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jeudi 26 juillet 2018

Un visage pour l'éternité - Till we have a face

Tour du monde : IRLANDE

Décidément, les reprises fantasy tirées de la mythologie antique ou médiévale ne me réussissent pas en ce moment ! Je n'ai déjà pas tellement accroché à Tempête d'une nuit d'été (développement du thème d'Obéron et Titania d'après Shakespeare) qui m'avait pourtant bien tentée.

A l'identique, Un visage pour l'éternité : un mythe réinterprêté, inspiré de la légende de Psyché et Eros, m'a semblé confus, poussif et ennuyeux. Pourtant, le résumé partait bien :
Le roi de Glome a trois filles. L'aînée, Orual, est fort laide, et porte une affection démesurée à Istra, la benjamine, la plus belle et la plus douce créature de ce royaume barbare.
Le récit d'Orual, reine de Glome et soeur aînée de la jeune vierge livrée au Monstre de la Montagne, est un long réquisitoire contre les dieux et la crédulité des hommes envers les mystères.
Je l'ai abandonné dans une boîte à livres pour lui donner une seconde chance. Pour ma part, vu que C. S. Lewis est également l'auteur des Chroniques de Narnia et que je n'ai pas aimé le film, je ne lirai donc pas le livre qui attend dans ma PàL.







LDPA  # 19 :
La gestion du Challenge Livra'deux pour pal'addict a été reprise par Mana 



Je fais toujours équipe avec l'auteur du blogue Les tribulations d'Amarüel et elle me propose :
Lu et aimé : Le père de nos pères de Werber.
Un titre qui l'intrigue : Le Japon n'existe pas.
Un titre dont elle aimerait un avis : Un visage pour l'éternité (dans sa PAL depuis au moins 7/8 ans)
Le premier ne me tente pas, le deuxième a déjà été abandonné deux fois, ce sera donc le troisième arrivé depuis peu dans ma PàL grâce à Grizelda.

jeudi 27 juillet 2017

Claire Keegan [2]

A travers les champs bleus / Walk the blue fields
Tout d'abord, lorsque je tiens un volume de l'éditeur Sabine Wespieser dans les mains, je suis sûre de deux choses : la sobriété de l'objet, format, texture, typographie, sans défaut, ensuite la garantie d'une oeuvre de qualité car les auteurs publiés sont minutieusement choisis.
Les textes de Claire Keegan plongent dans une atmosphère qui rappelle celle du siècle dernier, pourtant elles sont contemporaines. L'écriture est juste, limpide, sans artifice de langage, mais la langue est belle, travaillée jusqu'à la simplicité, évocatrice. La narration se passe de sentiments ; elle repose plutôt sur l'évocation des faits de telle manière qu'ils montrent les rapports régissant de toute éternité la vie des hommes : labeur, convoitise, filiation, transmission. Il s'en dégage une sorte de fatalisme immémorial. 
J'ai déjà lu Les trois lumières (2011) et si j'ai dû me séparer du roman - emprunté - j'ai acheté rapidement ses deux autres titres traduits : L'antarctique (2010) et celui qui fait l'objet de ce challenge.
Indubitablement, les nouvelles de ce recueil creusent la même veine où rudesse paysanne et mutisme des sentiments se côtoient sans parvenir à se rencontrer. Une petite dose de Claire Keegan suffit à produire l'enchantement de la lecture, pourtant la force des tensions qui traversent le récit montrent que sous les apparences de " bon voisinage " les évènements sont souvent dramatiques.
La mort lente et douloureuse (résidence /vengeance d'artiste) Le cadeau d'adieu (inceste, exil) A travers les champs bleus (la force d'une vocation) Chevaux noirs (rupture) La fille du forestier (talent de conteuse) Près du bord de l'eau (Texas, convenances) Renoncement (vie rangée, le brigadier volage) La nuit des sorbiers (une femme libre)

Extrait d'interview par La ruelle bleue
J’écris du point de vue des personnages que je mets en scène dans une histoire donnée et j’écris tout ce qu’il est nécessaire à ces personnages et à cette histoire pour exister. J’oublie alors que je suis un écrivain. Je deviens quelqu’un d’autre : je suis Martha [ndlr : in La fille du forestier], ou la femme sur l’île d’Achille [ndlr : in La mort lente et douloureuse], ou l’homme saoul dans « Chevaux noirs », ou bien encore l’homme qui dort au côté de la femme dans « La nuit des sorbiers »…  J’essaie de ne jamais prendre parti non plus. Mon travail, c’est d’imaginer ces personnages, leurs vies, de les animer. J’essaie juste d’écrire ce qui leur arrive.[...] Je pense que la narration doit nécessairement rester sur un mode suggestif et ne jamais s’aventurer sur la terre ferme des assertions. C’est essentiel afin d’ouvrir tout le champ des possibles. L’affirmation annihile tout. Si vous êtes catégorique quand vous écrivez, alors vous n’offrez pas au lecteur la possibilité du contraire et le privez ainsi d’une tension indispensable à fertiliser l’imagination. Ainsi, si une chose est vraie, alors son contraire peut l’être aussi. C’est la fameuse théorie de l’iceberg… Je pense en effet que le genre de la nouvelle est un genre qui fait la part belle à la suggestion. Et c’est justement toute la complexité de la chose ! »

Les trois lumières
Le titre, rencontré plus d'une fois sur vos blogues, m'avaient intriguée. Le challenge de Calypso me donne l'occasion de découvrir ce très court texte de Claire Keegan inscrit dans ma LàL.
Une petite fille à l'âge indéterminé (sans doute moins d'une dizaine d'années) est l'héroïne de cette histoire. Elle est l'aînée d'une fratrie apparemment déjà trop nombreuse. Sa mère, de nouveau enceinte, est débordée et l'argent manque, même si le père ne veut pas l'admettre. La fillette est laissée aux soins d'un couple sans enfant, apparenté au côté maternel. Peu affectueux, son père la conduit sur place mais ne s'attarde pas. Les Kinsella se montrent immédiatement attentifs à procurer à la petite un environnement chaleureux et la traitent comme leur fille. Au bout de quelques mois, à l'annonce de la rentrée, alors qu'il faut bien faire retour à la maison, c'est un déchirement.
Il y a énormément de non-dits dans ce texte qui méritera une nouvelle lecture dans quelque temps. Je suis sûre d'être passée à côté de certaines choses. Très factuel, allusif et plein de pudeur, il évoque des sentiments qui se montrent mais ne se disent pas. La détresse de cette enfant qui a trouvé des parents adoptifs selon son coeur mais doit leur être arrachée et réciproquement est au coeur du roman.
Lu le 15 juillet 2013

samedi 15 octobre 2016

Destockage de PàL en duo // 2

Je poursuis l'aventure avec Amarüel, nous partons avec 60 points acquis au cours de la session précédente.
Sa présentation et ses choix
Thème 1 : La Nuit des Quintanelles de Pascale Perrier (France)
Thème 2 : Strate-à-Gemmes de Terry Pratchett
Mes choix :
Thème 1 : Cet été là de William Trevor qui se passe en Irlande
Thème 2 : Les hommes cruels ne courent pas les rues de Katherine Pancol

L'article du challenge  Destockage de PàL en duo
Les règles
► Chaque édition comportera 2 sessions de 2 mois, le challenge durera donc 4 mois
► Le challenge se joue en duo ! Chaque participant devra ensuite choisir dans sa propre PAL un livre qu’il devra lire et commenter (chronique ou avis sur le forum) dans le temps imparti selon des thèmes imposés :
      ♦ session 1 : 2 thèmes sont proposés, le participant pourra choisir soit l’un des 2, soit les 2. Pas de joker. Chaque thème rapporte un nombre de points déterminés. Attention, 2 thèmes, 2 livres !
      ♦ session 2 : pas de thème, le participant choisit dans sa propre PAL le livre de son choix
Les thèmes
► Session 1 : Juillet - Août 2016
Thème 1 - Un pays à l’honneur : l’action doit se dérouler dans un pays de la communauté européenne
Thème 2 - Choisir un livre avec titre original genre Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ou Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage
► Session 2 : Septembre - Octobre 2016
Choisissez dans votre PAL le livre de votre choix

Binôme Volsted Gridban au rapport

Seconde partie de session :
Par jeu, j'avais inscrit plusieurs fois le même titre de différents auteurs dans un questionnaire de swap et j'ai été exaucée : sans tarder je lis donc le deuxième de cet envoi
Cet été là de Véronique Olmi. Prix des maisons de la presse 2011
Trois couples se retrouvent sur la côte normande pour fêter le 14 juillet. Leurs habitudes sont solidement ancrées : les hôtes, Denis et Delphine, présentent toutes les apparences de la réussite sociale, Lola toujours accompagnée de son amant du moment illustre le refus de l'engagement durable, Marie et Nicolas, ami de longue date avec Denis, forment un couple uni en dépit des difficultés professionnelles.
Mais sous l’insouciance trompeuse des plaisirs d'été et des repas entre amis, la parenthèse fragile de cette belle harmonie est menacée : Dimitri un jeune inconnu qui tourne autour de l'adolescente de la maison et pourrait même cacher un but encore plus inavouable, incarne subitement tous les risques ...
Une bien belle lecture, faussement légère, qui amène sans en avoir l'air des réflexions sur les apparences, la réussite, le couple, l'amitié, etc

Thème 2 : un titre original
Cruelle déception avec ce roman de Katerine Pancol une auteure dont j'entendais tant de bien que ma PàL contient aussi Les yeux jaunes des crocodiles. Je n'ai pas été capable d'apprécier si le style pouvait me plaire ou non et j'espère donc me faire une meilleure opinion grâce à une seconde lecture.
En premier lieu je n'attendais pas un récit autobiographique mais une sorte de roman humoristique, léger, citadin et féminin. La narratrice revient sur un deuil inachevé suite à la mort (récente) de son père et dévoile un complexe d'Electra persistant qui l'entraîne dans la recherche de relations amoureuses sans cesse vouées à l'échec.
A la place du divertissement attendu, j'aurais pu trouvé matière à m'intéresser aux remarques de l'auteur sur la vie à New York qu'elle semble connaître comme le fond de sa poche. Hélas, j'ai trouvé ce roman larmoyant, assez répétitif, ennuyant, et même déprimant.
En conclusion, passée la première et agréable surprise de style, j'ai trouvé le roman bien moins original que le titre ne le laisse supposer.
J'ajoute pour enfoncer le clou que je déteste les couvertures de la réédition Points dans laquelle je l'ai lu : donc je préfère montrer celle ci-contre.
Lu le 9 août 2016 dans le cadre du challenge Destockage de PàL en duo : Amarüel et XL| Volsted Gridban, pour le thème 2 : Choisir un livre avec titre original

Thème 1 - Un pays européenn à l’honneur : IRLANDE
Florian Kilderry est le fils unique d'un couple d'artistes fusionnels. Lui même n'ayant jamais trouvé le don dans lequel exceller, il s'est contenté d'exister dans l'ombre de ces deux êtres solaires et fantasques. Dès lors que plus rien ne le rattache à la petite communauté de Rathmoye, il envisage la vente de la maison familiale et l'exil.
Dans les années 1950, il ne se passe pas grand chose aux confins de la ruralité irlandaise. Le décès d'une notable pourtant austère, la riche veuve Connulty, fait figure d'événement et le jeune homme venu par désoeuvrement prendre des photos à l'enterrement est l'objet de tous les questionnements.
Orpheline recueillie par des religieuses, Ellie a d'abord été placée auprès du fermier Dillahan pour le seconder dans les tâches de la basse cour et de la laiterie, avant qu'il ne lui propose de devenir sa seconde épouse par commodité plus que par amour. Dure à l'ouvrage et d'un heureux caractère, Ellie trouve son compte dans cette association sans risques jusqu'à sa rencontre fortuite avec Florian. D'abord, elle repousse son penchant mais ils se recroisent et ils finissent par se rencontrer en secret. Elle est un dérivatif, un intermède de quelques semaines cet été-là alors qu'il vide la maison de son contenu avant de la livrer à des acheteurs. .
Le roman présente une esquisse suggestive de la vie sans relief dans la campagne irlandaise au milieu du siècle dernier. Le portrait moral des personnages, peu nombreux, est tracé avec justesse : leurs actes les décrivent et modèlent l'image collective d'une société austère, laborieuse et sans joie dont toutes les Ellie sont des victimes. Le vieux Orpen Vren, dans son dérangement mental et la vieille demoiselle Connulty, aigrie par une vie d'assujettissement familial, sont les seuls clairvoyants de cette histoire. J'en ai apprécié néanmoins l'ambiance douce amère et j'ai caressé l'espoir d'une rédemption avant la fin qui paraissait pourtant inéluctable.