Déstockage de PàL en duo challenge Lunes d'encre
En 2004, Ian McDonald publiait en Angleterre un roman SF de plus de 600 pages, "Le Fleuve des dieux", un livre aux multiples intrigues situées dans une Inde de 2047 balkanisée et en proie à une sécheresse sans précédent.
Prix de la British Science Fiction Association
Grand Prix de l'Imaginaire.
En 2009, Ian McDonald a rassemblé sous le titre La Petite Déesse les sept nouvelles et courts romans qu'il avait écrits sur cette même Inde du futur. On y découvre, souvent par le biais du regard d'enfants, un sous-continent où les hommes sont quatre fois plus nombreux que les femmes, où se côtoient puissants, gens d'une extrême pauvreté, intelligences artificielles et stars virtuelles, tous confrontés à des menaces d'un genre nouveau.
Edit du 15 Novembre 2017
Dans une Inde fragmentée, divisée en états rivaux (le Bharât et l'Awadh), les intelligences artificielles (aeais) cohabitent étroitement avec les humains. L'univers décrit par Ian McDonald garde pourtant les travers du monde actuel. A travers sept nouvelles, l'auteur donne à entrevoir la richesse de son imaginaire et l'étendue de ses préoccupations.Le système des castes perdure, mais l'eugénisme a conduit à produire plus de garçons que de filles, ce qui rend les candidates au mariage très recherchées et la bataille entre tous les célibataires forcés est féroce.
Si le génie génétique est parvenu à modifier les foetus et jusqu'à la durée de la gestation, la science a échoué dans le domaine climatique. La pénurie d'eau règne sur un pays où la mousson se fait rare et sa saison de plus en plus courte. La guerre se fait à travers drones de combat et cyber-soldats, mais les tractations sont toujours menées par des diplomates humains.
Deux choses m'ont gênée particulièrement : une sorte de tic de langage qui revient fréquemment avec des successions de verbes conjugués presque synonymes et le lexique, tiré de la culture indienne sans doute, mais pas toujours transparent, malgré quelques trouvailles géniales (bravo au traducteur Gilles Goulet) comme le pronom eils pour désigner les neutres, humains asexués sur le modèle des eunuques, mais ni homme, ni femme, j'ai trouvé le style et le procédé assez lourds.
Enfin, le titre d'origine Cyberabad days est plus adapté que sa traduction, comme souvent.
Sanjîv et robot-wallah parle d'enrôlement et d'enfants soldats, de fascination pour la guerre robotisée,
Dans Kyle fait la connaissance du fleuve, un enfant s'échappe des beaux quartiers et vit une journée de liberté initiatique
L'assassin-poussière propose une version indienne de Roméo et Juliette entre deux dynasties ayant construit leur empire et leur emprise sur la rareté de l'eau
Un beau parti tire parti de l'univers construit par l'auteur et des enjeux matrimoniaux dans la réalité indienne contemporaine
La petite déesse révèle l'ascension puis la déchéance inéluctable d'une petite fille, sorte de petite vestale sacrificielle, élevée au dessus de sa condition puis rejetée, qui trouve sa voie dans l'assistance à autrui
De L'épouse du djinn je ne retiendrai que la belle histoire d'amour entre une entité virtuelle et une femme artiste, même si elle finit mal
Vishnu au cirque de chats, contient bien des explications sur ce monde pour ceux qui n'ont pas lu le roman, car le narrateur étroitement lié à l'histoire de son pays en a traversé la crise "existentielle".


















