mercredi 30 août 2017

challenge Lunes d'encre : bilan à 9 mois

 
organisé par A.C.de Haenne sur son blogue Les Murmures V2
une année pour lire un maximum des 165 titres parus dans la collection ou repris chez FolioSF
un beau logo et une PàL qui se présente bien, mais toujours pas entamée,
heureusement le challenge SSW vient donner un regain de motivation :



deux lectures antérieures au challenge :
H2G2 j'ai dû renoncer au milieu du troisième tome de l'intégrale
Des parasites comme nous m'a beaucoup plus, l'occasion d'écrire enfin le billet !
        
des envies pour continuer éventuellement...


vendredi 25 août 2017

Une enquête de l'inspecteur Verhoeven


A l'égal de Karine Giebel, Pierre Lemaître excelle à faire passer son personnage de l'état de victime à celui de coupable, et vice versa... si bien qu'à la fin, je ne sais qui est à plaindre ou à blâmer !
L'intrigue suit alternativement Alex, en de bien sales draps, et l'enquête de police menée par le commandant Camille Verhoeven, marqué de plusieurs disgrâces de naissance et par la vie.
Pour une fois, tout est dit dans le résumé (il faut lire entre les lignes), sans pour autant priver le lecteur des nombreux rebondissements :
Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.
Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.
Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.
Je n'avais déjà pas réussi à lâcher Au revoir là-haut avant la dernière page, je vais continuer à lire cet auteur et le reste de la saga Verhoeven. 

mardi 22 août 2017

Une enquête de Richard Jury

Le sang des innocents de Martha Grimes
challenge Déstockage de PàL en duo avec Amarüel

J'aime bien la construction de cette enquête. Elle commence par les deux bouts, des enquêtes sans lien apparent, des victimes sans identité, une petite fille assassinée à Londres et le meurtre d'une femme dans un parc privé de Cornouailles. Elle est pleine de méandres comme les jardins perdus de Heligan. Le commissaire Macalvie du Devon et Cornouailles et l'inspecteur Jury de Scotland Yard, ont leurs petites manies, se connaissent et s'apprécient. Ils sont fidèlement et respectivement secondés par Cody Platt et Wiggins. Des deux petites filles, Flora Baumann, disparue et l'autre tuée par balle, de la jeune femme inconnue assassinée à Angel Gate, il en est assez peu question. L'enquête semble d'y intéresser de très loin, en toile de fond. J'en suis à la moitié du roman et elle n'a pas progressé... Pourtant plein de choses intéressantes ont rendu la lecture plus qu'agréable : les caractères surtout sont plaisants et les personnages sont de tout premier plan. Exactement ce qu'il me faut, en ces jours où j'ai peu de temps pour lire, sans réussir à m'en passer tout à fait. Je suis prise par l'histoire, mais sans vouloir à tout prix en connaître le fin mot. Je prends ce qui m'est offert, tranquillement.
Edit 21/08
j'avais raison d'être assurée que Richard Jury saurait gagner la confiance des suspects pour parvenir à débusquer le(s) coupable(s). Au moment où j'écris, il vient de juste de révéler l'identité (il pressent ce lien entre les trois affaires qui l'occupent) de la jeune femme grâce à une pirouette entre plusieurs indices apparemment extérieurs à l'enquête, de l'intuition et de la déduction.
Edit 22/08
Au moment où j'écris, il vient juste de réussir a percé le secret de la petite fille assassinée en pleine rue et de révéler les rouages de la disparition de Flora. Jury est sous le coup d'une enquête interne. Il me reste quelques dizaines de pages et il ne manque plus grand chose à la résolution des énigmes de départ... peut être l'arrestation du vrai coupable qui tire les ficelles !
En fait, la dernière partie clôt le roman sur une scène conviviale entre les " amis " du cercle de connaissances de Jury et Plant. Il est sûr que je lirai volontiers une autre aventure associant l'inspecteur de Scotland Yard et Melrose Plant, un lord désoeuvré et personnage difficile à cerner.


Jardins perdus de Heligan à Saint Austell

vendredi 18 août 2017

Les chevaux célestes : méprise !

J'ai survolé ce tome 1 de la trilogie Le disque de jade quand je me suis aperçue qu'il ne correspondait pas à mes attentes : en effet, j'ai cru trouver à la bibliothèque le roman de Guy Gavriel Kay, alors que j'ai en fait emprunté celui de José Frèches. J'ai pourtant aimé l'introduction, avec la description de la magnifique pièce de jade d'un noir étoilé comme un firmament et de la passion qui prend aussitôt le marchand dès qu'il pose l'oeil sur le disque précieux dérobé dans un tombeau jusqu'alors inviolé. Mais je me suis vite ennuyée à ma lecture et j'ai sauté les pages de chapitre en chapitre pour suivre l'intrigue, sans ressentir le besoin d'en connaître tous les détails lentement distillés au fil des pages.
Je ne prendrai pas la suite !

mercredi 16 août 2017

Summer cocktail challenge

Summer cocktail : Le Mystery Tiki
trois mois, de juin à août 2017, 5 ingrédients à rassembler, ci-dessous la recette concoctée par Ailec

Pour XL :

1) Blue Lagoon
2) Little Sunshine
3) Mauve Magique
4) Vert Enigmatique
5) Red Passion

j'ai ouvert le bar, mis de côté quelques ingrédients et pris mon cahier de recettes !





1) Un roman Historique --> Blue Lagoon : Veuve noire de Michel Quint
2) Un roman Fantastique ou Bit-Lit --> Little Sunshine : Le livre du temps de Guillaume Prévost
3) Un roman de Fantasy --> Mauve Magique : Journal d'un marchand de rêves d'Anthelme Hauchecorne
4) Une Couverture qui fait voyager --> Vert Enigmatique : Into the wild de Jon Krakauer
5) Une Comédie --> Red Passion : La drôle de vie de Zelda Zonk de Laurence Peyrin



mardi 15 août 2017

Bingo littéraire d'été

Inscriptions closes ! je ne challengerai donc qu'avec moi même, pour le plaisir de cette belle grille élaborée par LaurenceAuthentique


A1 : La petite fille dans le cercle de la lune (en cours)
A2 : ALBUM JEUNESSE
A3 : Armistead Maupin ou Amin Maalouf (à lire)
A4 (survolé, mauvais) : Les chevaux célestes 
A5 : La drôle de vie de Zelda Zonk
B1 : Dysfonctionnelle
B2 : PàLà2
B3 (Hugo 2010) : The city & the city
B4 : Le roman de l'été
B5 : Peggy Sue et le chien bleu (à lire)
C1 : Omale (à lire)
C2 : Le livre du temps
C3 : JOKER
C4 : Le cherche bonheur (à lire)
C5 (manga) : Au gré du vent
D1 : Une gourmandise (à lire)
D2 : Un été ardent (à lire)
D3 : L'âge de Pierre
D4 : Veuve noire
D5 : Le bois aux hyènes
E1 (trompeuse) : Into the wild
E2 (Alex) : J'étais derrière toi
E3 : Les jours Areuh
E4 : Butcher's crossing
E5 : Contes nippons au coin du feu

lundi 14 août 2017

The City & The City

COUP DE COEUR

China Miéville imagine un schéma de ville particulièrement tordu, avec une quatrième dimension qui n'est pas le temps mais la coexistence dans le même axe spatio-temporel, de deux populations qui s'ignorent délibérément et réglementairement. Difficile d'imaginer pire complexité narrative et pourtant cela fonctionne, pour moi beaucoup mieux que la ville thaï en deux dimensions de Paolo Bacigalupi dans La fille automate où j'ai fini par tellement me perdre que je n'ai plus cherché à m'orienter.
Résumé :
Les habitants de Beszel et d'UI Qoma, villes doubles partageant un même territoire, ont interdiction absolue d'entrer en contact avec leurs voisins. La moindre infraction à cette règle déclenche l'intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l'efficacité impitoyable.

Sur le substrat de ce terrain particulièrement instable, l'intrigue policière ne fait pas figure d'anecdote : elle emprunte au contraire toute son acuité dans la construction mentale du contexte particulier de Beszel et UI Qoma, à l'étanchéité absolue entre les deux villes, qui pour tout cerveau normalement constitué rend l'incongruité de l'affaire quasiment impossible à concevoir par la pensée.
Suite du résumé :
Quand le cadavre d'une inconnue est découvert dans un terrain vague de Beszel, l'inspecteur Tyador Borlù comprend vite que ses ennuis ne font que commencer. Non seulement la jeune femme, étudiante en archéologie, a été tuée à UI Qoma, mais ses recherches inquiétaient jusqu'aux plus hautes sphères. Et menaçaient de mettre en danger l'équilibre précaire entre les deux villes...

J'ai beaucoup aimé le personnage de Borlù, flic désenchanté mais resté intègre. Il sait bien s'entourer, d'abord avec la coéquipière qu'il détourne d'un autre groupe et s'accapare comme second dans son enquête, ensuite de l'autre côté du mur qui n'existe pas, son alter ego d'UI Qoma, un autre inspecteur engagé, un peu réticent au partage de juridiction puis pleinement coopératif. L'ampleur de ce qu'ils vont découvrir à trois n'a d'égal que l'ingéniosité du scénario.
L'histoire est totalement immersive, j'avais envie de savoir la suite, tout en me freinant pour ne pas finir trop vite ce roman coup de coeur ! Vous aurez compris que j'ai adoré cette ville, j'aurais aimé lui trouver un modèle mais je n'ai pas eu d'idée ; il y a sûrement une clef mais elle m'échappe... Quelque part entre Europe et Asie ??
J'éprouve une hâte inquiète à lire un autre de ses romans, par peur de ne pas être aussi totalement emportée que par The city & the city.

dimanche 13 août 2017

J'étais derrière toi

Elle s'appelle Alice, elle a vingt ans, elle est blonde, très belle et italienne, elle vit à Monte, étudie les neurosciences et possède assez d'aplomb pour faire passer une carte de visite avec son numéro de téléphone à un jeune homme inconnu, assis à la table voisine dans un restaurant de Romanze.
L'autofiction de Nicolas Fargues commence par cette scène. Ils auraient pu rester de parfaits inconnus, mais le trentenaire, qui est en pleine déroute matrimoniale, compose le numéro... Le lecteur, quant à lui, est plus circonspect et s'interroge sur les motivations et sur le physique de la personne, ce qui ne semble pas effleurer le narrateur. Il s'adresse à un auditeur anonyme (le lecteur) ou un proche confident qu'il tutoie en une longue logorrhée qui tient d'une séance sur canapé, où tour à tour, l'auteur m'a agacée autant que Beigbeder, consternée ou émue parfois, J'étais derrière toi, n'est pas le divertissement plaisant dont j'ai le souvenir avec Le roman de l'été. Le sujet est lourd, parce que ce n'est pas si fréquent de lire un roman sur les violences conjugales subies au masculin. Mais pour moi, le compte n'y est pas.

Description
Âgé d'une trentaine d'années, le narrateur est en plein questionnement existentiel. Il confie à un ami la façon dont la vie, le doute et la souffrance se sont imposés à lui du jour au lendemain. Comme rescapé d'un naufrage, il raconte, sur le ton de la conversation, la rupture avec sa femme Alexandrine, véritable descente aux enfers d'un couple marié avec deux enfants. Simultanément, il relate sa rencontre passionnée et réconfortante avec une jeune amante italienne qui lui ouvre un horizon de liberté. Elle est solaire, l'autre est ténèbres et pour le lecteur, c'est la douche écossaise. Dans une langue crue et quotidienne, il s'interroge sur la souffrance, l'amour et le bonheur, avec un regard lucide teint d'humour et d'autodérision. Lecture par Benoît Magimel
" Je suis écrivain pas mannequin " titre le journal, à côté d'exemplaires  de son roman J'étais derrière toi



samedi 12 août 2017

Tonino BENACQUISTA [5]

Serait-il possible que je l'aie délaissé tout ce temps... alors que deux de ses titres dorment dans ma PàL ? Homo erectus acheté dès sa sortie dans la collection Gallimard (lecture à venir) et Nos gloires secrètes.
De mon point de vue, devenu sévère pour cet auteur que je trouve excellent, ce n'est pas son meilleur recueil de nouvelles. Je me suis déjà délectée davantage à le lire.
Néanmoins, pour le challenge des 4 AS, je dois lister cinq mots qui caractérisent ma lecture :
volte-face, subterfuge, apparences trompeuses, manipulation.
Cet exercice a du bon, car en si peu de mots, je résume parfaitement le thème des six nouvelles de ce recueil dont les personnages centraux ont un point commun : leur vie intérieure est bien plus exaltante que leur vie quotidienne et leur part lumineuse n'est rien en comparaison de la part d'ombre qui fait leur fierté cachée.

1/ un homme craint toute sa vie d'être découvert pour un homicide involontaire, une pochade d'ivrognes, puis n'en pouvait plus d'attendre, il se dénonce
2/ un poète vengeur
3/ un ancien " nez " (parfumeur) toujours amoureux des femmes passe un étrange marché avec sa jeune voisine
4/ un couple en train de chiner chez un antiquaire élabore tout un tas d'hypothèses invraisemblables sur un tableau exposé avec ostentation, sans jamais soupçonner la réalité - MA PREFEREE
5/ l'enfant d'un couple qui s'éloigne, un silence déconcertant, l'auteur tire d'une situation banale une histoire extraordinaire et subtilement drôle, une private joke pour spectateur unique

6/ un ancien souffre-douleur devenu milliardaire rend la monnaie de sa pièce à son tortionnaire (métaphore filée car le personnage en question est devenu banquier)
Lu le 29 mai 2017

Peu d'auteurs m'ont autant séduite depuis longtemps. Je croyais Tonino Benacquista italien, donc traduit, il écrit directement en français et d'une façon qui me plaît, à part les jeux de mots [douteux] de certains titres. Comme les précédentes, la lecture de Trois carrés rouges sur fond noir m'a enthousiasmée. _

La boîte noire est un recueil de nouvelles. Dans la première, qui donne son titre à l'ensemble, un homme dans le coma révèle pendant son sommeil la totalité des souvenirs enfouis dans son inconscient. A la fin de son hospitalisation, l'infirmière qui l'a veillé lui remet un manuscrit où elle a retranscrit toutes ses confidences involontaires.

Tout à l'ego est un recueil de nouvelles sur le thème de la mémoire déjà abordé dans La boîte noire.

Qui n'a rêvé d'être Quelqu'un d'autre ? Deux inconnus disputent un match de tennis amateur avec la rage de vaincre. En dehors du cours, ils prolongent leur rencontre fortuite en buvant un verre. Leur discussion à bâtons rompus débouche sur le plus étrange des défis, devenir celui qu'ils ont toujours voulu être. Ils se donnent trois ans avant de se retrouver au même endroit : la surprise finale est de taille. C'est à cent coudées au-dessus de la pâle usurpation d'identité imaginée par Amélie Nothomb dans Le fait du prince.


Billet récapitulatif initialement publié le 23 novembre 2009.

vendredi 11 août 2017

Nouvelles - Andrea Japp [3]

Contes d'amour et de rage
Nouvelles belles ou cruelles, l'art d'Andrea H. Japp réside dans ses personnages, la description de caractères. Parfois mal partis, ils se rétablissent in extremis, hors de portée, d'autres fois ils oscillent, balancent sur la corde raide entre amour et rage.
La leçon du rat : la si gentille vieille voisine
Eloge de la buée : donneuse de leçon aveugle
Emile le taxi : être et avoir été en un ultime instant
La jeune fille et la haine : la revanche d'une victime
Journal intime des rêves : préférer le rêve, finalement
Rosa la rose : banlieue triste, chien dangereux
La virgule : petite soeur muette
Le déjeuner d'amies : cougar même pas peur
En anglais dans le texte : SDF english speaking
Lues le 17 octobre 2014

* * *



Le déménagement de Charlotte d'Andrea Japp est un court roman où la romancière donne encore une fois la pleine mesure de son talent.

L'héroine veut s'éloigner de Paris et prendre du recul sur sa vie. Alors qu'elle visite l'Eure et Loir, elle se sent irrésistiblement attirée par un panneau à vendre et découvre une maison isolée à la splendeur passée La Glorière. C'est le coup de foudre ! Contre toute logique, elle décide de l'acquérir et de s'y installer, mais ses nuits sont hantées par d'étranges impressions. Les choses semblent bouger dans son dos, un livre déplacé... de petits détails auxquels elle pense changent en son absence, une porte qui ne grince plus, un robinet qui cesse de fuir... Charlotte est sur ses gardes mais hésite à prendre peur, d'autant que l'inconnu qui hante la maison, s'il existe en dehors de son imagination, paraît vouloir améliorer son quotidien. Dans la grande maison et son parc immense, Butch son petit bouledogue français bringé est heureux (je ne résiste pas au plaisir de vous mettre une photo trop mignonne)
Le mystérieux fantôme a un nom : Léon. Réussira-t-il à faire le bonheur de Charlotte malgré elle ?
Lue le 6 juillet 2012


* * *
Un jour, je vous ai croisés. Il s’agit de cela. Un geste, un soupir, quelques mots de vous, qu’importe s’ils ne m’étaient pas destinés. Ils m’ont émue, parfois exaspérée, toujours intriguée.
Ce recueil de 14 nouvelles tend à prouver deux choses : de manière générale, l'immanence de la qualité d'écrivain, qu'inspire la moindre rencontre fortuite avec un " sujet " et dans le cas particulier d'Andrea Japp, son immense art de l'intrigue, qu'elle déploie tant dans ses séries policières moyennageuses ou contemporaines, que dans l'exercice auquel elle se prête volontiers dans le format plus court de la nouvelle.
L'auteur se montre sensible aux lignes de force des rapports humains : la plupart de ses suites imaginaires relèvent de la typologie du pot de terre contre le pot de fer, où elle s'attache, toujours avec beaucoup d'empathie, aux fissures affectives des personnages, à la fragilité, apparente, supposée ou réelle, des Raphaël, Edmond, Etienne, Céline, Jeanne, Blanche... Démunis ou malmenés par la vie, passés maîtres dans l'art de la manipulation ou obligés de s'inventer petites ruses et gros mensonges pour s'en sortir... les protagonistes forment un cortège de douces grands-mères impitoyables, de frêles jeunes femmes diaboliquement retorses, de doux dingues, de faux durs et de vrais tendres, capables du pire comme du meilleur.
Une silhouette ou une expression ont attiré son regard, des visages croisés à l'hôtel, au restaurant, dans la rue ou les transports, qu'elle a scrutés et détaillés, ont cessé soudain d'être totalement anonymes, quelques paroles échangées avec des inconnus ou entendues au cours d'une conversation ont interpelé son ouïe. Ces quelques signes suffisent à créer le terreau de situations romanesques dont elle tisse les fils pour imaginer une vie fictive aux personnages entr'aperçus au détour de ce kaléidoscope d'instants fugaces.

Quelques unes parmi mes préférées :
Chez le plus mauvais traiteur chinois de la planète (surtout pour le titre)
Miroir avec éclats et La poupée dégonflable (des histoires de femmes)
La vraie recette de la brioche et La toile d'araignée de Jeanne (des histoires de grands-mères)
L'alphabet d'Edmond et La folle du logis (pour la tendresse) et La guerre des Noëls (pour l'humour)
Lues le 26 mai 2011

mercredi 9 août 2017

Le chasseur de lucioles

Tour du monde des nationalités : Gabon
Janis Otsiemi m'a fait la bonne surprise de se loger parmi les romans policiers de la petite bibliothèque que je fréquente : par curiosité, j'aimerais savoir (ce) qui l'y a amené... Parmi la cohorte d'Anglo-saxons qui surpeuplent les étagères, c'est un étrange plaisir de trouver un auteur francophone extra-européen... et la découverte sera à la hauteur de ma surprise : heureuse !
La photo de couverture m'a intriguée, le dos de couverture encore plus, où il est fait allusion à la truculence d'un Frédéric Dard, sans oublier le bandeau qui n'était pas sur mon exemplaire " L'écrivain qui fait des bébés à la langue française ".
Car l'auteur est un virtuose de la langue ! Les expressions sont souvent déroutantes, sans que je puisse départager s'il s'agit du français à la mode locale ou de néologismes propres à l'écrivain, dont l'imagination est féconde. Le style est d'un grand intérêt pour la lecture de ce roman, dont l'intrigue est assez classique.
Deux équipes d'enquêteurs dont les recherches vont se croiser à moment donné abordent leur affaire en l'absence presque totale d'indice : le braquage à l'arme de guerre d'un fourgon contenant 20 millions de francs (CFA) et une série de meurtres de prostituées sauvagement mutilées découvertes dans des motels de Libreville.
Les auteurs de polars nous ont habitués à des scènes de crime tellement horribles sans qu'un battement de cil n'échappe aux équipes médico-légales ou judiciaires, qu'il est presque rafraîchissant d'entendre les policiers s'émouvoir des tortures infligées aux victimes. Mais ils restent des hommes qui tentent de survivre dans une société qui ne cultive pas la promotion par le travail ni l'effort personnel. Les populations marginales et désoeuvrées de la capitale gabonaise sont montrées sans effort de minimiser l'étendue du fléau, les trafics, la corruption, l'influence des gangs, les conflits ethniques, le clientélisme, les ravages de la maladie du siècle, etc. Sans oublier le divertissement, la volonté de vivre avec le sourire, comme le rappellent les nombreuses expressions imagées et souvent drôles qui figurent en tête de chaque chapitre.

dimanche 6 août 2017

Les jours Areuh

COUP DE COEUR : J'ai pensé l'offrir à plusieurs personnes A 3 heures du matin, assis dans un fauteuil sous le rond de lumière d’un abat-jour, un quinquagénaire donne le biberon à son nourrisson de 3 mois. Entre eux : un demi-siècle et 96 kilos de différence.
L'amour ne se dit pas mais agit. En l'occurrence, le père trouve des mots magnifiques pour dire l'amour qu'il porte à son fils depuis les premiers instants de son existence. Il dit sa découverte - nouveau papa à 50 ans - autant que celle de ce bébé qui le projette dans l'avenir, mais aussi dans la rétrospection (je ne suis pas sûre que le terme existe, mot valise constitué d'introspection et rétrospective !)

jeudi 3 août 2017

Contes nippons au coin du feu

Un partenariat Livraddict et Hystérie Editions me permet de découvrir l'anthologie officielle du Salon Japan Impact qui s'est tenu au palais Beaulieu de Lausanne en février 2017. La couverture de Nicolas Le Tutour m'a intriguée... est à l'origine de ce choix. A la suite d'une introduction très attractive sur la Japan Impact et l'association PolyJapon, le recueil Onze histoires nippones à lire au coin du feu, édité en partenariat avec l'académie de Minuit, illustre le thème du Japon, ses mystères et ses légendes.
Attention, la porte des rêves et des cauchemars est ouverte :
  • Le pays des Yokaï, Audrey Calviac, une histoire de Yokai sur le Mont Takao à l'ouest de Tokyo, qui oppose naïveté et cruauté
  • De soie et de fourrure, Dola Rosselet : un classique interculturel, la favorite du vieil empereur est une intrigante et une sorcière
  • So leng et Le Pouvoir venu du levant, Laurent Combaz : pour le soustraire à un tyran, le pouvoir d'un guerrier légendaire est réparti entre cinq nouveaux-nés (une introduction frustrante à une histoire plus longue : j'apprends sans surprise qu'il est le prologue d'une websérie, Kaliderson)
  • Tetsuya, Marine Stengel : Tetsuya (magnifique) et Yuke (fantôme) : une histoire de vampire à la japonaise, un esprit affamé et en colère qui s'en prend à des innocents plutôt qu'au vrai coupable
  • L'Empereur solitaire et le cadeau du Corbeau Rouge, Anthony Boulanger, ma préférée, avec une belle fin, un dragon très sage et un corbeau qui ne déparerait pas une fable de La Fontaine associés dans la quête de la perle rare 
  • Les trois coups du spectre, Louise Roullier, sur le thème du jeu de gô, plus qu'un passe-temps, l'échiquier est le théâtre de passe d'armes mortellement dangereuses, quand maîtres et élèves sont animés d'une même passion 
  •  Le Yurei, Maud Wlek, une histoire de possession à l'envers, déconcertante et bien menée, la fin est d'une grande tristesse
  •  Huit pattes, sept queues, Vérène Dévanthéry, un titre original pour la rencontre d'une kitsune (femme-renard) et d'un chat à deux queues, l'histoire d'un maître chanteur et des humains qui furent victimes de leurs tourments
  •  SokuShinbutsu, Célia Haro, sur le thème des bouddhas vivants, une bien étrange relation entre un professeur convaincue d'une curieuse possession et son élève atteint de défaut d'empathie
  •  Le texte de Nimu, notre maitre du feu de camp : Hahanaru Shizen, une histoire autour des rites de protection, malheureusement pour lui, la seule personne qui croit le narrateur a l'opportunité de le devancer d'une bonne vingtaine d'année sur le terrain
  •  le texte de notre invitée L'héritage de Susanoo de Vanessa Terral, une nouvelle très visuelle qui pourrait donner un anime intéressant, le combat des forces du Bien contre celles du Mal
1/ ce sont des contes occidentaux sur le Japon mais pas des contes japonais comme je l'imaginais, je m'interroge sur les biais qui émaillent les textes, mais trouve que leur lecture amène à une agréable découverte de l'imaginaire nippon
2/ néanmoins, cette anthologie montre un échantillon des esprits, fantômes, monstres, démons, divinités mineures et autres figures de yôkai présentes dans la culture japonaise
3/ les monstres et créatures fantastiques du bestiaire japonais sont aussi malfaisants et violents que dans les autres mythologies et procèdent aux pires horreurs, mieux, ils se jouent parfois des tours entre eux
4/ mais cause ou conséquence, beaucoup de contes sont empreints de sagesse millénaire, issue des différentes influences religieuses : paradoxalement, ils sont très reposants, très " zen "
5/ le folklore des contes médiévaux se retrouve en miroir dans ces textes : des créatures maléfiques à figures d'ange, des mages bien- ou malveillants, des seigneurs possédés par la soif de pouvoir, etc. ce qui évite le dépaysement complet

[BD] Il était une fois en France

Prix de la série lors du festival d'Angoulême 2011
Orphelin. Immigré. Ferrailleur. Milliardaire. Collabo. Résistant. Criminel pour certains, héros pour d'autres... Joseph Joanovici fut tout cela et bien plus encore.

Le destin de cet homme exceptionnel traverse l'Histoire : de la seconde Guerre  mondiale, l'Occupation, l'armistice, la collaboration, la Libération, jusqu'à la Vème République, en passant par la création d'Israël. Sa biographie romancée est racontée par Fabien Nury et Sylvain Vallée, avec un avertissement : il s'agit d'une fiction basée sur des faits et intégrant des personnages réels. Les auteurs ont choisis de se placer sous la focale de la longue lutte menée contre lui par Jacques Legentil, le "petit juge de Melun. Parue chez Glénat en 6 tomes, la série m'a tenue en haleine : je n'ai pas trouvé un seul album en-dessous des autres. Le scénario, très documenté, démonte toute tentation manichéenne d'expliquer le comportement de Jospeh Joanovici, les personnages secondaires sont également bien consistants et le dessin parvient à rendre la personnalité de chacun, dans un décor "naturel" très réaliste.

1/ L'empire de Monsieur Joseph (1898-19 ) Les adversaires : de l'ascension de Joseph Joanovici, petit juif roumain échappé aux représailles de l'armée russe, à sa mort à Mende veillé par Lucie, sa fidèle et dernière compagne et par le juge Legentil
2/ Le vol noir des corbeaux (1940) Le point de non retour : tenté de fuir aux Etats Unis comme beaucoup de juifs fortunés, Joanovici décide de rester et de poursuivre ses affaires en France
3/ Honneur et police Le double jeu : Joanovici investit l'argent de la collaboration avec les Nazis dans le soutien de la Résistance (1944)
4/ Aux armes citoyens ! (juillet 1944) L'engrenage des compromissions : les revers de l'armée allemande exacerbent les tensions entre patriotes et collabos, tandis que les réseaux de Résistance s'organisent pour appuyer les Alliés
5/ Le petit juge de Melun (1946) L'heure des comptes : le juge d'instruction, convaincu que Robert Scaffa un jeune résistant de 19 ans fut la victime d'enjeux qui le dépassaient, s'acharne à châtier les coupables.
6/ La terre promise (juillet 1949) L'ultime retournement : le tenace juge Legentil manipule Lucie-fer pour reprendre la main sur Joanovici

Impression générale : très belle réalisation, une égale qualité sur les 6 tomes, découpage narratif intéressant, parti pris de neutralité respecté, dessin réaliste, les personnalités sont très bien rendues, beaucoup de personnages secondaires dignes d'intérêt

mardi 1 août 2017

BILAN challenge Chacun son époque

Mata Hari, une femme au coeur de la Grande guerre
 d'Anne Bragance
Mata Hari
 de Paulo Coehlo
La guerre de 14 n'a pas eu lieu
 d'Alain Grousset
La guerre des Lulus tome 1  et autres BD autour de la première guerre mondiale
Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline (abandon)
Veuve noire
 de Michel Quint

Pour l'énigme, nous cherchons une Anglaise, avec les mots nurse, théière, gynéco, prof, écrivain et (peintre)

[LC] La drôle de vie de Zelda Zonk

Hanna est mariée avec un ancien reporter de guerre de 15 ans son aîné. Ils élèvent Patti, la fille de sa soeur Gail qui n'a pas voulu renoncer à son métier d'hôtesse de l'air. Elle est irlandaise, il est américain. Ils vivent en Irlande dans une petite bourgade sans animation. Hanna est victime d'un accident de la route alors qu'elle se rend à Cork pour rencontrer ses clients une fois par semaine à la petite boutique d'antiquités qu'elle partage avec Marsha. A l'hôpital où elle reste immobilisée de longs jours, elle fait la rencontre de Zelda, une charmante vieille dame et de son fils Mickaël. Celle-ci est bien plus mystérieuse que son âge et sa passion pour le point de croix ne pourraient le faire imaginer...

Le pseudo en forme d'allitération couramment utilisé par Marylin Monroe pour préserver son anonymat m'avait portée vers ce roman lors de sa sortie. En poche et en solde, il est venu rejoindre ma PàL récemment, pour en ressortir rapidement grâce à la lecture commune organisée par Stellade.
Il est toujours agréable de se retrouver et d'échanger en cours de lecture avec d'autres blogolecteurs. Ainsi, les avis sont parfois très divergents, mais souvent enrichissants : retour sur une lecture en plusieurs étapes (j'ai fait une pause pour intercaler d'autres romans plus tentants)
Edit 1 :
j'ai lu quelques chapitres et je n'ai pas l'impression d'être dans le même livre que vous...  
Edit 2 :
je comprends le pourquoi du comment de mon propos précédent car
la rencontre entre Hanna, Zelda et Mickael a eu lieu... j'aime le personnage de Gail
Edit 3 :
ah parce qu'il y a une suite...
j'aime bien mais je ne sais pas si je voudrai absolument savoir la suite... vous m'intriguez
Edit 4 :
j'ai repris ma lecture également, ça se lit vite et bien
Edit 5 :
quid du mystère Zelda Zonk/ Marylin Monroe ? il ne se passe rien de plus
pour moi ce n'est ni un coup de coeur ni une grosse déception, juste une sorte d'erreur... j'attendais plus de mystère et moins de romance, bref, je ne suis pas pressée de le terminer, ça fait déjà plusieurs fois que je le laisse de côté pour lire autre chose, mais grâce à la LC je vais le terminer, sinon je crois qu'il aurait pu traîner un bon moment encore
Edit 6 :
au final quelque chose me dérange pas mal dans l'histoire, mais ça n'engage que moi
après qu'on nous a présenté comme quasiment normal qu'Hanna et Jeffrey élèvent leur nièce pour que sa mère puisse mener sa vie égoïstement, ladite Gael revient tranquillement reprendre sa fille de 11 ans tandis que de son côté la gentille Hanna fait un enfant dans le dos à son mari et à son amant, on aurait pu nous laisser sur la joie qu'elle a d'être enfin enceinte et faire planer le doute sur la paternité...