jeudi 15 mai 2014

Le menteur

Le peintre Oliver Lyon est maintenant un portraitste reconnu. Sans le sou, il a autrefois demandé en mariage la belle et sévère Everina qui l'a éconduit. Sa surprise est grande lorsqu'au cours d'un séjour dans la campagne anglaise, il la recroise chez des relations communes, mariée, mère et heureuse. Son époux, le colonel Clement Capadose, est un beau parleur fascinant, un menteur invétéré, un affabulateur pathologique. Encore amoureux, Oliver s'émeut de la souffrance que la duplicité de Capadose doit faire endurer à l'intégrité d'Everina. Manipulateur à son tour, il se met en tête de peindre le colonel et de réaliser le chef d'oeuvre qu'il présentera à l'Académie, le portrait de l'imposture qui dira tout de la psychologie de son modèle, en révèlera la hideur au monde et mettra sa femme dans l'obligation de prendre position.
J'ai vu venir le dénouement, la déconfiture attendue d'Oliver Lyon. La magie de l'écriture veut que mon empathie de lecteur soit allée au colonel et à son épouse, de la façon souhaitée par Henry James qui a choisi de les décrire estimés et appréciés dans les cercles indulgents qu'ils fréquentent. Le style me rappelle les romans de caractère d'Honoré de Balzac.

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