mardi 30 avril 2019

Chacun son époque Le siècle des Lumières

Je vais m'intéresser à travers ce challenge au règne de Louis XV,  le siècle des Lumières.  
A cinq ans, en 1715, le " Bien-Aimé " succède à son arrière-grand-père Louis XIV, mais il ne commence à gouverner qu'en 1743, après une longue Régence. Il demeure le monarque le plus prestigieux d'Europe jusqu'à sa mort en 1774.
Timide, secret, ayant sans doute du mal à assumer son métier de roi, mais profondément bon, sensible, cultivé, passionné par les sciences, il devient assez vite le Mal-Aimé aux yeux des historiens qui lui reprochent sa faiblesse devant ses ministres et ses favorites, ses frasques du Parc-aux-Cerfs, la perte du Canada et de l'Inde...
C'est oublier qu'en dépit de l'opposition d'une société bloquée, animée par les parlements, les jansénistes et la noblesse, le royaume de France connait sous son règne un prodigieux développement économique et s'accroît de deux provinces, la Lorraine et la Corse, tandis que Versailles rayonne d'un éclat incomparable
d'après Jean Christian Petitfils.

avant le challenge : L'échange des princesses par Chantal Thomas, rentrée littéraire 2013 / Seuil

 
Mois 1 : CLASSIQUE
texte : DENON, Dominique Vivant (1747-1825) : Point de lendemain (1777)

illustration : Les Hasards heureux de l'escarpolette est une scène galante peinte par Jean Honoré Fragonard entre 1767 et 1769.
En une petite vingtaine de pages, Vivant Denon conte une histoire bien dans le genre des jeux de l'amour et du hasard passés à la postérité sous le terme de marivaudages. L'écriture est plaisante et la morale tout autant, puisque le héros cherchant s'il y en avait une à tout cela, conclut ses réflexions par la négative ; pourtant, l'auteur n'est sans doute pas de cet avis qui donne à voir le talent d'une rouée et l'aveuglement de ses trois dupes... sous un titre qui ne m'avait pas interpelée mais prend toute sa saveur lors de l'épilogue.

Mois 2 : JEUNESSE
Chevalier d'Eon, agent secret du roi en 4 tomes, par Anne Sophie Silvestre s'appuie sur l'histoire du jeune espion de Louis XV qui se faisait passer pour une femme. Ayant participé à une mascarade en présence de Louis XV, le jeu se retourne contre lui/elle et il est contraint de garder sa fausse identité pour ne pas faire perdre la face au roi ; je cherchais une version BD ou manga de l'affaire du chevalier d'Eon mais ce roman jeunesse convient bien à la lecture facile dont j'avais envie : l'auteur ne creuse pas le véritable mystère autour de cette personnalité très particulière du siècle des Lumières mais le côté aventurier est bien présent et la narration correspond à son public, je reviendrai sur mes impressions à la suite du prochain tome car maintenant que j'ai lu le début, que je n'imaginais pas aussi prometteur (un peu dans le genre d'Intruse de Nicolas Jaillet, mais avec l'argument historique du mystère qui demeure autour de la figure principale du roman) j'ai très envie de lire la saga complète : au temps pour ma PàL ! 
Lu le 14 février 2019
Extrait : 
- C'est incroyable, fit enfin Louis XV, je n'avais encore jamais rien vu de pareil. Quand vous êtes un garçon, votre virilité ne fait aucun doute. Quand vous êtes une fille, même avec votre maquillage barbouillé et votre coiffure en tas de foin, il est indiscutable que vous êtes une fille.
tome 2 : La tsarine - Le chevalier d'Eon transforme brillamment son essai auprès d'Elisabeth 1ère et se fait accepter dans son très proche entourage, qui lui vaudra de rester pendant six mois au Palais d'Hiver. La vie à la cour de Russie sous le règne de cette impératrice ferme mais " clémente ", fille cadette de Pierre le Grand, ouverte à la culture française mais profondément attachée à l'âme russe, est rendue de façon très vivante, bien documentée, adaptée au lectorat cible de cette saga.




tome 3 : La forteresse. - Lia de Beaumont a été reçu dans le prestigieux régiment d'élite des Preobrajenski. Elle est admise à accompagner la souveraine dans la prison de Schlüsselbourg et a partager le secret jalousement gardé derrière ses murs. Ce volume s'appuie sur un double mystère, celui épais posé par l'identité véritable du chevalier et un autre égal à la destinée du dauphin Louis XVII.
tome 4 : Le pacte - Prise pour cible d'un attentat, Lia ne doit sa survie qu'à l'intervention rapide du médecin attitré de la tsarine. Son secret n'en est plus un, mais il va encore servir, au bénéfice cette fois de sa protectrice, qui le charge, pour la protection de l'enfant, de partager son secret avec Frédéric II de Prusse et le pape.

et dans la foulée, je pense que je vais choisir un de mes historiques pour retrouver de plus près Mme de Pompadour du Barry, son successeur et remplaçante auprès du roi jusqu'à la mort de ce dernier.



MOIS 3 : SCIENCE FICTION
C'est finalement une uchronie qui a eu ma préférence. On y croise les mousquetaires du roi et ceux de la reine, Mlle de Beaumont (l'avatar féminin du chevalier d'Eon), un projet architectural pharaonique à Berlin, un concours démentiel opposant les monarchies européennes les plus puissantes, etc.
Depuis le temps que je voulais le lire... j'ai eu tellement de mal à le finir que sans le challenge je n'y serais pas parvenue ! Le titre La Vénus anatomique pour Chacun son époque spécial Louis XV peut sembler étrange. C'est une uchronie de Xavier Mauméjean un auteur de SF qui figure dans ma WL depuis plusieurs (dizaines) d'années.
Le style rappelle les romans de capes et d'épées comme Les trois mousquetaires que j'ai lu comme il se doit sans pour autant les apprécier exagérément.
Côté historique, j'ai croisé (Charles-)Geneviève de Beaumont, le roi et Mme de Pompadour, les 2 factions rivales de mousquetaires, Casanova dans ses oeuvres, Frédéric II de Prusse en son château, Voltaire, Diderot, Claude-Nicolas Ledoux, etc.
D'un autre côté, le fantastique est présent à travers le Panopticon, gigantesque sphère qui s'étend sur Berlin dont elle semble absorber toute la substance : ville et habitants, monstrueuse mais fascinante par le projet scientifique qu'elle incarne et qui fait dire à Diderot qu'elle rend son projet d'encyclopédie complètement dépassée.
Le concours - européen avant l'heure - qui consiste à concevoir le nouvel Adam et aboutit à une androïde constituée à partir de la dépouille d'Olympe de Pierre-Franche, de la compagnie des savants participant au projet pour le compte du roi de France et victime d'un accident mortel dans leurs quartiers surveillés.
Mais j'ai beaucoup aimé le fil rouge du roman avec l'étude des rapports entre le loup et le renard, les vices et vertus associés aux deux anima ux symboliques du bestiaire médiéval, tantôt ennemis, tantôt associés contre nature et leur transposition dans l'actualité politique de l'Europe des Lumières.
Le narrateur est Julien Offray de La Mettrie, qui vient de publier en 1752 L'Homme-machine, ouvrage condamné et brûlé pour matérialisme. Tiré de sa retraite de Saint-Malo par ordre royal et enrôlé dans le Secret du Roi, cet ancêtre de l'espionnage, il lui faut gagner la Prusse et participer à une grande œuvre : créer le nouvel Adam, en compagnie de Vaucanson, le créateur d'automates, de Fragonard l'anatomiste, frère du peintre, et de Casanova, qu'on ne présente plus.


MOIS 4 : PHILOSOPHIE
Crébillon fils, Le sopha, version audible soldée par un abandon (il me reste quelques chapitres à écouter, environ le quart), mais j'ai finalement réussi à trouver le texte pour plus tard
Le sultan, petit fils de celui de Shéhérazade, écoute Amanzei, un courtisan, lui raconter ses souvenirs d'alcôve : une fausse prude, une courtisane, une coquette,une prostituée... venues s'ébattre sur le Sopha où l'âme du conteur s'est incarnée afin d'expier une vie de dérèglements. Six couples défilent sur le Sopha (alias Amanzeï- alias Crébillon) et donnent à entendre une satire sociale des plus piquantes, avant de laisser la place à un couple véritablement aimant qui permet à Amanzeï d'être délivré de la punition de Brahma. Les 21 chapitres sont sous titrés avec humour ex : "mieux à passer qu'à lire" etc. Le style orientalisant à la mode (Les lettres persanes) permet une critique morale des personnages de cour ce qui valut d'ailleurs à leur auteur un exil de quelques mois hors de Paris.

Les bijoux indiscrets de Denis DIDEROT puisent à la même veine, les confidences d'alcôve sur fonds d'exotisme, et d'ailleurs l'auteur cite Le Sopha dès les premières pages.


MOIS 5 : BIOGRAPHIE
La BourbonnaiseLe destin exceptionnel de la petite Jeanne Vaubernier devenue comtesse est retracé par Catherine Hermary-Vieille dans un roman biographique qui n'a rien a envié au souffle épique des fictions historiques les plus inspirées. Il faut dire que la matière y est, de Vaucouleurs où elle est née de père inconnu et d'une cousette, à Versailles où elle partage le lit du roi Louis XV pendant les dernières années du règne. Mme du Barry, belle et bonne de manière assez peu courante, a été aimée plusieurs fois, pour finir tragiquement sous la Terreur, guillotinée peu de temps après la reine. Elle aurait pu n'être qu'une aventurière particulièrement douée, d'un goût très sûr, mais l'auteur fait le choix de raconter une personne aimable et courageuse, fidèle à la société qui l'a d'abord rejetée pour ses origines, puis admise dans ses rangs comme ultime fleuron royal.
Lu le 25 mars 2019
Je lis maintenant Bleu de Sèvres, autour du personnage de Mme de Pompadour, précédente favorite de Louis XV.  

MOIS 6 : POLAR HISTORIQUE

L'homme au ventre de plomb
Jean François Parot a écrit ce roman, le deuxième de la série des Nicolas le Floch, commissaire au Châtelet, durant son séjour à Sofia. Je connais l'appartement qu'il a habité et fait aménagé, mais je n'avais jamais abordé ses aventures littéraires alors que je compte quelques fans incontestables parmi mes copinautes (Mypianocanta) et que j'apprécie généralement l'imaginaire cultivé des diplomates écrivains (Jean François Deniau).
La résolution de l'énigme de L'homme au ventre de plomb, une problématique proche de La chambre jaune, met le commissaire en contact avec la marquise de Pompadour à deux reprises. C'est la raison de mon choix pour ma participation d'avril au challenge Chacun son époque, centré pour moi sur le siècle de Louis XV. Le contexte est admirablement décrit et rejoint le détail de mes autres lectures. Dans ce milieu proche du pouvoir installé à Versailles, la plus grande discrétion est requise. Pour autant, l
a mort mystérieuse du vicomte de Ruissec, suivie de celle de sa mère ainsi que la fuite du cocher de l'ambassadeur de Bavière à Paris sont résolues par Le Floch, assisté de son fidèle adjoint. à lire Tuez qui vous voulez d'Olivier Barde-Cabuçon, Les enquêtes du commissaire aux morts étranges.

MOIS 7 : ESSAI
Le pouvoir au féminin : Marie Thérèse d'Autriche 
J'ai voulu lire l'ouvrage d'Elisabeth Badinter pour mieux comprendre l'éducation qu'a pu recevoir la future Marie-Antoinette à la cour d'Autriche. L'auteur intéresse le lecteur aux trois corps de la reine : celui de la mère, fertile et féconde puisqu'elle rompt avec l'hérédité funeste des Habsbourg, celui féminin de la reine très aimée, dévouée et maternelle envers son peuple, enfin celui masculin du souverain, parfois en conflit avec les précédentes, notamment dans ses relations avec son époux ou avec son fils l'empereur. Elisabeth Badinter fait ainsi un choix inaccoutumé pour un ouvrage historique car loin de se cantonner aux seuls faits enregistrés et vérifiables, grâce aux nombreuses sources documentaires répertoriées auxquelles elle se réfère, elle saisit également chez la personne publique et dans son aspect biographique, le visage humain de l'impératrice-reine, sensible aux joies et aux peines du quotidien, les sentiments qui peuvent agir en arrière plan des décisions politiques, l'amour enfin d'une femme qui ne s'est pas fait imposer un partenaire contre son coeur.

samedi 27 avril 2019

La poupée sanglante

Ce titre de Gaston Leroux, moins mis en avant que les aventures de Rouletabille ou Bibi Fricotin, alors qu'il passe pour un morceau de maîtrise de son auteur, convient parfaitement à la clôture de la session en cours. La thématique et le contexte historique sont proches de La Vénus anatomique de Xavier Mauméjean, mais là où le second n'a pas fait illusion à mes yeux, Gaston Leroux ne fait pas semblant d'avoir un style d'écriture très daté, un peu suranné, qui m'a rappelé certains auteurs favoris de mon adolescence. Entre une ambiance d'irréalité m'évoquant Le grand Meaulnes et l'atmosphère de tension comparable à La Vénus d'Ille, à mi-chemin du comte Dracula et de Landru, La poupée sanglante est une incontestable belle découverte de ce dernier jour du challenge Bookineurs en rouge

Le rhinocéros dans l'art

RHINO

samedi 20 avril 2019

L'homme idéal existe, il est québécois

Ce n'est pas la lecture du siècle, ni même celle de l'année, mais le titre faisait de belles promesses. Las ! Diane Ducret y livre une sorte de notice des différents types masculins et leurs défauts constitutifs d'autant d'obstacles rédhibitoires à une relation longue durée équilibrée. N'était l'irruption systématique des contresens franco-québécois dans chaque conversation entre les deux partenaires de ce fiasco de la communication interculturelle, l'intrigue est d'une platitude déconcertante consternante.
Info en +
C'est plate : Très employé au Québec, "plate" est synonyme de "dommage", "regrettable" ou "ennuyant"

Lectures BD du mois



Le MAC (Mâle occidental contemporain) de Clément Oubrerie sur un scénario de François Bégaudeau montre les rebuffades innombrables suscitées par les tentatives tous azimuts d'un dragueur maladroit qui a raté le passage à l'ère post-féministe : n'est pas Uberman qui veut ! L'album m'a rappelé une BD reçue en cadeau d'anniversaire Les mâles de Claire Brétecher : il faudrait que je la ressorte pour comparer à 30 ans d'écart.

Emilie voit quelqu'un en 2 tomes : Après la psy le beau temps ? de Théa Rojzman et Anne Rouquette
Avec ses faux airs d'institutrice à chignon (ce qu'elle est en réalité) Emilie traîne pas mal de boulets lorsqu'elle se décide à consulter pour aller mieux : une entrée en matière simple et amusante dans le monde de l'analyse.

Clochette au pays des merveilles de Crisse et Robi Pena
Les décors sont assez hallucinants et les personnages typés comme sait les dessiner Crisse mais la rencontre d'univers que je n'aime pas particulièrement de Peter Pan, à Alice en passant par Le magicien d'Oz aurait difficilement pu donner une alchimie enthousiasmante.

Créatures fantastiques
Une apprentie vétérinaire est confrontée à l'émergence des médicaments qui battent en brèche la magie ancestrale transmise par ses aïeules ; heureusement il reste des créatures fantastiques à secourir : un dragon né des étoiles filantes, une salamandre, un lapin carnivore et une taupe-mandagore.

L'anniversaire de Kim Jong-il d'Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag (2016)

L'avocat (trilogie) tome 3 / 3 : La loi du plus fort de Frank Giroud et Frédéric Volante
Brillant avocat au barreau de Paris,  soucieux de son image médiatique, maître Léopold Sully-Darmon s'est fait une spécialité de représenter les laissés-pour-compte. Une nouvelle affaire l'entraîne pourtant à défendre Zeinab Zaïdi, accusée par des réfugiés kurdes de crime contre l'humanité en Irak où elle était officier dans l'armée de Saddam Hussein. Une rapide enquête à Bagdad permet à "LSD" de réunir les preuves nécessaires à la remise en liberté de sa cliente. Lorsqu'il s'avère qu'il a été manipulé par des intérêts supérieurs, il remonte la piste jusqu'au commanditaire de la manipulation, décidé à l'abattre.
Ligne claire, trait précis, style réaliste, intéressant mais je n'ai pas vraiment accroché ni à l'intrigue principale, ni aux histoires secondaires, le seul personnage qui tire un peu son épingle du jeu est le journaliste d'investigation free lance et opportuniste PierPol.

SUITE MAIS PAS FIN Une nuit à Rome, tome 3 de Jim (2018)
Cours après moi que je t'attrape... la relation épisodique mais passionnelle avec Marie a eu raison de son mariage avec Sophia, néanmoins, toujours accro, il organise son cinquantenaire à Rome avec sa bande d'anciens et nouveaux ami(e)s espérant leur présenter enfin son insaisissable amour.

Le coup de Prague de Miles Hyman Drapeau Etats-Unis Etats-Unis (2017), connu pour ses romans graphiques sur un scénario de Jean Luc Fromental joue avec les possibles de la guerre froide.
Hiver 1948, dépêché par le studio London Films, G. travaille à l'écriture de son prochain long métrage, dans le blizzard de la capitale autrichienne sous occupation des quatre puissances. Son assistante, l'énigmatique Elizabeth Montagu, que son passé militaire et ses relations attachent aux services secrets britanniques, découvre bien vite que le prétexte artistique dissimule de véritables tensions politiques. Cette mission en apparence paisible bascule dès lors dans l'atmosphère sournoise d'une révolution fulgurante que l'Histoire retiendra sous le nom de "coup de Prague".


Nuit de fureur de Miles Hyman et Matz d'après un roman très noir de Jim Thompson (l'auteur de Coup de torchon). J'aime absolument le graphisme, le modelé et les demi-teintes qui subliment les personnages de cette histoire sans espoir. Chargé d'un contrat contre Jake Winroy pour l'empêcher de témoigner lors d'un procès, "Little Bigger" (Carl Bigelow) fait partie de ces héros marqués d'avance au sceau de la défaite. Les deux femmes fatales qu'il croise sur sa route et croit séduire ne font finalement que concourir à sa perte.


vendredi 19 avril 2019

Rue de la sardine

Lire sous la contrainte : " animal "
Il est dans ma PàL par esprit de contradiction, parce que je n'avais pas envie de lire Des souris et des hommes ou Les raisins de la colère qui figurent dans tous les programmes, sauf que...  je ne vais pas m'arrêter à ce court roman si bien écrit, d'une simplicité désarmante, tellement limpide qu'elle ne peut être que le fruit d'un immense talent. Rue de la sardine, ce sont des descriptions d'une incroyable justesse. Coincée entre les conserveries de poisson, l'accès à la mer et un terrain vague, c'est le quartier de Mack et ses gars, quelques personnages archétypaux sans être génériques et des boutiques fondamentales, lieux de toute vie sociale : l'épicerie chinoise de Lee Chong, la maison close dirigée par Dora, le laboratoire-animalerie tenu par Doc, personnage central de ce roman. Il n'en faut guère plus à John Steinbeck pour présenter un microcosme de l'humanité.

lundi 15 avril 2019

Une première enquête du Women Murder Club

Un couple de mariés en couverture
challenge Un mot, des titres
Le premier qui meurt... 1er à mourir 

Mon premier est le premier de la série du Women Murder Club de James Patterson. Un assassin s'en prend à des couples de jeunes mariés au cours des 24 premières heures de leur lune de miel. Quatre femmes déterminées représentant la police, le médecine légale, la presse et la justice se réunissent en marge de l'enquête pour le démasquer. Un premier tome qui m'invite à découvrir si la suite de l'association entre Lindsay, Claire, Cindy et Jill face à une société dirigée par et pour les hommes, est à la hauteur de ses promesses (16 tomes parus).
Ce roman machiavélique réunit les ingrédients d'un très bon polar que je n'avais pas trouvés dans mes précédentes lectures du même auteur :
Noires sont les violettes  (série Cross)
Dans le pire des cas - Une ombre sur la ville (série Bennett)


Les musiques du roman :

dimanche 14 avril 2019

Je lis aussi des nouvelles policières

J'ai souvent écrit que j'aime lire des textes courts, voire très courts, car l'effet de chute, primordial, est toujours accentué par la brièveté du déroulement de l'intention. Voilà en ce qui concerne l'auteur et son art plus ou moins magistral. Une autre raison tient à ma nature de lecteur : j'aime papillonner entre plusieurs lectures en cours et il est plus facile de faire une pause, pour en savourer le texte ou le style, après une nouvelle qu'au milieu d'un texte à suspense : dans un cas, la perspective que le texte suivant soit encore meilleur, dans l'autre, la promesse des questions que la fin est proche.

Crimes de sang froid spécial 10 ans
Franck Thilliez, Je préférerais tuer avant la fin du film : le vrai faux meurtre parfait
Caryl Férey, Cavale : sans-domicile-ni-travail, le pire crime de ces Bonnie and Clyde
Olivier Truc, Le café de Vivalla : PKK contre Djihad dans le quartier
Marcus Malte, Cocotte : cauchemars morbides d'une ancienne barbouze
Olivier Norek, Je suis encore là : multirécidiviste d'inspiration divine en Amérique du Sud
Ian Manook, Dust Pine Texas 1958 : quadruple jeu ou la patience de l'Indien
Dominique Manotti, Une affaire de femme : délit d'initiés fortement monnayable
Danielle Thiéry, Cinq morts sans ordonnance : manipulation psychiatrique (déjà vu)
Hervé Le Corre, Démangeaisons : un meurtre circonstanciel
Sandrine Collette, Le tracteur : la revanche des faibles

Les aventures policières de Mémé Cornemuse [2]

challenge des auteurs belges
tome 1 : Les vacances d'un serial killer de Nadine Monfils
J'avais très envie de céder à la vague de critiques enthousiastes à la sortie de ce roman. Pourtant, l'humour souvent malsain ne m'a pas beaucoup amusée et en définitive, j'ai trouvé l'histoire plutôt ennuyeuse.
Lu le 27 mars 2012

Après sept ans de déception réflexion, je retente l'expérience dans le cadre de la deuxième session du challenge des auteurs belges qui se termine pour mieux repartir.
tome 2 : La petite fêlée aux allumettes
Je n'aime toujours pas la vulgarité péremptoire et la et nymphomanie assumée de Mémé Cornemuse, 85 ans divisés par quatre d'âge mental, fan d'Annie Cordy et amoureuse de JCVD (indice : un belge célèbre commissariat roman).
pour ses phrases toutes faites) qu'elle entend lui parler dans sa tête. Sans elle, les enquêteurs sur la piste d'un tueur inspiré par les contes d'Andersen feraient un duo honorable tiré par la figure de Michou, flic de jour et dealer travesti au Zanzibar la nuit, son chef Cooper totalement dépassé par les événements et un acolyte totalement inutile, obèse et paresseux surnommé Capsule (allusion aux nombreuses bières bues dans le
Info en + :
ça existe vraiment  ?
Stan Bogart lui proposa d'aller boire un kamawak pour se changer les idées. Nake accepta. Elle adorait cette boisson bizarre, mélange de gingembre et de violettes avec un doigt de porto, le tout saupoudré d'épices indiennes.

jeudi 11 avril 2019

Icare

Associé à Jirô Taniguchi, Moebius illustre une fois de plus sa propension à s'emparer des thèmes de l'imaginaire collectif pour les renouveler dans un univers-ballet qui résonne de sa touche très personnelle. Icare est l'histoire d'un jeune homme de vingt ans né avec la capacité prodigieuse de voler. Accaparé par la sureté nationale japonaise, il est enfermé dans une sorte de jardin d'acclimatation et fait l'objet de nombreuses expériences portant sur ses ondes cérébrales. Yukiko une anthropologue amoureuse de lui s'oppose à l'instrumentalisation de ses capacités, tandis que la Générale entend l'utiliser à des fins militaires. Pendant ce temps, des terroristes, hommes éprouvettes et chaussures de verre, multiplient les attentats où ils se font auto-exploser.

dimanche 7 avril 2019

La tresse

Sitôt reçu, sitôt lu, le roman de Laetitia Colombani est une lecture d'opportunité proposée en troc que je n'aurais sans doute pas envisagée dans un autre cas. J'ai passé un bon moment avec ces tranches de vie qui se rejoignent, sans rien qui le laisse présager, si ce n'est l'existence même du roman. Giulia Lanfredi à Palerme en Sicile doit reprendre au pied levé l'entreprise familiale après l'accident survenu à son père ; elle tombe amoureuse de Kamal un réfugié Sikh qui lui donne l'idée pour relancer la fabrication de perruques en cheveux naturels. Smita trouve les ressources intimes nécessaires pour fuir son village et sa condition d'intouchable afin d'offrir à sa fille Lalita la possibilité d'une émancipation à travers la scolarisation ; elles accomplissent un pélerinage de reconnaissance au temple de Vishnou et y sacrifient leurs chevelures. Sarah Cohen au Canada est une executive woman qui mène de front vie professionnelle et maternelle, avant que le cancer n'ait raison de son refus implacable de laisser sa vie privée empiéter sur sa carrière ; elle ferme la " boucle " de ces trois histoires... d'une façon que je vous laisse facilement deviner.

jeudi 4 avril 2019

Lecture en pause : L'oeuvre de Dieu, la part du diable

John Irving écrit des romans denses et passionnants, toutefois il convient de tenir la distance car ils sont interminables à lire (commencé en avril 2010, je n'ai terminé que la première partie, mais ce n'est pas un abandon par manque d'envie, seulement j'ai dû restituer un livre emprunté... à finir !)
Un ancien jeune médecin plein d'ambition et d'illusions, secondés par deux nurses, finit sa carrière dans un orphelinat de province qu'il ne voudrait quitter pour rien au monde. En dehors de ses activités de thérapeute, il accepte de soulager des jeunes femmes de leur grossesse indésirable ou si les parturientes le souhaitent, recueillir les bébés pour adoption : il est réputé pour agir sans sermon, dans l'hygiène et la discrétion.
Il pensait avoir assuré sa succession en la personne d'un de ses pensionnaires particulièrement doué, même si leur opinion diverge sérieusement sur les prémices de la vie et l'attitude à adopter vis-à-vis des mères involontaires, mais les tentations du monde se révèlent à ce dernier lors de la visite d'un jeune couple de citadins qui souhaite élever un enfant de l'orphelinat. Il les accompagne dans la magnifique plantation, proche de la ville et un nouvel environnement où tout lui paraît plus merveilleux s'offre à lui.

lundi 1 avril 2019

Une enquête du détective Mario França

Tour du monde : PORTUGAL
 
Quand les vautours approchent de Miguel Miranda m'a été offert par Nelcie dans le cadre du Christmas Stocking 2017. La nationalité de l'auteur, qui de surcroit, ne figure pas encore sur ma carte alors que c'est un proche pays, m'a attirée vers ce roman. Ensuite, le personnage principal évolue à Porto que j'ai une sérieuse envie de découvrir IRL.
Post lecture, je balance encore entre le détective paumé, has been, mythomane qui fait une incursion (imaginaire) à Bahia du Brésil ou l'enquêteur aux qualités supranormales et aux fulgurances géniales tel qu'il se vit dans sa tête et m'a fait penser à la voix off du film Qui veut la peau de Roger Rabbit ? Il y a d'autres points communs d'ailleurs, comme la voluptueuse peintre disparue et des ennuis en perspective...
Bref, une lecture très drôle : ça arrive même pour un polar et sans hésitation cette fois, j'aime tellement cette première enquête déjantée du détective portugais, que je lirai à coup sûr les suivantes.