mardi 31 juillet 2018

Laura Kasischke [2]

Voyage des thés : couleur verte

J'ai lu  avant le challenge :
Le roi vert de Paul Loup Sulitzer
Contes de la fée verte de Poppy Z Brite
La femme en vert d'Arnaldur Indridason
Kaïken (ci-contre)

Je pourrais lire (dans la PàL ou dans la WL)
Beignets de tomates vertes
Soleil vert
Le pays du dauphin vert
VERT histoire d'une couleur
La jument verte



Première lecture
Des contes et légendes bretons centré sur Belle Ile en Mer
dans une collection spécialisée (il est parti pour le swap Marathon de lecture du mois de juillet : une lecture d'évasion)

Seconde lecture
La couronne verte de Laura Kasischke

Véritable rituel, les vacances de printemps marquent le passage à l'âge adulte pour les élèves de terminale aux États-Unis. Quittant pour la première fois le nid familial, ils partent une semaine entre amis dans un cadre exotique. Face à l'insistance de leur amie Terri, Anne et Michelle renoncent à la croisière dans les Caraïbes qu'elles avaient prévues et lui préfèrent les plages mexicaines. En dépit des mises en garde maternelles, Anne et Michelle acceptent d'aller visiter les ruines de Chichén Itzá en compagnie d'un inconnu. Cette expérience les entraînera bien au-delà de la simple découverte culturelle, pour leur plus grand malheur...
Ce roman distille l'angoisse depuis les premières pages. Déjà ma précédente lecture de l'auteur (En un monde parfait) donnait cette impression allant crescendo de désastre imminent. J'aime beaucoup son écriture. Le sujet m'a plus gênée et je ne suis pas sûre d'avoir totalement compris la solution de l'énigme posée par la disparition d'une des trois amies, ni d'ailleurs le rapport entre l'histoire et le titre. L'histoire est totalement dérangeante car elle repose sur une sorte de légende urbaine, la peur atavique du rapt et les recommandations de toutes les mères du monde à leurs filles face à ce risque intériorisé génération après génération.
Lu le 6 août 2018
dans le cadre du défi des 4 AS • Session 3 - Défi 2
Vous prendrez le chiffre de votre date de naissance et lirez le livre du rang en question de votre liste à lire sur LA


lundi 30 juillet 2018

Voyage des thés : couleur verte

J'ai lu  avant le challenge :
Le roi vert de Paul Loup Sulitzer
Contes de la fée verte de Poppy Z Brite
La femme en vert d'Arnaldur Indridason
Kaïken (ci-contre)

Je pourrais lire (dans la PàL ou dans la WL)
Beignets de tomates vertes
Soleil vert
Le pays du dauphin vert
VERT histoire d'une couleur
La jument verte



Première lecture
Des contes et légendes bretons centré sur Belle Ile en Mer
dans une collection spécialisée (il est parti pour le swap Marathon de lecture du mois de juillet : une lecture d'évasion)

Seconde lecture
La couronne verte de Laura Kasischke
Ce roman distille l'angoisse depuis les premières pages. Déjà ma précédente lecture de l'auteur (En un monde parfait) donnait cette impression allant crescendo de désastre imminent. J'aime beaucoup son écriture, mais je n'ai pas compris le rapport entre l'histoire et le titre.

samedi 28 juillet 2018

Challenge : une trilogie pour l'été

C'est parti pour la 39ème session avant notre pause estivale et le challenge "Trilogie".
Voici la contrainte :
Tous les mots du titre devront donc être au féminin (quand c'est possible). 
Date de remise des copies : 12 juillet, mais le challenge "Trilogie" commencera avant !

Un genre, un titre, de multiples possibilités :
La vallée des roses
La femme qui se cognait dans les portes
etc

Les vacances sont synonymes de soleil, de voyages, de découvertes, mais aussi de lectures. En tout cas, pour moi, c'est comme ça. Pourquoi ne serait-ce pas le moment de se lancer dans une trilogie ou dans une série  ou lire trois livres du même auteur ? Vous avez trois possibilités pour participer à ce challenge estival. 
Ce challenge se terminera le 9 septembre (pour les retardataires) et "Lire sous la contrainte" reviendra à cette date sur le blogue de Phildes

Les enfants de Poséidon d'Alastair Reynolds au complet et des couvertures que je ne me lasse pas de contempler

les enquêtes siciliennes d'Andrea Camilleri


jeudi 26 juillet 2018

Un visage pour l'éternité - Till we have a face

Tour du monde : IRLANDE

Décidément, les reprises fantasy tirées de la mythologie antique ou médiévale ne me réussissent pas en ce moment ! Je n'ai déjà pas tellement accroché à Tempête d'une nuit d'été (développement du thème d'Obéron et Titania d'après Shakespeare) qui m'avait pourtant bien tentée.

A l'identique, Un visage pour l'éternité : un mythe réinterprêté, inspiré de la légende de Psyché et Eros, m'a semblé confus, poussif et ennuyeux. Pourtant, le résumé partait bien :
Le roi de Glome a trois filles. L'aînée, Orual, est fort laide, et porte une affection démesurée à Istra, la benjamine, la plus belle et la plus douce créature de ce royaume barbare.
Le récit d'Orual, reine de Glome et soeur aînée de la jeune vierge livrée au Monstre de la Montagne, est un long réquisitoire contre les dieux et la crédulité des hommes envers les mystères.
Je l'ai abandonné dans une boîte à livres pour lui donner une seconde chance. Pour ma part, vu que C. S. Lewis est également l'auteur des Chroniques de Narnia et que je n'ai pas aimé le film, je ne lirai donc pas le livre qui attend dans ma PàL.







LDPA  # 19 :
La gestion du Challenge Livra'deux pour pal'addict a été reprise par Mana 



Je fais toujours équipe avec l'auteur du blogue Les tribulations d'Amarüel et elle me propose :
Lu et aimé : Le père de nos pères de Werber.
Un titre qui l'intrigue : Le Japon n'existe pas.
Un titre dont elle aimerait un avis : Un visage pour l'éternité (dans sa PAL depuis au moins 7/8 ans)
Le premier ne me tente pas, le deuxième a déjà été abandonné deux fois, ce sera donc le troisième arrivé depuis peu dans ma PàL grâce à Grizelda.

mercredi 25 juillet 2018

Garden of love

Marcus Malte publie Garden of Love en 2007 chez Zulma. Le livre est distingué par de nombreux prix littéraires dont le Grand Prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres, le Prix Michel Lebrun, le Prix Cannes Polar, le Prix Sang d'encre des lycéens, le Prix Millepages, le Prix Cœur noir de Saint Quentin en Yvelines et le Prix des Lectrices de Elle 2008, catégorie Policier.
Magicienned'Oz m'a offert le Folio dédicacé par l'auteur et accompagné d'un marque-page. Je suis touchée par l'attention mais cela ne m'a guère aidée à entrer dans l'univers tourmenté de ce thriller qui joue avec la perversion et la folie. Alexandre Astrid, un flic à la dérive, reçoit par la poste un manuscrit anonyme qui porte le titre de Garden of love. Très vite piégé par le texte, il y reconnaît le récit de sa propre vie, dans une version dévoyée qui le renvoie à ses plus insupportables remords et joue impitoyablement avec ses nerfs.

Marcus Malte, Cocotte : cauchemars morbides d'une ancienne barbouze

lundi 23 juillet 2018

Toxique


Les mères de chérubins auxquels Marie-Thomas s'intéresse passionnément n'ont qu'une chose à faire : bien se tenir... et surtout à l'écart de cette femme volontiers insignifiante qui s'occupe de leurs petits anges à l'école maternelle.

Dans l'homicide d'une directrice d'école, suivi d'un suicide sous une rame de métro, le commissaire chargé de l'enquête décèle un malaise plus profond. Le responsable du centre aéré, que tout accable dans cette affaire apparemment limpide, n'avait rien d'un violent, ni d'un dépressif.

samedi 21 juillet 2018

J'ai vu

Parvana, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey, réalisatrice irlandaise du dessin animé Brendan et le secret de Kells, raconte cette fois une histoire contemporaine et réaliste qui se déroule en Asie centrale.

mercredi 18 juillet 2018

Des poupées bizarres en couverture

Serpents et piercings
Hitomi Kanehara dresse le portrait d'une jeunesse à la dérive, en quête d'une étincelle de vie, quels qu'en soient le prix ou les moyens. Bien qu'elle s'inscrive dans la lignée de Ryû Murakami, j'ai été moins choquée qu'à la lecture de Bleu presque transparent. Pourtant...
Une langue fendue en deux comme celle d'un serpent : quand Ama a ouvert la bouche, Lui s'est sentie parcourue d'un frisson comme elle n'en avait jamais éprouvé. En tombant amoureuse de ce jeune punk, elle va découvrir un monde obscur entre violence et désir. Mais l'automutilation est un voyage sans retour. Piercings, tatouages, sexe et pulsions morbides, Lui va peu à peu perdre tous ses repères au contact de la faune trouble des bas-fonds de Tokyo.
La couverture plus dérangeante qu'autre chose, même si elle reste très esthétique est l'oeuvre de Trevor Brown.

Le toutamoi
Je n'ai pas beaucoup accroché aux enquêtes du commissaire Montalbano. Dans ce roman, Camilleri s'éloigne de la facilité et de ses habitudes siciliennes et s'aventure loin de son genre de prédilection pour explorer un registre beaucoup plus trouble. Je me suis laissée tenter par l'ensemble prometteur du titre, de la couverture et du résumé, dont l'ensemble parvient à évoquer une atmosphère de possession.
Arianna et Giulio forment un couple fusionnel. Ce qu'il ne peut lui offrir, il accepte qu'elle le trouve auprès de jeunes gigolos et même, il lui organise des rencontres, à l'unique condition qu'elle ne retrouve jamais ses partenaires plus d'une seconde fois. Tout va pour le mieux jusqu'à Mario. Plus jeune ou moins professionnel que ses prédécesseurs, il refuse d'honorer sa part du marché. Son insistance à exiger de la revoir déclenche une spirale désastreuse.



Liste à lire
L'écorchée de Donato Carrisi
Mother Feeling de Michel Chevron











Amorcé dans le cadre du jury policier, le partenariat Babelio-Seuil se poursuit. J'ai déjà eu la chance de lire Les leçons du Mal de Thomas Cook. Après avoir découvert en avant-sortie les premières pages d'un suspense insoutenable de Trois semaines pour dire adieu de C.J Box, j'avais bien hâte de le recevoir !
Trois semaines pour dire adieu en LC avec Canel (-) et Sophie (-)
Etudiant assez insignifiant, Jack a osé tomber amoureux et parvenir à épouser Melissa, une des filles les plus charismatiques du campus. Ils forment un jeune couple sympathique et sans histoire, très middle class américain. La seule ombre à leur tableau, après plusieurs années d'un bonheur sans nuage, est l'infécondité de leur union. Ils se sont décidés à adopter et Angelina, une jolie petite fille, abandonnée par sa jeune mère de 16 ans, est arrivée dans leur foyer depuis neuf mois. Mais leur routine insouciante explose lorsque l’organisme chargé du dossier d’adoption leur apprend que le père naturel n'a pas signé de renonciation à la paternité. Le jeune homme de 19 ans, Garrett Moreland, bon-à-rien notoire mais fils d’un juge fédéral influent, réclame à présent des droits sur l'enfant.
Le juge et grand père paternel leur signifie un ultimatum : ils n'ont que Trois semaines pour dire adieu avant de se séparer de la petite fille. Il ne leur laisse pas le choix, semble-t-il. Pourtant, refusant de céder et de se laisser reprendre leur enfant, Jack et Melissa se penchent sur la vie et le passé du juge pour trouver une faille dans sa cuirasse de respectabilité. Aidés par deux amis qui n'ont pas froid aux yeux, ils vont tout mettre en oeuvre pour faire éclater l'indignité morale des Moreland Père et fils.
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Cette histoire de lutte du pot de terre contre le pot de fer est magistralement menée par C. J Box. Dans cette sombre machination, seule la chute manque un peu de crédibilité (mais pas de spoiler ici...) Le lecteur, de tout coeur avec les parents dépossédés, est tenu en haleine de bout en bout ; ulcéré par l'ignomie du magistrat et le comportement délinquant de Garett, il ne peut que leur souhaiter la correction qu'ils méritent. C'est assez saignant du début à la fin, mais je suis bon public pour ce genre de polar musclé et j'ai plutôt apprécié le côté Dirty Harry : c'est tout le contraire dans les films, je déteste les scènes pleines d'hémoglobine !!
Lu le 17 juillet 2011 le

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50 états, 50 billets 3/50
COLORADO

samedi 14 juillet 2018

Le pont des anges

Le roman de Joseph Ouaknine est un livre jeunesse, ce qui m'a d'abord déroutée parce que j'avais cru à la couverture d'un manga. Surprise passée, le premier tome de la collection Dectivarium se révèle une lecture de qualité. Un gamin charismatique et débrouillard, un peu à la manière des jeunes héros d'Hector Malot se retrouve presque par hasard en possession d'une tablette magique qui lui ouvre les portes de la toute puissance. Loin d'en faire mauvais usage, Guillaume décide de mettre toute son énergie dans la recherche de la vérité et de la justice au sujet de l'incendie criminel qui l'a rendu orphelin.

dimanche 1 juillet 2018

Amélie Nothomb des années 2010 [5]

challenge belge 4 et 5/12

Ah ! Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie
C'est là qu'est la pitié, la souffrance et l'amour
C'est là qu'est le rocher du désert de la vie,
D'où les flots d'harmonie,
Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour.
A mon ami Edouard Boucher (peintre), Premières poésies d'Alfred de Musset

Marie, déjà enceinte, épouse à 19 ans le meilleur parti de sa ville. Pourtant, à la naissance de Diane, insatisfaite de sa condition, elle ne ressent aucun instinct maternel. Célia, la cadette, est l'objet d'un amour fusionnel. L'une et l'autre vont faire le choix de quitter le foyer familial. Brillante interne en chirurgie cardiaque, Diane reconnaît en Mariel, la fille de son professeur, mentor et amie, son enfance gâchée par la jalousie maternelle.
Amélie Nothomb évoque avec le ton juste la toxicité de relations mère-fille qui ne dépareraient pas le tableau fait par Claire Castillon dans Insecte.
Lu le 1er juillet 2018

  • Riquet à la houppe (2016)
  • Le crime du comte Neville (2015)

Je renoue avec le plaisir des meilleurs romans d'Amélie Nothomb et pour une fois, l'auteur donne à Pétronille une vraie fin, inopinée et pourtant amenée avec une telle logique.
Le thème du double inversé est de nouveau traité, dans cette histoire ambigue d'amitié dangereuse et de domination.
Quelques séquences sont mémorables et/ou déconcertantes, comme l'interview londonienne (je laisse ceux qui vont lire la découvrir), le séjour au désert ou la station de sports d'hiver. Encore mieux que dans Le fait du prince, l'éloge des grands champagnes sert de fil rouge à ce roman.


  • La nostalgie heureuse
Barbe bleue
Saturnine,en remplacement à l'école du Louvre, est à la recherche d'un meublé, alors qu'elle trouve l'annonce d'un vieil aristocrate espagnol qui propose une chambre tout confort dans son luxueux hôtel parisien du VIIème arrondissement. Les huit co-locatrices qui l'ont précédée portaient chacune un prénom en -i.n.e. auquel il a associé un vêtement de la couleur qu'il leur a dédiée. Toutes ont disparu dans d'étranges circonstances après avoir enfreint l'interdiction expresse d'entrer dans le petit laboratoire du maître de céans. Le jaune manque et Saturnine partage avec son hôte le goût pour l'or millésimé des plus grands champagnes.
Amélie Nothomb revisite la légende de Barbe Bleue dans un duel à fleuret moucheté mais néanmoins mortel entre deux intelligences exacerbées, deux sensibilités éprises d'absolu.

Dans le genre couverture discutable, je trouve que nous sommes servis. D'habitude, je préfère les grands formats pour les auteurs que j'apprécie, mais là, le choix pour les formats poche est généralement plus heureux. Pourquoi toujours mettre une photo de l'auteur avec ses couvre-chefs surréalistes que seules les Anglaises osent surpasser en originalité douteuse ou alors ça lui est imposé contractuellement ? J'ai lu qu'elle pouvait désormais choisir ses couvertures en poche. En tout cas, je trouve cette couverture particulièrement mal construite, illisible, hideuse
Lu le 15 juin 2014  

Tuer le père
Il n'y a pas que les plus jeunes pour apprécier le plaisir de la lecture passive ! C'est clair désormais, je suis totalement conquise, absolument convaincue par le principe des livres audio, une expérience à rapprocher des propos de Daniel Pennac, "Comme un roman", dans lequel il explique qu'il a transformé une classe d'adolescents non lecteurs en dévoreurs de romans, simplement en leur lisant des passages à voix haute.

Joe, 15 ans, est mis dehors par sa mère Cassandra qui le sacrifie à l'homme qu'elle veut retenir. Prodigieusement doué aux cartes, il vit des tours qu'il exécute dans les bars, jusqu'à la rencontre qui va décider de son avenir et de ses 5 prochaines années. Il se lie avec Norman Terence le plus grand magicien de Reno, qui l'accueille chez lui avec sa compagne Christina, lui enseigne sa pratique et le traite comme un fils. Mais les enfants adoptifs sont parfois ingrats...

Le titre, transparent par exception, est trompeur et connaissant la complexité de l'auteur, j'aurais dû me méfier, mais je suis tombée dans le piège des apparences et de l'interprétation facile. Amélie Nothomb construit une trame machiavélique au service d'une histoire sans morale autour de la filiation, du sentiment de paternité, du choix aussi.
Un moment fort du roman se déroule à Black Rock, dans le désert où depuis 20 ans, durant la dernière semaine d'août, lors du Burning man, une gigantesque scène musicale dont les vedettes sont les jongleurs de feu, une foule énorme vient à pied, se rassemble, construit une ville, fait la fête, puis démonte la ville, ramasse tout et se disperse jusqu'à l'été suivant.
Lu le 9 avril 2014






50 billets, 50 états
Reno, NEVADA




Une forme de vie
 " Ce matin-là, je reçus une lettre d'une genre nouveau. " Intriguée par la courte missive de Melvin Mapple, un soldat américain envoyé sur le front irakien et parce qu'elle répond toujours à son courrier quand il est respectueux, Amélie Nothomb s'engage dans une sorte de correspondance de guerre sans trop percevoir où cela la mènera. Habituée à recevoir des dizaines de courriers de sollicitation similaires et tentée de ne pas répondre, elle finit par échanger quelques lettres. Melvin se dit persuadé qu'elle est en mesure de le comprendre et lui révèle bientôt qu'il souffre d'un mal étrange. Avec quelques condisciples, il est atteint d'une véritable addiction à la nourriture, une boulimie éhontée rapportée du champ de bataille. Soldat par nécessité mais sans conviction, il vit son obésité comme le signe visible et dérangeant de sa révolte contre l'injustice de la guerre à laquelle il participe. Son corps boursoufflé et disgracieux est le stigmate de son déni de participation aux destructions et aux massacres perpétrés au cours de ses missions. Le prétexte sert de point d'entrée à une réflexion sur les dérèglements alimentaires, ici le surpoids, porté à un degré paroxysmique, ses causes et surtout ses conséquences sociales : son coût, son vécu et sa perception par les autres, les excuses et les supercheries que chacun s'invente pour supporter un retour d'image peu flatteur. Melvin transcende son surplus adipeux en une sorte de double féminin intégré à sa chair auquel il donne le doux nom de Shéhérazade

Même s'il s'ouvre, comme souvent, par une entrée en matière originale, ce roman décrit aussi et surtout le goût de l'auteur pour les relations épistolaires. Elle aborde tour à tour et pour faire bref, le statut littéraire et le processus créatif à travers son expérience d'écrivain et le courrier comme forme d'écriture essentielle à ses yeux. Toutefois, l'aventure romanesque qui a servi de support à sa réflexion finit sur un court-circuit déroutant et l'épilogue apparaît alors comme une ultime pirouette un peu facile, ce que ses détracteurs dénoncent mais que les amateurs lui pardonnent généralement.

Info en + (article)
La psychanalyse à la lumière d’Amélie Nothomb
Par un mécanisme de dévoilement et de construction fictionnelle, Amélie Nothomb nous permet d’approcher des zones de l’inconscient réel, appréhendées par Lacan dans des concepts pointus. C’est une autre voie qui s’offre à nous pour aborder la psychanalyse par la littérature, par là où Lacan indique que l’artiste précède le psychanalyste. Une voie moins ardue que l’aridité conceptuelle lacanienne.
Pour démarrer nos trois journées de découvertes psychanalytico-littéraires, Maïté Masquelier commencera par « Tuer le père ». Quoi de mieux pour démonter le père oedipien freudien avec les vues pragmatiques de Jacques Lacan : « le père, il vaut mieux s’en passer à condition de s’en servir ». Amélie Nothomb a perçu l’inanité du bon père version classique alors que celui qui structure le désir du sujet est caché ailleurs. Il est grand temps de tuer le père pour en apercevoir l’autre face.
Le même jour, nous enchaînerons avec la version « nothombienne » du ravage maternel dans « Le Robert des noms propres » que Marie-Jeanne Brichard articulera avec l’anorexie qu’Amélie Nothomb décrit au travers de tous ces livres avec tant de finesse et d’acuité.
Lors des deux journées de formation suivantes, Katty Langelez étudiera la Clinique de l’amour au travers de plusieurs romans, Pascale Simonet relèvera ce qui touche à « la lettre, l’écriture et le corps » et enfin Monique Vlassembrouck reprendra la clinique du déclenchement psychotique et du passage à l’acte à partir de « Cosmétique de l’ennemi »