mardi 31 mai 2011

Une étude en rouge

Il y a quelque temps, dans le cadre du swap RED, je cherchais des policiers respectant la consigne de base : le mot ROUGE devait apparaître dans le titre. Je suis tombée très rapidement sur ce petit roman de sir Conan Doyle dont la version intégrale est disponible en ligne sur ebooks. Ceci est une lecture commune avec Sofynet du blogue J'suis pas super Mam'.

Une étude en rouge est référencé comme la première oeuvre de sir Arthur Conan Doyle, publiée en 1887 dans un journal. Elle retrace la rencontre initiale et dresse les portraits physiques et psychologiques de Sherlock Holmes et de son inséparable faire-valoir, le docteur John H. Watson : l'ex-médecin major revenu de campagne militaire malade, affaibli et impécunieux est présenté au détective qui recherche un colocataire discret pour partager son appartement. En dépit (ou en raison) de leurs extrêmes divergences de caractère, l'un est ouvert et naïf, observateur et méticuleux, l'autre est vif et fantasque, plutôt pédant et misanthrope, ils emménagent ensemble au désormais célèbre 221 Baker Street.

Enoch J. Drebber, un citoyen américain, est retrouvé mort, sans trace apparente de blessure ou de lutte, dans une villa inhabitée au 3 Lauriston Gardens, un sinistre quartier excentré de Londres. Le policier appelé sur les lieux ne trouve aucune piste susceptible de mener au meurtrier ; pire, il ne tire aucune conclusion du mot Rache ! (vengeance en allemand) tracé sur le mur. Lestrade et Gregson, les limiers de la police métropolitaine, soupçonnent et recherchent Joseph Stangerson, le secrétaire particulier de Drebber, mais l'homme est retrouvé assassiné également. Dans l'impasse, Scotland Yard sollicite l'aide de Holmes, partisan de la déduction d’après des faits scientifiques, par opposition aux anciennes méthodes basées sur les témoignages, la réputation des suspects et des études de voisinages sujettes à caution. Le détective-consultant en profite pour faire à un Watson ébloui et bon public, une éclatante démonstration de la supériorité de sa méthode basée sur le raisonnement à rebours : par l'observation, il se charge de récolter les indices et les preuves matérielles, de les mettre en cahérence par l'analyse et de les confronter aux témoignages, afin d'émettre une hypothèse vérifiable et enfin de confondre le coupable par un stratagème.

La construction du récit, à ressort, est subtile et surprenante. L'enquête se déroule sur trois jours : le récit est découpé en deux parties distinctes. La première " rédigée d'après les souvenirs personnels de Watson " fait état de ses observations et de son témoignage dans la résolution de l'énigme. La seconde " Au pays des Saints " est un récit qui crée la surprise et déroute le lecteur : l'action, antérieure d'une trentaine d'années, se déroule aux Etats-Unis au sein d'une communauté mormone, ce qui donne à l'auteur l'occasion d'une sorte d'étude de moeurs critique.
Un homme et une petite fille, perdus dans le désert et mourants, sont recueillis par une caravane de Mormons. Ils en acceptent l'hospitalité, sans partager leur foi, s'installent avec eux au coeur de l'Utah et participent à la construction de la ville de Salt Lake City. John Ferrier devient vite un fermier prospère et Lucy, une belle jeune fille, bientôt convoitée par plusieurs membres parmi les plus influents de la communauté. Mais elle souhaite épouser Jefferson Hope, un jeune homme de l'extérieur et obtient l'accord de son père adoptif. Les Anges de la vengeance, qui menacent de frapper quiconque désobéit aux ordres du Prophète, exécutent alors le châtiment prévu. Lucy est mariée de force et ne survit pas à son désespoir. Baffoué, laissé pour mort, Hope se jure de ne connaître ni trêve ni repos sa vie durant, tant que les artisans de son malheur n'auront pas payé.

J'ai passé un très agréable moment avec ce roman qui dévoile les fondements intellectuels de la fameuse méthode d'investigation mise au point par le précurseur des détectives modernes. Erudit autodidacte et sélectif (il possède alors un savoir encyclopédique), chercheur passionné (chimiste, il a mis au point un moyen de révéler les traces de sang effacées), enquêteur minutieux et patient (armé de ses accessoires emblématiques : le mètre ruban et la grosse loupe), Sherlock Holmes entrouvre les portes de la psychologie criminelle (études comportementalistes), de la police scientifique et de la médecine légale. Parmi ses successeurs et prétendants à l'usage raisonné des " petites cellules grises " j'ai une tendresse particulière pour les manies d'Hercule Poirot (Agatha Christie).

lundi 30 mai 2011

Nouv'elles

S/L dont la beauté de femme fatale, le talent et la voix inoubliable lui ont valu le surnom " La Sublime " a été la vedette de cinq films aux registres totalement différents, avant de disparaître définitivement lors d'un enlèvement en plein tournage place Navone à Rome. Chacun des deux frères Leyvassent l'a approchée : Luc, présentateur vedette du journal télévisé en a réalisé une interview méprisante, avant de se faire humilier en direct et dès lors, lui a voué une haine farouche qu'il tente d'exorciser dans l'écriture d'une biographie scandaleuse ; Jean Etienne, le narcissique J.E. éditeur et commanditaire du roman, a vécu son histoire d'amour par procuration avec Valentine Maques, une infirmière croisée par hasard dans le métro et qui ressemble à la star disparue. Claude Trevidic, un ténor du barreau parisien, qui ne se sent bien qu'en travesti et en compagnie des femmes qui aiment les femmes, a été l'avocat de l'actrice et son exécuteur testamentaire. Tous ces personnages, qui se croisent sans se reconnaître, ont en commun le souvenir d'une terrible journée sur l'île bretonne de Houat.

Le titre est trompeur qui fait s'attendre à des nouvelles, là où les douze séquences apparemment autonomes de l'histoire, déclinées en des styles aussi divers que le poème, le conte, la nouvelle, le courriel, la lettre, le synopsis... s'enchaînent en une suite romanesque ayant pour fil conducteur, sur plusieurs décennies, le destin tragique et interdépendant de femme(s) énigmatique(s) et de personnages en perdition/en quête d'amour.
Jacques Attali s'est exprimé, avec un égal succès, dans de nombreux genres littéraires : essai, roman, théâtre, scénario... qu'il combine dans la présentation originale de ce roman.
Dans ce grand théâtre des vanités humaines qui constitue le lieu commun des mondanités parisiennes, des couples se font puis se défont, composant une peinture de la haute société contemporaine où règnent le meurtre, la dépravation, l'ennui, la frénésie d'honneur et d'argent, mais où l'auteur ose poser la seule question véritablement universelle : l'amour peut-il tout sauver ?
pour écouter les extraits d'une version enregistrée

dimanche 29 mai 2011

Princesse Sara

Frances Hodgson Burnett est l'auteur du roman Le petit Lord Fauntleroy qui a enchanté plusieurs générations depuis la fin du XIXème siècle, même s'il n'est plus très à la mode. Elle a également écrit La petite princesse, plus connue en France sous le nom de Princesse Sarah depuis qu'elle a fait l'objet d'une adaptation manga à la télévision. Ma fille, qui tenait absolument à ce que je le lise, m'a piégée avec la BD inspirée du roman.
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Les albums imaginés par Audrey Alwett et Nora Moretti se situent au carrefour entre la version télévisée des années 80 et Fées et tendres automates, un triptyque de Téhy à découvrir absolument si ce n'est pas déjà le cas. Ils reprennent la trame de l'histoire, qui se déroule dans le Londres victorien, mais en version résolument steampunk : dirigeables, automates, engrenages... Les dessins sont de toute beauté et font merveille pour susciter l'imagination, par la richesse des costumes et l'exubérance des décors à tendance orientalisante.
Sur l'échelle imaginée par A. C de Haenne (technologie uchronique, dirigeables, automates, goggles, machines à vapeur, savant(s) fou(s), ère victorienne, métal riveté, engrenages, manomètre), je lui donne un 5/10.

Tome 1 : Pour une mine de diamants
Sara est la fille unique, tendrement aimée du capitaine Ralph Crewe, le petit fils de l'inventeur des LiveDolls, des automates de service et de jeu. De mère française décédée peu après sa naissance, elle a toujours vécu en Inde avec son père, qui veut lui faire rejoindre le pensionnat de jeunes filles londonien de la sinistre Miss Minchin afin d'y parfaire son éducation de jeune lady. Le luxe qui l'entoure suscite l'admiration des unes et la jalousie des autres, dont la directrice, mais la simplicité de la jeune fille et ses excellents résultats font d'elle la coqueluche du pensionnat. Hélas, son père adoré, qui a investi sa fortune dans des mines de diamants recommandées par un ami, meurt ruiné, de fièvres et de désespoir.

Tome 2 : La princesse déchue
En apprenant que Sara est désormais seule au monde et sans le sou, Miss Minchin retourne sa rage contre la pauvre orpheline. Elle entend lui faire payer les humiliations passées, l'accable des tâches les plus rudes et des privations les plus injustes, pour faire ployer sa fierté. Mais Sara, obligée de travailler durement pour garder sur sa tête le toit de sa mansarde, garde classe et dignité en dépit des circonstances et continue à se raconter des contes de fées où elle reste la princesse de ses rêves. Seule l'amitié de Becky, la fille de cuisine et de deux autres pensionnaires, la petite Lottie de quatre ans et Ermengarde, lui permet de supporter la dureté de sa nouvelle vie. Un mystérieux inconnu venu des Indes, où Sara vécut une enfance insouciante et heureuse avant le pensionnat, s'installe dans la maison voisine.

Tome 3 : Mystérieuses héritières
Ram Dass est au service de Mr Carrisford qui est justement à la recherche de l'héritière Crewe. Carmichael, son chargé d'affaires est sur une piste à Moscou : Dorothy C(a)rew, ruinée par un père peu scrupuleux, a dû se mettre au service d'une riche famille anglophone. Elle est heureuse de pouvoir profiter de l'occasion qui s'offre à elle pour retrouver luxe et confort. Mais trop d'incohérences suscitent le doute chez Carmichael qui démasque l'usurpatrice. Pendant ce temps, son fils James et Ram Dass conspirent à égayer la vie de Sara pour distraire Mr Carrisford du mal qui le ronge.

" Même si elle a un caractère doux et profondément gentil, elle ne se sent pas pour autant obligée de jouer les modestes. Elle se considère comme une princesse, cherche toujours à agir comme telle, et montre parfois une assurance qui frise l’insolence. Ce sont des nuances qui sont assez complexes à faire ressortir sans transformer Sara en gosse de riche méprisante et hautaine." (voir l'interview sur le site de l'auteure et éditrice).
Un dernier tome est prévu ainsi qu'une suite au roman si tout va bien !

samedi 28 mai 2011

Swaps : déluge de colis dans ma BàL !

En effet, pas moins de deux colis m'attendaient aujourd'hui !
J'ai participé chez Liyah à la deuxième édition de son swap dont l'unique mot d'ordre est Fais Moi Plaisiiir !
Inscriptions closes depuis le 7 avril et colis à envoyer entre le 9 et 21 mai 2011. Comme on pouvait suggérer un nom pour le choix de son/sa binôme, j'ai eu le plaisir de swapper avec Nane du challenge Giro in Italia.
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Le principe est tout simplement de suivre les goûts de son/sa swappé(e), sans thème imposé, pour composer un colis qui lui plaira à coup sûr :
- 2 ou 3 livres, neuf ou d’occasion (en bon état)
- 1 carte postale et/ou 1 marque-page
- quelque chose à grignoter
- 1 surprise (DVD, CD, Livre, Album, Manga, Sac... au choix)
Colis reçu chez Nane (ci-contre parce qu'une bonne image vaut mieux qu'un long discours) et chez moi une boîte délicieusement parfumée. Déballage au grand jour pour les photos !
- une belle carte postale au motif très connu des amateurs de lecture : les pages d'une livre formant un coeur
sans oublier que Nane est une vraie fan de papeterie :
- un petit " Carnet pour attendre " des éditions Cartes d'art et deux stylos vert et orange pour y écrire tout ce qui me passe par la tête
- non pas un, ni deux, mais tout un bloc de marque-pages signés Rebecca Dautremer (trop dommage de les détacher, je vais le garder intact)

 

- deux romans tirés de ma liste : Une chambre à soi de Virginia Woolf que j'ai emprunté en bibliothèque mais que je souhaitais conserver et le premeir tome des Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin que j'ai envie de lire depuis que les LàL existent
- plus un roman de Frédérique Deghelt que Nane me conseille : La vie d'une autre et dont la quatrième de couverture me rappelle J'aurais préféré vivre
et ce n'est pas fini :
- des friandises (que mes gourmands se sont partagées, mais m'ont quand même fait goûter un peu !) : chocolat blanc très crunchy à la noix de coco caramélisée et fraises Tagada
- du thé aux agrumes et au caramel (c'est rien que pour moi et j'adore)
Mille mercis Nane, je suis très heureuse de cet échange et d'avoir pu te faire Plaisiiir !

Fin du swap BD et manga

Il y a quelques mois, je me suis inscrite au swap en chaîne proposé par Ptitetrolle autour du thème BD & Manga pour un envoi dans la semaine du 16.05.
Motus et bouche cousue :
Le mystère des swappé(e)s a été savamment entretenu jusqu'aux révélations finales.
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J'ai swappé Elphaba dont le billet est visible sur Livraddict et j'ai eu la chance de croiser Delhya pour son tout premier swap.
Je dois dire qu'elle s'en est sortie magistralement et que son colis m'a beaucoup émue tant elle s'est attachée à soigner les moindres détails et à répondre aux goûts que j'avais signalés dans mon questionnaire.

Pour vous faire patienter, voilà une reproduction de la carte adorable (le contenu et le contenant) qu'elle m'a envoyée, une illustration de Misstigri tirée de l'album " Les magiciennes du monde " :


super ! c'est bien Delhya ma swappeuse et j'adore la présentation de son colis, jusqu'au choix des détails ! un très joli papier et du scotch délicat (5 paquets dont 2 surprises), une adorable carte (contenu et contenant) un magnifique marque page fait main à l'encre noire et du chocolat, que je suis obligée de défendre bec et ongles... mais comme il fait nuit tôt ici, je n'ai plus assez de lumière pour les photos et j'attends demain pour le grand déballage la suite sera sur mon blogue
j'aime beaucoup tes graphismes donc je suis sûre que les livres vont me plaire
un grand MERCI heart heart
Et voilà le colis magique de Delhya que je vous laisse admirer en images :

 

Un manga : GUNNM tome 1 de Yukito Kishiro et son marque page assorti, dessiné main à l'encre noire. Les connaisseurs auront reconnus au premier coup d'oeil la belle Gally. Grâce à elle et à Delhya, je vais faire une incursion dans un monde que je connais peu...
Une BD grand format : inspiré par L'île au trésor de Stevenson, Long John Silver tome 1, Lady Vivian Hastings. Merci
Une surprise : fait main et très original, un marque page bijou orné de perles d'argent et de verre bleu que je vais sûrement détourner, il est trop beau pour rester prisonnier entre les pages d'un livre ! Merci bis
Des gourmandises sur mesure : de délicieux (souvenirs de) macarons en pâte d'amande et un flacon de Délice de thé : Marron au thé fumé de Taïwan, rien que le nom est une invitation au voyage...
J'adore à la fois le marron et les thés fumés : je n'imaginais même pas que ça puisse exister ensemble !! Merci ter
Le tout emballé dans un beau papier à fleurs blanches sur fond grisé (j'ai trop aimé le scotch à petits pois bleutés). Un sans faute, un colis au plus-que-parfait.
Tu passes haut la main ton baptême du swap. MERCI du fond du coeur, ainsi qu'à Ptitetrolle dont c'était la première organisation.

mardi 24 mai 2011

Riche soirée à La cerise

A la cerise, il y a toujours à voir et à entendre, à boire et à manger... et aussi à lire !

Je venais échanger des/sur les livres au café littéraire, en avance d'une soirée puisque je suis définitivement fâchée avec les agendas et à la place, j'ai eu le plaisir Mardi 24 mai - 20h à La Cerise, Café culturel, St-Paul d'assister à la
Soirée Bretagne / Réunion « entre contes et chansons »
avec Gaël Rolland qui se définit lui même comme grand chanteur, grand conteur, grand menteur (ça va ensemble !) mais aussi sonneur de clarinette, de bombarde et autres instruments où l’on souffle, ainsi que concertina, orgue de Barbarie....
Depuis vingt-cinq ans, il a participé en haute Bretagne à d’innombrables fêtes, animations, veillées, repas, marche chantées, festoù-noz, pour y interpréter le répertoire du Pays gallo, et particulièrement celui du pays de Loudéac, d’où sa famille est originaire, et d’où il tient une bonne partie de ses chansons.
C’est également un grand collectionneur d’instruments et un redoutable jouteur lors des joutes chantées ou contées ! Il joue et chante dans le groupe « Les Routiniers » depuis plus de vingt ans, dont le répertoire est essentiellement celui qu’ils ont eux-mêmes collecté (parmi les trésors anciens de la BNF)
Dans le répertoire des conteurs de l’institut culturel de Bretagne, il définit ainsi son genre « Merveilleux, menterie, légende, facétieux »

Si vous avez envie de savoir ce qu'il advînt à la fille du grand roi de Saint Malo ou à la Belle de Fécamp qui voulait un mât pour son bateau, il est encore temps de courir l'écouter :
Samedi 28 mai - 17h - minuit  au kabar fest-noz organisé par l’Amicale Bretagne-Réunion, musiques, danses, crêpes, cidre… au Croc Parc, Etang-Salé les Hauts.

lundi 23 mai 2011

Lectures BD du mois

En mai, fais ce qu'il te plaît ! C'est un mois particulièrement faste pour la BD, en grande partie grâce au
challenge BD - PàL sèche - Mai
scénario : Xavier Dorison et Fabien Nury, mise en images : Christian Rossi
W.E.S.T. 1901 et 1902

J'avoue que je n'aurais jamais eu l'idée d'aborder cette BD si elle n'avait figuré dans les lectures de Jérôme : je me serais arrêtée à la couverture qui évoque les westerns et au titre qui me rappelle les aventures de James West dans les mystères de l'Ouest.
Il y a effectivement un peu de tout ça mais bien plus encore !
W.E.S.T. " Weird Enforcement Special Team " est le nom de code d'une étrange équipe qui a fait ses preuves lors des guerres indiennes. A coups de flash backs, l'histoire et les personnages (un curieux melting pot associant un tireur d'élite, un tueur à gages, un exorciste...) se mettent en place.

Cycle 1 : La chute de Babylone et Century Club
1901 : le président McKinley est victime d'un attentat et son vice-président Théodore Roosevelt lui succède. Entre western et fantastique, le scénario, touffu et original, mélange les genres et accomode l'histoire des Etats-Unis à la mode ésotérique. Les noms des héros parlent d'eux mêmes : Chapel, Bishop, Angel...

La narration débute par la catastrophe de la gare Montparnasse en 1895. Un train lancé à toute vapeur crève la façade pour aller s'écraser dans la rue de Rennes en contrebas, avec à son bord un petit homme replet, le président du Century Club de New York. Quelques années plus tard, les suicides se multiplient parmi les notables de la côte Est des Etats-Unis. Adam Clayton, responsable de la sécurité à la Maison Blanche, charge Morton Chapel de reconstituer l'équipe de la WEST pour éclaircir le mystère de ces morts suspectes.
Le sénateur et candidat à la présidence Lennox, ainsi que son fils Timmy et sa fille Katrynn, jeune psychiatre fraîchement diplômée en Autriche, se retrouvent impliqués dans l'enquête. Morton découvre que, sous couvert de fausses promesses de gloire et de puissance, des puissances occultes oeuvrent à apporter le chaos. Spécialiste en sciences ésotériques,et c'est sur leur propre terrain, usant autant de sa tête que par ses poings, Accompagné de ses fines gachettes, Morton, par ailleurs qu'il entend déjouer le complot des forces maléfiques qui menacent la personne du président des Etats-Unis.

Cycle 2 : 1902
El Santero et le 46ème état
Les compétences des compagnons de Morton, auxquels s'est jointe le docteur Lennox, sont de nouveau requises. Clayton, dont on ignore quel double jeu il mène, les envoie cette fois en mission à La Havane où ils doivent contrer les révolutionnaires indépendantistes. En effet, les premières élections démocratiques doivent se tenir, quatre ans après que les Etats-Unis ont chassé les Espagnols de Cuba. Les Américains espèrent bien préserver leurs intérêts dans la production sucrière et verraient d'un bon oeil la victoire de Tomàs Estarda Palma.
Morton sent un adversaire de taille, dissimulé derrière le chef des guérilleros. Habile pratiquant de magie noir, il est également recherché par le chef de la police locale, qui pratique lui aussi le santero.












J'aime les auteurs de la collection Aire libre de Dupuis.
Un peu de fumée bleue
Dans ce très bel album scénarisé par Denis Lapière, Ruben Pellejero use d'un trait épais comme du plomb à vitrail, qui se creuse d'ombres accentuées sur les visages, et des aplats de couleur comme des mots crus, qui pèsent sur l'atmosphère de ce récit singulier, qui rappelle un peu l'inspiration de Sting dans Dancing alone.
Il a reçu, le 8 mai 2010, la plus haute distinction de la bande dessinée espagnole : le Grand Prix du ''Ficomic'' de Barcelone !

Depuis que l'auberge est devenue l'étape d'une nuit pour celles qui attendent sur la " route des dames " le passage quotidien du camion qui mène leurs hommes : mari, père, frère... de la prison où ils sont détenus à la caserne où ils sont menés régulièrement pour des interrogatoires musclés - à raison d'une rotation toutes les trois semaines environ - la tenancière Olga et sa fille Laura ont échangé leur mauvaise réputation contre celle de dames secourables.
Un soir, un visiteur entre dans le bar-auberge-ferme, qui s'enorgueillit de 2 chambres et 3 cochons. Il se fait vertement rabrouer par trois joueurs de cartes, alors qu'il vient de poser, sur la chaise du mort, le sac à dos rouge qu'il prend en photo dans tous les endroits qu'il visite. Il engage la conversation avec Laura, qui lui raconte trois versions de son passé, tout en fumant des cigarettes où sont écrits quelques vers d'un poète maudit. L'homme en connaît une ultime version mais n'ose le lui avouer.
Comme Un peu de fumée bleue s'échappe en volutes des cigarettes, derniers vestiges d'un homme aimé, les mots de Laura s'écoule de sa bouche, livrant à l'état brut, une jeunesse de passion et de souffrance. Une à une, les planches suivent un découpage lié aux quelques vers derrière lesquels se cachent les pans de son histoire, noire sans être amère, belle au-delà du sordide, car en dépit de l'oppression et l'abandon, l'espoir et la vie restent présents à chaque page.
Toutes ces femmes sont admirables et émouvantes, de solides blocs de tristesse et de dignité dans un monde - situé en Europe centrale - qui s'effrite sous les coups d'un régime totalitaire : discrimination, censure, arbitraire...

Voilà le poème dont il est question dans la BD, extrait de Rondels pour Après (publication posthume) de Tristan Corbière, poète maudit du XIXème siècle, précurseur des surréalistes, né et mort en Bretagne à 30 ans, malade, méconnu et seul.
Petit mort pour rire :
Va vite, léger peigneur de comètes!
Les herbes au vent seront tes cheveux ;
De ton oeil béant jailliront les feux
Follets prisonniers dans les pauvres têtes...
Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux...
Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...
Ne fais pas le lourd : cercueil de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boîtes à violon qui sonnent le creux...
Ils te croiront mort - les bourgeois sont bêtes -
Va vite, léger peigneur de comètes !

Les séries que je suis depuis leur premier tome :
Largo Winch, Lady S et Moréa

Mer noire, #17 par Philippe Francq sur un scénario du prolifique Jean Van Hamme, est le premier épisode d'un diptyque (à suivre Colère rouge).
Comme c'est désormais le cas depuis le début de la série, le volet de mise en place de l'histoire voit Largo Winch tomber dans les filets tendus par l'ennemi : cette fois, son ami helvète, le pilote d'avion, a mystérieusement disparu... Largo se précipite apparemment dans le panneau !
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Le jeune aventurier yougoslave né Largo Winzlasv est l'héritier involontaire de l'empire économique multinational fondé par son père adoptif Nério "Black eye" Winch à force d'intelligence et de travail et mené d'une main de fer. Il devient le patron très puissant d'une entreprise aux ramifications planétaires employant 420 000 personnes. Propulsé contre son gré dans un monde sans foi ni loi, le milliardaire en jeans et baskets est la cible des personnages les moins scrupuleux au service d'organisations de malfaiteurs internationales. Faisant face aux machinations les plus perverses et les mieux orchestrées, il parvient à déjouer les pièges jetés en travers de son chemin par les traîtres du groupe qu'il dirige avec audace, brio et force morale.
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Quelle incongruité ! La sortie du film Largo Winch m'a permis de découvrir les romans originaux qui ont donné naissance au héros bien connu des bédéphiles. Personnage attachant, au sens moral développé, il a su séduire onze millions de lecteurs dans le monde.
Vu et Lus en mars 2010
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Tome 1 : Le groupe W
Déjà invalide et apprenant qu'il est atteint d'une tumeur au cerveau, Nério Winch décide de se retirer définitivement de la scène, mais il a prévu jusqu'au moindre détail de sa succession. Ses plans posthumes contrarient des projets parallèles menés par certains traîtres parmi les 12 directeurs généraux qui l'admiraient, le respectaient ou le haïssaient.
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Tome 2 : La cyclope
Le traître qui a juré sa perte s'est assuré les services de la mystérieuse Cyclope et de sa meute d'assassins. Largo s'engage alors dans une course-poursuite effrénée qui le conduira, via Londres et Amsterdam, jusqu'au repaire secret de son ennemie...
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Tome 3 : Le dernier doge
Cette fois, le traître a choisi de manipuler le Doge, qui organise, sous couvert des Brigades rouges, l'enlèvement de personnalités en vue contre rançon. La disparition de son amie Aricia suffit à attirer Largo dans la cité lacustre.

En BD : Voir Venise… Et mourir, # 9 et 10
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Une seconde d'éternité, #7 de Lady S par Philippe Aymond, narre la suite des aventures palpitantes, pleines de dangers et de rebondissements, qui surviennent à Shania/Suzan sans qu'elle fasse rien de particulier pour les attirer. Née dans une république balte de parents scientifiques de haut niveau, orpheline adoptée par un riche diplomate américain, souris d'hôtel polyglotte dont les talents sont exploités par diverses officines para-gouvernementales aux méthodes peu orthodoxes, Lady S est une héroïne aux multiples facettes comme sait les imaginer Jean Van Hamme, pendant au féminin du mystérieux XIII.
La mort dans le sang, #6 de Moréa par Laurent Libessart sur un scénario de Christophe Arleston et Dominique Latil, signe le retour tant attendu de la patronne immortelle de la puissante compagnie DWC (à suivre La colère des Anges).
Dernière descendante et héritière de l'empire commercial de la famille Doloniac, protégée par le chevalier Terkio, Moréa veut utiliser toutes les ressources à sa disposition pour préparer le futur des siens et leur retour sur leur planète d’origine, quitte à faire alliance avec les ennemis hériditaires, mais elle est contestée au sein de la communauté des Dragons, par une faction qui ne veut céder en rien dans la guerre multimillénaire qui les oppose aux Anges.


Sans oublier les lectures encore en attente de commentaire :

vendredi 20 mai 2011

Ma vie privée sur Internet

Carole Matthews a un créneau dans les histoires de filles détestables pour le commun des mortelles ! Elles ont un corps de rêve et n'ont généralement qu'un petit pois dans la tête, ce qui ne les empêche en rien d'arriver à leurs fins avec un type sublime (voire plusieurs quand l'auteur est en grande forme) : beau, riche, intelligent, sensible, gentil, en un mot craquant, alors que toutes les autres, les obscures, les sans grâce, triment pour un plus piètre résultat.
Même Cara est de mon avis après qu'Adam, le collègue qu'elle tente secrètement de séduire, à grand renfort de séances d'envoûtement et de filtres d'amour, s'est entiché sans le savoir de sa meilleure amie, alors en pleine déroute. A la suite de la trahison de son petit ami qui a mis en ligne des photos d'elle en tenue légère, Emily a perdu, dans la foulée, ses illusions, sa crédibilité, son travail, sa maison et son argent. Il ne lui reste que le soutien et l'hospitalité de Cara, laquelle ne lui révèle pas qu'elle connaît pertinemment l'identité du bel inconnu qui lui a tapé dans l'oeil et pourrait bien lui permettre de remonter la pente...
Aussi : Happy end à Hollywood et En finale de Fame Game.

jeudi 19 mai 2011

Une toile d'araignée
Emperlée de rosée
Le matin

mercredi 18 mai 2011

Les tuniques bleues


D'autres priorités plus impératives m'appellent en mai, je ne lirai pas donc beaucoup pour le circle challenge ABC.J'ai donc choisi la facilité avec une des BD de la liste et j'ai retrouvé plusieurs albums de Cauvin et Lambil pour une séance nostalgie.
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Le tome 34 nous en apprend un peu plus sur l'un des deux compères engagés dans l'armée nordiste, l'acolyte inséparable du sergent Chesterfield : le soldat Blutch.
Vertes années raconte, entre humour et tendresse, l'origine de son nom, son enfance désastrueuse, son adolescence vagabonde, les petits métiers et la grande débrouillardise de ce bourru au coeur tendre.
J'adore les scènes avec sa jument au prénom improbable, entraînée à tomber raide morte au cri de " AAA la Chaaaarge ! "

mardi 10 mai 2011

Ceux qui sauront

Mercredi 27 avril 2011, le centre régional de documentation pédagogique de La Réunion accueille Alain Grousset pour une conférence-débat, sur un thème cher à Lhisbei, qui nous y a fait consacrer les trois premiers mois de l'année : il s'agit de l'uchronie*.
Alain Grousset présente un de ses ouvrages Sens interdit (NDR : l'odorat, mais pour en savoir plus car il faut le lire !) paru dans la collection qu'il dirige chez Flammarion et dont il nous apprend qu'elle s'interrompt sur ce dernier titre. Ukronie : quand l'Histoire se raconte autrement http://www.ukronie.fr/ et j'ai acheté Divergences001 que je commenterai prochainement, quand j'aurai épuisé le stock de mes lectures en retard.
Le débat est animé par Nicolas dont je vous invite à retrouver les interviews sur son blogue milleetuneminutes.
Pierre Bordage quant à lui (excusé mais ce n'est que partie remise pour l'automne prochain !) devait parler du livre phare de la collection paru en 2008 : Ceux qui sauront. Grâce au Winter Time Travel du RSFBlog et aux éditions J'ai Lu (que je remercie tous deux pour ce partenariat), je fais partie de ceux qui savent puisque je viens de gagner ce roman, mis en jeu au cours du challenge uchronie (voir ci-dessus*).

Etrangement pour quelqu'un d'aussi connu dans le monde de la SF, je n'ai jamais rien lu de Pierre Bordage et ce roman est donc une totale découverte.

Edit du 27 octobre 2012 :
J'ai finalement croisé Pierre Bordage, invité par le festival Zone B à un débat sur son oeuvre animé par le responsable d'ActuSF et un doctorant en physique quantique.
A lire également, une transcription d'interview intéressante chez Anudar.

Le récit s'adresse à un public jeune et met en scène deux adolescents : Clara est née avec une cuillère dorée dans la bouche et appartient au monde de la noblesse, du pouvoir, de l'argent, du droit à l'éducation et aux bienfaits du progrès. Elle est opposée à Jean, destiné au travail, à la misère des ouvriers et au maintien dans l'ignorance.

Partant du postulat que la Révolution française a été jugulée avant de se produire, de même que les révoltes populaires successives jusqu'à la dernière en date de sinistre mémoire, en 1982, où les gendarmes ont tiré sur la foule, l'auteur imagine une France restée monarchique. En 1882, le parti de l'Ordre a renversé la Troisième République de Léon Gambetta et son ministre Jules Ferry a été fusillé, ce qui a mis un coup d'arrêt aux véléités d'instruction publique. Versailles est devenue la capitale du pays et le souverain des Français est Jean IV, descendant de Philippe d'Orléans. Une minorité d'aristocrates et de bourgeois annoblis continue à asservir la masse laborieuse des " cous noirs ", notamment en interdisant l'enseignement, réservé à l'élite, tout comme l'électricité, le réseau informatique, les voitures automobiles...
Jean fils d'ouvrier en fait la dure expérience lorsqu'une brutale descente de police met fin du même coup, au cours d'écriture et d'arithmétique que donne Magda illégalement et à son enfance. Incarcéré puis libéré par les clandestins de la Résistance, il devient un hors-la-loi qui croise le chemin d'une jeune noble égarée. Clara est née du bon côté mais son précepteur et les leçons l'ennuient prodigieusement. Elle voudrait découvrir le vrai monde. Un accident sur le route qui l'emmène vers sa future belle-famille, puis un enlèvement et une séquestration lui offrent l'occasion rêvée d'échapper à sa prison dorée.

L'avis de Cachou résume plutôt bien ce que j'en pense globalement, même si le livre pose de vraies questions sur l'utilisation du savoir et du progrès : par exemple le refus de développer le concept de la machine à laver car des tâches ménagères rudes contribuent à l'asservissement des femmes, en les privant de temps pour autre chose ou la confiscation d'internet comme outil de connaissance au potentiel incontrôlable et d'ailleurs détourné au profit de la résistance.

samedi 7 mai 2011

Le swap RisB est arrivé

Pour rappel, la consigne du Swap couleurs de Val, débuté en février par Red is so british, était d'envoyer un roman en rapport avec le thème (GB), un roman relatif à la couleur (rouge), un marque page, une surprise et une gourmandise rappelant l'un ou l'autre. Après quelques péripéties postales car mes horaires ne correspondent à ceux du guichet que le samedi, j'ai donc pu récupérer le colis confectionné par Sabine (le mien est arrivé chez elle en milieu de semaine).

Comme vous pouvez le constater, j'ai été gâtée à foison :
- de beaux paquets rouges emballés dans du papier à l'ancienne fabriqué à partir de fibres dont on dirait des pétales de coquelicot
- une carte postale pour ma collection de rhinocéros : un dessin du XVIIème siècle par Jan van Kessel extrait du cycle "Les quatre continents" conservé à la pinacothèque de Munich. Tout mignon, il a un côté fabuleux avec sa cuirasse travaillée comme une armure fleurie et sa corne torsadée entre les épaules
- un gros paquet de bonbons sans colorant de la marque Wine Gums à l'effigie d'un Horse guard et du célèbre Tower bridge
- trois marques pages : un multicolore car j'avais avoué ne pas trop aimer le rouge, un britannique avec l'Union Jack et Tower bridge, un fait main magnifique, représentant Big Ben au point de croix, j'adore d'autant plus que je suis incapable de rivaliser
- trois romans dont vous allez voir qu'ils ne pouvaient tomber plus juste :

Catherine Clément, Dix mille guitares, avec le beau rhinocéros en couverture. Le plus troublant c'est que je l'ai tenu dans les mains au moment de faire mes achats pour le swap, mais finalement j'ai été raisonnable et je l'ai reposé, pour le trouver peu après à la bibliothèque (image ci-dessous) mais je n'avais pas encore eu le temps de l'ouvrir !!
Ann Featherstone, Que le spectacle commence ! un policier, nous avions ce goût en commun et j'ai choisi cette thématique pour Sabine
W. Wilkie Collins, Pierre de Lune qui figurait dans nos deux PàL.
De chaleureux remerciements à Sabine pour ses choix et à Val pour cet appariement réussi.

mercredi 4 mai 2011

idée de challenge : vos avis m'intéressent

Depuis la naissance de mon blogue, je participe au challenge ABC, d'abord sous sa forme simple et pour la deuxième année consécutive, sous la forme d'un circle (c'est-à-dire que je laisse le soin de choisir mes lectures de A à Z à un autre participant).
J'ai également reçu la visite de livres voyageurs, partagé diverses lectures communes et même fait une tentative infructueuse pour m'inscrire au Blogoclub !
En voyant aujourd'hui plusieurs billets relatifs à la bibliographie de Jean-Louis Fournier : chez Mirontaine l'émouvant Où on va, Papa ? que j'ai lu récemment moi aussi mais pas encore commenté et J'irai pas en enfer chez Aproposdelivres... il n'y a pas là de mystère, puisque le rendez vous mensuel est proposé par Pimprenelle, j'ai envie de concrétiser une idée qui m'a effleuré l'esprit, s'il y a suffisamment d'amateurs/trices.
Il s'agirait de tirer au sort deux lettres de l'alphabet par mois (sur une année pour faire un tour complet 2x26=52 semaines). Ensuite, par binôme se mettre d'accord pour proposer un ou deux auteurs avec ces initiales : les participants lisent un titre de ces auteurs le mois n+2 et mais le gardent secret jusqu'à la date de publication des billets, choisie en commun.
La décision de participer chaque mois (ou pour un seul auteur) reste complètement libre.

lundi 2 mai 2011

Au-delà d'Abencorr

Grâce à un partenariat entre le Blog-ô-Book et Mon petit éditeur (merci), je viens de découvrir Au-delà d'Abencorr un roman de Michel Spielmann. Loula, Naoko et Livrophile ont également participé à cette lecture commune.

La quatrième de couverture annonce un roman de social-fiction où deux types de sociétés coexistent et s'opposent : la Ville d'une part, les villages extérieurs d'autre part et, point de transit entre les deux mondes, le village intermédiaire d'Abencorr, où l'accès à la Ville est strictement encadré au moyen d'un péage, sorte de tribunal au pouvoir discrétionnaire, qui autorise ou refuse le passage.
Au début du récit, la Ville semble confrontée à un état d'urgence qui pousse le maire à prendre des mesures de sauvegarde exceptionnelles. Trois des quatre accès de la Ville sont fermés et la surveillance est renforcée à la poterne sud, unique point d'entrée vers la basse ville où se pratiquent les échanges avec les passeurs des villages.
Bolek a quitté son village natal avec son père à l'âge de quinze ans et il garde peu de souvenirs de son enfance. En dépit de cette particularité, il a réussi à intégrer le corps des Fonctionnaires de la Ville dont le métier consiste à rédiger les règlements qui précisent les moindres aspects de la vie dans la cité. Comme ses collègues, il prend ses ordres de la Commission principale, composée des édiles et du premier magistrat, le docteur Herbert Mayotte. Par sa curiosité (ou par le fruit d'une astucieuse manipulation), il se retrouve bientôt mêlé aux mystérieux évènements qui surviennent aux portes de la Ville.
lire le premier chapitre

Que se passe-t-il Au-delà d'Abencorr ?
Dans ce système bipolaire, l’inconnu alimente la méfiance mutuelle et dans les villages aussi bien qu’à la Ville, les préjugés sont tenaces : la question se pose donc dans les deux sens de circulation. Toutefois, selon un procédé cher à Murakami, l'antinomie entre deux mondes totalement hermétiques est surtout apparente : les temps du récit, distincts au départ, finissent par se rejoindre, puis s'entrecroiser. Un sentiment général d'étrangeté et d'intemporalité se dégage du roman.
Tous les villages ont un nom, dont usent les habitants entre eux comme signe générique d'appartenance : seule la prononciation varie pour chaque individu et sert à informer du rang détenu parmi les membres de la communauté villageoise. Chacun semble savoir intuitivement à quels codes se conformer : comme la Ville obéit à ses règlements, les villageois répondent à des lois coutumières strictement respectées qui régissent leurs rapports de manière rigide et très formelle.
Fé-hal, le père de Bolek a peut être essayé de faire bouger les choses et son fils comprend peu à peu la mission dont il est investi. Passant dans l’autre sens le verrou d’Abencorr afin de poursuivre l'entreprise paternelle, il résout l'énigme de départ, dont l'histoire familiale, en cascade sur plusieurs générations, constitue la clef.
La conclusion cependant fait figure de pirouette un peu tirée par les cheveux, alors que la construction du roman, rythmée par la quête initiatique de Bolek, laissait espérer une exploitation plus inattendue. Dans cet univers complexe, proche par certains aspects de 1984, l'organisation dirigeante contrôle les moindres faits et gestes de la population et induit insidieusement les choix individuels au moyen d’une administration centralisée omniprésente. Le questionnement sur l'exercice de la liberté personnelle et la description critique d'un mode de vie sclérosant sous-tendent heureusement le récit : le souci de confort et de sécurité a pris le pas sur les aspirations naturelles à la différence et a banni toute créativité.