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samedi 8 mars 2014

Le sabotage amoureux

Prix de la Vocation, Prix Chardonne, Prix Atout-Lire

Je connaissais d'Amélie Nothomb le roman basé sur ses premières années au Japon et adapté en film avec Sylvie Testud dans le rôle principal, mais pas celui-ci sur ses années chinoises, de cinq à huit ans, dans le quartier diplomatique San Li Tun de Pékin. Curieusement, le début m'était familier, avec le cheval-vélo, le pays des ventilateurs et le boulevard de la Laideur habitable, mais pas la suite qui donne son sens au titre. De ces années passées dans l'empire du milieu, dans l'isolement du ghetto réservé aux expatriés, l'auteur ne retient que les préoccupations de son âge, persuadée que le monde tourne autour d'elle.
Les enfants s'ennuient et inventent mille bêtises pour s'occuper... jusqu'à recréer une opposition Est-Ouest qui devient, après que les parents des deux côtés s'en sont mêlés, une coalition Nord contre Sud quand les petits Péruviens deviennent la cible des mauvais traitements jusqu'alors réservés aux jeunes Russes. Tout change à l'arrivée d'une famille sud-américaine et l'intérêt de la petite fille est bientôt captivé par l'attitude hiératique de la nouvelle venue. Dès lors, elle n'a de cesse de lui plaire et fait tout (et même le pire) pour gagner son attention, à défaut de sa sympathie amicale. L'apprentissage du désamour, aussi fulgurant et dévastateur que son contraire, vient clore ce roman psychologique.

challenge Amélie Nothomb 2/5

en rapport avec la terrible violence dont sont
capables les enfants entre eux :
La guerre des boutons à lire
Sa majesté des mouches LU
Le jardin de ciment à lire
Le boucher des Hurlus à lire
Allah n'est pas obligé à lire

samedi 30 novembre 2013

Amore 14

Federico Moccia est scénariste pour le cinéma. Sa carrière littéraire a démarré en trombe avec un premier titre sur le thème des amours adolescentes 3 mètres au dessus du ciel, qui a fait beaucoup de bruit. Dans la même veine, Amore 14 raconte une année de la vie d'une jeune romaine de 13 ans 1/2 et a été adapté au cinéma en 2009.


Caro (Carolina) est dans sa dernière année de collège. Elle vit à Rome avec ses parents, un père un peu aigri et une mère effacée mais attentive, un frère en pleine rébellion qu'elle idolâtre (Giovanni dit Rusty James) et une soeur qui se désintéresse de la vie de famille Ale (Alessandra).
Elle a des bons copains Filo et Gibbo et deux meilleures amies : Alis (Alice) fille de divorcés, pleine aux as, belle et snob et Clod (Claudia) de famille plus modeste et qui gère comme elle peut un embonpoint lié au fait qu'elle ne sait pas résister pas à la nourriture.

A l'âge des premiers troubles, premiers baisers, premières tentatives de séduction, mais aussi des amitiés inébranlables, des engagements "pour la vie" et de la compétition entre initiées " expérimentées " et profanes, Caro attend impatiemment ses 14 ans comme l'horizon où il va enfin lui arriver quelque chose d'inoubliable.
Cette attente se cristallise autour de la personne de Massi (Massimiliano) qu'elle a croisé au rayon disques d'un magasin. Il lui laisse son numéro de portable mais elle se fait voler son téléphone et ne peut le recontacter en dépit de ses recherches poussées. Espérant le croiser de nouveau par hasard, elle n'en continue pas moins de sortir et de faire d'autres rencontres (voire plus si affinités). Mais dans sa tête, Massi garde la première place. La vie et les mois passent.

Ce n'est pas vraiment un journal intime même si cela en a la forme, mais plutôt un récapitulatif mensuel qui débute par la fin (un drame se prépare) puis reprend les choses depuis le début, le jour de la rentrée des classes. Dans un style spontané, parfois candide ou touchant de naïveté, donc réaliste et crédible (la plupart du temps), Caro confie ses états d’âme, ses craintes et ses joies, ses expériences amoureuses et les petits drames de la vie, ses sentiments par rapport à ses camarades ou sa famille. Bref, toutes les préoccupations d’une jeune fille de 13 ans, dont la vie tourne autour d’elle-même et de ses amis.

Le style est fluide et dynamique, très dialogué ; il y a de l’humour, de l'énergie à revendre, de l'allégresse, de la tristesse aussi ; c’est vers son journal qu’elle se tourne naturellement pour faire part des drames qui le touchent : la mort de son grand-père, le départ de son frère après une violente scène avec leur père.
J'ai aimé le découpage des parties du roman : en début de chaque mois, le résumé de ce qui s'est passé et les chansons, état d'humeur, etc. intercalés de chapitres où ses proches se présentent et livrent leurs pensées ou leurs sentiments sur les autres membres de la famille. Cela donne une impression de grande solidarité, même si Giovanni rue dans les brancards pour suivre la voie qu'il s'est choisie. Les personnages sont attachants et le couple des grands parents maternels est formidable. L'identification marche à plein régime, même si ce n'est pas exactement le souvenir de notre réalité vécue.

Quatorze ans, l’âge des révoltes et des coups de cœur, mais aussi l’âge où l’on veut croire que les rêves deviennent réalité… Ce livre étant susceptible d'intéresser les demoiselles, j'en ai partagé la lecture avec miss XL pour avoir son point de vue.
 Il compte pour le challenge numérique.
challenge tour du monde : Italie

vendredi 29 novembre 2013

Un mot, des titres : AMOUR

Je ne me serais pas crue si riche d'AMOUR ! En effet, c'est le mot tiré au sort par Calypso pour guider nos lectures jusqu'au 1er décembre. Pas de moins de six titres lus et un seul commenté, deux dans ma PàL, donc j'ai du pain sur la planche.
Pour participer, c’est très simple, les règles ne changent pas : vous avez un mois et demi pour lire un livre dont le titre comprendra le mot « amour ». Nous publierons nos billets le 1er décembre. Le prochain mot sera annoncé le 30 novembre.
Voir les détails, inscriptions et récapitulatifs des précédentes sessions sur le site de Calypso

L'amour à perpétuité de Jeanne Champion fait partie des 10 livres que j'ai sélectionnés pour le Blog-ô-trésors : autant dire que je pourrais le relire sans me lasser et me laisser emporter dans sa douce nostalgie de la perte irrémédiable de l'autre. Je le mets un peu à égalité avec Les choses de la vie de Paul Grimaud
Extrait de la présentation :
On tombe amoureux comme on tombe malade. On soigne la maladie, on ne soigne pas l'amour. La rencontre - on devrait dire le télescopage - de Gabrielle et de Konrad - ne pouvait pas produire plus forte déflagration. Un amour aussi violent qu'impossible, un amour condamné à la perpétuité. Ce roman, récit et fable à la fois, est autobiographique.

Amour, Prozac et autres curiosités de Lucia Etxebarria raconte l'histoire croisée de trois soeurs, trois caractères ou plutôt trois névroses,au gré d'un abécédaire de l'amour amer

Elle est basque, et manie la plume comme d'autres le fleuret ou le sabre. Avec panache. Elle fait des étincelles, mais pas de quartiers. Son humour ravageur, caustique et vitriolé, creuse les pages à l'acide. Ses phrases sonnent comme des tracts, les mots se bousculent, les lignes ondulent comme des bataillons de fourmis rouges courant à l'assaut de cette forteresse instable et déjà bien fissurée : le monde des hommes.

L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder

Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible - pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer.

L'amour est une femme de Frédéric Mars

Pommes d'amour, 7 love stories (BD)

dans ma LàL :
Oxymore mon amour : dictionnaire inattendu de la langue française de Jean Loup Chiflet
Poisson d'amour de Didier van Cauewelaert

jeudi 24 novembre 2011

Je suis amoureux d'une virgule

Petit manuel de ponctuation
Rolande Causse conte dans cet opuscule érudit et drôle, mais très inégal, la petite histoire des signes de ponctuation, l'apparition et l'évolution de ces signes cabalistiques qui essaimèrent au long des textes manuscrits, puis sous le joug tyrannique des typographes, avec un détour du côté des écrivains "maîtres-ponctographes" et de quelques expériences graphiques improbables.
La qualité des illustrations est à déplorer...

dimanche 25 septembre 2011

Pommes d'amour

7 love stories
 L'amour vu par sept dessinatrices de BD de nationalité différente

L'amour, vaste sujet traité de long, en large et en travers, ne lasse ni les scénaristes, ni les lecteurs !
Amour vache, amour tendre, les histoires de Paz Boïra, Verena Braun, Elodie Durand, Claire Lenkova, Ulli Lust, Laureline Michon et Barbara Yelin racontent chacune une vision de l'amour : elles n'ont pour la plupart pas de langue commune mais un langage commun : l'image qui se passe parfois/souvent de commentaire.
Ce collectif propose un semainier d'histoires courtes, en un tour d'horizon de la BD européenne féminine : du rapprochement des styles graphiques et des sensibilités pourtant si différents naît une impression d'ensemble et de cohérence étonnante.

samedi 26 février 2011

Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer

 challenge Tour du monde : Haïti

Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer est le titre provocateur du premier roman de l'écrivain haïtien et nouvel académicien Dany Laferrière. Satire féroce des stéréotypes et clichés racistes, le roman publié en 1985 au Canada se présente comme la joyeuse description d'une vie de bohème, version black, où l'auteur jongle avec la multitude des fantasmes en noir et blanc. Il décrit une Amérique à deux vitesses, un monde de castes où dominants et dominés s'emboitent comme des poupées russes. Seul le désir, irrépressible et libérateur, peut briser l'ordre des choses. Le sexe apparaît comme la seule terre promise, terrain d'entente où jeunes noirs pauvres et riches jeunes filles blanches peuvent d'emblée se répondre.

Vieux et Bouba, deux jeunes noirs oisifs partagent discussions philosophiques et appartement minable dans un quartier paumé du Carré Saint Louis, Montréal, Québec. Leur deux-pièces voit défiler une quantité de "Miz", des jeunes filles de Westmount qui étudient à l'Université McGill. Bouba, le philosophe sur le divan, préfère dormir, lire, citer Freud, son livre de chevet, ou les sourates du Coran, tout en écoutant les grands noms du jazz. Son truc à lui, c'est de conseiller les filles-à-problèmes, intellectuelles ou suicidaires.
Le narrateur, originaire de Côte d'Ivoire, projette d'écrire un roman sur une vieille Remington achetée dans une brocante : il s'intéresse aux rapports hommes/femmes dans un contexte de différence raciale et sociale. Surtout il apprécie la drague, prétexte à de nombreuses aventures féminines. Mais au delà d'une sorte de jubilation à séduire toutes ces belles demoiselles, innocentes ou curieuses, se dessine une véritable interrogation au goût doux amer sur la trilogie Blanc-Blanche-Nègre. Ce que Vieux cherche dans le sexe, c'est l'absolu. Il a besoin d'être pris et aimé entièrement, pour ce qu'il est, au-dessus des notions d'oppression raciale et sexuelle.

dimanche 3 mai 2009

Frédéric Beigbeder (3)

La première de mes rencontres avec l'auteur, L'amour dure trois ans, dernier épisode de la trilogie sur Marc Marronnier, est sans conteste la lecture à laquelle j'ai pris le plus d'intérêt et de satisfaction.

Puis j'ai lu 99 francs, à l'époque où il ne titrait plus qu'à 6 euro en réédition. Octave m'avait divertie, avec son cynisme de fils de pub en pleine crise identitaire, qui scie la branche dorée sur laquelle il se juche.

Au secours Pardon ne m'amuse plus du tout. Je ne saisis pas si l'auteur cherche à susciter l'envie ou la pitié, mais l'ouvrage fait long feu. Octave, plus blasé que jamais, porte cette fois le discrédit sur les chasseurs de mannequins jetables et leurs proies. Mais n'est pas victime qui l'on croit. Heureusement que la quatrième et dernière saison du livre, Automne, rattrape l'ensemble. C'est même assez inattendu et bien amené. Il me semble pourtant que je ne lirai plus cet auteur de sitôt.