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lundi 17 décembre 2018

La promesse de l'ombre

flag Tour du monde : JAPON

Thriller d'une intense perversité, La promesse de l'ombre de Shizuko Natsuki, tient le lecteur dans ses rêts du début à la fin. Cela commence par une rencontre à forte charge érotique entre le narrateur/enquêteur et une inconnue dans un hôtel français.
Dernière de couverture : De longues jambes gainées de soie, la pointe d'un escarpin gris... C'est tout ce que Daigo a pu apercevoir avant que l'orage ne plonge l'hôtel tout entier dans une obscurité totale. Troublante rencontre... Est-ce la voix chaude de l'inconnue qui le bouleverse à ce point? Ou peut-être son parfum entêtant? En tout cas, l'intimité des ténèbres encourage les confidences les plus extraordinaires. Et c'est ainsi que Daigo découvre que la même envie le lie à l'inconnue. Une envie de meurtre...
Ensuite, un crime parfaitement prémédité dans ses moindres détails fait disparaître un scientifique corrompu responsable par omission de l'empoisonnement mortel de nombreux enfants. Enfin, mis opportunément sur la piste de deux riches héritières, vivant sur les bords d'un lac très connu au Japon (j'ai imaginé Annecy) Daigo ne sait plus s'il doit se fier à l'une et/ou se défier de l'autre soeur...

lundi 28 novembre 2016

Le diable chuchotait - Majyutsuwa sasayaku

Miyuki Miyabe,  - SWAP anniversaire
Il est en bonne place dans ma PàL depuis fort longtemps et rien ne le prédisposait particulièrement à en sortir... c'est pourquoi le challenge Déstockage de PàL en duo est venu à point pour m'y aider. Je ne sais pas si je m'y attendais ou bien si mes a priori ont joué à m'influencer, toujours est-il que j''ai été globalement déçue par ma lecture, même je n'ai aucun point en particulier à lui reprocher.
Une couverture dans le style de celles de Miu Murakami n'était pas non plus pour me donner plus envie que ça...
L'histoire est un polar assez original puisque l'enquêteur n'est pas un professionnel, mais un adolescent qui tente de disculper Taikô, son oncle et père adoptif de l'accident de la circulation dans lequel son taxi est impliqué et qui a coûté la vie à une jeune fille. Ses investigations autour de la victime lui apprenne qu'elle appartenait à un groupe de quatre filles dont trois sont déjà mortes dans des suicides aux conditions parfois étranges : l'une d'un toit, l'autre sur les rails du métro, la dernière enfin sous les roues du taxi de Taikô. La dernière se sait en danger et il n'arrive pas à la rencontrer chez elle, mais il est bientôt contacté par un mystérieux homme qui souhaite partager avec lui le secret de sa vengeance. L'intérêt de l'intrigue est doublé par l'impression que cet inconnu pourrait être son père disparu une dizaine d'années plus tôt après avoir détourné des fonds et quitter le domicile conjugal en laissant derrière lui une demande de divorce.
La jeunesse nippone est rendue de façon terrifiante, ce qui n'est pas la première fois chez les auteurs contemporains. Des jeunes femmes sans scrupules se livrent au commerce de l'amour pour dépouiller des célibataires crédules en leur faisant signer des traites au dessus de leurs moyens. Des entreprises commerciales insèrent des messages subliminaux dans les programmes télévisuels pour effrayer les voleurs. Des jeunes veuves travailleuses s'en sortent à peine en cherchant à conserver leur dignité. Des hommes boivent pour oublier, se saouler, ne pas rentrer chez eux... Parmi ce collectif déprimant, quelques personnages tirent leur épingle du jeu comme le couple des oncle et tante de Mamoru ou bien Takano qui se révèle un supérieur hiérarchique étonnamment bienveillant dans cet univers de la grande distribution.

jeudi 1 octobre 2015

La jeune fille suppliciée sur une étagère [Shojo Kakei]

Destination : Japon

http://www.zimagez.com/miniature/latest8.pngLes deux nouvelles publiées chez Actes Sud datent de 1959 et 1962 mais l'écriture d'Akira Yoshimura est intemporelle. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire... même si j'aurais pu en me renseignant un tant soit peu avant de l'ouvrir. Le recueil est étiqueté " horreur " mais je parlerais plutôt d'épouvante. Dommage j'aurais pu le garder pour le lire dans le cadre du challenge Halloween.
Je retrouve dans ces deux récits la qualité d'écriture particulière que j'apprécie généralement chez les auteurs nippons, avec un style net et limpide, sans fioritures, allié à une qualité esthétique indéniable, qui parait jusque dans les détails et donne à l'ensemble une cohérence et une complétude parfaites.
Dans la première nouvelle, La jeune fille suppliciée sur une étagère, écrite à la première personne, le cadavre d'une jeune fille de 16 ans décédée deux heures auparavant est vendu par sa mère à un laboratoire d'anatomie. Si son corps n'est plus vivant, l'esprit de la jeune fille reste conscient et sera présent jusque dans la poussière de ses os. La description des états de pensée de la narratrice peut paraître froide et rationnelle, mais c'est leur aspect subjectif mais détaché qui fait froid dans le dos car elle est impuissante à autre chose qu'observer et ressentir. Alors survient la grande question de la multitude : son cas est-il une anomalie exceptionnelle ou ce qui attend les uns et les autres ?
Dans le second texte, Le sourire des pierres, Eichi retrouve par hasard le fils d'un ancien voisin à l'université. Mine de rien, Sone s'immisce dans son environnement proche et s'installe dans sa maison avant que sa méfiance n'ait été suffisamment éveillée pour qu'il le tienne éloigné. Outre qu'il est devenu un pilleur de cimetière, Sone porte la mort depuis un épisode de son enfance dont se souvient Eichi. L'auteur réussit à installer une angoisse latente qui monte progressivement jusqu'au paroxysme final dont l'état d'incertitude demeure après avoir tourné la dernière page.
Emprunté pour le challenge Un mot, des genres, mais lu trop tardivement, il constitue ma première étape asiatique de lectures pour L'énigme des cinq continents. La couverture est affreuse et ne rend pas grâce à la beauté blonde de la jeune fille soulignée à plusieurs reprises, mais le reste est parfait : un Coup de coeur

samedi 1 septembre 2012

Kitchen

Destination : Japon
Mon goût pour la littérature japonais se trouve confirmé par ce premier roman de Banana Yoshimoto, dont l'écriture suit un rythme très lent, introspectif, esthétique. Les personnages se dévoilent par strates successives, par touches pudiques et une réelle justesse des émotions. Je me suis attachée à leur histoire. Mikage Sakurai aime les cuisines, qui lui apportent réconfort dans ses moments de doute. Au début du roman, elle est étudiante et se retrouve totalement orpheline à la suite du décès de sa grand-mère, dernier membre vivant de sa famille. Les Tanabe lui propose de l'héberger : Yûichi et sa mère Eriko ont des caractères vraiment particuliers dont le charisme, la gentillesse et le rayonnement lui permettent de se refaire une santé mentale. Elle finit par trouver sa voie et devenir l'assistante d'une star de la télévision spécialisée dans la cuisine.

Il a reçu en 1988 le Prix Kaien qui vise à soutenir les nouveaux écrivains. Kitchen est suivi d'une nouvelle Moonlight Shadow, également récompensée, par le Prix Izumi Kyoka. Les deux textes parlent de la perte d'êtres aimés, de solitude et de reconstruction, de la vie qui continue.

Des choses qui se laissent écrire : extrait de la nouvelle Kitchen qui m'a fait sourire !
Il m'arrivait souvent de sortir en oubliant mes clefs, et combien de fois n'avais-je pas sonné à l'appartement en pleine nuit ! Chaque fois, Yûichi se levait pour venir m'ouvrir, et quand il la défaisait, la chaîne de sûreté résonnait dans le silence. (qu'on m'explique comment rentrer sans sonner si la chaîne est mise ?!)

Lettre Y du challenge ABC. 

Voilà les lectures de Jeneen : deux mangas extras !
Y : Thermae Romae (M.Yamazaki)  et S : 7 Shakespeare (U.Sakuishi)

jeudi 12 novembre 2009

Battle royale

Dans une république japonaise ultra-nationaliste, Koushun Takami imagine la mise en oeuvre du Programme [de défense nationale] destiné à toutes les classes de troisième : tous les ans, à la place de leur voyage d'études de fin de collège, cinquante classes tirées au sort sont placées dans un huis clos et les élèves jusqu'au dernier doivent alors affronter leurs anciens camarades dans un combat à mort qui ne laisse place qu'à un seul survivant par classe. Mais rien n'interdit qu'à une classe sélectionnée pour le jeu puisse appartenir un redoublant ayant déjà participé l'année précédente : au pire, cela pourrait corser les paris des organisateurs sur le vainqueur potentiel.
Un bouquin génial, Les dix petits nègres à la puissance 4, ça percute et même si c'est un pavé de plus de 800 pages, le plus gros volume de mon challenge que j'ai donc un peu hésité à l'entamer, une fois commencé, j'ai eu envie de le lire d'une traite et je ne regrette pas de l'avoir gardé pour la fin !
Je viens de voir le film, qui est loin d'égaler la finesse psychologique développée dans le roman : déçue...

mercredi 13 mai 2009

Haruki MURAKAMI [2]

J'ai lu de part et d'autre, des commentaires d'internautes avaient éprouvé de réelles difficultés à entrer dans le récit de La fin des temps de Haruki Murakami, découragés par un début rebutant. C'est exactement ce qui m'est arrivé : j'ai dû m'y reprendre à trois fois pour dépasser les premiers chapitres, je n'y comprenais rien et je n'accrochais pas au style. Pour une première rencontre avec l'auteur, fruit d'un prêt de longue longue durée, cela prenait des allures de démarrage en côte. Mais j'ai fini par le lire... et apprécier intellectuellement la structure narrative ingénieuse où deux histoires-mondes, pays des merveilles sans merci et Fin du monde, alternent et en fin de compte se rejoignent.
J'avoue avoir lu en diagonale des pages entières de la première, à laquelle je n'ai commencé à prendre goût que quand j'ai entrevu le lien qu'elle tissait avec la seconde, dont j'ai préféré l'univers.
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J'ai manifestement plus de chance avec ma deuxième tentative, Kafka sur le rivage, car le ton du récit me plaît d'emblée. Je retrouve avec plaisir l'alternance de deux histoires, un problème "d'ombre" qui semble récurrent chez Murakami et suis intriguée par ce que laissent présager les premiers chapitres. Les deux parties alternent avec bonheur et se répondent, mais peu à peu, le récit où évolue un certain Nakata, d'un intérêt narratif supérieur, prend le pas sur celui où revient le personnage de Kafka. De longues digressions sur les compositeurs classiques et les auteurs japonais et occidentaux s'ajoutent aux thèmes qu'explore habituellement l'auteur : le parcours initiatique et la construction de l'identité, les méandres du temps, la mémoire et les souvenirs. Il  me faudra un troisième titre pour départager mes impressions.
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Les mots de Murakami s'apparentent un peu à la peinture de Magritte : entre onirisme et réalité, on aurait tort de se fier à l'apparence d'une pomme ou d'une pipe...
J'ajoute à ma LAL un titre qu'il m'a donné envie de lire Le Dit du Genji par Murasaki Shikibu, dont Virginia Woolf m'apprend qu'il est l'oeuvre d'une des romancières les plus illustres du Japon née à la fin du Xème siècle.