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mercredi 18 juillet 2018

Des poupées bizarres en couverture

Serpents et piercings
Hitomi Kanehara dresse le portrait d'une jeunesse à la dérive, en quête d'une étincelle de vie, quels qu'en soient le prix ou les moyens. Bien qu'elle s'inscrive dans la lignée de Ryû Murakami, j'ai été moins choquée qu'à la lecture de Bleu presque transparent. Pourtant...
Une langue fendue en deux comme celle d'un serpent : quand Ama a ouvert la bouche, Lui s'est sentie parcourue d'un frisson comme elle n'en avait jamais éprouvé. En tombant amoureuse de ce jeune punk, elle va découvrir un monde obscur entre violence et désir. Mais l'automutilation est un voyage sans retour. Piercings, tatouages, sexe et pulsions morbides, Lui va peu à peu perdre tous ses repères au contact de la faune trouble des bas-fonds de Tokyo.
La couverture plus dérangeante qu'autre chose, même si elle reste très esthétique est l'oeuvre de Trevor Brown.

Le toutamoi
Je n'ai pas beaucoup accroché aux enquêtes du commissaire Montalbano. Dans ce roman, Camilleri s'éloigne de la facilité et de ses habitudes siciliennes et s'aventure loin de son genre de prédilection pour explorer un registre beaucoup plus trouble. Je me suis laissée tenter par l'ensemble prometteur du titre, de la couverture et du résumé, dont l'ensemble parvient à évoquer une atmosphère de possession.
Arianna et Giulio forment un couple fusionnel. Ce qu'il ne peut lui offrir, il accepte qu'elle le trouve auprès de jeunes gigolos et même, il lui organise des rencontres, à l'unique condition qu'elle ne retrouve jamais ses partenaires plus d'une seconde fois. Tout va pour le mieux jusqu'à Mario. Plus jeune ou moins professionnel que ses prédécesseurs, il refuse d'honorer sa part du marché. Son insistance à exiger de la revoir déclenche une spirale désastreuse.



Liste à lire
L'écorchée de Donato Carrisi
Mother Feeling de Michel Chevron











Amorcé dans le cadre du jury policier, le partenariat Babelio-Seuil se poursuit. J'ai déjà eu la chance de lire Les leçons du Mal de Thomas Cook. Après avoir découvert en avant-sortie les premières pages d'un suspense insoutenable de Trois semaines pour dire adieu de C.J Box, j'avais bien hâte de le recevoir !
Trois semaines pour dire adieu en LC avec Canel (-) et Sophie (-)
Etudiant assez insignifiant, Jack a osé tomber amoureux et parvenir à épouser Melissa, une des filles les plus charismatiques du campus. Ils forment un jeune couple sympathique et sans histoire, très middle class américain. La seule ombre à leur tableau, après plusieurs années d'un bonheur sans nuage, est l'infécondité de leur union. Ils se sont décidés à adopter et Angelina, une jolie petite fille, abandonnée par sa jeune mère de 16 ans, est arrivée dans leur foyer depuis neuf mois. Mais leur routine insouciante explose lorsque l’organisme chargé du dossier d’adoption leur apprend que le père naturel n'a pas signé de renonciation à la paternité. Le jeune homme de 19 ans, Garrett Moreland, bon-à-rien notoire mais fils d’un juge fédéral influent, réclame à présent des droits sur l'enfant.
Le juge et grand père paternel leur signifie un ultimatum : ils n'ont que Trois semaines pour dire adieu avant de se séparer de la petite fille. Il ne leur laisse pas le choix, semble-t-il. Pourtant, refusant de céder et de se laisser reprendre leur enfant, Jack et Melissa se penchent sur la vie et le passé du juge pour trouver une faille dans sa cuirasse de respectabilité. Aidés par deux amis qui n'ont pas froid aux yeux, ils vont tout mettre en oeuvre pour faire éclater l'indignité morale des Moreland Père et fils.
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Cette histoire de lutte du pot de terre contre le pot de fer est magistralement menée par C. J Box. Dans cette sombre machination, seule la chute manque un peu de crédibilité (mais pas de spoiler ici...) Le lecteur, de tout coeur avec les parents dépossédés, est tenu en haleine de bout en bout ; ulcéré par l'ignomie du magistrat et le comportement délinquant de Garett, il ne peut que leur souhaiter la correction qu'ils méritent. C'est assez saignant du début à la fin, mais je suis bon public pour ce genre de polar musclé et j'ai plutôt apprécié le côté Dirty Harry : c'est tout le contraire dans les films, je déteste les scènes pleines d'hémoglobine !!
Lu le 17 juillet 2011 le

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50 états, 50 billets 3/50
COLORADO

mardi 29 décembre 2015

La voix de l'empereur

Le mois de... Nabil Ouali c'est en décembre sur Bookenstock (voir les ITV)

Novembre : 
Sur le commentaire enthousiaste de Dup, je me suis laissée tenter par ce partenariat et vais découvrir La voix de l'empereur, tome 1 Le corbeau et la torche.
Décembre :
Bien que déçue de n'avoir pas dans les mains ce bel objet-livre décrit par les lectrices, je remercie les éditions Mnémos qui viennent de me faire parvenir la version numérique après le retour de mon colis pour défaut de distribution (un AR métropole-Réunion pour rien, quelle frustration !) 
Hormis le fait que je n'aime pas lire sur écran ce qui me prive du plaisir du feuilletage à rebours (j'aime revenir en arrière pour retrouver un passage, revenir sur une expression), le support ne m'a pas aidée à m'y retrouver dans les fils de cette histoire éclatée entre plusieurs rameaux.
Il y a d'une part ce qui se passe au château, siège de l'empire où le roi Brisard se meurt victime d'un empoisonnement. Les luttes de pouvoir se déchaînent autour d'Elin le prince-héritier.
Il y a d'autre part ce qui se passe aux confins, Frimas le héraut du prince a dû fuir suite au complot contre l'empereur fomenté par le clergé ou une autre puissance encore plus occulte. Il est poursuivi par Ravel, le fils d'un seigneur vassal, qui en chemin accomplit des exploits comme de capturer la bête immonde des marais.

Les effets de style recherchés montrent un évident plaisir à manipuler la langue. Cela m'a parfois semblé surjoué mais j'ai remarqué d'autres effets très plaisants : un satisfecit particulier pour l'utilisation des adjectifs de couleur les plus extraordinaires. L'auteur explique être très attentif au rythme de ses phrases "les mots monosyllabiques d'ailleurs sont une véritable plaie et c'est la raison pour laquelle je préfère utiliser des nuances de couleurs précises plutôt que rouge/bleu/vert/jaune/noir/blanc/rose".

Résumé éditeur :
Voici l’histoire de quatre destins réunis au cœur d’un empire mourant. L’enfant du village gelé, le paladin hanté par un sombre secret, le prêtre émérite d’un ordre qu’il méprise et le fils de l’empereur.
Dans les rues des cités fourmillantes ou les profondes forêts, chacun accomplit un voyage sur les routes de l’empire mais aussi dans les méandres de son être : quelles sont les ficelles que tire le clergé dans les coulisses ? Qui a tenté de tuer l’empereur et d’éteindre à jamais sa voix ? Sur le sentier escarpé qui mène au pouvoir, le chemin est infiniment plus important que le sommet.

J'avoue que la présentation est assez obscure pour que j'aie besoin de préciser certains rôles par ordre d'entrée en scène

Dans le rôle du héraut : Frimas / emblème le corbeau
Recueilli orphelin par un soldat d'élite, il est présenté au chancelier qui s'intéresse à ses particularités et l'éduque à la cour dans le but d'en faire le compagnon d'études du futur empereur et prochainement son héraut (champion d'armes, spécialiste en héraldique). Froid, imperturbable, mécanique, volontaire sont les adjectifs qui s'attachent à sa personne et même s'il est admirable par certains côtés, je le trouve antipathique, dans son destin tout tracé (il vient du pays du gel et ne semble pas devoir déroger) et plutôt inquiétant (il a un pouvoir extraordinaire face aux blessures).

Dans le rôle du fils de l'empereur : Elin
Elin est très beau (inspiré par Hugo ?) et sa beauté frappe au premier regard, mais cela semble aussi un handicap car cela empêche qu'il soit pris au sérieux dans ses autres aspects  comme la bravoure : aux armes contre Frimas, l'intelligence : duel verbal avec Adamant, etc. S'il hérite du pouvoir (la voix), il doit aussi apprendre à le contrôler et bénéficie de peu de compagnons fiables dans son entourage : le chancelier Gweleth, son maître d'armes Owan et son précepteur Glawol. Il peut aussi créer des choses très belles à partir d'horreurs (exemple la salle souterraine).

Dans le rôle du paladin : Ravel / emblème : la torche
Le paladin est un chevalier ayant atteint l'un des plus hauts grades, faisant partie d'un ordre religieux et porteur du pouvoir sacré de la foi. Le personnage répond bien à cette définition. J'attendais beaucoup de la rencontre avec Artelas à la suite d'un des passages les plus cruels de ce tome. L'épisode sanglant est décrit de manière tellement implicite que je n'ai compris que quelques chapitres plus loin et j'ai dû faire un retour en arrière pour bien comprendre les détails. Globalement, le brouillard dans lequel se passent les actions des uns et des autres semble voulu et je crains que les explications soient reportées aux tomes suivants.

Dans le rôle du mentor : Glawol
Fourbe en puissance, il joue double jeu avec tout le monde et pourtant c'est un personnage qui a des accents de vérité assez perturbants (sa confession à Gweleth), des actes de charité gratuité (apprendre à lire au vieux serviteur). Il est le plus intéressant en termes d'intrigue, un de mes préférés car il n'est pas défini(tif) dès le début. Cela tombe bien car c'est une trilogie...

Tout reste assez ouvert à la fin de ce tome d'installation, surtout après une révélation de dernière minute annoncée par certains indices si on y réfléchit bien !

mercredi 26 novembre 2014

Rien de rien

Masse Critique Jeunesse vous donne rendez-vous chez Babelio le 16 octobre à partir de 7h pour tenter de remporter le livre jeunesse de votre choix en échange d'une critique. L’opération est ouverte à tous les membres ayant déjà rédigé des chroniques sur le site.
Edit du 20 octobre 2014
J"ai participé et j'ai remporté un très joli album signé Yaël Frankel.
L'illustratrice vit à Buenos Aires, en Argentine. Son univers est peuplé de personnages drôles et attachants qu’elle fait évoluer également sur des petits objets de la vie quotidienne. 
L'histoire : un caillou et un petit garçon auxquels il n'arrive rien, jamais rien, RIEN DE RIEN. Deux êtres qui font partie tout les deux, d'une vie à laquelle ils ne participent pas.... jusqu' au moment de LA RENCONTRE
Le site de l'éditeur Passepartout et sur Babelio.com   Rien de rien  Yael Frankel  Rien de rien 
 
Les trois quarts de l'album démontrent la justesse du titre à travers les situations observées par ce caillou, gris et insignifiant, environné de la richesse des péripéties de la vie qu'il voudrait partager.  Le petit garçon arrive sur la fin, son cheminement est autocentré, lent, pensif. Puis survient l'inattendu, l'élément déclencheur, le non évènement, banal en soi, mais porteur de l'espoir probable d'une rencontre qui changera les choses pour les deux protagonistes. La dernière page lie l'histoire de cette pierre et de cet enfant, vers quelque chose d'extérieur au récit...  
Des demi teintes utilisées en transparence, égayées de rares touches colorées dans les détails, comme les éclats des petits bonheurs quotidiens, donnent le ton de cette histoire de repli, intimiste. Poétique et sensible, le récit rencontre la douceur des illustrations. Les couleurs dominantes expriment  la monotonie, l'ennui, la solitude, la mélancolie. Une belle rencontre comme celle du caillou et du petit garçon.

Lecture partagée avec un groupe d'élèves de primaire, leurs réactions 
J'ai prêté ce bel album cartonné au graphisme actuel pour une séance de Lire et faire lire auprès de jeunes/petits lecteurs. Il a beaucoup plu à son public et l'histoire a permis l'ouverture d'un débat  sur ce qui allait se passer après  la rencontre, différent selon l'âge des participants : les petits se laissent guider mais l'abstraction les tient éloignés des suites possibles au récit, les plus grands y trouvent matière à faire travailler leur esprit et leur imagination.

mercredi 30 juillet 2014

Alternative rock

Je remercie Folio et Livraddict pour ce recueil uchronique autour du rock'n roll, où les auteurs reprennent à leur compte certaines des questions qui travaillent des milliers de fans " et si... ". Se laissant aller à leur nostalgie érudite, ils investissent des univers parallèles où :
- le Titanic a fini à quai à Liverpool et les Beatles, restés unis, ont sortis un douzième album commun (Stephen Baxter)
- Buddy Holly, Janis Joplin et Elvis Presley se sont rencontrés pour un concert " unique " (Gardner Dozois, Jack Dann, Michael Swanwick)
- le jumeau survivant du King est devenue une rock star engagée politiquement à gauche (Walter Jon Williams) => on reconnaît sur la très belle mise en scène de la couverture, la banane d'Elvis sur fond de drapeau rouge dont le manche est une guitare
- revenu à la vie, Jimi Hendrix a repris la route dans un vieux camping, avec un de ses anciens roadies (Michael Moorcock) 
- John Lennon, aigri et vieillissant, n'a jamais connu le succès en tant que Beatle et a vécu de subsides (Ian R. MacLeod)

J'ai lu de part et d'autre qu'il fallait vraiment bien maîtriser le sujet de ces nouvelles pour en apprécier les subtilités. Sans doute, mais j'avoue ne pas savoir par coeur et dans l'ordre la discographie des Beatles, en connaître le minimum sur Jimi Hendrix ou Janis Joplin et à peine sur Buddy Holly. Sûrement, je distinguerais le timbre de leur voix et reconnaîtrais leurs titres... mais je serais incapable d'en fredonner un morceau ! Mais outre que cela m'a donné envie de réécouter leurs titres, cela ne m'a aucunement gênée pour apprécier le style de certains textes, comme la lente descente de deux amis dans les entrailles désertées du Titanic, à la recherche d'un homme qui restera énigmatique, mais dont on sait qu'il était un collectionneur de microsillons étrange et passionné. De même dans la deuxième nouvelle, cette incroyable chassé-croisé à trois autour de la rencontre non avérée de trois monstres sacrés pour un improbable concert, un jam d'anthologie. Chaque novelliste apporte sa touche personnelle, sa façon de réinventer une vie à sa rock star préférée ou de combler une lacune du passé, mais aussi d'aborder les préoccupations du présent à travers des thématiques uchroniques. La méconnaissance du sujet, un point de vue déroutant et inattendu sur un sujet connu, je peux me retrouver dans ce cas avec chaque texte SF et cela fait partie des plaisirs du genre. Les fans auront pu être déçus... moi je suis plus interpelée par certains traits de caractère un peu forcis, pour montrer par exemple un John Lennon au comble de la mauvaise foi, minable et stérile, détestable sans l'excuse du succès qui monte à la tête. Le texte le plus uchronique à mon avis concerne l'influence qu'aurait pu avoir un Elvis Presley, rallié à l'Union soviétique.

dimanche 11 mai 2014

Le portail de l'ange

L'auteur propose, en partenariat entre Livraddict et les éditions Slatkine m'a permis de découvrir l'un des romans de Sonia  Frisco  dont le résumé m'a tentée :

L'esprit humain est aussi puissant que dangereux... et il ne faut pas toucher à tout sans savoir ce que l'on touche.
Dans un univers où toutes sortes de forces s'entremêlent, dans un labyrinthe où la plus limpide lumière provoque aussi son ombre, le petit Justin est venu au monde pour amener un sourire... puis se taire à jamais.
Tout ce qui n'est pas prédateur est-il destiné à devenir proie ?
La belle saison était revenue. Un grand renouveau avait déferlé sur la Terre Mère, en un souffle puissant et neuf, le souffle de la naissance, celui de la création, de la vie et de l'éclat.
On l'appelait Printemps. Marta l'appela Justin.
Devant l'immense tout est permis pour rester en Vie.
Dans toutes les histoires, il y a ce qu'on nous dit et il y a ce qu'on entend.

Le roman est arrivé joliment emballé, comme un cadeau, accompagné d'un petit mot et d'un marque page assorti. J'apprécie énormément l'attention, mais ce n'est pas tout, car dans le paquet se cache un précieux présent  : le partage de ce merveilleux enfant qu'est Justin.
J'ai été séduite, emportée par l'histoire de Marta, l'incroyable Marta, si puissante et si fragile. Entourée de ses deux hommes, Joss le taciturne qui ne la comprend pas toujours mais l'aime inconditionnellement et leur petit Justin, si attachant, l'enfant du miracle puisque son oncle Gustavo s'était assuré que Marta ne pourrait jamais être mère.

J'ai aimé découvrir ce roman lentement, en m'imprégnant des impressions laissées par la créativité de chacun à sa façon, Justin qui découvre le monde, Marta qui l'enchante de ses conceptions architecturales ou Ignacio son jeune frère qu'elle guide subtilement dans cette voie. Marta se lance dans tout à corps perdu, elle ne sait pas se ménager, ni se modérer. Emerveillée par sa progéniture, mais parfois désemparée, sujette à des crises de doute, Marta trouve compréhension et soutien auprès du docteur Régent et de l'institutrice Julia Andrade. Une improbable rémission lui permet même de reprendre les papiers et les crayons remisés dans le garage et de modeler son jardin et sa maison à l'image des projets merveilleusement sensibles qui habitent son esprit.
L'histoire est racontée du point de vue de l'enfant qui interprète parfois difficilement le monde des adultes en dépit de sa précocité. Il ne m'a pas échappé que les initiales des Trinidad leur donnaient des airs de sainte famille et cela a renforcé l'effet de prodige produit par les exploits secrets de Justin. Mais mon imaginaire se serait satisfait de n'avoir aucune explication rationnelle trop précise et je regrette presque que le roman ne se soit pas clos avant l'épilogue, en me laissant apporter mes propres réponses aux énigmes soulevées par l'état de Marta, l'existence de Julien, l'intérêt de Julia, etc.
Merci  pour cet Echange

RDV entre ses lecteurs et Sonia Frisco sur Livraddict le 18 Septembre 2014 21:41:16 :
Chère XL,
En voilà une belle surprise à laquelle je ne m'attendais pas, mais alors pas du tout !
J'ai aussi hâte de "découvrir ma plume en italien" ^^
Merci pour votre très belle chronique sur Le Portail de l'Ange

jeudi 4 juillet 2013

D-Day : Masse Critique revient le jeudi 4 juillet.

Recevez une Bd en l'échange d'une critique !
250 albums à répartir
Rendez vous le 4 juillet à partir de 8h30
Il n'y en aura pas pour tout le monde
Avez-vous déjà repéré quelques titres dans la liste
j'ai pu postuler au titre ci-contre

vendredi 1 juin 2012

Tsunamis

Si comme moi vous n'avez pas forcément envie de lire les auteurs du moment ou les livres de la rentrée littéraires - seulement parce qu’on vous en rebat les oreilles - si vous êtes prêt(e) à sortir des sentiers battus du grand public, alors je vous engage à rendre visite aux Agents littéraires (www.les-agents-litteraires.fr).
Leur site contribue à la diffusion d'auteurs peu médiatisés et il est alimenté de manière collaborative. Tous les internautes qui répondent aux critères peuvent s'inscrire et si un des résumés les tente, recevoir un livre de leur choix, à lire et à commenter.

Pour mon deuxième partenariat avec les Agents littéraires, je me suis complètement trompée de cible.
Mon commentaire aurait dû paraître autour du 15 avril 2012, mais je m’y suis reprise à trois fois pour finir ma lecture, alors que je l’aurais abandonnée sans scrupule si je ne m’étais engagée à la commenter sur le site des Agents littéraires ce que je m’imaginais mal pouvoir faire, en toute honnêteté intellectuelle, sans lire le roman jusqu’au bout.

J’en suis désolée pour l’auteur, dont je comprends l’investissement, mais à aucun moment je n’ai été plongée dans l’histoire. Aussi bien, je me suis laissé induire en erreur par le résumé (voir ci-dessous) car avec l'effondrement des Twin Towers, les tsunamis qui ont ravagé les plages de Phuket ou plus récemment les côtes du Japon, sont parmi les évènements qui ont le plus frappé mon imagination.

En revanche, j'ai été séduite par la couverture, très belle, d'un calme envoûtant qui suggère l'imminence de la tempête. Elle montre l’ombre chinoise d’une jeune femme tranquillement assise sur une plage, dans un fauteuil en bois, face à une gigantesque vague bleue qui la surplombe mais n'apparaît pas encore menaçante. Je la trouve très réussie.

Résumé de l'éditeur :
Claudia s'était immobilisée. Tout à coup, au-delà du bruit des touristes, la nature paraissait étrangement silencieuse, rendant ce calme angoissant. Aucun oiseau ne chantait, comme s'ils avaient tous disparu. Sur toute la ligne de l'horizon, la jeune femme vit se former un gigantesque mur d'eau. Elle comprit tout de suite qu'un danger planait au-dessus de la plage et qu'il fallait s'éloigner le plus vite possible de la mer. Les yeux emplis d'effroi, elle chercha Kelly mais ne la vit pas. Elle se mit à l'appeler en hurlant tout en courant désespérément vers l'hôtel. À ce moment précis, c'était la panique sur la plage. La plupart des gens avaient vu le mur d'eau qui avançait vers eux. Ils s'étaient mis à courir dans tous les sens, hurlant et cherchant à s'éloigner le plus possible de la mer.

Mon avis négatif est à relativiser dans la mesure où je n'ai pas trouvé du tout ce que j'attendais. J'ai cru qu'il s'agissait d'un livre basé sur l'après-tsunami là où il a frappé en Asie, à travers l’expérience éprouvante vécue par le personnage de Claudia. En fait, il n'en est rien : l'épisode traumatisant intervient dès le deuxième chapitre mais ne fait qu'une page et demie. L’histoire y revient de temps en temps, mais de façon plutôt secondaire. Le pluriel du titre suggère que les bouleversements plus nombreux qui interviennent dans le roman concernent les sentiments humains.

Là encore j’ai le sentiment mitigé d’un gâchis de potentiel. J’ai trouvé les personnages pleins de mièvrerie. Seule Ellen, la mère de Tom, sort un peu du lot dans les tous derniers chapitres. Le roman se traîne en longueur. Claudia, l’héroïne, est insupportable de tergiversations, comme le souligne d’ailleurs à de nombreuses reprises ses copines, Amanda et Stéphanie : Tom est beau, jeune, riche et ils s’aiment… qu’attend-elle pour se précipiter le rejoindre ? Entre décembre de l’année n et mai de l’année n+1, elle met quand même 1 an ½  à se décider, alors que dès la première rencontre dans l’aéroport, elle a le sentiment (réciproque) qu’il est l’homme de sa vie. Même les scènes érotiques m’ont paru insipides.

Pour moi, c'est un livre qui s'est trompé de collection et qui, tel quel, trouverait mieux sa place dans une collection de chik litt, dans la catégorie exotique : romans d'amour sur fond de voyages. Encore faudrait-il que l’écriture soit moins laborieuse, l’effort moins visible. J’ai eu l’impression à de nombreuses reprises qu’il fallait me mettre les points sur les i pour que je saisisse les sentiments des personnages, à la suite de la description des scènes narratives.

Pourtant il y avait les ingrédients pour me plaire : Nantes, une belle ville où j’ai vécu et que j’apprécie, l’histoire d’une expatriation et ce qu’elle implique de choix et de sacrifices, un voyage dans une région paradisiaque que la furie des éléments transforme en un chaos abominable.
En conclusion, un roman qui n’est pas sans qualité mais qui gagnerait à être expurgé pour en dégager les lignes de force et faire ressortir l’intention de l’auteur qui m’est resté obscure. Au lieu de l’étaler dans la durée, il aurait peut-être fallu le contracter dans le temps et surtout trancher entre drame et romance.

Pour donner une seconde chance au livre, je suis prête à l’envoyer à une autre personne qui acceptera de publier son avis et à mettre son lien en commentaire sur le site des Agents littéraires.

Je renvoie celles et ceux que ça intéresse au droit de réponse de l'auteur  sur le site des Agents littéraires, qui ne sera pas sans leur rappeler d'autres réactions polémiques à des critiques jugées trop peu enthousiastes sur d'autres blogues.

mercredi 16 mai 2012

Dans ma BàL ces jours-ci

Un grand merci à l'organisatrice du swap anniversaire qui nous tient en haleine depuis un an (reste Mandy dans les Vosges qui attend toujours son colis, la pauvre !). Tout au long de l'année, Petitebelge avait également proposé un concours intra-swap sur le thème de " l'anniversaire-mystère ". Comme je ne suis arrivée que deuxième, elle a eu la gentillesse de me faire parvenir un super lot de consolation : des livres que  j'avais très envie de lire :
0.4 de Mike Lancaster
L'élue de Lois Lowry (la suite du Passeur découvert grâce au Babychallenge science-fiction)
La salle de bain du Titanic de Véronique Osvaldé

Ensuite, du côté des partenariats avec Livraddict ça se bouscule
Le Livre de Poche vient de m'adresser Kane et Abel de Jeffrey Archer - Chronique pour le 15 juin 2012

Les éditions Hachette jeunesse m'ont envoyé Au commencement il y avait Bob de Meg Rosoff - Chronique pour le 19 juin 2012

jeudi 2 février 2012

Le coffre enchanté... a fini par arriver !

Babelio est un réseau social dédié à la littérature. Par son programme " Masse critique " il propose de recevoir gratuitement un livre en échange d'une critique sur son site (pour candidater, il suffit d'avoir déjà publié sur le site, même sans tenir de blogue). 400 albums disponibles
La liste des ouvrages est consultable à partir du mardi 15 novembre à l’adresse suivante : http://www.babelio.com/massecritique.php. Le thème de cette 14ème édition est le livre jeunesse et je connais plein de copinautes que cela ne va pas manquer d'attirer infailliblement !!!

Affluence record lors de cette édition. Un grand merci à Babelio puisque je vais recevoir Le coffre enchanté de Jean François Chabas et David Sala. Voilà l'histoire, mais c'est aussi la dernière ligne de la présentation qui m'a incitée à le choisir.
Remonté par un pêcheur des profondeurs de la mer, un gros coffre de métal luisant suscite l'’avidité de l’'Empereur cupide, toujours en quête d'’un trésor supplémentaire. Seulement voilà : rien ni personne ne parvient à l’'ouvrir. Mille clés, mille outils, mille épées ont été essayés, on a mandé le serrurier de l'’Empereur, puis l'’homme fort, la magicienne et même l’'alchimiste : rien n’y fait, pas moyen d'’ouvrir ce satané coffre ! L'’Empereur est très contrarié. Il lui faut absolument mettre la main sur les merveilles que le coffre contient, il en est certain. Un marmiton du château aura l'’idée qu'’il faut : capturer le lynx, dont les yeux magiques lui permettent, comme on le sait, de voir à travers toutes choses, même un coffre fermé. Et de fait, le lynx...… Mais chut, réservons au lecteur le plaisir de découvrir par lui-même la chute et la morale de cette fable édifiante. La réalisation du Coffre enchanté est particulièrement soignée : découpe et matière « soft touch » sur la couverture, lettrages et tranches dorées.
Depuis le 15 novembre, j'ai beaucoup patienté pour le recevoir, mais cela en vaut vraiment la peine et j'ai eu une belle surprise dans ma boîte aux lettres hier soir.
Le coffre enchanté est un très bel album grand format, doré sur tranche et à la couverture originale.
Le texte de Jean François Chabas est orné (il n'y a pas d'autre mot) d'une douzaine d'illustrations pleine page signées David Sala, d'une richesse décorative qui me laisse admirative. Les originaux, au graphisme inspiré de l'art nouveau, doivent être splendides.
C'est presque dommage de le destiner (uniquement) à des enfants !

Un pauvre pêcheur remonte des flots un coffre magnifique mais hermétiquement fermé. Le capitaine de la garde s'en saisit pour l'offrir à son empereur, un homme cruel et cupide. Mais rien n'y fait : ni par la force, ni par la magie, ni par la menace, toutes les tentatives se révèlent vaines et le coffre reste définitivement clos sur son secret. Un jeune marmiton a l'idée de faire appel au lynx (dont l'oeil est réputé fameux) pour qu'il voie à travers les parois, le trésor caché à l'intérieur.
Le texte est très intéressant également, pour faire réfléchir, car le contenu du coffre demeure inconnu de tous (sauf du lynx malin qui choisit de se taire) ; cela me fait un peu penser au chat de Schrodinger dont l'expérience ne tranche pas la question cruciale : est-il mort ou vivant dans son caisson fermé ?

mercredi 25 janvier 2012

Pour bien commencer cette année 2012, Masse Critique revient le lundi 23 janvier pour une 14ème édition !
Babelio vous propose de recevoir gratuitement un livre parmi une large sélection.
Du policier au romantisme, en passant par l’humour et l’Histoire, il y en a pour tous les goûts !
La liste des ouvrages sera consultable à l’adresse suivante :
Le principe reste le même : vous sélectionnez le(s) livre(s) de votre choix, vous recevez un ouvrage chez vous et vous vous engagez par la suite à publier votre chronique sous un mois, sur Babelio et sur votre blog. Vous pouvez vous inscrire dès le 23 janvier à 8h30.

Plus la peine d'y aller, c'est déjà fermé !

mercredi 28 septembre 2011

Un chapeau, une modiste

A l'occasion de la sortie du roman La Modiste d'Andrea Vitali, les éditions Buchet Chastel organisaient sur Babelio un petit concours très sympathique du  3 au 17 juin
et j'ai eu la chance de voir le roman rejoindre ma PàL.

Pour information, un autre lot était mis en jeu grâce au partenariat de l’atelier La Cerise sur le Chapeau : un chapeau de modiste à personnaliser (choix de la couleur et de la matière paille/papier).

C'est tout d'abord l'illustration de couverture, due à René Gruau pour la Compagnie maritime des chargeurs réunis (1950) qui m'a attirée...
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Septembre 1948, Bellano, sur les bords du lac de Côme.
Alors que le veilleur de nuit municipal fête son anniversaire de manière beaucoup trop arrosée, une tentative d'effraction a lieu à l'Hôtel de Ville. Le maire, mais aussi le préfet, sont en émoi, car il s'agit d'une première dans l'histoire de la criminalité de la petite ville de Bellano. Ils diligentent une enquête auprès du nouveau chef des carabiniers Carmine Accadi. Considéré par ses subalternes comme un fat doublé d'un incompétent, il ne manque pas cette occasion pour faire la preuve de son incapacité, tandis que son second remonte la piste des indices laissés derrière eux les trois piètres cambrioleurs.
Pendant ce temps, Anna Montani, la belle modiste du village supposée veuve, fait tout ce qu'elle peut pour en obtenir la confirmation : son mari, parti soldat sur le front russe, est porté disparu. Elle a fait appel à Coppi, le précédent chef carabinier mais curieusement, les recherches ont subitement cessé.

Andrea Vitali offre un bon divertissement avec cette histoire grand guignolesque à l'italienne : un chef des carabiniers imbu de sa personne, un gardien peu vigilant et un trio de cambrioleurs à la manque sont les ingrédients d'une farce à laquelle il ne manque qu'un élément perturbateur pour être totale : la modiste du village, trop belle pour être totalement honnête, fait tourner les têtes tout en esayant de tirer son épingle (à chapeau) du jeu !

jeudi 8 septembre 2011

Electrico W

Un des nets avantages de NewsBook, c'est la rapidité de leurs attributions. J'ai reçu Eléctrico W par Hervé Le Tellier chez Lattès en LC avec Canel.

Lisbonne, durant le mois de septembre 1985, celui de la mort d'Italo Calvino et du tremblement de terre à Mexico (de magnitude 8,2)
Vincent Balmer, un ancien reporter de guerre d’une quarantaine d’années, et Antonio Flores, un photographe de dix ans son cadet, se sont connus à Paris. Relations de travail plutôt qu’amis, ils ont collaboré à un ouvrage dont l’un a écrit les textes accompagnant les images de l’autre et ils ont de l’estime pour leur travail respectif.
Fuyant une histoire d’amour à sens unique, Vincent s’est installé à Lisbonne depuis quelques mois comme correspondant de presse. D’origine portugaise, Antonio, qui a vécu son adolescence dans la capitale portugaise, n’y est pas revenu depuis dix ans. Ils se retrouvent pour couvrir le procès à sensation d’un tueur en série, un jugement en assises qui tarde à débuter.

Au cours de la première soirée, Antonio confie à Vincent le souvenir de « Canard », une jeune fille qu’il a aimée à quinze ans et dont il a été séparé. S’étant connus enfants sur le trajet de la ligne de tramway Eléctrico W, ils étaient vite devenus indispensables l’un à l’autre.
Aux dernières nouvelles, Canard était enceinte… Vincent, amoureux éconduit et insatisfait, écrivain et traducteur velléitaire, incapable de finir une histoire et sans doute désireux de prendre une revanche sur la médiocrité de son existence, entreprend d’accomplir le destin inachevé d’Antonio.
En même temps qu’il reconstitue et raconte l’histoire de Canard, il se révèle au lecteur : gentil mais inconsistant, souvent démuni et maladroit, compliqué, alors qu’Antonio, plus combattif, plus séduisant, apparaît comme son contrepoint. Pourtant, la fin les renvoie un peu dos à dos : secret pour dissimulation, malhonnêteté pour hypocrisie, l’attitude de l’un comme de l’autre ne me paraît pas mieux défendable.

Durant les neuf jours de leur cohabitation, Vincent le narrateur, a pris des notes dans un petit cahier : leurs rencontres avec une série de personnages secondaires qui se révèlent des archétypes féminins, leurs promenades dans Lisbonne, ses ruelles, ses maisons, ses vieux docks, de petits détails qui donnent du crédit à l’histoire.
Après les avoir laissées dormir pendant plus de vingt ans, il les livre en un roman à peine retouché : neuf chapitres au long desquels des intrigues s’ébauchent, se nouent, se déroulent. La confidence d’Antonio est le point de départ d’un enchaînement d’errements et de tergiversations, d’initiatives malvenues, d’événements qu’il se croit capable de maîtriser, de décalages successifs et inattendus. Un bref épilogue achève de lever le voile, refermant les portes sur toutes les histoires entr’ouvertes.

Un rythme lent qui confère au récit nonchalance et sérénité, une construction romanesque sophistiquée, un livre sur les affinités et les sentiments tout en nuances, des histoires multiples qui se chevauchent et s’imbriquent en un univers humain complexe, un travail sur la mémoire et la mise en abyme, j’ai reposé le roman avec l’envie de recommencer la lecture du début, pour en goûter toute la richesse. Mieux encore, le narrateur qui tout en partageant des réflexions sur l’écriture - l’écrivain s’écrivant en train d’écrire – glisse dans le cours du récit, ses traductions d’un auteur portugais méconnu qu’il veut révéler et des pistes de recherche sur la biographie qu’il projette d’écrire, m’a donné le goût de lire les contes, tour à tour fantastiques ou absurdes, de Jaime Montestrela.

http://www.evene.fr/celebre/biographie/herve-le-tellier-12106.php

mercredi 20 juillet 2011

Masse critique sur Babelio : 200 % de satisfaction


En mai, le programme Masse critique de Babelio proposait une sélection spéciale " bandes dessinées et mangas " récemment publiées par les maisons d’éditions partenaires.
Pour ma part, je ne m'étais pas résolue à choisir et j'ai reçu, grâce à Dupuis et Dargaud que je remercie, deux albums dont l'action se déroule en mer : Chroniques Outremers, par Bruno Le Floc'h et La survie, tome 3 des aventures d'Esteban par Matthieu Bonhomme.
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Le Léviathan chasse la baleine dans le passage entre le Cap Horn et l'Antarctique, un des endroits les plus inhospitaliers du monde. Esteban, un jeune indien de 12 ans qui a réussi à embarquer comme mousse à bord du baleinier, s'est rapidement révélé très habile au lancer du harpon. En 1900, les navires à voile commencent à subir la concurrence des bateaux à vapeur équipés de lance-harpons mécaniques et les rapports ne sont pas cordiaux. Engagé dans une course poursuite acharnée au cours du précédent album, Le Léviathan s'est trop avancé dans les glaces et s'est laissé prendre. Le commandant décide d'abandonner le navire et la cargaison d'huile pour tenter de sauver l'équipage à bord des six chaloupes. A la seule force des rames, ils s'engagent sur l'océan en furie, mais un des esquifs est bientôt séparée des autres par le passage d'un iceberg géant.

Bien que le dessin, assez proche des Chroniques outremers dans sa gamme chromatique et dans son tracé, me plaise moins, je préfère pourtant cet album pour le scénario.
Tout d'abord, l'humanité - les rapports humains dans leur diversité, leur grandeur et leurs petitesses - est au coeur de l'histoire. L'austérité de la vie à bord, sous la menace permanente des icebergs et des tempêtes, la rudesse mêlée de solidarité des marins, sont évoqués avec pudeur et justesse. Esteban, qui parle aux oiseaux et partage les contes de son folklore natal avec ses compagnons, apporte une note de fraîcheur et de fantaisie. Une très belle scène d'intimité entre l'enfant et le commandant lorsqu'il se croit perdu, apporte des éclaircissements sur les liens très forts qui les unissent et sur son passé où il retrace un épisode assez méconnu de la colonisation en Amérique du sud et des rapports avec les indiens natifs.

dimanche 10 juillet 2011

Nouvelles vénitiennes

Le recueil se compose de sept nouvelles, sept portraits, sept âges de la Sérénissime, rangés par ordre chronologique (du XII ème au XXI ème siècles) de manière à évoquer des périodes précises, marquantes de son Histoire.
Au gré des épisodes mettant en scène Nicolò le joueur, Andrea le sculpteur, Lorenzo le peintre, Veronica la courtisane, Elena la femme savante, Paulina la chorsite ou Julien le photographe, Venise se dévoile et se dérobe. Pour les héros de ces récits, visiteurs éperdus, la rencontre ne se produit pas. Venise secrète, dont l'âme inaccessible n'a cessé d'inspirer et de fasciner les artistes, garde sa part d'ombre, impénétrable aux étrangers qui, ayant tenté de saisir son mystère, repartent bredouilles et amers.

Vénitienne d'adoption depuis une trentaine d'années, c'est d'une plume fluide et érudite que Dominique Paravel mène son lecteur dans le dédale des ruelles et des canaux, mais aussi à travers les archives de la Cité des doges. Pour sa richesse historique et sa langue sensuelle et impudique, ce livre est à rapprocher des Chroniques napolitaines de Jean Noël Schifano.

J'ai reçu Nouvelles vénitiennes, dédicacées d'un gentil mot de l'auteur, grâce à un partenariat Babelio avec les éditions Serge Safran que je remercie tous les deux ! Quelques mots (empruntés chez Mollat, Ces mots-là) :
[Serge Safran] a choisi de lancer sa marque, sans faussse pudeur avec son nom dessus. Son ambition est raisonnable et nous laisse penser que ce n’est pas la fortune que recherche ce directeur littéraire aux choix très respectés parmi ses pairs. Trois livres par an viendront enrichir ce mince catalogue qui se souciera d’exigence. L’éditeur annonce qu’il s’agit d’un choix personnel guidé par l’originalité du sujet, la force d’émotivité et le dérangement des codes établis, qu’ils soient moraux, littéraires ou esthétiques. L’idée est avant tout d’offrir de réelles découvertes.

mercredi 22 juin 2011

Le 9 ème art à l'honneur sur Babélio

Il y a quelques jours, je vous annonçais le retour de Masse critique, une opération désormais ouverte à tou(te)s, blogueurs ou non blogueurs, à la seule condition d'avoir mis en réseau des chroniques sur Babelio.
Cette fois, les ouvrages provenaient d'une sélection spéciale de bande dessinée ou manga, 98 titres récemment parus proposés par les maisons d’éditions partenaires.
Comme il fallait s'y attendre, les inscriptions, ouvertes le 23 mai 2011 à partir de 8h30, ont été rapidement closes !
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Chroniques Outremers, tome 1 de Bruno Le Floc'h - Dargaud
En pleine première guerre mondiale, les trafics qu'abrite la Méditerranée sont plus nombreux et dangereux que jamais.
Liro Tana est le capitaine d’un cargo qui prend sa part de livraisons secrètes et de cargaisons sensibles. Face aux intérêts des différents belligérants, l'équipage joue double, voire triple jeu ! Turcs, Allemands, Anglais... se voient rejoints dans la course à l'armement par de mystérieux révolutionnaires Sud-Américains…

Beaucoup de demi-teintes, une palette de couleurs restreinte, des contrastes dominants bordeaux/bleu ou ocre/bleu : ce n'est pas mon style de dessin préféré, mais je dois reconnaître que le trait est efficace. Loin d'être pauvre, il parvient à atteindre une réelle intensité dramatique avec une remarquable économie de moyens et une construction rigoureuse de l'espace.
Certaines planches ne contiennent pratiquement aucune bulle, c'est presque une histoire sans parole et pourtant les silences et les non-dits sont éloquents. Cela convient bien à ce monde de marins taciturnes, à ces nationalités aux intérêts divergents qui se côtoient sans s'apprécier. Chaque groupe reste sur son quant-à-soi, faisant assaut de fourberie en attendant son heure et le moment propice pour fausser compagnie aux autres.
Les personnages sont campés sommairement mais avec justesse. Bruno Le Floc'h réussit à engendrer une attente autour des desseins de chacun, notamment le personnage mystérieux du capitaine, ses motivations dans cette guerre et le camp qu'il va choisir de servir en définitive...
En bref, un premier tome prometteur qui me donne bien envie de découvrir la suite.

Pour ma part, je ne m'étais pas résolue à choisir entre deux albums, également proches du milieu maritime, et ma chance va faire des envieux puisque je devrais recevoir également, grâce aux éditions Dupuis que je remercie, Les aventures d'Esteban, tome 3 La survie par Matthieu Bonhomme.

lundi 18 avril 2011

Avis aux amateurs

Le programme Masse critique de Babelio revient pour une douzième édition de printemps, avec la participation de nombreuses maisons d'édition et des titres pour tous les goûts, de 7 à 77 ans !
Super ! J'ai gagné Nouvelles Vénitiennes de Dominique Paravel, j'adore Venise et les nouvelles et je vais pouvoir, au choix, les mettre au compte du challenge Giro in Italia ou du challenge Nouvelles, selon que le plaisir du lieu ou de l'écriture l'emportera  !!

vendredi 25 mars 2011

Gagnante !

Grâce aux partenariats du Blog-ô-Book, je viens de trouver trois livres coup sur coup dans ma BàL :
- Le voyage de Sparte de Maurice Barrès paru chez François Bourin Editeur
- Au-delà d'Abencorr de Michel Spielmann chez Mon petit éditeur
- Le chant des pistes de Bruce Chatwin, Le livre de poche. Merci BoB !

Dans le cadre du Winter time travel sur le thème de l'uchronie organisé par le RSF Blog, j'ai pu me hisser à un rang convenable des commentateurs de BD (derrière Mo' et les deux grands gagnants toutes catégories confondues Anudar et Eumène de Cardie) et je recevrai avec joie :
- Ceux qui sauront de Pierre Bordage. You're always welcome Lhisbei !

Enfin, Babelio m'annonce que dans le cadre de ma participation à un concours associé au Grand jury du roman policier, je vais être destinataire d'un exemplaire de :
- Thomas Cook, Les leçons du mal. Je suis ravie, merci !

mardi 8 février 2011

Le réprouvé

Grâce à Babelio et à L'Editeur, j'ai eu le plaisir de découvrir un très beau texte de Mikaël Hirsch, doublé d'un roman intéressant dont le sujet est moins Céline que Paris (ce que je croyais en raison de l'actualité, le cinquantième anniversaire de sa mort) et une balade passionnante à travers la culture des années 50, qui méritera une seconde lecture pour l'approfondir.
J'avais sélectionné Le réprouvé dans la liste du programme Masse critique organisé juste avant Noël sur la base du résumé suivant :
Lundi 6 décembre 1954, l'Académie Goncourt s'apprête à décerner son prix à Simone de Beauvoir. Comme chaque semaine, Gérard Cohen, garçon de courses chez Gallimard, se rend chez Louis-Ferdinand Céline qui vit à Meudon comme au purgatoire : le débutant se confronte alors au génie, l'adolescent au vieil homme et le juif à l'antisémite. Celui qui ne fut pas vraiment un martyr doit faire face à celui qui ne fut même pas un bourreau. La '' visite au grand écrivain '' devient alors une remontée du fleuve, dans les méandres de la mémoire et les profondeurs de la jungle. Peinture du milieu littéraire des années cinquante, errance dans un Paris disparu, Le réprouvé est un grand roman initiatique.

COUP DE COEUR

Si je m'attendais à un texte ardu, il n'en est rien. Fluide et agréable, sans poncifs, l'écriture invite le lecteur à suivre le fil d'Ariane que l'auteur déroule pour lui. Les tours et détours du narrateur sur sa moto sont l'occasion de merveilleuses pages d'errance descriptive dans un Paris disparu : les jardins du Palais royal, les pavillons des Halles, les usines de l'île Seguin, les remparts des faubourgs... L'histoire permet également d'entrer dans l'intimité de la maison Gallimard alors dirigée par Gaston, de sa rivalité avec Grasset avant qu'il ne soit racheté par Hachette et de la bataille renouvelée chaque année pour l'obtention du prix Goncourt. Leur garçon de course, Gérard Cohen, en sait tous les secrets et connaît in vivo la plupart des auteurs du prestigieux catalogue. Grâce à ses parents, il a vécu dès l'enfance dans le cercle étroit et la proximité réservée d'écrivains renommés. Tous ne l'impressionnent cependant pas au même titre que Louis Ferdinand Céline.
Demi-juif élevé dans l'absence de tradition religieuse mais obligé de se cacher sous la couverture d'un nom d'emprunt durant l'Occupation, il veut percer les raisons de la haine viscérale de l'antisémite radical. Craignant au début d'être trahi par des caractéristiques physiques révélatrices, il se laisse emporter peu à peu par l'intérêt que suscite, derrière le masque de l'écrivain fatigué, la personnalité du docteur Destouches.
De son côté, le misanthrope cinquantenaire, reclus volontaire à Meudon, s'habitue à la venue régulière du P'tit Gérard, porteur des missives de son éditeur. De retour d'exil, l'auteur de Voyage au bout de la nuit ne semble pas devoir retrouver un jour le chemin du succès. De nouveaux auteurs ont pris place sur la scène littéraire parisienne. L'année de la mort de Colette, l'élue de l'académie est Simone de Beauvoir pour Les madarins. Pourtant, le vieux fauve n'a rien perdu de sa vindicte et éclate en imprécations soudaines contre les jaunes, les rouges, les noirs... devant Gérard qui fait de ses visites contre-nature le terreau de sa maturation intellectuelle.
L'histoire rapporte les doutes et le cheminement du jeune homme - trop juif pour les uns, pas assez pour d'autres - qui tente de biaiser avec lui-même, ne se reconnaît d'aucune communauté et peine à ressentir un sentiment d'appartenance, mais aussi à se démarquer de sa famille et de son éducation.

samedi 11 décembre 2010

Le chant du barde : les meilleurs récits de Poul Anderson

J'ai eu la chance de recevoir Le chant du barde : les meilleurs récits de Poul Anderson, dans le cadre de la spéciale "littératures de l'imaginaire" organisée par Babelio / Masse critique. Poul Anderson (1926-2001) a reçu 6 fois le prestigieux prix Hugo (H) et 3 Nebula (N). Considéré outre-Atlantique comme un maître incontestable, il est l'un des grands auteurs classiques de l'âge d'or américain le plus couronné de son vivant. Publiée aux éditions du Bélial, cette fresque hautement représentative du talent de l'auteur, regroupe par ordre chronologique neuf nouvelles d'anthologie parues entre 1953 et 1981, dans des traductions révisées et commentées par J.D Brèque.
Explorateurs, guerriers mais aussi poètes, détectives et joueurs, les héros de Poul Anderson redécouvrent les mythes fondateurs de l'humanité à mesure qu'ils peuplent le cosmos de leurs enfants et de leurs rêves :
  • A l'origine, Sam Hall est le personnage d'une chanson qui appartient au folklore, auquel un fonctionnaire de la sécurité donne peu à peu consistance en rentrant des données fictives dans l'ordinateur central qui contrôle toutes les activités humaines : son initiative, d'abord irréfléchie, bouscule involontairement les fondements du régime totalitaire en place.
  • Jupiter et les centaures n'est pas sans rappeler le scénario du film Avatar qu'il précède de plusieurs décennies. Un paralytique partage le corps d'une créature hybride, synthétisée en laboratoire pour supporter les conditions climatiques extrêmes de Jupiter, afin de coloniser la planète hostile. (Dans sa version personnelle d'Avatar, Poul Anderson imagine la vie d'un extraterrestre ayant investi le corps d'un humain.)
  • Long cours (prix H), où un vaisseau céleste échoué sur une planète de l'empire redevenue primitive fait l'objet de bien des convoitises, avant d'être finalement détruit pour permettre à l'évolution de suivre son cours naturel.
  • Pas de trève avec les rois ! rappelle la guerre civile entre nordistes et sudistes, conjuguée à l'intervention d'une troisième force, la communauté des Espers détentrice d'une technologie "psy" d'origine extraterrestre capable de bousculer l'équilibre historique des forces en présence.
  • Le partage de la chair (H), dont le scénario repose sur une énigme ethnologico-scientifique, délivre une leçon de tolérance et de dépassement des préjugés : alors que son mari Donli est victime d'un acte de cannibalisme sur une planète que son équipe scientifique est en train d'étudier, la responsable de la sécurité de l'expédition freine sa réaction primale de vengeance, pour chercher à en comprendre les raisons et en les expliquant, réussir à pardonner.
  • Le principe de Destins en chaîne, parue sous le titre Five Fates, est une nouvelle en forme de cadavre exquis à la construction subtile. Co-écrits par cinq auteurs dans le cadre d'un défi lancé par Poul Anderson sur une idée originale de son invention, les cinq fragments de l'histoire, qui ont tous en commun le même début et une fin identique, donnent ainsi l'impression de se mordre la queue et rebondissent en une cascade perpétuelle. Ma préférée
  • La reine de l'Air et des Ténèbres (H et N) pourtant considérée comme son chef d'oeuvre n'est pas ma préférée. Un enfant de trop a été enlevé sur la planète ; sa mère, loin de s'avouer vaincue par les embûches et le manque de coopération des autorités, fait appel à un archétype de Sherlock Holmes, lequel, grâce à ses petites cellules grises, réussit finalement à contrecarrer les plans insidieux des Audelants, la peuplade aborigène locale, qui mène une lutte masquée contre l'invasion coloniale.
  • Le chant du barde, qui donne son nom au volume (H et N), est librement inspiré du mythe d'Orphée, transposé dans un univers extra-terrestre dominé par une machine programmée pour réguler la population de la planète. Le barde réussit à convaincre la Mort de le laisser l'accompagner dans l'antre de la machine, en vue d'y négocier la résurrection de sa compagne. La suite relève du mythe... qui avait aussi su inspirer Jean Cocteau.
  • Le jeu de Saturne (H et N) est une mise en garde contre l'attrait facile des paradis artificiels. Ici, les candidats à l'évasion sont les participants d'une expédition à hauts risques sur une des lunes de Saturne. A force de vivre trop à fond le jeu de rôles virtuel qui leur permet d'affronter la monotonie des traversées galactiques, ils deviennent inconscients des dangers réels qui les guettent, au point d'y perdre la vie.
En dépit de la très grande diversité d'inspiration des neuf nouvelles, des thématiques récurrentes traversent les récits, comme la défense de la liberté et de l'autodétermination des peuples, le droit d'accès à la technologie et à la maîtrise de leur évolution collective ou la dénonciation des totalitarismes.
Je retiens comme emblématique de la profusion littéraire et de l'imagination débordante de Poul Anderson, le bel exemple de Jupiter et les centaures : à l'instar de chacun des récits du recueil, la nouvelle gardait en gestation la richesse d'un univers complet qui ne demandait qu'à être développé.
Lu le 14 novembre 2010

Repères :
à lire également un de ses romans World without Stars et de Philip K. Dick Waterspider.

jeudi 9 décembre 2010

Pied de mouche

D'après la définition de Wikipédia, le pied-de-mouche est un symbole typographique ancien qui avait pour fonction de signaler le début d'un chapitre ou d'un paragraphe, un point particulier, ou bien, dans un dictionnaire, de séparer les différentes acceptions d'une même entrée. Aujourd'hui c'est aussi un caractère non imprimable symbolisé par ¶ qui matérialise la fin d'un paragraphe.

John est un petit garçon comme les autres jusqu'à ce que des examens médicaux concluent à une terrible maladie dégénérative mal connue. La principale conséquence de ce diagnostic est non négociable : John est désormais contraint au lit et à une immobilité quasi totale à longueur de journée. Ancienne infirmière, sa mère va s'ingénier à lui inventer des activités sans risque, lui permettant d'économiser au maximum ses mouvements. Quant à John, il contourne les interdits de sa vie quotidienne en développant un appétit incroyable pour les mots et en s'inventant un royaume de liberté, dans l'espace infini de son imagination.

quatrième de couverture
Je ne suis pas certain de pouvoir prétendre avoir pris place dans l'alphabet humain, même en tant que vingt-septième lettre honoraire. Je suis plutôt comme un signe de ponctuation particulier, une cédille, un umlaut ou un pied-de-mouche, difficile à dénicher sur le clavier d'un ordinateur ou d'une machine à écrire.
Pied-de-mouche est le nom de plume de John Cromer. Cloué au lit à l'âge de trois ans à cause de la rare maladie des os de verre, ce petit garçon excentrique est un individu à part, à peine présent dans les interstices de la vie des autres. Passionné par les possibilités du langage et de l'imagination, il développe une intense réflexion ;  curieux de tout, il n'est jamais à court d'idées farfelues pour sortir de son carcan de reclus et se faire une place dans le monde. Pied-de-mouche est l'exploration d'une vie marginale, solitaire mais riche, une histoire passionnante, pleine d'humour, d'aventuriers et de personnages hauts en couleur.

à consulter :
http://scriptural.over-blog.com/article-adam-mars-jones-pied-de-mouche-58167637.html