jeudi 30 juin 2011

Des livres dans sa valise...

Un petit avant-goût de départ suggéré par Le vagabond des étoiles (plus de détails chez lui) :
Vous allez partir en vacances, du moins je l'espère, alors quels seraient les deux livres, que vous avez lu, que vous mettrez d'office dans votre valise !! Le choix est loin d'être évident. Alors, je vous laisse un peu de temps pour y réfléchir, jusqu'au 30 juin, pour faire un petit billet.
Je participe avec deux faux romans qui contiennent des dizaines de références, parce que j'aime rebondir de livre en livre sur de nouvelles envies de lectures...
Déjà chroniqués tous les deux en 2009, j'aurais plaisir à relire :
Une chambre à soi de Virginia Woolf (ça tombe bien car Nane vient de me l'offrir dans le cadre du swap Fais moi Plaisir ! et je vais pouvoir me l'approprier tranquillement) et
84 Charing cross road de Helene Hanff.

mercredi 29 juin 2011

Adèle (Blanc-Sec) et la bête

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec
Je n'ai jamais eu la curiosité d'aller feuilleter cette série de Jacques Tardi, que je découvre, mieux vaut tard que jamais (8 tomes parus à ce jour), dans le cadre du défi Steampunk organisé par Lord Orkan von Deck.
Dans cette bande dessinée qui mélange fantastique et policier, Jacques Tardi rend hommage à la grande tradition de la littérature populaire et du roman-feuilleton : intrigue improbable, rebondissements et coups de théâtre alambiqués, savants fous, fourbes et traîtres de tous poils, tous plus affreux les uns que les autres, flics idiots et détectives en herbe ingénieux...
Adèle, la célèbre héroïne créée en 1976 dans Sud Ouest, partage la vedette avec un Paris début de siècle à l'ambiance belle époque. Petit bout de femme atypique, indépendante et péremptoire, dotée d'une personnalité hors du commun, elle évolue dans un univers mystérieux, peuplé de monstres et d'êtres étranges. Mais dans ce tome initial, ses desseins ne sont pas très clairs : est-elle du côté de l'ordre ou se range-t-elle parmi les crapules ?
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Tome 1, Adèle et la Bête :
L'histoire débute au Muséum d'histoire naturelle du Jardin des plantes un jour de novembre 1911. Un ptérodactyle, surgi mystérieusement dans le ciel de Paris, sème la panique et la mort. L'enquête de police piétine, le gouvernement s'impatiente, la population s'émeut...
Il semble que l'apparition monstrueuse soit l'affaire d'un savant fou.
Pendant ce temps, Adèle qui a kidnappé Edith Rabatjoie et usurpé son identité afin d'obtenir l'invention secrète de son père, donne de curieux rendez-vous.


Madagascar, carnet de voyage

Plus encore que les baobabs géants ou les maki facétieux de la Grande ïle rouge, ce sont les habitants et les traditions malgaches, en particulier l'étonnante coutume du Famadihana, la cérémonie de retournement des morts, qui ont motivé le voyage et retenu l'attention de Bastien Dubois.


Au terme d'un séjour de 10 mois passés à sillonner les routes de l'île en 2007 et à recueillir sons et images d'ambiance, il transforme un abondant carnet de voyage en images animées.
Pour faire découvrir l'extraordinaire diversité de l'île, il n'hésite pas à mélanger les techniques avec beaucoup de liberté et de fluidité.
Abolissant les différences de genre, juxtaposant les formes de la littérature de voyage à celles du jeu video, il réussit un exercice de style original qui l’emporte sur une narration classique.
Les pages prennent vie, se mettent à sautiller au rythme de la bande son, à virevolter sur les routes de Tananarivo à Majunga, à la découverte d'un univers captivant.
Avec l'envie de partager l'atmosphère et le vécu du voyage, il donne à voir un documentaire pitttoresque, à la confection duquel les habitants rencontrés ont participé.
Passant de l'aquarelle à la broderie, du stop motion au caméra-mapping... il plonge le visiteur dans une réalité vibrante, mosaïque de paysages, de scènes de vie et d’anecdotes condensés en douze minutes hors du commun.


Son film d'animation a été sélectionné aux Oscars en février 2011. Mais comme aucun discours ne vaut la découverte en images, pour découvrir des extraits de ses travaux, rendez vous avec sa bande-annonce : Bastien Dubois.

lundi 27 juin 2011

La Barbe bleue - Charles Perrault - Eric Battut - Images d'Epinal

Une lecture dans le cadre de ma participation au challenge Réglons nos contes
Eric Battut a illustré plusieurs autres contes classiques parmi lesquels La Belle et La Bête, Blanche-Neige, La Chèvre de Monsieur Seguin, Peau d'Ane, Le Petit Chaperon Rouge, Pierre et le Loup

Le texte :
Barbe-Bleue a été publié en 1697 dans le recueil Histoires ou Contes du temps passé, ou Contes de ma mère l’Oye, dédicacé à Mademoiselle, nièce de Louis XIV.
Issue de la tradition orale française, on dit la célèbre histoire inspirée de faits historiques (cf. la biographie de Gilles de Rais et Henri VIII). Signé par Pierre Darmancour, troisième fils de Charles Perrault auquel on en attribue plus volontiers la paternité, le texte est retravaillé dans le goût de Versailles. On note en conclusion à cette fable, deux moralités en vers à l'exemple de Jean La Fontaine : Moralité (de la curiosité et de ce qu'il en coûte) et Autre moralité (du mariage, du temps révolu et de la question de qui des deux porte la culotte dans un couple).

L'illustration :
L'histoire de Barbe-Bleue rencontre depuis une quinzaine d’années l’engouement d’illustrateurs contemporains pour la jeunesse.
Eric Battut s'appuie sur la version intégrale d'origine de Charles Perrault. Le texte sans surprise - la re-dite plus que le suspense fait partie de l'univers du conte - résonne encore à mes oreilles par la voix des conteuses de mon enfance :
 "Anne, ma soeur Anne ne vois-tu rien venir ?
-  Je ne vois rien que le soleil qui  poudroie, et l'herbe qui verdoie. "
L'album d'une trentaine de pages, paru chez Bilboquet est de présentation classique, texte à gauche et parfois une petite vignette et illustration pleine page à droite, en quadrichromie : bleu, blanc, rouge et noir.
La technique picturale utilisée est le grattage : un aplat de peinture rouge recouvert de bandes de couleurs, noire, bleue et blanche, qui laisse transparaître une partie du fond en rappel des traînées sanglantes du cabinet interdit. Le château d'un noir massif rayé de lignes de construction blanches accentue la pesanteur du récit, dont l'issue fatale est connue. Le bleu roi du ciel, ni diurne, ni nocturne, ajoute à l'irréalité des scènes et fait écho au bleu de la barbe. Une petite note rouge vif dans chaque tableau pointe le détail qui donne sens à la page : un rouge-gorge, une rose, un étendard, une porte, la clef ensorcelée ! en rouge également, les frères salvateurs (mousquetaire et dragon du roi) interviennent pour tuer le méchant qui s'enfuit dans son habit de dévot austère.
Lu le 24 février 2011

Des explications :
ICI et LA

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Barbe bleue illustré par Jean Pierre Kerloc'h est une lecture dans le cadre du challenge Réglons nos contes
L'illustration :
Avec P'tit Glénat, des Auteurs avec un grand « A » redonnent des couleurs à la littérature jeunesse ! Bien loin de l'enfance de l'art, bienvenue dans l'art pour l'enfance... Le grand classique de Perrault revisité avec élégance et respect. Un pur frisson de terreur... et de beauté picturale !

L'histoire :
Lorsqu'un jour un drôle de bonhomme avec une drôle de barbe bleue descendit de sa grande voiture, le petit village ne s'inquiéta pas. Lorsque le drôle de bonhomme décida de s'installer dans le Haut-Château, une bâtisse de sinistre mémoire où l'on avait assassiné beaucoup de monde, personne ne trouva rien à redire. Mais lorsque l'on vit Barbe-Bleue emménager au château avec une belle blonde aux yeux couleur de ciel, puis une rousse flamboyante, puis encore une splendide brunette, les langues commencèrent à se délier. Il faut dire que lorsqu'elles rentraient dans la grande demeure, aucune de ces jeunes femmes n'en ressortait jamais... Et la vie continua ainsi... jusqu'à ce que Barbe-Bleue demande à épouser une fille du village ! Et là, tout le monde fut soudain très inquiet...

Lu le 27 juin 2011
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L'imagerie d'Epinal
Les références :  LA BARBE BLEUE, Imagerie Pellerin, images d’Epinal n° 700 (apparemment, il existe plusieurs versions)

Les illustrations 
Le procédé d'impression de l'imagerie populaire d'Epinal produit des gravures sommairement colorées de bleu, de rouge et de jaune, en taches disposées essentiellement pour souligner les vêtements. Le personnage de Barbe Bleue et les femmes semblent habillées à la mode contemporaine. Son épée ressemble quant à elle plutôt à un sabre d'abordage ou à un cimetère.
Pour les besoins de la mise en page, le texte est un peu raccourci par rapport à l'original de Charles Perrault, à raison de 16 vignettes par planche, assorties de courtes légendes qui respecte la trame de l'histoire._

Le texte des légendes :
1. Il y avait une fois un puissant seigneur appelé Barbe Bleue qui était si laid et si terrible qu’il était craint de toutes les femmes.
2. Il finit cependant par se faire agréer d’une de ses voisines qui était fort jolie.
3. A bout d’un mois de mariage, Barbe Bleue partit en voyage et en remettant ses clefs à sa femme, il lui défendit de visiter certain petit cabinet.
4. Pendant son absence, sa femme invita plusieurs de ses amies et leur montra ses richesses et ses beaux appartements.
5. Poussée par la curiosité, elle ouvrit la porte du petit cabinet et vit les corps de sept femmes que son mari avait épousées.
6. Ayant laissé tomber la clef dans le sang, elle essaya en vain d’en faire disparaître les taches.
7. De retour de son voyage, la Barbe Bleue voyant la clef tâchée de sang menaça sa femme de la mettre à mort.
8. La pauvre femme courut prévenir sa sœur Anne de monter sur la haute tour pour faire signe à ses frères qu’elle attendait.
9. La sœur Anne monta sur le tour, regarda au loin, mais n’aperçut qu’un nuage de poussièe formé par un troupeau de moutons.
10. Pendant de temps, la barbe bleue tenant un grand coutelas, criait à sa femme : descends vite ou je monterai là-haut !
11. Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir, disait la pauvre femme ? Je vois deux cavaliers, mais ils sont encore loin répondit-elle.
12. La Barbe Bleue se mit à crier si fort cette fois que toute la maison en trembla.
13. La pauvre femme descendit et fut se jeter à ses pieds tout éplorée et tout échevelée.
14. Il faut mourir lui dit-il : puis la prenant par les cheveux, il leva le bras pour lui trancher la tête.
15. Tout à coup la porte vola en éclats, et les deux frères se précipitant sur la Barbe Bleue lui passèrent leurs épées au travers du corps.
16. La Barbe Bleue n’ayant pas d’héritiers, se femme hérita de ses biens, et en profita pour marier sa sœur Anne à un jeune homme qui l’aimait depuis longtemps.

dimanche 26 juin 2011

Lectures BD du mois

London, tomes 1-2 : La fenêtre fantôme et Le carnet volé, Rodolphe et Isaac Wens
La forêt, tome 1, Vincent Perez et Tiburce Oger
Merlin et les légendes celtes + la suite Le logis des âmes
A vida y a muerte
La veuve noire
Jim/Jenna Les arcanes du Midi-Minuit


Les naufragés des abysses

Golden City #8 par Daniel Pecqueur et Nicolas Malfin
Dans l'épisode précédent, le coûteux palais flottant pour milliardaires était en mauvaise posture, aux mains d'un groupe terroriste déterminé et sans scrupules.

Les naufragés des abysses montre la fière cité gisant par 3000 mètres de fond, partiellement éventrée et sans signe de vie apparent. Les équipes de sauvetage parviennent à la localiser et préparent une intervention, mais le dessein des pirates et les causes du naufrage restent obscures.
Un graphisme toujours soigné et efficace, mais un épisode qui s'attache surtout aux personnages secondaires, sans apporter beaucoup d'éléments à l'histoire principale.

jeudi 23 juin 2011

La porte bleue

David Le Roux, quarantenaire, est peintre et enseignant. D'abord fiancé à Nélia, qui a rompu en découvrant sa liaison avec Embeth, une belle métisse qui lui servait de modèle, il est marié à Lydia. Le couple mène une existence bien réglée où chacun suit ses propres occupations.
Il trouve souvent refuge dans un atelier d'artiste éloigné de son domicile et aspire à une vie différente. Grâce au succès de ses toiles, il désirerait peindre à temps complet. Il fait des cauchemars récurrents où il se retrouve séparé de sa famille, dont le véhicule s'éloigne sans qu'il puisse le rattraper.
Un soir, en poussant la porte bleue de son atelier, il trouve une jeune femme de couleur et deux charmants enfants métis, qui semblent vivre là : Sara, Emily et Tommie l'accueillent en père de famille. Infiniment perturbé, il cherche à rejoindre l'appartement où l'attend sa femme mais il se perd dans des ascenseurs qui ne desservent pas les bons étages.
De retour dans l'atelier, il découvre des pièces de vie qui n'existaient pas et un atelier de photographe qu'il devine être celui de Sara " Le Roux ". Sous son regard halluciné, les clichés paraissent changer de place. Lui seul semble s'inquiéter de l'anormalité de la situation.
Pris en porte-à-faux dans une situation kafkaïenne, ne sachant s’il frôle la folie ou s’il touche enfin à la vérité, David se résout à accepter l'inexplicable, l'impossible destin... cette nouvelle vie qui s'offre à lui. Mais que risque-t-il à repasser La porte bleue ?

André Brink propose dans ce récit court mais dense, une très belle histoire sur l'imaginaire, le récit troublant d'un voyage initiatique : un homme, oscillant entre rêve et cauchemars, terreur et fascination, explore sa vie rêvée, ses regrets, ses désirs secrets, ses tabous. Sous ses airs de récit fantastique, à la limite de l'absurde, La porte bleue joue avec l’identité et l’inconscient, mêlant subtilité et perspicacité.
Accueilli dans son atelier par une créature de rêve et deux enfants qui l'appellent papa, David se sent perdre la raison. Quand il cherche à rejoindre son ancienne vie, tous ses repères familiers semblent n'avoir jamais existé. La frontière entre réalité et rêve devient floue et poreuse. Le rythme rapide de l'écriture suit l'évolution des sentiments contradictoires qui s'emparent de lui. L’atmosphère oppressante de ce monde devenu soudainement illogique cohabite avec un aspect fascinant et excitant. Avant de s'en rendre compte, le lecteur s'est laissé prendre à son tour dans cette intrigue obsessionnelle.

Né en Afrique du Sud, André Brink est un représentant du roman afrikaans où il est connu pour ses prises de position contre la ségrégation systématique et la politique d'apartheid. Pour Une saison blanche, il reçoit le prix Médicis étranger en 1980. La porte bleue (2007), son avant dernier roman, est paru chez Actes Sud, ainsi que ses mémoires Mes bifurcations (2009).

mercredi 22 juin 2011

Le 9 ème art à l'honneur sur Babélio

Il y a quelques jours, je vous annonçais le retour de Masse critique, une opération désormais ouverte à tou(te)s, blogueurs ou non blogueurs, à la seule condition d'avoir mis en réseau des chroniques sur Babelio.
Cette fois, les ouvrages provenaient d'une sélection spéciale de bande dessinée ou manga, 98 titres récemment parus proposés par les maisons d’éditions partenaires.
Comme il fallait s'y attendre, les inscriptions, ouvertes le 23 mai 2011 à partir de 8h30, ont été rapidement closes !
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Chroniques Outremers, tome 1 de Bruno Le Floc'h - Dargaud
En pleine première guerre mondiale, les trafics qu'abrite la Méditerranée sont plus nombreux et dangereux que jamais.
Liro Tana est le capitaine d’un cargo qui prend sa part de livraisons secrètes et de cargaisons sensibles. Face aux intérêts des différents belligérants, l'équipage joue double, voire triple jeu ! Turcs, Allemands, Anglais... se voient rejoints dans la course à l'armement par de mystérieux révolutionnaires Sud-Américains…

Beaucoup de demi-teintes, une palette de couleurs restreinte, des contrastes dominants bordeaux/bleu ou ocre/bleu : ce n'est pas mon style de dessin préféré, mais je dois reconnaître que le trait est efficace. Loin d'être pauvre, il parvient à atteindre une réelle intensité dramatique avec une remarquable économie de moyens et une construction rigoureuse de l'espace.
Certaines planches ne contiennent pratiquement aucune bulle, c'est presque une histoire sans parole et pourtant les silences et les non-dits sont éloquents. Cela convient bien à ce monde de marins taciturnes, à ces nationalités aux intérêts divergents qui se côtoient sans s'apprécier. Chaque groupe reste sur son quant-à-soi, faisant assaut de fourberie en attendant son heure et le moment propice pour fausser compagnie aux autres.
Les personnages sont campés sommairement mais avec justesse. Bruno Le Floc'h réussit à engendrer une attente autour des desseins de chacun, notamment le personnage mystérieux du capitaine, ses motivations dans cette guerre et le camp qu'il va choisir de servir en définitive...
En bref, un premier tome prometteur qui me donne bien envie de découvrir la suite.

Pour ma part, je ne m'étais pas résolue à choisir entre deux albums, également proches du milieu maritime, et ma chance va faire des envieux puisque je devrais recevoir également, grâce aux éditions Dupuis que je remercie, Les aventures d'Esteban, tome 3 La survie par Matthieu Bonhomme.

mardi 21 juin 2011

Nouveau challenge SF : Space ou Planet-opera

Du côté du RSF Blog de Lhisbei, un nouveau challenge estival se tient du 21 juin au 22 septembre.
Pour participer à ce nouvel épisode du Summer Star Wars c'est très simple : il suffit de lire un ou plusieurs livres ou BD ou nouvelles estampillés Space-opera ou Planet-opera pendant l'été et de les signaler par le logo et/ou un lien vers le site.
Un récapitulatif des lectures est proposé chaque mois.
Pour ma part, je suis inscrite en spécialité BD !

Brume et autres nouvelles du Prix Hemingway 2010

Créé en 2004, ce prix annuel a pour objet de récompenser un auteur déjà publié pour une nouvelle inédite en rapport avec la culture taurine. Les éditions du Diable Vauvert proposent chaque année, en prime du lauréat, une compilation des meilleurs textes.
Construites autour du vocabulaire et de l'imaginaire de la tauromachie, les seize nouvelles du recueil 2010, illustrent la diversité des thématiques abordées : la mort évidemment, sous des visages très divers, le pouvoir également, mais aussi la vieillesse, la parentalité, la sexualité...
Je ne m'attendais pas du tout à une telle richesse d'inspiration, même si l'essai de Roland barthes paru dans Mythologies m'avait déjà fait revenir de mes préventions contre la cruauté barbare de l'acte de toréer.

Difficile de ne pas les citer toutes, voilà celles qui m'ont le plus touchée par le style ou par l'histoire :
  • Jean-Paul Didierlaurent, lauréat 2010, Brume (euthanasie)
  • Catherine LE GUELLAUT, Orange Désiré (innocence)
  • Denis DELOUBES, Cojones de fuego (bravoure)
  • Tierry GIRARD, Les spermatoroïdes (enthousiasme)
  • François BANNIER, Le kit feria (drôle de mousquetaire)
  • Philippe LAIDEBEUR, La dernière Estocade (corrida conjugale)
  • Séverine GASPARI, De mémoire d'anciens (corrida primale)
  • Anne-Marie SCHALLER, La double peine (hérédité/maternité)

dimanche 19 juin 2011

Canoë bay

Tiburce Oger et Patrick Prugne conjuguent leurs talents dans une pure merveille dont voici  quelques planches. D'abord parce que Tiburce Oger explore un thème peu usité : les premiers temps des futurs Etats-Unis, non point du côté vu et revu des pionniers du Far West, mais plutôt tourné vers la côte Est et les premières colonies franco-britanniques.
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Jack, un jeune acadien, fils d'Anne Labrune, morte en couches et de père inconnu, se retrouve enrôlé de force dans la marine marchande britannique. Il est, parmi des milliers, une victime du “Grand dérangement”, épisode douloureux de l’histoire américaine, au cours duquel les anglais déportèrent les habitants de l’Acadie vers leurs colonies de la côte Atlantique. Canoë Bay retrace l’histoire de cet enfant soumis au terribles conditions de la vie sur le “Virginia”, dont l’équipage, composé d’anciens bagnards emmenés par le bien nommé “Lucky Roberts”, alias John Place, se mutine bientôt. Devenus pirates, ils devront apprendre à se méfier des Anglais, des Français, et de quelques “faux” frères de la côte, prêts à vendre les leur pour quelques doublons ou pour échapper à la corde.
Sur fond de piraterie et de découverte du nouveau monde, une magnifique aventure humaine attend Jack, l'héritier du fameux pirate Jack Rackham, Andrew orphelin comme lui et fugitif de surcroit, et Angela, la fille de Lord Princelton, enlevée lors de l'abordage du navire de son père, pour servir d'otage et de monnaie d'échange, mais qui finit par se joindre aux deux jeunes garçons.
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Le cahier attaché à l'album montre l'énorme travail de préparation de Patrick Prugne. Il dit s'être inspiré de Robert Griffing ou Don Troiani, pour les affrontements entre Anglais et Français qui menèrent à la guerre de sept ans et entraînèrent les tribus indiennes, en fonction de leurs rivalités ancestrales, dans des alliances de part et d'autre. Je lui trouve un talent digne des planches navales de Pierre Joubert. La technique, de magnifiques marines à l'aquarelle qui rendent si bien l'ambiance des grands voiliers transatlantiques et la vie à bord et des personnages, hauts en couleurs, officiers de la marine de guerre, Français et Anglais, pirates chasseurs de trésors, réfugiés dans les Antilles portugaises ou espagnoles, mais aussi indiens, Hurons et Iroquois, font de cet album un voyage spatio-temporel aux temps héroïques de la marine à voile et de la guerre d'indépendance.

à lire également, une autre histoire de piraterie mettant en scène trois adolescents : Barracuda 1, 2 et 3 : Esclaves

samedi 18 juin 2011

Je lis aussi des nouvelles numériques

Le Bélial propose régulièrement des nouvelles à lire en ligne ou à télécharger gratuitement.

Le goût du sang de Michel Pagel
Dans la galaxie, vampires et humains se côtoient avec plus ou moins de tolérance. Les relations se sont sensiblement améliorées depuis que les produits sanguins synthétiques permettent aux uns de se nourrir sans danger pour la population humaine, qui de son côté peut choisir d'accéder à l'éternité grâce à la transvitation. Le narrateur a mis au point un procédé qui permet aux morts-vivants de renouer avec l'ivresse. Pourtant, rien n'égale à leur sens le vrai goût du sang. Il retrouve un ami de longue date perdu de vue, qui lui raconte une mésanventure amoureuse survenue avec une belle et jeune humaine gorgée de cuisine espagnole.
Jubilatoire !

mercredi 15 juin 2011

Contes du cheval bleu

Irène Frain recueille pour sa fille Hélène les légendes du patrimoine breton : au programme, des histoires fabuleuses de marins et de sirènes.
Tome 1 : Diableries et vaisseaux fantômes
Tome 2 : Les jours de grand vent
Les contes de ce second tome, repris d'après des récits traditionnels de marins bretons, disent les fées et les monstres, mais aussi l'origine des vents ou du sel de mer.
Lu le 15 juin 2010
Aux temps anciens, les fées peuplaient les îles de la mer. En ces temps-là, la mer était douce et l'on pouvait la boire comme l'eau des fontaines. Sous les vagues vivaient des créatures merveilleuses. La nuit, s'il faisait lune, elles chantaient des choses tendres, de longues chansons d'amour, pour toucher le cœur des jeunes hommes. Sur les lointains rivages où les marins bretons dirigeaient leurs vaisseaux, ils rencontraient parfois des géants redoutables.

jeudi 9 juin 2011

Le blog d'Arnold (Quelque chose en lui de Bartleby)

Arnold Spitzweg est un modeste employé de poste. La routine de son travail, de ses promenades dans Paris et son deux-pièces au 226 rue Marcadet lui donnent satisfaction. Il n'aime pas se mettre en avant, préfère l'anonymat de la capitale à la curiosité provinciale des villages et ne semble pas fait pour les extravagances.
Un jour pourtant, il découvre l'informatique et se met à rédiger de courtes chroniques sur un blogue dont le nom est un programme en soi :  http://www.antiaction.com/.   A contrecourant des modes, il raconte son bonheur sincère dans l'accomplissement ou la contemplation des gestes simples, la répétition de rituels anodins. Les lecteurs, lectrices surtout, sont au rendez vous et s'enthousiasment pour cette préférence affichée du " ne pas faire ", au profit du regard intimiste porté sur les choses, avec calme et volupté.
Devenu un phénomène dont parlent les media, son blogue attire l'attention sur lui, à sa surprise déconcertée, puis son contentement légèrement désapprobateur, son dépit enfin.
Le titre trouve son explication à la page 51. Bartleby le scribe est un personnage de Herman Melville, qui refuse les contraintes, les rèles, préfère rester en retrait pour contempler le monde et dont la phrase préférée : « Je préfère pas » (I'd prefer not to), a fait couler beaucoup d'encre :
« Qu’entendez vous par là ? Etes-vous dans la lune ? Je veux que vous m’aidiez à collationner ces feuilles, tenez. » Et je les lui tendis.
« Je préférerais ne pas » dit-il.
Je le regardai fixement. Son visage était émacié ; dans son oeil gris régnait une vague placidité. Aucune ombre d’agitation n’en troublait la surface. Y’aurait-il eu dans ses manières la moindre trace de malaise, de colère, d’impatience ou d’impertinence, en d’autres termes, y’aurait-il eu quoi que ce soit d’ordinairement humain, je l’aurais, sans doute aucun, chassé avec violence de mes bureaux. Mais, en l’occurrence, c’est plutôt le pâle buste de Cicéron en plâtre de Paris que j’aurais songé à jeter par la porte.
Je voulais lire depuis longtemps La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules. Je découvre finalement Quelque chose en lui de Bartleby dont le style m'enchante. Je crois que l'un ou l'autre se valent pour faire connaissance avec la plume de l'auteur, son art de mettre en lumière des détails insignifiants. Poète du quotidien, il semble se glisser dans le cours du temps sans chercher à en entraver la course, cueillant au passage des instants de bonheur légers, si fugaces qu'ils passeraient presque inaperçus. Arnold Spitzweg, dans sa façon de poser le regard, vraiment, est un peu l'incarnation de l'auteur lui-même.
Un livre agréable, rapidement lu, dont je ne garderai pas forcément la trace dans ma bibliothèque, mais qui me donne envie, à la suite de cette première incursion dans l'univers de Philippe Delerm, de revenir le lire un de ces jours

mercredi 8 juin 2011

Ils reviennent

Ils sont d'une bêtise crasse, d'une méchanceté incurable, désastreux, bornés et machistes, pourtant j'ai adoré leurs trop courtes aventures !
Les Mauvais Aliens de Vatine et Blanchard, parus en feuilletons dans Le triangle rouge, reviennent en album... Il me le faut !

Compteur à 5000 !

Coucou,
ça serait sympa que la personne qui affichera la  5000ème page visitée me laisse un petit commentaire. Merci !

Le 31 mai 2011 à 15:45 heure locale (GTM +2), c'est Sabine ma swappée de RisB qui gagne un livre à choisir dans ma liste d'échange sur Babélio.

dimanche 5 juin 2011

Mama cool

Persuadée que " La mère parfaite n'existe pas ! " Marie-Julie Gagnon  a décidé pour sa part d'être une " Mama cool ", envers et contre l'avis des multiples censeurs et donneurs de conseils.
Dans ce livre issu de ses chroniques en ligne, elle partage avec un sourire complice, les péripéties de son quotidien depuis la naissance de sa fille. Les courts chapitres racontent l'alternance des tracas d'organisation, quand il faut apprendre à jongler avec l'emploi du temps d'une mère de famille et le télétravail et de l'émotion intense des " premières fois " avec Petit Trésor.
sympathique à petites doses

samedi 4 juin 2011

La libraire a aimé

 Depuis plusieurs mois, Corinne et Paul se retrouvent dans un café chaque soir à 19h30, pour boire deux verres de whisky, rarement plus, et échanger sur leurs lectures du moment. Ensuite, ils partent chacun de leur côté et continuent d'ignorer les détails de leur vie, hormis leur métier et leur inclination commune : ils sont libraires et se sont rencontrés sur un salon.
Cette routine semble leur convenir. Un soir pourtant, Paul n'est pas au rendez-vous ; il ne reparaît ni à son lieu de travail, ni à son domicile. Corinne, qui s'était promis de ne plus aimer après une séparation douloureuse, réapprend l'absence, le manque, l'ennui, le vide. Au cours d'une exposition photographique, elle croise le portrait d'un " visage mort " qui ressemble à son ami disparu et comprend qu'elle ne doit pas abdiquer. En quête de Paul, elle accepte de sortir du confort des livres, fait des rencontres qui l'amènent à reprendre pied dans la réalité et connaît une renaissance à la vie.
Le récit débute par l'observation d'un narrateur/voyeur qui a remarqué le manège régulier de ce couple à la terrasse du café ; il cède bientôt la place à son personnage et c'est Corinne exprime ensuite, directement et assez égoistement, son long cheminement intérieur vers la prise de conscience. Paul, bien que présent en filigrane, est très en retrait : il est objet plus que sujet et son avis, son ressenti sont peu abordés. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il ne s'agit pas de parler de livres, mais d'images mentales : l'auteur fantasme sur une femme qui fantasme sur un homme...

J'ai découvert La libraire a aimé, premier roman de Sophie Poirier paru chez Ana éditions, par hasard dans les rangées de la bibliothèque, avant de lire qu'il a suscité de nombreux commentaires dans la blogosphère. Un peu courte pour un roman, sans être assez concentrée pour une nouvelle, l'histoire laisse beaucoup de questions en suspens. Mais le mieux, si vous voulez en savoir plus, est de rencontrer l'auteur chez elle.