mardi 31 décembre 2013

Point sur mes swaps et challenges en cours

Comme de juste en début d'année, il est courant de prendre de bonnes résolutions ou de faire le bilan de l'année écoulée :

Tissons des liens se termine avec 4 colis échangés, 3 rencontres, de nombreux MP : merci à My et Mél
Colore ton swap => 31 janvier 2014
Mini swap number 5 : wishlist et bonnes résolutions => 31 janvier 2014
Swap des 4 saisons : 21 mars, 21 juin, 21 septembre et 21 décembre


PàL de swaps => 31 décembre 2013, seulement 7/26  

à vos nombres => 31 décembre 2013, catégorie aléatoire niveau 4 (10 livres ou plus), Top Ten (10 livres de 1 à 10), Math'en mots niveau 4 (10 livres ou plus)
Livra'deux pour Pal'addict numéro 7 => 31 janvier 2014
Amélie Nothomb by Chinouk

Baby challenge Science FictioN 2013 => 31 décembre 2013, niveau Médaille d'argent
1 ~    L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde
2 ~    Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman
3 ~    Hunger Games de Suzanne Collins (3 tomes)
4 ~    Dune, tome 1, partie 2 de Frank Herbert
5 ~    La Horde du Contrevent d'Alain Damasio
6 ~    Divergent / Divergente / Divergence, tome 1 et 2 de Veronica Roth
7 ~    Les Cantos d'Hypérion, Hypérion de Dan Simmons (et La chute d'Hypérion)
8 ~    Le Passeur de Lois Lowry
9 ~    Le Cycle de Fondation, tome 4 : Fondation et Empire de Isaac Asimov
10 ~  Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes
11 ~  Les Âmes vagabondes de Stephenie Meyer
12 ~  La Planète des Singes de Pierre Boulle
13 ~  Le cycle d'Ender, tome 1 : La stratégie Ender d'Orson Scott Card
14 ~  Chroniques de la fin du monde, tome 1 de Susan Beth Pfeffer
15 ~  Delirium, tome 1 de Lauren Oliver
JOKERS
16 ~  Le Combat d'hiver de Jean-Claude Mourlevat

17 ~  1984 de George Orwell
18 ~  Sans parler du chien de Connie Willis
19 ~  La Nuit des temps de René Barjavel

Je termine  à 19/20

Pour les bilans 2011 et 2012, voir ICI et LA.

dimanche 29 décembre 2013

Le cycle d'Ender : Ender Wiggin

COUP DE COEUR
J'ai découvert La stratégie Ender d'Orson Scott Card, le premier tome du cycle d'Ender, pourtant un classique, grâce au Baby challenge SF 2012.
Publié en 1985, La stratégie Ender reçoit les deux récompenses prestigieuses : le prix Hugo et le prix Nebula. Bis repetita incroyable dans l'histoire de la science-fiction, la suite de ce roman, La Voix des morts, reçoit à nouveau le prix Hugo et le prix Nebula. L'adaptation cinématographique vient de sortir.

Edit du 25/10/2014
je viens de voir le film et je ne suis pas déçue pour une fois, mieux cela me donne envie de me replonger dans la saga pour lire la suite La voix des morts

Résumé :
Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des Doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers, tous des enfants surdoués, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant stratège, il est le jouet de manipulations supérieures depuis sa naissance... Et cela le dépasse. Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité et Ender n'a que six ans.

J'ai été subjuguée par la complexité psychologique de l'histoire d'Ender. Ce petit garçon très précoce est manipulé dans le cadre d'un programme militaire secret, afin de le préparer à mener la flotte terrestre à la victoire, dans le prochain affrontement contre les Doryphores, une espèce non humanoïde. A aucun moment, il n'a conscience des enjeux cachés derrière les jeux de stratégie auxquels il se livre et mène les compagnons de son équipe, conditionnés par un entraînement intensif à la limite du supportable.
Lors de la bataille finale, il ignore les conséquences réelles de ses ordres ce qui lui permet de prendre la seule décision efficace, en contournant une règle éthique infrangible pour des adultes. Maintenu immergé de façon quasi permanente dans l'espace virtuel, il n'a fait que combattre le commandant Mazer Rackham, précédent vainqueur des Doryphores, son adversaire et mentor, avec l'esprit de compétition sur-développé qui a été stimulé dès le début de sa préparation militaire.
Avec la victoire définitive, l'entraînement intensif subi par ces adolescents mûris trop vite, privés d'enfance, perd du jour au lendemain sa raison d'être. Démobilisés, ils prennent abruptement conscience de la portée de leurs actes et la société civile ne leur offre aucun accueil. Ender ne le supporte pas, ce qui donne lieu au tome suivant (je n'ai fait que l'entamer en 2012 car l'univers est très différent du premier et je n'étais pas en phase avec cette lecture).

J'ai trouvé très intéressant de me replonger dans cet univers avec la lecture d'Ender Wiggin. Ce recueil comprend trois épisodes périphériques inédits qui éclairent le cycle d'Ender, ainsi que la nouvelle qui a servi de base au roman initial. Cela a contribué à me rendre admirative de la construction de l'oeuvre d'Orson Scott Card.
Dans Le petit Polonais on fait connaissance avec les grands parents d'Ender, leurs convictions politiques et religieuses et leur opposition à la Ligue mondiale, la jeunesse de ses oncles et tantes. Je ne connaissais par l'expression " Grigrigredinmenufretin " utilisée par l'envoyé Graff (qui réapparaît dans La stratégie, toujours présent mais à l'arrière plan où il tire les ficelles). Je suis allée chercher l'explication chez les frères Grimm, dans le conte où l'horrible nain Tracassin revient après de longues années chercher l'enfant premier-né que lui ont inconsidérément promis les (très futurs) parents. Cela m'a éclairée sur le machiavélisme de cet homme et donné des clefs pour comprendre La stratégie.
Dans L'étudiant qui détaché du roman principal, pourrait se lire comme une belle histoire d'amour, on comprend après coup qu'il s'agit des parents d'Ender et du coup leur rencontre passe de fortuite à programmée.
La stratégie Ender (un long résumé du roman en quelque sorte) a été publiée en 1977 dans le magazine Analog. Au delà d'une fiction captivante, ce roman a des côtés inquiétants qui donnent à réfléchir car il contient de nombreuses critiques implicites sur l'armée, la politique, l'eugénisme...
Dans Conseiller financier  qui se situe entre le premier roman et sa suite, il y a une forme de paradoxe temporel. Je n'ai pas saisi de suite qu'il s'agissait du personnage principal de La stratégie et d'ailleurs l'ambiguïté vaut pour les personnes qu'il rencontre. Plusieurs générations ont passé et pourtant, dans cet épisode, Ender vient d'atteindre sa vingtième année et il peut entrer en possession des fonds colossaux qui lui ont été versés en dédommagement de ses années d'entraînement, augmentés des intérêts. Grâce à la cryogénisation, il voyage avec sa soeur Valentine, également surdouée, qui vit de ses revenus d'écrivain et se documente sur l'environnement de ses romans en se déplaçant de monde en monde. On fait également connaissance avec Jane l'IA qui accompagne et conseille Ender dans la suite du cycle. Je soupçonne que c'est lui qui a dû la programmer au faîte de ses capacités intellectuelles, mais il ne semble pas la reconnaître ni s'en souvenir quand elle fait irruption dans sa vie pour prendre possession de son ordinateur.

Maintenant je suis prête à reprendre avec la lecture du cycle avec La voix des morts, ainsi que le roman parallèle, La stratégie de l'ombre, qui donne le point de vue de Bean, le "second" d'Ender.
Extrait de l'avant propos par l'auteur :
En revanche, je ne me suis pas étonné que les suites existantes - La Voix des morts, Xénocide et Les Enfants de l'esprit - n'aient pas eu le même attrait pour les jeunes lecteurs. À l'évidence, cela tient à ce que La Stratégie Ender est centrée sur un enfant, tandis que ses successeurs parlent d'adultes ; et, plus important peut-être, La Stratégie Ender est, du moins apparemment, un récit héroïque et plein d'aventures, alors que ses suites sont complètement différentes, plus lentes, plus contemplatives, plus axées sur la réflexion, et qu'elles traitent de sujets moins immédiatement attirants pour les jeunes.

Ce billet me permet de valider un nouvel état (l'auteur est mormon et Salt Lake City où il enseigne est le siège de leur église)






50 états, 50 billets 29/50
UTAH

samedi 28 décembre 2013

Retour sur l'année 2013 en BD

Je suis impressionnée par les 200 BD annuelles annoncées par certains, cela fait quand même 4 BD hebdomadaires. De mon côté, je pense que je tiens une moyenne qui oscille entre 1 et 2 par semaine. Toutes ne sont pas des nouveautés, car j'achète moins et je lis plus en prêt.
Il y a plus de top que de flop, c'est tant mieux et puis je n'aime pas dire du mal, si je n'ai pas aimé, je préfère souvent ne pas en parler...
L'auteur de l'année
Pellejero : Blues et autres histoires en couleur, Le tour de valse, Secrets

La série de l'année
Le voyage des pères de David Ratte parce qu'ils ont vraiment de bonnes bouilles mais de fichus caractères

Mon top
  1. Le roi blanc de Davide Toffolo, l'histoire du grand gorille albinos Flocon de neige
  2. Lendemains de cendres de Sera, pour le contraste entre un pays dévasté et de superbes images
  3. La marche du crabe d'Arthur de Pins, drôle mais pas seulement
  4. Je mourrai pas gibier d'Alfre,  réquisitoire impitoyable
  5. Crève saucisse de Hureau et Rabaté, pareil mais drôle
  6. La peau de l'ours d'Oriol et Zidrou, confondant
  7. Le grand Mort, un mélange de fantastique et de romantisme
  8. Perle blanche de Laurence Baldetti, espiègle et entraînante
  9. Habibi de Craig Thompson, exotique et chaleureux
  10. Le bar du vieux Français de Stassen et Lapière, chaleureux et exotique
Mon flop
  1. Les madeleines de Mady, j'en attendais le plus grand bien, déception en rapport
  2. Personne ne me fera de mal de Giacomo Monti, une BD hermétique, je n'avais pas la clef
  3. Elisa de Nathalie Ferlut, restée trop longtemps dans ma PàL, plus envie

jeudi 26 décembre 2013

dans ma BàL, la suite

ils viennent aussi de Beaucouzé comme le sapin aux deux chocolats de Mél : tout un assortiment de biscuits et de bonbons, bon avec la chaleur, certains avaient un peu fondu, mais restaient délicieux !

 

mardi 24 décembre 2013

swap aux couleurs de Noël

colis n° 4 :
1 carte prévue de longue date
1 livre acheté, pas du tout celui que j'avais prévu, surprise
1 surprise achetée mais non mauvaise idée, je me suis ravisée
voilà, je doute, je scrute les blogues et les listes
ah quelle difficulté que ce dernier colis qui doit être l'apothéose d'une année d'échanges...

timing parfait pour Meldc (décidément elle a un feeling fou avec la poste !)
grâce au gentil facteur qui est monté jusqu'à l'étage car le paquet dépassait de la BàL
sinon j'aurais dû aller à la poste après demain... TROP CONTENTE déballage avec photos demain !

bon en attendant, je vais vous faire rêver un peu... hier réveillon sur la plage, avec foie gras, huitres, champagne, un peu comme en métropole mais sans le froid, je ne m'habitue pas à ce petit côté irréel
ce matin, j'ai déballé mes cadeaux de Noël, c'était super, merci beaucoup

Pour ce dernier colis du swap Tissons des liens 2012-2013, Mel m'a concocté un ensemble en rouge et blanc qui a été livré pile la veille de Noël.
Ce dernier colis sur le thème de Noël devait contenir :
- 2 livres comme on veut
- Thé, café, tisane, boisson chaude ou objet lié
- Du chocolat
- Une surprise (Noël ou pas)
- Une carte de Noël
- 1 ou 2 MP

Rien n'y manque (Si ! la carte que Meldc en bonne étourdie a oublié de glisser dans le colis : combien de fois ça m'est arrivé à moi aussi...)
pour le plaisir des yeux :
deux livres de ma WL :  


- La concession du téléphone d'Andrea Camillieri, le premier de lui que j'ai repéré même si j'en ai lu deux autres depuis !
- Saveurs vagabondes : une année dans le monde de Frances Mayes, repéré depuis longtemps également et que j'ai encore plus envie de lire depuis que je n'ai pas pu terminer Bella Italia : la douceur de vivre en Italie qui m'avait été prêté
pour aller avec et ne pas perdre le fil :
- un marque page japonisant (à cause de mon goût des voyages et mon attrait pour l'Asie) sur un beau papier à grain.
- La quête de l'oiseau du temps, Le chevalier Bragon de Serge Le tendre, Loisel et Mallié, une série BD que j'aime particulièrement => lu par toute la famille, très émouvants ces épisodes d'avant La quête
- un objet fait main absolument magnifique (j'ai eu envie de dire délicieux), on dirait un cookie de Noël glacé au sucre, mais en plus il va durer année après année pour me rappeler nos échanges, Merci !
ni le plaisir des papilles :
- une crosse en sucre d'orge (déjà repérée par ma gourmande n°2)
- un petit sapin tout mignon en chocolat noir et blanc, qui trouvera aussi sa place - temporaire - comme décoration de Noël pour finir dans nos ventres
- une boîte de thé rouge et or Christmas tea des frères Damman, odorant en dépit de l'emballage hermétique.

Un sans faute pour ce swap organisé par Mypianocanta et qui m'a associée à elle et à Meldc pour une année, avec un temps fort durant mon séjour angevin où nous avons réussi à nous voir plusieurs fois, dont une en special guest star avec Achille49, et à échanger deux colis sur les quatre.
PS : avec ou sans swap on se revoit quand vous voulez (ou quand je le pourrai)

lundi 23 décembre 2013

Qui affichera la 22 000 ème page ?

aujourd'hui j'aimerais que vous en laissiez un !
(avec le nombre de page qui figure dans la colonne de droite)
c'est Dasola qui a gagné

dimanche 22 décembre 2013

Baby challenge Policier 2014

Plusieurs séries font partie du challenge dont voici la liste complète hors jokers (pour eux, je verrai plus tard)1 ~  Meurtres pour rédemption de Karine Giebel
2 ~  La tourmente du Serpent de Sebastien Cazaudehore
3 ~  Dix Petits Nègres de Agatha Christie
4 ~  Le Poète de Michael Connelly
5 ~  Défendre Jacob de William Landay
6 ~  Série - Pénélope Green de Béatrice Bottet
7 ~  Série - Les Spellman de Lisa Lutz
8 ~  Mystic River de Dennis Lehane
9 ~  Série - Hercule Poirot  de Agatha Christie
10 ~  Série - Erica Falck et Patrik Hedström de Camilla Läckberg
11 ~  Série - Arsène Lupin de Maurice Leblanc
12 ~  La Maison de soie de Anthony Horowitz
13 ~  Série - Stéphanie Plum de Janet Evanovich
14 ~  Série - Miss Marple de Agatha Christie
15 ~  Série - Bernhard "Bernie" Gunther de Philip Kerr
16 ~  Série - Commissaire Adamsberg de Fred Vargas
17 ~  Série - Millénium de Stieg Larsson
18 ~  De sang-froid de Truman Capote
19 ~  Mygale de Thierry Jonquet
20 ~  Série - Commissaire Erlendur Sveinsson de Arnaldur Indridason

samedi 21 décembre 2013

Tea time

Retour en photo sur une bonne surprise de la fin d'année
Grâce au blog d'Hérisson et à son merveilleux calendrier de l'Avent, qui nous fait découvrir plein de ressources intéressantes et donne des idées de cadeaux pour offrir ou se faire plaisir, j'ai gagné la Thé box de Noël
Elle n'est pas encore arrivée jusqu'à moi mais elle est en route !

J'en profite pour souhaiter de joyeuses fêtes à tous.
Le 21 décembre 2013

La Tea box tant attendue m'a été remise le mois dernier à l'occasion d'une visite et j'ai déjà goûté une bonne partie des sélections, tous des thés meilleurs et plus parfumés les uns que les autres.

jeudi 19 décembre 2013

Martiens, go home !

Luke Devereaux s'est isolé dans une cabane en plein désert, dans le but d'écrire le roman SF pour lequel son éditeur lui a déjà versé une avance, mais dont il n'a pas produit la moindre ligne, ni même le titre. Tous les soirs, il se saoule consciencieusement et cherche l'inspiration. Et si les Martiens...
Un coup frappé à la porte le fait sursauter. Ce n'est pas la muse attendue, mais un curieux petit bonhomme vert qui l'apostrophe ainsi « Salut Toto ! C'est bien la Terre ici ? »
Le phénomène a eu lieu dans le monde entier. Ils sont un milliard, capables de se couimer (se déplacer en tout lieu en une fraction de seconde). Aucun matériau n'arrête leur regard. Ils critiquent tout et pire, ils racontent tout ce qu'ils voient et entendent. Plus aucun humain ne connaît d'intimité.
Ils sont répugnants, vulgaires, impertinents, sans-gêne, pénibles, bavards,
voyeurs, etc. La liste alphabétique complète de leurs défauts figure à la fin du premier chapitre de la deuxième partie : Séjour des Martiens.
Fredric Brown signe un roman bourré d'humour, à prendre au troisième degré au moins (cf. rencontre du 3ème type) qui joue avec les concepts de l'écriture (SF mais aussi clefs du western sont évoquées) ou avec les mots : une longue allitération en à la fin du chapitre 19. Comme ses aliens, il ne garde pas la langue dans sa poche et en profite, en plein contexte de guerre froide, pour balancer quelques vérités à la limite du politiquement correct : le roman écrit au milieu des années 50 se déroule du 26 mars au 19 août 1964 exactement.

 





50 billets, 50 états
27/50 NOUVEAU MEXIQUE

Evoqué brièvement, le Nouveau Mexique a pourtant retenu mon attention car il y est question d'un désert de sable blanc dont j'entends parler pour la première fois...
White Sands est un désert de sable blanc du Nouveau-Mexique, à l’ouest des États-Unis. Située dans le bassin de Tularosa, entourée de montagnes, la cuvette de White Sands abrite le plus grand désert de gypse du monde.
Les déserts me fascinent et j'aimerais visiter les plus remarquables !



mercredi 18 décembre 2013

L'assassin habite au 21

challenge à vos nombres !
N'en ayant lu que du bien, je l'avais proposé à Volcan pour le circle challenge ABC 2011, alors qu'il demeurait dans ma LàL... je viens de mettre un terme à cette longue attente.

Les crimes de Mr Smith sont crapuleux : il assassine pour dépouiller ses victimes, qu'il assomme d'un coup mortel à la nuque. Sévissant de préférence en plein fog londonien, il sème la psychose et nargue Scotland Yard en déposant sa carte de visite sur les cadavres, parfois à quelques pas d'un sergent de ville.
Pourtant, sa chance semble avoir tourné : un témoin, lui même peu recommandable, soutient l'avoir suivi jusqu'à son domicile... qui se révèle une pension de famille respectable. Parmi les locataires, la police n'écarte d'emblée que les femmes, tous les hommes ou presque sont des suspects potentiels.

Comme l'a bien résumé Volcan, l'intrigue repose sur  une "chasse au Smith" des plus rocambolesques.

Dans ce microcosme, les personnages sont des archétypes, caricatures poussées à l'extrême pour nous faire réagir par préjugés plutôt que par raisonnement : la veuve bourgeoise, la vieille fille effacée, la jeune fille délurée, l'épouse dominatrice, le slave charmeur, le pingre écossais, l'ancien militaire aux Indes, le médecin radié de l'Ordre... jusqu'aux représentants de la " meilleure police du monde " qui n'est pas montrée sous son meilleur jour.
La façon de mener l'intrigue ressemble beaucoup aux enquêtes d'Hercule Poirot, mais la façon d'écrire est beaucoup moins cérébrale, en ce sens que S.A. Steeman engage parfois la discussion directement avec le lecteur, l'interpelle en des apartés où il le pousse à émettre une hypothèse, se moque de son aveuglement. A d'autres moments, nous sommes dans les pensées de Smith, sans pour autant nous donner une réponse ou une justification de ses actes.  
Je dois dire que j'ai bien effleuré la vérité et que j'ai eu un gros doute sur la ficelle principale de l'intrigue, tellement visible, mais je ne m'y suis pas arrêtée assez longtemps pour assembler les preuves disséminées au long des chapitres. La révélation reste la touche finale du roman, mais la police se fait voler la vedette par un des personnages obscurs de l'histoire.
Le travers des apparences, la mise en garde contre l'abus des sens, semble d'ailleurs le fil conducteur de ce roman, à l'image du professeur Lalla-Poor, vrai-faux mage hindou, maître de l'illusion aux surprenantes capacités de pickpocket.

lundi 16 décembre 2013

Sophie Jabès (2)

Du même auteur, deux billets en retard :

2. Caroline assassine 
Caroline ressemble à la plupart des enfants qui ne se sentent pas à leur place et renient leur famille, pensant qu'ils ne sont pas nés au bon endroit... enfin presque tous, car heureusement chacun ne songe pas pour autant à assassiner ses géniteurs ! Caroline a une idée fixe et un bouc émissaire tout trouvé : pour que tout aille mieux, sa mère doit disparaître. En prise directe avec la noirceur des pensées de Caroline, on s'attend au pire... mais c'est sans l'intervention de Sophie Jabès sait faire preuve d'humour pour traiter avec détachement une situation, par ailleurs dramatique, de mésentente filiale paroxystique.
Lu en décembre 2010
 
3. Clitomotrice 
Sous un titre osé pour un roman qui l'est moins qu'on pourrait le croire, Sophie Jabès raconte une histoire décomplexée dont le sujet est Clémentine, affublée d'un clitoris démesuré (2m de long)... Il faut dépasser l'impossibilité du postulat pour suivre l'auteur dans sa fantaisie et savourer les situations cocasses, dont l'héroïne se sort avec un esprit d'adaptation hors du commun (ou à la mesure de handicap). Ce court roman traite avec poésie, imagination et sensualité de la conquête de la féminité. Dernier volet d'une trilogie, « Clitomotrice » réconcilie l'héroïne avec son corps et son désir de vivre.
Lu en novembre 2010

Il me manque le premier de la série Alice la saucisse

dimanche 15 décembre 2013

La tétralogie du monstre

Dans un futur pas très lointain, les théocraties dominent le monde. Une fraction extrémiste issue de l'alliance des trois religions monothéistes mène un combat armé contre le néo-libéralisme et le relâchement des moeurs.
Bilal dépeint une histoire plutôt sordide à travers le destin imbriqué de trois héros, trois orphelins réunis par la guerre du Kosovo, puis séparés par la vie. Devenus adultes, veulent se rejoindre mais ils sont la cible d'Optus Warhole, incarnation du mal absolu.


tome 1 : Le sommeil du monstre
Qui est le monstre du titre en train de dormir ? Il me n'est pas facile de répondre à cette question : comme toujours le scénario est dense, très complexe, les personnages multiples et difficiles à cerner.
Trois enfants que la guerre a rendu orphelins le jour de leur naissance, ont partagé le même lit à ciel ouvert dans un hôpital dévasté de Sarajevo. Nike Hatzfeld, l'ainé des trois, s'est promis de toujours protéger les deux autres. Doté d'une mémoire fabuleuse qui est son outil de travail, il vit à rebours les jours qui le rapprochent de sa naissance, de l'arrivée d'Amir, le fils du snipper qui a tué son père puis s'est suicidé et de celle de Leyla, leur benjamine.
À dix-huit jours, je sais que je suis orphelin et qu'on m'appelle Nike (prononcer Naïk). À ma gauche, dans le même lit, Amir, un jour de moins, dort, et à ma droite, Leyla, la cadette, dix jours à peine, braille. Eux aussi sont orphelins, mais ils ne le savent pas. Je suis l'aîné, et je jure sur les étoiles qui brillent au-dessus du plafond envolé de les protéger toujours. 
Avec certitude, le docteur Warhole, savant génial et fou débridé, capable de créer des répliques humaines et des animaux mi-organiques, mi-électroniques, est un vrai méchant, mégalomane, manipulateur, égocentrique, pervers. Il est parvenu à évincer les deux autres membres du triumvirat à la tête de l'OO, l'Obscurantis Order, une secte mafieuse qui veut détruire par des moyens terroristes toute trace d'art et de culture.
Comme toujours également, les planches sont magnifiques, les décors grandioses vont des scènes désertiques ex : le site de l'Aigle en plein Nefoud aux grandes mégalopoles comme Paris, Moscou ou New York. Les femmes, réelles ou androïdes, mais jamais vieilles, sont toutes très belles et leurs tenues les mettent leur corps en valeur ; les hommes ont des visages marqués et marquants. Personnellement, les animaux miniaturisés ou l'ascenseur des étoiles me font rêver.
Bilal offre sur l'environnement et l'histoire une vision à la fois fascinante et dérangeante.

tome 2 : 32 décembre
Le titre est énigmatique et le deuxième tome se referme sur cette date, lancinante, insensée.
Sous le site de l'aigle, dix visiteurs privilégiés, , en dehors des chercheurs dont Leyla fait partie, ont pu admirer un crâne défoncé et une balle d'obus surplombés d'une fresque étrange et très ancienne, représentant un homme à côté d'un dinosaure et d'un géant.


Nike resta autant de temps que les neuf autres dans la grotte. Comme les neuf autres, dès son retour, il demanda à l'huissier une feuille de papier et un crayon, et comme les neuf autres il se tut pendant de longues heures. Enfin, comme pour les neuf autres, sa première phrase fut une triple question, identique au mot près.
Le 31 décembre tous les témoins disparaissent, s'évanouissent littéralement, leur dernière parole est " 32 décembre ".

Le récit est agité de questions existentielles : Nike se sent-il serbe, bosniaque ou croate ? chrétien ou musulman ? Le discours sur l'art est également très présent dans cet album, au travers des "happenings" sanglants organisés par le docteur Optus Warhole. Il est toujours aussi dérangé, mais sous son nouvel avatar, il est plus agréable à regarder. Poursuivant son entreprise de destruction, il tire toutes les ficelles, se jouant du destin des trois héros, les faisant se rejoindre ou se séparer

tome 3 :
Rendez-vous à Paris

Publication le 23 mars 2007 du quatrième volet, suite et fin de La Tétralogie du Monstre. Quatre ?
Je l'ai bien attendu celui-là pour voir le puzzle dans son entier et comprendre enfin les différentes facettes de l'histoire.

vendredi 13 décembre 2013

à vos nombres : bilan annuel

Math'en'mot
j'ai fait un tour dans mes billets et j'ai trouvé des pépites (il me reste à rajouter le logo !)
Points chauds de Laurent Genefort (SF)
Fables amères, de tout petits riens de Chabouté (BD)
Le petit grumeau illustré, édition tirée du blog de Nathalie Jomard
Le petit désordre de la mer de Joëlle Ecormier
Petit frère de Christophe Lambert
Une leçon d'ignorance de Daniel Pennac
Si c'était à refaire de Marc Lévy
Les derniers jours d'un immortel de Fabien Vehlman
Le dernier modèle (BD)
Entre chiens et loups de Malorie Blackman
La patrouille du temps de Poul Anderson
Les savants de Manu Joseph
Divergente de Veronica Roth
L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas
en trichant un peu :
Inconnu(e) à cette adresse de K Taylor

Aléatoire niveau 3
Les deux Messieurs de Bruxelles
Trois reines pour une couronne de
Evana 4, Quatre filles et un jean, premier et deuxième été 
Les sept frères d'Isabelle Dethan (BD), la série Sept de David Chauvel (BD) : Sept survivants, Sept détectives, Sept missionnaires
Les dames d'onze heures de Jacques Bens
Amore 14 de Federico Moccia
L'assassin habite au 21 de Stanislas André Steeman
32 décembre et Quatre ? (La tétralogie du monstre) d'Enki Bilal (BD)
La promo 49 de Don Carpenter
Automne 79 de (BD)
Papeete 1914 (BD)
2065 la ville engloutie de Jean-Michel Payet
Bicycle 3000 (BD)

Top Ten : 
1 => Un roman français de Frédéric Beigbeder
2 => Hôtel des deux mondes d'Eric Emmanuel Schmitt
3 => Les trois lumières de Claire Keegan
4 =>
5 => Cinq mille kilomètres par seconde de Manuele Fior
6 => Level 26 d'Anthony E. Zuiker
7 => Sept contes gothiques de Karen Blixen
8 => Huit saisons de Justin Cronin :heart: (et je suis pas la seule)
9 => Dix-neuf fables du roi lion
10 => Dix heures et demie du soir en été de Marguerite Duras

mercredi 11 décembre 2013

La vie devant soi

Première LC pour le challenge des lacunes (publication des billets le 30 octobre 2013), La vie devant soi d'Emile Ajar me permet également d'honorer le challenge à tout prix : Goncourt - Général - 1975
prochaine lecture avec Boris Vian, J'irai cracher sur vos tombes (également publié sous pseudonyme)

J'ai peiné sur ma lecture et mon commentaire est donc difficile à écrire car j'ai pas encore déterminé si j'ai aimé moyennement ou pas du tout.

Un jeune garçon arabe, fils de prostituée, a été recueilli par une ancienne prostituée juive, parmi d'autres enfants dans son cas. Des liens d'amour indéfectibles se sont tissés entre la mère adoptive et le gamin au seuil de l'adolescence, qui vont pousser Momo à renier son père le jour tant attendu où il se présentera à la porte. Dernier soutien de la femme vieillissante, il va accompagner sa lente dégradation physique et psychologique en veillant sur elle et en cherchant par tous les moyens à lui épargner désagréments et désarroi.
L'écriture de ce roman est présentée comme révolutionnaire : Momo parle un langage qui lui est propre, fait d'expressions imagées parfois mal comprises, de vérités universelles issues de ses conversations avec un homme "sage" de son quartier et de conclusions personnelles tirées de son expérience. Au début, il est présenté comme ayant environ 11 ans, mais rapidement ses réflexions le font paraître plus âgé ou précoce ; en fait, il a 14 ans, ce qui ne minimise en rien l'intérêt de ses propos et la profondeur de la philosophie de la vie que l'auteur fait passer à travers son personnage.

C'est plutôt la forme du roman qui m'a gênée, ce style prétendûment adolescent et les fautes de langue d'un gamin pour lequel l'apprentissage ne s'est pas fait à l'école mais en côtoyant toutes sortes de misères humaines. Heureusement, j'ai lu une version commentée pour les scolaires et les clefs pour comprendre le roman, sa portée, son côté novateur et déroutant étaient intéressantes. Le langage de Momo qui a appris à parler de la bouche d’adultes qui sont des étrangers immigrés est une déformation du français qui contient des mots mal entendus, des contresens, des ellipses, des clichés, des néologismes…
Pourtant je n'ai pas vraiment réussi à pénétrer dans l'univers d'Emile Ajar, mieux je me suis ennuyée aux deux tiers du livre et j'ai eu des difficultés à reprendre le roman, quand bien même je tenais absolument à le finir en raison de la LC. Le coup de coeur de Fersenette et l'avis de Des jours et des livres
Dans le même esprit d'ouverture et de tolérance, j'ai préféré Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric Emmanuel Schmitt, qui inverse les deux rôles, puisque le Momo de son histoire est un jeune garçon juif recueilli par un épicier arabe.

mardi 10 décembre 2013

L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour

challenge Lire sous la contrainte chez Phildes
où j'en profite pour publier d'anciens billets qui correspondent aux exigences de la session en cours : on en est actuellement à la douzième - un nom de famille dans le titre - à lire d'ici le 19 janvier


Dans la ville de Batouine, île de Djerba, Tunisie, Fatima se croit la plus malheureuse des femmes car elle n'a pas d'enfant. Tous les maris partent travailler au loin et ne reviennent qu'une fois l'an, voire moins, pour leurs congés. Mahmoud, le mari de Fatima, a préféré divorcer par courrier et il a suivi une Américaine dans son Wisconsin natal. Depuis, Fatima économise sou par sou l'argent du voyage afin d'aller dire son fait au mari volage.
Rachida, sa petite soeur, a eu la chance d'aller à l'école plus longtemps et à apprendre à lire. Délurée et exigeante envers la vie, elle a trouvé une place à Paris, chez la comtesse Merveil du Roc, mais c'est Fatima qui la remplace au pied levé et débarque à Paris, innocente et un peu paumée loin de son île. Heureusement, elle fait vite connaissance avec le petit monde des arrières-cours et des escaliers de service : Victorine, bonne chez une célèbre avocate au barreau de Paris, Samuel Diop "électricien de son état" venu du Sénégal, Carmen la concierge, Hippolyte Suget, gardien de nuit de "la peu fréquentable Villa Saint-Valentin"... Bonne et honnête, prise d'affection sincère pour la comtesse et Emma, la chienne labrador, Fatima se rend bientôt indispensable. Mais elle n'a pas de papiers en règle...

L'extraordinaire histoire de Fatima Monsour sert de prétexte aux auteurs Joanne et Gerry Dryansky, pour décrire avec un humour bon enfant, un grand sens de la caricature, mais sans véritable profondeur, la cohabitation de deux mondes séparés parfois par quelques mètres de trottoir ; les habitués du café Le Jean Valjean et les habitants d'un immeuble bourgeois du 16ème arrondissement.
Si comme moi vous zappez régulièrement les litanies de remerciements anglo-saxons et n'appréciez pas plus que ça les happy ends totales, alors vous vous passerez aisément de l'épilogue en forme de conte de fées, mais le reste de l'histoire se lit bien, avec parfois de bons sourires.
Lu en mars 2012

dimanche 8 décembre 2013

Colore ton swap ! et mini swap n°5

Le swap au long cours Tissons des liens touche à sa fin, 2014 approche et je succombe de nouveau à l'appel des sirènes !

Pour égayer les journées d'hiver, Minidou et Toons ont eu l'idée de ce swap centré pour chacun sur une couleur. C'est facile, lors de l'inscription vous donnerez votre couleur préférée et si tout se passe bien à la fin, vous recevrez un colis de cette couleur. Bien entendu, vous aurez vous aussi à envoyer un colis d'une certaine couleur à une certaine personne.

Pas de binômes pour ce swap, qui au résultat devrait donné un bel arc-en-ciel ! Le principe de la chaîne a été retenu et ce sont les couleurs qui doivent se suivre, qui détermineront l'ordre des swappés.

de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel...
tel que l'ont voulu Toons et Minidou ! le challenge colore ton swap (les inscriptions sont closes depuis le 30 novembre) réunit plus d'une vingtaine de participantes qui représentent toutes les couleurs du spectre, y compris des nuances intermédiaires. Cela promet de jolis paquets colorés au coeur de l'hiver (réception des colis prévue fin janvier). Pour vous faire une idée, c'est ICI

Les colis se composeront obligatoirement :
- d'un objet de la couleur choisie par le destinataire
- d'un marque-page (de la couleur choisie par le destinataire)
- d'un livre de poche dont la couleur, le titre, le sujet... est de la couleur choisie...
- d'une gourmandise (de la couleur...)
- d'une surprise

Ma swappée est au Canada, il va falloir qu'elle m'échantillonne "tonte violacée" pour que je ne fasse pas d'impair.

Forte du succès des éditions précédentes, Nelcie lance la cinquième édition du mini swap wishlist  intitulé pour l'occasion  Wishlist et Bonnes résolutions, puisqu'il s'agit de s'entraider à bien commencer l'année 2014.
Le contenu
Comme les éditions précédentes, le colis devra comprendre 3 objets de base :
- Un livre issu de la liste de votre swappé(e) FAIT
- Un marque page
- Une carte avec un gentil mot
+ une surprise, pour justifier l'intitulé du swap, qui aidera votre swappé(e) à tenir une des résolutions qu'il souhaite prendre en 2014. Vous savez ? Ces paris que l'on fait en début d'année...

Ma swappée est Miyu.

Les dates
Préparation du colis : Du 26 novembre au 31 décembre
Envoi du colis : Du 1er au 31 janvier

S'agissant d'un mini swap, l'ensemble du colis devra tenir dans une enveloppe à bulle. Le but étant de réaliser un swap peu coûteux, mais également de limiter les frais de port. Après ceux là, promis (promesse d'ivrogne), j'arrête !

samedi 7 décembre 2013

Portées disparues

J'ai commencé ce roman par le milieu : j'ai eu la chance de tomber sur un des ressorts capitaux de l'intrigue et je n'ai pas pu le lâcher, en l'emportant chez moi et en repartant du début pour le lire d'une traite. Heureusement car comme tant de fois pour les policiers, la quatrième de couverture est beaucoup trop bavarde et je vous la déconseille donc. En revanche, voilà ce qu'on peut lire de l'auteur :
Lalie Walker, passionnée pluridisciplinaire, traductrice trilingue et psychothérapeute de formation, aura eu autant de métiers qu'elle aura connu de vies différentes. Portées disparues est la deuxième enquête de Jeanne Debords publiée en folio Policier.
Portées disparues
J'ai beaucoup aimé le personnage (torturé mais c'est un quasi pléonasme que l'enquêteur principal le soit dans un polar) de Jeanne Debords, ses auxiliaires également l'impulsive Irma et les deux hommes de l'équipe, plus pondérés, Fred dont le coeur balance entre les deux femmes et Philippe. Le roman repose sur l'imbrication de deux affaires, l'étude de cette famille bien sous tout rapport au moment où les apparences volent en éclat, mais aussi le lourd passif de la lieutenant de police. Un très bon moment, j'attends avec impatience de trouver la première enquête : Pour toutes les fois.





N'oublie pas
Un énième meurtre met le service de Jeanne Debords sur les pas d'un tueur en série qui sévit depuis une dizaine d'années sans avoir été détecté, ou plutôt de deux pistes qui se recoupent : des victimes décapitées et d'autres suicidées, mais appartenant toutes aux forces de l'ordre. Cerise sur le chapeau pour Jeanne ou summum de l'horreur, elle fait le lien avec le meurtre non élucidé de ses parents, ce qui lui permet enfin de rouvrir l'enquête et d'obtenir communication du dossier concernant l'assassinat du juge Debords et son épouse, dont elle a trouvé les corps mutilés au cours de la poursuite d'un suspect dans les catacombes.

L'ambiance est toujours glauque à souhait, curieusement plombée par un temps de fin du monde : de la pluie sans discontinuer qui gorge la terre et pourrit les sous sols, des explosions qui éventrent des quartiers de Paris, des secours débordés... une impression d'irréalité et pourtant une telle similitude avec certains aspects contemporains, des quartiers où les bandes font la loi et où les filles sont méprisées, utilisées et humiliées... et une police criminelle sur les dents qui traine une multitude d'affaires non élucidées.
Aux côtés de l'équipe de Jeanne, Irma l'informaticienne géniale et Frédéric, le calme inspecteur qui n'arrive pas à choisir entre sa patronne et sa collègue, les personnages secondaires sont plein d'attraits : l'ancien flic devenu aveugle dans l'explosion de sa voiture piégée, le géant noir qui recueille les âmes perdues dans son "village" un squat aménagé avec amour, le géant blanc mutique qui entend la chanson du vent, le couple étrange formé par la juge aux yeux turquoise et son mari, fleuriste passionné de compositions singulières.

Pour toutes les fois
Ce premier tome est le troisième que je lis, sans dommage, ni désagrément car chaque histoire est une unité. Tout en connaissant la suite, j'ai même pris plaisir à découvrir le début des relations entre Jeanne Debords et ceux de sa future équipe, Irma et Fred, mais également celles, plus houleuses, avec Laure Bellanger. Elle vient d'arriver à Caen et doit s'occuper d'un meurtre commis chez des notables dont le père a le bras très long, puisqu'il connaît personnellement Hubert, le chef de Jeanne. Par ailleurs, un serial killer s'en prend à des jeunes femmes aux yeux verts. Laure se livre à des recherches sur la mémoire, l'inconscient et les rêves, dont elle est le cobaye. Les résultats, au delà de toutes ses espérances, la mènent aux portes de l'impossible et la troublent dangereusement.
Il ne me manque plus pour compléter la série que la suite La stratégie du fou.

A l'ombre des humains
 J'éprouve une petite déception avec ce dernier roman de Lalie Walker. D'abord, le style a changé, en plus haché, plus lapidaire, surtout dans la première partie du roman, plus contemplative, où il se passe peu de choses, sauf la traduction des recherches et des doutes de Franck Albertini. Ensuite, Jeanne Debords a disparu depuis un an et je préfère sa présence à son absence. Franck, son dernier coéquipier et amant, ne peut se résoudre à l'inertie de sa hiérarchie. Il a pris une disponibilité et la recherche sur toutes les routes de France. Ses pas l'amènent dans un curieux village, historiquement séparés en deux, d'un côté ceux de la mer, sur lesquels règne en tyran le patriarche du clan Carsov, de l'autre ceux de la terre : deux communautés qui ne s'interpénètrent pas et ne communiquent pas. Sébastien Martin, le policier local, lui demande de l'aide pour résoudre plusieurs meurtres avec mutilation. La thèse d'un tueur en série semble pourtant à écarter.
Je crois que j'ai mon idée sur l'endroit où elle pourrait avoir "disparu" !

Lalie Walker, psychothérapeute de formation, a écrit un livre sur Le rêve lucide dont il est beaucoup question dans ce roman : je me le suis procurer car il m'intrigue beaucoup Vivre le rêve - Accéder au rêve lucide.

jeudi 5 décembre 2013

Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage

Premier roman
challenge tour du monde : Grande Bretagne
Avis de l'éditeur :
Maître de la manipulation, L.-C. Tyler entraîne le lecteur d’un rebondissement à l’autre, dans une construction diabolique, pleine de chausse-trappes et de trompe-l’œil, jusqu’à une conclusion complètement inattendue, tous les indices disséminés dans le livre apparaissant alors en pleine lumière. Sans jamais se départir de l’humour et du charme fou qui font toute la saveur des romans policiers anglais classiques, il joue avec tous les clichés du genre et nous offre ainsi un thriller au suspense implacable, terriblement jubilatoire.

Ethelred Tressider est une sorte de nègre qui écrit des romans policiers sous trois noms différents. Il est soumis à la férule exigeante d'Elsie, son agent littéraire, qui déteste tant la littérature que les écrivains et n'entend donc pas le dorloter dans les périodes de doute. Justement, depuis quelque temps, Ethelred ne réussit plus à écrire une ligne. Lorsque son ex-femme Géraldine disparaît, les mobiles et les suspects ne manquent pas, mais l'essentiel fait défaut : sans objet du crime, point de meurtre. Lorsque le corps est retrouvé près de chez lui et que la police évoque la piste d’un tueur en série, l’infatigable Elsie pousse notre brave romancier à exploiter d’hypothétiques talents de détective pour résoudre cette étrange affaire qui, elle en est convaincue, saura lui rendre l’inspiration.
Mais y a-t-il vraiment un tueur en série ? Et si oui, est-ce vraiment lui qui a tué Géraldine ?

Voilà un de ces titres à rallonge qui me font immanquablement craquer, sauf que la déconvenue est parfois au bout du chemin. C'est loin d'être le cas ici et même, il s'en est fallu de peu pour que je lui décerne un coup de coeur !
En plus il est parfait pour ma première participation au challenge Lire sous la contrainte (titre long : + de cinq mots). J'exhume donc ce billet inachevé d'une lecture qui remonte à la mi-novembre 2012. Etrange suicide... fait partie de ces romans légers vite oubliés dans le détail mais dont l'impression générale d'avoir passé un bon moment demeure.

Le récit à deux voix (à la première personne, mais on ne s'y perd pas car elles sont classiquement distinguées par la différence de typographie) donne des points de vue diamétralement opposés, ce qui est un des ressort de ce genre de narration. Etherel est le principal concerné par l'affaire (c'est sa femme qui a disparu) même si son discours paraît beaucoup plus distancié que celui de l'autre narrateur, Elsie, laquelle ne s'embarrasse pas de considérations socialement correctes.
L'auteur s'amuse avec les codes, en une dialectique entre écriture et scénario : s'il utilise les conventions du roman d'intrigue, il se plaît à en briser le rythme par les interventions intempestives d'Elsie et les digressions et atermoiements d'Etherel. Il multiplie les traits d'esprit, impertinences, subtilités et second degré. Le seul personnage insensible au déroulement du roman reste l'inspecteur Fairfax, dont les investigations semblent se dérouler en marge de la narration et qui pousse tranquillement son enquête vers la surprise de l'aboutissement.
J'ai retrouvé avec plaisir la marque de fabrique de la littérature britannique contemporaine (si j'excepte l'odieux Merde in France), cette "touch of humour" typiquement pince-sans-rire mise à l'honneur par les inventeurs du mot.
Je conseille d'ailleurs un autre roman à suspense où il est question d'une Fiat (blanche) et où le drame est traité avec humour : J'ai tué la princesse.

mercredi 4 décembre 2013

Les cantos d'Hypérion

J'ai lu la première partie avec réticence à cause de la quatrième de couverture : comme quoi je ne devrais jamais m'y fier, heureusement Koré était là pour me donner le goût de découvrir cette saga qui figure au Baby challenge Livraddict sélection 2013.
challenge à tout prix Hugo - meilleur roman - 1990

Entretenant un lien avec les Tombeaux du temps qui remontent de l'avenir vers le passé, le Gritche est une mystérieuse créature dont la véritable nature est sujette à caution : Ange exterminateur, Maître de la douleur... une église lui rend un culte fidèle depuis son apparition sur la planète Hypérion et des pélerinages réguliers sont organisés, dont personne ne revient vivant.
Le Sénat de l'Hégémonie qui règne sur la plupart des mondes depuis la post-hégire charge 7 missionnaires de tenter une approche pour sauver leur monde : aucun ne connaît les autres participants, mais chacun a un lien puissant avec Hypérion et/ou le Gritche et tous savent qu'un traître Extro, une civilisation non humaine prête à envahir les planètes excentrées de l'Hégémonie, est parmi eux (j'ai ma petite idée mais on verra...)

tome 1 : Au cours du voyage d'approche, trois des sept compagnons ont raconté leur histoire
- le récit du prêtre : Hoyt a accompagné le père jésuite Paul Duré en exil sur Hypérion. Les deux ont côtoyé les Bikuras, rescapés du crash d'un navire ensemenceur, qui rendent un culte au cruciforme, un symbiote qui les régénère et les empêche de mourir
- le récit du soldat : le colonel Fedmahn Kassad dit le boucher de Bressia recherche sur tous les mondes la sensuelle et évanescente Moneta. Lorsqu'il la retrouve enfin sur Hypérion, elle reprend sa forme de Gritche et le menace de ses lames acérées. Il est revenu pour la détruire
- le récit du poète : Martin Silenus a vécu il y a plusieurs siècles sur l'Ancienne Terre dont il a décrit la mort dans une série à succès. En rupture avec sa vie précédente, il est venu chercher sa muse sur Hypérion, sous la protection du roi mécène Billy le triste dont il devient l'ami et confident. Il aurait par ses écrits suscité l'apparition du Gritche ou réveillé ses instincts sanguinaires

tome 2 : Les sept pélerins ont débarqué du vaisseau-arbre et se dirigent à travers un pays déserté, vers les Monts bridés qu'ils doivent franchir avant d'atteindre la vallée des Tombeaux du temps. Les récits suivants se complètent et éclairent le mystère de leur venue/retour conjoint(e) sur Hypérion
- le récit du lettré : Sol Weintraub et sa fille Rachel, archéologue soumise aux radiations des Tombaux du temps qui régresse jusqu'à l'état de nourrisson et risque de basculer dans le néant précédant sa naissance
- le récit de la détective : la lusienne Brawne Lamia et ses amours malheureuses avec son dernier client, le cybride de John Keats dont elle attend un enfant
- le récit du consul de l'Hégémonie, mandaté par la présidente du Sénat qui connaît trop bien les Extros pour être totalement objectif sur la guerre qui s'annonce
L'astuce qui consiste à dévoiler une partie de l'intrigue dans chaque récit, comme la pièce d'un puzzle qui viendrait s'emboiter aux précédentes, est source d'intérêt renouvelé et le résultat d'ensemble n'est absolument pas monotone, puisqu'on peut repartir dans la passé très récent (Lamia) ou très lointain (Martin) et suivre avec les protagonistes sur des mondes différents. Leurs caractères, bien qu'ils se heurtent, leur permettent de s'affirmer et de trouver la force d'affronter ensemble le but de leur mission (mais est-on bien sûr à ce stade que leur mission est identique ?)

J'ai terminé la lecture de la suite des Cantos : La chute d'Hypérion 1 et 2
J'ai trouvé des longueurs (par exemple les koans de la super entité Ummon) mais aussi de l'intérêt au nouveau personnage de la personnalité récupérée de Keats et un attachement toujours plus grand à certains, pour leur caractère entier, comme l'ex Consul de l'Hégémonie sur Hypérion ou la Présidente du Retz Meina Gladstone. J'ai été émerveillée par la diversité des habitants Extros et la façon dont leur histoire s'imbrique avec celle du Retz : l'envoi du Gritche et des Tombeaux du temps pour rompre la domination des machines.
Le Baby challenge SF m'a permis de finir l'année sur une belle découverte avec Dan Simmons : j'aime la richesse de son univers, je le trouve plus excellent dans les récits individuels ou la description des mondes Le Bouquet de Dieux et les Templiers qui fusionnent avec leur arbre-monde...
Il a écrit d'autres sagas et j'en programme une pour 2014

lundi 2 décembre 2013

Un nouveau challenge et... bilan en cours

Lire sous la contrainte proposé par Phildes, pour moi, ce sera plutôt publier sous contrainte car pour lire, il n'y a pas de problème, c'est après que ça résiste !
Le thème de la onzième session est LONG TITRE (plus de 5 mots) : j'hésite sur le titre le plus long de ma PàL... il fait 9 mots : Etrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage

Je participe toujours et depuis le début à Un mot, des titres de Calypso (même si aucun de mes mots n'a jamais été tiré au sort). La session en cours est avec PIERRE et les billets sont à publier le 15 janvier.
En 2013, j'ai lu en OMBRE / ROI / REVE / MORT / LUMIERE / SOEUR / REINE et AMOUR.

Pour la deuxième année, je joue au challenge des nombres de Piplo : j'ai réussi le Top Ten avec 1, 2, 3, (4), 5, 6, 7, 8, 9, 10 et j'ai atteint le niveau 2 en Aléatoire avec 11, 14, 79, 2065 et 3000.

J'ai bien avancé et j'en suis environ aux deux tiers du challenge 50 billets, 50 états (-unis d'Amérique) par Sofynet et je ne reprends pas mon bilan car il est déjà en beaucoup plus complet sur son site dédié.

Je n'ai pas réussi à maîtriser ma PàL de swaps en partie à cause d'un déménagement, mais aussi parce que je continue à swapper et donc à empiler...
Je n'ai pas non plus eu beaucoup de résultat avec les challenges par AUTEUR et je ne devrais pas renouveler ce genre : ni Virginia Woolf pourtant prolongé, heureusement il devient perpétuel, ni Daniel Pennac, même si j'ai tout juste rempli mon contrat avec 3 titres commentés : Une leçon d'ignorance, Messieurs les enfants, et Monsieur Malaussène au théâtre

Cap au Nord  est resté un peu en panne suite au moindre engagement de son organisatrice Myiuki appelée à d'autres activités et je n'avais pas vu que les participants continuaient à alimenter le lien, je ne sais pas trop où je suis arrivée de mes lectures relatives à NORVEGE / SUEDE / FINLANDE / ISLANDE / DANEMARK / RUSSIE / CANADA / ESTONIE / LETTONIE / LITUANIE / GROENLAND et ALASKA. à suivre donc mais quand l'organisatrice le délaisse un challenge survit difficilement.

Je vais poursuivre les challenges  des lacunes  et  à tout prix  qui me permettent de piocher dans mes LàL et de les croiser avec la merveilleuse liste du Blog-ô-trésors.

J'ai aussi dans l'idée de revenir à un challenge ABC en 2014, sur une thématique Policiers autour du monde.

Enfin, last but not least, le challenge Tour du monde en 8 ans qui se poursuivra jusqu'en décembre 2020
=> à 30 pays je suis dans la catégorie simple " touriste "
J'ai rapatrié mon bilan sur la page dédiée dont le lien est situé sous la bannière

dimanche 1 décembre 2013

Un mot, des titres, 21ème saison

Et elle sera de... 
PIERRE
 
Si vous êtes partants, c’est très simple, les règles ne changent pas : vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre comprendra le mot « pierre » (nom propre ou nom commun). Nous publierons nos billets le 15 janvier. Le prochain mot sera annoncé le 14 janvier 2014. Tout se passe chez Calypso, l'instigatrice.

Je vous donne quelques idées parmi mes lectures passées :
Pietra viva de Leonor de Recondo (lecture en cours)
Pourquoi j'ai tué Pierre d'Olivier Ka et Alfred (BD)
Syngué sabour (pierre de patience) d'Atiq Rahimi
La pierre sacrée de Barbara Wood
Rose de pierre d'Anne Bragance

En attendant place à nos amours !

samedi 30 novembre 2013

Amore 14

Federico Moccia est scénariste pour le cinéma. Sa carrière littéraire a démarré en trombe avec un premier titre sur le thème des amours adolescentes 3 mètres au dessus du ciel, qui a fait beaucoup de bruit. Dans la même veine, Amore 14 raconte une année de la vie d'une jeune romaine de 13 ans 1/2 et a été adapté au cinéma en 2009.


Caro (Carolina) est dans sa dernière année de collège. Elle vit à Rome avec ses parents, un père un peu aigri et une mère effacée mais attentive, un frère en pleine rébellion qu'elle idolâtre (Giovanni dit Rusty James) et une soeur qui se désintéresse de la vie de famille Ale (Alessandra).
Elle a des bons copains Filo et Gibbo et deux meilleures amies : Alis (Alice) fille de divorcés, pleine aux as, belle et snob et Clod (Claudia) de famille plus modeste et qui gère comme elle peut un embonpoint lié au fait qu'elle ne sait pas résister pas à la nourriture.

A l'âge des premiers troubles, premiers baisers, premières tentatives de séduction, mais aussi des amitiés inébranlables, des engagements "pour la vie" et de la compétition entre initiées " expérimentées " et profanes, Caro attend impatiemment ses 14 ans comme l'horizon où il va enfin lui arriver quelque chose d'inoubliable.
Cette attente se cristallise autour de la personne de Massi (Massimiliano) qu'elle a croisé au rayon disques d'un magasin. Il lui laisse son numéro de portable mais elle se fait voler son téléphone et ne peut le recontacter en dépit de ses recherches poussées. Espérant le croiser de nouveau par hasard, elle n'en continue pas moins de sortir et de faire d'autres rencontres (voire plus si affinités). Mais dans sa tête, Massi garde la première place. La vie et les mois passent.

Ce n'est pas vraiment un journal intime même si cela en a la forme, mais plutôt un récapitulatif mensuel qui débute par la fin (un drame se prépare) puis reprend les choses depuis le début, le jour de la rentrée des classes. Dans un style spontané, parfois candide ou touchant de naïveté, donc réaliste et crédible (la plupart du temps), Caro confie ses états d’âme, ses craintes et ses joies, ses expériences amoureuses et les petits drames de la vie, ses sentiments par rapport à ses camarades ou sa famille. Bref, toutes les préoccupations d’une jeune fille de 13 ans, dont la vie tourne autour d’elle-même et de ses amis.

Le style est fluide et dynamique, très dialogué ; il y a de l’humour, de l'énergie à revendre, de l'allégresse, de la tristesse aussi ; c’est vers son journal qu’elle se tourne naturellement pour faire part des drames qui le touchent : la mort de son grand-père, le départ de son frère après une violente scène avec leur père.
J'ai aimé le découpage des parties du roman : en début de chaque mois, le résumé de ce qui s'est passé et les chansons, état d'humeur, etc. intercalés de chapitres où ses proches se présentent et livrent leurs pensées ou leurs sentiments sur les autres membres de la famille. Cela donne une impression de grande solidarité, même si Giovanni rue dans les brancards pour suivre la voie qu'il s'est choisie. Les personnages sont attachants et le couple des grands parents maternels est formidable. L'identification marche à plein régime, même si ce n'est pas exactement le souvenir de notre réalité vécue.

Quatorze ans, l’âge des révoltes et des coups de cœur, mais aussi l’âge où l’on veut croire que les rêves deviennent réalité… Ce livre étant susceptible d'intéresser les demoiselles, j'en ai partagé la lecture avec miss XL pour avoir son point de vue.
 Il compte pour le challenge numérique.
challenge tour du monde : Italie

vendredi 29 novembre 2013

Un mot, des titres : AMOUR

Je ne me serais pas crue si riche d'AMOUR ! En effet, c'est le mot tiré au sort par Calypso pour guider nos lectures jusqu'au 1er décembre. Pas de moins de six titres lus et un seul commenté, deux dans ma PàL, donc j'ai du pain sur la planche.
Pour participer, c’est très simple, les règles ne changent pas : vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre comprendra le mot « amour ». Nous publierons nos billets le 1er décembre. Le prochain mot sera annoncé le 30 novembre.
Voir les détails, inscriptions et récapitulatifs des précédentes sessions sur le site de Calypso

L'amour à perpétuité de Jeanne Champion fait partie des 10 livres que j'ai sélectionnés pour le Blog-ô-trésors : autant dire que je pourrais le relire sans me lasser et me laisser emporter dans sa douce nostalgie de la perte irrémédiable de l'autre. Je le mets un peu à égalité avec Les choses de la vie de Paul Grimaud
Extrait de la présentation :
On tombe amoureux comme on tombe malade. On soigne la maladie, on ne soigne pas l'amour. La rencontre - on devrait dire le télescopage - de Gabrielle et de Konrad - ne pouvait pas produire plus forte déflagration. Un amour aussi violent qu'impossible, un amour condamné à la perpétuité. Ce roman, récit et fable à la fois, est autobiographique.

Amour, Prozac et autres curiosités de Lucia Etxebarria raconte l'histoire croisée de trois soeurs, trois caractères ou plutôt trois névroses,au gré d'un abécédaire de l'amour amer

Elle est basque, et manie la plume comme d'autres le fleuret ou le sabre. Avec panache. Elle fait des étincelles, mais pas de quartiers. Son humour ravageur, caustique et vitriolé, creuse les pages à l'acide. Ses phrases sonnent comme des tracts, les mots se bousculent, les lignes ondulent comme des bataillons de fourmis rouges courant à l'assaut de cette forteresse instable et déjà bien fissurée : le monde des hommes.

L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder

Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible - pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer.

L'amour est une femme de Frédéric Mars

Pommes d'amour, 7 love stories (BD)

dans ma LàL :
Oxymore mon amour : dictionnaire inattendu de la langue française de Jean Loup Chiflet
Poisson d'amour de Didier van Cauewelaert

lundi 25 novembre 2013

Pietra viva

Les matchs de la rentrée littéraire 2013
Initiée en 2010, l’opération « Rentrée littéraire » de Price Minister, à laquelle je participe pour la seconde fois, permet de découvrir gratuitement un titre, parmi une sélection opérée par un comité de bloggeuses partenaires :
  1. Danse Noire de Nancy Huston Actes Sud
  2. Une part de ciel de Claudie Gallay Actes Sud
  3. La grâce des brigands de Véonique Ovaldé Éditions de l’Olivier
  4. Lady Hunt de Hélène Frappat Actes Sud
  5. Arrête, arrête de Serge Bramly NiL
  6. Rome en un jour de Maria Pourchet Gallimard
  7. Esprit d’hiver de Laura Kasischke Christian Bourgois éditeur
  8. La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson Édition Zulma
  9. La garçonnière de Hélène Grémillon Flammarion
  10. Dans la lumière de Barbara Kingsolver Éditions Payot & Rivages
  11. Petites scènes capitales de Sylvie Germain Albin Michel
  12. Pietra Viva de Leonor de Recondo Sabine Wespieser
Ensuite, il suffit d'avoir un blogue, de lire le livre dans le mois qui suit sa réception, de rédiger une chronique, ce que je ferais de toute façon, et de proposer un classement afin de déterminer les ouvrages à retenir, ce que je n'ai pas l'habitude de faire.
A cette occasion, je me suis donc inscrite auprès de Priceminister que je remercie, ainsi que Sabine Wespieser éditeur, pour avoir répondu à ma demande en m'offrant la chance de recevoir « Pietra viva », par Leonor de Recondo. J'ai déjà lu quelques ouvrages de cet éditeur : Les trois lumières, Les bruyères de Bécon... et j'ai toujours été séduite par la qualité de finition des ouvrages. La reprographie ci-contre ne rend pas grâce à la beauté de la couverture dont l'aspect et la texture ont beaucoup évolué et sont encore plus précieuses qu'auparavant, en restant fidèle à une certaine austérité de bon goût. Pour les amateurs de beau papier, le point est important : avant même de commencer la lecture, c'est un petit format qu'on a plaisir à avoir en main.


Rome, printemps 1505.
Michelangelo Buonarotti, prodige précoce, a la trentaine. Il est déjà admiré pour deux de ses oeuvres majeures : la Pietà et David. La consécration arrive avec une commande du pape Jules II della Rovere pour son futur tombeau. Muni d'une avance conséquente, Michel Ange s'apprête à partir pour Carrare afin de sélectionner sur pièces, les blocs de marbre qui serviront à l'oeuvre monumentale. Un évènement de sa vie privée le pousse à anticiper son départ.
Pour fuir la mort brutale d'Andrea, un des jeunes frères dont l'extrême beauté l'avait touché, dans l'établissement religieux où il avait pris l'habitude de dessiner des anatomies d'après la dissection de cadavres, il se jette à corps perdu dans le travail. Au cours d'un séjour d'environ six mois, logeant à la pension discrètement tenue par Maria, il partage la vie impitoyable mais exaltée des carriers, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant et organisant leur transport. 
Il a besoin de cette solitude pour réfléchir à son art et mûrir dans sa tête l'ébauche de son projet, se ressourcer loin du tumulte et des intrigues de la ville. Quand il rejoint la cité papale, ses esquisses sont prêtes et les marbres sont en cours d'acheminement. Pourtant, le tombeau ne sera pas achevé avant 1545 et sur deux ordres au lieu des trois prévus initialement. A côté du produit de mon imagination, éveillée par la magie de l'écriture, je suis plutôt déçue par la réalisation, mais le projet a été remanié de multiples fois et il est probablement loin d'avoir permis à toute l'inventivité de Michel Ange de s'exprimer. 

Cet épisode se situe peu avant le séjour de Michel Ange à Constantinople que Mathias Enard a choisi comme sujet à son roman Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants : à la suite d'une nouvelle vexation de Jules II, Michel Ange choisit de répondre à l'invitation de Bajazet, pour un autre projet faramineux : construire un pont sur le Bosphore qui doit relier les côtes européenne et asiatique.

L'auteur est extrêmement bien documentée et elle parvient à communiquer sur la passion du marbre au travers de ses personnages. Elle montre que Michel Ange réussit à gagner le respect des carriers par sa connaissance prodigieuse du travail de la pierre et leur admiration commune pour la noblesse du matériau. Ses conceptions évoluent au cours de son séjour dans la montagne marmoréenne. Il envisage autrement la pierre vive qu'il essaie de transformer en chair palpitante, en draperies flottantes et en mouvement suspendu ou dont il s'efforce donner au jour les formes qu'elle contient, comme ces esclaves captifs destinés au premier ordre du tombeau papal. J'aime beaucoup la réflexion de Michele, qui à la suite d'une discussion avec l'artiste, voit la montagne de marbre " pleine de personnages qui attendent ". 


 
Eloigné de la tentation biographique, le choix de l'auteur est de présenter une fiction narrative. A travers un épisode choisi de la vie du sculpteur, elle tente de nous projeter dans l'intériorité de l'homme et d'ouvrir la perspective par une réflexion sur l'art, l'inspiration, l'élaboration de l'oeuvre, la poursuite de l'idée créatrice. 
Elle le montre fuyant la réalité pour s'absorber dans son ouvrage, cherchant à se détourner de sa peine par le contact avec la pierre : par exemple, le passage où il sculpte un rebut de marbre pour en faire une main magnifique en souvenir d'Andrea et l'offrir à Chiara, l'épouse du carrier Toppolino (petite souris), qui lui a fait cadeau d'une chanson de son cru.

La plume de Leonor de Recondo nous donne à voir un artiste blessé par la vie, à la sensibilité exacerbée, oscillant entre génie et folie paranoïaque, comme le prouve la susceptibilité des relations entre le commanditaire et l'artiste : épisode où il "répudie" son élève et renvoie l'envoyé du pape au prétexte d'espionnage.  
Cohabitant avec l'artiste sûr de sa technique, beaucoup moins inspiré par le sentiment divin que par la matérialité de la pierre et l'humanité des corps, se dissimule un homme irascible, égoïste, seul et solitaire, un écorché vif, incertain et tourmenté, qui ne trouve refuge et sérénité que dans le travail de ses mains et le désir de capturer dans la pierre la beauté de la vie.

Peu de monde parvient à percer la carapace d'indifférence qu'il s'est forgée depuis "l'abandon" de sa mère, mort alors qu'il était en nourrice. Le séjour dans la montagne n'est pas étranger à l'apaisement de l'artiste, ni ses échanges avec ses compagnons, des êtres simples, préservés, comme la folie douce de Cavallino (petit cheval), qui communie avec les animaux ou la grâce et les questions sans tabou de Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir en couches.
Il se fait forcer la main par la naïveté et la confiance du petit garçon, qui se prend d'affection pour lui et fait resurgir par sa présence la mémoire de celle que Michel Ange se refuse à évoquer. Il repousse d'abord brutalement l'enfant et la douleur avant de la/de le laisser venir à lui pour se l'apprivoiser  (on dirait un peu un dialogue à la St. Ex entre le petit prince et le renard " tu seras mon ami " comme seuls les enfants peuvent l'envisager). 
La reconquête du souvenir, enfoui volontairement comme on enferme dans une boîte un souvenir par trop douloureux, qu'on enterre et dont on jette la clef dans un puits, passe par des étapes de reconstruction qui sollicitent les cinq sens. L'angle choisi, la reconstruction par fragments, est intéressant et le roman se clôt sur un beau poème-hommage que j'aurais envie de recopier mais qu'il vaut mieux découvrir par étape. Dédié à la mère tendrement aimée, il est offert en cadeau à l'enfant, geste doublement symbolique avec le coffret sculpté des mains de l'artiste, sans clef, et la décharge de ce souvenir enfin intégré à sa vie d'adulte.

Comme l'an dernier, je ne me suis pas trompée dans mon choix. Je donne 20/20 à ce roman, servi par une plume remarquable, une histoire originale et intéressante, une édition soignée. 
J'ai apprécié le style juste et crédible, une pureté, une simplicité, un fort pouvoir d'évocation sans ostentation :
[à Malbacco] Il atteint l'endroit qu'il cherche. Les pierres, à force d'être caressées par l'eau, se sont lissées tant et si bien qu'elles forment maintenant de larges vasques naturelles où plusieurs hommes peuvent se tenir sans toucher le fond.
Paradoxalement, les 225 pages de ce roman ont conjointement un goût de plénitude et de trop-peu. Elles m'ont donné l'envie de lire le premier roman de l'auteur La grâce du cyprès blanc (sur le travail d'écriture cette fois), mais aussi de découvrir Pic de la Mirandole que je connais à peine et qui semble-t-il parlait une vingtaine de langues ou de relire le petit livre qui ne quitte pas Michel Ange depuis que Laurent le magnifique le lui a offert : le Canzoniere de Petrarque dont chaque phrase, en hommage à Laura, résonne si juste !
Leonor de Recondo est violoniste de formation.
challenge tour du monde Espagne

en Grèce : carrière de Thassos au marbre des plus durs et d'un grain encore plus fin
Edit du 15 décembre 2013 
C'est le roman que j'ai retenu qui a gagné le grand prix des blogueurs : ce n'est pas celui qui avait été choisi par le plus grand nombre mais c'est celui qui a recueilli le plus d'avis très favorables 
Récapitulatif des avis et des billets sur la page Priceminister