My Lou Book a finalement décidé, en toute indépendance et sans céder à l'insistance de certaines, de perpétuer son challenge autour de Virginia Woolf jusqu'en janvier 2012. Je m'inscris pour les quatre bonnes raisons ci-dessous (au moins), avec par ordre d'apparition dans ma PàL :
- Mrs Dalloway qui attend patiemment (c'est dans son caractère !!) depuis un swap en 2009
- Une chambre à soi, à l'origine une conférence sur les femmes et l'écriture, mais également une mine de renseignements pour qui souhaite partir à la découverte des écrivains anglo-saxons : je me suis promis de le relire plusieurs fois tant il m'a apporté
- Virginia Woolf ou la dame sur le piédestal, une réflexion d'Anne Bragance sur ses sources littéraires, qui m'a beaucoup plu mais pour lequel j'ai un billet à finir depuis... plus que ça
- Flush, une biographie, dont la chronique paraît sur Biblioblog au moment où j'écris ce billet et que j'avais aussi repéré dans ma LàL (il n'y a pas de hasard, juste des coïncidences) !
- La maison des Carlyle et autres esquisses.
dimanche 30 janvier 2011
samedi 29 janvier 2011
Pourquoi j'ai tué Pierre
Pourquoi j'ai tué Pierre est une BD choc sans être choquante ; elle aborde de façon à la fois subtile et sans faux semblants l'incompréhension et la vulnérabilité des enfants face aux abus des adultes.
Recommandé par un ami qui me l'a prêté, il est resté un moment dans ma PàL sans que j'y touche, je n'en connaissais pas le sujet et la couverture ne m'attirait pas particulièrement. Pour ceux qui comme moi sont incapables de voir simultanément les deux visages du dessin en noir et blanc ci-contre, qui figure les âges de la vie à travers une femme jeune et une vieille imbriquées l'une dans l'autre, je précise que la couverture fonctionne à l'identique : elle représente deux visages qui s'entrecroisent, un juvénile à la chevelure blonde et un barbu mature à chevelure rousse.
Recommandé par un ami qui me l'a prêté, il est resté un moment dans ma PàL sans que j'y touche, je n'en connaissais pas le sujet et la couverture ne m'attirait pas particulièrement. Pour ceux qui comme moi sont incapables de voir simultanément les deux visages du dessin en noir et blanc ci-contre, qui figure les âges de la vie à travers une femme jeune et une vieille imbriquées l'une dans l'autre, je précise que la couverture fonctionne à l'identique : elle représente deux visages qui s'entrecroisent, un juvénile à la chevelure blonde et un barbu mature à chevelure rousse.Entre une grand-mère qui tient à son instruction religieuse et des parents libertaires, Olivier grandit sans le tabou de la nudité. Il est heureux lorsque Pierre, l'ami de la famille, l'invite dans un camp de vacances organisée par la paroisse. Pierre est plus un copain qu'un curé, il traite Olivier à part, discute d'égal à égal, se balade avec lui... Olivier grandit, il continue à partir en colonie. Un jour, Pierre l'entraîne sous sa tente, sous son drap...
Aucun membre de son entourage ne l'a su car personne n'était peut être en mesure d'envisager le moindre soupçon. Dans ce texte mis en image par Alfred, Olivier Ka exorcise le souvenir destructeur qui marqua à jamais la perte de son innocence. L'adulte qu'il est devenu s'est construit sur les ruines de ses certitudes d'enfant, un fardeau qui s'est alourdi par les années de non-dit. A chaque tête de chapitre, l'auteur répète comme une litanie : " J'ai tué Pierre parce que j'ai xx ans " et d'année en année, il trouve une bonne raison de tuer le prêtre et l'ami qui a trahi sa confiance. En une promesse tacite, il a pourtant attendu la mort de Pierre pour rompre le silence et essayer enfin de passer outre.
Alfred devenu spontanément son confident et son interprète, l'a accompagné lorsqu'il s'est engagé dans un questionnement qui confine au réflexe de survie : évoquer, comprendre, voire pardonner, lorsque sa démarche l'a amené à retourner sur " le lieu du crime " (qui donne lieu à de magnifiques images presque surréalistes) et lorsqu'il a peiné à reconnaître le coupable sous les traits d'un homme vieillissant, diminué et pitoyable qu'il ne parvient pas à haïr.
Pourquoi j'ai tué Pierre est un album de qualité, qui n'est pas forcément d'un abord facile mais qui est remarquable par sa cohérence interne : les dessins fonctionnent à l'unisson du texte, en expriment ou en soulignent les subtilités, auteur et dessinateur sont parvenus à une réciprocité, une qualité d'empathie, proches de la perfection. Je suis vraiment enthousiaste ; l'avis d'Hélène est plus mitigé : http://lesjardinsdhelene.over-blog.com/article-11200728.html
vendredi 28 janvier 2011
Des fleurs pour Algernon
Algernon est le nom d'une souris blanche de laboratoire que le professeur Nemur et le docteur Strauss ont soumise à une expérimentation sur l'intelligence : elle a survécu à une opération du cerveau qui a permis d'en tripler les capacités et dont les effets semblent persister. L'équipe scientifique recherche un cobaye humain sur lequel pratiquer une opération neurochirurgicale identique pour poursuivre leurs expériences. Leur choix se porte sur Charlie Gordon, un jeune adulte attardé, qui travaille comme garçon à tout faire chez le boulanger Donner et suit des cours du soir avec Mlle Kinnian pour apprendre à lire et à écrire. C'est un simple d'esprit : abandonné par sa famille et moqué par ses compagnons, il ne voit pas le mal et dans son désir d'aimer et d'être aimé, il trouve tout le monde gentil. Il est averti des risques d'échec mais aspire de toutes ses forces à " devenir ossi un télijen que cète souris d'Algernon ".
Charlie choisit le moment du congrès international au cours duquel doivent être communiqués les résultats de l'expérimentation et qui réunit les meilleurs spécialistes pour remettre en cause les capacités scientifiques de l'ensemble de la profession. Il libère la souris en pleine assemblée, s'enfuit avec elle et l'installe chez lui. Dans le même temps, il commence à contester les résultats du professeur, s'intéresse au protocole de recherche qui lui a été appliqué ainsi qu'à Algernon et mène ses propres travaux. Il apprend ainsi que le laboratoire lui a caché les premiers signes d'instabilité survenus chez Algernon et rédige un rapport intitulé L'effet Algernon-Gordon.
Il entretient avec la souris un rapport plus intime qu'avec n'importe quel humain : au début, ils sont engagés dans une rivalité liée à l'expérience ; la souris a été opérée plus tôt et elle a assimilé les tests que Charlie découvre ; elle se montre plus rapide et plus efficace à la course dans le labyrinthe. Ensuite, il s'identifie à elle et la personnifie : elle est à la fois le seul être avec lequel il possède en partage le vécu d'une expérience unique, hors du commun, et la seule qu'il croit capable de ressentir ce qu'il éprouve.
Le procédé choisi par Daniel Keyes permet de suivre l'évolution de Charlie à travers ses comptes-rendus destinés au laboratoire et au communiqué devant les membres du congrès. Ils couvrent la période allant des premiers tests psychologiques préalables à l'opération, le 3 mars jusqu'au 21 novembre de la même année, soit environ la durée d'une gestation. Le processus permet de dérouler les pensées, commentaires et explications de Charlie à la fois sujet et objet d'expérience. Imbécile heureux avant l'opération, il s'aperçoit que l'acquisition de connaissances, sans altruisme et sans la recherche parallèle de partage et d'échanges humains, ne saurait donner le bonheur. En cela, le roman est profondément prométhéen. Les pages les plus belles sont relatives à la description de l'expérience extrême qu'il vit sur le divan du docteur Strauss, quand il est aspiré et tenté de s'immerger dans la pure lumière de la connaissance pour n'en plus revenir. Les images sont tirées du mythe platonicien de la caverne.
jeudi 27 janvier 2011
Le jeudi c'est citation
Je voudrais dormir moins et rêver plus.Pendant chaque minute où nous fermons les yeux, nous perdons soixante secondes de lumière.
Gabriel Garcia Marquez
Lettre à ses amis
" Adieux à la vie publique "
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lundi 24 janvier 2011
Les contes du boudoir hanté
En Chine, où la tradition littéraire est plus ancienne qu’en Europe, la population apprécie énormément les nombreuses histoires orales où se côtoient fantômes, dragons, maisons hantées, renards magiques (des jeunes filles) et autres monstres du bestiaire. Les contes du boudoir hanté représentent une suite de 496 nouvelles fantastiques, rassemblées et transcrites par Pu Songling entre le 17ème et le 18ème siècle.
Je bouquine dans le numéro 323 de janvier 2011 reprend l’intégralité de la troisième histoire du premier rouleau, illustrée par Yishan Li et adaptée par Jean Philippe Morvan.
Deux autres albums sont déjà parus chez Delcourt et chacun titre le nom d’une héroïne : Nie Xiao Qian (Petite Grâce) et Hua Gu Zi (La fille fleur).
Le tome 3 est une histoire d’amour tragique. Le père de Lian Cheng, qui est un riche lettré, a décidé d’organiser un concours de poésie pour désigner son futur gendre. Mais Lian s’est éprise de Qiao, un jeune étudiant sans argent, qui prépare les examens impériaux (équivalent du recrutement des fonctionnaires) et gagne sa vie comme scribe. Avec l’aide de sa suivante, elle parvient à le prévenir et le jeune homme réussit brillamment l’épreuve. Mais le père de Lian refuse de donner sa fille à un homme de condition modeste et elle tombe malade. Seul Qiao possède le remède pour la sauver, mais c’est peine perdue car Lian est fiancée de force à un homme aisé mais suffisant et grossier…


L'histoire est universelle et raconte les amours contrariées de deux jeunes gens, séparés par leur famille ou leur condition et qui renoncent à vivre l'un sans l'autre.
Les héroïnes avec leur peau diaphane et leur chevelure savamment arrangée ressemblent aux exquises peintures sur porcelaine chinoises. Le graphisme de toute beauté me rappelle celui de Fées et tendres automates. Si pour l'imaginaire, il existe des similitudes avec le Japon, pour l'esthétique, il se distingue radicalement de l'influence des mangas.

BD - PàL sèche - Janvier - Chine
En fait de diète PàL sèche, je vais finir ce challenge avec une PàL obèse !
vendredi 21 janvier 2011
Les fractals
Ian Stewart est professeur à l'Université de Warwick (Grande-Bretagne) et il cherche à montrer qu'il est possible d'expliquer les mathématiques modernes en s'amusant. Il travaille donc à partir de la BD - scientifique - et a créé une héroïne dodue, naïve, vive et extravagante, couronnée des piquants de la statue de la Liberté, qu'il a mise en scène dans plusieurs aventures, Les chroniques de Rose Polymath.
Avec son copain Gaston, Rose s'intéresse à la présentation des objets fractals, en s'appuyant sur de nombreux exemples de la vie quotidienne (le flocon de neige, premier fractal identifié) ou des situations courantes : employée dans une usine de fromage, elle réussit à prouver, à partir de la théorie des fractals qu'il est possible de produire avec presque rien des fromages (comme le cube évidé ci-dessous) de volume nul et de surface infinie...
Les explications restent assez ardues et les illustrations en noir et blanc sont plus proches du croquis que du dessin soigné, mais la tentative est intéressante et le bénéfice, sinon d'avoir saisi l'ensemble de la démonstration mathématique, est d'avoir compris que du niveau macro-moléculaire à l'infini de l'univers, l'application des fractals est présente partout dans le monde qui nous entoure.
Les fractals ont été inventés par Benoit Mandelbrot, mathématicien d'origine polonaise, pour décrire la géométrie de la nature, dont les formes complexes et irrégulières échappent à la géométrie classique. Une particularité des fractals est la répétition de formes similaires à différentes échelles d'observation. Ainsi, une partie d'un nuage ressemble au nuage tout entier et un rocher rappelle les formes de la montagne. Une forme typiquement fractale est celle du chou-fleur, ou du brocoli, dont les parties sont semblables au tout.


Si vous êtes subjugués par la beauté des nombres,
vous lirez avec intérêt Je suis né un jour bleu par Daniel Tammet.
Quotidien délirant
Miguelanxo Prado prévient le lecteur que parmi les personnages qui peuplent ses histoires il peut avoir l'impression de retrouver le voisin du troisième, la vieille d'en face, le chauffeur du taxi de l'autre jour... mais que cela reste une pure coïncidence.
Les courtes histoires (de quelques planches chacune) commencent toutes de manière assez quotidienne : un pique-nique en famille, l'achat des cadeaux de Noël, une partie de pêche, une séance de photographie, des courses en magasin... dans lequel l'auteur introduit le grain de sable qui fait disjoncter la banalité. Tout dérape alors assez vite et la situation échappe aux protagonistes, pour basculer dans la quatrième dimension ou pour montrer une image satirique de la société. Qu'ils soient bouffis de suffisance ou bouffons, Prado dépeint ses contemporains, avec humour grinçant et tendresse, en exacerbant petits travers et vilains défauts : préjugés, médiocrité, avarice, obséquiosité, bêtise, veulerie... Il mélange les techniques et varie d'une histoire à l'autre : les amateurs de pastels apprécieront.
Les courtes histoires (de quelques planches chacune) commencent toutes de manière assez quotidienne : un pique-nique en famille, l'achat des cadeaux de Noël, une partie de pêche, une séance de photographie, des courses en magasin... dans lequel l'auteur introduit le grain de sable qui fait disjoncter la banalité. Tout dérape alors assez vite et la situation échappe aux protagonistes, pour basculer dans la quatrième dimension ou pour montrer une image satirique de la société. Qu'ils soient bouffis de suffisance ou bouffons, Prado dépeint ses contemporains, avec humour grinçant et tendresse, en exacerbant petits travers et vilains défauts : préjugés, médiocrité, avarice, obséquiosité, bêtise, veulerie... Il mélange les techniques et varie d'une histoire à l'autre : les amateurs de pastels apprécieront.jeudi 20 janvier 2011
Le bleu des vitraux
Le roman se déroule à La Réunion au milieu du siècle dernier, mais l'histoire se colore d'un indéfinissable charme intemporel. D'une plume exquise, dans une langue expressive et poétique, Jean Lods fait revivre le petit monde créole des colonies, la bonne société française de l'océan indien. Chaque page mériterait de s'arrêter sur la beauté d'une citation : l'évocation d'un paysage de l'île, l'équilibre d'un ineffable instant magique, la fugacité d'une sensation proche du bonheur.
Yann est venu avec Muriel assister aux funérailles de sa mère, qu'il n'a pas revue depuis un trentaine d'années, l'occasion pour lui de revenir sur la généalogie familiale. René Toulec, héritier d'une grande famille foncière, a fait des études d'agronomie. Sa mère, la veuve noire, veille encore jalousement sur le domaine de Bois-Rouge qui produit la canne à sucre destiné à l'exportation vers la métropole. René aurait dû épouser Armande de Vilenne, de bonne famillle quoique ruinée, s'il n'avait croisé la route d'Anne-Sylvie Imbert. Arrivée à La Réunion sur le Porthos pour enseigner les lettres classiques au lycée de Saint Denis, son histoire est celle d'une sorte de Mme Bovary des tropiques. Ni le mariage avec René, ni la maternité ne la rendent heureuse. Languissante, inattentive à son mari et à l'éducation de son fils, elle se désintéresse de sa maison et du domaine et abandonne toute vélléité face à l'autoritarisme de sa redoutable belle-mère. L'enfance de Yann vit douloureusement l'absence de père et de mère, chacun occupé à ses affaires et à sa vie intérieure.
Comme le bleu des vitraux du Moyen-Age dont le secret de fabrication s'est perdu, les souvenirs d'enfance sont enfouis dans les méandres de la mémoire. Malhabile à les restituer avec exactitude, l'auteur tente une traque chronologique systématique de ses sentiments face aux évènements du passé, même s'il sait la démarche vouée à l'échec car à l'instant même d'en prendre conscience " nous ne serons plus jamais ce que nous sommes."
Comme le bleu des vitraux du Moyen-Age dont le secret de fabrication s'est perdu, les souvenirs d'enfance sont enfouis dans les méandres de la mémoire. Malhabile à les restituer avec exactitude, l'auteur tente une traque chronologique systématique de ses sentiments face aux évènements du passé, même s'il sait la démarche vouée à l'échec car à l'instant même d'en prendre conscience " nous ne serons plus jamais ce que nous sommes."
Le maître du Haut-Château
En 1947 a eu lieu la capitulation des Alliés devant les forces de l'Axe, à la suite de laquelle les vainqueurs se sont partagés le monde : pendant qu'Hitler imposait la tyrannie nazie dans l'est des Etats-Unis, en Europe et en Afrique, à l'ouest, les Etats-Unis du Pacifique étaient livrés aux armées d'occupation nippones.
Pourtant une étrange rumeur persistante circulait. Du haut de son château, barricadé dans les Montagnes Rocheuses et inaccessible, un écrivain avait imaginé un roman de science-fiction qui raconte la victoire des Alliés en 1945, suite à la trahison italienne. Les Nazis s'en émurent et voulurent y couper court.
Je viens de refermer Le maître du haut château, un des succès incontesté de Phillip K. Dick, publié en 1962 et lauréat du prix Hugo en 1963, et je reste très indécise quant à mon impression finale ! Ce fut une lecture laborieuse... qui heureusement fut soutenue par l'échéance commune du 20 janvier avec Lhisbei, Jérémy Zucchi, Val et Cachou, car je l'aurais abandonnée pour d'autres livres qui m'attendent et me semblent plus attractifs !
La problématique est passionnante mais je n'ai pas adhéré à la forme.
Le déroulement de l'histoire est (très, trop, inutilement) lent, compliqué et crypté :La problématique est passionnante mais je n'ai pas adhéré à la forme.
- les personnages apparaissent alternativement et les passages s'enchaînent mais le lien qui les unit tarde à se nouer. Je ne suis pas un lecteur particulièrement impatient mais là j'étais agacée...
- les digressions et personnages secondaires étouffent le fil du récit autour des principaux protagonistes Hawthorne Abendsen, l'écrivain, et Juliana Frink, drôle d'héroine dont le rôle est illisible jusqu'au bout, y compris pour elle : les raisons et rebondissements de son voyage depuis San Francisco ne sont pas crédibles. Je suis plutôt bon public mais là je n'étais pas convaincue...
- c'est un récit à clef, presque ésotérique pour certains passages, l'auteur évoque le Bardo Thödol, le livre des morts tibétain sans même une explication.
Enfin, je n'ai pas supporté les nombreux termes étrangers (latin, italien, allemand) qui, par défaut de la traduction ou volontairement, émaillent le texte dans leur version originale. Je suis un lecteur particulièrement compréhensif sur les difficultés de l'exercice et j'aime lire les auteurs étrangers si possible dans leur langue mais là j'étais découragée...
Pourquoi dans ce cas, les vers composant les hexagrammes tirés de l'Oracle ou Yi-king, ouvrage millénaire chinois aussi appelé Livre des transformations, sont-ils traduits ? Quelle logique ? Au contraire, l'usage fréquent de l'ouvrage, omniprésent dans tous les territoires occupés par les Japonais et consulté pour la moindre décision quotidienne est très bien expliqué, à la fois dans les étapes de la demande, de la lecture et de l'interprétation des vers et dans les différente manières de pratiquer, avec les baguettes ou avec les pièces.
J'en retiens que le plus intéressant a trait aux livres dans le livre, le Yi-king déjà évoqué et La sauterelle pèse lourd, que tous les protagonistes ont eu entre les mains et dont de larges extraits sont cités. Phillip K. Dick procède à la mise en abyme de deux uchronies : dans le roman de science fiction imaginé par Abendsen est décrite une version divergente de ce qui est posé comme réalité dans Le maître du haut château : les Etats-Unis ne sont pas restés isolationnistes, Pearl Harbor n'a pas eu lieu, les nazis n'ont pas pu poursuivre leur grand dessein pan-germanique... et si l'Oracle avait tout prévu de bout en bout ?
mercredi 19 janvier 2011
Brendan et le secret de Kells
Brendan et le secret de Kells.
Le tome 2, raconte les origines et fait suite au film, qui a reçu le prix du public au festival d'Annecy.
L'abbaye de Kells est dirigée d'une main de fer par le sévère abbé Cellach. Ancien enlumineur, ce dernier a abandonné toute activité créatrice pour consacrer ses efforts à la construction d'une gigantesque muraille défensive contre les Vickings. Au lieu d'écouter ses conseils et de suivre son enseignement, Brendan son neveu passe son temps au scriptorium avec les enlumineurs. Parmi les populations réfugiées, chassées par les hordes barbares, arrive Frère Aidan, un maître-enlumineur qui protège jalousement un fabuleux manuscrit inachevé. Pressentant les dispositions exceptionnelles de Brendan, il lui apprend à dessein les secrets de son art.
L'abbaye de Kells est dirigée d'une main de fer par le sévère abbé Cellach. Ancien enlumineur, ce dernier a abandonné toute activité créatrice pour consacrer ses efforts à la construction d'une gigantesque muraille défensive contre les Vickings. Au lieu d'écouter ses conseils et de suivre son enseignement, Brendan son neveu passe son temps au scriptorium avec les enlumineurs. Parmi les populations réfugiées, chassées par les hordes barbares, arrive Frère Aidan, un maître-enlumineur qui protège jalousement un fabuleux manuscrit inachevé. Pressentant les dispositions exceptionnelles de Brendan, il lui apprend à dessein les secrets de son art.
Le tome 2 est le récit du parcours initiatique du jeune novice. Défiant ses propres peurs et l'interdiction de Cellach, il sort de l'abbaye pour collecter des ingrédients dans la forêt enchantée, peuplée de créatures mythiques. Contrastant avec l'austérité de la vie à Kells, le monde sauvage se révèle merveilleusement riche, plein de dangers, de promesses et de mystères. Il y croise Aisling, un esprit de la forêt dont le peuple a été décimé par le prince des ténèbres et dont l'aide espiègle lui est précieuse. Afin de parachever les délicates miniatures de la page de garde du manuscrit, il doit encore s'approprier l'oeil de Crom dissimulé au coeur des ténèbres, un " cristal qui donne la faculté de voir les détails les plus minuscules ".
Enfin, il subit une dernière épreuve le jour de l'attaque tant redoutée de l'abbaye : il doit s'enfuir avec Frère Aidan et le livre en laissant son oncle aux prises avec les Vickings. Le vieux maître réussit néanmoins à parachever son éducation et Brendan part prêcher en Europe où la splendeur du Livre enfin révélé éclaire les foules et leur ouvre les yeux. De retour en Irlande, il a le bonheur inattendu de retrouver son oncle, qui admet son erreur de jugement et meurt apaisé en admirant le Livre de Kells, symbole de la victoire de l'art et de la foi sur la barbarie et l'obscurantisme.
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La narration de Tomm Moore s'appuie sur un des chefs-d'oeuvre de l'art religieux médiéval, le livre de Kells, un manuscrit enluminé qui raconte un des mythes fondateurs de l'Irlande. Les amis de Brendan, les joyeux moines enlumineurs - un vieux barbu de type européen, un autre aux traits asiatiques et un troisième vraisemblablement venu d'Afrique, synthétisent la grande diversité des cultures qui auraient nourri le Livre.
Le texte et de l'image respectent une cohérence attentive et toutes les pages sont très composées : de nombreuses illustrations s'inspirent des motifs d'entrelacs typiquement celtes ; certaines planches ressemblent à de véritables pages de manuscrit, les unes sont totalement monochromes, d'autres scènes (de bataille) sont de noir, de blanc et de rouge... et fourmillent de détails. Je suis très sensible à ce graphisme issu de l'infographie, qui me rappelle la série Gargouilles.mardi 18 janvier 2011
Bernard Berrou [3]
RécitsLe voyage d'octobre (premier roman "fondateur")
Une saison en Irlande ou l'attente de l'ouest
Lu le 18 janvier 2011
Je vous écris d'Irlande, Abécédaire
Lu le 18 janvier 2018
Bernard Berrou fait oeuvre de peintre quand il raconte la rude beauté des paysages d'Irlande autant que de conteur pour décrire ses rencontres de hasard avec les habitants, des plus extraordinaires aux plus anonymes. Les points culminants sont des lieux qu'il aime fréquenter, sans doute parce que l'horizon et les cieux peuvent y montrer toute l'étendue de leur démesure. Les écarts, les îles peu visitées l'attirent particulièrement, il y retrouve l'Irlande immémoriale, qu'il a visitée la première fois il y a plus de quarante ans. Destination choyée et répétée inlassablement, creusée année après année, il en apprécie la chaleur de l'accueil et l'authenticité conservée. La littérature et les écrivains, autochtones et étrangers, ceux qui y vivent et ceux qui en parlent, tiennent également une place importante dans les voyages de l'auteur, dont il aime partager le récit.
lundi 17 janvier 2011
Un été en Sibérie
Interview : Le grand souvenir, c'est la Sibérie en 1990. "Une vraie galère, en août il fait déjà très froid, on a les pieds moisis, l'eau ne bout pas, les distances sont longues et rien n'est sûr. Les gens boivent tellement que le camion que vous devez prendre pour vous rendre d'un lieu à un autre arrive avec quarante-huit heures de retard ; après sa cuite, le chauffeur a dû cuver. C'est moins drôle lorsque vous vous retrouvez sans nourriture. C'est une terre étrange, mais les paysages sont très beaux, avec beaucoup d'animaux et peu d'habitants."
samedi 15 janvier 2011
Inconnu à cette adresse
Mes deux partenaires du circle challenge ABC 2011 l'ont lu et apprécié ; bien qu'il soit chaudement recommandé sur de nombreux blogues et figure depuis fort longtemps dans ma LàL, je viens seulement de découvrir Inconnu à cette adresse ; une pièce de théâtre en est tirée avec Charles Berling dans un des rôles.
Tous les ingrédients essentiels d'un succès immédiat et pérenne sont présents dans cette nouvelle qui fit découvrir le talent de son auteur : un parfait équilibre entre une intrigue géniale de simplicité, l'intense densité psychologique et le potentiel critique de l'histoire, une écriture concise et fluide, une justesse de ton pour rendre les sentiments des deux hommes, un questionnement scrupuleux, méthodique et exempt d'hystérie par rapport aux évènements contemporains (ce texte est écrit en 1938 tout de même !).
Tous les ingrédients essentiels d'un succès immédiat et pérenne sont présents dans cette nouvelle qui fit découvrir le talent de son auteur : un parfait équilibre entre une intrigue géniale de simplicité, l'intense densité psychologique et le potentiel critique de l'histoire, une écriture concise et fluide, une justesse de ton pour rendre les sentiments des deux hommes, un questionnement scrupuleux, méthodique et exempt d'hystérie par rapport aux évènements contemporains (ce texte est écrit en 1938 tout de même !).
Dans ce roman épistolaire ultra court, Kathrine-Kressman Taylor imagine sur une base réelle, une correspondance fictive de novembre 1932 à mars 1934 entre deux quarantenaires, associés dans le commerce de l'art et amis. Max Eisenstein est juif et a choisi de rester à San Franciso pour s'occuper de leur galerie. Fortune faite et plein d'espoir, Martin Schulse est retourné, avec sa femme Elsa et leurs enfants, s'établir à Munich, qui tente de se reconstruire sur les ruines de la guerre et de la défaite. D'abord amicaux et spontanés, francs et cordiaux, les courriers et les échanges de vues sur l'avenir politique de l'Allemagne dégénèrent au fil du temps. Martin retrace l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, l'espoir patriotique qu'il redonne à tout un peuple et la montée en puissance du national-socialisme. Longtemps, Max veut croire à l'opportunisme de sa position et à la survivance de leur ancienne complicité, convaincu que l'amitié n'est pas un vain mot. Mais le Martin qu'il connaît, celui dont s'est éprise sa jeune soeur Griselle, comédienne à Vienne, n'est plus. Subjugué par la doctrine nazie et les théories anti-juives, il n'accepte plus que l'argent de Max et rejette avec brutalité ses offres de conciliation nostalgiques, puis ses appels de détresse pressants.
Sévère et sans pitié, la fin est magistralement diabolique : dans un autre contexte, la revanche de Max aurait pu n'être qu'une bonne farce destinée à ouvrir les yeux de son ami.
voir les billets sur Le garçon en pyjama rayé de John Boyne et le film La vague
voir les billets sur Le garçon en pyjama rayé de John Boyne et le film La vague
jeudi 13 janvier 2011
Une fois n'est pas coutume : citation du jeudi
« À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou. » Benjamin Franklin
mercredi 12 janvier 2011
Challenge Voisins Voisines
Allez ! Je m'offre encore un défi très peu contraignant - je pense même pouvoir le réussir sans même m'en rendre compte - pour le simple plaisir d'afficher ce très beau logo sur fond de Spaccanapoli et je vais même m'ajouter une contrainte supplémentaire... cela fait un moment (depuis que j'ai découvert Arnaldur Indridason en fait) que j'ai envie de faire un tour du côté des polars étrangers : je vais profiter de ce challenge que propose Kathel de Lettres-exprès pour commencer par l'Europe :
L'info en plus : en commentaires, la liste des frontières de la France avec ses voisins (parfois étonnants et inattendus)Si vous voulez en être, signalez-vous dans les commentaires et je ferai la liste des participants. Ensuite, un petit mail ou un commentaire à chaque lecture me tiendra au courant. Pas de nombre de livres imposés, un seul ou beaucoup, à votre choix, pas besoin non plus de choisir les titres à l'avance. Il est possible de cumuler avec d’autres défis, bien sûr, et la date limite à partir de laquelle ce produit sera périmé est fixée au 31 décembre 2011. Ah, j’oubliais, voici le logo réalisé de mes blanches mains, avec une vue de Naples en toile de fond…
mardi 11 janvier 2011
Le ballon et autres histoires inédites du petit Nicolas
René Goscinny n'est plus depuis 1977 mais sa descendance : Astérix, Lucky Luke, Iznogoud... est éternelle. Le petit Nicolas aurait eu 50 ans en 2008.
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Lorsqu'à cette occasion, Anne Goscinny le sollicite pour reprendre les pinceaux, Jean-Jacques Sempé répond présent. Le résultat est un petit joyau de fraîcheur, une dizaine de courtes histoires inédites d'où resurgissent sans une ride, le petit Nicolas et de sa bande de terribles copains, Geoffroy, Alceste, Clotaire, Rufus, Eudes, Maixent et les autres. Immortalisés "à vie" sur la photo de classe des petits CP, en compagnie de la maîtresse, des surveillants Le Bouillon et M. Bordenave, du directeur, de l'inspecteur et des parents, ils gardent plus d'un tour pendable dans leur sac, mais restent grandioses de naïveté et de candeur.
J'ai alors fait quelques recherches... Même si le héros cultissime né de l'imagination fertile du duo Sempé-Goscinny est l'écolier le plus célèbre de France, je ne m'attendais pas à trouver autant de titres relatant ses innombrables aventures. Il faut dire que j'avais un peu cessé de tenir le compte des parutions depuis mes dernières lectures qui remontent peu ou prou... au primaire ! Une belle redécouverte que je dois au circle challenge ABC. Difficile toutefois, depuis la sortie du film, d'imaginer la maman de Nicolas sans entendre la voix pointue de Valérie Lemercier.
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Lorsqu'à cette occasion, Anne Goscinny le sollicite pour reprendre les pinceaux, Jean-Jacques Sempé répond présent. Le résultat est un petit joyau de fraîcheur, une dizaine de courtes histoires inédites d'où resurgissent sans une ride, le petit Nicolas et de sa bande de terribles copains, Geoffroy, Alceste, Clotaire, Rufus, Eudes, Maixent et les autres. Immortalisés "à vie" sur la photo de classe des petits CP, en compagnie de la maîtresse, des surveillants Le Bouillon et M. Bordenave, du directeur, de l'inspecteur et des parents, ils gardent plus d'un tour pendable dans leur sac, mais restent grandioses de naïveté et de candeur.J'ai alors fait quelques recherches... Même si le héros cultissime né de l'imagination fertile du duo Sempé-Goscinny est l'écolier le plus célèbre de France, je ne m'attendais pas à trouver autant de titres relatant ses innombrables aventures. Il faut dire que j'avais un peu cessé de tenir le compte des parutions depuis mes dernières lectures qui remontent peu ou prou... au primaire ! Une belle redécouverte que je dois au circle challenge ABC. Difficile toutefois, depuis la sortie du film, d'imaginer la maman de Nicolas sans entendre la voix pointue de Valérie Lemercier.
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Marcellin Caillou rougit hors de propos et cela lui cause des problèmes relationnels jusqu'au jour où il fait la connaissance du fils de ses nouveaux voisins, René Rateau, qui éternue sans raison. Il deviennent les meilleurs amis du monde, appréciant jusqu'au silence qui s'établit parfois entre eux. Mais au retour des vacances, Marcellin découvre que René a déménagé de nouveau et perd sa trace jusqu'à l'âge adulte. Une jolie fable sur la difficulté de vivre sa différence, qu'on soit enfant ou adulte.
lundi 10 janvier 2011
Challenge "réglons nos contes" chez Bloody Selena - thème : La Barbe Bleue
Voilà, en dépit de mes résolutions, je viens encore de craquer pour un challenge... ça ne m'oblige pas à lire plus, mais ça m'astreint à commenter ce que je lis (nuance de taille).
Toutes les explications ICI
Mon 1er/ Je suis en train de lire une étude sur Les fées dans l’occident médiéval
Mon 2ème/ Je me suis souvenue d’avoir croisé un billet sur ce challenge au hasard des blogues
Mon 3ème/ Je fais une association avec un commentaire trouvé ailleurs sur un livre illustré qui revisite le thème Barbe-bleue et m’a bien interpelée
Mon 4ème/ Mon challenge personnel Too ce bleu est un peu en panne…
Mon tout si tu l’acceptes/ Je m’inscris et vais chercher le plus de versions de contes où le mot bleu apparaît dans le titre (il y a aussi l’oiseau bleu, une thématique fort ancienne cf. mon 1er)
Le texte de Charles Perrault figure en intégralité au format pdf sur ebooks.
J'ai choisi une illustration commune qui repèrera tous les billets consacrés aux différentes versions de La Barbe Bleue dans le cadre de ce challenge.Le texte de Charles Perrault
"Voilà, dit-il, les clefs des deux grands garde-meubles ; voilà celles de la vaisselle d’or et d’argent, qui ne sert pas tous les jours ; voilà celles de mes coffres-forts où est mon or et mon argent ; celles des cassettes où sont mes pierreries, et voilà le passe-partout de tous les appartements. Pour cette petite clef-ci, c’est la clef du cabinet au bout de la grande galerie de l’appartement bas : ouvrez tout, allez partout ; mais, pour ce petit cabinet, je vous défends d’y entrer, et je vous le défends de telle sorte que s’il vous arrive de l’ouvrir, il n’y a rien que vous ne deviez attendre de ma colère."
Elle promit d’observer exactement tout ce qui lui venait d’être ordonné, et lui, après l’avoir embrassée, il monte dans son carrosse, et part pour son voyage. Les voisines et les bonnes amies n’attendirent pas qu’on les envoyât quérir pour aller chez la jeune mariée, tant elles avaient d’impatience de voir toutes les richesses de sa maison, n’ayant osé y venir pendant que le mari y était, à cause de sa barbe bleue, qui leur faisait peur. Les voilà aussitôt à parcourir les chambres, les cabinets, les garde-robes, toutes plus belles et plus riches les unes que les autres. Elles montèrent ensuite aux garde-meubles, où elles ne pouvaient assez admirer le nombre et la beauté des tapisseries, des lits, des sofas, des cabinets, des guéridons, des tables et des miroirs où l’on se voyait depuis les pieds jusqu’à la tête, et dont les bordures, les unes de glace, les autres d’argent et de vermeil doré, étaient les plus belles et les plus magnifiques qu’on eût jamais vues. Elles ne cessaient d’exagérer et d’envier le bonheur de leur amie, qui cependant, ne se divertissait point à voir toutes ces richesses, à cause de l’impatience qu’elle avait d’aller ouvrir le cabinet de l’appartement bas. Elle fut si pressée de sa curiosité, que sans considérer qu’il était malhonnête de quitter sa compagnie, elle y descendit par un petit escalier dérobé, et avec tant de précipitation qu’elle pensa se rompre le cou deux ou trois fois. Etant arrivée à la porte du cabinet, elle s’y arrêta quelque temps, songeant à la défense que son mari lui avait faite, et considérant qu’il pourrait lui arriver malheur d’avoir été désobéissante ; mais la tentation était si forte qu’elle ne put la surmonter : elle prit donc la petite clef, et ouvrit en tremblant la porte du cabinet. D’abord elle ne vit rien, parce que les fenêtres étaient fermées. Après quelques moments, elle commença à voir que le plancher était tout couvert de sang caillé, et que dans ce sang, se miraient les corps de plusieurs femmes mortes et attachées le long des murs : c’était toutes les femmes que la Barbe bleue avait épousées, et qu’il avait égorgées l’une après l’autre. Elle pensa mourir de peur, et la clef du cabinet, qu’elle venait de retirer de la serrure, lui tomba de la main. Après avoir un peu repris ses sens, elle ramassa la clef, referma la porte, et monta à sa chambre pour se remettre un peu ; mais elle n’en pouvait venir à bout, tant elle était émue. Ayant remarqué que la clef du cabinet était tachée de sang, elle l’essuya deux ou trois fois ; mais le sang ne s’en allait point : elle eut beau la laver, et même la frotter avec du sablon et avec du grès, il demeura toujours du sang, car la clef était fée, et il n’y avait pas moyen de la nettoyer tout à fait : quand on ôtait le sang d’un côté, il revenait de l’autre. La Barbe bleue revint de son voyage dès le soir-même, et dit qu’il avait reçu des lettres, dans le chemin, qui lui avaient appris que l’affaire pour laquelle il était parti venait d’être terminée à son avantage. Sa femme fit tout ce qu’elle put pour lui témoigner qu’elle était ravie de son prompt retour. Le lendemain, il lui redemanda les clefs ; et elle les lui donna, mais d’une main si tremblante, qu’il devina sans peine tout ce qui s’était passé.
" D’où vient, lui dit-il, que la clef du cabinet n’est point avec les autres ?
-Il faut, dit-elle, que je l’aie laissée là-haut sur ma table.
-Ne manquez pas, dit la Barbe bleue, de me la donner tantôt.
Après plusieurs remises, il fallut apporter la clef. La Barbe bleue, l’ayant considérée, dit à sa femme :
" Pourquoi y a-t-il du sang sur cette clef ?
-Je n’en sais rien, répondit la pauvre femme, plus pâle que la mort.
-Vous n’en savez rien ! reprit la Barbe bleue ; je le sais bien, moi. Vous avez voulu entrer dans le cabinet ! Eh bien, madame, vous y entrerez et irez prendre votre place auprès des dames que vous y avez vues. "
Elle se jeta aux pieds de son mari en pleurant, et en lui demandant pardon, avec toutes les marques d’un vrai repentir, de n’avoir pas été obéissante. Elle aurait attendri un rocher, belle et affligée comme elle était mais la Barbe bleue avait le coeur plus dur qu’un rocher.
" Il faut mourir, madame, lui dit-il, et tout à l’heure.
-Puisqu’il faut mourir, répondit-elle en le regardant les yeux baignés de larmes, donnez-moi un peu de temps pour prier Dieu.
-Je vous donne un demi-quart d’heure, reprit la Barbe bleue ; mais pas un moment davantage. "
Lorsqu’elle fut seule, elle appela sa soeur, et lui dit :
" Ma soeur Anne, car elle s’appelait ainsi, monte, je te prie, sur le haut de la tour pour voir si mes frères ne viennent point : ils m’ont promis qu’ils me viendraient voir aujourd’hui ; et si tu les vois, fais-leur signe de se hâter. "
La soeur Anne monta sur le haut de la tour ; et la pauvre affligée lui criait de temps en temps :
" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? "
Et la soeur Anne, lui répondait :
" Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. "
Cependant, la Barbe bleue, tenant un grand coutelas à sa main, criait de toute sa force à sa femme :
" Descends vite ou je monterai là-haut."
-Encore un moment, s’il vous plaît ", lui répondait sa femme.
Et aussitôt elle criait tout bas :
" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? "
Et la soeur Anne répondait : " Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. "
" Descends donc vite, criait la Barbe bleue, ou je monterai là-haut.
-Je m’en vais ", répondait la femme et puis elle criait :
" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
-Je vois, répondit la soeur Anne, une grosse poussière qui vient de ce côté-ci ...
-Sont-ce mes frères ?
-Hélas ! non, ma soeur : c’est un troupeau de moutons ...
-Ne veux-tu pas descendre ? criait la Barbe bleue.
-Encore un moment ", répondait sa femme, et puis elle criait :
" Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
-Je vois, répondit-elle, deux cavaliers qui viennent de ce côté, mais ils sont bien loin encore.
-Dieu soit loué ! s’écria-t-elle un moment après, ce sont mes frères. je leur fais signe tant que je puis de se hâter. "
La Barbe bleue se mit à crier si fort que toute la maison en trembla. La pauvre femme descendit, et alla se jeter à ses pieds tout épleurée et tout échevelée.
" Cela ne sert à rien, dit la Barbe bleue ; il faut mourir. "
Puis, la prenant d’une main par les cheveux, et de l’autre, levant le coutelas en l’air, il allait lui abattre la tête. La pauvre femme, se tournant vers lui, et le regardant avec des yeux mourants, le pria de lui donner un petit moment pour se recueillir.
" Non, non, dit-il, recommande-toi bien à Dieu " et, levant son bras ...
Dans ce moment, on heurta si fort à la porte que la Barbe bleue s’arrêta tout court. On l’ouvrit, et aussitôt on vit entrer deux cavaliers, qui mettant l’épée à la main, coururent droit à la Barbe bleue. Il reconnut que c’étaient les frères de sa femme, l’un dragon et l’autre mousquetaire, de sorte qu’il s’enfuit aussitôt pour se sauver ; mais les deux frères le poursuivirent de si près qu’ils l’attrapèrent avant qu’il pût gagner le perron. Ils lui passèrent leur épée au travers du corps, et le laissèrent mort. La pauvre femme était presque aussi morte que son mari, et n’avait pas la force de se lever pour embrasser ses frères. Il se trouva que la Barbe bleue n’avait point d’héritiers, et qu’ainsi sa femme demeura maîtresse de tous ses biens. Elle en employa une partie à marier sa soeur Anne avec un jeune gentilhomme dont elle était aimée depuis longtemps ; une autre partie à acheter des charges de capitaines à ses deux frères, et le reste à se marier elle-même à un fort honnête homme, qui lui fit oublier le mauvais temps qu’elle avait passé avec la Barbe bleue.
MORALITE
La curiosité, malgré tous ses attraits,
Coûte souvent bien des regrets ;
On en voit, tous les jours, mille exemples paraître.
C’est, n’en déplaise au sexe, un plaisir bien léger ;
Dès qu’on le prend, il cesse d’être.
Et toujours il coûte trop cher.
AUTRE MORALITE
Pour peu qu’on ait l’esprit sensé
Et que du monde on sache le grimoire,
On voit bientôt que cette histoire
Est un conte du temps passé.
Il n’est plus d’époux si terrible,
Ni qui demande l’impossible,
Fût-il malcontent et jaloux.
Près de sa femme on le voit filer doux ;
Et, de quelque couleur que sa barbe puisse être,
On a peine à juger qui des deux est le maître.
dimanche 9 janvier 2011
L'homme des neiges - L'uomo delle nevi
J'adore les dessins de Milo Manara et je suis ravie de chaque occasion de vérifier que je ne connais pas encore toutes ses oeuvres et que je peux encore en découvrir. Dans cette histoire signée Alfredo Castelli, qui questionne le mythe du Yéti, le maître du dessin italien apparaît dans un registre un peu différent de ses habitudes : il y livre néanmoins une oeuvre puissante au graphisme toujours magnifique qui apporte une nouvelle pierre à son talent vertigineux...
Himalaya 1921. Une expédition menée par sir Bruce doit renoncer à vaincre la Reine des neiges car les porteurs sont effrayés par le "répugnant" homme des neiges. Un journaliste du Daily Telegraph soupçonne une mauvaise excuse pour masquer leur défaite et publie un article sarcastique sur l'abominable homme des neiges. Pourtant ses recherches à la bibliothèque l'amènent à réviser sa position, car de trop nombreux ouvrages scientifiques signalent d'étonnantes apparitions sur le toit du monde à Lhakpa-La. En quête de scoop, il prend part à une nouvelle expédition, mais piégé par une avalanche et séparés de ses compagnons, il se retrouve dans une étrange lamaserie.
Le récit glisse insidieusement dans le fantastique, mêlant mysticisme et philosophie bouddhiste. En parallèlle, le héros plonge dans les mystères de sa propre conscience et découvre, en un voyage initiatique, les magies et secrets des moines tibétains : tout comme le monde est illusion, le Yeti est le produit des fantasmes et n'existe que par la projection des angoisses de chacun.
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samedi 8 janvier 2011
Célébutantes
Par "célébutante", contraction de célébrité et débutante, il faut entendre jeune femme issue d’une famille riche et célèbre dont le style de vie et l’allure suscitent l’intérêt des médias.
Comment se faire un prénom dans la jungle d'Hollywood ? est le fruit d'une collaboration, la mise en commun d'expériences vécues par « deux princesses d’Hollywood, Amanda Goldberg [fille de producteur] et Ruthanna Hopper [fille d'acteur, qui] nous guident dans la folle semaine des Oscars, dont elles connaissent toute la magie et tous les secrets depuis leur enfance. (Vanity Fair) »
Lola Santisi est accablée de deux géniteurs d'exception : un réalisateur sur le point d'être double-oscarisé et une ancienne top model. Elle souffre de nullitude, sentiment fréquent chez les enfants de "pipole" ! Fleur bleue, elle est accro aux jeunes premiers qui de leur côté ne pensent qu'à leur carrière. Son frère Christopher essaie de se faire reconnaître comme réalisateur, ses amies Cricket, comme actrice et Kate comme agent et J. Tennant, son meilleur ami gay, comme styliste des stars. Justement, Julian lui demande d'utiliser son carnet d'adresses pour les convaincre de porter ses créations sur le tapis rouge lors de la soirée de remise des Oscars. Adrienne Hunt, sa concurrente et ennemie jurée, engagée par Prada pour la même mission, fait tout pour lui couper l'herbe sous les stylettos...
_En général, les romans du genre se passent à New York, mais ici, il s'agit d'une variante avec Los Angeles, plus précisément Hollywood. La vie des jeunes femmes riches : instituts, boutiques, réceptions, etc. n'y est pas plus facile qu'ailleurs... au contraire : elles ajoutent au problème de l'oisiveté celui de la notoriété. Pour le reste, ce n'est ni mieux écrit, ni plus divertissant, mais cela sonne juste et possède même un certain accent de vérité ; la plupart des noms cités appartiennent vraiment à des personnalités qui ont leur place dans le monde à grand spectacle.
Là où règnent en maîtres absolus, caprices, lubies et privilèges exhorbitants, engouements réversibles d'un jour, concurrence impitoyable et inimitiés farouches, le nom de Lola ne la suffit pas à la protéger de l'inconstance et de la méchanceté des stars, qui prennent les subalternes pour des paillassons et où chacun finit par trouver son inférieur avec lequel il se permet d'être odieux à la mesure de ce qu'il subit.
Comment se faire un prénom dans la jungle d'Hollywood ? est le fruit d'une collaboration, la mise en commun d'expériences vécues par « deux princesses d’Hollywood, Amanda Goldberg [fille de producteur] et Ruthanna Hopper [fille d'acteur, qui] nous guident dans la folle semaine des Oscars, dont elles connaissent toute la magie et tous les secrets depuis leur enfance. (Vanity Fair) »
Lola Santisi est accablée de deux géniteurs d'exception : un réalisateur sur le point d'être double-oscarisé et une ancienne top model. Elle souffre de nullitude, sentiment fréquent chez les enfants de "pipole" ! Fleur bleue, elle est accro aux jeunes premiers qui de leur côté ne pensent qu'à leur carrière. Son frère Christopher essaie de se faire reconnaître comme réalisateur, ses amies Cricket, comme actrice et Kate comme agent et J. Tennant, son meilleur ami gay, comme styliste des stars. Justement, Julian lui demande d'utiliser son carnet d'adresses pour les convaincre de porter ses créations sur le tapis rouge lors de la soirée de remise des Oscars. Adrienne Hunt, sa concurrente et ennemie jurée, engagée par Prada pour la même mission, fait tout pour lui couper l'herbe sous les stylettos..._
Là où règnent en maîtres absolus, caprices, lubies et privilèges exhorbitants, engouements réversibles d'un jour, concurrence impitoyable et inimitiés farouches, le nom de Lola ne la suffit pas à la protéger de l'inconstance et de la méchanceté des stars, qui prennent les subalternes pour des paillassons et où chacun finit par trouver son inférieur avec lequel il se permet d'être odieux à la mesure de ce qu'il subit.
jeudi 6 janvier 2011
Le vieil homme qui m'a appris la vie

Juif non pratiquant, bien qu'il se décrive comme un laïc spécialiste de la religion hébraïque, marié à une goy(a), devenu journaliste et écrivain, il s'est éloigné de sa ville natale et de la synagogue où il a suivi son instruction religieuse, jusqu'à ce qu'Albert Lewis, le rabbin qui l'a vu grandir, lui fasse une curieuse demande : il le sollicite pour faire son éloge funèbre le jour de son enterrement. Commence alors une série d'interviews d'abord timides, puis de discussions à bâtons rompus qui vont durer huit années, aux termes desquelles, lors de l'issue fatale, Mitch Albom a suffisamment appris du vieil homme pour se sentir capable d'en parler du fond du coeur. En parallèle, il vit le réveil de sa conscience fraternelle, sinon religieuse et s'intéresse au sort des sans-abris. Cela lui vaut une seconde rencontre extraordinaire, dont la narration fait également l'objet de ce récit, en alternance. Homme de Dieu, pasteur excentrique revenu de toutes les misères humaines, Henry Covington est aussi démuni que les pauvres au service desquels il s'est mis, suite à une promesse solennelle faite à Dieu, en expiation des méfaits commis durant la première partie de sa vie.
Le vieil homme qui m’a appris la vie est une réflexion sur la vie, la foi, la sagesse, l'humilité, l'espoir et la tolérance. Par la bouche du rabin, le livre révèle le secret du bonheur dans sa simplicité : satisfaction et reconnaissance.
Cela me fait penser au très beau film commandité par France2 et qui raconte l'engagement hors du commun du père Joseph Vrezinski auprès d'une communauté de sans-abris établie dans une banlieue parisienne plutôt aisée. A la façon d'un documentaire, il retrace ses démarches pour leur donner une voix et une dignité retrouvée, assurer éducation aux enfants, travail aux adultes et relogement aux familles, mobiliser les pouvoirs publics au plus haut niveau (préfet, nièce du général de Gaulle) et contrer les édiles de la commune qui veulent les expulser ; le rôle phare est porté par Jacques Perrin et la réalisatrice est une alliée d'ATD quart-monde qui perpétue l'oeuvre du prêtre.
Cela me fait penser au très beau film commandité par France2 et qui raconte l'engagement hors du commun du père Joseph Vrezinski auprès d'une communauté de sans-abris établie dans une banlieue parisienne plutôt aisée. A la façon d'un documentaire, il retrace ses démarches pour leur donner une voix et une dignité retrouvée, assurer éducation aux enfants, travail aux adultes et relogement aux familles, mobiliser les pouvoirs publics au plus haut niveau (préfet, nièce du général de Gaulle) et contrer les édiles de la commune qui veulent les expulser ; le rôle phare est porté par Jacques Perrin et la réalisatrice est une alliée d'ATD quart-monde qui perpétue l'oeuvre du prêtre.
mercredi 5 janvier 2011
Lune d'argent sur Providence

Lune d'Argent sur Providence est un western mi-historique, mi-fantastique en deux tomes, signé Eric Hérenguel et publié chez Vents d'Ouest en 2005 et 2008.Tome 1 : Les enfants de l'abîme
Suite et fin, tome 2 : Dieu par la racine
L'histoire se déroule en 1880 à Providence (New Hampshire) : une bien jolie bourgade jusqu'alors paisible où une belle demoiselle assez peu en détresse, un shérif grand et fort, mais pas bête, une gamine espiègle, un indien maréchal-ferrant taciturne et un maire parfois importun, font face à un danger surnaturel.
Des dessins enchanteurs : des cadavres de vaches dont on renifle presque la puanteur... Une intrigue bien menée : le coeur de Miss Gatling penchera-t-il vers le maire ou le shérif ?? Rien que le titre sent le loup-garou !!! Bref, une BD comme je les aime.
PS pour les amateurs : l'auteur collabore aussi avec Arleston sur Lanfeust.
Le Noël de Fenouil
Fenouil est un lapereau au grand coeur... il a si bien retenu le discours de Noël de Papa Lapin, qu'il a distribué toutes les provisions d'hiver de la famille aux animaux de la forêt affamés ! Mais, toc ! toc ! toc ! qui frappe donc à la porte le soir de réveillon ?
Une belle histoire pour les petits, dont la chute est très morale.
Les dessins sont mignons comme tout. Fenouil notamment, quand il se fait gronder, les oreilles basses, donne envie de lui pardonner tout de suite...
Les dessins sont mignons comme tout. Fenouil notamment, quand il se fait gronder, les oreilles basses, donne envie de lui pardonner tout de suite...
lundi 3 janvier 2011
A nouvelle année, nouveau circle challenge ABC
Une liste de lecture que quelqu'un a pris le soin de composer exprès pour moi et qui va m'accompagner tout au long de l'année, c'est un peu comme le cadeau que j'attends de découvrir avec impatience.
Cela ne convient certes pas à tout le monde et il y eût des déconvenues et de nombreuses défections l'an dernier au cours du circle challenge ABC 2010. Mais certains sont prêts à poursuivre l'aventure et de nouveaux participants l'ont rejointe : bienvenue à eux. Les listes ont été publiées et nous allons pouvoir commencer tous ensemble.
Voilà les lectures que Petite fleur a choisies pour moi avec ce commentaire (en bleu, les miens) :
" Sachant que je n'ai mis que des choses que j'ai moi-même lu et aimé, j'ai essayé de mettre un peu de tout, et j'ai fait un tour sur ton site pour vérifier que tu ne les avais pas chroniqués. Il reste encore quelques trous, que je comblerai le plus vite possible. N'hésite pas à me dire si certains titres te déplaisent... "
AUSTEN Jane => Orgueil et préjugés (Classique) => je vais enfin lire un Jane AUSTEN, je dormirai moins bête et comme le film existe, j'en profiterai pour faire le challenge associant les deux !
BALZAC => Les chouans (Classique) => pas lu, vu le film et j'ai un bon souvenir de Balzac au collège
CAUVIN => Les tuniques bleues (BD, n'importe quel tome => Les bleus en noir et blanc, pour mon challenge Too ce bleu quitte à faire !)
DAMASIO Alain => La horde du contrevent (SF, gros pavé) => Grand prix de l'imaginaire, Utopiales 2006 (j'habitais encore Nantes) EN COURS Moyen
ELLORY R.J => Seul le silence (Policier) => L'encreuse vient d'en faire une très belle critique ; je sais à qui je vais l'emprunter !!
FOURNIER Jean-Louis => Où on va, Papa ? => LàL, prix Fémina 2008 TROUVE
GIEBEL Karine => Jusqu'à ce que la mort nous unisse (Policier) TROUVE Les morsures de l'ombre
HERENGUEL => Lune d'argent sur Providence BD 2 tomes (janvier) ♥♥
INOUE Yasushi => Shirobamba TROUVE Le loup bleu (Gengis Khan) qui est dans ma Làl depuis...
JHA Radhika => L'odeur => à découvrir en lecture commune peut être
KEYES Daniel => Des fleurs pour Algernon (SF) => prix Hugo (nouvelle) et Nebula (janvier) ♥♥♥♥
LAZAR Liliana => Terre des affranchis
MIZUKI Shigeru => NonNonBa (Manga/BD) => connais pas TROUVE
NESBO Jo => Les cafards (ou le premier tome, L'homme chauve-souris) => policier, plutôt commencer par le tome 1 TROUVE
OGER Tiburce (avec Vincent Perez) => La forêt (BD) => connais pas la série mais de lui j'aime Damoiselle Gorge TROUVE tome 1
PEREZ-REVERTE Arturo =>Le tableau du maître flamand => policier AAL TROUVE
Q => ???
ROGER Marie-Sabine => La tête en friche
SHARPE Tom => Le bâtard récalcitrant, TROUVE La route sanglante du jardinier Blott
TAYLOR Kressman => Inconnu à cette adresse (janvier) ♥♥♥♥
UNGERER Tomi => Les trois brigands (album Jeunesse) TROUVE => + Le nuage bleu
VIAN Boris => J'irai cracher sur vos tombes => MULTI-MULTI-PàL celui-ci, mais où ???
WENINGER Brigitte => Fenouil, tu exagères (album Jeunesse) Le Noël de Fenouil (janvier) ♥♥
XINRAN => Baguettes chinoises => j'ai échappé à Xenakis, merci !!!
XINRAN => Baguettes chinoises => j'ai échappé à Xenakis, merci !!!
YSLAIRE => Sambre (BD en 5 tomes) => j'adore Yslaire mais j'ai pas encore lu Sambre, sauf des extraits dans les magazines spécialisés LU (février-mars) ♥♥
ZAFON Carlos Ruiz => Le jeu de l'ange => AAL LU (février) ♥
ZAFON Carlos Ruiz => Le jeu de l'ange => AAL LU (février) ♥
Joker : KENNEDY Douglas => Cul-de-sac TROUVE
Mes premières réactions :
Côté auteurs : il y en a même quelques uns que je voulais lire... et plein de titres qui seront de totales découvertes, soit au total un bon cru 2011.
Pour me garder le plaisir de la surprise, je n'irai voir ce que tu en as pensé qu'à lecture faite, mais j'ai déjà repéré que tu signales certains comme des coups de coeur.
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