samedi 31 mai 2014

Club Dumas


A-t-on réellement découvert un chapitre manuscrit des Trois Mousquetaires ? Et quel rapport y-a-t-il entre le chef-d'œuvre de Dumas et ces Neuf Portes du royaume des ombres, livre diabolique dont l'auteur fut brûlé l'année même de la mort de D'Artagnan ?
Telles sont les questions auxquelles Corso, chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés, tente de répondre en butant sur des cadavres, de Tolède à Cintra, puis chez les bouquinistes de Paris et au bord de la Loire, suivi par d'étranges sosies de Milady ou de Rochefort.
Comme il l'a fait avec Le Tableau du maître flamand, Grand Prix de Littérature policière 1993, Arturo Pérez-Reverte nous entraîne ici, avec une érudition et un brio qui laissent pantois, dans une aventure où la réalité semble n'être qu'une des versions possibles de la fiction.

Comme dans tout roman d'Arturo Perez Reverte, il existe plusieurs niveaux de lecture : l'intrigue proprement dite, souvent magistrale, à laquelle il faut se soumettre en tant que lecteur et une réflexion inhérente au sujet même de l'intrigue, à savoir dans le cas du Club Dumas, un intérêt pour l'intertextualité (relations entre les oeuvres d'auteurs appartenant à différentes époques). Le roman se situe dans l'univers des livres, incunables, autographes et autres raretés chères au coeur des bibliophiles.
Depuis des années, Lucas Corso fait figure d'expert dans ce domaine. Des libraires et autres amateurs de livres fortunés s'adressent à lui  pour qu'il déniche tel ouvrage rarissime sur lesquels ils ont des vues, ou pour authentifier tel autre opus qu'ils viennent d'acquérir à un prix prohibitif. Varco, un libraire richissime installé à Tolède, est en possession d'un des trois exemplaires rescapés d'un autodafé ayant conduit à l'exécution d'un imprimeur vénitien et à la destruction de tous volumes sortis de ses presses. Il est convaincu que l'ouvrage n'est pas totalement authentique et envoie Corso chercher des preuves auprès des deux autres propriétaires : un noble portugais désargenté qui survit en vendant au compte goutte les pièces de sa bibliothèque et une fondation ayant pour objet l'étude des textes de démonologie dont le siège est l'appartement parisien d'une vieille duchesse excentrique.

vendredi 30 mai 2014

Tissons des liens d'été 1/2

Dans chaque swap, une fois que les colis sont prêts pour l'expédition, c'est toujours avec un peu de fébrilité qu'on attend de découvrir ce que l'autre va penser de notre envoi et ce qu'il a conçu pour nous en retour, le moment tant attendu où on ouvre le colis et où on étale tous les petits paquets...
L'été en ligne de mire, Mypianocanta m'a proposé de participer de nouveau à son swap Tissons des liens et j'ai accepté avec plaisir car nous finissons par bien connaître nos goûts.

Son colis est arrivé chez moi en avance sur le départ du sien, ce qui fait que les deux sont en ce moment sur mon île, comme sait si bien le rappeler le marque page qu'elle m'a dessiné pour l'occasion " D'une île à l'autre ". Pas de lumière ce soir pour les photos, mais je n'ai pas résisté à la tentation... instant fébrile... la suite demain pour le contenu ! du mou, du dur, des livres (facile) et j'ai lu ta carte, mais quel peut être cet invité mystère ??
MERCI d'ores et déjà

Sans plus attendre, la photo du contenu :
des douceurs : thé, confiture et bonbons, bien cachée dans une trousse à secrets qui se transforme en pot à crayons
des lectures : quelques mots sympathiques sur une carte postale, 3 livres à découvrir Keegan (de ma LàL) et deux autres, Peru et Tolkien (jamais effleuré, ce sera l'occasion), des MP pour ne pas me perdre
des créations : un mandala dans les tons bleus pour me plaire et le fameux marque page
Merci beaucoup My
Ce week end j'ai emballé pour toi, il me reste à trouver le bon horaire pour la poste

Mypianocanta a écrit

j'ai reçu mon colis. Bon vous avez compris je suis contente parce qu'il est tout beau, tout mimi : des photos très vite. Merci XL !

samedi 24 mai 2014

De l'intérêt d'écouter des livres audio


L'étranger
Heureuse redécouverte du titre de Camus dont j'avais gardé un très bon sentiment global mais très peu de souvenirs de détail, comme je m'en suis rendu compte en écoutant cet enregistrement audio. Je trouve que c'est une bonne façon de se repasser un classique que de le découvrir sous un autre angle, de se laisser porter par une double voix de la narration et du lecteur intermédiaire.
Mes souvenirs de L'étranger, lu au lycée, tiennent en peu de mots : je me rappelais d'un nom Meursault, d'une forme de sourde violence et d'une impression d'étrangeté - aux hommes, dans la ville, dans sa propre vie - mais pas de toutes les étapes de ses déboires, ni de sa condamnation ; le reste, je l'ai entendu comme une presque nouveauté, portée la voix de Michael Lonsdale (j'ai lu par ailleurs qu'il existe une version enregistrée par Albert Camus lui même). J'ai aimé de nouveau, notamment la question de liberté de choix, le sentiment de non maîtrise des évènements majeurs de l'existence, d'abandon à la fatalité ou de résignation du héros.

Le roman se divise en trois : le crime, le procès, la prison.
Depuis l'enterrement de Maman jusqu'au meurtre sur la plage, la première partie suit une lente progression, un inéluctable crescendo qui prépare la scène capitale. La description par le menu des faits et gestes de Meursault le montre comme quelqu'un d'insensible, sentimentalement et émotionnellement. Peu capable d'empathie, le personnage se situe à la limite de la sociopathie.
Son incapacité à extérioriser va bien entendu le desservir lors du procès pour meurtre. Meursault ne cherche pas à expliquer, ni à excuser son geste, ni à feindre un sentiment de culpabilité. Face à l'indifférence de son client pour sa défense, l'avocat commis d'office doit consentir à baisser les bras devant le réquisitoire à charge. 
En prison, Meursault reçoit une seule fois la visite de Marie, une ancienne collègue retrouvée au lendemain de l'enterrement, devenue sa petite amie et qui lui avait soustrait une promesse de mariage. Il ne semble pas en souffrir ; seule la liberté lui manque un certain temps, puis il s'habitue. Son univers mental est assez riche en dépit des apparences.
Seulement, il refuse le secours de la religion et désespère le prêtre. Comme étranger à lui même et à son environnement, Meursault ne voit aucun intérêt au prolongement de sa vie terrestre, mais il ne se projette pas non plus dans un au-delà après la mort.
Le roman d'Albert Camus, récompensé du Prix Nobel de littérature en 1957, illustre la théorie de l'absurdité de l'existence, entre fatalité et résignation. L'irréparable aurait pu être évité, le scénario aurait pu bifurquer à tout instant, mais chaque choix fortuit de Meursault, d'où l'impression de décision délibérée reste pourtant absente, le rapproche de la chute.

mercredi 21 mai 2014

Summer Star Wars

Le désormais rituel challenge estival pendant lequel M. Lhisbei squatte un peu - si peu par ailleurs - le RSFBlog ouvrira dans un mois pile, le temps de fourbir nos PàL.
Extrait :
Voici donc l'épisode II de notre traditionnel Summer Star Wars, épisode que nous baptiserons L'attaque du Challenge cloné pour respecter la tradition. Le Challenge se tiendra du 21 juin (solstice d'été) au 23 septembre inclus (équinoxe d'automne). Trois mois pour explorer deux genres phares de la SF : le Space Opera et le Planet OPera.

dimanche 18 mai 2014

Far away

étape 2 du challenge des cinq continents, le défi est lancé : Qui découvrira l'énigme en premier grâce aux indices récoltés chaque mois (un billet par continent) ? Je m'ajoute la contrainte supplémentaire de chercher des romans ou des récits basés sur le voyage.
J'avais prévu l'Océanie, mais la BD commandée pour l'occasion est un pavé dont je préfère remettre la lecture au mois prochain pour la savourer. 

COUP DE COEUR
En attendant, je me suis trouvé une petite pépite pour l'Amérique du Nord : Far away, le périple imaginé par Maryse et Jean-François Charles et peint par Gabriele Gamberini traverse une partie du Canada (Laurentides/Québec, Trois-rivières, Montréal) et des Etats-Unis (Dakota du Sud, Rocheuses/Wyoming, jusqu'en Arizona) et fait une escale magnifique aux chutes du Niagara (Etat de New York).  
Martin Bonsoir conduit un de ces trucks qui sillonnent les longues routes désertes d'un point à l'autre de l'Amérique du Nord. Il n'est pas très liant, pourtant le hasard d'une panne en pleine tempête de neige le met en présence d'Esmé Larivière. Veuve ayant perdu son fils unique dans l'accident qui a ravi les deux vies qui lui tenaient à coeur, elle n'attend plus rien... sauf peut être cette rencontre qui lui donne le souffle pour lever les voiles. Son bagage prêt en un instant, elle décide d'accompagner Martin et son chargement jusqu'au Grand Canyon pour y relâcher Melchior, seul rescapé de trois écureuils que lui avait ramenés son mari une veille de Noël.  
Le graphisme me faisait penser à l'illustration de Cul de sac par Metter et donc je m'attendais presque à chaque page à un dérapage dramatique, mais c'est une histoire touchante et une belle leçon de vie qui attend finalement le héros de ce road movie. A la fin, l'émotion prend le pas sur le pathos, notamment grâce à la scène qui illustre la solidarité entre routiers, avec le convoi de bahuts lancés à la poursuite d'Esmé. 

vendredi 16 mai 2014

Le roman des Jardin

Alexandre Jardin, la quarantaine atteinte, livre le récit inénarrable, parfois chimérique et improbable, des aventures extraconjugales et excentriques d'une famille pas comme les autres. Ses ascendants directs, présentés sous leurs surnoms : le Nain jaune, l'Arquebuse, le Zubial, ont vécu en marginaux, tout en étant profondément intriqués dans la société civile du 20ème siècle. Leur empreinte héréditaire, mais aussi le souvenir réinventé de la saga familiale, ont marqué de romanesque le caractère de l'écrivain.

J'avais des souvenirs de la tournée de promotion de ce roman au moment de sa sortie et la présentation de certains passages m'avait fait oscillé dans le doute. Oeuvre fictionnelle à substrat historique ou témoignage autobiographique romancé, mon opinion reste indécise après avoir écouté la lecture, parfois coupée de fous rires, d'Alexandre Jardin, mais j'ai aimé tout simplement, comme production littéraire, Le [riche] roman des Jardin.

En association avec Val-aime-les-livres

Avec mon meilleur souvenir

Dans ces morceaux choisis autobiographiques, vivante illustration de l'expression brûler la chandelle par les deux bouts, Françoise Sagan égrène en un joyeux pêle-mêle les souvenirs heureux, chaleureux, sans qu'ils soient exempts de gravité, des stars qu'elle a connues et appréciées : Billie Holiday, Orson Welles, Tennessee Williams et Carson Mc Cullers, Marie Bell, Rudolf Noureev, Jean-Paul Sartre, en alternance avec des essais divertissants mêlés de réflexions profondes qui attestent de sa façon de vivre à 100 à l'heure : le jeu, la vitesse, le théâtre, l'écriture, la fête à Saint Tropez (alors encore un village)...
Tous ces portraits et histoires inoubliables sont portés par le phrasé haché de l'auteur, sa voix brève, qui parfois s'emballe. Je ne la connaissais pas auteur de théâtre, je l'ai découverte à plus d'un titre et je me réjouis de lire prochainement un titre de ma LàL : Des bleus à l'âme ou Un peu de soleil dans l'eau froide.
En association avec Val-aime-les-livres que je remercie de cette incitation

jeudi 15 mai 2014

Le menteur

Le peintre Oliver Lyon est maintenant un portraitste reconnu. Sans le sou, il a autrefois demandé en mariage la belle et sévère Everina qui l'a éconduit. Sa surprise est grande lorsqu'au cours d'un séjour dans la campagne anglaise, il la recroise chez des relations communes, mariée, mère et heureuse. Son époux, le colonel Clement Capadose, est un beau parleur fascinant, un menteur invétéré, un affabulateur pathologique. Encore amoureux, Oliver s'émeut de la souffrance que la duplicité de Capadose doit faire endurer à l'intégrité d'Everina. Manipulateur à son tour, il se met en tête de peindre le colonel et de réaliser le chef d'oeuvre qu'il présentera à l'Académie, le portrait de l'imposture qui dira tout de la psychologie de son modèle, en révèlera la hideur au monde et mettra sa femme dans l'obligation de prendre position.
J'ai vu venir le dénouement, la déconfiture attendue d'Oliver Lyon. La magie de l'écriture veut que mon empathie de lecteur soit allée au colonel et à son épouse, de la façon souhaitée par Henry James qui a choisi de les décrire estimés et appréciés dans les cercles indulgents qu'ils fréquentent. Le style me rappelle les romans de caractère d'Honoré de Balzac.

mercredi 14 mai 2014

Bleu cerise

Rohrbourg est une cité imaginaire, mais ses semblables, dont le roman décrit la réalité socio-économique suite à la démilitarisation de l'Est de la France, ont existé. Avec le départ du 79ème régiment d'artillerie hippomobile, la petite ville perd un tiers de sa population et sa principale source de revenus. Un collectif Action s'organise pour mobiliser l'opinion.
Face au désarroi du chômage, chacun réagit à sa manière. Cristof Neumann préfère le suicide à l'indignité, mais Daniel, qui croit son père incapable d'un tel geste, entend punir les "vrais" coupables. Le corps a été découvert dans une cabane du champ de manoeuvres désaffecté par Elodie Wiener, une lycéenne qui entend elle aussi connaître la vérité.
Le récit, vivant grâce au caractère déterminé d'Elodie et de la journaliste locale Claire Nuevavilla, montre les extrémités auxquelles la détresse peut conduire, mais aussi la solidarité.
Il y a un beau passage dans le roman de Lorris Murail sur les sens des couleurs : le rouge réservé au drapeau national, le vert pour le sang versé des soldats, etc. Bleu cerise par exemple, c'est le nom qu'on donne au vin dans les Corbières.

lundi 12 mai 2014

swap Tissons des liens en préparation

  • Le colis Tissons des liens sur les mois de juin/juillet/août de/avec Mypianocanta : envoi jusqu'au 31 mai, qui sera suivi d'une ou plusieurs lettres “de vacances”  (même si vous n'y êtes pas... donnez envie à votre binôme de venir vous voir par exemple). La correspondance peut se faire sous forme de cartes postales, lettres personnalisées, etc... soyez imaginatifs sur la forme afin que nous ayons quelques photos.
Contenu du colis :
- 1 livre de la WL de votre binôme OK + 1 livre que vous avez très envie de lui faire découvrir OK (en mode mystère cf. Le blog d'une berge à l'autre si My est d'accord)
- 1 MP dans les goûts de votre binôme OK + 1 qui dit quelque chose de vous OK
- des gourmandises OK et/ou une boisson avec au moins quelque chose de votre région/village (ou spécialité personnelle)
- 1 petite surprise autour de ce qu'aime votre binôme IDEE+ 1 petit truc fait main IDEE

dimanche 11 mai 2014

Le portail de l'ange

L'auteur propose, en partenariat entre Livraddict et les éditions Slatkine m'a permis de découvrir l'un des romans de Sonia  Frisco  dont le résumé m'a tentée :

L'esprit humain est aussi puissant que dangereux... et il ne faut pas toucher à tout sans savoir ce que l'on touche.
Dans un univers où toutes sortes de forces s'entremêlent, dans un labyrinthe où la plus limpide lumière provoque aussi son ombre, le petit Justin est venu au monde pour amener un sourire... puis se taire à jamais.
Tout ce qui n'est pas prédateur est-il destiné à devenir proie ?
La belle saison était revenue. Un grand renouveau avait déferlé sur la Terre Mère, en un souffle puissant et neuf, le souffle de la naissance, celui de la création, de la vie et de l'éclat.
On l'appelait Printemps. Marta l'appela Justin.
Devant l'immense tout est permis pour rester en Vie.
Dans toutes les histoires, il y a ce qu'on nous dit et il y a ce qu'on entend.

Le roman est arrivé joliment emballé, comme un cadeau, accompagné d'un petit mot et d'un marque page assorti. J'apprécie énormément l'attention, mais ce n'est pas tout, car dans le paquet se cache un précieux présent  : le partage de ce merveilleux enfant qu'est Justin.
J'ai été séduite, emportée par l'histoire de Marta, l'incroyable Marta, si puissante et si fragile. Entourée de ses deux hommes, Joss le taciturne qui ne la comprend pas toujours mais l'aime inconditionnellement et leur petit Justin, si attachant, l'enfant du miracle puisque son oncle Gustavo s'était assuré que Marta ne pourrait jamais être mère.

J'ai aimé découvrir ce roman lentement, en m'imprégnant des impressions laissées par la créativité de chacun à sa façon, Justin qui découvre le monde, Marta qui l'enchante de ses conceptions architecturales ou Ignacio son jeune frère qu'elle guide subtilement dans cette voie. Marta se lance dans tout à corps perdu, elle ne sait pas se ménager, ni se modérer. Emerveillée par sa progéniture, mais parfois désemparée, sujette à des crises de doute, Marta trouve compréhension et soutien auprès du docteur Régent et de l'institutrice Julia Andrade. Une improbable rémission lui permet même de reprendre les papiers et les crayons remisés dans le garage et de modeler son jardin et sa maison à l'image des projets merveilleusement sensibles qui habitent son esprit.
L'histoire est racontée du point de vue de l'enfant qui interprète parfois difficilement le monde des adultes en dépit de sa précocité. Il ne m'a pas échappé que les initiales des Trinidad leur donnaient des airs de sainte famille et cela a renforcé l'effet de prodige produit par les exploits secrets de Justin. Mais mon imaginaire se serait satisfait de n'avoir aucune explication rationnelle trop précise et je regrette presque que le roman ne se soit pas clos avant l'épilogue, en me laissant apporter mes propres réponses aux énigmes soulevées par l'état de Marta, l'existence de Julien, l'intérêt de Julia, etc.
Merci  pour cet Echange

RDV entre ses lecteurs et Sonia Frisco sur Livraddict le 18 Septembre 2014 21:41:16 :
Chère XL,
En voilà une belle surprise à laquelle je ne m'attendais pas, mais alors pas du tout !
J'ai aussi hâte de "découvrir ma plume en italien" ^^
Merci pour votre très belle chronique sur Le Portail de l'Ange

lundi 5 mai 2014

Histoires de Grande guerre

COUP DE COEUR
Le pire comme le meilleur se côtoient dans les listes Bibliomania : Au revoir là-haut,  d'ailleurs honoré du Goncourt de la rentrée littéraire 2013, appartient sans conteste à la seconde catégorie. Animé d'un grand souffle épique, le roman de Pierre Lemaître emprunte aux combines et aux compromissions de l'après Grande guerre pour tracer d'une écriture poignante et talentueuse, une fresque cruelle et désenchantée, subversive et amorale, misérable et réaliste.

Au revoir là-haut
Edouard/Eugène, rescapé des tranchées mais atteint par un éclat d'obus la veille de l'armistice, est une " gueule cassée ".  Il ne sera jamais plus ce jeune homme rieur, cet étudiant des Beaux-Arts rebelle... d'ailleurs, il ne veut pas retourner dans sa famille, où l'attendent une soeur aimante, Madeleine et un père despotique, Marcel Péricourt, qui ne l'a jamais compris. Albert Maillard, qui lui doit la vie, le prend en charge, lui fournissant gîte, couvert, amitié et morphine dont il est devenu dépendant durant sa convalescence. Mais le retour à la vie civile est difficile pour les soldats démobilisés : morts, ils sont des héros, vivants, ils encombrent.
A l'instigation d'Edouard, qui a repris les crayons, ils montent une escroquerie à grande échelle, pour gagner de l'argent à la faveur du devoir de mémoire envers les morts sur les champs de bataille, que chaque municipalité veut honorer à l'exemple de l'Etat à travers un monument commémoratif exaltant les valeurs patriotiques. Ils ne sont pas les seuls à saisir cet effet d'aubaine et à surfer sur les ruines du carnage. Aulnay-Pradelle, leur lieutenant lors de la prise fatale de la cote 113, est revenu du front décoré et l'ambition toujours chevillée au corps. Après une cour rapide, il a réussi à épouser Madeleine et s'est lancé dans les affaires, trafiquant sur les appels d'offre du gouvernement pour le transfert des dépouilles de soldats vers les cimetières militaires.

Vu le film adapté du roman - avec une appréhension injustifiée car il est excellent - en décembre 2017

Le sang des Valentine
 Val' une des organisatrices du Loto BD pour la catégorie Fictions réalistes a sélectionné pour moi Le sang des Valentines par Catel et De Metter chez Casterman. Une BD sur le thème de la première guerre mondiale, que j'ai hâte de découvrir car je n'ai aucune connaissance de BD sur cette période... J'ai bien tenté d'y remédier par le concours de Jérôme pour gagner Vies tranchées mais sans succès !
Première guerre mondiale, France. Geneviève, citadine de bonne famille, belle, sensible et cultivée, a épousé Augustin Dortet. Le couple vit retiré dans les Pyrénées. Une existence de recluse à la campagne et la mort de leur enfant ont déjà plongé Geneviève dans une profonde dépression quand Augustin doit rejoindre le front. Durant le conflit, il entretient une longue correspondance avec son épouse.
Une histoire de quiproquos et d'incompréhension.
Visionnaire, le trait de De Metter devance même parfois le scénario.

Amère patrie
Le tome 1 de cette BD de "Lax" Christian Lacroix met en scène deux enfants qui ne savent pas encore qu'ils vont participer à la "grande guerre" : l'un originaire du Sénégal et l'autre d'un village rural français.
Lu le 11 juillet 2012

 
Paroles de poilus
Un mélange efficace de textes tirés de sources documentaires réelles et d'images fictionnelles pour plonger au coeur du quotidien des tranchées permet de donner une vision intimiste de cette génération sacrifiée
Lu le 14 mai 2011

dimanche 4 mai 2014

Challenge Lire sous la contrainte

La 15ème session a pour thème les conjonctions de coordination, au moyen mnémotechnique bien connu : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Les billets seront remis le 29 juin juste avant les vacances.

challenge Lire sous la contrainte
J'ai déjà quelques pistes faciles pour le ET mais je suis curieusement de voir les titres qui illustreront les autres !
dans ma PàL : Christian GRENIER  Virus L.I.V.3 ou la mort des livres
dans ma LàL : Amélie NOTHOMB  Ni d'Eve ni d'Adam
Andrea JAPP  Cinq filles, trois cadavres mais plus de volant
JP ANDREVON  C'est arrivé mais on n'en a rien su
Xavier MAUMEJAN  Car je suis légion

vendredi 2 mai 2014

Bout'd'ficelle

Les romans qui vous donnent envie d'en lire d'autres, ça ne vous est jamais arrivé ? Pour moi par exemple :
  • Sans parler du chien de Wilkie Collins n'arrête pas de citer Jérôme K. Jérôme, Trois hommes et un chien
  • Hypérion de Dan Simmons basé sur le titre éponyme de John Keats
  • Le jeu de l'ange de Carlos Luis Zafon et Les grandes espérances de Charles Dickens

Zouck

Pierre Bottero, plus connu pour ses épopées fantasy, touche par ce roman à des problématiques plus contemporaines.  Il livre un très court texte, assez peu fouillé mais poignant de sincérité, sur des problématiques et risques liées particulièrement à l'adolescence et notamment l'anorexie.

Les héroïnes Anouck et Maiwenn, deux jeunes filles en fleurs, sont les meilleures amies du monde. Pourtant, confrontées aux perturbations de leur âge, elles sont sur le point d'être frappées par un mal être face auquel leur entourage est impuissant : l'une, très jolie et mature, fait les frais d'une mauvaise rencontre sur Internet, tandis que l'autre, passionnée de danse classique, tombe dans l'ivresse de l'anorexie après avoir surpris le commentaire désobligeant d'un professeur sur sa morphologie.

Le processus insidieux de l'anorexie est parfaitement exposé : d'abord le régime, puis, devant l'ivresse ressentie par l'impression de maîtriser complètement son corps (Zouck pense qu'elle danse mieux désormais), les restrictions toujours plus nombreuses, les stratagèmes mis au point pour moins manger. Puis viennent les premiers malaises, la prise de conscience (qui ne signifie en rien la volonté de guérir) et le lent chemin vers la stabilisation.
Le second atout de ce livre est de ne jamais être moralisateur, aucun personnage ne juge Zouck, tous essaient de la comprendre et de l'aider. Elle-même, une fois que son état s'est amélioré, montre le fait que le combat contre cette maladie est quotidien. Parallèlement à son histoire, se déroule celle de son amie Maïwenn. Son histoire d'amour, qui est davantage une histoire de manipulation, presque d'abus, illustre la fragilité des adolescents.
aussi :
La chair de l'araignée (BD)
XXL

jeudi 1 mai 2014

challenge nordique : la suite

Nous étions orphelins depuis que Myiuki a délaissé le challenge Cap au Nord pour d'autres activités littéraires, merci à Bouquinette qui prend la relève jusqu'en mai 2015 avec le challenge Littérature des pays du froid son nouveau titre et son nouveau, très beau logo.
Je me suis inscrite en Viking du dimanche (10 livres lus). Les auteurs doivent être originaires des pays ou régions froid(e)s suivantes. Il y a un bonus spécial pour ceux qui couvriront la totalité des destinations à explorer :
Norvège
Finlande : Arto Paasilinna, Petits suicides entre amis
Islande : Arni Thorarinsson, Le septième fils
Danemark : Andersen
Russie : Vladimir Fedorovski, Le roman de l'Orient express
Canada : Pierre Szalowski, Le froid modifie la trajectoire des poissons, Chrystine Brouillet, Le poison dans l'eau  une aventure de Maud Graham
Pays Baltes ( Estonie,  Lettonie,  Lituanie)
Groenland : Jorn Riel, La passion secrète de Fjordur
Alaska
Suède : Maria Ernestam, Les oreilles de Buster ; Camilla Läckberg, La princesse des glaces ; Per Olov Enquist, Le cinquième hiver du magnétiseur, Fredrick Backman : Vieux, râleur et suicidaire : la vie selon Ove

Bilan du challenge Cap au Nord (inscrite en bébé inuit : 3 livres) :
SUEDE : Henning Mankell, Le cerveau de Kennedy  ; Camilla Läckberg, Cyanure
ISLANDE : Audur Ava Olafsdottir, Rosa candida
bonus en NORVEGE : Laurent Obertone, Utoya