et l'eau indispensable à leur survie. Mais les lois mises en place par le Protecteur sont devenues plus cruelles encore tandis que les recherches génétiques sont poussées à un extrême inimaginable.
Bizarrement, il ne sera plus question des enfants marqués à la naissance par la mère de Gaïa, porteurs des trois points symboliques de la constellation d'Orion... présente dans le tome 1, cette information ne fait pas l'objet d'une exploitation ultérieure ; en cours d'écriture, le Protecteur semble s'intéresser à d'autres marqueurs génétiques.
Lu le 3 octobre 2015
La trilogie Birth marked est une dystopie young adult dont le premier tome est arrivé dans ma WL suite à des commentaires incitatifs, puis dans ma PàL à l'occasion d'un swap, enfin elle en est sortie grâce à PàLà2 car avec l'actualité sans cesse renouvelée des blogues et des publications, l'envie m'en était entretemps passée, à tort car j'ai beaucoup aimé. Toutefois je suis loin d'être aveuglément convaincue !
Par exemple, ce que suggère la plupart des romans pour jeunes adultes continue de me gêner : une jeune fille de 15-16 ans, naturellement charismatique (bien qu'enlaidie par une vilaine cicatrice faciale) opportunément entourée de compagnons masculins qui la suivent par amour plus encore que par convictions communes, concentrerait assez de volonté de changement et d'énergie pour réussir à faire bouger les choses, redonner espoir et changer le monde là où les adultes aguerris des générations précédentes ont échoué. Le mythe de Jeanne d'Arc n'est pas loin.
L'Enclave est une oligarchie où quelques familles profitent des bénéfices de la technologie et les redistribue parcimonieusement à ceux de l'Extérieur du Bastion, en échange de bébés enlevés à leur mère biologique (sous le terme "écartés") pour compenser la baisse de fécondité et la dégénérescence consécutive à une trop forte consanguinité.
Gaïa a été élevée par sa mère dans la perspective de lui succéder comme sage-femme. L'année de ses 16 ans, ce jour arrive brutalement : si elle est fin prête professionnellement, mais éthiquement l'écartement la révolte. Fuyant à travers le désert, avec sa soeur de quelques heures, elle espère rejoindre la communauté de la Forêt morte évoquée par sa grand-mère Danni Orion.
Lu le 20 juillet 2015
tome 2 : BannieElle découvre Zile, une société matriarcale fort éloignée de l'idéal qu'elle s'en faisait. Les naissances de filles sont devenues tellement rares que les femmes en âge de procréer ont acquis tout pouvoir sur et au détriment des hommes. Afin d'assurer la survie de la communauté, une sélection drastique des géniteurs est organisée. Ayant diagnostiqué l'origine du mal, l'ancienne matriarche Danni Orion a trouvé la mort en testant une échappatoire.
Toujours contestataire, Gaïa s'oppose à l'attribution de sa soeur à une famille sans enfant. De son côté, elle est convoitée par plusieurs jeunes célibataires, mais voilà que surgit Léon échappé lui aussi de l'Enclave.
Lu le 12 septembre 2015
tome 3 : Captive
Devenue la Matriarche à son tour, Gaïa doit à présent conduire les volontaires de Zile jusqu'à l’Enclave, et convaincre la cité de leur accorder le refuge et l'eau indispensable à leur survie. Mais les lois mises en place par le Protecteur sont devenues plus cruelles encore tandis que les recherches génétiques sont poussées à un extrême inimaginable.
Bizarrement, il ne sera plus question des enfants marqués à la naissance par la mère de Gaïa, porteurs des trois points symboliques de la constellation d'Orion... présente dans le tome 1, cette information ne fait pas l'objet d'une exploitation ultérieure ; en cours d'écriture, le Protecteur semble s'intéresser à d'autres marqueurs génétiques.
Lu le 3 octobre 2015
La trilogie Birth marked est une dystopie young adult dont le premier tome est arrivé dans ma WL suite à des commentaires incitatifs, puis dans ma PàL à l'occasion d'un swap, enfin elle en est sortie grâce à PàLà2 car avec l'actualité sans cesse renouvelée des blogues et des publications, l'envie m'en était entretemps passée, à tort car j'ai beaucoup aimé. Toutefois je suis loin d'être aveuglément convaincue !
Par exemple, ce que suggère la plupart des romans pour jeunes adultes continue de me gêner : une jeune fille de 15-16 ans, naturellement charismatique (bien qu'enlaidie par une vilaine cicatrice faciale) opportunément entourée de compagnons masculins qui la suivent par amour plus encore que par convictions communes, concentrerait assez de volonté de changement et d'énergie pour réussir à faire bouger les choses, redonner espoir et changer le monde là où les adultes aguerris des générations précédentes ont échoué. Le mythe de Jeanne d'Arc n'est pas loin.
jeudi 14 mai 2015
Daddy's girl
La fille à papa n'est peut être pas celle qu'on croit de prime abord en lisant ce roman. En effet, plusieurs paires peuvent fonctionner et je penche pour ma part vers la plus improbable des deux. Ceci étant dit, le texte de Margie Orford est intéressant à plus d'un titre. C'est un polar qui change les habitudes tout d'abord car l'Afrique du Sud est un terrain littéraire peu fréquenté. Ensuite, le héros est un policier de l'antigang, noir et musulman. Globalement, les rapports humains ne sont pas édulcorés et l'auteur dresse un portrait sans concession du Cap à l'approche de la Coupe du monde de football, avec ses gangs d?une brutalité inouïe et ses luttes de pouvoir post apartheid. Concernant l'écriture, on passe sans cesse d'un personnage à un autre sans indication de changement pourtant tout s'enchaîne très clairement et je n'ai jamais été perdue pour retrouver qui pensait ou agissait grâce à une construction remarquable et bravo à la traduction.
Le récit se déroule sur une semaine : sept jours pour retrouver une petite fille, disparue à la sortie de son cours de danse dans un quartier tranquille de la ville. Les possibilités sont multiples dans une ville sans pitié pour les plus faibles, entre les victimes d'un tueur en série qui s'en prend à des petites filles et la guerre des gangs qui cherche à asseoir le partage de la ville en territoires au prix de la vie de jeunes innocentes.
Pourtant la police privilégie une autre théorie maison : l'enlèvement de la petite Yasmin de 6 ans par son propre père le capitaine Riedwaan Faizal récemment séparé et en conflit avec la mère de la fillette qui veut émigrer au Canada. Présumé coupable, Faizal est écarté de l'enquête et menacé de mise à pied. Il engage une course contre la montre pour retrouver sa fille saine et sauve, avec l'aide de sa coéquipière et du Dr Clare Hart, une journaliste d'investigation et psychologue dont l'émission télévisée cherche la trace des fillettes disparues.
Info en plus (Source Payot)
Journaliste d'investigation et photographe, Margie Orford a grandi en Namibie et en Afrique du Sud/ Elle vit aujourd'hui à Cape Town et mène un combat quotidien pour la cause des femmes et des exclus de son pays.
dimanche 23 mars 2014
Delirium
Dernière lecture du programme des Babychallenge Livraddict pour cette année 2013, Delirium de Lauren Oliver appartient au genre dystopies bien représenté dans la catégorie science fiction : Uglies, Hunger games, Divergente, Pure.L'héroïne est une adolescente, plutôt dans la norme ou insignifiante, qui rencontre l'amour avec un beau prince charmant... ces éléments suffiraient à associer ces romans à de la Chick Litt, mais un grain de sable s'introduit : leurs amours sont contrariées par leur entourage ou des évènements dramatiques menacent le cours prévu de leur existence, sinon il n'y aurait pas d'histoire !
Selon le style, les auteurs relèvent plus ou moins bien le défi : parfois j'ai pu me trouver complètement prise ou au contraire m'ennuyer plutôt fermement, à quelques passages près, devant tant de mièvreries.
Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux. Son père est décédé, sa mère s'est consumée d'amour à en mourir (suicide selon la version officielle). Elle et sa soeur Rachel ont été recueillies par leur tante Carol, mariée à William, qui hébergent également leurs deux petites-filles Jenny et Grace, depuis que leur fille Marcia a mal fini.
Symptômes de l’amor deliria nervosa, phase un :
Préoccupations, difficultés de concentration, bouche sèche, transpiration, paumes moites, vertiges et perte de repères, acuité mentale réduite, pensées confuses, capacités de raisonnement diminuées.
Heureusement, il existe un remède : tous les adultes de 18 ans subissent le "Protocole" une opération du cerveau pour être guéris du mal d'amour, tandis qu'au cours de "l'Evaluation", leur potentiel est pris en compte pour leur fournir des candidats idéaux au mariage (appariement). D'ailleurs, sa soeur aînée, une furie à l'aller, est revenue de l'opération transformée en future épouse et mère modèle.
Un parfait petit monde... gris et terne où aucune personne saine d'esprit n'aurait envie de vivre. Cela m'a rappelé sans plus d'enthousiasme, Le passeur d'où les couleurs ont été bannies ou Globalia. Le résultat est plutôt convenu et insipide, rien ne heurte mais rien ne relève la linéarité de l'intrigue !
Ici, le modèle est clairement shakespearien : Roméo et Juliette sont maintes fois cités... pourtant il y a loin de la coupe aux lèvres. A mon avis, c'est un peu plus captivant qu'Entre chien et loup, mais loin d'être le meilleur roman de la sélection.
Lu le 23 décembre 2013
Delirium 2 : Pandemonium
Lena est passée dans la Nature grâce à Alex qui s'est fait prendre à la frontière. Elle rejoint une colonie dirigée par Raven et apprend à survivre et à se battre. Ce roman est un peu plus original car Lena, Raven et Tack se sont infiltrés avec l'aide de la résistance pour recueillir des informations à propos des méthodes de l'APASD qui s'est donné pour objectif d'éradiquer l'amor deliria nervosa. Lean fait la rencontre de Julian, le fils de son dirigeant. A la suite d'une manifestation qui a mal tourné, Lena est emprisonnée dans les sous-sols de la ville. Elle réussit à s'échapper avec Julian, mais ils tombent dans le piège qui leur a été tendu dès le début. Julian est repris et condamné à mort, pour faire un exemple, mais Lena refuse de l'abandonner. Sa personnalité commence à émerger et elle ne se laisse pas manipuler ou commander sans réagir. imprévisible, elle crée parfois la surprise ou les conditions d'une victoire inattendue.
Lu le 23 janvier 2014
Delirium 3 : Requiem
Les autorités gouvernementales ne peuvent plus ignorer les insurgés de plus en plus nombreux et soutenus par la résistance. Des régulateurs sont envoyés dans la Nature pour les traquer et les abattre. Le groupe de Raven qui a tout perdu dans une attaque rejoint une faction beaucoup plus nombreuse installée dans un campement de fortune aux portes de la ville. Leur commando échoue à faire sauter le barrage qui les prive d'eau. Les réfugiés, sales et affamés, sont difficiles à mobiliser pour une action énergique et une armée vient les balayer.
Le roman alterne entre les épisodes de la vie de Lena et d'Hana restée à Portland et sur le point d'épouser Fred Hargrove, le fils du maire. Julien a suivi Lena dans la Nature par amour mais la réapparition d'Alex, échappé des Cryptes-prisons de Portland, rend la situation explosive. Lena est partagée et les retrouvailles avec sa mère, échappée de prison et résistante, ne l'aident pas à voir clair dans ses sentiments. Hana, qui a pourtant subi l'opération, est perturbée elle aussi et quand elles se retrouvent face à face, des traces de leur ancienne amitié les poussent à s'entraider.
50 états, 50 billets
Portland, MAINE
vendredi 14 février 2014
Utøya
Stieg Larsson, l'auteur de Millénium enquêtait sur les nationalistes de Suède dont il dénonçait les actions. Son journal avait reçu des menaces. Le roman est le fruit de son travail, à la fois oeuvre de fiction et compte-rendu de ses investigations de journaliste. J'avais été étonnée de découvrir un pays scandinave sous ce jour et non comme le champion libertaire que je présumais.
Laurent Obertone se penche sur les attentats commis par Anders Breivik le 22 juillet 2011, à Oslo et sur l'île d'Utøya et s'efforce de donner le point de vue du tueur, de suivre son schéma mental. Il s'appuie sur des documents authentiques : les rapports des secours, les témoignages, les minutes du procès et les 1500 pages du manifeste que le jeune homme a publié sur internet pour défendre la cause nationaliste en Norvège, avant d'entreprendre le massacre de masse qu'il a minutieusement mis au point, programmé et exécuté. Arrêté à 18h34, il a passé un peu plus d'une heure dans l'île où il a fait 77 victimes parmi les jeunes travaillistes réunis en congrès d'été et de nombreux blessés par balles, dans un état grave à très grave.
D'après Stéphane Bourgoin, le spécialiste des serial killer (d'ailleurs j'ai un son Livre noir dans ma PàL) : « Il nous faut louer le travail titanesque de Laurent Obertone et la
minutie exceptionnelle qu'il a développée pour reconstituer le parcours
authentique d'Anders Breivik et des drames d'Utøya, jusque dans ses
moindres détails. »
De nouveau un livre qui fait date dans mes lectures, je le lis lentement pour m'en imprégner car s'il est dérangeant, il donne à réfléchir. L'auteur a mené une enquête minutieuse dont il fait part, laissant au lecteur le soin de juger. En revanche, je me suis lassée assez vite des rapports d'autopsie dans la première partie, qui interrompent le récit de façon lancinante.
Laurent Obertone se penche sur les attentats commis par Anders Breivik le 22 juillet 2011, à Oslo et sur l'île d'Utøya et s'efforce de donner le point de vue du tueur, de suivre son schéma mental. Il s'appuie sur des documents authentiques : les rapports des secours, les témoignages, les minutes du procès et les 1500 pages du manifeste que le jeune homme a publié sur internet pour défendre la cause nationaliste en Norvège, avant d'entreprendre le massacre de masse qu'il a minutieusement mis au point, programmé et exécuté. Arrêté à 18h34, il a passé un peu plus d'une heure dans l'île où il a fait 77 victimes parmi les jeunes travaillistes réunis en congrès d'été et de nombreux blessés par balles, dans un état grave à très grave.
D'après Stéphane Bourgoin, le spécialiste des serial killer (d'ailleurs j'ai un son Livre noir dans ma PàL) : « Il nous faut louer le travail titanesque de Laurent Obertone et la
minutie exceptionnelle qu'il a développée pour reconstituer le parcours
authentique d'Anders Breivik et des drames d'Utøya, jusque dans ses
moindres détails. »De nouveau un livre qui fait date dans mes lectures, je le lis lentement pour m'en imprégner car s'il est dérangeant, il donne à réfléchir. L'auteur a mené une enquête minutieuse dont il fait part, laissant au lecteur le soin de juger. En revanche, je me suis lassée assez vite des rapports d'autopsie dans la première partie, qui interrompent le récit de façon lancinante.
challenge nordique : Norvège
jeudi 20 décembre 2012
Une enquête de l'inspectrice Fredrika Bergman
Suède
La fille au tatouage - Tusenkönor
Le titre - ou plutôt sa traduction française - est sans doute le seul point faible de ce livre. Pour le reste, l'histoire démarre au quart de tour, avec l'agression d'un petite fille un après midi d'été dans la propriété familiale en Suède, la situation d'angoisse croissante vécue par une jeune femme en voyage en Asie du Sud-Est et le décès d'un couple bien sous tous rapports dans leur appartement cossu du centre de Stockholm. Trois fils de l'intrigue dont le lecteur pressent bien évidemment qu'ils vont se rejoindre mais dont il met une partie du roman à comprendre les liens stupéfiants.
Invités à dîner, Sven et Leslie découvrent les corps sans vie de leurs amis, Jakob et Marja Alhbin. Les deux couples se fréquentent depuis le plus jeune âge de leurs enfants et le couple met immédiatement en doute la lettre d'adieu où Jakob explique son geste par l'annonce de l'overdose fatale de leur fille aînée. L'enquête est confiée à la brigade criminelle de la police de Stockholm, dirigée par Alex et dont l'équipe, assez hétérogène, n'entretient pas les meilleurs relations du monde.
Le titre - ou plutôt sa traduction française - est sans doute le seul point faible de ce livre. Pour le reste, l'histoire démarre au quart de tour, avec l'agression d'un petite fille un après midi d'été dans la propriété familiale en Suède, la situation d'angoisse croissante vécue par une jeune femme en voyage en Asie du Sud-Est et le décès d'un couple bien sous tous rapports dans leur appartement cossu du centre de Stockholm. Trois fils de l'intrigue dont le lecteur pressent bien évidemment qu'ils vont se rejoindre mais dont il met une partie du roman à comprendre les liens stupéfiants.
Invités à dîner, Sven et Leslie découvrent les corps sans vie de leurs amis, Jakob et Marja Alhbin. Les deux couples se fréquentent depuis le plus jeune âge de leurs enfants et le couple met immédiatement en doute la lettre d'adieu où Jakob explique son geste par l'annonce de l'overdose fatale de leur fille aînée. L'enquête est confiée à la brigade criminelle de la police de Stockholm, dirigée par Alex et dont l'équipe, assez hétérogène, n'entretient pas les meilleurs relations du monde.
Ce second roman voit revenir des personnages récurrents déjà présents dans le premier titre de l'auteur. Cette fois, le personnage central est Fredrika Bergman, une inspectrice qui vient du privé et a rencontré des difficultés à s'intégrer. Kristina Ohlsson prend le temps de faire évoluer ses
personnages, de montrer leurs faiblesses, leur mode de fonctionnement, si bien qu'à la fin, même les crapules les moins attachantes deviennent intelligibles.
Le suspense est un peu mené à la façon de Betty d'Arnaldur Indridason, avec une mystification de départ excellemment entretenue de bout en bout du roman et quelques omissions. Au fur et à mesure de l'intrigue, l'ensemble des personnages appelés sur les lieux prennent leur place dans l'implacable engrenage qui lie les évènements à quinze ans de distance. Sur fonds de flux migratoires, de réfugiés clandestins et de trafic humain, je n'en fini pas de découvrir la complexité des comportements des Suédois face à l'immigration et au racisme ; d'autres lectures en plus de me divertir, m'ont éclairée et instruite : Millénium mais aussi par exemple, Sur la tête de la chèvre.
Un partenariat Livraddict et Michel Lafon que je remercie
Le suspense est un peu mené à la façon de Betty d'Arnaldur Indridason, avec une mystification de départ excellemment entretenue de bout en bout du roman et quelques omissions. Au fur et à mesure de l'intrigue, l'ensemble des personnages appelés sur les lieux prennent leur place dans l'implacable engrenage qui lie les évènements à quinze ans de distance. Sur fonds de flux migratoires, de réfugiés clandestins et de trafic humain, je n'en fini pas de découvrir la complexité des comportements des Suédois face à l'immigration et au racisme ; d'autres lectures en plus de me divertir, m'ont éclairée et instruite : Millénium mais aussi par exemple, Sur la tête de la chèvre.
Un partenariat Livraddict et Michel Lafon que je remercie
dimanche 1 janvier 2012
Toc
Camille a de gros soucis pour une si petite fille. Elle est calme, sage même et travaille bien à l'école, mais elle est secrètement persuadée d'être nuisible à ses proches. Il y a d'abord grand-père et sa pompe à oxygène qui est décédé d'une insuffisance respiratoire, puis sa soeur aînée, tétraplégique à la suite d'une agression dans leur maison alors que Camille est restée cachée sous ses draps, enfin Nesquick sa chienne, allergique au chocolat, qui est morte d'un oedème de Quincke, après que Lisa lui a donné un oeuf mortel pour se venger d'être repoussée. Alors Camille se réfugie dans le contre-pouvoir des suites numériques et des rituels, la répétition comptée de petits gestes quotidiens, alignés pour conjurer le sort et plus elle culpabilise, plus elle compte...
Nathalie Ours a une très belle manière de parler de ces fameux TOC, troubles obsessionnels compulsifs, qui perturbent le comportement : comment ils apparaissent, s'installent et se développent parfois à l'insu de l'entourage immédiat.Je cherche son dernier roman Haute saison, quinzaine uniquement, que j'ai mis au programme du circle challenge ABC pour Volcan.
ABC 2012 2/26
vendredi 25 novembre 2011
La ferme des animaux

Un classique de George Orwell qui transpose l'expérience soviétique dans le contexte d'une ferme dont les animaux, coalisés contre les humains, ont pris la direction. Au début, conscient de travailler pour son propre bonheur, chacun met beaucoup de coeur à l'ouvrage. Mais bientôt, les "grandes espérances" sont un peu battues en brèche. Lorsque les principes initiaux commencent à être revus et corrigés, quelques protestations s'élèvent, dont les voix sont bien vite étouffées. A la fin, le constat est assez amer : les meneurs présentés sous les traits de cochons, font pire que leurs anciens maîtres et la rebellion ne peut survivre qu'en faisant allégeance avec les voisins honnis. La plus belle trouvaille concerne les commandements écrits sur les murs de la grange, dont les postulats (et donc les contraintes pour ceux qui les ont édictés) se réduisent au fur et à mesure que le fossé grandit entre
les troupes/le troupeau et leurs nouveaux tyrans. Une belle découverte, dans un registre totalement différent de 1984.
Pourtant, la critique affleure toujours, à peine sous-jacente. On rit tandis que George Orwell, à la manière de La Fontaine, dépeint les travers des animaux, mais quand on s'aperçoit qu'ils sont presque trop humains et quand ça fait mal, la flèche a déjà porté.
vendredi 26 août 2011
Rosa candida - Afleggjarinn
Le roman, largement plébiscité sur les blogues, a reçu une douzaine de prix et sélections littéraires, pourtant je ne réussissais pas à m'en emparer, en très grande partie à cause de la couverture (j'ai toujours la même réaction de rejet face à cet éditeur Zulma), mais en plus, je trouve toutes les couvertures plus moches les unes que les autres ! un florilège de repoussoirs...
Dans ce texte, c'est une rose primitive à huit pétales qui vole la vedette aux personnages humains. Pourtant, j'ai eu bien envie de m'intéresser au jeune Arnljótur, libéré de ses liens familiaux (un frère autiste, un père octogénaire) par la mort accidentelle de sa mère adorée. Je me suis interrogée sur le tracé énigmatique de son parcours sur le continent (je n'ai toujours pas deviné le pays de son séjour dans la forêt par exemple) et sur sa destination finale insolite, une ancienne roseraie au coeur d'un couvent loin du monde (dans une ville des Balkans ?). Au milieu des fleurs, dans la compagnie d'un moine cinéphile et philosophe, c'est pourtant à une éclosion d'un autre genre que l'auteur nous invite : père de hasard d'une petite Flòra Sòl, née d'une étreinte furtive avec Anna, dans la serre familiale où sa mère cultivait ses roses avec amour, il donne plus de soins aux boutures qu'il emporta dans ses bagages ou aux massifs de roses rares qu'il ressuscite qu'à la mère et la fille venues le rejoindre sans qu'il n'ait rien demandé, ni promis ; bon gré, mal gré, le sentiment de paternité se fait peu à peu une place dans sa vie.
lundi 11 juillet 2011
Les guerriers du silence
Les guerriers du silence de Pierre Bordage constituent le premier volet d’une trilogie complétée par Terra Mater et La citadelle Hyponéros.L'adaptation en bande dessinée, signée Algésiras et Philippe Ogaki, est composée de 4 albums :
Point rouge
La Marchandhomme
Le fou des montagnes
Le tombeau absourate
Seul l'ordre des moines guerriers absourates, détenteurs d’une science oubliée semble encore en mesure de protéger la confédération d'un coup d'état. A moins que la surprise ne vienne d'un outsider, le jeune Tixu Oty, obscur employé de la Compagnie Intergalactique Long Transfert (CILT) qui exploite le transport par Déremat', un procédé qui permet le voyage immédiat d'une planète à une autre par dématérialisation/rematérialisation des molécules.
Tixu Oty s'ennuie dans son agence de voyages sur la modeste planète Deux-Saisons et noie la banalité de sa vie dans l’alcool, jusqu’au jour où sa vie bascule avec l'entrée fracassante d'une jeune et jolie syracusaine traquée par des tueurs. Aphykit est la fille d'un des derniers maîtres de l'art inddique. Elle use de son influence mentale pour pousser le jeune homme à enfreindre le règlement et la téléporter gratuitement sur une autre planète.
Héros malgré lui, Tixu Oty se retrouve embarqué dans une course-poursuite trépidante dont l’enjeu est l’avenir même de l’univers. Pour se porter au secours de la jolie Aphykit dont il est tombé amoureux, il la suit sur Point-rouge. Droguée et sous l'effet d'un virus mortel inoculé par le marchand d'esclave, la future marchandhomme est sur le point d'être mise aux enchères sur le marché.
Héros malgré lui, Tixu Oty se retrouve embarqué dans une course-poursuite trépidante dont l’enjeu est l’avenir même de l’univers. Pour se porter au secours de la jolie Aphykit dont il est tombé amoureux, il la suit sur Point-rouge. Droguée et sous l'effet d'un virus mortel inoculé par le marchand d'esclave, la future marchandhomme est sur le point d'être mise aux enchères sur le marché.
Il ne reste qu'une poignée d'hommes éparpillés sur différents mondes, capables de contrer leur prise de contrôle total de l'humanité. Adeptes d'un art du combat pacifique, qui enseigne la maîtrise du silence, le cri intérieur, les dépositaires de la science inddique sont en danger de mort. L'élimination des trois derniers maîtres absourates connus est la première étape du gigantesque complot visant à faire basculer la Confédération dans une dictature sanglante. Tixu Oty et Aphykit doivent absolument réussir à rejoindre le troisième et dernier maître.
Des mondes étranges et bigarrés, de sombres intrigues, des pouvoirs extraordinaires, des races extra-terrestres, des espèces animales fabuleuses, des héros pourchassés, des amitiés inattendues, des renversements de situation... le roman, dont les ingrédients favoris sont la corruption, l'avidité, la religion, la soif de pouvoir et la lutte contre l'oppression, est animé d’un véritable souffle épique.
Des mondes étranges et bigarrés, de sombres intrigues, des pouvoirs extraordinaires, des races extra-terrestres, des espèces animales fabuleuses, des héros pourchassés, des amitiés inattendues, des renversements de situation... le roman, dont les ingrédients favoris sont la corruption, l'avidité, la religion, la soif de pouvoir et la lutte contre l'oppression, est animé d’un véritable souffle épique.
Dès son coup d’essai, Pierre Bordage livre avec Les guerriers du silence, grand prix de l’Imaginaire et prix Julia Verlanger en 1994, le premier volet d’un authentique Opéra de l’Espace dense et foisonnant.
dimanche 19 juin 2011
Canoë bay
Tiburce Oger et Patrick Prugne conjuguent leurs talents dans une pure merveille dont voici quelques planches. D'abord parce que Tiburce Oger explore un thème peu usité : les premiers temps des futurs Etats-Unis, non point du côté vu et revu des pionniers du Far West, mais plutôt tourné vers la côte Est et les premières colonies franco-britanniques.
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Jack, un jeune acadien, fils d'Anne Labrune, morte en couches et de père inconnu, se retrouve enrôlé de force dans la marine marchande britannique. Il est, parmi des milliers, une victime du “Grand dérangement”, épisode douloureux de l’histoire américaine, au cours duquel les anglais déportèrent les habitants de l’Acadie vers leurs colonies de la côte Atlantique. Canoë Bay retrace l’histoire de cet enfant soumis au terribles conditions de la vie sur le “Virginia”, dont l’équipage, composé d’anciens bagnards emmenés par le bien nommé “Lucky Roberts”, alias John Place, se mutine bientôt. Devenus pirates, ils devront apprendre à se méfier des Anglais, des Français, et de quelques “faux” frères de la côte, prêts à vendre les leur pour quelques doublons ou pour échapper à la corde.
Sur fond de piraterie et de découverte du nouveau monde, une magnifique aventure humaine attend Jack, l'héritier du fameux pirate Jack Rackham, Andrew orphelin comme lui et fugitif de surcroit, et Angela, la fille de Lord Princelton, enlevée lors de l'abordage du navire de son père, pour servir d'otage et de monnaie d'échange, mais qui finit par se joindre aux deux jeunes garçons.
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Le cahier attaché à l'album montre l'énorme travail de préparation de Patrick Prugne. Il dit s'être inspiré de Robert Griffing ou Don Troiani, pour les affrontements entre Anglais et Français qui menèrent à la guerre de sept ans et entraînèrent les tribus indiennes, en fonction de leurs rivalités ancestrales, dans des alliances de part et d'autre. Je lui trouve un talent digne des planches navales de Pierre Joubert. La technique, de magnifiques marines à l'aquarelle qui rendent si bien l'ambiance des grands voiliers transatlantiques et la vie à bord et des personnages, hauts en couleurs, officiers de la marine de guerre, Français et Anglais, pirates chasseurs de trésors, réfugiés dans les Antilles portugaises ou espagnoles, mais aussi indiens, Hurons et Iroquois, font de cet album un voyage spatio-temporel aux temps héroïques de la marine à voile et de la guerre d'indépendance.
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Jack, un jeune acadien, fils d'Anne Labrune, morte en couches et de père inconnu, se retrouve enrôlé de force dans la marine marchande britannique. Il est, parmi des milliers, une victime du “Grand dérangement”, épisode douloureux de l’histoire américaine, au cours duquel les anglais déportèrent les habitants de l’Acadie vers leurs colonies de la côte Atlantique. Canoë Bay retrace l’histoire de cet enfant soumis au terribles conditions de la vie sur le “Virginia”, dont l’équipage, composé d’anciens bagnards emmenés par le bien nommé “Lucky Roberts”, alias John Place, se mutine bientôt. Devenus pirates, ils devront apprendre à se méfier des Anglais, des Français, et de quelques “faux” frères de la côte, prêts à vendre les leur pour quelques doublons ou pour échapper à la corde.Sur fond de piraterie et de découverte du nouveau monde, une magnifique aventure humaine attend Jack, l'héritier du fameux pirate Jack Rackham, Andrew orphelin comme lui et fugitif de surcroit, et Angela, la fille de Lord Princelton, enlevée lors de l'abordage du navire de son père, pour servir d'otage et de monnaie d'échange, mais qui finit par se joindre aux deux jeunes garçons.
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Le cahier attaché à l'album montre l'énorme travail de préparation de Patrick Prugne. Il dit s'être inspiré de Robert Griffing ou Don Troiani, pour les affrontements entre Anglais et Français qui menèrent à la guerre de sept ans et entraînèrent les tribus indiennes, en fonction de leurs rivalités ancestrales, dans des alliances de part et d'autre. Je lui trouve un talent digne des planches navales de Pierre Joubert. La technique, de magnifiques marines à l'aquarelle qui rendent si bien l'ambiance des grands voiliers transatlantiques et la vie à bord et des personnages, hauts en couleurs, officiers de la marine de guerre, Français et Anglais, pirates chasseurs de trésors, réfugiés dans les Antilles portugaises ou espagnoles, mais aussi indiens, Hurons et Iroquois, font de cet album un voyage spatio-temporel aux temps héroïques de la marine à voile et de la guerre d'indépendance.
à lire également, une autre histoire de piraterie mettant en scène trois adolescents : Barracuda 1, 2 et 3 : Esclaves
vendredi 20 août 2010
L'étrangère
Dans La prisonnière, écrit en collaboration avec Michèle Fitoussi et paru en 1999, Malika Oufkir témoigne de ses vingt années de captivité dans les geôles marocaines où l'ensemble de la famille a été emprisonné en 1972, à la suite du coup d'état manqué et de l'exécution du général Oufkir par le roi Hassen II. Son récit a fait l'objet d'une diffusion exceptionnelle en Europe et aux Etats-Unis et lui a valu de nombreuses tournées de présentation.
L'étrangère, où elle livre la suite de ses souvenirs, raconte avec une apparente humilité et un moralisme de bon aloi, les difficultés de son retour à la vie "civile", ses années de rééducation à la liberté avec l'aide de son mari, son choc face aux changements survenus dans le monde. Cela n'est pas réellement l'oeuvre d'un écrivain, mais plutôt un bis repetita de la catharsis engagée grâce au premier livre. Les chapitres sont décousus, l'auteur hésite sans trouver sa place entre l'anecdote autobiographique et la pensée générale.
Globalement, je me suis beaucoup ennuyée, même si je dois admettre que j'ai découvert ignorer honteusement une partie de l'histoire récente du Maroc.
Une des pires impressions de ce circle challenge ABC après Danielle Steel
lundi 19 avril 2010
Le sourire de l'ange
Je n'ai pas grand chose à ajouter à la présentation éditoriale de ce thriller de Joyce Carol Oates publié sous le pseudonyme de Rosamond Smith : " Un visage avenant, un esprit brillant : Colin Ash, vingt-sept ans, recueille tous les suffrages au sein de la haute bourgeoisie de Boston. Or, chacun ignore qu'il note le détail de ses forfaits dans un registre bleu. Dorothea Deverell, la veuve dont Colin s'est épris, découvrira que, derrière son sourire d'ange, se cache un être inquiétant... "
Une lecture agréable mais dont le dénouement est un peu trop attendu, puisque tout est quasiment révélé dès le début : l'intrique y perd beaucoup en intérêt.
Une lecture agréable mais dont le dénouement est un peu trop attendu, puisque tout est quasiment révélé dès le début : l'intrique y perd beaucoup en intérêt.
dimanche 21 mars 2010
Salut au Grand Sud
Isabelle Autissier et Erich Orsenna se lancent sur la piste des explorateurs célèbres attirés par le mirage du Pôle Sud, l'une s'y précipite pour prendre le temps et se "divertir" des courses autour du monde en solitaire, l'autre pour vivre et écrire le bonheur de se trouver là, connaître "sa vérité" intime, le dépassement de soi que seuls les marins réussissent à approcher. Embarqué à six, dont trois authentiques marins, sur l'Ada2, un solide voilier de quinze mètres, ils quittent Ushuaïa le 8 janvier 2006, atteignent les 40èmes Rugissants, laissent derrière eux les 50ème Hurlants, s'aventurent en Mer de Wendell, contournent la Péninsule et poussent sans réussir à l'attendre jusqu'à l'île Marguerite, avant de renoncer et de remonter vers le Cap Horn.
Le récit à deux voix raconte les sept semaines qu'a duré l'aventure et mêle les notes de bord du skipper et celles de l'académicien. Il dit le goût des hommes pour l'aventure extrême, le courage et la témérité (ou l'inconscience ?) des découvreurs qui ont ouvert la voie, sans carte, ni instrument moderne... Il dévoile aussi l'inclination de ces marins, qui ne sont pas des géographes, à nommer toute chose. Il me fait rêver à ce continent à part, si lointain et distinct, pourtant si lié au reste de la planète, avec son courant circumpolaire, ce grand fleuve qui brasse les eaux des trois océans et aide à entretenir un climat doux et propice à la vie. http://www.a360.org/article.php3?id_article=187J'y retrouve pour partie la quête présente dans le récit de Jean Paul Kauffmann sur les Kerguelen : se laisser prendre à l'appel fascinant de l'Antarctique insoumis, y guetter les traces des précurseurs, hanter les souvenirs de voyage de ceux qui n'en sont revenus que pour mieux songer repartir.
Le récit à deux voix raconte les sept semaines qu'a duré l'aventure et mêle les notes de bord du skipper et celles de l'académicien. Il dit le goût des hommes pour l'aventure extrême, le courage et la témérité (ou l'inconscience ?) des découvreurs qui ont ouvert la voie, sans carte, ni instrument moderne... Il dévoile aussi l'inclination de ces marins, qui ne sont pas des géographes, à nommer toute chose. Il me fait rêver à ce continent à part, si lointain et distinct, pourtant si lié au reste de la planète, avec son courant circumpolaire, ce grand fleuve qui brasse les eaux des trois océans et aide à entretenir un climat doux et propice à la vie. http://www.a360.org/article.php3?id_article=187vendredi 19 février 2010
La grammaire est une chanson douce
Après un naufrage, Jeanne et son frère aîné Thomas échouent sur un rivage : dans la tempête, ils ont perdu tous leurs mots dont les lettres gisent, éparpillées autour d’eux. Avec l'aide d'un poète-chanteur qui ressemble à Henri Salvador, ils vont réapprendre le vocabulaire, en rendant visite aux populations de l'île : les catégories grammaticales sont présentées comme des groupes ethniques avec leurs us et coutumes.Vif plaidoyer pour le plaisir du langage et les subtilités lexicales, ce roman est le premier d’une série consacrée aux difficultés de la langue française, qu’Erik Orsenna, académicien, traite avec humour et une volonté de décrispation.
vendredi 29 mai 2009
Le capital - Le manifeste - L'idéologie
Après Le capital, satyre de l'économie et des finances, des grandes entreprises et de l'horreur mercantile, Stéphane Osmont poursuit par Le manifeste qui s'attaque au monde politique, ses bassesses et ses retournements, avant de finir par L'idéologie, qui se concentre sur le pouvoir des media, dernier opus de ce triptyque par lequel Stéphane Osmont transpose en fiction, dans le monde contemporain, ce que Marx a dénoncé en son temps dans ses trois maîtres-livres.
Le Mot de l'éditeur :
Le capital
A travers les aventures de Marc Tourneuillerie, patron de la plus grande banque européenne, ce roman est la satire la plus féroce, la plus drôle et la plus efficace que l'on ait jamais écrite sur le monde capitaliste actuel. On y découvre la vie d'un établissement financier où la soif d'argent et de pouvoir s'habille des atours de la rationalité gestionnaire. On y évolue dans les milieux de l'élite économique et de la jet-set internationale entre Paris, Londres, New York, Davos, Tokyo... On y vit dans les paradis artificiels de la drogue, les images artificielles d'Internet, la bulle artificielle des fortunes éphémères, le temps artificiel du décalage horaire, le sexe artificiel des fantasmes délirants. On y réalise que les nouveaux jeux vidéo sont en train de tuer nos enfants, les nouvelles valeurs de tuer notre humanité, les nouvelles idoles de tuer nos désirs... et que nous sommes peut-être tous devenus des monstres.
A travers les aventures de Marc Tourneuillerie, patron de la plus grande banque européenne, ce roman est la satire la plus féroce, la plus drôle et la plus efficace que l'on ait jamais écrite sur le monde capitaliste actuel. On y découvre la vie d'un établissement financier où la soif d'argent et de pouvoir s'habille des atours de la rationalité gestionnaire. On y évolue dans les milieux de l'élite économique et de la jet-set internationale entre Paris, Londres, New York, Davos, Tokyo... On y vit dans les paradis artificiels de la drogue, les images artificielles d'Internet, la bulle artificielle des fortunes éphémères, le temps artificiel du décalage horaire, le sexe artificiel des fantasmes délirants. On y réalise que les nouveaux jeux vidéo sont en train de tuer nos enfants, les nouvelles valeurs de tuer notre humanité, les nouvelles idoles de tuer nos désirs... et que nous sommes peut-être tous devenus des monstres.
Le manifeste
La partie ‘privée’. En 1977, à Rome, une jeune femme assassinée par des policiers en civil lors d'une manifestation meurt dans les bras du narrateur, Abel Moreau, âgé d'à peine 16 ans. Lors d'une visite protocolaire en Italie trente ans plus tard, Abel, devenu Premier ministre de la France, revit en partie le drame de 1977 qui l'a traumatisé à vie et dont les circonstances exactes lui échappent encore du fait d'une amnésie hystérique partielle. Il finira par apprendre qu'Angela, son amour de jeunesse, est liée au drame dans une mesure qu'il ne soupçonnait pas. Née dans une famille bohème, Angela s'est exilée aux Etats-Unis où elle participe chaque année au grand rassemblement alternatif du "Burning Man". C'est là qu'Abel la retrouvera clandestinement après trente ans de séparation avant de la perdre à nouveau, puis de ne la revoir une dernière fois qu'à l'aube de leur commune mise à mort...
La partie "publique". Retournement de cycle économique : Abel a la chance de présider au gouvernement d'un pays en pleine prospérité. Il distribue crédits et prébendes à jet continu mais doit néanmoins affronter les émeutes de l'opulence, les perturbateurs endocriniens qui frappent de rachitisme et de dégénérescence des milliards de spermatozoïdes dans les pays développés et menacent d'infécondité générale le mâle occidental, un groupe terroriste dit " Ennemi de l'Intérieur" qui a déjà fait sauter les Invalides et le poursuit de sa haine tenace... Abel gagne sa popularité en proposant aux Français de se spécialiser sur leur pôle d'excellence : le loisir ! Laissons la high-tech aux Etats-Unis, l'industrie manufacturière à l'Asie, la finance à la Grande-Bretagne, et devenons une "Fashion Nation" spécialisée dans l'Art de Vivre : la gastronomie, la culture, la mode, le luxe, le tourisme, la galanterie, les raffinements de l'amour.... Triomphe garanti, surtout lorsqu'il propose à l'Italie et à l'Espagne de se joindre à ce projet digne de la Renaissance : une "Great Fashion Nation" recentrée autour de la Méditerranée... Pour pallier la chute de notre fécondité, il confie aux Tsiganes, épargnés par le déclin, le soin d'assurer notre avenir : accueillis en fanfare dans les plus grands hôtels, les gens du voyage se sédentarisent à coups de Revenu Maximum d'Insémination, avant d'être courtisés par les Etats-Unis qui exigent le partage de la manne spermatique...De plus en plus angoissé et paranoïaque, dopé à la Dexedrine, pris en tenaille entre le ministre de l'Intérieur, son ennemi personnel et rival en politique, et le Président de la République jaloux de ses succès, notre Abel cherche désespérément à remonter aux sources de sa mémoire traumatisée : c'est lorsqu'il y touchera finalement qu'une balle dans la tête lui fera rejoindre la morte du pont de Rome.
La partie ‘privée’. En 1977, à Rome, une jeune femme assassinée par des policiers en civil lors d'une manifestation meurt dans les bras du narrateur, Abel Moreau, âgé d'à peine 16 ans. Lors d'une visite protocolaire en Italie trente ans plus tard, Abel, devenu Premier ministre de la France, revit en partie le drame de 1977 qui l'a traumatisé à vie et dont les circonstances exactes lui échappent encore du fait d'une amnésie hystérique partielle. Il finira par apprendre qu'Angela, son amour de jeunesse, est liée au drame dans une mesure qu'il ne soupçonnait pas. Née dans une famille bohème, Angela s'est exilée aux Etats-Unis où elle participe chaque année au grand rassemblement alternatif du "Burning Man". C'est là qu'Abel la retrouvera clandestinement après trente ans de séparation avant de la perdre à nouveau, puis de ne la revoir une dernière fois qu'à l'aube de leur commune mise à mort...
La partie "publique". Retournement de cycle économique : Abel a la chance de présider au gouvernement d'un pays en pleine prospérité. Il distribue crédits et prébendes à jet continu mais doit néanmoins affronter les émeutes de l'opulence, les perturbateurs endocriniens qui frappent de rachitisme et de dégénérescence des milliards de spermatozoïdes dans les pays développés et menacent d'infécondité générale le mâle occidental, un groupe terroriste dit " Ennemi de l'Intérieur" qui a déjà fait sauter les Invalides et le poursuit de sa haine tenace... Abel gagne sa popularité en proposant aux Français de se spécialiser sur leur pôle d'excellence : le loisir ! Laissons la high-tech aux Etats-Unis, l'industrie manufacturière à l'Asie, la finance à la Grande-Bretagne, et devenons une "Fashion Nation" spécialisée dans l'Art de Vivre : la gastronomie, la culture, la mode, le luxe, le tourisme, la galanterie, les raffinements de l'amour.... Triomphe garanti, surtout lorsqu'il propose à l'Italie et à l'Espagne de se joindre à ce projet digne de la Renaissance : une "Great Fashion Nation" recentrée autour de la Méditerranée... Pour pallier la chute de notre fécondité, il confie aux Tsiganes, épargnés par le déclin, le soin d'assurer notre avenir : accueillis en fanfare dans les plus grands hôtels, les gens du voyage se sédentarisent à coups de Revenu Maximum d'Insémination, avant d'être courtisés par les Etats-Unis qui exigent le partage de la manne spermatique...De plus en plus angoissé et paranoïaque, dopé à la Dexedrine, pris en tenaille entre le ministre de l'Intérieur, son ennemi personnel et rival en politique, et le Président de la République jaloux de ses succès, notre Abel cherche désespérément à remonter aux sources de sa mémoire traumatisée : c'est lorsqu'il y touchera finalement qu'une balle dans la tête lui fera rejoindre la morte du pont de Rome.
L'idéologie
Evariste Kowalski fait partie de ces conseillers de l’ombre – les « spin doctors » disent les anglo-saxons – qui ont beaucoup de pouvoir dans les milieux du business, de la politique et des médias.Les affaires d’Evariste sont très prospères, notamment parce qu’il utilise mieux qu personne le Web comme instrument d’influence. Les lubies de ses contemporains – son domaine d’intervention – lui sont devenues insupportables : célébration de la célébrité, culte de l’opinion individuelle, aversion à l’égard du savoir, moimoïsme geignard, phobie des complots…Ce qu’exècre le plus Evariste, ce sont les trahisons de la génération de ses parents – celle de Woodstock. Elle a abâtardi la recherche du plaisir en religion de l’argent et l’aspiration à la singularité en consommation compulsive. Son père, un ancien hippy reconverti en banquier mormon à Las Vegas, en est la pire des incarnations.A bientôt 40 ans, Evariste décide donc de déclarer une guerre personnelle à ses semblables. Il recourt à toutes les techniques que son métier lui a enseignées dans l’art de la manipulation des esprits. Internet devient son champ de manœuvre privilégié ; il y répand rumeurs et calmonies.Ceux qui croisent le chemin d'Evariste sont pris pour cibles : patron du CAC 40, ministre des finances, journaliste magouilleuse, entremetteur véreux, blogueurs paranoïaques… Sans oublier son père honni. Mais le monde moderne est trop vaste et trop plastique pour se laisser malmener…
Evariste Kowalski fait partie de ces conseillers de l’ombre – les « spin doctors » disent les anglo-saxons – qui ont beaucoup de pouvoir dans les milieux du business, de la politique et des médias.Les affaires d’Evariste sont très prospères, notamment parce qu’il utilise mieux qu personne le Web comme instrument d’influence. Les lubies de ses contemporains – son domaine d’intervention – lui sont devenues insupportables : célébration de la célébrité, culte de l’opinion individuelle, aversion à l’égard du savoir, moimoïsme geignard, phobie des complots…Ce qu’exècre le plus Evariste, ce sont les trahisons de la génération de ses parents – celle de Woodstock. Elle a abâtardi la recherche du plaisir en religion de l’argent et l’aspiration à la singularité en consommation compulsive. Son père, un ancien hippy reconverti en banquier mormon à Las Vegas, en est la pire des incarnations.A bientôt 40 ans, Evariste décide donc de déclarer une guerre personnelle à ses semblables. Il recourt à toutes les techniques que son métier lui a enseignées dans l’art de la manipulation des esprits. Internet devient son champ de manœuvre privilégié ; il y répand rumeurs et calmonies.Ceux qui croisent le chemin d'Evariste sont pris pour cibles : patron du CAC 40, ministre des finances, journaliste magouilleuse, entremetteur véreux, blogueurs paranoïaques… Sans oublier son père honni. Mais le monde moderne est trop vaste et trop plastique pour se laisser malmener…
lundi 25 mai 2009
La chanson de Charles Quint
Deux frères, deux caractères antagonistes, deux histoires d'amour, de celles qui comptent en tout cas, deux vies, deux visions de la vie.
A la moitié du roman, toujours pas de Charles Quint et je doute qu'il apparaisse, pourtant, dix pages avant la fin, Erik Orsenna nous révèle le titre de ce qui fut, dit-on, la chanson préférée de Charles Quint : Mille Regretz.
Académie française oblige, c'est très bien écrit, très très bien même. Des phrases courtes, limpides, concises. Des idées simples, des images lumineuses. Un beau texte, une histoire belle et triste, presque banale mais c'est l'écriture qui ne l'est pas.
Dire que Voyage aux pays du coton dort depuis si longtemps dans ma PAL, je comprends maintenant pourquoi je l'avais acheté après l'avoir feuilleté, mais je dois remettre la main dessus.
A la moitié du roman, toujours pas de Charles Quint et je doute qu'il apparaisse, pourtant, dix pages avant la fin, Erik Orsenna nous révèle le titre de ce qui fut, dit-on, la chanson préférée de Charles Quint : Mille Regretz.
Académie française oblige, c'est très bien écrit, très très bien même. Des phrases courtes, limpides, concises. Des idées simples, des images lumineuses. Un beau texte, une histoire belle et triste, presque banale mais c'est l'écriture qui ne l'est pas.
Dire que Voyage aux pays du coton dort depuis si longtemps dans ma PAL, je comprends maintenant pourquoi je l'avais acheté après l'avoir feuilleté, mais je dois remettre la main dessus.
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