Destination : Japon

Les deux nouvelles publiées chez Actes Sud datent de 1959 et 1962 mais l'écriture d'Akira Yoshimura est intemporelle. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire... même si j'aurais pu en me renseignant un tant soit peu avant de l'ouvrir. Le recueil est étiqueté " horreur " mais je parlerais plutôt d'épouvante. Dommage j'aurais pu le garder pour le lire dans le cadre du challenge Halloween.
Je retrouve dans ces deux récits la qualité d'écriture particulière que j'apprécie généralement chez les auteurs nippons, avec un style net et limpide, sans fioritures, allié à une qualité esthétique indéniable, qui parait jusque dans les détails et donne à l'ensemble une cohérence et une complétude parfaites.

Dans la première nouvelle,
La jeune fille suppliciée sur une étagère, écrite à la première personne, le cadavre d'une jeune fille de 16 ans décédée deux heures auparavant est vendu par sa mère à un laboratoire d'anatomie. Si son corps n'est plus vivant, l'esprit de la jeune fille reste conscient et sera présent jusque dans la poussière de ses os. La description des états de pensée de la narratrice peut paraître froide et rationnelle, mais c'est leur aspect subjectif mais détaché qui fait froid dans le dos car elle est impuissante à autre chose qu'observer et ressentir. Alors survient la grande question de la multitude : son cas est-il une anomalie exceptionnelle ou ce qui attend les uns et les autres ?
Dans le second texte,
Le sourire des pierres, Eichi retrouve par hasard le fils d'un ancien voisin à l'université. Mine de rien, Sone s'immisce dans son environnement proche et s'installe dans sa maison avant que sa méfiance n'ait été suffisamment éveillée pour qu'il le tienne éloigné. Outre qu'il est devenu un pilleur de cimetière, Sone porte la mort depuis un épisode de son enfance dont se souvient Eichi. L'auteur réussit à installer une angoisse latente qui monte progressivement jusqu'au paroxysme final dont l'état d'incertitude demeure après avoir tourné la dernière page.
Emprunté pour le challenge Un mot, des genres, mais lu trop tardivement, il constitue ma première étape asiatique de lectures pour L'énigme des cinq continents. La couverture est affreuse et ne rend pas grâce à la beauté blonde de la jeune fille soulignée à plusieurs reprises, mais le reste est parfait : un
Coup de coeur