samedi 30 août 2014

A la recherche de Peter Pan

Tour du monde : Suisse
Conseillé par Davodeau, relayé par Kikine, le double album de Cosey se déroule dans une vallée alpestre du Valais. Sir Melvin Z. Woodworth, un écrivain britannique d'origine serbe, vient chercher l'inspiration dans le village d'Ardolaz. Il est sur les traces de son demi-frère Dragan, décédé accidentellement dans une chambre du Grand Hôtel. Loin d'avoir connu la richesse et la gloire en tant que musicien et compositeur, ce dernier a vécu sordidement de petits trafics, mais il a entretenu à distance le fantasme de promotion sociale de son père. Il a également permis que son petit frère Vlatko réalise son rêve de devenir écrivain.
Inspiré par Peter Pan de James M. Barrie, un cadeau d'anniversaire de Dragan, mais également par la magie des sommets enneigés, la rencontre fortuite avec un vieux montagnard rusé et un peu trafiquant poursuivi par les gendarmes et la poursuite d'un mélomane fantôme qui interprète en nocturne un air de son frère dans le hall du Grand Hôtel abandonné, Melvin trouve matière à son prochain roman. Mais il doit faire vite pour déchiffrer toutes les énigmes soulevées par la montagne car une avalanche séculaire menace d'ensevelir la vallée et de condamner l'existence du village.
L'album débute par un article illustré de photographies d'archives  qui présente les caractéristiques ancestrales des villages valaisans, tués au siècle dernier par l'arrivée du progrès et du tourisme. J'aime le trait et la mise en page assez classique de Cosey déjà croisé lors d'un Voyage en Italie (dyptique). Il rend avec une rudesse réaliste les visages et les tenues des paysans entrevus sur les photos en noir et blanc, les chalets serrés sous la neige, les paysages dignes d'un Frison-Roche et l'éclatante blancheur des pistes vierges de tout passage.
challenge Les ignorants, catégorie Savant : 11-30 titres sur 41

vendredi 29 août 2014

Les légions immortelles

Premier tome d'un dyptique de space opera signé Scott Westerfeld. J'aime moins que Uglies ou Midnighters et plus que V-Virus, mais surtout j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire pendant un bon tiers du roman. Ensuite, j'ai fini par m'intéresser de plus en plus aux deux couples de protagonistes, au point de lâcher difficilement mon livre. Par ailleurs, l'auteur a su me séduire par son imaginaire, tant dans la description des techniques de combat à des dimensions microscopiques et à des vitesses relativistes inimaginables que dans l'élaboration des conceptions artistiques les plus merveilleuses.

Nara Oxham, sénateur élu représentante du parti séculariste qui refuse l'élévation (comprendre l'immortalité) a rencontré Laurent Zaï, le héros-martyr de la guerre de Dhantu, au cours de la cérémonie donnée en son honneur au palais impérial. Ils se sont plu et elle l'a invité dans sa retraite arctique sur Foyer, dans une maison intelligente où la domotique est poussée à l'extrême.
Mais bientôt, il est promu commandant et doit porter Le lynx, sa nouvelle frégate de combat suréquipée, aux confins de l'apex, à dix années lumière de temps subjectif, pour le compte de l'empereur. La confédération des Quatre-vingt mondes ne connaît qu'une seule véritable force d'opposition extérieure, une sorte de secte dont les combattantes sont dévouées corps et âme à la propagation de l'intelligence artificielle dans l'univers.
D'ailleurs une nouvelle menace des Rix, ces commandos cyborgs, mi-femme mi-machine, s'est matérialisée sur Legis XV. Après s'être emparées de l'impératrice-enfant, soeur de l'empereur, elles ont réussi à implanter les germes d'une conscience composite qui s'est répandue dans l'infosphère de la planète, asservissant toutes les technologies à son contrôle. Alors que l'otage, sur le point d'être évacuée, a été tuée pendant la contre-attaque, dans des circonstances sujettes à caution, l'IA, s'identifiant comme Alexandre, est parvenue à percer le secret de l'immortalité de l'empereur ressuscité.
La mission de Zaï, dont la tradition aurait voulu qu'il prenne le poignard de sacrifice pour laver ce crime de sang survenu par sa faute, devient d'empêcher au péril de sa vie et de celles de tout son équipage, l'IA de communiquer avec le vaisseau de communications rix en approche. Il ignore tout de l'entreprise d'Alexandre qui guide le seul commando rescapé, Herd, vers le centre de commandement de Legis XV, sous les traits d'une technicienne spécialisée en micro-astronomie, Rana Harter.

L'univers est un peu confus à mettre en place, d'où une lourdeur qui m'a pesé et ennuyée au début, mais psychologiquement, les personnages sont intéressants. Laurent Zaï représente la branche légaliste de l'empire : par tradition, les "gris" sont fidèlement dévoués à l'empereur et au respect des traditions. Il s'est offert comme otage en échange de l'exfiltration d'un homme de troupe blessé. Toutefois, torturé moralement et physiquement au delà de l'imaginable, il en garde des séquelles psychologiques irréversibles qui ont introduit le doute en lui.
Nara Oxham appartient au parti "rose" qui critique la place des morts, élevés/ressuscités. Choisis parmi les citoyens les plus riches et les plus puissants, mais conservateurs, ils figent la société dont l'évolution stagne alors que l'idéal rix pousse leurs ennemies à progresser constamment. Rejetée par sa famille et surnommée le sénateur fou en raison d'une empathie pathologique confinant à la folie, elle mène une belle carrière politique, avec l'aide éclairée d'un conseiller tout dévoué, Niles. Sa "tare", canalisée grâce à des drogues, lui permet de ressentir au tréfonds d'elle-même les aspirations de la communauté qu'elle sert et représente.
Le rapport entre Rana Harter, femme-enfant fragile et la dangereuse Rix qui l'a enlevée sur ordre d'Alexandre pour usurper son identité et prendre sa place dans la base la mieux gardée de la planète est complexe. Il tient un peu du syndrôme de Stockholm et Rana Harter prend rapidement le parti de sa ravisseuse. Mais par ailleurs, l'obligation réciproque, pour Mara d'enseigner sa langue et sa culture et pour Herd de l'apprendre, leur permettent de se connaître mieux et bientôt de s'apprécier, au point que des liens très forts se créent entre les deux femmes. Cela me fait un peu penser à la cohabitation entre l'entité extraterrestre et le corps qui l'accueille dans Âmes vagabondes.
Comme Nara Oxham, Rana Harter est une femme atteinte d'un handicap psychologique très invalidant qu'elle a réussi à maîtriser pour le transformer en atout professionnel. Elle possède la compétence inégalée, même par les ordinateurs les plus performants, de déceler la cohérence de systèmes dynamiques anarchiques. Sa façon d'utiliser ses capacités synesthésiques la rend proche de l'autisme savant de type Asperger. Mais elle souffre constamment de dépression chronique et vit dans un sentiment d'infériorité permanent, dont les médecins ne veulent pas la soigner par peur de perdre ses précieux talents.

Inutile de préciser que j'attends de me procurer la suite avec impatience !

vendredi 15 août 2014

Histoires de Mains bleues


Eva aux mains bleues - Isabelle Dethan


Comme chaque année, Eva rejoint la maison que sa grand mère partage avec sa tante, lorsque les vacances d'été arrivent. Elle y retrouve une ambiance particulière, celle de sa "famille de fous" selon l'expression de sa mère : un grand-père qui vit dans le cabanon du jardin et ne parle plus à personne, une Tatie qui ferme tout à clef, Antoine, son petit frère mutique et même elle qui tient un cahier des bizarretés... Elle revoit également ses copains d'été, Lucy et Tobias. Mais cet été ne sera pas comme les autres : Eva veut plaire à Tobias.
Pour elle, les mains bleues symbolisent le pouvoir des femmes de sa famille quand elles préparent la confiture de mûres. Eva veut grandir ! Comme la puberté tarde à venir et qu'Eva a très envie de hâter les choses, un jour, en leur absence, elle plonge ses mains comme elle les a vu faire, dans les fruits violets puis dans l'eau de Javel... Une BD intimiste d'Isabelle Dethan qui m'a séduite : des dessins aquarellés de toute beauté et un texte à la candeur exempte de naïveté, une histoire délicate, par petites touches, racontée du point de vue d'une pré-ado qui observe les membres de sa famille, tire des plans sur l'avenir, s'interroge sur son futur... et sur son présent, au grand moment du passage vers l'adolescence. Je vais me l'acheter pour m'y replonger à mon gré. 

































jeudi 14 août 2014

Luxley

D'humeur uchronique ce week end, j'ai enchaîné avec le second tome d'une série imaginée par Valérie Mangin et illustrée par un dessinateur espagnol Francisco Ruizgé. Comme dans Le fléau des Dieux (Attila revisité en space opéra), elle se plaît à détourner l'Histoire au profit d'une reconstruction imaginaire à partir d'une modification partielle de certains évènements du passé. Le choc de civilisations entre la culture chrétienne médiévale et la culture précolombienne se produit bien, mais le processus est inversé et ce sont les européens qui sont attaqués sur leur sol par les peuples d'Amérique (qui ne sera jamais latine).
Fin du XIIème siècle. L’Occident chrétien attend le retour de la troisième croisade au cours de laquelle Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion ont affronté Saladin le magnifique. Robin de Luxley n'est pas encore devenu le célèbre Robin des bois... Parvenus à un point de développement supérieur à l'Occident avant la conquête du Nouveau Monde par les Espagnols et les Portugais, Mayas, Incas et Aztèques se sont unis pour déferler sur les côtes atlantiques.

Le premier tome marque le début de cette nouvelle saga et si l'histoire offre des possibilités scénaristiques alléchantes, le propos est un peu discursif et la mise en place des éléments de l'intrigue manque d'action. La fin s'ouvre toutefois sur une belle perspective. Les dessins répondent à une volonté de réalisme historique, toutefois les décors, les processions, les vêtements des dignitaires atlantes auraient pu donner lieu à des reconstitutions plus grandioses. Il est vrai que Les chroniques de l'Antiquité galactique ont habitué le lecteur à plus d'envergure et à un souffle épique plus élevé.
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Le mauvais oeil
Les armées atlantes, Aztèques, Incas et Mayas coalisés, ont entrepris la conquête de l'Ancien Monde. Une lugubre pyramide à degrés noire domine le Louvre : elle est le signe de la défaite des chevaliers français à Bouvines. Le jeune roi Louis VIII est retenu prisonnier par Vucub Nob, l'Apu de l'Antisiyu (gouverneur religieux et militaire de la France). Fils de l'empereur inca et d'une princesse maya, il détient des pouvoirs de sorcellerie et voit l'avenir grâce à son troisième oeil, une pierre implantée dès le plus jeune âge dans le front des princes incas dont les yeux sont rituellement crevés. Ainsi, il a pu anticiper les manoeuvres de la rébellion et capturer Robin de Luxley, envoyé en mission secrète par le roi Richard, avant qu'il ne parvienne à contacter Saladin pour lui proposer une alliance avec les souverains de la chrétienté afin de chasser la menace commune. Grâce à des visions et à la fumée hallucinogène du peyotl, Vucub Nob le manipule pour le faire douter et l'amener à trahir ses pairs, assassiner le jeune roi et devenir le chef de son armée.
Mais Luxley s'enfuit et parvient à échapper à la vision de Vucub Nob
Lu le 20 février 2011

La sainte inquisition

An de grâce 1199. Ceux que tous appellent les Atlantes dominent l'Europe. Seules quelques poches de résistance existent encore ça et là. Vucub-Nob, le gouverneur maya de la France, peut prévoir l'avenir et donc devancer toutes les actions des Chrétiens. Pourtant il demeure un espoir : le chevalier Robin de Luxley, plus connu sous le nom de Robin des Bois, est mystérieusement parvenu à s'évader des geôles ennemies et est devenu invisible aux yeux des devins atlantes. Mais la Sainte Inquisition, le tout nouveau tribunal créé par le Pape pour contrôler la rébellion, ne croit pas au miracle. Pour Dominique, le grand Inquisiteur, Robin n'est qu'un sorcier, un hérétique qu'il faut éliminer au plus vite !

Le pape Innocent III
La rébellion contre les envahisseurs s’organise, connaît ses premiers succès mais doit faire également face à ses premières querelles intestines. Ces différents permettent à la scénariste de ne pas seulement se limiter aux scènes d’action mais également de présenter un conflit finalement beaucoup plus compliqué qu’il n'y paraît. Les scènes de guerre et celles sur le tribunal de l'Inquisition s’agencent parfaitement pour donner un récit épique et dramatique à la fois.

Outre le fait de proposer une aventure originale, cette uchronie permet également aux occidentaux que nous sommes de se mettre à la place de ces peuples précolombiens que la Conquista a décimés. En voyant les royaumes chrétiens ravagés, Rome, la ville éternelle, incendiée, le Pape torturé, les églises remplacées par des temples « païens » et les divisions des peuples opprimés face à leur envahisseur commun, on comprend beaucoup mieux le calvaire que ces civilisations ont vécu. 

mercredi 13 août 2014

La chanson des enfants perdus

Clairement pour moi, la série des Pénélope Green de Béatrice Bottet s'arrêtera au premier tome ! Je me suis ennuyée... 10 jours pour lire un roman aussi court, c'est un signe qui ne trompe pas. Détail qui parlera uniquement à celles qui ont connu la bibliothèque rouge et or, j'ai de beaucoup préféré, en d'autres temps, d'autres lieux, les mystères résolus par Alice Roy de Caroline Quine. Les deux jeunes apprenties détectives ont en commun un esprit frondeur et aventureux, outre le fait d'avoir été élevées par un veuf.
Orpheline du journaliste d'investigation James Green, dit JAG, Pénélope prétend suivre les traces de son père et reprendre à son compte une enquête dont il a voulu l'écarter, en brûlant son dossier peu avant sa mort. Fonçant tête baissée, avec le seul nom de Foxglover Court pour la guider, ainsi que l'air d'une chanson fredonnée, elle est entraînée vers les quartiers miséreux de l'East End où elle croise la route d'Herbert Cox et sa troupe de jeunes musiciens des rues, qu'elle sollicite pour l'aider dans son enquête...
Elle se heurte rapidement à des difficultés physiques, bien qu'elle se soit adjoint la protection rapprochée d'un marin français, Cyprien Bonaventure, mais également aux préjugés de son époque, l'Angleterre victorienne, à l'égard des femmes.

vendredi 8 août 2014

Orbital [5 tomes]

Orbital est une une série de science-fiction co-signée par Serge Pellé et Sylvain Runberg. Les tomes 1. Cicatrices et 2. Ruptures forment un dyptique brillant qui m'a donné envie de suivre les aventures de Caleb et Mézoké.. Un nouveau cycle débute avec le tome 3.

Le premier tome est paru en 2006 chez Delcourt dans la collection Repérages. J'avais été séduite par le preview (j'étais alors abonnée à Triangle rouge) et je l'avais lu dès sa sortie, avec un sentiment mitigé. La suite et fin que je viens de découvrir confirme les bons côtés que j'avais appréciés : le dépaysement, même si l'univers de la BD peut rappeler Valérian, Sillage ou La guerre éternelle, l'intrigue, intéressante, qui transpose les problèmes délicats de racisme, de manipulation et de cohabitation entre les peuples dans un univers intergalactique, un dessin original, peu coloré et parfois imprécis, mais efficace et un duo de héros antithétiques, attachant, crédible et qui fonctionne bien. Caleb Swany, le terrien et Mézoké Izzua, l'extra-terrestre sont agents de l’Office Diplomatique Intermondial, qui représente les quelques 800 races d'une alliance confédérée interstellaire. Ils forment un binôme exemplaire et symbolique : c'est la première fois en effet dans l'histoire de la galaxie que leurs races respectives accèdent à un tel honneur. La Terre, écartée jusqu'à présent des plus hautes instances, vient d'être récemment admise et les Sandjarr, le peuple de Mézoké, s'étaient tenus à l'écart des instances politiques inter-mondiales jusqu'au violent conflit qui les a opposés aux humains à peine quinze ans auparavant.
Ils appartiennent à une unité d'élite de négociateurs musclés chargés de faire respecter la paix et les accords entre les multitudes extraterrestes. Au début, ils ne se supportent pas mais, tout frais émoulus de la station Orbital, base de l'ODI, ils sont bien obligés de faire équipe. Dès la fin de leur entraînement, ils embarquent pour leur première mission à destination de Senestam où les appellent les Jävlodes, une race pacifiste et non-interventionnsite qui en est propriétaire.
Outre les attaques des Stilvulls, des bestioles grégaires surgies des profondeurs et abominablement destructrices, Caleb doit affronter les manigances de groupes rivaux, tandis que face à l'hostilité des terriens à son encontre, Mézoké a préféré se rendre sur la planète Upssal, pour négocier avec les Jävlodes. Divisés par la Colère Ronde, une étonnante prise à parti pour un peuple réputé tranquille, ils sont entrés en conflit avec la colonie terrienne qui occupe leur petite lune et y exploite une mine de trélium, un puissant explosif. Des agitateurs oeuvrent en sous main pour saper les négociations, mais heureusement placé en orbite autour de Senestam, l’étonnant Angus, un vaisseau métamorphe et Nina son pilote androgyne, veillent et réservent quelques surprises aux uns et aux autres...
Lus le 17 février 2011

tome 3 : Nomades
Sylvain Runberg et Serge Pellé poursuivent leur association et proposent une nouvelle mission diplomatique de conciliation pour les agents de l'ODI, Caleb et Mézoké.
L'aventure ne se déroule pas en terrain inconnu pour Caleb puisque cette fois, le décor est planté sur Terre où une cérémonie commémorative de réconciliation entre leurs deux peuples, Humains et Sandjarrs, doit se dérouler à Kuala Lumpur. Au XXIII ème siècle, la Malaisie est un exemple de cohabitation réussie entre les humains et les races extraterrestres qui oeuvrent à la construction sur les chantiers navals ou au recyclage des dizaines de nefs abandonnées dans la gigantesque " casse " spatiale. Cela n'empêche pas les
populations sédentaires de voir d'un mauvais oeil l'arrivée d'une tribu nomade, les Rapakhuns cannibales mais pacifiques, et d'être prêts à les rendre responsables des désastreuses dernières pêches... L'activité a repris depuis peu, grâce aux technologies extra-terrestres qui ont rendu la vie aux eaux des mangroves et les marins malaisiens comptent beaucoup sur cette récente source de revenus.
Selon un procédé maintenant rodé, cet album sert de mise en place des tenants de l'action. Caleb et Mézoké, toujours assistés d'Angus le vaisseau métamorphe piloté par Nina, se retrouvent au coeur des tensions : ils doivent résoudre l'énigme de la destruction des bateaux pêcheurs tout en s'efforçant de préserver le fragile équilibre de la rencontre au sommet. Mézoké est un peu en retrait, même si elle livre une partie de son passé et la raison de son désaccord avec les " représentants " de son peuple.

Un album, qui confirme mon point de vue sur les excellentes promesses du premier diptyque et un autre bon point pour le challenge SSWeV. Il y a autant d'inventivité que dans les meilleures sériés SF : par exemple Valérian et Laureline en plus actuel au niveau du graphisme et de la mise en couleurs.
Remarque : j'adore le personnage ambigu de Nina (tiers homme/tiers femme/tiers machine cf. également la nef dans le Cycle d'Ostruce) qui je le crois sera amené à évoluer fortement et à prendre de plus en plus de place dans la série.
Lu le 11 août 2011 déjà pour le SSW

Pour le SSW 2014, j'ai ajouté les deux tomes qui viennent conclure cette deuxième histoire d'une série qui devient addictive, avec toujours cette sobriété dans les tonalités  :

4. Ravages      et      5. Justice
Caleb et Mézoké, malmenés dans ces épisodes mais plus unis que jamais, sont confrontés à leur choix de vie, notamment leur engagement au sein de l’ODI. Reposant sur leur intime conviction, la défense des Rapakhuns les amène à prendre position contre des forces qui les dépassent, alors que la gouvernance intermondiale est au centre des enjeux de pouvoir. Nina et Angus sont également mis à mal au cours de l'album, mais le final laisse présager que les héros vont sortir grandis et endurcis de ces épreuves, qui leur a permis également de compter leurs amis et alliés.
Lus le 8 août 2014

à venir :
6. Résistance
Ce nouvel épisode d'Orbital boucle l'intrigue amorcée dans Justice. Après leur spectaculaire évasion d'Orbital, Caleb et Mézoké se sont réfugiés sur la planète Shem, au sein d'une petite communauté d'exilés volontaires dont les parents de Mézoké font partie. La vie s'écoule paisiblement quand surgissent les vaisseaux de guerre Achérodes qui ont réussi à remonter leur piste. Un script tendu et sans concession de Sylvain Runberg, parfaitement servi par le dessin précis et foisonnant de Serge Pellé. Orbital, une série qui ne plaît pas seulement aux amateurs de space opera. mais qui séduit aussi les lecteurs et lectrices d'aventures tendues, riches et spectaculaires.


mercredi 6 août 2014

Capitales européennes en BD

Destination : Europe, ultime étape du challenge des cinq continents : Qui découvrira l'énigme finale en premier grâce aux indices récoltés chaque mois ?


Le très bel album illustré des Capitales européennes à travers la bande dessinée de Paul Herman fait le tour des vignettes figurant les villes-phares d'Europe : les très attendues Paris, qui a la vedette, suivie de Berlin, mais aussi Bruxelles ou Londres, jusqu'à de plus récentes et timides apparitions comme Tallinn, La Valette ou Nicosie, qui prouvent l'amorce d'une évolution européenne de la BD, d'un horizon qui s'élargit à de nouveaux imaginaires.
Résultat d'une exposition née de la  rencontre de l'organisateur avec l'ambassadeur de France à Berlin, il rassemble pour le profane ou l'amateur, une fabuleuse collection de planches dessinées par plus de 250 auteurs publiés en France et en Belgique, principalement chez Glénat et c'est un reproche qu'on pourrait lui faire... On retrouve, classées par ordre alphabétique pour n'induire aucune autre hiérarchie que la fréquence des représentations, Amsterdam, Athènes, Bucarest, Budapest, Dublin, Lisbonne, Luxembourg, Madrid, Prague, Rome, Stockholm, Varsovie, Vienne (Secteur 7, Sera, Polonsky, Leo Greco, Dal Pra', Torti).
Le problème est qu'il m'a donné envie de lire la plupart de celles que je ne connaissais pas, par exemple je veux absolument trouver Lisboa de Miguelanxo Prado, Angoulême - Fauve d'or - 1991 et 1994, dont voilà un exemple de son travail

 

lundi 4 août 2014

Je lis aussi des nouvelles

La prouesse de Yasmina Reza, Dans la luge d'Arthur Schopenhauer est à saluer : en effet, elle tente la transcription de quatre logorrhées à flot continu de pensée syncopées de quelques rares points, quatre monologues qui en disent plus que de longs discours sur cette étrange histoire et permettent de se faire une idée des personnages, de la situation, des rapports qu'ils entretiennent, etc.  C'est court et très fort !
  1. Nadine Chipman à Serge Othon Weil
  2. Ariel Chimpan à la psychiatre
  3. Serge Othon Weil à Ariel Chimpan
  4. Nadine Chipman à la psychiatre
  5. Serge Othon Weil à Ariel Chimpan
  6. Nadine Chipman à la psychiatre
  7. Ariel Chimpan à Nadine Chipman
  8. La psychiatre aux trois autres

samedi 2 août 2014

Lectures BD du mois

Oh vieillesse ennemie !

Pour un début de mois, la barre est haute avec Rides de Paco Roca, que je situe entre La tête en friches et Les petits ruisseaux
Ancien cadre, Ernest qui perd la mémoire, est placé en maison de retraite par son fils, bientôt pris sous sa coupe par Emile, qui a bien toute sa tête, il fait connaissance avec les habitués des lieux, un sujet beau et grave, en même temps il y a des moments suspendus, légers et drôles, pour tout dire c'est bien vu, bien pensé, bien fait, PS : je ne sais pas si c'est intentionnel mais le personnage qui rackette ses co-pensionnaires à une tête de DSK...

Dans un autre genre, Les vieux fourneaux, tome 1 : Ceux qui restent, de Wilfrid Lupano, ces papys là sont plus proches des tontons flingueurs ou des dangereux retraités de RED   (Val' cite la chanson de Gotainer et je trouve que ça leur colle bien )
A peine veuf, Antoine apprend que sa femme Lucette a eu une aventure avec leur patron, le directeur des laboratoires G-S. Son sang ne fait qu'un tour et il part en Toscane lui régler son compte, bientôt suivi de ses acolytes de toujours Pierrot et Mimile accompagnés de sa petite fille Sophie, enceinte de 7 mois, qui ne mâche pas non plus ses mots  : Historiquement, vous... VOUS ÊTES LA PIRE GENERATION DE L'HISTOIRE DE L'HUMANITE !
C'est frais, enlevé, caustique, avec un graphisme comme je les aime, ils ont une dégaine pas possible et plus d'une surprise en réserve dans leur passé aventureux, bref, j'attends la suite avec impatience.

J'ai reçu Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté à l'issue du Loto BD 2011. L'album se penche sur un sujet déroutant, car rarement abordé en bandes dessinées (on voit ci-dessus que ce n'est plus le cas). Merci à Mr Zombi pour ce choix hors des sentiers battus.
Je ne l'ai finalement lue, qu'après le film, qui m'a rendue curieuse.
Chaque jour, Edmond et Pierre, deux petits vieux, s’installent au bord de la rivière pour pêcher. Ils font de temps à autre des pauses pour casser la graine ou boire un coup de blanc. Parfois ça mord un peu. Le soir, chacun rentre chez lui. Edmond retrouve son chat et Pierre parle à la photo de sa femme décédée d’un cancer.

vendredi 1 août 2014

BD de Jean Claude Denis [5]

Angoulême - Grand Prix - 2012
La patte de Jean Claude Denis ? Je dirais qu'il décrit un monde dont l'essentiel est composé de blessés de la vie, loosers, paumés, laissés-pour-compte, engagés dans une confrontation inégalitaire avec ceux qui les exploitent, les dupent, les méprisent, mais aussi qu'il visite un univers personnel non dépourvu, au final, d'espoir, ni tendresse.

Un peu avant la fortune montre les affres d'Etienne, un gros gagnant du loto, putatif et perturbé car il manque à plusieurs reprises de perdre ou se faire dérober son billet. Timoré et indécis, il hésite sur tout : se déclarer auprès de la Française des jeux, se projeter dans la manière de dépenser son argent alors qu'il est un détective sans emploi, accueillir sans arrière pensée le retour de son amie dont il est sans nouvelles depuis des mois, se tenir éloigner des escrocs et envieux en tout genre...
Le graphisme simplissime (Charles Berbérian et Philippe Dupuy) se révèle efficace pour narrer les aventures rocambolesques déclenchées dans la vie d'Etienne par cette occurrence sur 14 millions. Tantôt on est dans la partie narrative aux couleurs plus neutres et tantôt dans celle imaginative, colorée de tonalités de rouge comme la couverture, mais jamais on n'est perdu au contraire du héros, même face à des évènements improbables, comme les rencontres avec ce curieux chef d'orchestre au faciès morbide qui semble le poursuivre mais agit plutôt comme un personnage protecteur. Peut on en dire autant de la psychologue chargée d'accompagner les gros gagnants ?
La leçon à tirer de cet album est sans doute d'adopter la plus grande méfiance à l'égard des apparences.
Lu à la médiathèque au mois d'octobre 2013


L'ombre aux tableaux - Libraires - BD - 1992
Arthur Cornier un peintre déchu quitte son hôtel à la cloche de bois. Il est recueilli et coaché par un SDF débrouillard qui survit avec son chien Macadam. Bradées au prix de la toile, les oeuvres d'Art Corner connaissent enfin un succès inattendu, grâce au tour de passe-passe d'une galeriste peu scrupuleuse. Ignorant de sa toute nouvelle bonne fortune, Arthur meurt de froid la nuit de la Saint Sylvestre. Mort, sa cote s'envole, mais son fantôme ne peut échapper à l'environnement d'Arianne. Plongée dans le coma après un grave accident de la route, elle en sort changée...

Bonbon piment (trois histoires courtes d'amour et de hasard)
Ile de La Réunion, un appelé jure à Juliette un amour éternel. Il lui promet de l'emmener avec lui à Paris lorsqu'il sera démobilisé, mais le jour venu, il laisse la jeune créole désespérée. De son côté, l'ex-soldat commence à dépérir et son camarade évoque un cas similaire d'envoûtement, la conjugaison du vaudou et du poison.
Brésil, une jeune ouvreuse de cinéma qui n'avait jamais vu la mer suit son ami pour vivre au bord de la côte, mais Yemanja la déesse-sirène est redoutablement possessive.
Thaïlande, M. Vannier venu acheter une épouse rencontre fortuitement une belle jeune femme au bord d'un cours d'eau.

 
Le sommeil de Léo
Son assistante dévouée n'a d'yeux que pour lui qui essaie de séduire sa traductrice franco-finnoise, alors que la belle Kikka s'éprend de Léo, l'importun qui est venu frapper à la porte de son entreprise pour lui rappeler qu'ils furent amis dans leur jeunesse ; le tout est relevé d'un soupçon d'hypnose où Léo transformé en zombie met à mal ses différents projets personnels et professionnels.

Les sept péchés capitaux
Sept histoires différentes, avec des personnages récurrents : un couple, un beau-frère, une amie, pour illustrer la gourmandise, la luxure, l'avarice, etc
Thème oblige, les personnages masculins sont plus libidineux que dans ses autres albums.