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dimanche 3 mars 2019

Une dernière enquête de Wallander

Une main encombrante d'Henning Mankel - l'avant-dernière enquête et le dernier roman de la série des Wallander, avec une postface tout à fait intéressante pour valider le bonus (nordique) de ce mois

La carrière désabusée de Wallander est maintenant sur le point de s'achever. Le commissaire recherche toujours la maison idéale où s'installer pour profiter de sa retraite en compagnie d'un chien. Justement, un collègue lui propose une ancienne ferme, dans le quartier de son enfance. Lors d'une visite, déjà conquis, il trébuche, dans une allée du jardin, sur des ossements... humains. L'enquête qui s'annonce difficile remet en cause toute velléité d'achat. En appendice au roman, Henning Mankel explique que cette ultime séquelle doit conclure définitivement les aventures de son personnage fétiche, dont le destin appartient désormais au public. J'ai aimé le style de ce bref texte mettant fin aux apparitions du commissaire. Bizarrement, je croyais avoir déjà lu un des tomes de la série ; comme il n'en est rien, je vais pouvoir les découvrir in extenso. J'avais été bien moins convaincue par Le cerveau de Kennedy, thriller situé en partie au Mozambique, où l'auteur exprime sa colère contre le cynisme du monde occidental face au lent naufrage d’un continent rongé par le sida. Depuis plusieurs années, Henning Mankell partage son temps entre la Suède et l'Afrique.

mercredi 10 février 2016

Värlik / Printemps - Automne


challenge des nombres : 5
Destination : SUEDE

La 5ème saison, dernière enquête de Malin Fors
Malin Fors pourrait filer le parfait amour avec Peter le médecin rencontré à la faveur des attentats (tome Printemps) si elle laisse tombé ses doutes existentiels et son sale caractère. Mais elle ne désarme pas d'une affaire irrésolue, le cas Maria Murvall (tome Hiver) qui focalise toute son attention et jusqu'à ses loisirs. L'existence d'une autre jeune femme muette internée à la suite d'un viol en forêt lui est signalé, juste avant la découverte d'un cadavre de femme mutilé selon toute apparence suivant le même schéma criminel. L'enquête l'oriente bientôt vers des personnalités en vue. Le Mal, à travers les violences faites aux plus faibles, femmes et enfants, omniprésent dans les romans policiers suédois pourrait presque faire penser qu'à côté de la Finlande, patrie du Père Noël, la Suède est celle du Grand Méchant.

Retour sur les épisodes précédents :

J'avais peu apprécié Automne de Mons Kallentoft. Malin Fors doit y démêler la mort - noyade ou meurtre - d'un homme antipathique. Elle même, avec ses problèmes d'alcoolisme et ses doutes, n'est pas un personnage agréable à côtoyer. Pourtant la série qui se déplace de la Suède à Ténérife, entre dans son troisième tome avec un succès non démenti. L'enquêtrice surdouée n'a pas son pareil pour le raisonnement par induction.
Lu le 12 août 2012

Une bombe posée en pleine place très fréquentée du centre ville de Linköping fait des dégâts mais peu de victimes. Malins Fors s'éloigne de la piste terroriste à laquelle tout semble mener. Elle est toujours immergée jusqu'au cou dans ses problèmes familiaux. J'ai l'impression récurrente que tout bon polar nordique ne peut se justifier sans un personnage plombé par un lourd passif socio-familial !
Lu le 5 août 2015

Printemps m'a plu bien davantage et m'a donné envie de lire Hiver et La cinquième saison qui poursuivent l'élucidation d'une même affaire. Maintenant, je pense que je vais compléter petit à petit la série et j'ai envie de lire Les anges aquatiques, le dernier paru.

lundi 21 décembre 2015

Histoires de mères castratrices

Les oreilles de Buster de Maria Ernestam
reçu au Swap couleurs : violet
en LC avec Magicienne d'Oz 
pour le challenge des 5 continents : EUROPE

Je laisserai de côté les résumés trop bavards qui donnent plus envie de renoncer que de découvrir le roman. J'aurais voulu qu'il dure longtemps, retrouver Eva chaque soir pour qu'elle continue d'égrener ses réflexions à sa manière implacable, clairvoyante et sans fausse excuse. Dès les premières lignes j'ai été happée par ses paroles, sans m'offusquer de leur cynisme pourtant évident : "J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution." Je regrette que la fin du roman lui fasse perdre son mystère. Même si je l'avais entrevu, j'aurais préféré que l'auteur se contentât de laisser planer le doute...

La petite fille préférée d'Eva lui offre un journal intime pour ses 56 ans. La couverture représente des rosiers, une culture à laquelle elle se livre passionnément. Un compagnon solide mais taciturne dans la personne de Sven, une fille en pleine séparation et des petits enfants heureux, des voisins indiscrets mais plutôt bienveillants, deux vraies amies d'enfance, une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe en lieu et place de sa fille : sous un aspect lisse et bien réglé, la vie d'Eva réserve pourtant des surprises.
Dans la douceur feutrée du soir, avec une bonne bouteille à portée de main, Eva se consacre à ses souvenirs, la mémoire attisée par les pages blanches du carnet. D'emblée, elle avoue qu'elle s'est juré à 7 ans de tuer sa mère, décrite comme tyrannique, égoïste et irresponsable. C'est plutôt sombre mais la prouesse de Maria Ernestam, en bon avocat de la défense, est de faire accepter chacun comme il est. En raison de son enfance malmenée, Eva suscite chez le lecteur le pardon et le souhait de la voir s'en sortir, d'échapper à l'emprise de sa mère ; l'espoir jaillit quand elle fréquente John un marin anglais, se laisse aller au partage des sentiments, à l'ouverture fragile de son coeur et de son esprit.

Le mélange de candeur et de cruauté, le caractère intime de la confession, m'ont donné à penser au personnage de Joséphine dans un des romans d'Agatha Christie, mais aussi au caractère à la fois malveillant mais excusable de Tatie Danielle.

* * *

voir 

Sur ma peau de Gillian Flynn

Insecte de Claire Castillon

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jeudi 20 décembre 2012

Une enquête de l'inspectrice Fredrika Bergman

Drapeau Suède Suède
La fille au tatouage - Tusenkönor
Le titre - ou plutôt sa traduction française - est sans doute le seul point faible de ce livre. Pour le reste, l'histoire démarre au quart de tour, avec l'agression d'un petite fille un après midi d'été dans la propriété familiale en Suède, la situation d'angoisse croissante vécue par une jeune femme en voyage en Asie du Sud-Est et le décès d'un couple bien sous tous rapports dans leur appartement cossu du centre de Stockholm. Trois fils de l'intrigue dont le lecteur pressent bien évidemment qu'ils vont se rejoindre mais dont il met une partie du roman à comprendre les liens stupéfiants.
Invités à dîner, Sven et Leslie découvrent les corps sans vie de leurs amis, Jakob et Marja Alhbin. Les deux couples se fréquentent depuis le plus jeune âge de leurs enfants et le couple met immédiatement en doute la lettre d'adieu où Jakob explique son geste par l'annonce de l'overdose fatale de leur fille aînée. L'enquête est confiée à la brigade criminelle de la police de Stockholm, dirigée par Alex et dont l'équipe, assez hétérogène, n'entretient pas les meilleurs relations du monde. 
Ce second roman voit revenir des personnages récurrents déjà présents dans le premier titre de l'auteur. Cette fois, le personnage central est Fredrika Bergman, une inspectrice qui vient du privé et a rencontré des difficultés à s'intégrer. Kristina Ohlsson prend le temps de faire évoluer ses personnages, de montrer leurs faiblesses, leur mode de fonctionnement, si bien qu'à la fin, même les crapules les moins attachantes deviennent intelligibles.
Le suspense est un peu mené à la façon de Betty d'Arnaldur Indridason, avec une mystification de départ excellemment entretenue de bout en bout du roman et quelques omissions. Au fur et à mesure de l'intrigue, l'ensemble des personnages appelés sur les lieux prennent leur place dans l'implacable engrenage qui lie les évènements à quinze ans de distance. Sur fonds de flux migratoires, de réfugiés clandestins et de trafic humain, je n'en fini pas de découvrir la complexité des comportements des Suédois face à l'immigration et au racisme ; d'autres lectures en plus de me divertir, m'ont éclairée et instruite : Millénium mais aussi par exemple, Sur la tête de la chèvre.

Un partenariat Livraddict et Michel Lafon que je remercie