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mercredi 13 novembre 2019

Histoires de Chimères [5]

Rien qu'une Chimère d'Emma Darcy ou le mannequin et le milliardaire : elle vient de se disputer avec son fiancé et photographe, il veut lancer son nouveau parfum, ils se croisent incognito le temps d'une parenthèse idyllique sur une plage... elle sera sa nouvelle égérie, il lui a caché qu'il pouvait détenir les clefs de son avenir professionnel, l'instant d'un clip la magie opère de nouveau.
AUSTRALIE
Lu en octobre 2019


Chasseurs de chimères : un recueil de nouvelles datant de l'âge d'or de la SF française
Lues en novembre 2014








Chimères, tome 3 Bellérophon, de Joseph Béhé et Thomas Mosdi
Je ressens une légère déception avec l'album de clôture de ce triptyque pour deux raisons : le graphisme de Béhé me plaît moins que dans d'autres albums et le scénario est difficile à suivre car il se rattache à plusieurs sources mythologiques
Lu en décembre 2014


Pour cette troisième session, j'ai choisi de lire des BD se rattachant à la Belle époque.
Assez peu convaincue par le tome 1 des aventures d'Adèle Blanc-Sec de Tardi, j'ai préféré chercher ailleurs et bien m'en a pris.
Janvier 2015 pour le challenge Chacun son époque 3/5

D'abord, Green Manor, un triptyque écrit par Vehlman et dessiné par Bodart, qui m'a amusée par son humour cynique et divertie par la diversité des histoires courtes rassemblées sous une thématique commune. Les faits advenus sont évoqués par un narrateur identique à la manière des romans à énigme de la même époque, se passent dans l'Angleterre victorienne, majoritairement à Londres, et s'étalent dans le temps sur toute la seconde moitié du 19ème siècle.
Sous des allures respectables et une courtoisie bon ton, les membres du Green Manor's Club, fleurons de l'aristocratie britannique, sont les plus odieuses crapules qui soient. Les scrupules anecdotiques du futur gardien de la vénérable institution sont prétexte à l'évocation des méfaits secrets et des passions criminelles des uns et des autres. Chaque conte est délicieusement inattendu, mais j'ai préféré le machiavélisme magistral et ultime du joueur d'échec et l'ironie cruelle de la chute dans l'Ange de la Mort.
Fin de partie
La petite musique du crime
Dans la tête de William Blake
Duel au sommet
Le testament

Ensuite, Chimère(s) 1897, repéré dès sa sortie est un triptyque signé Arleston qu'on ne présente plus et Vincent, qui m'a beaucoup plu, tant par son graphisme que par le fond de l'intrigue et le contexte : la IIIème République et le Paris haussmannien dans les dernières années du 19ème siècle. 



Outre le destin de l'héroïne, déjà prostituée bien que n'ayant pas l'âge légal et à laquelle aucune humiliation n'est épargnée, je me suis intéressée aux secrets de Gisèle, l'impitoyable tenancière, une ancienne reine des spectacles parisiens. Sa maison close La perle pourpre, lieu de rendez vous et de débauche où se croisent le monde des arts, des affaires et de la politique, permet de rencontrer des personnages qui ont fait l'histoire. L'intrigue fait la part belle à la trame de fond, il y est question de Ferdinand de Lesseps, en difficulté pour le financement des travaux de Panama en dépit du succès du canal de Suez, de Gustave Eiffel en pleine construction - contestée - de la tour qui portera son nom pour la postérité, mais aussi de Maupassant, chroniqueur toujours à l'affût de matériau littéraire...



jeudi 15 août 2019

Le pouvoir des Cinq (Power of Five)

Raven's Gate, premier tome du Pouvoir des cinq, m'a été envoyé par Faelys dans le cadre du mini-swap Impulse spécial mauvais genre. Depuis j'ai lu les tomes 2 à 4 et j'attends le dernier avec impatience !

Anthony Horowitz est un auteur qui écrit pour un lectorat adolescent. Délicieusement inquiétant, ce tome est le premier d'une série intitulée "Le pouvoir des cinq" et permet de faire connaissance avec le jeune héros, un adolescent orphelin au destin hors du commun et doté de pouvoirs surnaturels.
Matt(hew) Freeman a perdu ses parents dans un accident de voiture et glisse peu à peu dans la délinquance juvénile. Au bénéfice d'un programme de réinsertion, il se retrouve en famille d'accueil dans une ferme du Yorkshire isolée dans la forêt. Il s'inquiète rapidement du comportement étrange des habitants du village voisin qui semblent appartenir à une communauté secrète... décidée à restaurer le pouvoir des Anciens, des forces maléfiques emprisonnées jadis par le pouvoir des cinq.
Lu le 26 mars 2010

Avec Evil star (2) et Nightrise (3) Anthony Horowitz poursuit l'aventure commencée avec Matt, le premier des cinq élus, dans Raven's gate (1). Aidé par Richard pour la partie logistique qui nécessite un adulte, il est rejoint par un jeune descendant des Incas. Tous les deux doivent oeuvrer à empêcher l'ouverture d'une porte au Pérou dans une ancienne cité. Dans ce tome coexistent un souffle épique et un univers fantasmatique incroyables. En outre, les passages qui permettent de rejoindre n'importe quelle partie du monde en un temps record me laissent songeuse.
Unissant leurs forces au sein de la compagnie Nexus, les cinq doivent déjouer le désir hégémonique de la société Nightrise qui exploitent des enfants aux pouvoirs psychiques paranormaux. Deux jumeaux télépathes qui font des rêves étranges et complexes et la seule demoiselle de l'aventure se trouvent enfin.
Lus le 19 novembre 2010
 

Necropolis (4) Après un rendez vous en Amérique du Sud dans le désert de Nazca qui manque de tourner au fiasco pour les héros, l'avant dernier volume les amène à la recherche de Scar(lett) en Asie. A Hong Kong, les éléments climatiques se déchaînent contre eux.
Lu le 20 décembre 2015

 Oblivion (5) dans ma PàL, clôt la série.

samedi 16 février 2019

Deux enquêtes d' Einar le journaliste [2]

L'ombre des chats  d'Arni Thorarinsson (tome 5 de la saga)
Einar, remplaçant au pied levé le rédacteur en chef et éditorialiste du Journal du soir, a des scrupules à exploiter des informations personnelles pour faire le buzz dans son journal. Un couple de ses amies est victime d'une mauvaise farce au moment du déballage des cadeaux de mariage ; l'une des deux est impliquée peu après dans une double overdose assistée par ordinateur. Un homme est grièvement blessé par une inconnue dans une file d'attente devant un bar de nuit. Ce roman, très orienté LGBT, repose sur un certain nombre de préjugés sexuels. Sur fond d'élections tendues au poste de premier secrétaire du parti socialiste, le roman porte le débat sur les aspects déontologiques liés à la concurrence des activités journalistiques avec les enquêtes policières, mais aussi à la liberté des media et au devoir/pouvoir d'investigation, notamment par rapport à la transparence de la vie politique.

Les polars nordiques forment un groupe particulier et parmi eux les polars islandais un sous-groupe unique en son genre. J'aime à les lire car ils donnent à voir la réalité socio-économique d'une île en crise à certains égards, notamment à cause des transformations inéluctables et des répercussions de la mondialisation. Nul territoire, aussi sauvage que puissent encore le paraître des endroits reculés, isolés comme les fjords de l’ouest, ne parvient à rester en dehors des soubresauts dus à l'appât du gain, du pouvoir, de la gloire.

Le septième fils (tome 3) reçu pour Colore ton SWAP
Le rédacteur en chef du Journal du soir, avide de sensationnel, a envoyé son correspondant de l'agence Nord traquer le scoop dans le port occidental d’Isafjördur. Les soirées sont longues et les journées semées d'embûches car personne ne veut coopérer, à commencer par la commissaire de police locale. Pourtant, un air désabusé, une nonchalance non feinte et un regard sans préjugés sur les événements lui permettent d’apprivoiser les témoins. Alors que l'agitation est à son comble à Reykjavik, Einar parvient à lever quelques lièvres dans les enquêtes en cours.
Lu le 11 janvier 2015  en LC pour le 11ème LDPA

dimanche 6 janvier 2019

Fred Vargas [5]

Hors série
Ceux qui vont mourir te saluent

Les enquêtes du commissaire Jean Baptiste Adamsberg [4]
Les quatre fleuves
Le roman graphique peint à l'encre de chine par Edmond Baudouin pour relater une enquête originale du commissaire Adamsberg, réussit l'exploit d'atteindre à la même finesse psychologique que les précédents romans de Fred Vargas mais en raccourci : le déroulement est plus concis, plus concentré et moins lent. Le commissaire reste aussi insaisissable, alors que Danglard est plus repoussant qu'à l'écrit ou alors - parce qu'il est père, célibataire et l'assume - je n'ai pas voulu lire entre les lignes ce que le dessin expose crûment. L'énigme posée par la mort violente d'un voyou met le commissaire aux prises avec une famille de marginaux qui fait bloc autour du patriarche, une sorte de facteur Cheval en train de construire une réplique du Bernin avec des cannettes et des capsules de bière. Je ne connais pas assez l'univers de Fred Vargas pour savoir si la conclusion s'insère dans le fil de sa bibliographie.

L'homme aux cercles bleus
Cela fait bien longtemps que je n'avais pas réussi à accrocher un titre à ma liste en BLEU : la cause, trop de challenges, trop de lectures de blogues, trop de tentations. Mais voilà, j'en tiens un et un bon !
Je suis contente de commencer par le début des enquêtes du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg et de faire connaissance avec sa méthode si particulière de " pelleteur de nuages ". Le surnom lui a été attribué par son équipe, dont fait partie son inspecteur préféré, Danglard, père célibataire de deux fois deux jumeaux plus un coucou depuis que sa femme lui a abandonné leur progéniture.
L'enquête se passe à Paris : ils sont affectés au commissariat du V ème, mais l'homme aux cercles bleus se déplace dans plusieurs arrondissements. Au début, il ne s'agit que de bizarreries, des cercles dont le centre désigne un rebut de trottoir, un objet insignifiant laissé pour compte. Mais le commissaire, avec sa manière bien à lui de ressentir la cruauté des gens sait que cela va empirer. Il met ses enquêteurs sur l'affaire bien avant le premier meurtre... qu'il ne peut éviter, ni les deux suivants.
Mathilde, une océanographe célèbre et déconcertante, avec des conceptions très personnelles sur l'existence et dont je me demande au bout du compte si elle ne serait pas plus misanthrope que généreuse, arrive aussi dans sa vie. Elle lui est beaucoup plus proche qu'il n'aurait pu l'imaginer, bien qu'elle n'ait rien à voir avec ses Pyrénées natales et ses débuts dans la carrière policière.
J'avais déjà apprécié la plume de Fred Vargas dans Ceux qui vont mourir mais je dois dire que l'idée de retrouver ses personnages récurrents me séduit encore plus.
Lu le 20 décembre 2013

Assez bizarrement, après avoir beaucoup apprécié ces deux romans au moment de la lecture et l'avoir écrit dans mes billets, je ne suis plus aussi sûre de mon degré de satisfaction maintenant que le temps a passé et mon enthousiasme me semble exagéré.

Un lieu incertain 
Le troisième roman de Fred Vargas que j'ai tenu entre les mains n'échappe pas à la règle et je m'en aperçois en ayant tardé à écrire mon billet. Les raisons de mon plaisir m'échappent un peu et si je ne trouve aucun défaut au style de l'auteur, je ne sais pas ce qui motive l'envie de me replonger dans une enquête d'Adamsberg. Je crois que mon principal attrait tient à la personnalité si particulière du curieux personnage principal, qui pourtant n'était pas présent dans Ceux qui vont mourir te saluent.
Quant au présent objet de ce billet, Un lieu incertain m'a clairement mise mal à l'aise, tant pour la partie anglaise de l'enquête que pour le meurtre perpétré en France. Je n'ai pas non plus adhéré à l'épisode mettant à mal le commissaire imprudent dans les Balkans. Mais la double énigme autour de la personnalité du " Zerquetscheur " (écraseur) est particulièrement intéressante.
Dans l'incertitude, une prochaine tentative me convaincra de poursuivre la série... ou pas.
Lu le 21 février 2015

Pars vite et reviens tard est la troisième enquête de Fred Vargas dans laquelle apparaît Jean Baptiste Adamsberg. Le commissaire (maintenant principal à la Criminelle), aux méthodes vraiment très peu orthodoxes, reste accompagné de son fidèle second Danglard, méthodique convaincu. La paire est pour le moins saugrenue mais pourtant elle fonctionne. Ils affrontent un serial killer qui annonce ses crimes à l'aide d'extraits de textes médiévaux et par la voix d'un "crieur des rues" : Joss Le Guern, comme feu son arrière grand-père, exerce ce métier peu commune, installé à un carrefour proche de la gare Montparnasse (le quartier des Bretons en exil dans la capitale pour ceux qui l'ignorent).
Pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins, Joss Le Guern, capitaine du chalutier "Le Vent de Norois", a connu la prison, puis le chômage avant d'échouer à Paris et de devenir "crieur", place Edgar Quinet. Trois fois par jour, il relève les messages, accompagnés de pièces ou de billets, que ses clients ont déposés dans sa boîte et, trois fois par jour, perché sur une estrade, il crie les nouvelles devant les habitués du quartier. Un jour, Joss découvre dans sa boîte une étrange missive qui se révèle inquiétante. C'est tout au moins ce que pense Hervé Decambrais, un septuagénaire qui allie à la broderie de napperons une érudition peu commune. Et comme ces messages bizarres continuent d'arriver trois fois par jour, il va déployer tous ses efforts pour en détecter le sens caché.
Le commissaire principal Jean-Baptiste Adamsberg, qui vient d'être affecté à l'antenne du XIII ème arrondissement de la brigade criminelle, reçoit Maryse. La jeune femme est affolée d'avoir découvert peint en noir sur presque toutes les portes de son immeuble un grand 4 inversé accompagné des lettres CLT. Le policier se décide à prendre l'affaire au sérieux lorsque des tags similaires sont découverts dans un autre arrondissement et qu'un cadavre est retrouvé, la peau enduite de charbon. Bientôt les deux affaires vont se recouper, l'oeil exercé du commissaire fera le reste.

Avec ses accroches insolites, Fred Vargas crée d'emblée un mystère. Elle entraîne le lecteur dans une plongée au cœur de l'histoire en compagnie de personnages déjà croisés dans de précédent romans, comme Adamsberg et son amie Camille (L'Homme à l'envers), ou encore Marc, l'un des évangélistes (Debout les morts). On y croise aussi d'autres individus singuliers comme Joss le crieur, Hervé, l'as du napperon brodé ou l'ancienne prostituée Lizbeth. Instructif et divertissant, ce nouvel opus qu'on déguste avec délice, est copieusement garni de digressions qui font le charme des polars de Fred Vargas.
Lu le 2 juillet 2018

mardi 25 septembre 2018

Elise Fischer [2]

Les alliances de cristal par FischerLes alliances de cristal
J'ai reçu en cadeau un exemplaire dédicacé par l'auteur.
Comme mon premier roman d'Elise Fischer (ci-dessous) plusieurs générations, des Vosges à la capitale de la Lorraine, dessinent le l'histoire d'une famille et traversent deux guerres et les séquelles d'une première défaite devant l'Allemagne. J'ai choisi ce titre car j'aime particulièrement l'Art nouveau et le travail du cristal et ce roman montre bien la passion ayant habité les artistes/artisans qui ont pleinement déployé leur savoir faire aux moments des grandes expositions universelles.
Matthieu Thuillier est l'enfant d'un homme qui n'a pas su choisir entre deux femmes, les a rendues également insatisfaites et malheureuses, les a conduites à la folie pour l'une et à la mort pour toutes les deux. Il ne reprendra pas l'entreprise paternelle car sa vocation l'attire vers le travail de la pâte de verre, mais il suivra l'exemple des amours contrariées. Du début du siècle à son épilogue en 1969, le roman permet de parcourir le processus d'innovation aux côtés d'Emile Gallé et ses contemporains, la montée en puissance de la concurrence, avec les ateliers Daum et Lalique, puis la crise de l'Art nouveau, art bourgeois et la révolution esthétique de l'art moderne...

Extrait : Dans le four rougeoyant, le mélange de sable et de chaux entre en fusion. Par quel miracle, au bout de la canne du souffleur, le verre fondu devient-il un vase, une coupe, un objet d'art ? Tous les jours, après l'école, Matthieu Thuillier s'émerveille de ce spectacle magique. Il sait déjà que sa vocation, son métier, sa passion sont là, dans la pénombre de l'atelier de verrerie. [...]


Grâce à son goût inné et à son ingéniosité, Matthieu va devenir un maître, l'égal des meilleurs créateurs de l'école de l'Art nouveau. Mais il y a la guerre qui menace et, plus encore, la révolution esthétique des modernes qui s'annonce...
Le talent de Mathieu me semble fortement inspiré par les recherches d'Emile Gallé dont l'illustration de couverture des éditions Pocket est le portrait par Victor Prouvé (vers 1892-1893) exposé au Musée de l'Ecole de Nancy ; ci-contre, un autre portrait par Louis Hestaux.

 *  *  *
Trois reines pour une couronne
En Lorraine, le destin de trois femmes de caractère : Adèle, sa fille Charlotte, et Louise, sa petite-fille. Au-delà des liens du sang qui les unissent, elles partagent la même passion pour la fabrication de la bière, cette boisson couleur de l'or. Filles ou petites-filles de brasseurs tonneliers, elles travaillent dans l'ombre des hommes et contribuent à l'essor de la célèbre brasserie de Champigneulles, près de Nancy.
Elise Fischer retrace un siècle de l'histoire relative à cette toute petite partie de la vallée de la Meurthe située à 4 km de Nancy en direction de Metz fondée sur l'essor de la brasserie.
Lu le 15 octobre 2013

En une superbe fresque historique et trois générations de femmes, élues tout à tour miss Reine des bières : Adèle la sage, Charlotte la rebelle et Louise l'affranchie, l'auteur parcourt le destin troublé mais fertile de cette partie de la France à travers celui de deux familles aussi étroitement liées qu'impossibles à rapprocher, les Thouvenelle, famille de brasseurs et les d'Auzécourt, des notables nancéiens.
Le portrait de ces femmes courageuses, qui n'ont pas réellement connu la "Belle époque" contrairement à ce que laisserait entendre la couverture, est fort et émouvant, comme la vie pour laquelle elles se sont battues. Paradoxalement, ce roman montre une forme d'émancipation féminine, en parallèle à l'asservissement de l'humain à l'industrie puis au capital.

1798-1997, c'est aussi la célébration du centenaire d'une bière portée par la vision d'un homme, le père de la Reine des bières, le concepteur des futures Grandes brasseries de Champigneulles, qui sut profiter de l'annexion de l'Alsace pour se développer et racheter toutes les petites brasseries de l'Est et du Nord de la France avant de se heurter à la zone d'influence de l'autre géante d'Alsace, remise de l'occupation et de l'interdiction d'exporter, la Hatt (Kronenbourg) avant que les deux ne tombent dans l'escarcelle de BSN (Gervais Danone).

Chose plutôt rare, j'ai apprécié ce roman historique, sans doute parce que je connais bien la région, mais aussi parce que les éléments du réel s'insèrent sans lourdeur dans la trame romanesque. On vit l'évolution de la vie dans une campagne en cours d'industrialisation au rythme de trois générations, avec les progrès et les espoirs, mais aussi les difficultés. Comment imaginer aujourd'hui la peur et le désastre suggéré par la venue imminente d'un orage, cela m'a rappelé un passage des souvenirs de Laura Ingalls Wilder, l'auteur de la petite maison dans la prairie, quand les intempéries ruinent les attentes des familles de colons.


mardi 18 septembre 2018

Player one


Le parfait roman pour geek et autre nostalgique des 80's. Bien que n'étant pas spécialement fanatique de jeux vidéo, jeux de rôle, etc, je n'ai pas échappé à l'air ambiant et j'ai reconnu, avec un immense plaisir, les allusions au contexte de ces années-là... l'émergence des consoles vidéo aujourd'hui considérées comme archaïques, les animations préhistoriques (j'ai vu récemment une rétrospective MTV avec les premiers clips d'animation, là aussi on mesure le chemin parcouru). A gauche, la nouvelle couverture du roman ; j'ai très envie de voir le film, sans trop craindre d'être déçue.
Lu le 4 août 2014
Milieu du XXIème siècle, les habitants d'une Terre polluée et cacochyme s'entassent dans des empilements de modules disposés autour des grandes agglomérations. La réalité est devenue tellement maussade que la totalité des habitants préfère se réfugier dans l'OASIS un univers virtuel et d'accès gratuit composé d'une vaste galaxie de mondes différents où tout devient possible, si on peut y mettre le prix grâce à ses gains aux jeux. Mais il y a un jeu dans le jeu et les meilleurs cybernautes se disputent la chasse à l'oeuf de Pâques (une chambre secrète) dissimulé dans le programme. James Halliday, le concepteur de l'OASIS, un drôle de philanthrope-misantrope a d'ailleurs légué sa fortune par testament au premier qui parviendra à décrypter l'énigme des trois clefs. D'ailleurs, une firme surpuissante s'est également vouée à la quête et emploie une armada d'informaticiens, surnommés les Sixers, à casser les codes afin de mettre la main sur l'héritage pour monétiser l'OASIS. La course est lancée et tous les coups sont permis. Parzival (Wade Watts IRL) et ses amis H et Art3mis dans la no-life, parviendront-ils à sauver l'intégrité de l'OASIS des griffes malveillantes de GSS ?

mercredi 7 mars 2018

Les 1001 vies de Billy Milligan

challenge ABC polar et thrillers : K
J'ai acheté ce roman qui m'avait beaucoup touchée pour pouvoir le lire in extenso ; à la première lecture, j'en avais parcouru brièvement les deux dernières parties avant de le restituer. Cette histoire rappelle assurément celle de Charlie, à l'intelligence si fulgurante en dépit d'un éclat si bref, avec une note infiniment plus triste concernant le sentiment de perte de lucidité puisque c'est une histoire vraie.

Un détail de la couverture m'avait échappé : le titre "Billy Milligan" est constitué des noms répétés des 24 personnes qui composent la personnalité hôte, si riche quand elle apparaît par intermittence en deuxième partie sous les traits du Professeur. Un second tome de Daniel Keyes relate Les mille et une guerres de Billy Milligan pour échapper à l'univers carcéral et au manque de soins destructeurs. Aujourd'hui, Billy Milligan est décédé à son tour.

Daniel Keyes, décédé en juin de cette année (2014) et mondialement reconnu (prix Hugo et prix Nebula) pour son roman Des fleurs pour Algernoon, raconte l'histoire véridique de William Stanley Milligan.
L'affaire Billy Milligan, à partir du moment où il est arrêté pour viols en 1977 et où l'on découvre qu'il possède une personnalité multiple, a fait la une des journaux américains, fascinés par ce cas et par la ligne de défense des avocats commis d'office.
De parti pris clairement annoncé dès l'entrée, le roman de Keyes prend la forme d'un journal circonstancié des évènements avec pour toile de fond la vie de Billy Milligan reconstituée grâce aux témoignages de ceux qui l'ont côtoyé et soigné, à défaut, aux documents écrits et à des dizaines d'heures de conversations enregistrées, avec Billy, mais aussi Arthur, Ragen, Allen, Danny (14 ans, celui qui craque et révèle leur « secret ») etc. en tout, vingt-quatre personnalités d'âge, de caractère, de nationalité et même de sexe
Partie 1 lue le 10 août 2014


La complexité du personnage est un élément d'intérêt dans le roman divisé en trois parties, depuis l'instruction du procès, où Billy apprend son mal mais aussi la lutte qu’ont menée les psychiatres et lui-même pour essayer de « fusionner » en un seul individu les 24 « personnes » avec lesquelles il partage son corps et ses états de conscience, puis ses années d'emprisonnement où il essaie de retrouver en lui le Professeur, personnalité brillante, sensible, précoce, à la mémoire absolue, pédagogue qui a tout appris aux autres habitants et sans lequel le roman n'aurait pu voir le jour. Par ailleurs, le point de vue subjectif de Billy et la convergence des témoignages favorables peuvent faire penser à une habile tentative de manipulation du lecteur mais l'empathie suscitée par Billy, sa volonté à coopérer touchent la sensibilité, l'émotion, la compassion comme dans l'histoire de Charlie.

jeudi 27 juillet 2017

Claire Keegan [2]

A travers les champs bleus / Walk the blue fields
Tout d'abord, lorsque je tiens un volume de l'éditeur Sabine Wespieser dans les mains, je suis sûre de deux choses : la sobriété de l'objet, format, texture, typographie, sans défaut, ensuite la garantie d'une oeuvre de qualité car les auteurs publiés sont minutieusement choisis.
Les textes de Claire Keegan plongent dans une atmosphère qui rappelle celle du siècle dernier, pourtant elles sont contemporaines. L'écriture est juste, limpide, sans artifice de langage, mais la langue est belle, travaillée jusqu'à la simplicité, évocatrice. La narration se passe de sentiments ; elle repose plutôt sur l'évocation des faits de telle manière qu'ils montrent les rapports régissant de toute éternité la vie des hommes : labeur, convoitise, filiation, transmission. Il s'en dégage une sorte de fatalisme immémorial. 
J'ai déjà lu Les trois lumières (2011) et si j'ai dû me séparer du roman - emprunté - j'ai acheté rapidement ses deux autres titres traduits : L'antarctique (2010) et celui qui fait l'objet de ce challenge.
Indubitablement, les nouvelles de ce recueil creusent la même veine où rudesse paysanne et mutisme des sentiments se côtoient sans parvenir à se rencontrer. Une petite dose de Claire Keegan suffit à produire l'enchantement de la lecture, pourtant la force des tensions qui traversent le récit montrent que sous les apparences de " bon voisinage " les évènements sont souvent dramatiques.
La mort lente et douloureuse (résidence /vengeance d'artiste) Le cadeau d'adieu (inceste, exil) A travers les champs bleus (la force d'une vocation) Chevaux noirs (rupture) La fille du forestier (talent de conteuse) Près du bord de l'eau (Texas, convenances) Renoncement (vie rangée, le brigadier volage) La nuit des sorbiers (une femme libre)

Extrait d'interview par La ruelle bleue
J’écris du point de vue des personnages que je mets en scène dans une histoire donnée et j’écris tout ce qu’il est nécessaire à ces personnages et à cette histoire pour exister. J’oublie alors que je suis un écrivain. Je deviens quelqu’un d’autre : je suis Martha [ndlr : in La fille du forestier], ou la femme sur l’île d’Achille [ndlr : in La mort lente et douloureuse], ou l’homme saoul dans « Chevaux noirs », ou bien encore l’homme qui dort au côté de la femme dans « La nuit des sorbiers »…  J’essaie de ne jamais prendre parti non plus. Mon travail, c’est d’imaginer ces personnages, leurs vies, de les animer. J’essaie juste d’écrire ce qui leur arrive.[...] Je pense que la narration doit nécessairement rester sur un mode suggestif et ne jamais s’aventurer sur la terre ferme des assertions. C’est essentiel afin d’ouvrir tout le champ des possibles. L’affirmation annihile tout. Si vous êtes catégorique quand vous écrivez, alors vous n’offrez pas au lecteur la possibilité du contraire et le privez ainsi d’une tension indispensable à fertiliser l’imagination. Ainsi, si une chose est vraie, alors son contraire peut l’être aussi. C’est la fameuse théorie de l’iceberg… Je pense en effet que le genre de la nouvelle est un genre qui fait la part belle à la suggestion. Et c’est justement toute la complexité de la chose ! »

Les trois lumières
Le titre, rencontré plus d'une fois sur vos blogues, m'avaient intriguée. Le challenge de Calypso me donne l'occasion de découvrir ce très court texte de Claire Keegan inscrit dans ma LàL.
Une petite fille à l'âge indéterminé (sans doute moins d'une dizaine d'années) est l'héroïne de cette histoire. Elle est l'aînée d'une fratrie apparemment déjà trop nombreuse. Sa mère, de nouveau enceinte, est débordée et l'argent manque, même si le père ne veut pas l'admettre. La fillette est laissée aux soins d'un couple sans enfant, apparenté au côté maternel. Peu affectueux, son père la conduit sur place mais ne s'attarde pas. Les Kinsella se montrent immédiatement attentifs à procurer à la petite un environnement chaleureux et la traitent comme leur fille. Au bout de quelques mois, à l'annonce de la rentrée, alors qu'il faut bien faire retour à la maison, c'est un déchirement.
Il y a énormément de non-dits dans ce texte qui méritera une nouvelle lecture dans quelque temps. Je suis sûre d'être passée à côté de certaines choses. Très factuel, allusif et plein de pudeur, il évoque des sentiments qui se montrent mais ne se disent pas. La détresse de cette enfant qui a trouvé des parents adoptifs selon son coeur mais doit leur être arrachée et réciproquement est au coeur du roman.
Lu le 15 juillet 2013

mercredi 9 mars 2016

Dix ans sous la bleue

Je me sens déçue par la lecture de ce recueil de textes en hommage à la bleue de Stock à l'occasion de l'anniversaire de la collection, qui s'apparente à une litanie d'auteurs (peu) inspirés par leur première fois ou comment ils ont eu l'occasion de pénétrer, le coeur battant d'espoir ou au contraire presque par inadvertance, le cercle étroit des écrivains publiés par la prestigieuse maison.

vendredi 4 mars 2016

Sphère

résumé éditeur :
Dans le sud de l'océan Pacifique, à des milliers de mètres sous la mer, un étrange vaisseau spatial est repéré, reposant sur les fonds sablonneux... Un groupe de savants américains descend dans les abysses pour examiner cette extraordinaire découverte qui défie leur imagination : un engin extraterrestre intact après une chute aussi vertigineuse ! Encore plus incroyable, il semble qu'il ait traversé au moins trois siècles... Provient-il d'un univers différent ? Du futur ? Un fait est certain : il n'a pas été construit par l'homme.

Avec une entrée en matière qui m'a fait espérer un roman proche de La nuit des temps de Barjavel, Sphère de Michael Crichton explore des fonds - marins et psychologiques - totalement différents. Les personnages rassemblés dans cette expédition vivent la mise en situation IRL (in real life) de la théorie élaborée par l'un d'entre eux, spécialiste des réactions humaines en situation extrême de confinement.
Le côté fantastique est partout présent : au sens propre, avec l'annonce de cette incroyable nouvelle d'un contact extraterrestre ancien, au sens figuré ensuite par des biais plus inattendus, voire déconcertants pour un esprit cartésien conformément au genre littéraire auquel l'intrigue se rattache.
L'influence de la sphère, d'abord imperceptible, devient peu à peu envahissante. Le roman se développe alors dans une direction onirique parfois mitoyenne du cauchemar, qui crée une véritable surprise et enflamme l'imagination. La fin présente une nouvelle volte-face, avec une approche pragmatique parfaitement " raisonnable " et apporte une conclusion crédible à un texte qui a surfé en grande partie sur l'irrationalité. Elle clôt admirablement ce texte que je relirai pour mieux profiter de ses beautés et de ses astuces, maintenant que je ne suis pas pressée par la curiosité d'en connaître la conclusion narrative.

item 5 du défi SFFF et diversité :
L'adaptation du roman en film est réalisée par l'auteur et Barry Levinson avec Dustin Hoffman (Norman, le psy), Sharon Stone (Beth, son ex, biologiste) et Samuel Lee Jackson (noir, asocial et prodige mathématique). L'intrigue entretient une certaine proximité avec Planète interdite un film SF de Fred McLeod Wilcox sorti en 1956, qui se passe sur une planète éloignée, tandis que le milieu aquatique situe la rencontre du 3ème type plutôt dans l'esprit d'Abyss de James Cameron. 271215

mercredi 10 février 2016

Värlik / Printemps - Automne


challenge des nombres : 5
Destination : SUEDE

La 5ème saison, dernière enquête de Malin Fors
Malin Fors pourrait filer le parfait amour avec Peter le médecin rencontré à la faveur des attentats (tome Printemps) si elle laisse tombé ses doutes existentiels et son sale caractère. Mais elle ne désarme pas d'une affaire irrésolue, le cas Maria Murvall (tome Hiver) qui focalise toute son attention et jusqu'à ses loisirs. L'existence d'une autre jeune femme muette internée à la suite d'un viol en forêt lui est signalé, juste avant la découverte d'un cadavre de femme mutilé selon toute apparence suivant le même schéma criminel. L'enquête l'oriente bientôt vers des personnalités en vue. Le Mal, à travers les violences faites aux plus faibles, femmes et enfants, omniprésent dans les romans policiers suédois pourrait presque faire penser qu'à côté de la Finlande, patrie du Père Noël, la Suède est celle du Grand Méchant.

Retour sur les épisodes précédents :

J'avais peu apprécié Automne de Mons Kallentoft. Malin Fors doit y démêler la mort - noyade ou meurtre - d'un homme antipathique. Elle même, avec ses problèmes d'alcoolisme et ses doutes, n'est pas un personnage agréable à côtoyer. Pourtant la série qui se déplace de la Suède à Ténérife, entre dans son troisième tome avec un succès non démenti. L'enquêtrice surdouée n'a pas son pareil pour le raisonnement par induction.
Lu le 12 août 2012

Une bombe posée en pleine place très fréquentée du centre ville de Linköping fait des dégâts mais peu de victimes. Malins Fors s'éloigne de la piste terroriste à laquelle tout semble mener. Elle est toujours immergée jusqu'au cou dans ses problèmes familiaux. J'ai l'impression récurrente que tout bon polar nordique ne peut se justifier sans un personnage plombé par un lourd passif socio-familial !
Lu le 5 août 2015

Printemps m'a plu bien davantage et m'a donné envie de lire Hiver et La cinquième saison qui poursuivent l'élucidation d'une même affaire. Maintenant, je pense que je vais compléter petit à petit la série et j'ai envie de lire Les anges aquatiques, le dernier paru.

samedi 6 février 2016

Eric Emmanuel Schmitt [3]

Elixir d'amour
Elle est avocate et mutée à Montréal, il est psychanalyste installé à Paris, ils sont anciens amants, mais la messe n'est pas dite. Eric Emmanuel Schmitt invente le théâtre épistolaire : grâce à l'immédiateté de la messagerie, les réponses fusent ou se font attendre... Il me semble (car mes souvenirs ne sont pas des plus récents) qu'il a puisé son inspiration dans Les liaisons dangereuses - d'ailleurs citées dans le texte - pour les mettre au goût du jour. L'argument reste le même : l'amour peut-il être déclenché à volonté comme par un élixir ? Le défi est lancé, relevé... Je n'ai pas trop envie de plaindre ce nigaud d'Adam, mais je n'ai qu'un mot d'admiration pour Louise : quelle fine mouche ! Jubilatoire.
Lu le 7 août 2015

Maintenant je dois lire son pendant Le poison d'amour.
Ce qui est chose faite. Au final de cet intéressant dyptique demeure LA question : aimer justifie-t-il tous les crimes ?

Poison d'amour
Elles ont seize ans. Elles entrent en première. Elles sont amies pour la vie ou du moins elles veulent le croire quand elles referment un cadenas sur la rambarde du Pont des Arts. Pourtant Julia, Colombe, Anouchka et Raphaëlle sont très différentes. Chacune tient un journal intime où elle accepte plus ou moins de se révéler. J'ai un peu cru qu'Eric Emmanuel Schmitt, à s'essayer à tous les genres, était tombé dans le piège de Quatre filles et un jean ! La subtilité du propos ne se déroule en finesse que progressivement.
J'ai un peu moins aimé que son pendant, dans sa façon d'interroger la durée de l'amour, sa fiabilité, à travers des exemples de tous les jours tirés de l'entourage des adolescentes, mais aussi du théâtre avec la dramatique histoire de Roméo et Juliette. J'ai détesté le machiavélisme de Julia, apprécié à sa juste valeur la force vive de Colombe et plus que tout la merveilleuse histoire des grands parents d'Anouchka qui sauve le roman. L'histoire révèle une manipulatrice qui ne me fait pas battre des mains comme dans Elixir d'amour, mais ressentir une immense pitié pour cet âge dit ingrat.

Les deux messieurs de Bruxelles
Je dois la découverte de ces nouvelles au challenge Eric Emmanuel Schmitt organisé chez Unchocolatdansmonroman (article très détaillé)  qui a fait voyager ce livre et un autre d'ailleurs qui est encore dans ma PàL bien qu'il ne soit pas épais !
Avec la lecture de plus des deux tiers de son oeuvre, je dirais pour résumer son style, qu' E.E. Schmitt est un narrateur qui fait plaisir à lire quels que soient ses écrits, y compris les carnets d'écriture qui accompagnent désormais rituellement ses fictions. Il parle tout aussi aussi bien d'amour que de ceux qui sont déchirés, malheureux, n'attendent plus rien de la vie. Il souligne combien l'espoir est permis au coeur des heures les plus sombres, en mettant sur la route de ces derniers une bonne personne, une âme charitable ou compatissante, quelqu'un capable d'intérêt pour son prochain. => à lire à ce propos : Votre chat vous aime-t-il vraiment ?
 
Dans ce recueil, ce sont les amours invisibles qui sont à l'oeuvre. Deux messieurs se prêtent serment dans le fond d'une cathédrale au cours d'un mariage classique, un chien et ses cinq sosies successifs sauvent un médecin misanthrope de la désespérance, une femme pourrait se demander si son nouveau mari ne l'a pas épousée dans le seul but de parfaire sa connaissance de son ex, une mère reporte sur son neveu et filleul adoré la haine de n'avoir pu sauver sa relation avec son fils décédé, une blessure nouvelle sépare un vieux couple bien plus sûrement que la décision de ne pas garder leur enfant.
Dans une réflexion en postface sur les cinq nouvelles regroupées sous ce titre, il explique qu'une sorte de pensée commune latente émerge de la cohabitation des textes et que le sens général de ce qu'il est en train d'écrire ne vient généralement qu'après (c'est normal la vision stratégique vient souvent a posteriori)
Lu le 8 janvier 2014 pour le challenge à vos nombres de Piplo


Article mis en forme pour le challenge 
Lire sous la contrainte NOM PROPRE DE LIEU

samedi 16 janvier 2016

Les enquêtes du commissaire Erik Winter

Tome 6 - Le voile de Pierre
Je l'ai lu deux ans avant le tome 7, dans le cadre du challenge Un mot, des titres : pierre. Pour la traduction française du titre, j'aurais plutôt choisi Chappe de plomb, qui rend mieux compte de l'ambiance de ce polar, tant par le temps qui règne sur l'Europe du Nord que pour la morosité du commissaire Winter.  Il me semble déjà y reconnaître le style de l'auteur, une forme d'obsession : une intrigue basée sur les méandres du temps, les boucles que forme le passé avec le présent.
Lu pour le 14 janvier 2014

Göteborg, Suède, c'est le règne de l'été indien et le début d'une enquête casse-tête pour le commissaire Erik Winter. Sur un appel à l'aide d'une amie de longue date dont le père ne donne plus signe de vie, le flic suédois se voit contraint de filer en Ecosse afin d'y élucider la disparition du marin pêcheur au large des côtes calédoniennes. Le fait divers est d'autant plus troublant que le grand père du disparu s'est volatilisé soixante ans auparavant au même endroit dans des conditions similaires, durant une saison de pêche.
Le rythme est lent mais je ne m'y ennuie pas. Même les digressions sont intéressantes. Les deux affaires qui occupent Winter et Djanali sont très différentes. Il est toujours aux prises avec son débat intérieur, son engagement auprès d'Angela et leur fille Elsa, l'achat d'un terrain au bord de la mer pour y construire leur future maison, son appartement central dans Göteborg, sa mère, veuve et expatriée sur la Costa del sol...  De son côté, l'inspecteur Aneta Djanali originaire du Burkina Faso, s'intéresse à un cas complexe de violences conjugales quitte à raviver les plaies encore vives de son passé.


Tome 7 - Chambre numéro 10
Je suis contente de la découverte de cet auteur scandinave et de son commissaire Erik Winter (hiver en allemand), bien mal nommé puisqu'il ne rêve que fuite au soleil et douceur andalouse alors que Göteborg (capitale de la Suède) sombre peu à peu dans l'hiver : brume, nuit et pluie accompagnent son enquête sur le meurtre d'une jeune femme, maquillé en suicide.
Le roman réunit les ingrédients qui ont fait le succès d'Ake Edwardson, surnommé " le Simenon du froid " : un univers insolite, un suspense subtil et un art du récit qui l'a classé parmi les grandes révélations de la littérature scandinave. Avant dernier tome de la saga policière suédoise, Chambre numéro 10 pose une énigme policière en forme d'huis clos, spatial et temporel. 

En cette fin d'été indien, la police criminelle de Göteborg est appelée sur une scène de crime où une certaine Paula Ney a été retrouvée pendue dans la chambre numéro 10 de l'hôtel Revy. La thèse du suicide ne convainc guère le commissaire Winter qui s'aperçoit qu'il est déjà venu sur les lieux, dix-huit ans auparavant, lors de la disparition non résolue d'une autre jeune femme Ellen Börge. Persuadé d'être passé à côté d'un indice capital autrefois, un lien qui peut avoir son importance dans sa nouvelle affaire, il se penche de nouveau sur l'enquête du passé pour résoudre celle du présent, l'occasion pour lui de rétablir la vérité. A quelques semaines d'un congé sabbatique bien mérité, Erik Winter devra compter autant sur son équipe que sur ses souvenirs pour déterrer d'impensables secrets de famille et mettre fin à une série de meurtres plus horribles les uns que les autres.

jeudi 24 décembre 2015

Barbarie 2.0

Le dernier roman d'Andrea Japp renoue avec les sujets contemporains. Avec une vision sociétale à faire froid dans le dos, elle y livre une lecture inexorable de l'évolution des faits divers. Dans un souci d'étayage de ses sources parfois fastidieux, elle renvoie en notes de bas de page vers toutes les publications qui ont servi à l'élaboration de son diagnostic relatif à l'augmentation de la violence individuelle et collective à travers les actualités récentes.
Un groupuscule craignant une explosion incontrôlable des meurtres sanglants organise en secret la lutte face à l'avènement de la barbarie dans le but de préserver un échantillon sélectionné et enrichi de l'humanité. De leur côté, les milieux économiques se préparent à engranger les profits d'une situation certes inconfortable pour les futures victimes mais dont ils seront à l'abri dans des ghettos ultra sécurisés. Une même analyse, des moyens équivalents, mais des perspectives diamétralement opposées. Entre les deux camps, Yann, un jeune analyste chargé par son supérieur des services secrets d'enquêter sur les activités d'un professeur radié de l'ordre des médecins pour activité illégale, cherche sa vérité au risque de se faire broyer

lundi 30 novembre 2015

Le facteur 119


118 facteurs pour une IA parfaite, telle est la formule du professeur Ellyard McComb, cybernéticien de génie. Lorsqu'il découvre que ses créations ont été détournées de leur but premier par Henri Havensborn, son patron sans scrupule, il doit lui aussi faire une entorse à son procédé. Il parvient à modifier, dans leur programmation, le facteur surnuméraire, pour sauver un peuple entier de l'extermination, prenant tous les risques jusqu’à mettre sa propre existence, ainsi que celle des Intelligences artificielles qu’il a créées, en péril.

 J'avais très envie de lire Le facteur 119 depuis sa sortie. Je remercie Livraddict et Voy'[el] pour ce partenariat qui m'en donne l'occasion. La lecture sur écran ne m'a pas du tout entravée tant j'avais hâte de connaître la suite et là les pages se tournaient comme des vraies !

L'environnement crée par Lydie Blaizot est un univers-monde : une confédération où coexistent plusieurs espèces, vivantes ou disparues, un complexe géopolitique gouverné par les ingérences et les intérêts divergents des uns et des autres.
Les Bellosiens, pacifistes en avance de plusieurs siècles trahis par une autre espèce, ne laissent qu'un navire stellaire géant, de la taille d'une ville et gouverné par une IA qui va tenter de comprendre le génocide de " son " peuple et imaginer une vengeance à la mesure de ses formidables pouvoirs technologiques.
Les Médroviens sont les méchants de l'histoire. Expansionnistes, ils projettent depuis longtemps de conquérir l'empire voisin des Loraniens. Ils possèdent de gros moyens d'action et sont prêts à toutes les traîtrises :  utilisation des querelles intestines de leurs victimes, détournement des IA commandées pour contrer leur menace, guerre bactériologique. Leur bras armé est le chef de la police secrète, Keyrl Hoden installé comme ambassadeur dans la confédération.
Ellyard McComb et son oncle Donovan, un trafiquant au grand coeur, vont s'opposer à leurs sombres desseins. Ils sont accompagnés par Karl, un majordome cyborg et de 4 IA de sa conception : Gabrielle (militaire) Tyler (informaticien)  Ethan (médecin) et William (comte et membre de la confédération). En dépit du caractère artificiel des personnages principaux, l'humain est au coeur des questionnements qui sous-tendent le roman, car chacun fait preuve de personnalité et de caractère.

Tirées des cuves de croissance de manière précipitée, jetées dans la bataille avant la fin de leur cycle d'apprentissage, les IA évoluent au fil de l'histoire. " Nées " adultes et surpuissantes, elles continuent à progresser dans leurs apprentissages et montrent leur capacité d'adaptation, notamment pour ne pas heurter les humains. Elles s'interrogent sur leur absence de besoins vitaux : sommeil, nourriture, etc, mais aussi sur les sentiments qu'elles ressentent envers leur créateur et les êtres qu'il leur a donné pour mission de protéger.
De même, les humains sont gagnés par la sympathie qu'ils éprouvent pour ces " créatures " : l'adolescent partagé entre admiration, amour et méfiance, l'homme bouleversé par une attirance contre nature, la femme entravée par ses sentiments envers la copie conforme mais subtilement différente de son mari, l'homme mûr qui n'accepte pas la réplique en plus parfaite de son neveu... tous les degrés d'acceptation sont représentés parmi ceux qui les côtoient : le rejet, le mépris, la crainte.

L'action est très présente au coeur du roman, les IA n'ont guère de répit dès leur venue au monde. Hyperadaptées, elles réagissent au quart de tour et semblent exemptes d'erreurs de jugement. Pourtant, dans les moments de répit, elles sont capables d'éprouver la beauté, l'attachement, la tristesse, la colère, la peur de la perte... ce qui les rend très humaines, fragiles en dépit de leur perfection physique évidente. Elles m'ont évoqué les androïdes en fuite de Blade Runner : même si elles ont trouvé une terre d'accueil provisoire sur Ridhmir, en vivant cachées parmi la population ignorante de leur existence. On peut supposer une suite moins favorable si elles devenaient trop nombreuses ou trop visibles.
Ce roman m'a beaucoup plu et j'espère retrouver Gabrielle et ses compagnons, mais aussi Gebth l'héritier de Ridhmir, pour voir comment ils vont vivre la suite des événements, l'apaisement des tensions entre les duchés, le maintien de la paix et la reconstruction de l'Empire.

mercredi 21 octobre 2015

Escales 2001

19 récits de science fiction préfacés et présentés par Sylvie Denis
Mes préférés
Jacques Barbéri La PAO c'est du gâteau ! (PAO : procréation assistée par ordinateur, la fécondation in vivo vue comme un jeu vidéo, effrayante, mais tellement drôle
Claude Ecken La fin du Big Bang univers parallèles, destinée, une histoire d'amour uchronique
Sylvie Lainé Définissez : priorités télépathie Vs empathie, ambiguïté sentimentale
Nathalie Mège Les couleurs de l'arc-en-ciel manipulation, terrorisme moderne, pirouette narrative !
Francis Valéry La cinquième tribu évolution climatique, mutations génétiques, assez plaisante
Joëlle Wintrebert Avatar couple, possession

Fabrice Colin Un jour dans la vie d'Angelina Westwood reconstitutions et manipulations génétiques, esthétique et instinct, des dinosaures humanisés, une nouvelle dérangeante
Thomas Day L'enfer est froid pour ceux qui en reviennent inspiration créatrice et solitude
Laurent Genefort La bonne cause mutations génétiques, exobiologie, pas le meilleur de l'auteur
Jean Jacques Girardot Le mouton sur le penchant de la colline reprogrammation neuronale et mémoire, une application des nanotechnologies digne de Frankenstein
Johan Héliot Vermeil, vermeil disparition de l'espèce Vs survie, évolution, encodage génétique,sinistre !
Markus Leicht Le tueur de cerfs-volants manipulations génétiques, questionnement sur le vivant
Marie Pierre Najman Surf temporel voyage dans le temps, exercice du libre arbitre
Jean Jacques Nguyen La méridienne des songes refuge virtuel, survie, exobiologie
Marc Sarrazy Gangrènes publicité, consommation et évolution dirigée
Guillaume Thiberge Opération veilleuse résistances
Jean Louis Trudel Les derniers lecteurs nanotechnologies, bibliothèques numériques et révisionnisme
Roland C Wagner La barbe du prophète, fable morale et édifiante dans l'univers foisonnant, mystique et éclectique des nouveaux mystères de Paris
Dominique Warfa Un bal sur Tempête énigmatiques Eyras (exobiologie)

vendredi 16 octobre 2015

10 façons d'assassiner notre planète

challenge numérique : 10
Autodestruction annoncée ! Une alternative aux textes de J. Heska, d'autres mots pour faire les mêmes mises en garde, parce que de nombreux auteurs de SF se préoccupent depuis longtemps d'écologie et d'avenir de l'humanité. Les textes sont rassemblés et présentés par Alain Grousset.
les membres d’un groupe écolo qui taguent des fleurs sur les murs.

 Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_997_Toxic_Planet.phpv
les membres d’un groupe écolo qui taguent des fleurs sur les murs.

 Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_997_Toxic_Planet.php
les membres d’un groupe écolo qui taguent des fleurs sur les murs.

 Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_997_Toxic_Planet.php
les membres d’un groupe écolo qui taguent des fleurs sur les murs.

 Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_997_Toxic_Planet.php
les membres d’un groupe écolo qui taguent des fleurs sur les murs.

 Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_997_Toxic_Planet.php
les membres d’un groupe écolo qui taguent des fleurs sur les murs

 Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_997_Toxic_Planet.php
les membres d’un groupe écolo qui taguent des fleurs sur les murs

 Source : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_997_Toxic_Planet.php
Le petit lapin tondu (Danielle Martinigol) glaciation, enfouissement des déchets radioactifs à cycle long
Aquella (Donald A. Wolheim) inondations, déluge punitif bis repetitat
Les oiseaux (Thomas Disch) pollution, espèces en péril
Dans le silence du soir (Lee Hoffman) surpopulation, contrôle des naissances Vs contrôle taux de renouvellement des générations
Le jour se lève  (Robert Bloch) guerre atomique, victoire toute relative
Homo jardnus (Christophe Lambert) disparition de la faune et de la flore, gazon anglais
Dans le regard des miens (Pierre Bordage) exil économique, pandémies, manipulations génétiques
Que la lumière soit (Horace B. Fyfe) guerre avec les machines, recul technologique, pénurie de matières premières
Le sacrifié (Philip K. Dick) guerre avec les insectes, intelligence collective, éradication
La grande décharge (Rita Kraus) déchets, solution finale, feu d'artifice

Pour se détendre après cette lecture, tout en poursuivant la réflexion, Toxic planet de David Ratte, une série de strips racontant les aventures de Sam et sa famille, le plus qui m'a amusée : les écolos tagueurs qui dessinent des petites fleurs sur les murs mais ne sont pas si fleur bleu que ça

Toxic planet tome 2, BD futuro-écolo-engagée  par l'auteur du Voyage des Pères (autour du Nouveau Testament), toujours aussi jubilatoire, j'aime l'humour grinçant de David Ratte
Lu le 7 septembre 2014

Visite au muséum - arbre : " végétal antique poussant aléatoirement dans des zones appelées forêts "

dimanche 30 août 2015

Une vie entre deux océans

L'île de Janus se situe à l'extrême pointe occidentale de l'Australie. Son phare qui culmine à 40 mètres est visible à 60 kilomètres. Pour l'entretenir et le surveiller chaque nuit, un seul gardien qui ne voit le bateau ravitailleur que tous les 3 mois.
Isabel aime assez Tom, revenu miraculeusement indemne des tranchées de 14-18, pour le suivre sur cette terre du bout du monde. La vie sauvage, rythmée par les tâches quotidiennes, leur convient et renforce leur amour.
Elle aspire plus que tout à être mère, mais les fausses couches se succèdent. Quand la providence échoue une embarcation sur leur rivage avec à son bord un cadavre et un bébé en parfaite santé, Isabel ne veut pas entendre parler de déclarer l'incident dans le journal de bord... Tom agit contre sa conscience morale et professionnelle pour la satisfaire.
Choyée, la petite Lucy s'éveille et grandit, remplaçant le prématuré mort-né deux semaines avant son naufrage. Lors de la permission suivante de Tom sur le continent, ils apprennent incidemment l'identité et les conditions de la disparition de la fillette en mer. Dès lors, le remords tourmente sans relâche l'esprit de Tom.

Je confirme tous les commentaires que j'ai pu lire sur ce roman, y compris qu'il m'a happée et que j'ai eu du mal à m'en extraire avant de l'avoir terminé, y compris qu'il est difficile d'écrire sur ce que j'ai ressenti en le lisant et après l'avoir refermé, y compris qu'il raconte une tragédie déchirante et qu'il est poignant.
Il y a des points de convergence avec Comme un avion sans elle de Michel Bussi : un accident (d'avion / un naufrage, un nourrisson rescapé, deux familles (biologique / adoptive) déchirées. L'angle imposé par Margot L. Stedman est assez engagé dans la mesure où il prend la position de la famille qui a recueilli l'enfant, ce qui contribue, en vivant les faits de l'intérieur, à trouver des circonstances atténuantes à un geste qui, présenté avec un autre parti pris, serait sans excuse, juste inqualifiable et odieusement cruel.
Ce roman n'aurait pu être sans le fondement des séquelles de la Grande guerre aussi bien pour ceux qui sont partis, que ceux qui sont restés, avec les fantômes de ceux qui ne sont jamais revenus.
Un autre ressort de l'histoire concerne la peur, le rejet, la haine de l'autre. Dans cette petite bourgade d'Australie occidentale, aussi bien Franz que Tom, qui ne sont pas nés à Point Partageuse, ne sont pas totalement acceptés par la population, prompte à les soupçonner des pires vilenies quand leur unique tare est d'être l'étranger. Heureusement ils ne sont pas les seules belles âmes du roman, parmi les hommes justes, je compte aussi Ralph et Bluey, et à sa manière, le sergent Vernon Ruckney.

Je remercie ma swappeuse du mini n°7 qui a eu la bonne idée de me choisir ce roman et mon binôme du challenge déstockage de PàL en duo qui m'a permis de le sortir rapidement de ma PàL avant que me passe l'envie de le lire. De son côté, Amarüel a rempli 100¨% de son contrat puisqu'elle a lu ses deux romans. Zina et Licorne nous ont prêté le joli nom de Voulez-vous danser ?

dimanche 16 août 2015

Nouvelles chroniques du 87ème district

challenge des nombre : 87 - 8 - 4
J'ai fini mon gros pavé des Nouvelles chroniques du 87ème district donc à partir de demain, j'aborde le challenge marathon 7 livres 1 semaine l'esprit libre  !

J'en lirai très certainement d'autres avec plaisir. J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, les intrigues situées cette ville imaginaire d'Isola, métissée et criminelle, qui peut en évoquer beaucoup d'autres, théâtre de polars ou feuilletons américains, l'intention de décrire un héros collectif à travers les membres de ce commissariat du 87ème arrondissement.
La brigade de police comprend 16 inspecteurs en civil dont on apprend au fil des histoires à connaître le caractère, les qualités et petites manies, le passé, l'entourage, épouse et enfants ou petites amies, les relations avec les collègues ou les autres services comme La criminelle (tout des noms en -M). Il faut de tout pour faire un monde et justement il y a de tout sous le commandement du lieutenant Byrnes, en retrait dans les enquêtes mais présent dès qu'un de ses hommes a besoin de lui. En épilogue, l'auteur se défend que Steve Carella soit le héros de la série, mais il fait pourtant bien figure centrale dans les épisodes que j'ai lus. D'ailleurs Ed McBain explique qu'à la fin de Quatre petits monstres, il a eu l'intention de le laisser pour mort, mais il en a été empêché !

Mourir pour mourir : une enquête au coeur de la communauté portoricaine et le passage trop bref d'un inspecteur charismatique et attachant.
Le dément à lunettes : dommage collatéral dans une banale affaire de vengeance, Claire Townsend, la petite amie de l'inspecteur Bert Kling
Lightning : Eileen Burke, collègue et nouvelle petite amie de Kling sert de chèvre dans des affaires de viols à répétition
Huit chevaux noirs : en période de Noël, un criminel obsessionnel et poissard, le Sourdingue menace la tranquillité relative du commissariat
Poison : l'inspecteur Hal Willis s'éprend d'une trop belle suspecte au lourd passé dont les plus proches amis meurent dans des circonstances atroces
Quatre petits monstres : la nuit d'Halloween, deux inspecteurs mal aimés, Gennaro pour sa bêtise et Andy pour sa grossièreté sont au coeur de ce roman potentiellement fatal à Meyer Meyer et à Carella
Extrait éditeur :
De la première enquête du 87e District à la dernière publiée, trente-sept ans ont passé, et la plupart des protagonistes sont toujours là. Les temps ont changé - et les mentalités, les moeurs, la criminalité, les méthodes de la police. Mais si chaque nouvelle affaire laisse Carella plus dubitatif sur l'état du monde, plus meurtri, plus conscient que son métier l'amène à côtoyer chaque jour les pires aspects de l'humaine condition, le talent, le sens de l'action, la nervosité du style, l'acuité du regard d'Ed McBain n'ont fait que s'aiguiser.

jeudi 6 août 2015

challenge des nombres 2015

Cinq filles, trois cadavres mais plus de volant

Inconditionnelle d'Andrea Japp pour la partie thrillers contemporains, j'ai tenté de faire le tour de sa bibliographie. Il me reste encore certains pans à explorer : ses romans médiévaux et une série de titres plus légers que Le ventre des lucioles ou Entretiens avec une tueuse.
Cinq filles, trois cadavres mais plus de volant raconte l'histoire de cinq copines dont le point commun, outre une solide amitié, est qu'elles n'ont pas froid aux yeux même quand un cadavre vient s'asseoir dans la Mini de l'une d'elles, menotté au volant. Leur réaction conjointe, déroutante, n'est pas celle à laquelle pourraient s'attendre les services secrets et les espions qui gravitent autour de l'appartement de Charlotte. Ensuite les cadavres semblent se multiplier autour d'elles.
Hélène, Nathalie, Juliette, Emma, Charlotte : actives ou mère au foyer, mariée ou célibataires, cinq portraits de filles contemporaines, parisiennes quadragénaires unies pour la vie, partageant à égalité leur réussite et leurs déboires, sentimentaux et/ou professionnels. Divertissant mais moins prenant que la série des Gloria Parker Simons par exemple. 

Lu le 6 août 2015

Barbarie 2.0

Le dernier roman d'Andrea Japp renoue avec les sujets contemporains. Avec une vision sociétale à faire froid dans le dos, elle y livre une lecture inexorable de l'évolution des faits divers. Dans un souci d'étayage de ses sources parfois fastidieux, elle renvoie en notes de bas de page vers toutes les publications qui ont servi à l'élaboration de son diagnostic relatif à l'augmentation de la violence individuelle et collective à travers les actualités récentes.
Un groupuscule craignant une explosion incontrôlable des meurtres sanglants organise en secret la lutte face à l'avènement de la barbarie dans le but de préserver un échantillon sélectionné et enrichi de l'humanité. De leur côté, les milieux économiques se préparent à engranger les profits d'une situation certes inconfortable pour les futures victimes mais dont ils seront à l'abri dans des ghettos ultra sécurisés. Une même analyse, des moyens équivalents, mais des perspectives diamétralement opposées. Entre les deux camps, Yann, un jeune analyste chargé par son supérieur des services secrets d'enquêter sur les activités d'un professeur radié de l'ordre des médecins pour activité illégale, cherche sa vérité au risque de se faire broyer.

Lu le 24 décembre 2015