samedi 31 décembre 2016

La fille du train

J'avais vraiment hâte de lire ce roman depuis sa sortie... sans doute parce que je pouvais m'identifier à la fille du train pour l'avoir pris matin et soir pendant des années. Je n'ai pas pu attendre le challenge ABC 2017 pour lequel je l'avais emprunté et je l'ai fini avant la nouvelle année.
J'ai pourtant assez vite déchanté, en grande partie à cause de Rachel qui est vraiment tout le contraire d'une héroïne attachante. Tout d'abord on ne comprend pas pourquoi elle s'intéresse autant à certaines maisons sur son parcours. Ensuite son voyeurisme malsain et son alcoolisme deviennent rapidement écoeurants. On finit presque par trouver des excuses à son ex-mari de l'avoir trompée avec Anna et maintenant de vouloir protéger son nouveau couple et leur bébé. L'intérêt de Rachel pour l'autre couple qu'elle espionne devient pesant à son tour. Pathétique sans gagner en sympathie, Rachel semble porter toute la responsabilité de sa dégradation morale, physique et sociale. Je n'ai éprouvé aucune pitié pour elle et j'ai plaint sa colocataire qui tente pourtant de lui venir en aide et de la secouer.
Cependant, certains détails sont suspects... comme si l'auteur en faisait un peu trop et j'ai fini par entrevoir la vérité la plus improbable un bon tiers avant la révélation ! Dommage, même si c'est finalement plutôt bien vu de faire porter les soupçons sur un être déchu, alors que les gens heureux semblent toujours plus innocents.
La narration est portée alternativement par trois voix féminines et le procédé est intéressant car aucune ne possède le bon angle de vue : Rachel n'est pas considérée comme un " témoin fiable ", Anna apparaît trop de parti pris aux yeux du lecteur et enfin Megan en temps que victime est la moins bien placée pour avoir une opinion objective sur la situation.
En conclusion, j'ai bien aimé mais avec un peu moins de satisfaction qu'attendue.

Bilan 2016 des challenges ABC polar et Baby-challenge policier

Plutôt que continuer à le faire seule dans mon coin, cette année je me suis inscrite au challenge suivi par Salhuna en catégorie 3 (demi-alphabet pour un total de 5057 pages) avec ce que j'ai déjà dans mes PàL. Si je progresse bien, je suppose que je pourrais passer au niveau supérieur, catégorie 2 (alphabet complet en free style)


BARRY Max Lexicon 2014 LU       444
CAMILLERI Andrea La piste de sable 2011 283
FRUTTERO Carlo Des femmes bien informées 2007 LU      231
GOLD Glen David Carter contre le Diable 2014 810
JOB Armel Baigneuse nue sur un rocher 2010 LU     298
KALLENTOFT Mons La 5ème saison 2014 LU     521
LE CARRE John Notre jeu 2004 367
MIYABE Miyuki Le diable chuchotait 2012 LU     374
PIERSANTI Gilda Bleu catacombes 2009 245
QIU Xiaolong Dragon bleu, tigre blanc 2005 360
SALEM Carlos Nager sans se mouiller 2012 LU     295
VARGAS Fred Pars vite et reviens tard 2006 347
YALOM Irvin La méthode Schopenhauer 2008 478






TOTAL DE PAGES 5057


Je suis mi figue mi raisin face à mon bilan de 6 / 13 :  même si à en croire mes stats Livraddict, j'ai lu 13 policiers et 7 thrillers en 2016, quant au Baby-challenge Policier : 8/20 au départ mais des envies de lectures qui devaient me faire dépasser la moitié sans problème, au final + 0 et je laisse enfin tomber la tentation des Babies, mais ni les polars, ni les challenges puisque je suis réinscrite à l'ABC polar 2017 sans programme prédéfini : ce qui semble mieux me convenir, car au bout d'un mois j'ai déjà validé 5 lettres, à ce rythme j'aurai fini à la moitié de l'année, d'autant que j'ai en vue quelques initiales difficiles.

vendredi 30 décembre 2016

Paul Cleave [2]



Challenge des cinq continents de Drussnaga en binôme avec MAGICIENNE D'OZ
destination NOUVELLE ZELANDE (OCEANIE)

Un employé modèle
Joe Middleton passe pour un peu demeuré aux yeux des agents de la brigade de police pour lesquels il est un simple agent d'entretien serviable. Pour sa mère, il est un mauvais fils qu'elle accapare et maltraite moralement. Pour Sally, il est un substitut à son jeune frère, arriéré mental dont elle se reproche le décès et elle souhaite lui venir en aide, même si pour Joe, les rôles sont inversés et qu'il la trouve gentille mais limitée et envahissante.
Dans la réalité alternative de Joe, en dehors de son travail qu'il exécute minutieusement, des repas chez sa mère auxquels il se rend scrupuleusement et de sa vie diurne réglée comme du papier à musique, il a un passe temps des plus douteux dont ne se doutent aucunement ses employeurs. Cependant, plusieurs grains de sable vont venir perturber sa trop parfaite organisation : un imitateur s'est servi de lui pour maquiller ses actes et cela le fait enrager, une concurrente l'a repéré et veut le faire chanter, tandis que l'innocente Sally ne se rend compte de rien.
J'ai aimé ce livre où l'humour remplace l'hémoglobine et où la réflexion prime sur l'action. L'auteur appartient à la génération d'écrivains qui parviennent même à rendre un serial killer sympathique, un peu comme Mr Monster de Dan Wells.
J'aime bien l'éloquence de la couverture, simple mais direct à l'essentiel !

Un père idéal
J'ai cru que ce titre était la suite d'Un prisonnier modèle et j'ai été un peu désappointée de ne pas retrouver le personnage de Joe Midleton. De plus l'histoire démarre assez lentement. Un gentil couple avec fillette envisage d'acheter sa future maison. Le rendez vous à la banque tourne au drame lorsque des cambrioleurs attaquent la banque et prennent une otage.
Résumé : Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s'attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l'histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.
Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d'avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c'est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu'il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L'instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu'Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l'horreur.

mardi 27 décembre 2016

Déstockage de PàL en duo

binôme  DOUBLE ASSASSINAT DANS LA RUE MORGUE
pour le Déstockage de PàL en duo de Zina et Licorne
Thème 1 - Baigneuse nue sur un rocher d'Armel Job   LU
Thème 2 - American psycho  LU

Nous avons réussi notre première session et Amarüel et moi nous sommes mises d'accord pour lire dans nos PàL les livres de Manon Fargetton qui y sont :

pour elle L'héritage des rois passeurs
pour moi  June dont je n'ai lu que le tome 1 même si j'ai acheté la suite aussitôt

samedi 17 décembre 2016

La salle de bain du Titanic

Je me suis laissée intriguer par le titre de Véronique Ovaldé : à raison car la nouvelle en trois actes autour du court destin de Vienna est bonne à lire, mais à tort car elle n'a rien à voir... quoique... avec un naufrage. Le passage sur les orques échouées m'a rappelé fortement un autre texte d'une autrice vietnamienne, il va falloir que je creuse.
Trois moments successifs montrent la vie de Vienna ou plutôt sa dégradation progressive alors qu'elle s'enfonce dans le mal sur lequel elle a trop tardé à mettre des mots : elle a six ans (Tous ceux qui n'ont pas de nombril sont des martiens), seize ans (Les mouettes de Camerone) et je vais dire vingt six par défaut (La salle de bains du Titanic).
Je ne m'attendais pas du tout à cette histoire, mais découvrir Véronique Ovaldé dans le genre nouvelle m'a permis de valider mon attrait pour son écriture dont j'ai lu beaucoup de bien et je vais pouvoir choisir un de ses romans qui séjournent dans ma liste à lire.

vendredi 16 décembre 2016

American psycho

Je ne sais pas si je ferai un plus long commentaire car ce n'est pas une lecture dont j'ai tellement envie de me souvenir, un peu comme True romance, mais je garde néanmoins envie de lire Moins que zéro. Il faut environ une centaine de pages pour rentrer vraiment dans l'horreur et dans l'abject. Au début, il est encore possible de croire que la quatrième de couverture est racoleuse, mensongère, mais que Patrick Bateman est juste un type blasé, pédant, imbu de lui même et pourtant vaguement méprisable dont on ne comprend pas tellement à quoi il peut occuper ses journées, mis à part prendre soin de son corps, changer plusieurs fois de tenues et scruter celles de ses collègues et néanmoins rivaux, ni comment lui et ses congénères masculins autant que féminins peuvent gagner leur vie et les centaines de dollars qu'ils dilapident en soirées, vêtements et produits de luxe.

Lettre A du challenge Lire sous la contrainte

Bret Easton Ellis sur Babelio :
Son ouvrage le plus controversé est sans doute "American Psycho". Son éditeur Simon & Schuster lui avait versé une avance de 300 000 dollars pour qu'il écrive une histoire à propos d'un serial killer. Suite aux nombreuses protestations, l'éditeur refuse de publier le roman. En effet, le roman est notamment considéré comme dangereusement misogyne. Il sort finalement en 1991, édité par Vintage. Certains voient dans ce livre, dont le protagoniste Patrick Bateman est une caricature de yuppie matérialiste et un tueur en série, un exemple d'art transgressif. American Psycho est porté à l'écran en 2000 par Mary Harron.

jeudi 15 décembre 2016

Lire sous la contrainte fête ses quatre ans !

Voici le thème de la trentième session de Lire sous la contrainte : lire un ou plusieurs livres dont le titre commence par une voyelle. Pour participer, vous avez du 2 novembre au 23 décembre.


Exhibitions
Enfin un long voyage paisible
Une poignée de seigle
American psycho

jeudi 1 décembre 2016

Une poignée de seigle


Un mois = une illustration d'Angeselphie pour le 7 décembre
Votre couverture devra être: En dominante de jaune   ET/OU
Le thème sera: Le roman noir... Très noir... Gore... Qui fait peur...  
Pour y répondre, deux (re?)lectures dans la jaune du Masque qui comptent aussi pour le challenge Agatha Christie de Julie86
 

L'inspecteur Neele n'en croit pas ses oreilles lorsque la vieille miss Marple lui annonce qu'elle connaît le nom de l'assassin de Rex Fortescue. Elle n'est là que depuis quelques heures, parce qu'une ancienne domestique qu'elle a formée et placée se trouve impliquée dans l'affaire, alors qu'il enquête depuis plusieurs jours. L'empoisonnement ne fait pas de doute, mais que signifie la poignée de seigle découverte dans la poche du veston de la victime... Et si la solution venait d'une comptine oubliée ? La recette n'est pas unique dans l'univers d'Agatha Christie.
Comme dans la plupart de ses romans et c'est pour cela qu'on les aime et les relit, l'histoire mêle suspense et sagacité, en matière de mobile les habituelles mesquineries humaines, jalousies et intrigues, ainsi qu'une pointe d'exotisme par le biais de personnages vivant à l'autre bout du monde.

mercredi 30 novembre 2016

Elle voit des rhinos partout

challenge Totem chez Liligalipette (lui donner la liste de mes billets " elle voit des rhinos partout ")

L'avantage avec les textes du patrimoine littéraire, c'est qu'on peut les télécharger. Je n'ai donc eu aucun problème pour me procurer la pièce d'Eugène Ionesco et la lire rapidement puisque elle est assez courte.
Rhinocéros, dont Bérenger, le personnage principal est un anti-héros, appartient au théâtre de l'absurde... Absurdité des situations : un dimanche matin sur la place d'un village, le calme est perturbé par le passage bruyant d'un animal qui reste caché aux yeux des spectateurs et des acteurs... Absurdité des discussions : de nombreux exemples sont représentés à travers tout le texte, notamment par des lieux communs que les individus s'échangent sans tenir compte des réponses de leur vis-à-vis... Absurdité de la vie et inanité de toute réaction puisque Bérenger reste finalement seul rescapé.
J'ai aimé découvrir l'univers de cet auteur franco-roumain parfaitement bilingue qui a fait du langage son cheval de bataille (cela aurait pu donner lieu au défi biographie mais je n'y étais pas inscrite) et je vais approfondir, à partir de cette première lecture, la découverte de son oeuvre. J'avais déjà lu Samuel Beckett qui lui 
   est souvent comparé/opposé.

Défi des 4AS : théâtre
Challenge des nationalités ROUMANIE


mardi 29 novembre 2016

Enfin un long voyage paisible

COUP DE COEUR
Même s'il n'est pas rare que j'apprécie, voire beaucoup, les romans contemporains de cet auteur, j'ai encore pu lui trouver des raisons de hisser la barre plus haut ! Cette histoire est un mirage, un trompe-l'oeil astucieux : deux histoires parallèles laissent supposer qu'elles vont se rejoindre en un point commun qui recule au fur et à mesure qu'on s'en approche. Dans le premier hémisphère, il s'agit de Yo et Tania, deux versants d'une vie commune dont je me suis demandé jusqu'à la fin si l'une était bien ce qu'elle semblait être... Dans l'autre, on plonge de la lumière à l'ombre, avec Marion qui veille dans un état d'affliction révoltée les derniers jours de mutisme de sa mère, recluse en elle même. Là aussi je me suis posé la question des non-dits, des vérités cachées derrière les apparences... et ces interrogations ne sont pas inopinées, au contraire, elles sont savamment amenées, orchestrées. La plume est toujours superbe : de la matière de deux existences de femmes assez transparentes, Andrea Japp parvient à entretenir l'illusion de destins exceptionnels et de pousser le lecteur à la suivre jusqu'au bout du rêve.


lundi 28 novembre 2016

Le diable chuchotait - Majyutsuwa sasayaku

Miyuki Miyabe,  - SWAP anniversaire
Il est en bonne place dans ma PàL depuis fort longtemps et rien ne le prédisposait particulièrement à en sortir... c'est pourquoi le challenge Déstockage de PàL en duo est venu à point pour m'y aider. Je ne sais pas si je m'y attendais ou bien si mes a priori ont joué à m'influencer, toujours est-il que j''ai été globalement déçue par ma lecture, même je n'ai aucun point en particulier à lui reprocher.
Une couverture dans le style de celles de Miu Murakami n'était pas non plus pour me donner plus envie que ça...
L'histoire est un polar assez original puisque l'enquêteur n'est pas un professionnel, mais un adolescent qui tente de disculper Taikô, son oncle et père adoptif de l'accident de la circulation dans lequel son taxi est impliqué et qui a coûté la vie à une jeune fille. Ses investigations autour de la victime lui apprenne qu'elle appartenait à un groupe de quatre filles dont trois sont déjà mortes dans des suicides aux conditions parfois étranges : l'une d'un toit, l'autre sur les rails du métro, la dernière enfin sous les roues du taxi de Taikô. La dernière se sait en danger et il n'arrive pas à la rencontrer chez elle, mais il est bientôt contacté par un mystérieux homme qui souhaite partager avec lui le secret de sa vengeance. L'intérêt de l'intrigue est doublé par l'impression que cet inconnu pourrait être son père disparu une dizaine d'années plus tôt après avoir détourné des fonds et quitter le domicile conjugal en laissant derrière lui une demande de divorce.
La jeunesse nippone est rendue de façon terrifiante, ce qui n'est pas la première fois chez les auteurs contemporains. Des jeunes femmes sans scrupules se livrent au commerce de l'amour pour dépouiller des célibataires crédules en leur faisant signer des traites au dessus de leurs moyens. Des entreprises commerciales insèrent des messages subliminaux dans les programmes télévisuels pour effrayer les voleurs. Des jeunes veuves travailleuses s'en sortent à peine en cherchant à conserver leur dignité. Des hommes boivent pour oublier, se saouler, ne pas rentrer chez eux... Parmi ce collectif déprimant, quelques personnages tirent leur épingle du jeu comme le couple des oncle et tante de Mamoru ou bien Takano qui se révèle un supérieur hiérarchique étonnamment bienveillant dans cet univers de la grande distribution.

dimanche 20 novembre 2016

Baigneuse nue sur un rocher

Arrivé dans ma PàL grâce au SWAP des couleurs (bleue), le roman d'Armel Job, Baigneuse nue sur un rocher aurait eu bien du mal à en sortir si ce n'était grâce an challenge Déstockage de PàL en duo. J'ai également tardé à en parler car il ne m'a pas captivée outre mesure - j'ai même dû m'y reprendre à plusieurs fois pour le terminer - et je ne sais pas tellement comment le qualifier : intéressant sans enthousiasme, de bonne lecture sans passion, il ne restera pas mémorable. Il aurait pu participer au challenge Occupation et résistance mais j'ai eu plus pressé à me mettre sous les yeux...
Du côté des Ardennes belges, la Résistance n'a pas été moindre qu'en France, ni les coups bas moins sournois... José Cohen, peintre d'origine juive spécialisé dans les portraits de nus, s'est réfugié dans le petit village de Rocafrène et ne l'a plus quitté, occupé à en peindre les paysages et les méandres de la rivière locale. Mais pour les beaux yeux (et les belles formes) de Thérèse la fille de la charcutière, il revient à ses premières amours. Le secret aurait dû rester entre l'artiste et son modèle et personne au village n'aurait jamais dû entendre parler du tableau exposé dans une galerie bruxelloise. Pourtant, par la faute d'une indiscrétion, il est commenté à la une de la feuille de choux locale et crée un mini scandale.
Le peintre est bientôt retrouvé mort... jalousie de femme ou rivalité masculine ? L'auteur sait jouer des ficelles de l'intrigue pour faire que la tension monte progressivement et subrepticement : tous les protagonistes ont dans leur passé commun des secrets mal enfouis qui forment un embrouillamini de mobiles possibles, dont certains remontent parfois à l'installation du peintre et de sa muse (et épouse) au village.

jeudi 17 novembre 2016

Une caravane en couverture

C'est plus fréquent qu'il ne semble !
Je les ai lus, j'ai envie de les lire ou ils sont dans ma PàL

mercredi 16 novembre 2016

Time riders [4]

Depuis l'invention de la machine à voyager dans le temps, les tentatives de modifier le passé doivent être contrecarrées pour sauvegarder le présent et le futur. Sur le même principe que La patrouille du temps de Poul Anderson, les Time riders d'Alex Scarrow veillent sur la continuité de l'Histoire. Leur équipe est constituée de trois adolescents, de Foster leur recruteur et d'un garde du corps nommé Bob, un clone de combat associé à une IA intégrée. Ils sont cantonnés à New York, dans une boucle temporelle artificielle qui va du lundi 10 au mardi 11 septembre 2001. Liam aurait dû trouver la mort à bord du Titanic, Maddy dans le crash d'un avion et Sal au cours d'un incendie à Mumbay. Leur première mission les mène dans l'Allemagne nazie. Averti de l'échec de la campagne de Russie, Hitler a détourné son regard et ses armées vers les Etats Unis.
Lu le 21 mars 2016

Bien qu'un peu déçue par le sujet précédent, je me suis attachée aux personnages et je suis clairement tentée de les accompagner dans la suite de leurs aventures (8 tomes parus)
Le deuxième roman se passe au Crétacé, avec des herbivores géants majestueux mais aussi de vilains petits reptiles, rapides, sanguinaires et très doués pour apprendre. Mortellement intelligents, ils ont une technique de chasse particulièrement effroyable.
Les filles ont un peu le second rôle car cette aventure concerne surtout de Liam, aidé de Becks, une version féminine de Bob. Ils ont été aspirés loin dans le passé au cours d'une mission de routine pour sauver d'un attentat le futur théoricien des voyages dans le temps.
Lu le 7 janvier 2016

Le troisième tome commence par la première tentative de voyage dans le temps, dont l'inventeur revient en direct devant un parterre de journalistes, épouvanté par la " Fin des temps " et décidé à détruire sa machine.
Sur les traces d'un codex indéchiffrable, Liam accompagnés des deux clones de soutien se rend cette fois dans la forêt de Sheerwood, au service du roi Jean sans terre. Une relique de Terre sainte envoyée par Richard Coeur de lion pour la rapporter en son château a été dérobée à ses Templiers. A priori plus intéressant pour la thématique, ce tome est pourtant moins immersif que le précédent car le schéma de la mission se reproduit sans surprise et les attentes quant à l'intrigue principale (l'agence) et secondaire (le Graal) ne sont pas comblées. Du côté des nouveautés bienvenues, j'ai aimé l'irruption farfelue d'Adam dans la vie des trois Time riders... et l'évolution féminine de Becks.
Lu le 20 mars 2016
 
Le quatrième tome commence par le recrutement de Joseph par Waldstein, devenu un misanthrope fortuné. Il souhaite l'associer à son projet qui n'est pas explicité... mais la fin contient certains indicateurs.
Liam, Sal et Bob sont envoyés en 1831 sauver Abraham Lincoln d'un accident de la route. Mais le jeune homme intrépide les suit dans l'Arche puis s'échappe dans les rues de Manhattan. Une onde temporelle particulièrement forte endommage les installations et fait basculer les Etats-Unis dans une guerre fratricide sans fin, sous la pression des Français au Sud et des Britanniques au Nord. Pendant de Maddy et Becks essaient de réparer, l'autre groupe chercher à les rejoindre depuis Washington.
Le guerre de Sécession, vieille de plus de 130 ans et enrichie d'innovations plus ou moins effrayantes, est bloquée dans un statu quo démentiel : une ligne de front qui s'étire d'Est en Ouest et partage New York en deux zones dévastées. Le devenir de ce monde sur les bases proposées - à savoir la disparition de Lincoln et l'abolition symétrique de l'esclavage aussi bien au Nord qu'au Sud ayant empêché l'émergence de l'Union - se révèle assez peu convaincant. Mais certaines énigmes prennent forme : le passé de Sal et son lien avec un certain ourson en peluche, l'intérêt de Maddy pour le contenu du Graal emprisonné dans le cerveau de Becks, le vieillissement prématuré de Liam.

défi SFFF, items : Young adult / traduite / série

mardi 15 novembre 2016

Exhibitions


Les raisons qui m'ont poussée à ce partenariat avec l'éditeur et l'auteur que je remercie montrent que les éléments de communication autour de ce roman fonctionnent.

Le résumé éditeur d'abord : il est plutôt tentant pour qui s'intéresse à l'art, au marché de l'art, au processus de création, aux artistes, etc.
Exhibitions est l’histoire d’Anaïs, une jeune femme amoureuse de peinture qui parvient, grâce aux relations de son père, à se faire embaucher comme stagiaire dans une galerie d’art contemporain. D’abord surprise et parfois amusée par le monde qu’elle découvre, elle va ensuite multiplier les déconvenues et découvrir un univers souvent cruel, jusqu’au jour où elle rencontre un artiste célèbre dont elle tombe follement amoureuse, sans voir les dangers de cette passion. Exhibitions est aussi un roman sur le monde de la culture et ses illusions.

La couverture ensuite : en définitive, c'est elle qui m'a vraiment décidée. Elle m'a rappelé Le déjeuner sur l'herbe de Manet et son parfum de scandale. D'ailleurs, l'Olympia reproduite en première page, du même Manet, a une histoire controversée également. Curieux fruit du hasard, c'est une autre de mes lectures du moment (Baigneuse nue sur un rocher d'Armel Job, page 128 et suivantes) qui m'a appris l'indignation qui a entouré la présentation de ce tableau. Le détachement du modèle, nu et exposé, mais pourtant distant, oppose une calme indifférence aux regards choqués, attirés par la main qui repose sur le haut de la cuisse, selon l'effet voulu par le peintre.

La plus belle réussite du roman tient dans le compte-à-rebours de sa partie finale puisque le texte réussit à évoquer par les mots ce que le peintre a montré à voir. Il invite le lecteur dans les pensées d'Anaïs : manipulée, assujettie par le performeur qui lui fait prendre la pose, nue et mise en scène dans la recréation de l'oeuvre de Manet, elle n'appartient en somme ni à l'artiste, ni à la foule des visiteurs, mais conserve son âme intacte et son sexe caché.

Du côté des déconvenues maintenant, je dois citer les personnages dont nul ne m'a paru charismatique, alors même que l'auteur force la dose pour décrire Pierre Vandre comme un homme qui plaît. La galériste Alice Jackson qui pousse sa jeune stagiaire dans les bras du bellâtre qu'elle souhaite attirer dans les mailles de ses filets commerciaux, fait presque figure d'entremetteuse. Anaïs enfin, après l'épreuve du shoting dans un dépôt d'ordures, malmenée et humiliée, ne semble pas avoir compris la leçon puisqu'elle retombe aussitôt dans le discours menteur d'un artiste qui ne convoite ses formes de walkyrie (la demoiselle est d'un joli gabarit) que pour assouvir ses fantasmes, d'abord sexuels (sans grande originalité), puis artistiques.

Le titre pourtant tient ses promesses : il annonçait du voyeurisme et sous couvert d'art, le roman ne lésine ni sur les scènes d'exhibition, ni sur les descriptifs d'exposition, propos et commentaires qui se révèlent par ailleurs plutôt intéressants.

Initiale E du challenge Lire sous la contrainte.

dimanche 13 novembre 2016

Week-end à 1000

du 11 au 13 novembre 2016
Petit rappel sur le challenge :
Le week-end à 1000 est un challenge littéraire organiser sur le blog de Lili bouquine depuis Février 2013. Le but : essayer de lire 1000 pages (romans, bd, mangas...peu importe) en l'espace d'un week-end.
Le challenge commence vendredi 11 novembre 19h00 et fini dimanche 13 novembre 23h59
Il est relayé sur Livraddict et sur Facebook « challenge week-end à 1000 »

J'ai vu qu'Amarüel y participe pour avancer notre challenge Déstockage de PàL en duo et je m'y suis mise aussi. Voilà le résultat de mes lectures d'hier soir :
J'ai commencé par Baigneuse nue sur un rocher d'Armel Job pour le challenge mais je n'ai pas trop accroché  36/298 GF
J'ai ensuite lu un peu du Journal d'un marchand de rêves offert en partenariat par Anthelme Hauchecorne qui m'a fait trop peur pour que je reste sur cette impression 132/557 GF
Je suis donc passée à L'énigme de Saint Olav d'Indrek Hargla (Estonie) pour ajouter une nationalité à mon palmarès 105/331 GF
total provisoire : 273/1186

J'espère finir les trois dans le week end, à moins que je tire d'autres livres qui me tentent dans ma pile :
Un père idéal de Paul Cleave 429 PF
American psycho de Bret Easton Ellis 527 PF
La famille Middlestein de Jami Attenberg 295 GF

samedi : J'ai fini L'énigme de Saint Olav 500/1000

dimanche : j'ai commencé Time riders (tome 4) 115/454 GF
j'ai encore lu une partie de  Baigneuse nue sur un rocher 211/298

total du week end : 211+132+331+115 = 789 soient 80 % du challenge réalisé à minuit

vendredi 11 novembre 2016

Génocide rwandais : Petit pays et Notre-Dame-du-Nil

challenge des nationalités : RWANDA
Deux récentes lectures viennent illustrer ce dramatique événement du proche passé africain sans pourtant qu'il y ait eu au départ volonté propre de ma part.
J'avais repéré une chronique concernant Scholastique Mukasonga dans le cadre du challenge Tour du monde des auteurs et quand j'ai trouvé son roman Notre Dame du Nil à la bibliothèque, je m'en suis emparée. Ce fut un véritable coup de coeur pour plusieurs raisons : émotions romanesques et connaissances approfondies du contexte m'ont émue, emportée, questionnée.
Prix Renaudot 2012

Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota " ethnique " limite à 10 % le nombre des élèves tutsi. 
Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un " vieux Blanc ", peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresques les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d'insoumises reines de Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour la jeune vie de l'héroïne, et pour bien d'autres filles 
Scholastique Mukasonga, rescapée du massacre des Tutsi, nous donne ici son premier roman, où des jeunes filles à mains nues tentent d'échapper à l'Histoire monstrueuse qui a décimé sa propre famille. (Gallimard)

Aux sources du Nil, une déesse noire incarne Notre-Dame : en collaborant à son remplacement par une statue aux traits plus négroïdes, certaines élèves hutu entendent incarner dans cette représentation tutélaire la nouvelle élite montante de la nation. Cet épisode parmi beaucoup d'autres montre que la balance politique est faussée en faveur de l'ethnie majoritaire. Le roman replace bien en contexte l'absence d'avenir pour les "quotas " alors que les apparences sont encore sauves, mais que couve la compétition à outrance pour les premières places. Parmi ces jeunes filles en fleurs, les manoeuvres sont déjà rudes et l'esprit du vainqueur règne.
A l'opposé de tant de laideur morale, j'ai particulièrement aimé les passages en aparté où le vieux peintre poursuit sa vision de l'ascendance royale, voire divine des Tutsi, en prenant pour modèles de la déesse Isis et de la reine Candace des jeunes élèves du lycée voisin. Ces moments agissent comme des parenthèses dans l'histoire, alors qu'en dehors de sa propriété dont il a fait un havre pour les Tutsi et de son atelier, un temple à la gloire de leur beauté hiératique, la tension va crescendo, jusqu'à l'irruption de l'horreur à l'état pur. 
Deux lectrices lui ont donné la note maximale et pour moi c'est UN COUP DE COEUR :
http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-notre-dame-du-nil-de-scholastique-mukasonga-108316124.html
http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/07/notre-dame-du-nil-de-scholastique.html

Dernièrement, lors d'un swap avec Magicienne d'Oz, elle a ajouté hors WL un titre qu'elle souhaitait lire en commun avec moi pour le challenge des 5 continents. Petit pays de Gaël Faye montre à partir du Burundi la lente montée de la guerre civile entre Hutu et Tutsi, qui ne se limite pas aux frontières du Rwanda, notamment parce que de nombreux réfugiés des deux ethnies sont présents au Burundi.
Son billet est tellement bien que je préfère laisser la parole à Cottage treasure

Au-delà de ce fond historique, le roman autobiographique montre que les évènements (inter)nationaux peuvent hâter le sortir de l'enfance : au début du premier chapitre, on peut encore croire que la secousse qui a agité l'enfance du narrateur est l'éloignement émotionnel de ses parents, mais la fracture se révèle beaucoup plus grande entre un père français et une mère rwandaise, dont la famille est partagée de deux côtés de la frontière, quand débutent les homicides et que les nouvelles manquent.
J'ai beaucoup apprécié la plume de Gaël Faye, qui parvient à retrouver le style de l'enfance sans verser dans l'infantilisme. Avec les yeux de Gabriel, il témoigne avant tout de sa vie et de sa vision du monde des adultes, sans jugement ni militantisme. Il m'a fait penser aux souvenirs du colonialisme algérien à travers le filtre des souvenirs du jeune Fouad Laroui au lycée Lyautey de Casablanca.
Goncourt des lycéens 2016

Swap Cabinet de curiosités


Je me suis inscrite avec Magicienned'Oz pour ce swap organisé par Lilas
Nous avions déjà swappé plusieurs fois ensemble et comme nous avions la possibilité d'échanger en réel, nous avons  un peu glissé sur les dates afin de pouvoir nous rencontrer durant les vacances d'octobre.
 
SWAP  "CABINET DE CURIOSITES"

Présentation : pour information, un cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l'hétéroclisme et l'inédit. On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d'histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d'art. Les dates seront longues afin de pouvoir être inventif sur ce thème et de nous permettre de dénicher des objets inédits, bizarres, curieux...
Dates : Inscription : du 1er Avril au 30 Mai / Préparation : du 1er Juin au 30 Juillet / Clôture du swap : le 31 Septembre
Contenu du colis
- 2 livres de la WL dans le thème (sur les sciences, la nature, l'art, les animaux, les mystères, les livres loufoques et bizarres, les livres qui vous intriguent, etc)
- 1 ou 2 MP sur le thème (il faut être inventif)
- 1 boisson et 1 gourmandise (curieuse et bizarre)
- 2 ou 3 objets avec le thème (trouvés au vide-grenier, achetés, confectionnés par vos petites mains)
- un petit mot dans l'esprit du thème

Mais il est temps de vous montrer quelques photos et commentaires du déballage
1/ l'ensemble des paquets avec au fond celui qui lui est destiné
 2/ gros plan sur les livres, quelques gourmandises et une bouteille bleue pour ma collection
 3/ les gourmandises exotiques : made in England et aus Deutschland
  4/ le clou du colis, je l'ai juste aperçu chez elle pour conserver l'emballage anti-chocs intact : un serre-livre rhinocéros fait maison que je trouve sublime
 5/ la photo de groupe qui réunit l'ensemble des colis : il y a aussi une autre paire de rhinocéros bleus à accrocher et la jolie carte découpée avec un rhinocéros sur un fil 
  •  Afin de poursuivre du côté des curiosités locales, nous en avons également profité pour visiter Amiens et sa région :
  • la cathédrale, une des plus belles de France de mon point de vue, et  une exposition sur... le bleu
  • Arras, les lieux de souvenir de la première guerre mondiale : ici un des géants habillés en poilus de 14-18 
  • les Hortillonnages de la Somme, sorte de jardins ouvriers dont la plupart des parcelles, prises sur les marais, ne sont accessibles que par canaux et doivent être entretenues régulièrement sous peine de retourner à l'eau