Donté Drumm, jeune Afro-Américain de 27 ans est dans le couloir de la mort depuis huit ans, pour le viol suivi de meurtre de Nicole Yarber. Le cadavre n'a jamais été retrouvé et il est revenu sur ses aveux. Dans la dernière semaine avant l'exécution, deux hommes font l'impossible pour le sauver de l'injection létale.
Son avocat Robbie Falk se bat depuis le tout premier procès pour le faire disculper. Il a engagé une équipe nombreuse et tente tous les recours en appel imaginables. L'avocat tenace ne fait pas que défendre un client, il est persuadé de son innocence. Les aveux ont été extorqués à l'issue d'un détention irrespectueuse des droits civils. Le seul témoin oculaire voue des sentiments contradictoires à la fois à Donté et à Nicole Yarber, la victime. Les trois étaient en terminale dans le même lycée et jouaient dans l'équipe de football locale. Les jurés et l'opinion publique en général sont globalement très favorable à la peine de mort au Texas et son gouverneur est connu pour une position particulièrement ferme à cet égard.
Keith Schroeder, pasteur au Kansas, reçoit les aveux à peine voilés de Travis Boyette, un violeur récidiviste condamné dans plusieurs états. Une course contre la montre s'engage pour retarder l'exécution. Mais Boyette tergiverse, se défile, disparaît... pour reparaître la veille de l'exécution et convaincre le pasteur de le conduire au Texas afin de témoigner devant l'avocat, puis devant la presse de l'innocence de Drumm. Comme prévu, sa crédibilité n'est pas suffisante et la procédure poursuit son cours inéluctable. Le lendemain, Boyette conduit un groupe de témoins dans le Missouri, sur le lieu où il a enterré le cadavre. Le dernier tiers et troisième partie du roman, débute dès le lendemain du procès et mène à la disculpation pleine et entière de Donté Drumm.
John Grisham milite fermement contre l'abolition de la peine de mort. La confession sert son propos de manière convaincante. Jusqu'au bout de la deuxième partie, le lecteur espère en dépit de tous les signaux négatifs un retournement de dernière minute. J'ai trouvé le roman presque aussi bon que Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee. Il me réconcilie avec l'auteur après ma grosse déception due à Pas de Noël cette année et passe très prêt du coup de coeur. Les éléments qui ont manqué de me convaincre est le traitement caricatural des familles, autour du condamné et de la victime. Roberta Drumm est une figure angélique, mère meurtrie mais chrétienne pratiquante, défenseur de la non violence, elle mène son combat avec foi, vigueur et dignité. Reeva Yarber, la mère éplorée par la perte de sa fille, incapable d'en faire son deuil en l'absence de cadavre, est le jouet des media, elle tient des propos sans retenue et se comporte souvent avec hystérie. J'aurais aimé que l''auteur mélange mieux les traits de caractère et en fasse moins dans le manichéen : pour moi, le tout noir ou tout blanc ne marche pas.
Pas de Noël cette année
D'autres lectures du défi de Noël
D'après sa bibliographie, John Grisham est plutôt spécialisé dans le suspense et les affaires policières. Je l'ai découvert dans une comédie de (mauvais) voisinage où il met en scène un couple d’Américains vivant dans une banlieue résidentielle.
Lu le 25 décembre 2011.
Chaque hiver, les Krank et leurs voisins rivalisent d’ingéniosité et d’artifices pour illuminer jardins et maisons en vue des fêtes de Noël et faire de leur rue une des plus belles de la ville.
Mais cette années, pas de décorations coûteuses, d’étrennes, de cadeaux, de courses éreintantes et de repas traditionnel… ils ont décidé de profiter de l’absence de leur fille Blair, désormais adulte, pour déserter leur pavillon et fausser compagnie aux voisins, aux collègues et aux habitudes.
Luther a convaincu Nora de s’offrir la croisière de leurs rêves dans les Caraïbes, à bord de la Princesse des îles, mais il n’imagine pas à quel point cette décision va déchaîner les passions et les exposer à la vindicte de leur entourage.
Cet événement apparemment anodin provoque une série de catastrophes toutes plus absurdes les unes que les autres. Pour les faire renoncer à leur projet, leurs voisins, amis bien que rivaux quand il s'agit d'emporter le prix des plus belles décorations du quartier, se mobilisent pour leur mener une vie infernale : insultes, menaces et attaques en tout genre, l'affaire frôle le drame... avant de tourner à la farce, lorsqu'un événement imprévu vient rompre le cercle de la colère.
Avec une subtile ironie et un sens du crescendo qui ne déparerait pas un bon polar, l'auteur propose dans ce conte de Noël revisité, une satire de l'american way of life. Les personnages et les situations semblent caricaturaux, l'engrenage de l'absurdité est poussé à l'extrême, pour pointer les travers de la société de consommation à son climax au moment des fêtes de fin d'année, mais les remarques font mouche, car elles sont subtilement appuyées par une critique de fond perspicace.
À noter que le roman a été adapté au cinéma sous le titre Noël avec les Krank.
Avocat de formation, John Grisham est né en 1955 dans 1'Arkansas. Il publie son premier roman, Non coupable, en 1989 mais c'est en 1991, avec La firme, qu'il rencontre le succès. Depuis, L'affaire Pélican (1992), Le couloir de la mort (1994), L'idéaliste (1995), Le maître du jeu (1996) et L'associé (1999) ont contribué à en faire la figure de proue du " legal thriller ". John Grisham est l'un des auteurs les plus lus dans le monde.










































