- Le collaborateur et autres nouvelles d'Aragon (Folio 2 €)
Écrites pendant la guerre et publiées clandestinement dans le recueil Servitude et grandeur des Français, ces trois nouvelles donnent la parole à « l'adversaire », qu'il soit un journaliste hostile à la Résistance et aux communistes, réparateur de radios et collaborateur, ou une jeune Allemande qui a suivi les soldats à Paris.
Mais les situations changent, les idées évoluent et peu à peu les adversaires basculent dans le camp des alliés...
Mêlant rage et allégresse, gravité et anecdotes légères, Aragon riposte à l'Occupation et participe au combat avec sa plume. Trahison et courage, deux thèmes toujours d'actualité...
- Parlez moi d'Anne Frank (Israël)
Salué par une critique unanime et l'ensemble des écrivains américains de sa génération, ce recueil de nouvelles charrie autant de pépites d'émotion, d'humour, de tragédies et de poésie que le précédent, la maturité en plus. Nathan Englander n'est plus un jeune écrivain, il est devenu l'un des grands noms de sa génération.
Lues le 26 septembre 2016
A Prague, en 1942, deux hommes doivent en tuer un troisième. C’est l’opération "Anthropoïde": deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale, "le bourreau", "la bête blonde", "l’homme le plus dangereux du IIIe Reich". Heydrich était le chef d’Eichmann et le bras droit d’Himmler, mais chez les SS, on disait "HHhH" : Himmlers Hirn heiβt Heydrich (le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich).
Tous les personnages de ce livre ont existé ou existent encore. Tous les faits relatés ont été vérifiés. Mais derrière les préparatifs de l’attentat, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L’auteur, emporté par son sujet, doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, pourtant, mener l’histoire à son terme.

D'un autre côté, les commentaires personnels de l'auteur m'ont paru très souvent manquer de propos, mal venus, superflus. Je n'ai pas bien saisi non plus l'intérêt pour le lecteur de certaines remarques de construction, de repérage, de choix narratif qui alourdissent la trame du roman sans lui apporter un éclairage autre que chronologique : je pense qu'utiles à la maturation de l'oeuvre, elles auraient dû disparaître de la version finale, pour faire le bonheur des analystes ultérieurs de ses brouillons. Mais cela n'engage que moi ; pour d'autres, comprendre par le menu les questions que l'auteur se pose tout au long de la rédaction fait peut être justement partie de l'intérêt porté à son premier roman : pour moi, ça le fait justement sortir de la catégorie pour aller plutôt vers l'essai.
Lu le 11 août 2016






