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mardi 25 février 2020

Pierre Pelot [3]

Roman de gare me laisse un (dé)goût d'inachevé et pourtant, la nouvelle est mon genre préféré. Le style est une effroyable logorrhée. Quant au sens du texte, je penche par bienveillance pour du second degré fantasmatique, à savoir les pensées chaotiques d'un doux dingue juste échappé de l'asile (allusion du texte à une sortie d'hôpital) qui " tue " son temps au café de la gare... plutôt que de passer à l'acte. Dire que Pierre Pelot écrit aussi des choses aussi belles que Les étoiles ensevelies. Avec une production aussi massive (215 titres à ce jour sur Babelio) c'est délicat de réussir à toucher son lecteur à coup sûr.

 
Sous le vent du monde, en collaboration avec le paléontologue Yves Coppens (le "père" de Lucy) attend dans ma PàL, j'espère être moins déçue.
Dans le premier volume, nous sommes en Afrique, voici 1,7 millions d'années: Nî-éi, une jeune femme Homo Rudolfensis rejetée par sa tribu, entreprend un voyage et va rencontrer Moh'hr, Homo habilis. Ils feront un bout de chemin ensemble, apprendront à se comprendre en inventant le langage.

Les étoiles ensevelies
J'ai choisi un peu au hasard en section jeunesse Les étoiles ensevelies de Pierre Pelot pour découvrir une autre facette de cet auteur très prolifique (voir Une fille au sourire fragile). Sous ce titre, je m'attendais plutôt à lire du space opera dans le cadre du SSW du RSFBlog... Aucunement ! Je reste très contente d'avoir eu la main heureuse pour cette première. Il s'agit en effet d'un très beau texte initiatique sur une aventure humaine entre un petit garçon et un étranger sans domicile ni papiers. Vendredi matin, Ludo part avec son cartable sur le dos, mais il n'a pas l'intention d'aller à l'école. Il a pris toutes ses économies (32 francs) pour acheter un nouvel âne et rendre plus facile à sa mère la corvée d'eau en bas de la colline. Il fait froid, c'est l'automne, il est tard et le brouillard tombe, il s'est aventuré trop loin de chez lui et il s'apprête à passer la nuit dans une cabane rudimentaire lorsqu'il aperçoit Antonio qui se cache des rares voitures passant sur la route défoncée. Travailleur clandestin saturé de mauvais traitements, Antonio repart à la chaleur de son rude pays, l'Andalousie. Quand il croise la route de Ludo, son premier réflexe est la fuite, pour éviter les ennuis qui ne manqueront pas d'arriver s'il reste avec le gamin. Pourtant, de la rencontre va naître une belle histoire de confiance, de solidarité et d'amitié, mais aussi de séparation dont l'enfant sort grandi. Certaines scènes, comme le copeux petit déjeuner dans l'auberge, sont très simples et pourtant émouvantes. Le titre - magique - prend tout son sens avec une histoire racontée par Antonio, qui résume sa quête et qu'il transmet comme message d'espoir à Ludo : les étoiles ensevelies sont ces étoiles filantes qui brillent aussi intensément que soudainement avant de disparaître : il convient de faire un voeu quand on les aperçoit. Elles sont venues se cacher sous terre et il appartient à chacun de trouver la sienne pour que son voeu se réalise.
Epilogue : l'âne tant convoité finit par être trouvé et ramené à la maison.
Lu le 17 juillet 2015


Une jeune fille au sourire fragile
Catherine Tolviac se sent bien vivante mais Jean Michel son compagnon est persuadé qu'elle est morte assassinée dans un village des Vosges où elle faisait retraite pour finir l'écriture d'un scénario. Elle a eu un an auparavant un gravissime accident de la route qui l'a laissée dans le coma. Mathilde Bihrlinger est bien morte au volant de sa voiture mais Aline sa soeur est convaincue du contraire. Catherine et Aline auraient pu ne jamais se rencontrer si l'une, ayant décidé de revenir sur les lieux de ses premières colonies de vacances n'avait loué un étage de sa maison à l'autre.
Le livre est classé fantastique mais seul l'épilogue l'est vraiment. Pour le reste du roman, les apparences ont des accents de vérité quotidienne seulement perturbés par certains passages plus allusifs qui sèment le trouble. Vous aurez compris que son auteur Pierre Pelot signe un embrouillamini d'où le lecteur lui-même ne sort pas indemne. Deux femmes Alice/Aline et Cathie/Kate/Mathilde interagissent dans un certain état de confusion mentale limite psychiatrique. Du titre à son raccourci il n'y qu'un pas, sans doute voulu Une jeune fille fragile.
Lu le 17 juin 2015 dans le cadre du challenge un mot, des titres * FILLE *

dimanche 24 avril 2016

La fille aux neuf perruques

Le journal intime de Sophie van der Stap, vingt ans, raconte sa lutte victorieuse contre la maladie et l'abattement. Atteinte d'une forme rare de cancer du poumon et soumise à une chimiothérapie sévère, elle choisit de laisser s'exprimer neuf facettes de sa personnalité à travers une série de perruques qu'elle enfile selon son humeur (Platine, Blondie, Daisy, Sue, Lydia, Bébé, Pam, Stella, Emma etc.). Une belle leçon de vie et de courage.
Lu le 25 novembre 2009

Vu le film de Marc Rothemund tourné à Hambourg

dimanche 21 février 2016

Lectures BD du mois

Héléna par Jim, dyptique, Simon aime depuis l'enfance Héléna qui n'est pas pour lui

Les nombrils tomes 4 et 6 : la métamorphose de Karine

Joseph Carey Merrick, par Denis van P., l'histoire vraie d'Elephant man dans l'Angleterre victorienne + carnet de recherches. 1911, Le Caire, Frederick Treves, médecin anglais à la retraire, raconte à un ami sa rencontre avec un homme totalement difforme mais d'une grande humanité, qui devint célèbre en son temps et mourut à 28  ans. David Lynch a tiré un film de sa vie.

Egalement inspiré de faits réels, Les gardiens des enfers, un site incroyable sur les côtes du Pays de Galles, le naufrage d'un navire chargé de la richesse des chercheurs d'or au retour d'Australie, l'accident banal mais mortel d'un assistant gardien de phare et l'imagination fertile de deux auteurs, une émission de Haunted House, une BD impressionnante + carnet de recherches

Adama, un film d'animation sur un jeune tirailleur sénégalais dans la Grande guerre, que son petit frère va tout entreprendre pour le ramener sain et sauf dans leur village, avec l'aide d'un mystérieux griot.

Acriboréa tome 1 L'incertain, un space opéra comme j'aime avec une population autochtone mystérieuse et des intentions humaines coloniales mal dissimulées. Je sens qu'il va me falloir vite la suite !

Les abîmes du temps tome 1 : Dock 21, une histoire de dédoublement entre un chef d'entreprise contemporain et un jeune homme épris qui s'est pendu pour rejoindre dans la mort une jeune femme pauvre dont son richissime père ne voulait pas comme belle fille. Cerise sur le gâteau un psychiatre bien déjanté mais sympa


La fille de Christophe Blain ♥♥♥♥, dont le style me rappelle plus le western déjanté Les déserteurs que l'album Quai d'Orsay du même auteur, annoncée comme une BD musicale mais que je décrirais  plutôt comme une BD accompagnée d'une BO

samedi 3 octobre 2015

Un mot, des genres : FILLE


Bilan du challenge
Après cinq mois de lectures choisies selon un mot contenu dans le titre, il faut trouver le nom d'une personne à partir des indices suivants : code / américain / rayons / collections / bibliothécaire

Le mot que je devais illustrer, défini par Magicienned'Oz était FILLE
J'ai lu en tout une douzaine de livres se rapportant à ce thème dans des catégories très diverses

Pendant le challenge :
La petite fille au chien jaune d'Andrea H. Japp (policier)
remplacé par Cinq filles, trois cadavres mais plus de volant  LU
Le Viking qui voulait épouser la fille de soie (historique Xème)  LU
Daddy's girl de Margie Orford (thriller, littérature Afrique du Sud)  LU
Une jeune fille au sourire fragile de  LU
Des filles et des garçons (collectif)  LU
Aïna fille des étoiles (série jeunesse) de Christian Grenier  LU
La fille de la nuit (polar) LU
La jeune fille plus sage que le juge (album)  LU
La jeune fille suppliciée sur une étagère (nouvelle, étranger, horreur) d'Akira Yoshimura  LU


Une fille à la mer de Maureen Johnson (jeunesse)  LU
Clio, jeune américaine de 17 ans, doit annuler ses projets pour l'été. C'est décidé, elle doit passer ses vacances avec son père, qu'elle ne voit presque plus depuis qu'il a quitté le foyer. Quand elle le rejoint à Naples, elle découvre qu'il vient de racheter un yacht et qu'il s'agit d'embarquer avec une archéologue, Julia (manifestement sa petite amie), sa superbe fille blonde Elsa, Martin, un vieil ami, et Aidan, le jeune assistant de Julia, beau prétentieux aux yeux verts... Clio comprend vite qu'il ne s'agit pas d'une simple croisière de tourisme.
 


La fille flûte et autres fragments de futurs brisés de Paolo Bacigalupi (SF, nouvelles) remplacé par La fille automate  LU
Hugo - meilleur roman - 2010 / Nebula - Meilleur roman - 2009
La sublime Emiko n'est pas humaine. C'est une créature artificielle, élevée en crèche et programmée pour satisfaire les caprices décadents d'un homme d'affaires de Kyoto. Etres sans âme pour certains, démons pour d'autres, les automates sont esclaves, soldats ou jouets pour les plus riches, en ce XXIe siècle d'après le grand krach énergétique, alors que les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la Terre et que les producteurs de calories dirigent le monde. Qu'arrive-t-il quand l'énergie devient monnaie ? Quand le bioterrorisme est outil de profit ? Et que les dérives génétiques font basculer le monde dans l'évolution posthumaine ?


Retour sur quelques " vieilles " filles
La fille aux yeux de Botticelli, polar
Ce que veulent les filles, chik litt
La jeune fille à la perle, historique
Tu seras merveilleuse ma fille, Âama tome 4, BD
Oh les filles ! 2 tomes BD
Une sainte fille, nouvelles
La fille de mes rêves, polar
La fille au tatouage, polar
 
Parmi les filles à venir
La Jeune Fille, le Diable et le moulin d'Olivier Py (théâtre)
Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles de Melissa Bank (chick litt, nouvelles)
La fille dans le verre de Jeffrey Ford (fantastique)

Couverture La fille du tempsLa fille du temps
Immobilisé sur son lit d'hôpital, l'inspecteur Grant s'ennuie. Pour se distraire, il passe au crible de son œil criminologiquement très exercé des portraits de personnages historiques. Parmi eux, un visage lui inspire sympathie et déférence. Mais il s'avère être celui de l'épouvantable Richard III, roi d'Angleterre, parvenu au trône (voyez Shakespeare) grâce à l'assassinat de ses neveux, les enfants d'Edouard. Alors commence à travers l'Histoire une quête de la vérité qui forme l'une des enquêtes les plus originales de toute la littérature policière, l'un des dix grands classiques du genre salué par la critique et aussi par les pairs de l'auteur.



La fille du train
Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux.





Le bonheur n'est pas un sport de jeune fille
Dans un centre de thalasso qui sent bon le chlore et les algues, les clients croient être venus pour une cure de détente... Tous comptent oublier leur quotidien et leurs vergetures dans l'intimité des cabines surchauffées ; tous espèrent trouver la beauté grâce à des mains suaves et à la nourriture pour futurs minces. Tous sont prêts à ne plus s'occuper que d'une chose : leur corps. Mais Guillemette, masseuse de 22 ans, va voir son passé ressurgir et mettre un joyeux désordre dans le bel équilibre des soins, entamant au passage bien des défenses et fragilisant les curistes les plus résistants. Mona, Victor, Iris, Claudine ou encore Thomas... Tous seront secoués, tous seront transformés, pour le pire comme pour le meilleur.


 Envies de BD en fille et relire La fille sous la dunette

jeudi 1 octobre 2015

La jeune fille suppliciée sur une étagère [Shojo Kakei]

Destination : Japon

http://www.zimagez.com/miniature/latest8.pngLes deux nouvelles publiées chez Actes Sud datent de 1959 et 1962 mais l'écriture d'Akira Yoshimura est intemporelle. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'histoire... même si j'aurais pu en me renseignant un tant soit peu avant de l'ouvrir. Le recueil est étiqueté " horreur " mais je parlerais plutôt d'épouvante. Dommage j'aurais pu le garder pour le lire dans le cadre du challenge Halloween.
Je retrouve dans ces deux récits la qualité d'écriture particulière que j'apprécie généralement chez les auteurs nippons, avec un style net et limpide, sans fioritures, allié à une qualité esthétique indéniable, qui parait jusque dans les détails et donne à l'ensemble une cohérence et une complétude parfaites.
Dans la première nouvelle, La jeune fille suppliciée sur une étagère, écrite à la première personne, le cadavre d'une jeune fille de 16 ans décédée deux heures auparavant est vendu par sa mère à un laboratoire d'anatomie. Si son corps n'est plus vivant, l'esprit de la jeune fille reste conscient et sera présent jusque dans la poussière de ses os. La description des états de pensée de la narratrice peut paraître froide et rationnelle, mais c'est leur aspect subjectif mais détaché qui fait froid dans le dos car elle est impuissante à autre chose qu'observer et ressentir. Alors survient la grande question de la multitude : son cas est-il une anomalie exceptionnelle ou ce qui attend les uns et les autres ?
Dans le second texte, Le sourire des pierres, Eichi retrouve par hasard le fils d'un ancien voisin à l'université. Mine de rien, Sone s'immisce dans son environnement proche et s'installe dans sa maison avant que sa méfiance n'ait été suffisamment éveillée pour qu'il le tienne éloigné. Outre qu'il est devenu un pilleur de cimetière, Sone porte la mort depuis un épisode de son enfance dont se souvient Eichi. L'auteur réussit à installer une angoisse latente qui monte progressivement jusqu'au paroxysme final dont l'état d'incertitude demeure après avoir tourné la dernière page.
Emprunté pour le challenge Un mot, des genres, mais lu trop tardivement, il constitue ma première étape asiatique de lectures pour L'énigme des cinq continents. La couverture est affreuse et ne rend pas grâce à la beauté blonde de la jeune fille soulignée à plusieurs reprises, mais le reste est parfait : un Coup de coeur

dimanche 20 septembre 2015

Aïna, fille des étoiles

La fille des étoiles est une série SF qui met en scène une jeune héroïne, volontaire et dynamique mais ingénue. Aïna quitte le confort d'une vie adoptive sur Terre et part à l'aventure dans l'espace pour découvrir le secret de ses origines. Plus jeune que les actuelles héroïnes de YA, elle n'a que 13 ans, plutôt l'âge des Fantômette donc! C'est sans doute dû à l'époque déjà révolue où sont parus les textes de Christian Grenier, un auteur pour la jeunesse dont je suis en train d'explorer l'oeuvre systématiquement.

J'ai préféré parmi les six épisodes ceux où les ressources du bestiaire sont les plus exploitées : la planète des quadrupèdes Oglonis ou celle des primates Makis, espèces non humaines intelligentes, organisées et évoluées. Plutôt placée sous les apparences du space opera, l'ensemble de la série repose toutefois sur une uchronie majeure. Le destin parallèle d'Aïna dans son futur et celui de Jeanne dans notre passé sont intimement liés et le passage d'un univers à l'autre pour parvenir à la résolution finale des deux lignes de divergence est habilement mené.

tome 1 : La mission 
Un soir de l'été 2222, Aïna part pour Utopia afin de retrouver ses parents qui l'ont cachée autrefois sur la Terre. Clandestine sur une navette, elle rencontre le futur compagnon de ses aventures, un drôle d'animal philosophe. Mais les cruels Dénébiens seigneurs des Mondes marchands la traquent sans relâche...

tome 2 : Le secret des Oglonis
Au passage, Aïna délivre un monde condamné à l'exploitation et au malheur par l'avidité et la barbarie des Dénébiens et elle se lie indéfectiblement à des amis utiles.

tome 3 : Le pirate de la comète
Dans cet épisode, Aïna pourrait célébrer ses retrouvailles avec son ami Paul, mais celui ci est devenu un adulte puissant focalisé psychologiquement sur la réminiscence d'un âge idéal perdu. Cela m'a mise mal à l'aise, un peu comme la pré-puberté éternelle de la petite compagne du Vagabond des limbes.

tome 4 : Supermaki
Sur la planète de Raha et avec l'aide d'un allié inattendu, le dessein final d'Aïna commence à se dessiner. Ce tome dédié aux habitants de Kaligari et à la quête suprême des Makis est un intermède plaisant mais chargé de sens au sein de la série.

tome 5 : L'arbre vie
Echoué sur une planète utopique, le vaisseau d'Aïna est irréparable. Sa quête semble devoir s'arrêter là, dans les bras du Prince de cet eden. Pourtant l'indispensable Raha, jamais à court d'idées, trouve le moyen de sauver Aïna du piège de cette planète malsaine et de ses habitants.

tome 6 : Faut-il brûler Jeanne ?
J'ai fini par dénicher ce tome qui m'intriguait le plus car il reprend l'histoire de Jeanne d'Arc contre les Anglais, mais il n'est pas celui qui m'a le plus enchantée en dépit de mes attentes. Il m'a rappelé la pirouette uchronique de Poul Anderson dans Le grand roi.


Lire sous la contrainte : deux trilogies ^-^
Un mot, des genres : fille
challenge Summer Star Wars III

jeudi 30 juillet 2015

Un mot des genres # 3 : bonus

challenge Un mot des genres : La fille de la nuit (thriller)
Jane ou John Doe, c'est le nom qu'on donne aux Etats Unis aux personnes dont il est impossible de retrouver l'identité.
Découverte inanimée au pied de l'enseigne géante d'Hollywood, Jane a reçu une balle dans la tête qui au lieu de la tuer lui a effacé la mémoire. Curieusement, elle l'accueille l'amnésie comme une délivrance avec l'espoir de démarrer une vie alternative mais elle se sent bientôt menacée jusque dans sa chambre d'hôpital. Le docteur Crook, qui ne voit en elle qu'un passionnant sujet d'études pour de futures publications, refuse de la croire. Avec l'aide de Sarah, directrice d'une agence de protection rapprochée, Jane s'efforce d'échapper à un Indien qui la poursuit pour l'achever. La nuit, des crises de somnambulisme la transforment en des personnes aussi radicalement différentes qu'inquiétantes, alors que son comportement de jour semble induit par un rigoureux conditionnement. Des bribes d'existence relatives à une dangereuse et implacable exécutrice lui reviennent sous la forme de terrifiants cauchemars.

J'ai tenté de lire Serge Brussolo en SF mais j'ai eu du mal de suivre le labyrinthe de ses pensées. Dans le registre du thriller, cet aspect de son écriture fait merveille. Plusieurs énigmes s'enchevêtrent, les deux femmes trainent un lourd passé, les personnages sont ambivalents et il est difficile de distinguer les victimes des manipulateurs. Dans une hécatombe des personnages principaux, Serge Brussolo signe un thriller très très noir qui laisse peu de place à la foi en l'humanité.

mercredi 22 juillet 2015

Le Viking qui voulait épouser la fille de soie

Sur une île du sud de la Suède au Xème siècle, un homme élève seul ses deux fils. Säbjörn est constructeur de bateaux dans le Blecinga. Alors qu'ils étaient enfants, la mère de Kare et Svarte a tout simplement disparu sans laisser de trace. La ferme familiale ne les attire pas, ils veulent connaître l'aventure et naviguer au loin, pour guerroyer au-delà des mers à l'Ouest ou faire commerce sur les voies fluviales de l'Est.
De l'autre côté de la Baltique, à Kiev, vivent Chernek un marchand de soie et sa famille. Radoslav rêve de devenir soldat pour servir son prince, sa sœur Milka est une adolescente raffinée qui joue avec ses deux esclaves : Petite Marmite et Poisson d'Or. Mais la belle ville d'Orient tombe aux mains des pillards. Sans la protection de leur père qui vient d'être assassiné avec toute sa caravane, Radoslav et Milka trouvent refuge auprès de navigateurs venus du Nord. 
Ils sont recueillis sous le toit de Sädbjorn dont la rusticité commence par les dégoûter, mais la fille de soie, ses suivantes et son frère finissent pourtant par intégrer leur nouvelle existence, notamment grâce à Arnlog, la tante de Kare et Svarte, qui est une völva (à la fois prêtresse, devineresse et guérisseuse).
Un quasi coup de coeur
Après le style humoristique qui l'a fait reconnaître, le dernier genre auquel s'est attaquée Katarina Mazetti est la romance historique. Il est rare que j'en lise, encore plus rare qu'ils me plaisent, car je préfère souvent la lecture de ce qui s'affirme comme une fiction car alors le respect de la réalité historique interfère moins. En postface, l'auteur s'explique sur la part relative de ce qu'elle doit à son imagination et ce qui est le fruit de ses recherches documentaires. Sur le mode des saga, terme islandais pour qualifier un récit historique et familial en prose rapportant les hauts faits d’un ancêtre, elle aborde un sujet peu fréquent avec l'Europe scandinave à la fin du premier millénaire.
Même si le texte n'est pas exempt de certains clichés, il propose dans l'ensemble un dépaysement bien documenté et servi par un indéniable talent de conteuse. Emportée par l'histoire de cette famille, j'ai préféré éviter par principe les têtes de chapitre trop bavardes car je n'aime pas connaître par avance ce qui va se passer. On suit tous ces personnages sur deux générations dans les différents moments de leur histoire et on découvre avec un peu de surprise les conditions de vie des Vikings au quotidien, leur organisation territoriale et clanique sans véritable contrôle étatique, leurs prouesses de navigateurs et l'ampleur des échanges commerciaux avec l'Europe, la vérité d'une économie basée, plus encore que le pillage, sur le trafic d'esclaves utiles à l'entretien des fermes et des champs, l'importance des femmes et leur rôle dans la vie domestique mais aussi religieuse.

L'info en +
Marins venus du Nord, ils partaient loin de leurs rives pour accomplir des raids fructueux. Commerçants avant tout, ils ont développé des voies commerciales denses. Navigateurs talentueux, ils ont parcouru l’Europe, favorisant les brassages ethniques et culturels et dépassant les clivages de l’Europe de l’époque. Les Vikings ont aussi, avec Rollon, expérimenté de nouvelles formes de gouvernement. 

mardi 17 mars 2015

Un mot, des genres

Un challenge proposé par Magicienned'Oz : il s'agit entre mai et septembre de lire 5 livres contentant le même mot - pour moi FILLE - dans des genres différents

dimanche 24 novembre 2013

La fille aux yeux de Botticelli

Je reprends ce roman d'Herbert Lieberman après une longue pause (je l'avais entamé mais laissé quelque part au cours de l'été 2010 - retrouvé et achevé à l'automne 2012)
Mark Manship prépare une gigantesque rétrospective sur Botticelli pour le MET (Metropolitan Museum de New York). Il parcourt l'Europe à la recherche de pièces rares, tableaux et dessins préparatoires, hante les ventes aux enchères ou les collections publiques et privées. Dans le même temps, des toiles du maître sont sauvagement mutilées, tandis qu'à Rome, apparaît une série de cadavres énucléés. Le projet n'est apparemment pas du goût de tout le monde... au sein du conseil d'administration, Mark doit également composer avec l'opposition de son supérieur. Poursuivant néanmoins sa programmation avec ténacité, il parvient à rencontrer Isobel Cattaneo, l'héritière du modèle supposé avoir posé pour Le printemps et La naissance de Vénus (Simonetta Vespucci). Il tente de la convaincre de quitter sa retraite toscane et de venir à New York pour l'inauguration, dans l'intention initiale est de "faire le buzz", afin de susciter les commentaires de la presse événementielle. Mais la jeune femme refuse toute publicité autour de son ancêtre. Au delà de sa beauté, Mark se sent pourtant touché et singulièrement attiré par le mélange de force et de fragilité qui émane d'elle. Héritier d'une vieille famille, le comte Ludovico Borghini veille également sur Isobel. Les deux hommes ne peuvent manquer de se rencontrer : leur rivalité est spontanée et immédiate !
Deux intrigues se nouent dans le roman et je me suis inégalement intéressée à l'une et l'autre : au début, la passion manifestée par Mark, le montage de l'exposition autour de l'oeuvre de Sandro Botticelli, qui doit marquer le sommet de sa carrière et ses recherches dans toute l'Europe m'ont tenue en haleine ; ensuite, la partie criminelle du roman et l'interrogation sur les liens - évidents - mais le mobile - obscur - entre les crimes et le projet de Mark, ont eu du mal à prendre ; toute la partie où il ne se résout pas à rentrer en Amérique après sa rencontre avec Isobel m'ont paru trainer en longueur (j'ai interrompu ma lecture à ce stade) ; enfin, l'ébauche du dénouement, quand une probabilité commence à émerger, m'a parue tirée par les cheveux, peu convaincante et le traitement de la chute, devenue prévisible avec les trois ingrédients le gentil, le méchant et la belle, ont fini de me décevoir : un polar par lequel je ne me suis sentie prise à aucun moment et des personnages dont aucun n'a suscité la moindre empathie.

lundi 15 avril 2013

La fille de mes rêves

Je salue l'heureuse initiative que cette édition spéciale Rivages/Noir qui met à l'honneur deux courtes nouvelles de Donald Westlake : La fille de mes rêves, suivie d'Intrigue conjugale. Un catalogue raisonné des auteurs publiés dans la collection (mise à jour 2011) complète le volume et dresse un panorama alléchant : amateur de polar à l'humour noir, j'ai fait mon marché parmi les titres, qui iront rejoindre Gone, Baby gone de Dennis Lehanne dans ma PàL. Pour conclure sur le côté matériel, j'ai été attirée par la qualité d'impression, la belle matière et l'aspect soigné des couvertures.

L'histoire est celle d'un jeune homme dont le songe récurrent se poursuit et s'enchaîne, nuit après nuit, lui faisant vivre une douce passion avec une jeune femme " rêvée ". Grisé par cette vie nocturne où il se révèle plus téméraire que dans son quotidien, il perd pied peu à peu avec la réalité. Le rêve prend bientôt la place la plus importante, vient empiéter et bouleverser ses habitudes, son rapport aux personnes qui l'entourent et lui fait perdre tout bon sens !
Intrigue conjugale est l'histoire d'une manipulation qui tourne au désavantage de son instigatrice. L'écriture concise et limpide, conjuguée à un humour noir décapant, semble un des traits distinctifs du style de l'auteur.

jeudi 6 septembre 2012

Une sainte fille et autres nouvelles

Reçues en partenariat Livraddict / Folio2€ trois nouvelles de Franz Bartelt sont rassemblées dans le recueil La mort d'Edgar dont le texte éponyme figure d'ailleurs au rang de cet extrait.
Présentation éditeur : 
Un homme, qui parlait rarement aux villageois, déplore soudainement la perte de son frère. Devant ce deuil, le maire, le cafetier, le curé, tous décident de participer au deuil et de rendre au disparu qu'ils ne connaissaient pas un vibrant et dernier hommage.
Chaque texte est centré sur un personnage principal, marginalisé au sein d'une communauté villageoise et dont la différence sert à faire émerger les travers et postures prétentieuses de groupes humains bien assis sur des certitudes qui au final se révèlent infondées, grotesques ou dérisoires. Les choses sont simplement constatées, décrites sans acrimonie mais le choix des situations de départ témoigne de l'humour acide de l'auteur, qui guide son lecteur vers ses propres conclusions sur la vanité des hommes. J'ai beaucoup apprécié la découverte et comme il a écrit surtout des nouvelles - mon genre de prédilection - je ne vais pas en rester là !

dimanche 15 juillet 2012

Un mot, des titres : premier anniversaire !

Fille(s) Girl(s) au programme pour le 15 juillet
Tous les détails du tirage au sort et des conditions de participation chez Calypso
Un mot, une fille, des dizaines de possibilités 

Ce que veulent les filles :
Même s'il s'agit d'une lecture chik lit sans surprise, puisque ce roman de Leigh Rilker est publié dans la collection Red Dress, je suis tout de même de plus en plus étonnée par la banalisation des scènes de sexe dans la littérature pour jeunes adultes. Pour ce qui est des caractères, la tendance est toujours à la romance fleur bleue (un jour mon prince viendra...), sauf que les héroines des temps modernes n'hésitent plus à craquer dès le premier soir, voire à draguer dans les bars !

Darcie Baxter est une new yorkaise débarquée de son Ohio natal pour réussir dans le commerce de lingerie fine. Son employeur, Wunderthings, ayant décidé de se lancer à la conquête du marché pacifique, elle obtient la gestion du projet pilote à Sydney et s'envole pour l'Australie. A peine remise d'une déception avec son petit ami, Darcie se jette à la tête d'un bel éleveur de moutons. Elle doit tenir d'Eden, sa grand mère de 82 ans, qui collectionne les amants : le dernier en date a la moitié de son âge.
Bien que Dylan Rafferty incarne pratiquement la perfection masculine, Darcie hésite néanmoins à sacrifier sa liberté et ses ambitions de carrière. En plus d'être très bel homme et de posséder un ranch rentable, il est aimable, solide et compréhensif ; son seul défaut est de vouloir une épouse à la maison et lui faire des enfants. Ah ces jeunes femmes qui veulent concilier amour et travail ! Elles donnent du fil à retordre aux machos au coeur tendre.

De l'Ohio on n'apprend pas grand chose, sinon que c'est particulièrement rural et que les filles y ont la réputation d'être naïves.


Cincinnati,  OHIO