lundi 28 novembre 2016

Le diable chuchotait - Majyutsuwa sasayaku

Miyuki Miyabe,  - SWAP anniversaire
Il est en bonne place dans ma PàL depuis fort longtemps et rien ne le prédisposait particulièrement à en sortir... c'est pourquoi le challenge Déstockage de PàL en duo est venu à point pour m'y aider. Je ne sais pas si je m'y attendais ou bien si mes a priori ont joué à m'influencer, toujours est-il que j''ai été globalement déçue par ma lecture, même je n'ai aucun point en particulier à lui reprocher.
Une couverture dans le style de celles de Miu Murakami n'était pas non plus pour me donner plus envie que ça...
L'histoire est un polar assez original puisque l'enquêteur n'est pas un professionnel, mais un adolescent qui tente de disculper Taikô, son oncle et père adoptif de l'accident de la circulation dans lequel son taxi est impliqué et qui a coûté la vie à une jeune fille. Ses investigations autour de la victime lui apprenne qu'elle appartenait à un groupe de quatre filles dont trois sont déjà mortes dans des suicides aux conditions parfois étranges : l'une d'un toit, l'autre sur les rails du métro, la dernière enfin sous les roues du taxi de Taikô. La dernière se sait en danger et il n'arrive pas à la rencontrer chez elle, mais il est bientôt contacté par un mystérieux homme qui souhaite partager avec lui le secret de sa vengeance. L'intérêt de l'intrigue est doublé par l'impression que cet inconnu pourrait être son père disparu une dizaine d'années plus tôt après avoir détourné des fonds et quitter le domicile conjugal en laissant derrière lui une demande de divorce.
La jeunesse nippone est rendue de façon terrifiante, ce qui n'est pas la première fois chez les auteurs contemporains. Des jeunes femmes sans scrupules se livrent au commerce de l'amour pour dépouiller des célibataires crédules en leur faisant signer des traites au dessus de leurs moyens. Des entreprises commerciales insèrent des messages subliminaux dans les programmes télévisuels pour effrayer les voleurs. Des jeunes veuves travailleuses s'en sortent à peine en cherchant à conserver leur dignité. Des hommes boivent pour oublier, se saouler, ne pas rentrer chez eux... Parmi ce collectif déprimant, quelques personnages tirent leur épingle du jeu comme le couple des oncle et tante de Mamoru ou bien Takano qui se révèle un supérieur hiérarchique étonnamment bienveillant dans cet univers de la grande distribution.

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