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samedi 4 avril 2020

John Grisham [2]

flagchallenge Autour du Printemps : titre qui commence par C
challenge ABC Polars : lettre G


Donté Drumm, jeune Afro-Américain de 27 ans est dans le couloir de la mort depuis huit ans, pour le viol suivi de meurtre de Nicole Yarber. Le cadavre n'a jamais été retrouvé et il est revenu sur ses aveux. Dans la dernière semaine avant l'exécution, deux hommes font l'impossible pour le sauver de l'injection létale.
Son avocat Robbie Falk se bat depuis le tout premier procès pour le faire disculper. Il a engagé une équipe nombreuse et tente tous les recours en appel imaginables. L'avocat tenace ne fait pas que défendre un client, il est persuadé de son innocence. Les aveux ont été extorqués à l'issue d'un détention irrespectueuse des droits civils. Le seul témoin oculaire voue des sentiments contradictoires à la fois à Donté et à Nicole Yarber, la victime. Les trois étaient en terminale dans le même lycée et jouaient dans l'équipe de football locale. Les jurés et l'opinion publique en général sont globalement très favorable à la peine de mort au Texas et son gouverneur est connu pour une position particulièrement ferme à cet égard.
Keith Schroeder, pasteur au Kansas, reçoit les aveux à peine voilés de Travis Boyette, un violeur récidiviste condamné dans plusieurs états. Une course contre la montre s'engage pour retarder l'exécution. Mais Boyette tergiverse, se défile, disparaît... pour reparaître la veille de l'exécution et convaincre le pasteur de le conduire au Texas afin de témoigner devant l'avocat, puis devant la presse de l'innocence de Drumm. Comme prévu, sa crédibilité n'est pas suffisante et la procédure poursuit son cours inéluctable. Le lendemain, Boyette conduit un groupe de témoins dans le Missouri, sur le lieu où il a enterré le cadavre. Le dernier tiers et troisième partie du roman, débute dès le lendemain du procès et mène à la disculpation pleine et entière de Donté Drumm.
John Grisham milite fermement contre l'abolition de la peine de mort. La confession sert son propos de manière convaincante. Jusqu'au bout de la deuxième partie, le lecteur espère en dépit de tous les signaux négatifs un retournement de dernière minute. J'ai trouvé le roman presque aussi bon que Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee. Il me réconcilie avec l'auteur après ma grosse déception due à Pas de Noël cette année et passe très prêt du coup de coeur. Les éléments qui ont manqué de me convaincre est le traitement caricatural des familles, autour du condamné et de la victime. Roberta Drumm est une figure angélique, mère meurtrie mais chrétienne pratiquante, défenseur de la non violence, elle mène son combat avec foi, vigueur et dignité. Reeva Yarber, la mère éplorée par la perte de sa fille, incapable d'en faire son deuil en l'absence de cadavre, est le jouet des media, elle tient des propos sans retenue et se comporte souvent avec hystérie. J'aurais aimé que l''auteur mélange mieux les traits de caractère et en fasse moins dans le manichéen : pour moi, le tout noir ou tout blanc ne marche pas.

Pas de Noël cette année

D'autres lectures du défi de Noël
D'après sa bibliographie, John Grisham est plutôt spécialisé dans le suspense et les affaires policières. Je l'ai découvert dans une comédie de (mauvais) voisinage où il met en scène un couple d’Américains vivant dans une banlieue résidentielle.
Lu le 25 décembre 2011.

Chaque hiver, les Krank et leurs voisins rivalisent d’ingéniosité et d’artifices pour illuminer jardins et maisons en vue des fêtes de Noël et faire de leur rue une des plus belles de la ville.
Mais cette années, pas de décorations coûteuses, d’étrennes, de cadeaux, de courses éreintantes et de repas traditionnel… ils ont décidé de profiter de l’absence de leur fille Blair, désormais adulte, pour déserter leur pavillon et fausser compagnie aux voisins, aux collègues et aux habitudes.
Luther a convaincu Nora de s’offrir la croisière de leurs rêves dans les Caraïbes, à bord de la Princesse des îles, mais il n’imagine pas à quel point cette décision va déchaîner les passions et les exposer à la vindicte de leur entourage.
Cet événement apparemment anodin provoque une série de catastrophes toutes plus absurdes les unes que les autres. Pour les faire renoncer à leur projet, leurs voisins, amis bien que rivaux quand il s'agit d'emporter le prix des plus belles décorations du quartier, se mobilisent pour leur mener une vie infernale : insultes, menaces et attaques en tout genre, l'affaire frôle le drame... avant de tourner à la farce, lorsqu'un événement imprévu vient rompre le cercle de la colère.

Avec une subtile ironie et un sens du crescendo qui ne déparerait pas un bon polar, l'auteur propose dans ce conte de Noël revisité, une satire de l'american way of life. Les personnages et les situations semblent caricaturaux, l'engrenage de l'absurdité est poussé à l'extrême, pour pointer les travers de la société de consommation à son climax au moment des fêtes de fin d'année, mais les remarques font mouche, car elles sont subtilement appuyées par une critique de fond perspicace.
À noter que le roman a été adapté au cinéma sous le titre Noël avec les Krank.

Avocat de formation, John Grisham est né en 1955 dans 1'Arkansas. Il publie son premier roman, Non coupable, en 1989 mais c'est en 1991, avec La firme, qu'il rencontre le succès. Depuis, L'affaire Pélican (1992), Le couloir de la mort (1994), L'idéaliste (1995), Le maître du jeu (1996) et L'associé (1999) ont contribué à en faire la figure de proue du " legal thriller ". John Grisham est l'un des auteurs les plus lus dans le monde.

 


 

50 états, 50 billets 28/50 ARKANSAS

dimanche 15 décembre 2019

Robert Goolrick [3] COUP DE COEUR

flagCOUP DE COEUR
Arrive un vagabond
Grand prix 2013 des lectrices Elle
Les qualités d'Une femme simple et honnête sont également présentes dans ce roman, qui porte mieux son titre original. Le rythme lent prend bien le temps d'installer les personnages, le contexte, l'environnement. L'auteur ne se contente pas d'écrire, il dit que, elle pense que... il reste plutôt factuel mais amène le lecteur à se douter de ce qui est ressenti, non dit, etc. Le narrateur est un petit garçon de 5-6 ans au moment des faits. Curieux, ouvert et assez précoce, Sam n'a pourtant pas toutes les clefs pour comprendre totalement le monde des adultes. J'ai beaucoup aimé ce roman de l'Amérique profonde, assez proche sans en être du mouvement Nature writing, qui se concentre sur l’été 1948 dans cette petite bourgade de Virginie occidentale qui ne connaît pas le crime... Pour les habitants, la vie a l'apparence des choses simples, immuables, sous la conduite morale du prêtre ou du pasteur et les étrangers sont considérés avec défiance. Pourtant leurs certitudes manichéennes vacillent avec l'installation de Charlie Beale, venu poser à Brownsburg le contenu de deux valises et de toute une vie : quelques affaires, des couteaux de boucher et une somme d’argent suffisante pour devenir le propriétaire le plus riche du secteur. Son rival à ce titre est Boaty Glass qui est aller prendre femme dans une vallée reculée des Rocky Mountains.




50 états, 50 billets
VIRGINIE OCCIDENTALE





 

La chute des princes ou la disgrâce d'un golden boy qui perd tout espoir de réussite personnelle et professionnelle : pour certains c'est une montre au poignet qui fait le symbole, pour ces jeunes flambeurs ce sont 40 millions avant leurs 40 ans ! La couverture du grand format exprime bien le caractère vertigineux, aussi bien pour l'ascension que la chute !
Dans les années 80,  le culte du roi dollar fait les modes et détruit les gens. De son ascension fulgurante à sa chute, Rooney fait partie des quelques élus qui peuvent ruiner une aciérie pour gagner de quoi fêter dignement l'anniversaire de leur femme. Surnommés les BSD les grosses bites qui se la pètent, ils incarnent une sorte de diables s'habillent en Prada au masculin. L'argent leur permet toutes les démesures et leurs exigences font battre le coeur du monde dont New York est le centre. Le seul interdit est de déplaire, ce que nous révèle le roman. Cet épisode m'a rappelé la chute de l'abbé de Villecourt joué par Bernard Giraudeau, dans le film Ridicule tourné à la cour de Louis XVI.
Rooney est mis hors jeu pour une bourde professionnelle auprès d'un riche investisseur, lors d'une soirée trop enivrée. La bévue est immédiatement et doublement sanctionnée. Avant même qu'il ait réalisé son discrédit, il devient inemployable et sa femme, qui appartient au même milieu arriviste, divorce pour se sauver du naufrage et vide leurs comptes en banque. L'histoire est racontée de l'intérieur, rétrospectivement et introspectivement. Rooney est un cas typique de destin contrarié : il voulait être un artiste sans en avoir le talent, ni la patience ; il ne voulait pas être trader mais a pu tout risquer sur un coup de poker contre le patron de la Firme... mais il perd tout en quelques secondes, sauf l'amitié fidèle d'un de ses anciens collègues (Fanelli) et l'amour platonique d'une prostituée travestie (Holly).
Le récit le montre désabusé par les trahisons : de sa femme qu'il aime encore, de ses anciens amis de débauche qui lui tournent le dos, de son patron qui acte sa mise à mort professionnelle. Pourtant, je trouve qu'il donne vraiment l'impression d'être plus heureux pauvre que riche, comme si finalement son suicide professionnel devait être considéré comme une sorte d'acte manqué.
Après Une femme simple et honnête, que j'ai trouvé un peu lent, c'est le deuxième livre de l'auteur que je découvre et je le trouve infiniment plus enlevé. Dans ma hâte de lire les pages suivantes, je considérais pourtant que je devais économiser celles qui me restaient !
Lu le 13 décembre 2015

Résumé éditeur :
New York, années 1980. Robert Goolrick nous invite au bal des vanités, où une bande de jeunes hommes vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson, une place sur le manège le plus enivrant que la vie ait à leur offrir.
Et ces princes vont jouer toute la partie : les fêtes, les drogues, l’alcool, les corps parfaits des deux sexes, les pique-niques dans la vaisselle de luxe, les costumes sur mesure taillés par des Anglais dans des tissus italiens, les Cadillac, le sexe encore et toujours, les suites à Las Vegas, des morts que l’on laisse en chemin mais pour lesquels il n’est pas besoin de s’attarder parce qu’on va les retrouver vite. Vite, toujours plus vite, c’est la seule règle de ce jeu. Aller suffisamment vite pour ne pas se laisser rattraper. Parce que les princes sont poursuivis par de terrifiants monstres : le sida, les overdoses, le regard chargé de honte de leurs parents, le dégoût croissant de soi-même, un amour s’excusant de n’avoir sauvé personne.


Une femme simple et honnête
Il y a lieu de se méfier avec un titre pareil : mise en garde implicite... D'ailleurs, dès le premier chapitre, le lecteur est averti que la jeune personne qui se travestit en femme simple et honnête avant l'entrée de son train en gare a sans doute quelque chose à cacher. Catherine Land est assurément trop belle pour être honnête se surprend-on à penser !
Le pendant de son personnage est l'homme pour lequel elle a entrepris ce long voyage depuis Chicago sur la foi d'une petite annonce matrimoniale. Magnat local dur et austère, veuf de 20 ans son aîné, Ralph Truitt n'est pas montré d'emblée sous un jour bien sympathique. Pourtant, il a bien lieu d'être en colère puisqu'elle a manifestement masqué la vérité en envoyant la photo d'une femme bien plus banale.
Quand les circonstances le poussent malgré tout à l'accueillir chez lui, ses motivations semblent assez explicites, il a mûrement décidé de reprendre une compagne, mais celles de la jeune femme, qui connaît bien la vie, restent troubles... Pourquoi a-t-elle pris le parti de s'installer dans un lieu de désolation, alors qu'elle vient de la ville ? Est-elle en fuite ou cherche-t-elle une situation ? Elle montre immédiatement ses ressources en maîtrisant la course folle de son attelage, mais cela ne fait que renforcer l'idée qu'elle n'est pas ce qu'elle prétend. Dès lors, on attend de la rencontre de ces deux personnalités a priori incompatibles un choc qui ne peut manquer de se produire.
Toutefois, la crise se fait attendre, le rythme lent s'installe dans l'engourdissement de l'hiver, en cette glaciale année 1907. Avec le lent retour du printemps, la nature se réveille à la vie et quelque chose d'imperceptible a changé dans le décor. D'une écriture puissante et charnelle, l'auteur décrit les personnages autant que leur environnement, dont il faut convenir qu'il est finalement le troisième et principal personnage de l'histoire : ce rude état du Wisconsin où la survie n'est jamais un fait acquis.
J'ai apprécié les personnages, je les ai trouvés fascinants mais en aucun cas je ne m'y suis attacheé. Ils sont finement contrastés, bien cernés psychologiquement : même si explication ne vaut pas excuse, on finit par comprendre l'un et l'autre et pourquoi ils en sont arrivés là " parce que ces choses arrivent ". Mais ils ne font pas pitié car ce sont à leur façon deux monstres implacables qui se sont bien trouvés.
L'homme n'est pas le moins ambigu des deux, j'aurais aimé plus de crédibilité dans ses réactions, moins de fatalisme mais ici encore la longue présentation des chapitres où l'histoire s'installe sans donner l'impression d'avancer permet de saisir les nuances de son caractère. Certains pourraient penser que ses décisions ne sont pas vraisemblables, pourtant je trouve qu'il n'en est rien. Certes j'ai été dérangée qu'il cesse de se battre, par son laisser-faire en somme mais je suis entrée dans son schéma de pensée. C'est un homme âgé ayant renoncé aux illusions romantiques, qui a décidé de faire une fin, et même si ce n'est pas celle qu'il a imaginée, il accepte cet ultime retour de bâton que la vie lui oppose.
Quant à elle, je crois que je la plains finalement, car elle est née dans une société où la femme peut difficilement exister à part entière sauf à devenir une aventurière. Alors manipulatrice habile ou amoureuse instrumentalisée, qui est vraiment Catherine Land telle qu'elle est révélée dans ce face à face de titans ? Lisez Une femme simple et honnête pour vous faire une opinion.
Pour ma part, je reste sur une légère déception ou tout au moins une lecture très mitigée mais Electra analyse son ressenti beaucoup mieux que moi.


Lu le 28 février 2013  

Je remercie ma binôme du swap des couleurs session Violet pour le choix de ce roman de Robert Goolrik et la découverte d'une région qui entre dans le challenge




50 états, 50 billets
WISCONSIN

mercredi 28 août 2019

Deux enquêtes du médecin légiste Kay Scarpetta

flagTome 10 : Cadavre X de Patricia Cornwell 
Richmond, VIRGINIE

Je regrette un peu d'avoir appris dans ce tome 10 des éléments que j'aurais préféré ignorer puisque - grâce à l'anti-swap où j'ai reçu le tome 1 Postmortem - je pensais reprendre depuis le début les aventures de Kay Scarpetta et Benton Wesley. Néanmoins j'ai apprécié de retrouver l'héroïne "avocate-médecin" de Patricia Cornwell et ses démêlés avec ses collègues ou les membres de sa famille, dans cet épisode - qui n'est pas mon préféré du point de vue de l'enquête - construit autour d'un tueur lycanthrope originaire d'Europe.


Tome 15 : Registre des morts
Patricia Cornwell tisse à son habitude, une intrigue complexe et habilement menée : le suspense dure de bout en bout.
Nouvellement installée à Charleston, Kay Scarpetta a ouvert un cabinet de médecine légale avec sa nièce Lucy et son fidèle enquêteur Pete Marino. Pourtant, les terribles difficultés professionnelles et personnelles auxquelles elle se heurte la font douter d’elle même, tandis que son éternel amant la demande en mariage.
Lu le 26 novembe 2009


à lire tome 1 : Postmortem

mercredi 18 juillet 2018

Des poupées bizarres en couverture

Serpents et piercings
Hitomi Kanehara dresse le portrait d'une jeunesse à la dérive, en quête d'une étincelle de vie, quels qu'en soient le prix ou les moyens. Bien qu'elle s'inscrive dans la lignée de Ryû Murakami, j'ai été moins choquée qu'à la lecture de Bleu presque transparent. Pourtant...
Une langue fendue en deux comme celle d'un serpent : quand Ama a ouvert la bouche, Lui s'est sentie parcourue d'un frisson comme elle n'en avait jamais éprouvé. En tombant amoureuse de ce jeune punk, elle va découvrir un monde obscur entre violence et désir. Mais l'automutilation est un voyage sans retour. Piercings, tatouages, sexe et pulsions morbides, Lui va peu à peu perdre tous ses repères au contact de la faune trouble des bas-fonds de Tokyo.
La couverture plus dérangeante qu'autre chose, même si elle reste très esthétique est l'oeuvre de Trevor Brown.

Le toutamoi
Je n'ai pas beaucoup accroché aux enquêtes du commissaire Montalbano. Dans ce roman, Camilleri s'éloigne de la facilité et de ses habitudes siciliennes et s'aventure loin de son genre de prédilection pour explorer un registre beaucoup plus trouble. Je me suis laissée tenter par l'ensemble prometteur du titre, de la couverture et du résumé, dont l'ensemble parvient à évoquer une atmosphère de possession.
Arianna et Giulio forment un couple fusionnel. Ce qu'il ne peut lui offrir, il accepte qu'elle le trouve auprès de jeunes gigolos et même, il lui organise des rencontres, à l'unique condition qu'elle ne retrouve jamais ses partenaires plus d'une seconde fois. Tout va pour le mieux jusqu'à Mario. Plus jeune ou moins professionnel que ses prédécesseurs, il refuse d'honorer sa part du marché. Son insistance à exiger de la revoir déclenche une spirale désastreuse.



Liste à lire
L'écorchée de Donato Carrisi
Mother Feeling de Michel Chevron











Amorcé dans le cadre du jury policier, le partenariat Babelio-Seuil se poursuit. J'ai déjà eu la chance de lire Les leçons du Mal de Thomas Cook. Après avoir découvert en avant-sortie les premières pages d'un suspense insoutenable de Trois semaines pour dire adieu de C.J Box, j'avais bien hâte de le recevoir !
Trois semaines pour dire adieu en LC avec Canel (-) et Sophie (-)
Etudiant assez insignifiant, Jack a osé tomber amoureux et parvenir à épouser Melissa, une des filles les plus charismatiques du campus. Ils forment un jeune couple sympathique et sans histoire, très middle class américain. La seule ombre à leur tableau, après plusieurs années d'un bonheur sans nuage, est l'infécondité de leur union. Ils se sont décidés à adopter et Angelina, une jolie petite fille, abandonnée par sa jeune mère de 16 ans, est arrivée dans leur foyer depuis neuf mois. Mais leur routine insouciante explose lorsque l’organisme chargé du dossier d’adoption leur apprend que le père naturel n'a pas signé de renonciation à la paternité. Le jeune homme de 19 ans, Garrett Moreland, bon-à-rien notoire mais fils d’un juge fédéral influent, réclame à présent des droits sur l'enfant.
Le juge et grand père paternel leur signifie un ultimatum : ils n'ont que Trois semaines pour dire adieu avant de se séparer de la petite fille. Il ne leur laisse pas le choix, semble-t-il. Pourtant, refusant de céder et de se laisser reprendre leur enfant, Jack et Melissa se penchent sur la vie et le passé du juge pour trouver une faille dans sa cuirasse de respectabilité. Aidés par deux amis qui n'ont pas froid aux yeux, ils vont tout mettre en oeuvre pour faire éclater l'indignité morale des Moreland Père et fils.
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Cette histoire de lutte du pot de terre contre le pot de fer est magistralement menée par C. J Box. Dans cette sombre machination, seule la chute manque un peu de crédibilité (mais pas de spoiler ici...) Le lecteur, de tout coeur avec les parents dépossédés, est tenu en haleine de bout en bout ; ulcéré par l'ignomie du magistrat et le comportement délinquant de Garett, il ne peut que leur souhaiter la correction qu'ils méritent. C'est assez saignant du début à la fin, mais je suis bon public pour ce genre de polar musclé et j'ai plutôt apprécié le côté Dirty Harry : c'est tout le contraire dans les films, je déteste les scènes pleines d'hémoglobine !!
Lu le 17 juillet 2011 le

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50 états, 50 billets 3/50
COLORADO

dimanche 1 juillet 2018

Amélie Nothomb des années 2010 [5]

challenge belge 4 et 5/12

Ah ! Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie
C'est là qu'est la pitié, la souffrance et l'amour
C'est là qu'est le rocher du désert de la vie,
D'où les flots d'harmonie,
Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour.
A mon ami Edouard Boucher (peintre), Premières poésies d'Alfred de Musset

Marie, déjà enceinte, épouse à 19 ans le meilleur parti de sa ville. Pourtant, à la naissance de Diane, insatisfaite de sa condition, elle ne ressent aucun instinct maternel. Célia, la cadette, est l'objet d'un amour fusionnel. L'une et l'autre vont faire le choix de quitter le foyer familial. Brillante interne en chirurgie cardiaque, Diane reconnaît en Mariel, la fille de son professeur, mentor et amie, son enfance gâchée par la jalousie maternelle.
Amélie Nothomb évoque avec le ton juste la toxicité de relations mère-fille qui ne dépareraient pas le tableau fait par Claire Castillon dans Insecte.
Lu le 1er juillet 2018

  • Riquet à la houppe (2016)
  • Le crime du comte Neville (2015)

Je renoue avec le plaisir des meilleurs romans d'Amélie Nothomb et pour une fois, l'auteur donne à Pétronille une vraie fin, inopinée et pourtant amenée avec une telle logique.
Le thème du double inversé est de nouveau traité, dans cette histoire ambigue d'amitié dangereuse et de domination.
Quelques séquences sont mémorables et/ou déconcertantes, comme l'interview londonienne (je laisse ceux qui vont lire la découvrir), le séjour au désert ou la station de sports d'hiver. Encore mieux que dans Le fait du prince, l'éloge des grands champagnes sert de fil rouge à ce roman.


  • La nostalgie heureuse
Barbe bleue
Saturnine,en remplacement à l'école du Louvre, est à la recherche d'un meublé, alors qu'elle trouve l'annonce d'un vieil aristocrate espagnol qui propose une chambre tout confort dans son luxueux hôtel parisien du VIIème arrondissement. Les huit co-locatrices qui l'ont précédée portaient chacune un prénom en -i.n.e. auquel il a associé un vêtement de la couleur qu'il leur a dédiée. Toutes ont disparu dans d'étranges circonstances après avoir enfreint l'interdiction expresse d'entrer dans le petit laboratoire du maître de céans. Le jaune manque et Saturnine partage avec son hôte le goût pour l'or millésimé des plus grands champagnes.
Amélie Nothomb revisite la légende de Barbe Bleue dans un duel à fleuret moucheté mais néanmoins mortel entre deux intelligences exacerbées, deux sensibilités éprises d'absolu.

Dans le genre couverture discutable, je trouve que nous sommes servis. D'habitude, je préfère les grands formats pour les auteurs que j'apprécie, mais là, le choix pour les formats poche est généralement plus heureux. Pourquoi toujours mettre une photo de l'auteur avec ses couvre-chefs surréalistes que seules les Anglaises osent surpasser en originalité douteuse ou alors ça lui est imposé contractuellement ? J'ai lu qu'elle pouvait désormais choisir ses couvertures en poche. En tout cas, je trouve cette couverture particulièrement mal construite, illisible, hideuse
Lu le 15 juin 2014  

Tuer le père
Il n'y a pas que les plus jeunes pour apprécier le plaisir de la lecture passive ! C'est clair désormais, je suis totalement conquise, absolument convaincue par le principe des livres audio, une expérience à rapprocher des propos de Daniel Pennac, "Comme un roman", dans lequel il explique qu'il a transformé une classe d'adolescents non lecteurs en dévoreurs de romans, simplement en leur lisant des passages à voix haute.

Joe, 15 ans, est mis dehors par sa mère Cassandra qui le sacrifie à l'homme qu'elle veut retenir. Prodigieusement doué aux cartes, il vit des tours qu'il exécute dans les bars, jusqu'à la rencontre qui va décider de son avenir et de ses 5 prochaines années. Il se lie avec Norman Terence le plus grand magicien de Reno, qui l'accueille chez lui avec sa compagne Christina, lui enseigne sa pratique et le traite comme un fils. Mais les enfants adoptifs sont parfois ingrats...

Le titre, transparent par exception, est trompeur et connaissant la complexité de l'auteur, j'aurais dû me méfier, mais je suis tombée dans le piège des apparences et de l'interprétation facile. Amélie Nothomb construit une trame machiavélique au service d'une histoire sans morale autour de la filiation, du sentiment de paternité, du choix aussi.
Un moment fort du roman se déroule à Black Rock, dans le désert où depuis 20 ans, durant la dernière semaine d'août, lors du Burning man, une gigantesque scène musicale dont les vedettes sont les jongleurs de feu, une foule énorme vient à pied, se rassemble, construit une ville, fait la fête, puis démonte la ville, ramasse tout et se disperse jusqu'à l'été suivant.
Lu le 9 avril 2014






50 billets, 50 états
Reno, NEVADA




Une forme de vie
 " Ce matin-là, je reçus une lettre d'une genre nouveau. " Intriguée par la courte missive de Melvin Mapple, un soldat américain envoyé sur le front irakien et parce qu'elle répond toujours à son courrier quand il est respectueux, Amélie Nothomb s'engage dans une sorte de correspondance de guerre sans trop percevoir où cela la mènera. Habituée à recevoir des dizaines de courriers de sollicitation similaires et tentée de ne pas répondre, elle finit par échanger quelques lettres. Melvin se dit persuadé qu'elle est en mesure de le comprendre et lui révèle bientôt qu'il souffre d'un mal étrange. Avec quelques condisciples, il est atteint d'une véritable addiction à la nourriture, une boulimie éhontée rapportée du champ de bataille. Soldat par nécessité mais sans conviction, il vit son obésité comme le signe visible et dérangeant de sa révolte contre l'injustice de la guerre à laquelle il participe. Son corps boursoufflé et disgracieux est le stigmate de son déni de participation aux destructions et aux massacres perpétrés au cours de ses missions. Le prétexte sert de point d'entrée à une réflexion sur les dérèglements alimentaires, ici le surpoids, porté à un degré paroxysmique, ses causes et surtout ses conséquences sociales : son coût, son vécu et sa perception par les autres, les excuses et les supercheries que chacun s'invente pour supporter un retour d'image peu flatteur. Melvin transcende son surplus adipeux en une sorte de double féminin intégré à sa chair auquel il donne le doux nom de Shéhérazade

Même s'il s'ouvre, comme souvent, par une entrée en matière originale, ce roman décrit aussi et surtout le goût de l'auteur pour les relations épistolaires. Elle aborde tour à tour et pour faire bref, le statut littéraire et le processus créatif à travers son expérience d'écrivain et le courrier comme forme d'écriture essentielle à ses yeux. Toutefois, l'aventure romanesque qui a servi de support à sa réflexion finit sur un court-circuit déroutant et l'épilogue apparaît alors comme une ultime pirouette un peu facile, ce que ses détracteurs dénoncent mais que les amateurs lui pardonnent généralement.

Info en + (article)
La psychanalyse à la lumière d’Amélie Nothomb
Par un mécanisme de dévoilement et de construction fictionnelle, Amélie Nothomb nous permet d’approcher des zones de l’inconscient réel, appréhendées par Lacan dans des concepts pointus. C’est une autre voie qui s’offre à nous pour aborder la psychanalyse par la littérature, par là où Lacan indique que l’artiste précède le psychanalyste. Une voie moins ardue que l’aridité conceptuelle lacanienne.
Pour démarrer nos trois journées de découvertes psychanalytico-littéraires, Maïté Masquelier commencera par « Tuer le père ». Quoi de mieux pour démonter le père oedipien freudien avec les vues pragmatiques de Jacques Lacan : « le père, il vaut mieux s’en passer à condition de s’en servir ». Amélie Nothomb a perçu l’inanité du bon père version classique alors que celui qui structure le désir du sujet est caché ailleurs. Il est grand temps de tuer le père pour en apercevoir l’autre face.
Le même jour, nous enchaînerons avec la version « nothombienne » du ravage maternel dans « Le Robert des noms propres » que Marie-Jeanne Brichard articulera avec l’anorexie qu’Amélie Nothomb décrit au travers de tous ces livres avec tant de finesse et d’acuité.
Lors des deux journées de formation suivantes, Katty Langelez étudiera la Clinique de l’amour au travers de plusieurs romans, Pascale Simonet relèvera ce qui touche à « la lettre, l’écriture et le corps » et enfin Monique Vlassembrouck reprendra la clinique du déclenchement psychotique et du passage à l’acte à partir de « Cosmétique de l’ennemi »

jeudi 29 mars 2018

Le ciel de Bay City

 Tour du monde : CANADA Drapeau Canada

Partiellement autobiographique puisque Catherine Mavrikakis a grandi en partie dans cette petite ville du Michigan avec un frère plus jeune, le roman distille pensées obsessionnelles et sourd malaise dont se fait écho le mauve cauchemardesque qui colore avec persistance le ciel de Bay City et ses fumées d'usine toxiques.
Petite-fille de juifs polonais exterminés dans un camp de concentration, hantée par un passé que l'exil aux Etats-Unis n'a pas tenu à distance, Amy rêve de fuir loin de la maison de tôle sur Veronica Lane qui abrite la famille de sa tante et les retours épisodiques de sa mère.
Justement, le 4 juillet 1979, parents et voisins sont rassemblés pour une BBQ-party dans le jardin à l'occasion de la fête nationale et des 18 ans de la narratrice. Le lendemain, hébétée, Amy n'a plus personne et aucun souvenir de ce qui s'est réellement passé en cette nuit de (délivrance) où tout son environnement est parti en fumée.
Dans le roman alternent la narration par le menu de cette interminable journée et des flash-back qui sèment le doute sur sa santé mentale (l'inspiration est autobiographique également) et son éventuelle responsabilité dans le drame.

jeudi 23 février 2017

Gillian Flynn [2]

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »
Les apparences comme l'a écrit Fan2polar qui en a proposé la LC est un titre trop transparent en français par rapport à l'original Gone girl. Il attire l'attention sur leur côté trompeur et dès lors la lecture est d'emblée faussée.
Offert par Magicienned'Oz à l'issue du challenge Chacun son époque

Dans une première partie, les jours défilent dans le journal des faits et gestes de Nick depuis la disparition de sa femme Amy le jour de leur cinquième anniversaire de mariage. Les apparences sont celles d'une lutte à leur domicile. Amy avait l'habitude d'organiser une chasse au trésor autour d'évènements et de lieux emblématiques de l'année écoulée, pour guider son mari jusqu'à son cadeau. Au fur et à mesure du décompte, les indices apparaissent et l'aura de culpabilité qui se dessine autour de Nick provoque le revirement des enquêteurs, des beaux-parents, de l'opinion publique. Ceux qui au départ avaient soutenu le mari, comme victime collatérale, commencent à pointer du doigt ses manquements, son absence d'émotivité, sa perte de crédibilité.

== ATTENTION SPOILER ==

Dans une deuxième partie, Amy vit par procuration le plaisir d'avoir organisé sa disparition et programmé dans le moindre détail la chute progressive mais irrémédiable de son mari.
Dans un troisième partie, elle fait une réapparition théâtrale et vient savourer sa victoire pleine et entière sur Nick.
Amy est une manipulatrice machiavélique, une redoutable perverse narcissique, une mante religieuse schizophrène. Sous les apparences de la plus grande douceur, la fille cool que chaque homme rêve de rencontrer et d'épouser, est devenue une femme au foyer désenchantée, aigrie et désoeuvrée. Si l'épatante Amy est le sujet d'une série à succès qui a fait la fortune de ses parents, celle qui se rêvait l'héroïne d'un roman d'amour perpétuel prépare minutieusement sa vengeance contre l'amoureux séduisant qui n'a pas su le rester.
L'histoire est glauque, tortueuse, malsaine mais m'a semblé moins pénible à lire que Sur ma peau ; sans doute parce que n'ayant pu m'identifier ni à l'un ni à l'autre des protagonistes, je me suis sentie moins impliquée. Le roman dissèque les ressorts psychologiques qui ont amené une petite fille chérie, enfant unique adorée d'un couple fusionnel, en un monstre assoiffé de marques d'amour. J'ai le regret que certaines pistes se révèlent des impasses et ne soient pas exploitées comme les relations incestueuses.

***
50 états, 50 billets
MISSOURI


Sur ma peau de Gillian Flynn
Originaire de Wind Gap mais peu enthousiaste à l'idée de retourner sur les lieux de son enfance, Camille Preak, une jeune journaliste prometteuse, est envoyée par son rédacteur en chef pour dénicher le scoop avant tous les journaux à grand tirage  : une petite fille a disparu. Déjà, l'été dernier, une enfant modèle avait été sauvagement assassinée...
Un lourd secret enfoui depuis des années remonte à la surface alors qu'elle enquête sur les deux meurtres pour tenter de trouver un lien. Adolescente, Camille a vécu dans une souffrance qu'elle n'a pu exprimer, mais tout son corps témoigne de la tragédie...  Sitôt adulte, elle a préféré fuir. Il est pourtant grand temps d'affronter les démons de son passé si elle tient à découvrir la vérité.

Gillian Flynn propose une histoire de relation mère-fille destructrice. L'horreur de bout en bout, mais le pire est qu'elle m'a paru plausible jusque dans ses excès. Je l'ai lue au bord de la nausée, sans pouvoir m'empêcher de continuer, car je voulais savoir si Camille réussirait à s'échapper une bonne fois pour toutes.

Lu le 21 décembre 2015

50 états, 50 billets
Wind Gap, MISSOURI

dimanche 14 août 2016

Joseph Monninger [2]

De l'intérêt de tenir un blogue... je n'aurais jamais cru que ma lecture de Blue earth remontait à plus de six mois, ni même trois, et pourtant ! J'ai trouvé dans ma mini bibliothèque de vacances le tome 2 de cette série et je me suis empressée de l'emprunter. Si j'étais moyennement heureuse de l'aspect trop jeunesse du récit autour d'une traversée entre filles du Nord américain, Le garçon qui rêvait de requins m'a totalement convaincue.

Le garçon qui rêvait de requins
Il s'agit ici de l'histoire d'un jeune garçon atteint de mucovicidose auquel une fondation offre la réalisation du but de sa courte vie, pratiquer une plongée au milieu des requins les plus dangereux de Californie. Mais le rêve tourne court devant trop de clichés caritatifs et l'émerveillement trop attendu n'est pas au rendez vous pour Tommy. Afin de le consoler, Bee accepte de l'accompagner chez un surfeur blogueur qui a survécu à une attaque de grand blanc, sans attendre le retour de leur mère qui n'accepterait certainement pas le risque. Pendant deux jours, le frère et la soeur vont vivre comme la plupart des adolescents de leur âge, oubliant presque la maladie, jusqu'à frôler l'accident mortel.
Ce roman est une jolie histoire de solidarité, d'entraide, d'amour fraternel, de respect en tous genres. Particulièrement sensibilisée aux représailles contre la férocité des requins là où je vis (île de La Réunion) j'ai apprécié la justesse de la présentation des animaux dans leur milieu naturel ; l'érudition de Tommy, passionné par le sujet, permet d'apprendre beaucoup de choses et de faire passer plus d'un messages de tolérance, sans en avoir l'air ni s'appesantir.

Sur la route de Blue Earth
L'auteur signe un roman jeunesse spontané et romantique qui enchantera tous les amis des chevaux. A prendre comme une lecture douceur, un peu triste parfois comme dans On achève bien les chevaux, mais avec tellement de promesses dans l'avenir, de belles rencontres et de bons sentiments que le lecteur en sort rasséréné.
Le roman retrace l'équipée de deux amies et un vieux cheval de manège promis à l'abattoir, à travers le New Hampshire, la Pennsylvanie, l'Ohio, l'Indiana, l'Illinois, le Wisconsin. Le but final de Dolorès est l'Oregon où elle veut rejoindre son père qui n'a pas donné signe de vie depuis ses 10 ans, mais Hattie s'arrête à mi-chemin, ayant trouvé pour Speed les grandes étendues herbeuses et la horde de chevaux sauvages qu'elles espéraient pour qu'il finisse ses jours en paix, à Blue Earth, MINNESOTA.
Lu le 18 janvier 2016











L' info culturelle en +
 the SPAM® Museum
Les conserves de jambon de porc qui ont nourri l'armée
américaine pendant la seconde guerre mondiale et sont
devenues une véritable institution nationale ont un musée
à leur gloire dans la ville. Il est situé à Austin - Minnesota
dont les fondateurs : la famille Hormel sont originaires.

vendredi 12 août 2016

série John Cleaver [2]

Je ne suis pas un serial killer de Dan Wells est dans ma PàL depuis sa sortie, aussi n'ai-je pas hésité longtemps quand j'ai vu arriver dans les nouveautés à la bibliothèque : le tome 3 des aventures de John Wayne Cleaver : Nobody. 
Je viens de finir le tome 2, Mr Monster, mais je reste sur un doute, ai-je bien lu le tome de ma PàL car les allusions au tome 1 ne m'évoquent pas de souvenir précis et direct...

" Mr Monster " peut évoquer aussi bien John que son adversaire dans ce tome. Le garçon fait preuve de plein de ressources, mais aussi de dissimulation et de feintes comme par exemple montrer ses émotions telles qu'il en connaît les signes, intellectuellement, mais sans les ressentir. Il est entendu comme témoin principal par l'inspecteur chargé d'élucider les premiers meurtres commis à Clayton. Ce dernier semble mettre en doute ses dénégations concernant la disparition de son vieux voisin. John ne sera pas épargné par les soubresauts de l'enquête, ainsi que la camarade de classe qui s'intéresse à lui mais qu'il n'encourage pas dans cette voie en raison de ses lubies de sociopathe. Le ton est morbide à souhait pour les amateurs, dans un style déjà outrancièrement gore, en mode dérision.

Je m'attendais à un policier et je découvre avec surprise dès les premières pages que le héros chasse en fait le démon. Il compte déjà deux victoires contre M. Crowley dit Le tueur de Clayton et Forman, la créature dissimulée sous les traits d'un agent du FBI.
Le téléphone de ce dernier l'a mis sur les traces de Nobody, qui serait une démone particulièrement méfiante ; cela fait plusieurs mois qu'il a tenté de l'attirer à sa proximité et qu'il attend un signe d'activité la trahissant.
En effet, John Cleaver est un lycéen de 16 ans vivant chez sa mère qui tient le funérarium local depuis l'abandon de son père. C'est une entreprise familiale où opèrent sa tante Margaret, sa soeur Lauren et même lui, bien qu'officieusement.
La rentrée s'accompagne d'une vague de suicides inexplicables parmi les jeunes filles de son lycée. Dans le même temps, l'Homme de mains qui sévissait en Géorgie, semble avoir changé de terrain de chasse pour s'en prendre aux notables de la ville. Cela fait beaucoup pour la petite communauté qui ne s'est pas encore remise de la série de meurtres perpétrés par les deux tueurs neutralisés par John. Dans le cas présent, il ne peut croire qu'il s'agit de Nobody. Avec sa nouvelle petite amie, la fille de l'inspecteur Jensen, il a dressé le profil de la tueuse et quelque chose dans le mode opératoire ne colle pas.

En dépit de ma résistance aux histoires de démons, j'ai aimé l'originalité de cette intrigue, les ressorts du suspense et la façon dont l'auteur nous met dans le doute à propos de tout le monde : je me suis même méfiée du héros...
John est un personnage attachant, bien qu'il soit incapable d'empathie et doive sans cesse contrôler la manière d'exprimer des sentiments qu'il ne ressent pas. Pourtant, au plus sombre de cette histoire, la fin soulève un peu d'espoir. Il est entouré de proches, sa famille, mais aussi ses amis, Max et Brooke dont les traits sont assez peu développés dans ce tome, ce qui laisse des perspectives ultérieures.
Âmes sensibles s'abstenir : si la seule évocation d'une dissection vous émeut, les flots de sang et d'autres liquides corporels ne vous seront pas épargnés. Il ne faudra pas non plus vous attacher aux personnages principaux, ils pourraient bien être sur la liste des futures victimes.

Autre atout non négligeable, Nobody me permet de valider un nouvel état pour le challenge

50 états, 50 billets  26/50
Clayton, DAKOTA DU NORD

samedi 14 mai 2016

Chroniques de la fin du monde


Ainsi s'achève par un COUP DE COEUR ma participation au Babychallenge Livraddict SF 2013 avec le tome 1 des Chroniques de la fin du monde de Susan Beth Pfeffer

Au commencement 
Enfin c'est le grand soir : l'astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L'impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s'est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle... L'électricité puis l'eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu'ils la connaissaient a disparu à jamais (le titre en VO est plus informatif : Life as we knew it)

Bien sûr ce roman est plein d'imperfections, d'incohérences et d'imprécisions, mais une fois accepté le postulat de départ et une quantité de trucs peu crédibles qui heurtent la raison, je me suis laissée emporter par la survie de la famille Evans dans cet univers post-apocalyptique : Miranda, sa mère et ses deux frères Greg et Jon s'organisent pour survivre en Pennsylvanie, alors que leur père, remarié, tente de rejoindre les parents de sa nouvelle épouse plus au Sud. Je me suis vite attachée à Miranda et à son petit monde, dont les exigences se réduisent comme peau de chagrin face à l'adversité.
Ce roman est à la fois extrêmement prenant et très flippant car il rend conscient que notre vie facilitée par la technologie est tributaire de tellement peu de chose. Il s'en dégage, à la manière de tout récit de survie, une ambiance de fin du monde. On suit le quotidien sans lendemain de Miranda au travers de son cahier, un récit intimiste où elle raconte sans fard ses espoirs et ses mécontentements.
Sans transport, sans eau ni énergie, les survivants replongent en quelque sorte dans le passé de leur pays. J'ai aimé ce côté qui m'a fait penser à la famille Ingalls, leur installation toujours plus à l'Ouest, les espoirs de récolte, les mauvaises années et les rudes hivers.
Lu le 14/11/2013

L'exil
Le tome 2 de la trilogie raconte la survie d'Alex et de ses soeurs Briane et Julie dans New York de 18 mai au 29 décembre. Ils se retrouvent orphelins dès les première heures de la catastrophe. Leur mère a disparu dès les premières heures en se rendant à son travail d'aide-soignante dans le Queens et leur père se trouvait à Porto Rico lorsque l'île a été ravagée par les raz de marée. Leur aîné Carlos, engagé dans les Marines, a pu les joindre par téléphone et leur envoyer une carte postale. Bri accueillie un temps dans une congrégation à la campagne, souffre d'asthme depuis que le ciel s'est obscurci de cendres dues à la reprise d'activité volcanique. Julie se révèle une battante, à égalité avec son frère. Les morts et les rats s'accumulent dans les rues. Ayant pu survivre jusqu'à Noël grâce à des trafics, ils sont cependant poussés par le froid et les nouvelles alarmantes à chercher refuge plus au Sud.

Les survivants
Dans le tome 3 je m'attendais à ce que les personnages se rejoignent, mais j'ai quand même été prise au dépourvu parce qu'ils ne sont pas arrivés par une voie détournée. En effet, Hal, Lisa et le bébé qui est né avant Noël ont fini par rebrousser chemin et sont de retour en Pennsylvanie, après avoir séjourné dans un camp de réfugiés où ils ont croisé la route de Charlie, d'Alex et de Julie.
Lus le 12 mai 2016

Pour quelle(s) raison(s) ai-je moins aimé ces tomes ? Sans doute parce que la découverte étant passée, j'ai été plus sensible au caractère des personnages et il faut admettre qu'Alex est bien moins charismatique que Miranda, bien qu'ils soient tous les deux sans concession. Les tomes souffrent également d'un décalage énorme dans le traitement de la situation entre les deux familles : Miranda garde tous les siens autour d'elle, alors qu'Alex les perd un à un dans des circonstances dramatiques. J'ai fini par ne plus tellement adhérer à l'histoire.

Challenge SFFF
valide les items 1 (auteur féminin) 6 (YA) 14 (climate fiction) et 18 (traduit de l'anglais)
défi déstockage de PàL en duo, l'effet boomerang
challenge 50 états, 50 billets
PENNSYLVANIE
NEW YORK

samedi 30 avril 2016

Coal black horse / Le voyage de Robey Childs

Je trouve encore une fois que le titre original donne une meilleure idée du roman. Le cheval " noir charbon " est en effet le protagoniste principal de l'histoire au même titre que Robey. Apparu un peu mystérieusement pour l'aider dans sa quête, il se révèle bien plus qu'une simple monture et possède un sens du danger qui fait défaut au jeune garçon. L'homme et l'animal vont être profondément liés par une compréhension et une sympathie réciproques. Infatigable et indomptable, l'étalon noir incarne le destin, l'instinct ou la chance, comme on voudra.
Il me rappelle dans un autre registre, le griot qui accompagne le voyage initiatique du jeune Adama pour ramener au village son frère aîné, enrôlé par ruse dans l'armée des tirailleurs sénégalais et envoyé comme chair à canons dans la guerre des tranchées (un long métrage d'animation réalisé par Simon Rouby)   Adama Bande-annonce VF

La trame de l'histoire :
Un matin de 1863, alors que son mari combat dans l'armée confédérée, Hettie Childs s'éveille bouleversée par un songe. Un grand danger planerait sur son mari. Elle envoie alors son unique enfant, âgé de quatorze ans, sur les traces de son père avec ordre de le retrouver avant début juillet.
Commence alors pour Robey un voyage qui bouleversera sa vie. Il n'a que de vagues indications de la direction à suivre pour rejoindre la zone de combat et pour seule arme une veste réversible aux couleurs des deux armées. Monté sur un cheval noir hors du commun, cadeau providentiel d'un de ses voisins, il traverse l'horreur d'un pays déchiré, en ruines, découvrant sur sa route la véritable nature des hommes.

Le roman est écrit dans un style éblouissant que la traduction rend merveilleusement. Une grande force narrative surgit de la construction de l'histoire, entre quête intérieure et motif du voyage. Le rythme n'est pas trépidant mais il est toujours sûr, soutenu, sans temps mort. Les alternances du récit donnent au contraire du souffle à l'épopée vécue par Robey. Les moments réflexifs permettent de le voir grandir, mûrir, prendre conscience du monde des adultes sans vouloir réellement y prendre part, même s'il finit par devoir choisir entre tuer ou être tué. Il avance à couvert, se tenant prudemment à l'écart des hommes, mais fait néanmoins des rencontres providentielles ou dangereuses. Dans les paysages qu'il traverse, tandis qu'il affronte la folie destructrice, la nature est magnifiée. Elle donne au récit un aspect parfois hors du temps.
L'action se déroule pendant la guerre de Sécession et si beaucoup de circonstances se retrouvent dans tout récit militaire, les nombreux détails sur les habitants, sur les faits et conditions de survie autour des batailles décisives de l'année 1863, m'ont appris énormément sur cette période historique que je connais à peine. La tension, la peur, les tourments des soldats : faim, froid, solitude, les privations de la population, mais aussi les trafics, les sordides petits profits sont restitués avec un réalisme impressionnant.

Info en + (source Vikipedia)
La bataille de Gettysburg est un tournant de la guerre de Sécession. Elle se déroula du 1er au 3 juillet 1863 en Pennsylvanie, près du village de Gettysburg, opposant 93 000 Nordistes (Unionistes) à 71 000 Sudistes (Sécessionnistes). Le premier jour fut un désastre pour les Nordistes qui, cependant, tinrent bon. La bataille se solda par une victoire des Nordistes. Elle fit 23 000 morts de chaque côté. C'est la bataille la plus sanglante de la guerre de 1861-1865. Elle est considérée comme l'une des premières batailles de destruction massive.
Lu le 24 avril 2016



challenge Gallmeister
challenge 50 états, 50 billets
Gettysburg, PENNSYLVANIE

mardi 29 mars 2016

Mr Vertigo

Enfant prodige par la force du dressage cruel imposé par Monsieur Yehudi, Walt connaît une heure de gloire aussi incandescente que brève.
"Tu ne vaux pas mieux qu'un animal. Si tu restes où tu es, tu seras mort avant la fin de l'hiver. Si tu viens avec moi, je t'apprendrai à voler." 
Repéré et recueilli à neuf ans auprès d'oncle et tante qui ne s'en soucient guère, Walt est formé durant trois dures années seulement éclairées par la présence bienveillante de Maman Sioux et d'Esope, un jeune noir, éduqué à devenir un savant et intégrer une des plus prestigieuses universités.
Puis vient le premier et exaltant résultat de milliers d'heures d'entraînement. Désormais sous les encouragements de son maître, Walt monte sur scène - ou plutôt "s'élève" sur scène à douze ans, pour un public de petites villes. Le succès grandit, la célébrité suit et leur tournée devient prestigieuse : l'étape ultime, la consécration, doit se produire à New York !
Pourtant, le phénomène incroyable que Walt parvient à maîtriser lui cause de terribles effets secondaires. L'explication est hélas sans appel. Son cas est doublement rarissime car l'approche de la puberté le frappe d'incapacité à exercer son " art ". Il préfère renoncer à l'opération, radicale mais incertaine, qui pourrait lui permettre de continuer et envisage une reconversion professionnelle.
Avec M. Yehudi, il prend donc la direction de l'Ouest avec le pécule amassé lors de leurs représentations, pour tenter une carrière à Hollywood... Mais l'oncle de Walt, envieux, mauvais comme une teigne et armé des pires intentions, se trouve sur leur route pour la seconde fois, fatale. Le destin de Walt bascule de nouveau... mais ce n'est pas la dernière fois d'une vie riche en rebondissements, de grandes fortunes en immenses désastres : il se refait, rechute, repart de zéro...

Bonus 50 états 50 billets car les deux personnages principaux ont traversé les Etats Unis de part en part à plusieurs reprises,
KANSAS, CALIFORNIE, ILLINOIS, NEW JERSEY
même s'ils ont fait halte dans des bases plus ou moins stables à Wichita et pour Walt à Chicago.

Je vous laisse découvrir ce magnifique roman sans en dévoiler toutes les péripéties. Je voulais lire la Trilogie new yorkaise de l'écrivain. J'ai opté pour ce roman inscrit au challenge Livraddict et je ne le regrette pas, car le titre seul ne m'aurait pas attirée. J'aime l'écriture enchantée de ce roman d'initiation et de désespérance. L'Amérique de Paul Auster est comparée à celle, violente et misérable, sauvage et naïve, de Mark Twain ou de Steinbeck : l'Amérique des années vingt et trente, du Ku Klux Klan et du jazz, des gangsters et du cinéma.

jeudi 14 janvier 2016

La tentation du homard

challenge des 5 continents : AMERIQUES

Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'il me plaise, ni à ce qu'il soit facile, mais ce roman fait typiquement partie des perspectives avantageuses offertes par le challenge transaméricain de Sofynet : les commentaires de plusieurs participantes l'ayant lu et apprécié m'ont donné envie de le découvrir.

La tentation du homard raconte les " guerres " acharnées de deux communautés ennemies, dominées par deux familles Les Ellis et les Wishnell, deux minuscules îles de pêcheurs vivant de la pêche au homard au large des côtes du Maine.
Il retrace également la lutte d'une toute jeune fille, Ruth Thomas contre l'emprise des hommes, et en particulier contre le patriarche Landford Ellis. Elle ne veut pas connaître le sort de ses mère et grand-mère qui bien qu'ayant été adoptées par la famille, ont fait figure de dames de compagnie corvéables à merci auprès de Véra Ellis.
Il s'agit enfin de l'attachement farouche à un mode de vie que certains qualifieront d'absurde et de rétrograde mais auxquels les insulaires mâles, jaloux de leur indépendance, ne sont pas prêt à renoncer. Seuls de rares marginaux comme Simon Adams le sénateur, Webster Pommeroy le simple d'esprit ou le pasteur Toby Wishnell échappent à la tentation...
L'étude des habitudes des homards est habilement exploitée en introduction de chaque chapitre.
Elizabeth Gilbert dessine le portrait d'une jeune femme intelligente et déterminée, entière et attachante. Ce roman est celui de l'émergence, subtilement guidée par un vieil homme plus philanthrope qu'il n'y paraît, d'un esprit en avance sur son temps, profondément attaché à ses racines, mais rétif à toute pression. Je ne supposais pas en outre qu'il me serait donné de lire une belle histoire d'amour heureux, alors que je craignais plutôt une sorte de terrible répétition de Roméo et Juliette, mais c'était sans compter sur la modernité de Ruth qui n'hésite pas à prendre son destin en main.

Comme les autres lectrices du challenge, je valide le DELAWARE, bien qu'il y soit fait mention de façon marginale et que le gros de l'action se déroule dans le MAINE.


50 états, 50 billets


mercredi 23 décembre 2015

Sur tous les fronts


tome 1 : 

Max Moore, ancien as des commandos de marine est chargé de combattre les cartels mexicains. Ceux-ci ont creusé des tunnels sous la frontière pour inonder de cocaïne leur grand voisin du Nord. Mais cette mission ne lui fait pas oublier sa spécialité : le Pakistan, les talibans, les fanatiques qui menacent l'ordre mondial.

tome 2 :
D'une rencontre improbable entre les deux pires ennemis des Etats-Unis, la menace se précise : des groupes de terroristes islamiques ont l'intention d'emprunter les tunnels creusés par les cartels mexicains pour introduire des missiles sol-air portatifs et attaquer six cibles ultra-sensibles sur le territoire du Grand Satan. Pour Max Moore, le compte à rebours a déjà commencé. 

Tom Clancy, le créateur du techno-thriller (la série des Ryan Neal) est mort en 2013. Son ultime roman, paru à titre posthume et publié en France chez Albin Michel m'a été offert dans le cadre d'un partenariat : j'ai joué pour le diptyque au GpP  de Book en stock et j'ai eu la chance de gagner les deux tomes dans leurs couvertures inversées, sur fond rouge ou blanc.
Il y associe les islamistes d'Al-Qaida avec les cartels de la drogue mexicain.
Max Moore, un ancien Marine de retour du Pakistan où il a perdu sa couverture et laissé assassiner un indicateur, doit infiltrer les réseaux d'immigration clandestine et déjouer tous les pièges pour comprendre la nouvelle menace terroriste imaginée par les Talibans afin de porter le djihad au coeur des aéroports américains. Les têtes de chapitre permettent de s'y retrouver dans ce puzzle géopolitique complexe. L'alternance des sujets entre islamistes et narco-trafiquants, intéressante et bien documentée, renouvelle l'intérêt : la fiction semble parfois bien proche de la vérité. Un détail : une description de la fabrication de la cocaïne à vous dégoûter d'y toucher !
Lus le 23 juillet 2015