La quatrième de couverture annonce un roman de social-fiction où deux types de sociétés coexistent et s'opposent : la Ville d'une part, les villages extérieurs d'autre part et, point de transit entre les deux mondes, le village intermédiaire d'Abencorr, où l'accès à la Ville est strictement encadré au moyen d'un péage, sorte de tribunal au pouvoir discrétionnaire, qui autorise ou refuse le passage.
Au début du récit, la Ville semble confrontée à un état d'urgence qui pousse le maire à prendre des mesures de sauvegarde exceptionnelles. Trois des quatre accès de la Ville sont fermés et la surveillance est renforcée à la poterne sud, unique point d'entrée vers la basse ville où se pratiquent les échanges avec les passeurs des villages.
Bolek a quitté son village natal avec son père à l'âge de quinze ans et il garde peu de souvenirs de son enfance. En dépit de cette particularité, il a réussi à intégrer le corps des Fonctionnaires de la Ville dont le métier consiste à rédiger les règlements qui précisent les moindres aspects de la vie dans la cité. Comme ses collègues, il prend ses ordres de la Commission principale, composée des édiles et du premier magistrat, le docteur Herbert Mayotte. Par sa curiosité (ou par le fruit d'une astucieuse manipulation), il se retrouve bientôt mêlé aux mystérieux évènements qui surviennent aux portes de la Ville.
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Au début du récit, la Ville semble confrontée à un état d'urgence qui pousse le maire à prendre des mesures de sauvegarde exceptionnelles. Trois des quatre accès de la Ville sont fermés et la surveillance est renforcée à la poterne sud, unique point d'entrée vers la basse ville où se pratiquent les échanges avec les passeurs des villages.
Bolek a quitté son village natal avec son père à l'âge de quinze ans et il garde peu de souvenirs de son enfance. En dépit de cette particularité, il a réussi à intégrer le corps des Fonctionnaires de la Ville dont le métier consiste à rédiger les règlements qui précisent les moindres aspects de la vie dans la cité. Comme ses collègues, il prend ses ordres de la Commission principale, composée des édiles et du premier magistrat, le docteur Herbert Mayotte. Par sa curiosité (ou par le fruit d'une astucieuse manipulation), il se retrouve bientôt mêlé aux mystérieux évènements qui surviennent aux portes de la Ville.
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Que se passe-t-il Au-delà d'Abencorr ?
Dans ce système bipolaire, l’inconnu alimente la méfiance mutuelle et dans les villages aussi bien qu’à la Ville, les préjugés sont tenaces : la question se pose donc dans les deux sens de circulation. Toutefois, selon un procédé cher à Murakami, l'antinomie entre deux mondes totalement hermétiques est surtout apparente : les temps du récit, distincts au départ, finissent par se rejoindre, puis s'entrecroiser. Un sentiment général d'étrangeté et d'intemporalité se dégage du roman.
Tous les villages ont un nom, dont usent les habitants entre eux comme signe générique d'appartenance : seule la prononciation varie pour chaque individu et sert à informer du rang détenu parmi les membres de la communauté villageoise. Chacun semble savoir intuitivement à quels codes se conformer : comme la Ville obéit à ses règlements, les villageois répondent à des lois coutumières strictement respectées qui régissent leurs rapports de manière rigide et très formelle.
Fé-hal, le père de Bolek a peut être essayé de faire bouger les choses et son fils comprend peu à peu la mission dont il est investi. Passant dans l’autre sens le verrou d’Abencorr afin de poursuivre l'entreprise paternelle, il résout l'énigme de départ, dont l'histoire familiale, en cascade sur plusieurs générations, constitue la clef.
La conclusion cependant fait figure de pirouette un peu tirée par les cheveux, alors que la construction du roman, rythmée par la quête initiatique de Bolek, laissait espérer une exploitation plus inattendue. Dans cet univers complexe, proche par certains aspects de 1984, l'organisation dirigeante contrôle les moindres faits et gestes de la population et induit insidieusement les choix individuels au moyen d’une administration centralisée omniprésente. Le questionnement sur l'exercice de la liberté personnelle et la description critique d'un mode de vie sclérosant sous-tendent heureusement le récit : le souci de confort et de sécurité a pris le pas sur les aspirations naturelles à la différence et a banni toute créativité.


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