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vendredi 28 décembre 2018

L'auteur du mois...

Voyage en Islande sous la plume d'Arnaldur Indridason. NB : les islandais n'ont pas de patronyme, ils sont fils de (-son) ou fille de (-dotir). 
Les enquêtes du commissaire Erlendur Sveinsson [3]
Chaque histoire est l'occasion de dénoncer certains faits de société et notamment les violences faites aux femmes. En tant que policier, Erlendur est sans pitié, mais en tant qu'auteur également, la position d'Indridason est ferme. Il donne un vision dure, non édulcorée de son île, en proie aux démons de son passé, mais aussi aux problèmes liés à la mondialisation de l'économie.
Un challenge organisé par RizDeuxZz qui me permet de compléter la bibliographie d'Arnaldur Indridason [4] avec un emprunt en bibliothèque : ils n'avaient pas la suite logique, La voix, donc j'ai pris Etranges rivages.

J'ai préféré ce tome à tous les précédents mettant en scène Erlendur car il n'y fait pas figure de commissaire. Plus centré sur son passé, c'est une enquête sans en être une. Son idée fixe, rechercher la vérité sur les disparitions, est au centre de l'histoire. Eprouvant de temps à autre le besoin de se retirer loin de Reykjavic, il part errer sur la lande où il dort à la belle étoile ou bien dans les ruines abandonnées de la ferme autrefois occupée par ses parents. Il s'interroge sur sa responsabilité dans la perte de son frère cadet au cours d'une terrible tempête. En parallèle, il recherche les derniers contemporains d'une jeune femme portée disparue simultanément à tout un régiment de soldats britanniques heureusement rescapés pour la plupart. Loin de ses enquêtes habituelles, mais pas de ses préoccupations ni de ses manières, Etranges rivages livre quelques secrets du passé. De façon très collatérale, il découvre deux meurtres insoupçonnés survenus plusieurs dizaines d'années auparavant. 

* * *

La cité des jarres est le premier tome étonnant d'une série. Vient ensuite La femme en vert. Je ne le savais pas mais heureusement je préfère avoir commencé dans l'ordre chronologique.
La cité des jarres
Un meurtre a été commis dans un quartier de Reykjavik construit sur pilotis à l'emplacement d'un ancien marais. Holberg, la victime, a été assassiné avec un cendrier dans son salon. Etrangement, le meurtrier a laissé sur le corps un papier indiquant « je suis Lui ». L'intuition de l'inspecteur Erlendur, policier aux méthodes très personnelles, le pousse à chercher le mobile du crime dans le passé d'Holberg. Contre toute attente, l'enquête le conduit jusqu'au centre d'étude du génome, laboratoire de recherches sur le patrimoine génétique islandais.  
Lu le 27 juillet 2009_
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La femme en vert
Reykjavik prend de l'ampleur et s'étend sur les pentes de collines autrefois réservées aux résidences d'été et aux camps militaires. Dans un nouveau quartier en construction, des ossements indubitablement humains sont découverts dans le talus d'un chantier.
Dans ce second tome, l'inspecteur Erlendur continue à se débattre avec ses problèmes familiaux, une ex-épouse acariâtre qui refuse de lui adresser la parole depuis le divorce, un fils indifférent et une fille junkie et enceinte, qui l'appelle à l'aide mais le fuit.
Lu le 23 novembre 2011

La voix 

L'homme du lac
A la suite des tremblements de terre d'Islande en juin 2000, le lac de Kleifarvatn se vide peu à peu. Une hydrologue chargée de mesurer le niveau de l'eau découvre sur le fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l'homme du lac ? Erlendur et son équipe se voient chargés de l'affaire qui les amène à se déplacer dans le pays, pour le plaisir du lecteur qui apprend à découvrir un peu plus de l'Irlande et des Islandais à chaque nouvelle enquête. Elle les entraîne également hors des frontières, avec le programme d'échanges de jeunes communistes prometteurs avec certaines universités réputées de RDA sous contrôle de la police politique. Dans le contexte de la guerre froide et de la révolte populaire hongroise, le roman interroge, sans s'appesantir, la position islandaise dans les relations internationales. Par ailleurs, le climat familial d'Erlendur ne s'est pas allégé, entre ses deux enfants qui lui reprochent son divorce et conséquemment leur abandon : sa fille Eva Lind vit une histoire d'amour-haine avec lui, tandis que son fils Sindri Snaër, très proche de sa soeur, reste plutôt indifférent à son père.
Lu le 22 novembre 2017
* * *
Hors série
Betty vit avec Tozzi (Tomas Ottosson Zoëga), un armateur islandais qui a assis sa fortune sur les quotas de pêche. La jeune femme, très attachée au luxe qui l'entoure, a décidé de se débarrasser de lui avant qu'il ne révise son testament. Elle l'a convaincu d'embaucher un juriste spécialisé en droit maritime européen dont elle devient la maîtresse. La souricière pour deux personnes est tendue... dans l'attente de ses proies.

Les Diaboliques en version islandaise, Betty diffère un peu des autres romans écrits par Arnaldur Indridasson ; l'inspecteur Erlendur Sveinsson n'y fait d'ailleurs son apparition que par une courte allusion. Plus centré sur l'étude psychologique d'un personnage, il laisse peu de place aux évocations de l'Islande (sociale, économique...) qui habituellement m'intéressent. Mais l'auteur s'y révèle toujours aussi habile à maintenir l'intérêt. Le point pivotant du livre, au chapitre 18, est remarquablement imprévu !

Je ne regrette pas de m'être laissée convaincre par les commentaires élogieux d'Avenael et Philisine, des co-participantes au challenge nordique : Islande
Lu le 22 juin 2012

mercredi 10 février 2016

Värlik / Printemps - Automne


challenge des nombres : 5
Destination : SUEDE

La 5ème saison, dernière enquête de Malin Fors
Malin Fors pourrait filer le parfait amour avec Peter le médecin rencontré à la faveur des attentats (tome Printemps) si elle laisse tombé ses doutes existentiels et son sale caractère. Mais elle ne désarme pas d'une affaire irrésolue, le cas Maria Murvall (tome Hiver) qui focalise toute son attention et jusqu'à ses loisirs. L'existence d'une autre jeune femme muette internée à la suite d'un viol en forêt lui est signalé, juste avant la découverte d'un cadavre de femme mutilé selon toute apparence suivant le même schéma criminel. L'enquête l'oriente bientôt vers des personnalités en vue. Le Mal, à travers les violences faites aux plus faibles, femmes et enfants, omniprésent dans les romans policiers suédois pourrait presque faire penser qu'à côté de la Finlande, patrie du Père Noël, la Suède est celle du Grand Méchant.

Retour sur les épisodes précédents :

J'avais peu apprécié Automne de Mons Kallentoft. Malin Fors doit y démêler la mort - noyade ou meurtre - d'un homme antipathique. Elle même, avec ses problèmes d'alcoolisme et ses doutes, n'est pas un personnage agréable à côtoyer. Pourtant la série qui se déplace de la Suède à Ténérife, entre dans son troisième tome avec un succès non démenti. L'enquêtrice surdouée n'a pas son pareil pour le raisonnement par induction.
Lu le 12 août 2012

Une bombe posée en pleine place très fréquentée du centre ville de Linköping fait des dégâts mais peu de victimes. Malins Fors s'éloigne de la piste terroriste à laquelle tout semble mener. Elle est toujours immergée jusqu'au cou dans ses problèmes familiaux. J'ai l'impression récurrente que tout bon polar nordique ne peut se justifier sans un personnage plombé par un lourd passif socio-familial !
Lu le 5 août 2015

Printemps m'a plu bien davantage et m'a donné envie de lire Hiver et La cinquième saison qui poursuivent l'élucidation d'une même affaire. Maintenant, je pense que je vais compléter petit à petit la série et j'ai envie de lire Les anges aquatiques, le dernier paru.

samedi 16 janvier 2016

Les enquêtes du commissaire Erik Winter

Tome 6 - Le voile de Pierre
Je l'ai lu deux ans avant le tome 7, dans le cadre du challenge Un mot, des titres : pierre. Pour la traduction française du titre, j'aurais plutôt choisi Chappe de plomb, qui rend mieux compte de l'ambiance de ce polar, tant par le temps qui règne sur l'Europe du Nord que pour la morosité du commissaire Winter.  Il me semble déjà y reconnaître le style de l'auteur, une forme d'obsession : une intrigue basée sur les méandres du temps, les boucles que forme le passé avec le présent.
Lu pour le 14 janvier 2014

Göteborg, Suède, c'est le règne de l'été indien et le début d'une enquête casse-tête pour le commissaire Erik Winter. Sur un appel à l'aide d'une amie de longue date dont le père ne donne plus signe de vie, le flic suédois se voit contraint de filer en Ecosse afin d'y élucider la disparition du marin pêcheur au large des côtes calédoniennes. Le fait divers est d'autant plus troublant que le grand père du disparu s'est volatilisé soixante ans auparavant au même endroit dans des conditions similaires, durant une saison de pêche.
Le rythme est lent mais je ne m'y ennuie pas. Même les digressions sont intéressantes. Les deux affaires qui occupent Winter et Djanali sont très différentes. Il est toujours aux prises avec son débat intérieur, son engagement auprès d'Angela et leur fille Elsa, l'achat d'un terrain au bord de la mer pour y construire leur future maison, son appartement central dans Göteborg, sa mère, veuve et expatriée sur la Costa del sol...  De son côté, l'inspecteur Aneta Djanali originaire du Burkina Faso, s'intéresse à un cas complexe de violences conjugales quitte à raviver les plaies encore vives de son passé.


Tome 7 - Chambre numéro 10
Je suis contente de la découverte de cet auteur scandinave et de son commissaire Erik Winter (hiver en allemand), bien mal nommé puisqu'il ne rêve que fuite au soleil et douceur andalouse alors que Göteborg (capitale de la Suède) sombre peu à peu dans l'hiver : brume, nuit et pluie accompagnent son enquête sur le meurtre d'une jeune femme, maquillé en suicide.
Le roman réunit les ingrédients qui ont fait le succès d'Ake Edwardson, surnommé " le Simenon du froid " : un univers insolite, un suspense subtil et un art du récit qui l'a classé parmi les grandes révélations de la littérature scandinave. Avant dernier tome de la saga policière suédoise, Chambre numéro 10 pose une énigme policière en forme d'huis clos, spatial et temporel. 

En cette fin d'été indien, la police criminelle de Göteborg est appelée sur une scène de crime où une certaine Paula Ney a été retrouvée pendue dans la chambre numéro 10 de l'hôtel Revy. La thèse du suicide ne convainc guère le commissaire Winter qui s'aperçoit qu'il est déjà venu sur les lieux, dix-huit ans auparavant, lors de la disparition non résolue d'une autre jeune femme Ellen Börge. Persuadé d'être passé à côté d'un indice capital autrefois, un lien qui peut avoir son importance dans sa nouvelle affaire, il se penche de nouveau sur l'enquête du passé pour résoudre celle du présent, l'occasion pour lui de rétablir la vérité. A quelques semaines d'un congé sabbatique bien mérité, Erik Winter devra compter autant sur son équipe que sur ses souvenirs pour déterrer d'impensables secrets de famille et mettre fin à une série de meurtres plus horribles les uns que les autres.

samedi 9 janvier 2016

Challenge scandinave : version épurée du challenge nordique

Les pays qui entrent dans le cadre du challenge proposé par Chroniques littéraires pour 2016 sont les pays scandinaves  :
Drapeau Danemark DANEMARK
Drapeau Finlande FINLANDE
Drapeau Norvège NORVEGE
ILES FEROE

Il s’agit de lire des livres écrits par des auteurs nés dans les pays précités, ou de livres dont l’action se passe dans l’un de ces pays : romans, BD, livres jeunesse…
Mais aussi tout ce qui concerne la culture de ces pays : nourriture, comptes rendus d’expositions, de visites de monuments, de week-ends passés là-bas, les bons plans, les lieux insolites, les jeux, l’Histoire et la royauté des pays concernés.

ISLANDE
D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds de Jon Kalman Stefansson (LU en JANVIER)

SUEDE
Millenium, ce qui ne me tue pas de David Lagercrantz (LU en JANVIER)
La cinquième saison de Mons Kallentoft (LU en FEVRIER)

Les auteurs finlandais invités au Festival Est-Ouest de Die :
Riikka Ala-Harja (à lire : Un hiver aux Canaries, éd. Gaïa, 2012)
Katja Kettu (à lire : La Sage femme, éd. Actes Sud, 2014)
Jyrki Kiiskinen (à lire : Trois poètes finlandais, éd. du Murmure, 2011)
Leena Lehtolainen (à lire : Le lynx, éd. Hachette 2013)
Rosa Liksom (à lire : Compartiment N°6, éd. Gallimard, 2013
Martti Linna (à lire : Le royaume des perches, éd. Gaïa, 2013)
Ville Ranta (à lire : Sept saisons, éd. ça et là, 2013, Papa est un peu fatigué, éd. ça et là, 2013, L’Exilé du Kalevala, éd. ça et là, 2013)
Rax Rinnekangas (à lire : Le juif égaré, éd. Phébus, 2013)
Johanna Sinisialo (à lire : Le Sang des fleurs, éd. Actes Sud, 2013)

mardi 1 décembre 2015

Le challenge Destockage de PAL fête ses 1 an !

Pour l’occasion, Licorne et Zina proposent une session un peu particulière ! Du 1er décembre au 29 février, un seul livre à choisir en binôme dans la PAL de son partenaire… MAIS le choix entre 3 thèmes ! 
ORDRE DE MISSION :
Un hiver à la montagne
C’est Noël !
Avance dans une série

Vous devrez donc choisir dans la PAL de votre partenaire, soit un livre dont le titre évoque à l’hiver (glace, neige, pluie, montagne, etc), soit un livre qui rappelle Noël, soit un tome de série déjà commencée (donc au moins un tome 2). Et comme toujours, un code secret vous sera attribué comme nom de binôme ! Cette session : les expressions françaises.

A son invitation je récidive avec Amarüel bien que nous ayons lamentablement raté le challenge précédent toutes les deux avec un livre lu mais non chroniqué dans les temps.
Elle me propose La liste de mes envies (dans l'esprit de Noël) et ça me va bien car il est tout frais dans ma PàL (LU). Refusé par les organisatrices qui ont validé son deuxième choix, Camilla Läckberg. Pour elle, ce sera un tome 2 qui m'intrigue et dont le tome 1 lui a beaucoup plu : Le bâtard de Kosigan

J'ai commencé ma lecture en audiolivre car je fais un peu de route pour les fêtes !
La princesse des glaces   Grand Prix de la Littérature Policière - Etrangère 2008

Il s'agit du premier tome des aventures d'Erica Falck et Patrik Hedström à Fjällbacka, mais j'en ai déjà lu un autre (voir ci-dessous) et du coup j'ai en interférence certaines réminiscences perturbatrices. Malgré mon agacement pour certaines fautes de style et de niveau de langue (imputables à l'auteur ou à la traduction ?) et même si je désapprouve le choix de la voix de la lectrice, je me régale d'écouter plutôt que lire cette intrigue bien menée et entrecoupée des histoires de coeur, de famille et de jeunesse de l'héroïne (qui me restera peu sympathique à la fin du roman car je lui trouve plus de défauts que de qualités). Les petits secrets bien gardés depuis 25 années menacent d'éclater au grand jour et cela inquiète certains membres de la communauté de Fjällbacka. L'auteur excelle à traduire les tourments de vies faussement bien rangées. La solution viendra de l'inspecteur Hedström, bien mal appuyé par son supérieur (incompétent) et sa nouvelle fiancée (fouineuse envahissante).
Lu le 7 janvier 2016

Le tailleur de pierre
Troisième tome de la série
Lu le 13 mai 2015
Il m'a laissé un bien meilleur souvenir, mais je vais raccorder mes violons en lisant Le prédicateur

Cyanure
Alors que celui offert par My reste dans ma PàL, je viens d'avoir l'opportunité de découvrir le premier roman de Camilla Läckberg. Il s'agit d'un huis clos sur une petite île isolée du continent par une tempête.
Martin Molin, inspecteur à la criminelle, accompagne sa petite amie Lisette à une réunion de famille présidée par le patriarche : Ruben, patron à la retraite d'une multinationale qu'il a édifiée et dirigée d'une poigne de fer, a invité ses deux fils, belles filles et leurs enfants pour quelques jours de détente dans un gîte luxueux sur l'île de Valö face à Fjällbacka. Il leur prépare une annonce fracassante et a su ménager ses effets pour obtenir de son entourage un maximum de consternation. La présence plutôt providentielle de Martin vient à point nommé... pour résoudre l'énigme d'un double meurtre.

J'ai été un peu déçue par ce court roman et cette intrigue à la façon d'Agatha Christie, plus ébauchée que réellement développée. C'est gentiment mené mais ne m'a pas convaincue de la suprématie de celle qui est annoncée comme la nouvelle reine du polar scandinave.
Lu le 19 octobre 2013

vendredi 10 octobre 2014

Le journal d'un fou - Записки сумасшедшего

Tour du monde : RUSSIE
flag
J'ai franchi le pas de cette lecture attractive mais sans cesse repoussée grâce au livre audio (lecture de Jérôme Kircher). MP3 gratuit
Il y a plusieurs nouvelles dans ce recueil de Nicolaï Gogol dont celle qui donne son titre à l'ensemble. Le récit débute sous des auspices assez classiques, où Poprichtchine se présente comme un obscur employé de ministère dont la principale tâche, qu'il accomplit avec un sérieux de bureaucrate, est de toujours veiller à ce que les plumes soient bien taillées. Cela sent la critique sociale, d'autant que le narrateur semble pourvu d'un esprit assez caustique, et je m'attends donc un peu à une vision iconoclaste de la société tsariste, jusqu'à ce que Poprichtchine parte en promenade. Gogol commence alors à digresser sur le langage des animaux : des chiens capables d'échanger réflexions et commérages et même des courriers sur lesquels Poprichtchine voudrait bien mettre la main. Du coup, pour me raccrocher à quelque chose de connu, je penche pour le genre fantastique, comme Maupassant ou Mérimée ont pu l'illustrer.
Mais le récit s'enfonce loin de toute raison et au final Poprichtchine apparaît comme un fou authentique, un doux dingue, un rêveur innocent qui se prend pour l'héritier secret du Roi d'Espagne et attend les émissaires qui vont le mener au trône. En lieu de quoi ce sont des infirmiers qui le coffrent et il prend les traitements qu'il subit, notamment des bastonnades, pour des signes d'adoubement.
 « Messieurs, sauvons la lune car la terre veut s'asseoir dessus. » est son signe de ralliement.
Dépaysement garanti mais un style difficile à suivre, je me suis souvent sentie perdue et me demande si la lecture m'aurait permis de mieux m'y retrouver.

vendredi 14 février 2014

Utøya

Stieg Larsson, l'auteur de Millénium enquêtait sur les nationalistes de Suède dont il dénonçait les actions. Son journal avait reçu des menaces. Le roman est le fruit de son travail, à la fois oeuvre de fiction et compte-rendu de ses investigations de journaliste. J'avais été étonnée de découvrir un pays scandinave sous ce jour et non comme le champion libertaire que je présumais.

Laurent Obertone se penche sur les attentats commis par Anders Breivik le 22 juillet 2011, à Oslo et sur l'île d'Utøya et s'efforce de donner le point de vue du tueur, de suivre son schéma mental. Il s'appuie sur des documents authentiques : les rapports des secours, les témoignages, les minutes du procès et les 1500 pages du manifeste que le jeune homme a publié sur internet pour défendre la cause nationaliste en Norvège, avant d'entreprendre le massacre de masse qu'il a minutieusement mis au point, programmé et exécuté. Arrêté à 18h34, il a passé un peu plus d'une heure dans l'île où il a fait 77 victimes parmi les jeunes travaillistes réunis en congrès d'été et de nombreux blessés par balles, dans un état grave à très grave.

D'après Stéphane Bourgoin, le spécialiste des serial killer (d'ailleurs j'ai un son Livre noir dans ma PàL) : « Il nous faut louer le travail titanesque de Laurent Obertone et la minutie exceptionnelle qu'il a développée pour reconstituer le parcours authentique d'Anders Breivik et des drames d'Utøya, jusque dans ses moindres détails. »

De nouveau un livre qui fait date dans mes lectures, je le lis lentement pour m'en imprégner car s'il est dérangeant, il donne à réfléchir. L'auteur a mené une enquête minutieuse dont il fait part, laissant au lecteur le soin de juger. En revanche, je me suis lassée assez vite des rapports d'autopsie dans la première partie, qui interrompent le récit de façon lancinante.

challenge nordique : Norvège

dimanche 5 mai 2013

Le cerveau de Kennedy

COUP DE POING
Connaît-on réellement ses proches ? Louise Cantor qui a voué son existence à l'archéologie, vit depuis de nombreuses années en Grèce ; elle y entretient une relation amoureuse sans véritable engagement. De retour à Stockholm, elle est confrontée au décès de son fils Henrik qu'elle se réjouissait de retrouver. Refusant de croire à la théorie du suicide, elle décide de mener l'enquête de son côté et explore son appartement avec la même minutie qu'elle met dans son travail, pour s'apercevoir que des pans entiers de la vie de son enfant lui échappe. Une piste se dessine qui la conduit d'Australie en Afrique sur les traces du cerveau disparu de Kennedy. Cette énigme parallèle est surtout prétexte à évoquer la situation désespérée de certains pays, dont le Mozambique que Louise découvre à travers les intérêts d'Henrik.
Plus qu'un policier, il s'agit d'un thriller politique qui dénonce des atrocités, d'une façon qui m'a choquée mais m'a empêchée de m'émouvoir. Le roman met beaucoup de lenteur à démarrer et à se développer. En dépit de la révolte, tout semble englué dans une sorte d'apathie qui ressort aussi de la vie de Louise. Elle ne fait qu'entrapercevoir la vérité sur son fils, sur ses propres attentes aussi et le roman s'arrête là où la vie reprend un peu de ses droits. Ouf me suis-je dis en refermant ce livre dérangeant, tout comme la photo de couverture que je comprends mieux maintenant.
Il m'a fallu presque un an de gestation pour ce billet inscrit dans le cadre du challenge nordique (Suède), mais je m'y suis fourvoyée comme dans L'homme chauve-souris de Jo Nesbo qui se déroule en Australie ; le dépaysement a été néfaste à mon ressenti : j'avais envie de neige plus que de canicule sans doute...

mercredi 1 mai 2013

Challenge Cap au Nord

Organisé par Myiuki22 à la suite du challenge nordique :
Mordue de littératures « venues du froid », je me suis dit qu’il serait intéressant de partager ma passion pour ces auteurs souvent méconnus et de découvrir de nouveaux romans grâce à des lecteurs souhaitant s’initier ou développer leurs connaissances en matière de littératures nordiques …


Le principe est simple : lire autant de livres que possible dont l’auteur est originaire d’un des pays suivants : outre les cinq pays du premier challenge : Norvège, Suède, Finlande, Islande et Danemark, il s'étendra à la Russie, au Canada, aux Pays baltes (Lettonie, Lituanie, Estonie), au Groenland et à l'Alaska.
Il débutera le 1er mai 2013 pour un an. S'inscrire ou déposer un lien
Pour démarrer, je suis Bébé Inuit : de 1 à 3 livres à lire

jeudi 21 février 2013

L'envoûtement de Lily Dahl


challenge 50 états, 50 billets
Minnesota

Lily Dahl a grandi à Webster dans le Minnesota. Ses parents sont partis vivre leur retraite au soleil de Floride. Elle est restée et travaille comme serveuse avec le projet de mettre de l'argent de côté pour partir un jour ailleurs. On ne sait pas trop s'il s'agit de payer ses études ou plutôt simplement de s'évader d'un cadre géographique et social trop étroit pour ses rêves. Jolie, courageuse et ambitieuse, elle a pour modèle Marilyn ;  le jour, elle sert les célibataires qui fréquentent l'Idéal-Café, mais le soir après le travail, elle répète avec une troupe amateur, qui tente de son mieux d'incarner le Songe d’une nuit d’été. Son désir d'actrice parvient même à gagner en crédibilité lorsqu'elle se met à suivre les conseils avisés de Mabel, sa voisine de palier, une vieille dame exquise et cultivée, ancien professeur inexplicablement venu finir sa vie dans ce patelin reculé.

La vie pourrait s'annoncer tranquille, mais on sait déjà que le destin de Lily ne sera pas banal. Dans l'hôtel de l'autre côté de la rue, un homme captive son attention. Son univers, son aura d'étranger et le mystère qui entoure sa venue l'attirent :  Edouard Shapiro est peintre, célèbre et de dix ans son aîné. A force de l'épier le soir depuis sa fenêtre, elle décide de le séduire. Elle y parvient sans peine, mais l'homme n'est pas exclusif. En parallèle, des phénomènes étranges avec lesquels Lily semble avoir un lien inexplicable, viennent alimenter les conversations. Tous les secrets de la ville semblent entrer en résonance et Ed, objet de convoitise autant que de suspicion, traduit en tableaux les confidences qu'il suscite de ses modèles. La tension monte autour de la trop jolie Lily qui aime jouer avec le feu.

Avec un fort pouvoir d'évocation, Suri Huvstedt dresse un portrait sans ménagement de la population de ces petites bourgades de l'Amérique profonde, où la vie d'autrui est l'objet de toutes les attentions et où les journaux se font l'écho des commères de quartier. Dans ce contexte, le personnage solaire de Lily Dahl tranche. Cette toute jeune femme de 19 ans découvre la vie avec sensualité et gourmandise, avec les élans, les témérités et les doutes de la jeunesse. Au sortir de l'adolescence, elle est attendrissante dans sa volonté de s'affirmer, de vivre, y compris à risque. Elle s'engage bille en tête à résoudre les énigmes qui se posent à elle, tramant sa vie de mystère. En dépit de la lourde ambiance malsaine qui flotte autour d'elle, sa curiosité et sa vitalité l'entrainent toujours plus loin et rien ne la rebute pour découvrir la vérité sur les comportements mystérieux de Martin, son condisciple sur les bancs de l'école ou des frères Bodler, des ferrailleurs aussi repoussants qu'inquiétants. Mais lorsque la ligne de démarcation entre superstitions et réalité devient floue, les apparences peuvent être doublement trompeuses.

A la ville, Suri Huvstedt est Mme Paul Auster.

50 états Webster, MINNESOTA

jeudi 14 février 2013

Contes traditionnels de Scandinavie

challenge nordique 7/5

Texte intégral d'un des contes :

Le lièvre qui avait été marié
Où le lièvre, pour une fois, a le dernier mot sur le renard (Norvège)

Dans un pré, un matin, un lièvre cabriolait dans la rosée, en chantant des refrains.
Un renard qui rentrait d'inspecter ses poulaillers s'arrêta, intrigué, et se décida à lui demander :
- Qu'est-ce qui t'arrive, frangin ? Te voilà aussi agile que l'écureuil, notre cousin !
- Je suis heureux, je suis heureux ! J'ai été marié. La vie est belle !
- Ah, ça c'est une bonne nouvelle !
- Ah non, pas si bonne que ça ! La drôlesse était laide comme une sorcière, méchante, sans manières. Une vraie trollesse !
- Si c'est comme ça, en effet, c'est plutôt mauvais pour toi.
- Pas si mauvais, remarque, parce qu'elle était riche ! Elle possédait des forêts avec des clairières sous la lune, des champs qui n'étaient pas en friche et, par-dessus tout, une chaumière où elle lisait les runes !
- Ca, pour le coup, c'est vraiment une bonne nouvelle !
- Ben, pas si bonne que ça justement, car la chaumière a flambé !
- Ah, ça c'est embêtant pour toi.
- Pas embêtant pour deux sous, gamin ! Car ma femme était dedans, et je n'en suis pas chagrin !

Tout est dit dans ce texte : pourtant on ne fait pas assez attention, dans la hâte de lire, aux détails qui annoncent la chute.

Le recueil contient une quinzaine de ces contes, souvent drôles, parfois émouvants, toujours instructifs, qui racontent des vérités sur l'âme humaine.
Entre Norvège, Suède, Danemark et Islande, une carte illustre l'aire de propagation de ces histoires du patrimoine oral (je préfère à folklorique) mettant en scène trolls, lutins, elfes, géants, dieux, fées, sorcières et princesses …mais aussi un plus étonnant enfant-hérisson, une femme-otarie et des marins,  paysans, marchands ordinaires.
Je découvre par exemple, avec un conte danois très populaire : Le moulin au fond de la mer, une version différente de celle racontée par Irène Frain pour expliquer pourquoi la mer est salée.


Si nous connaissons pour la plupart tous les contes des frères Jacob et Wilhelm Grimm ou de Hans Christian Andersen, la fin du dix-neuvième siècle voit les pays scandinaves amorcer un mouvement de redécouverte de leurs trésors de l'oralité, sans équivalent dans l’histoire européenne, qui produit de multiples recueils d’une valeur et d’un intérêt souvent équivalents à ceux de leurs illustres contemporains. Certains de ces ouvrages bouleversent des générations de lecteurs et d’auditeurs, telle la sélection d’Asbjornsen et Moe, considérée par les Norvégiens comme l’un de leurs textes fondateurs… Une courte postface fait un point rapide mais utile sur cette question.

à lire : La Saga du Vinland ou Récit des Groenlandais (ce n'est pas la première fois que je le croise et que je le note)

jeudi 20 décembre 2012

Une enquête de l'inspectrice Fredrika Bergman

Drapeau Suède Suède
La fille au tatouage - Tusenkönor
Le titre - ou plutôt sa traduction française - est sans doute le seul point faible de ce livre. Pour le reste, l'histoire démarre au quart de tour, avec l'agression d'un petite fille un après midi d'été dans la propriété familiale en Suède, la situation d'angoisse croissante vécue par une jeune femme en voyage en Asie du Sud-Est et le décès d'un couple bien sous tous rapports dans leur appartement cossu du centre de Stockholm. Trois fils de l'intrigue dont le lecteur pressent bien évidemment qu'ils vont se rejoindre mais dont il met une partie du roman à comprendre les liens stupéfiants.
Invités à dîner, Sven et Leslie découvrent les corps sans vie de leurs amis, Jakob et Marja Alhbin. Les deux couples se fréquentent depuis le plus jeune âge de leurs enfants et le couple met immédiatement en doute la lettre d'adieu où Jakob explique son geste par l'annonce de l'overdose fatale de leur fille aînée. L'enquête est confiée à la brigade criminelle de la police de Stockholm, dirigée par Alex et dont l'équipe, assez hétérogène, n'entretient pas les meilleurs relations du monde. 
Ce second roman voit revenir des personnages récurrents déjà présents dans le premier titre de l'auteur. Cette fois, le personnage central est Fredrika Bergman, une inspectrice qui vient du privé et a rencontré des difficultés à s'intégrer. Kristina Ohlsson prend le temps de faire évoluer ses personnages, de montrer leurs faiblesses, leur mode de fonctionnement, si bien qu'à la fin, même les crapules les moins attachantes deviennent intelligibles.
Le suspense est un peu mené à la façon de Betty d'Arnaldur Indridason, avec une mystification de départ excellemment entretenue de bout en bout du roman et quelques omissions. Au fur et à mesure de l'intrigue, l'ensemble des personnages appelés sur les lieux prennent leur place dans l'implacable engrenage qui lie les évènements à quinze ans de distance. Sur fonds de flux migratoires, de réfugiés clandestins et de trafic humain, je n'en fini pas de découvrir la complexité des comportements des Suédois face à l'immigration et au racisme ; d'autres lectures en plus de me divertir, m'ont éclairée et instruite : Millénium mais aussi par exemple, Sur la tête de la chèvre.

Un partenariat Livraddict et Michel Lafon que je remercie

mercredi 28 novembre 2012

Lecture commune

challenge nordique : Finlande  5/5

Rappel du lancement le 11 août 2012 :
Comme j'adore les titres de Paasilinna... et que je viens d'emprunter Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison, j'en propose une lecture commune dans le cadre du challenge littératures nordiques de Myiuki22.
Pour laisser à tout le monde le temps de se le procurer et de le lire, la date proposée pour la publication des billets est le 1er septembre 2012.
Les inscriptions se font en commentaire :
Myiuki
Sharon
Piplo
EmmaDorian
XL (lanterne rouge).

Suite au mois de septembre :
J'ai fini par le lire après bien du retard et des péripéties : obligée de le rendre à ma bibliothèque pour cause de déménagement organisé un peu dans la précipitation, j'ai réussi à le trouver et à l'emprunter dans ma nouvelle bibliothèque (je ne reste jamais bien loin d'un abonnement !!)
Je n'en ai pas encore rédigé de commentaire car l'ordinateur familial est toujours en voyage entre les deux destinations (de départ et d'arrivée) mais devrait être en approche... mais la lecture m'a enchantée, transportée et j'en passe : du très très bon Paasilinna pour ceux qui aiment ou ceux qui ont apprécié l'épopée d'un autre auteur scandinave Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.
Fin (publication du billet) j'espère bientôt

mardi 7 août 2012

Le mystère du quatrième manuscrit

Surfant sur la vague du succès de Millénium - la trilogie de Stieg Larsson prématurément disparu - Guillaume Lebeau se livre à une enquête de terrain sur la genèse de l'oeuvre inachevé (une série de 10 tomes était prévue d'après les proches de l'auteur).
Il interroge les professionnels qui ont travaillé avec Stieg Larsson et tente de consolider l'hypothèse de l'existence dans les " cartons " d'un ultime opus posthume. Accompagné d'un photographe, il remonte la piste de tous les lieux décrits avec plus ou moins de précision dans la trilogie, à Stockholm et dans la campagne suédoise. Il se penche sur la vie du journaliste et sur celles de ses personnages principaux, Mikael Blomqvist et Lisbeth Salander, qui semblent avoir accédé à une existence à part entière depuis que le public s'est emparé d'eux.
Si Lisbeth Salander est une autiste asociale et surdouée qui incarne à elle seule tous les torts qui peuvent être faits aux femmes, il ressort que l'auteur a mis beaucoup de son idéal journalistique dans son pendant masculin, Mikael Blomqvist. Réputé au niveau européen comme spécialiste de l'extrême droite scandinave, une expertise acquise par des recherches auxquelles il a consacré sa vie, Stieg Larsson a été un activiste actif contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme.
J'ai trouvé cet ouvrage un peu superfétatoire, quand la masse d'informations contenue dans Millénium se suffit déjà à elle même : son excuse est de montrer clairement qu'il est l'oeuvre d'un immense fan, déçu comme des milliers de lecteurs, de devoir renoncer à jamais connaître la suite qu'avait prévue l'auteur.
Pour revenir sur l'évidence que souligne Guillaume Lebeau, le malaise d'une société en décalage par rapport au modèle démocratique qu'elle offre à l'Europe et qui s'accommode mal de son histoire récente, c'est vrai que j'ai été surprise par la réalité suédoise dès le premier tome Les hommes qui n'aimaient pas (haïssaient en VO) les femmes, mais là encore je trouve qu'il vaut mieux lire l'original que ses commentateurs.
Surtout pour les inconditionnels qui ne peuvent pas faire le Millénium Tour par eux mêmes !
challenge nordique  4/5

dimanche 1 juillet 2012

Le vieux qui... / Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann

Coup de coeur
Suède
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est une lecture commune proposée par Miukyi qui s'inscrit dans son challenge lectures nordiques   3/5       
Il m'a permis de découvrir une nouveauté de la bibliothèque qui, sans cela, n'aurait peut être pas retenu mon attention... la couverture, qui s'explique au fil du texte, est de celles qui m'agacent !


En dépit de son grand âge, Allan Karlsson n'est pas le vieillard tremblant qu'il paraît au début du roman, quand il quitte par la fenêtre la chambre de sa maison de retraite où un goûter d'anniversaire l'attend pour ses 100 ans. Comme les truculents personnages secondaires, c'est un être attachant et vraisemblable, en dépit d'aventures qui ne le sont pas. Je retrouve un peu la manière d'Arto Paasilinna, mais avec un style qui, a mon goût, se lit plus facilement.
L'histoire alterne entre le riche passé d'Allan et le présent où des comparses improbables s'agrègent à son escapade. L'un est traité en décennies et survole des pans entiers de l'Histoire, biaisés par les interventions incongrues d'Allan, et l'autre en jours, à compter du 2 mai 2005, date du centenaire de la naissance d'Allan, mais aussi celle où il choisit de se faire la belle et de se transformer en fugueur, puis en fuyard. L'enquête policière, qui sert à rythmer le récit, n'avance guère, entre un inspecteur taciturne et un procureur arriviste, mais sans aucune inspiration.

A travers son personnage principal, un centenaire encore vert et très lucide, Jonas Jonasson raconte une épopée qui est celle du XXème siècle. Journaliste, comme l'auteur de Millénium, il est tenté de s'attarder sur l'histoire politique - suédoise et internationale - mais il ne s'étend jamais sur le sujet puisque son personnage s'en désintéresse complètement et traverse les évènements de façon prosaïque sans s'émouvoir ni s'encombrer de philosophie ou d'idéologie ; ses préoccupations sont manger, boire, dormir (victime d'un programme de stérilisation, il n'est pas intéressé par le sexe).

Ce livre a été beaucoup comparé et je ne vais pas déroger à la règle, sauf que pour ma part, il m'a fait penser à Voltaire et aux errances du personnage de Candide ou l'optimisme.

Un sujet et un traitement originaux qui m'ont séduite outre mesure ! Voilà un exemple de vision géopolitique déformée et d'humour noir qui font le style de l'auteur :
Le pétrole enrichissait scandaleusement à la fois l'Iran et l'Angleterre. Enfin, surtout l'Angleterre, à vrai dire, mais ce n'était que justice, puisque, après tout, la seule contribution de l'Iran dans l'exploitation du pétrole était une main d'oeuvre bon marché. Et la matière première, bien sûr.

samedi 14 avril 2012

Challenge nordique

Bon je craque et recraque encore pour un challenge : puisque j'ai envie de m'initier davantage à ces auteurs nordiques et qu'un an c'est un bon timing pour moi... comment mieux le faire qu'en partageant ses lectures et découvertes ?
Je me sens aventurière... je m'inscris donc spontanément en niveau 2 (après coup j'ai calculé que ça fait un livre par pays c'est jouable !)
Les inscriptions se font chez Myiuki
Mordue de littératures « venues du froid », je me suis dit qu’il serait intéressant de partager ma passion pour ces auteurs souvent méconnus et de découvrir de nouveaux romans grâce à des lecteurs souhaitant s’initier ou développer leurs connaissances en matière de littératures nordiques. Tous les genres sont acceptés, le seul but est de se faire plaisir.
De nombreuses propositions de lectures chez Prune.
Le principe est simple : lire autant de livres que possible dont l’auteur est originaire d’un des pays suivants ...
-    Norvège
-    Suède
-    Finlande
-    Islande
-    Danemark
Les catégories :
Pêcheur d’Islande : niveau découverte, de 1 à 3 livres à lire
Aventurier des fjörds : niveau connaisseur, de 3 à 5 livres à lire
Explorateur du Grand Nord : niveau expert, plus de 5 livres à lire
La durée : 1 an, soit du 1er avril 2012 au 1er avril 2013.

vendredi 26 août 2011

Rosa candida - Afleggjarinn

La fin prochaine du challenge nordique me force à terminer enfin le billet relatif à cette lecture commune de Rosa Candida d'Audur Ava Olafsdottir pour l' Islande en LC  avec Val (+) Lucie (+) et Canel

Le roman, largement plébiscité sur les blogues, a reçu une douzaine de prix et sélections littéraires, pourtant je ne réussissais pas à m'en emparer, en très grande partie à cause de la couverture (j'ai toujours la même réaction de rejet face à cet éditeur Zulma), mais en plus, je trouve toutes les couvertures plus moches les unes que les autres ! un florilège de repoussoirs...
Dans ce texte, c'est une rose primitive à huit pétales qui vole la vedette aux personnages humains. Pourtant, j'ai eu bien envie de m'intéresser au jeune Arnljótur, libéré de ses liens familiaux (un frère autiste, un père octogénaire) par la mort accidentelle de sa mère adorée. Je me suis interrogée sur le tracé énigmatique de son parcours sur le continent (je n'ai toujours pas deviné le pays de son séjour dans la forêt par exemple) et sur sa destination finale insolite, une ancienne roseraie au coeur d'un couvent loin du monde (dans une ville des Balkans ?). Au milieu des fleurs, dans la compagnie d'un moine cinéphile et philosophe, c'est pourtant à une éclosion d'un autre genre que l'auteur nous invite : père de hasard d'une petite Flòra Sòl, née d'une étreinte furtive avec Anna, dans la serre familiale où sa mère cultivait ses roses avec amour, il donne plus de soins aux boutures qu'il emporta dans ses bagages ou aux massifs de roses rares qu'il ressuscite qu'à la mère et la fille venues le rejoindre sans qu'il n'ait rien demandé, ni promis ; bon gré, mal gré, le sentiment de paternité se fait peu à peu une place dans sa vie.

mercredi 27 avril 2011

L'homme chauve-souris

Je m'étais lancée dans la lecture de policiers du monde entier et j'étais assez impatiente de découvrir l'inspecteur Harry Hole, un personnage récurrent créé par Jo Nesbø. L'homme chauve-souris constitue la première apparition du policier norvégien et a valu à son auteur le Glass Key Award en 1998 (prix suédois du meilleur roman policier nordique de l’année qui a également récompensé Stieg Larsson, Henning Mankell et Arnaldur Indridason). Ses aventures se poursuivent dans Les cafards, puis Rouge-gorge, Rue sans-souci, Le bonhomme de neige... Le léopard. La lecture de ce roman m'a été conseillé par Petite Fleur dans le cadre du circle ABC 2011.

L'enquêteur est envoyé par la police criminelle norvégienne en Nouvelles-Galles du Sud pour élucider la mort d'Inger Holter, une jeune compatriote, retrouvée violée, étranglée et jetée du haut d'une falaise. Dès son arrivée à Sydney, il se voit adjoindre Andrew Kensington, un inspecteur local d'origine aborigène.
Alors que la police australienne ne se voulait pas très coopérative, les deux hommes vont trouver un terrain d'entente. Andrew Kensington, en dépit de sa réussite sociale et d'un savoir encyclopédique sur l'histoire de ses ancêtres, vit mal sa double culture. Harry Hole, lui, est en rupture de ban avec sa hiérarchie.
Trentenaire, célibataire, ancien alcoolique, c'est un personnage blessé - mais non blasé - qui traîne le poids du remords : décès de proches, erreurs professionnelles et histoires d'amour difficiles. La plongée dans le bush, le dépaysement et le choc des cultures vont servir de révélateur et faire ressortir ses démons :  pensées obsessionnelles, mauvais penchants et un rapport aux femmes qui est loin d'être simple. L'espoir et l'angoisse alterneront jusqu'au chaos final.

Du côté de l'intrigue, les meurtres se multiplient et les soupçons portent bientôt sur le monde interlope de Sydney, sa vie nocturne, ses dérives. Grâce à Andrew,  Harry croise l'inquiétant Toowoomba et pénètre le monde des légendes aborigènes. La construction du suspense s'articule autour d'une mythologie fondatrice où l'amour et la mort (Walla le guerrier/Moora la belle/Bubbur le méchant) se livrent un combat sans issue : " L'amour est un mystère plus insondable que la mort ". L'ancrage dans la culture aborigène donne lieu à de très belles scènes d'un point de vue dramatique, mais fait passer la crédibilité de l'enquête au second plan.
L'enquête amène Harry Hole à se pencher sur l'histoire de l'Australie : la découverte de ce pays de démesure, à la fois neuf et ancestral, me semble le véritable prétexte du roman. Jo Nesbø rappelle l'arrivée des premiers colons, prisonniers, bagnards, criminels, qui fondèrent l'espoir d'une nouvelle société, le rejet initial des indigènes, puis les diverses tentatives d'intégration, la confrontation du puritanisme anglais et de l'esprit de liberté. L'auteur tente une approche contrastée de la société australienne qui n'est pas sans prosélytisme en faveur des populations noires, spoliées dans la construction de la nation actuelle et incarnées, de façon assez manichéenne, par Andrew/Toowoomba. Les digressions, supposées engendrer et asseoir le fantastique, nuisent à la trame narrative et le propos moralisateur, bien que défendable, dessert finalement le roman.

Une bonne chose à porter au crédit de ce roman par ailleurs insatisfaisant : il m'a donné envie de partir à la rencontre de la culture aborigène. Pour vraiment comprendre la genèse de leurs légendes, je vous recommande Le chant des pistes de Bruce Chatwin