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mercredi 11 décembre 2019

Michel QUINT [2]

Fox trot
Plusieurs fois que je m'y reprends et je n'avance toujours pas d'un chapitre ! Je me suis déjà passablement ennuyée avec Les amants de Francfort. Le style narratif me bloque. Pourtant j'ai aimé Veuve noire et vraiment apprécié Effroyables jardins. A vérifier, mais il me semble que les quatre romans se déroulent plus ou moins durant la même période historique.

enfin...
Après avoir eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, je me suis intéressée à Charles Bertin, instituteur lillois en mal d'idéal et au contexte particulier des rivalités gauche-droite entre les deux guerres mondiales. Mes cours d'histoire contemporaine sur = Les droites en France = me sont revenus en mémoire, mais sous une forme beaucoup plus préhensible. La teneur et les enjeux des oppositions prennent vie à travers des personnages " humains " que ce soit une personnalité historique comme Roger Salengro, maire de Lille de 1929 jusqu'à son suicide en 1936 ou le fictif commissaire Demeyer, cousin protecteur de Charles. L'écriture m'a fait penser à du Modiano sans le style ! Si l'argot peut être bienvenu pour faire sentir les différences sociales, le relâchement du style m'a parfois gênée.

Les amants de Francfort
Un savoureux mélange de transactions humaines sur fond de salon du livre de Francfort : Michel Quint nous apprend comment se font les contrats en marge des stands officiels, mais aussi s'interroge avec nous sur le poids des héritages familiaux : qui est véritablement le Sandor au grand coeur qui se prétend descendant de Dracula, où vécut de 1943 à 1945 Louis Debaissieux, le grand père de Clémence qui se meurt d'une tumeur au cerveau, pourquoi le père de Florent Vallin, le jeune patron des éditions En colère, fut-il assassiné, est-ce en raison de ses sympathies nazies ou pour un autre motif, dans quelle mesure la troublante Léna et l'intrigant Fitz peuvent-ils l'aider...
Je n'avais pas retenu de ses autres romans qu'il avait cette façon d'écrire assez familière et le style, parfois télégraphique, m'a surprise. Pourtant, au sein de cet imbroglio sentimental, savamment nuancé du grave au léger, le plaisir de lire était là.
Lu le 23 mars 2015

dimanche 27 septembre 2015

Tous les matins du monde

Règne de Louis XIV. Monsieur de Sainte-Colombe est l'anti-courtisan par excellence. Fuyant toute vie sociale depuis la mort de son épouse, il n'hésite pas à renvoyer vertement les émissaires du Roi. Douze années ont passé, le souvenir de Madame de Sainte-Colombe lui est toujours si fort présent qu'il lui arrive de la voir et de lui parler. Se suffisant de la présence de quelques domestiques et de ses deux filles Madeleine et Toinette, il vit replié sur l'exercice passionné de son art, la viole dont il tire des sons proches des voix humaines. Marin Marais, un ancien choriste qui l'a supplié de le prendre comme élève, séduit Madeleine puis Toinette, avant de faire beau mariage et carrière ambitieuse à la cour grâce au pillage des arrangements originaux de Sainte-Colombe. Le style sobre de Pascal Quignard donne toute sa mesure dans la suggestion et le non dit.

dimanche 31 mai 2015

Les porteurs de peau

Les porteurs de peau de Tony Hillerman

Résumé éditeur : Les porteurs-de-peau sont les sorciers navajo qui décident d'apporter le mal à leurs congénères. Ils rôdent dans les ténèbres de la grande réserve, parfois couverts d'une fourrure d'animal, et possèdent des pouvoirs surnaturels. Trois meurtres sont commis, peut-être quatre. Une nuit, Jim Chee, le policier navajo traditionaliste, est tiré de son sommeil et plongé dans l'angoisse. Alors commence une enquête qui lui fera côtoyer le lieutenant Joe Leaphorn et les marquera tous deux profondément, dans leur esprit comme dans leur chair.

Les porteurs de peau appartient à la série d'enquêtes mettant en scène la police tribale navajo : en outre, Tony Hillerman qui fait découvrir le mélange de tradition coutumière et de modernité qui caractérise maintenant les habitants de la plus grande réserve indienne des Etats Unis répartie sur 4 états du Sud-ouest. On croise des personnages étonnants, des paysages somptueux, l'air pur des grands espaces et surtout la culture et les coutumes Navajos, avec en toile de fond les Four Corners

50 états, 50 billets
Shiprock, NOUVEAU MEXIQUE
Info en +
Utah, Arizona, Nouveau Mexique et Colorado se croisent à angle droit à Four Corners. Une grande dalle de pierre coupée en 4 marque le point de rencontre. Ce lieu très symbolique est un Monument des Indiens Navajos.

samedi 29 juin 2013

Papeete 1914 - t1 : Rouge Tahiti et t2 : Bleu horizon

 Diptyque de Didier Quella Guyot et Sébastien Morice

Un cafetier bougon, un curé fort en gueule, un marin devenu peintre par amour de Tahiti, un clerc de notaire trop curieux, une postière courageuse, plusieurs affaires de meurtres, à Paris celui de Rose Pelletan, la tenancière d'un bordel huppé et à Papeete, la fausse chute accidentelle de jolies vahinés un peu trop libres de leur corps, mais aussi des faits entrés dans l'Histoire : la Grande Guerre qui se profile jusqu'aux portes de la rade de Papeete,  le commandant de la Zélée qui organise la défense militaire de l'île, la collusion du gouverneur avec les intérêts allemands, l'héritière de Pomare V qui céda les îles polynésiennes à la France, dernière reine de Tahiti...

Premier Août 1914, Simon Combaud débarque à Tahiti pour élucider un crime perpétré à Paris quinze ans plus tôt... Quelque part dans les Balkans, le déclenchement de la première guerre mondiale est imminent. Mais l'Europe est loin et à Tahiti, si les rumeurs vont bon train, elles ne changent pas grand chose aux habitudes festives de la population. Indigènes et européens, Français et Allemands qui ne sont pas encore ennemis, se côtoient dans la petite communauté. Dans l'insouciance de ce climat paradisiaque, personne n'accorde beaucoup de crédit aux préparatifs militaires du commandant et surtout pas le gouverneur.

Sur fond de colonisation et de guerre, mêlant personnages de fiction et sujets réels, les auteurs réalisent, à partir d'un fait historique peu connu (le bombardement de Tahiti par deux croiseurs allemands venus de la Chine se ravitailler en charbon le " Scharnhorst " et le " Gneisenau ") relaté dans le détail par le petit-fils  de Jeanne la postière, un récit policier aussi intense que surprenant. Pour bien suivre, chaque journée est estampillé du cachet de la poste !

Mélange d'influence de Gauguin et de Toulouse Lautrec les magnifiques couleurs de Sébastien Morice, très vivement contrastées, invitent au voyage. Le souci n'est pas de montrer avec réalisme les cruautés de l'existence (comme cette admirable couverture où Mareta semble voler alors qu'elle est en train de s'écraser !) L''impact de cette guerre lointaine sur ces terres de douceur de vivre en est d'autant plus percutant.

Le mot de l'éditeur :
Sur fond de références culturelles (les écrivains Loti et Stevenson, les peintres Gauguin et Morillot), la magie de Tahiti 1914 est reconstituée dans ce grand récit d’aventure historique et policier.

 
Le militaire Maxime Destremeau, le gouverneur William Fawtier, le directeur de la Poste et photographe Henry Lemasson, le peintre Octave Morillot ont tous laissé leur empreinte à « Tahiti la délicieuse ». On les découvre dans les textes et photos d’époque qui ponctuent la fin de chaque album.

mercredi 21 novembre 2012

Pas ce soir

Coup de coeur 2013

Ce livre, proposé parmi une sélection de romans de littérature générale, fait partie de ceux qui ont été retenus dans le cadre du Challenge Coup de coeur 2013 organisé par PetiteBelge et rejointe cette année par Yukarie.


" J'vis toujours des soirées parisiennes,
Et j'voudrais vivre des soirées belles à Sienne "
chante Louise attaque de son timbre inimitable.
Charline Quarré, que son premier roman racontant les affres d'une adolescente, a fait connaître, se penche également sur la question à travers le personnage d'Eugénie. Pas ce soir décrit une soirée parisienne, par les yeux de quelqu'un qui n'est pas dupe de la comédie mondaine et qui se joue des mensonges et manipulations. Dans un style que je rapproche de Lolita Pill et qui correspond au projet du roman, l'auteur livre une étude lucide, d'aucuns diront une critique acide, d'une certaine jeunesse dorée, gavée d'insouciance et désabusée avant d'avoir vécu.

Eugénie est une jeune femme privilégiée mais plutôt tourmentée que sa mère, absente pour la soirée, pousse à sortir pour se changer les idées. Mais depuis que les hommes qui comptent pour elle s'en sont allés... des soirées " sans " il y en a beaucoup pour Eugénie, convaincue qu'aimer c'est souffrir.

L'histoire - qui comme un huis clos, respecte la règle des trois unités de temps, de lieu et d'action - permet en une soirée d'appréhender toute la vie d'Eugénie qui se révèle par bribes. Elle se montre de prime abord sous un très mauvais jour, arrogante et menteuse, voire mythomane, misanthrope, caustique et revêche. Au fil du roman, le lecteur découvre un peu plus ce personnage à contrepied, mal dans sa peau et meurtri.
" Fille à papa " pour les apparences, elle ne réussit pourtant pas à communiquer avec ses proches et pâtit de ne rencontrer aucune écoute de la part de son père, dirigeant de l'entreprise où elle occupe une sorte d'emploi fictif. Du côté maternel, on sent une mère aimante mais désemparée et dépourvue face à sa fille avec laquelle elle ne sait pas comment s'y prendre sans l'agacer. Enfin, Eugénie peut compter sur l'amitié (l'amour sans retour) de Charles, l'organisateur de la soirée à laquelle, elle n'a Pas envie d'aller ce soir.

La soirée réveille ses démons assoupis et nous apprend qu'elle vit encore le traumatisme de la mort de son demi-frère, qu'elle relie au deuil (réel ou fictif) de sa relation avec Julien, un artiste brillant, entouré d'amis et de jolies femmes alors qu'elle est plutôt effacée et rébarbative. Avec le récit de ce qu'elle a vécu, les souffrances, les soins médicaux inadaptés, Eugénie gagne une part de notre compassion. Elle troque une apparente férocité qu'on ne lui pardonne pas, contre une empathie progressive née de ses faiblesses, de sa fragilité d'écorchée.


J'aime rester dans le doute que l'auteur a merveilleusement manipulé mon opinion pour finir par me faire apprécier une jeune femme odieuse qui trompe son monde, à commencer par le lecteur. La psychologie du personnage, extrêmement poussée, est un des atouts de ce roman. Seule la fin, avec l'arrivée du bon samaritain, est un peu moins convaincante.


Je trouve beaucoup de talent à ce roman. Il m'en reste encore beaucoup à découvrir car ma BàL ne désemplit pas ces jours-ci, mais j'ai eu un gros coup de coeur pour ce titre qui figurera probablement parmi mon trio de finalistes.

jeudi 5 juillet 2012

Clown

et autres histoires de cirques

Oliv' mon binôme dans le swap BD et chocolat de Loula avait eu la gentillesse de m'offrir en sus une dédicace de Le Hir, l'auteur de cet album que je découvre.
Un clown itinérant un peu bourru recueille un nourrisson abandonné qu'il élève comme un père : leur vie connaît une embellie en dépit des difficultés. Devenue jeune fille, Zoé découvre les premiers émois mais aussi la méchanceté et la vilenie. Le destin tragique auquel elle a échappé petite la rattrape.
Un album poignant dans un style épuré, beaucoup de poésie, une économie de moyens verbaux mais pas visuels, une mise en couleurs magnifique dont vous pouvez vous rendre compte ICI

L'univers du cirque ne donne pas toujours lieu à des histoires gaies, mais elles sont humainement vraies et peuvent donner à réfléchir à petits et grands sur des thèmes comme la justice, l'équité, la cruauté...

Le manchot d'Arnaud Quéré (album jeunesse)

Un couple de clowns improbable, un manchot et un rhinocéros, réinvente la blague de la tarte à la crème. Martin le manchot a compris que le héros de la scène est le lanceur de tarte mais il met tout son coeur dans son numéro. La brute également, qui prend plaisir à l'entarter chaque soir ! Le rapport de force pourrait un jour s'inverser à la faveur des circonstances et donner à Martin l'occasion de montrer les ressources de son tempérament.
En préparation, un billet sur la trilogie Echec et automates du même auteur.



 

***
Il y a des artistes récurrents dans les histoires de cirques : si le clown triste est souvent présent, la jolie écuyère manque rarement à l'appel...
Dans des styles différents, deux diptyques dont j'aime particulièrement le ton, l'humour et le graphisme.

Dans Ring circus de Cyril Pedrosa, mademoiselle Blanche, l'écuyère vedette suscite l'amour de Jerold, qui n'hésite pas à s'embarquer dans l'aventure comme passager clandestin pour les beaux yeux de la belle.
Dans Les farfelingues de Loisel, mademoiselle Violette partage la galère d'un ramassis d'artistes ratés. Comme elle est un peu naïve, elle multiplie les mésaventures, notamment quand Vulcain, le vieux lion fatigué de Prince Modolo le dompteur, décide de se sustenter et crée l'émoi parmi la population.

mercredi 17 mars 2010

Similitude de couvertures au cours de l'ABC2010

Les Dames du Méditerranée-Express est une série de trois romans de Juliette BENZONI parus de 1990 à 1993 chez Julliard.

Tome 1 : La jeune mariée
5 août 1914, en route pour le front, un conducteur de la compagnie des wagons-lits se souvient des passagères qui ont marqué son existence. Il évoque d'abord la douce Mélanie, rencontrée lors de sa lune de miel et qu'il a sans doute contribué à sauver de la mort, avec l'aide du peintre Antoine Laurens. Après l'avoir séduite et rapidement convaincue de l'épouser, le marquis de Varennes, non content de la tromper avec une danseuse dans le train qui les mènent vers la Côte d'Azur, avait prévu de la faire disparaître au cours du voyage de noces afin de mettre la main sur son héritage.


Tome 2 : La fière Américaine
1915, la guerre s'éternise. Pierre Bault déroule le fil de ses souvenirs : il n'a pu oublier une jeune et arrogante héritière de Philadelphie. Lorsque son époux, qui ne lui a jamais rien refusé, annule en dernière minute leur voyage en Europe, Alexandra se rebelle et décide de partir quand même, avec oncle et tante. Les traces de Marie-Antoinette la mènent de Versailles à Vienne, mais elle visite aussi la Côte d'Azur, Venise et même Beaune. La jeune femme est partout reçue dans la meilleure société. Richement vêtue et parée, d'une exceptionnelle beauté, elle ne tarde pas à susciter l'admiration mais aussi la jalousie.

Tome 3 : La princesse mandchoue (à lire)


* * * 

Faute de trouver Les clefs d’Aphrodite, de la liste concoctée pour ma participation au challenge ABC 2010, j'ai lu Le chant de la sirène un roman à l'eau de rose à l'ancienne, qui mêle aventure et grands sentiments.
Lu le 20 octobre 2010

Amanda Quick, de son vrai nom Jayne Ann Krentz, a plus de 120 romans, dont 30 best sellers, à son actif. Sous ce pseudonyme, elle publie des romans d’amour historiques, sous celui de Jayne Castle, ce sont des romans futuristes et elle utilise son vrai nom pour ses romans contemporains.
à lire Le mystère du bracelet bleu

A vingt-cinq ans, Olympia Wingfield ne convoite pas le mariage comme la plupart des jeunes filles de sa condition : elle a reçu de son père, veuf, une instruction qui la met un peu à part dans la société victorienne. Membre de la vénérable Société des explorateurs, elle collectionne récits de voyages et cartes anciennes et se passionne pour les histoires de pirates et de flibustiers. Après des années de recherche, elle entre en possession du journal intime de Claire Lightbourne, la femme du célèbre capitaine Jack, un document codé qui recèle l'emplacement d'un fabuleux trésor. Mais les descendants du capitaine Jack convoitent également ce qu'ils considèrent comme leur héritage... Un dernier personnage étrange se présente chez elle : avec ses cheveux longs et le bandeau de velours noir qui masque son oeil mort, Jared Chillhurst semble sortir tout droit des rêves les plus fous d'Olympia et ce qu'il lui propose est proprement stupéfiant !  

samedi 12 septembre 2009

Terrasse à Rome

Académie Française - Grand Prix du roman - 2000
Cet étrange roman de Pascal Quignard , écrit à la manière d'une étude biographique basée sur des sources historiques, écrites et iconographiques retrace la vie de Geoffroy Meaume, ami de Claude Gelée. Le personnage, né au XVIIème siècle en Lorraine, est mort à Utrecht, après avoir vécu à Bruges et Rome, où il acquit et pratiqua son art de graveur, spécialiste de l'eau forte et passionné de la manière noire.
J'aime beaucoup, à la fois le choix du sujet, la manière narrative, le style concis et les chapitres ultra courts, la description des estampes et la vision du travail de l'artiste.