vendredi 16 octobre 2020
Deep Blue
mardi 25 août 2020
Dimension latino
L'anthologie de SF latino-américaine présentée par Sylvie Miller aux éditions Rivière blanche fait suite à Dimension Espagne qui dresse un panorama de la SF ibérique contemporaine. L'auteur a reçu le Prix européen 2003 du Grand Prix de l'Imaginaire pour
l'ensemble de son travail en faveur de la SF espagnole en France.
L'illustration est de Gevidal (Guillermo Vidal).
Introduction de Sylvie Miller : la SF hispanique du Nouveau Monde (en 5 pays, considérant le Brésil comme un cas à part entière). Elle regroupe sous sa traduction quatorze nouvelles, dont des inédites, d'Amérique du Sud et Cuba.
ARGENTINE
+Timbouctou * de Carlos Gardini : Sam est asservi par La dame
noire, une drogue communautariste surpuissante et par Oslanski, un flic
polonais qui, pour une dose, en fait son exécuteur d'un jour.
++Gu ta gurrarak (Nous et les nôtres) de Magdalena Mouján Otaño :
le mythe fixe pour point origine de l'hérédité basque un légendaire
couple fondateur Aitar- Amagoya et leurs sept enfants... un paradoxe
temporel à la façon de Poul Anderson en donne l'explication non
rationnelle mais logique
Défi Cortex
CHILI
Les deux nouvelles cyberpunk de Pablo Castro Hermosillia montrent un monde où les êtres virtuels ont autant sinon plus d'importance que leurs modèles ; dans Reflets : acculé par la misère, le narrateur hésite néanmoins à laisser effacer les reflets numérisés des défunts de sa famille, un reste de moralité, sinon d'affection le retient ; dans Exerion le narrateur s'aperçoit à l'ultime moment qu'il n'a déjà plus qu'une existence virtuelle qu'un simple nano-effaceur peut annihiler.
++Comme des poissons dans la nasse de Rodrigo Jurri (inédit) propose une vision inversée de l'histoire universelle des migrants économiques : après une apocalypse nucléaire et l'anéantissement croisé des pays de l'hémisphère Nord, les survivants cherchent un refuge qui se refuse dans le cône Sud (Argentine, Chili, Uruguay et Paraguay).
Le Clown de porcelaine de Luis Saavedra (inédit) : un journaliste cherchant le scoop de sa carrière fait la rencontre de sa vie ; à la limite entre fantastique ou psychisme dérangé, cette nouvelle, touchante sans doute, m'a laissée sur le côté !
COLOMBIE
Exercices filmiques d'Antonio Mora Velez (inédit) : deux scénaristes font assaut d'arguments critiques sur leur production partagée ; au-delà de la forme, je n'ai pas vraiment saisi le fond...
MEXIQUE
+Le Secret de Roberto Lopez Moreno : les passages trop complexes sur le calendrier maya m'ont larguée, mais le sens de la nouvelle m'a intéressée ; parce qu'il concilie érudition et passion, un spécialiste allemand des civilisations précolombiennes est sélectionné pour une révélation maya d'importance.
+++Les deux nouvelles de Gabriel Trujillo Muñoz sélectionnées pour cette anthologie sont mes préférées ; comme il est un auteur prolixe, je vais pouvoir approfondir mon impression. Dans la nostalgie tendue d'espoir de Décombres, la ville de Mexico est détruite en surface par un séisme et les habitants vivent sous terre, mais un homme ne peut se résoudre à cet état de fait ! Avec le très surprenant Notre Jerry Garcia, l'expression " ils sont parmi nous " est on ne peut plus vraie...
CUBA
++L'Impératrice de Vladimir Hermandez : Je te tiens/tu me tiens par la barbichette où l'héroïne fait l'expérience de sa confrontation désavantageuse avec l'intelligence collective d'une race extraterrestre
+Les Interférences de Yoss : déjà lue dans le recueil éponyme, elle reste toujours savoureuse par le regard d'humour désabusé sur les rapports de force entre "grand" et "petit" pays
+Apolvénusia ™ de Yoss (inédit) : elle se démarque par sa forme très originale plutôt que par le fond
Kaishaku de Yoss : le code de l'honneur japonais à l'épreuve de la bêtise humaine face à une culture extraterrestre très avancée
+ La SF latino : Similarités et contrastes de Sylvie MILLER, un riche panorama historique et géographique
A propos de l'illustrateur :
* Rien à voir avec le film Timbuktu, aussi appelé Le Chagrin des oiseaux, un drame franco-mauritanien réalisé par Abderrahmane Sissako (2014) ; à
travers les déboires d'un pauvre éleveur se joue le heurt, dans un village malien, entre un
Islam radical importé par des envahisseurs et la résistance pacifique des habitants autour de leur imam.
** Ni avec le rendez vous manqué de Matthieu Chédid avec Tombouctou
mercredi 8 mai 2019
La Mort est une femme comme les autres
Le contexte anormal permet la rencontre improbable d'Anatole, médecin urgentiste couvé par une mère ultra
Le style est drôle, léger, enlevé, sans temps mort. La mort est montrée sous un jour fantaisiste, voire en gaffeuse sexy. Les personnages sont attachants : de Suzie à la Faux dotée de parole et de caractère, d'Emm à Anatole et à son chef de service, du voisin âgé de Suzie jusqu'à la mère horripilante d'Anatole, tous sont bien campés, utiles à l'histoire, à laquelle ils apportent chacun leur pierre personnelle. Je n'imaginais pas passer un bon moment avec un sujet aussi redoutable mais Marie Pavlenko réussit le pari ! Presque un coup de coeur
jeudi 26 juillet 2018
Un visage pour l'éternité - Till we have a face
Décidément, les reprises fantasy tirées de la mythologie antique ou médiévale ne me réussissent pas en ce moment ! Je n'ai déjà pas tellement accroché à Tempête d'une nuit d'été (développement du thème d'Obéron et Titania d'après Shakespeare) qui m'avait pourtant bien tentée.
A l'identique, Un visage pour l'éternité : un mythe réinterprêté, inspiré de la légende de Psyché et Eros, m'a semblé confus, poussif et ennuyeux. Pourtant, le résumé partait bien :Le roi de Glome a trois filles. L'aînée, Orual, est fort laide, et porte une affection démesurée à Istra, la benjamine, la plus belle et la plus douce créature de ce royaume barbare.
Le récit d'Orual, reine de Glome et soeur aînée de la jeune vierge livrée au Monstre de la Montagne, est un long réquisitoire contre les dieux et la crédulité des hommes envers les mystères.
Je l'ai abandonné dans une boîte à livres pour lui donner une seconde chance. Pour ma part, vu que C. S. Lewis est également l'auteur des Chroniques de Narnia et que je n'ai pas aimé le film, je ne lirai donc pas le livre qui attend dans ma PàL.

LDPA # 19 :
La gestion du Challenge Livra'deux pour pal'addict a été reprise par Mana
Je fais toujours équipe avec l'auteur du blogue Les tribulations d'Amarüel et elle me propose :
Lu et aimé : Le père de nos pères de Werber.
Un titre qui l'intrigue : Le Japon n'existe pas.
Un titre dont elle aimerait un avis : Un visage pour l'éternité (dans sa PAL depuis au moins 7/8 ans)
Le premier ne me tente pas, le deuxième a déjà été abandonné deux fois, ce sera donc le troisième arrivé depuis peu dans ma PàL grâce à Grizelda.
vendredi 9 mars 2018
Dune tome 1
Résumé :Dans les temps de l'avenir, à l'époque où l'homme a conquis l'espace, une planète désertique, Dune, suscite de multiples convoitises. Elle recèle dans ses sables une épice fabuleuse, capable de prolonger la vie et de développer les capacités de prescience de l'esprit humain...

Paul Atréides en est le souverain, il se souvient de son premier contact avec la planète-miracle, dans ce tome introductif à la saga qui a fait la renommée de Franck Herbert et pour lequel il a reçu le Prix Hugo en 1966. La suite me fait envie, mais en même temps, j'ai trouvé la lecture un peu aride.
Lu le 20 décembre 2011
dimanche 1 janvier 2017
Bilan du Défi SFFF & Diversité
Adapté du BustleReads Challenge par Lhisbei du RSFBlog, la liste comporte 20 items à valider entre le 15 janvier 2016 et le 14 janvier 2017 par une lecture dans les catégories SF, Fantasy ou Fantastique
Une oeuvre de SF écrite par une femmeUne oeuvre de SFFF francophone mais non françaiseUn essai ou un article traitant de science / science-fiction / fantasy / fantastiqueUne oeuvre SFFF écrite par un auteur de couleur ou métisséUn livre SFFF dont vous n’avez pas encore vu l’adaptation en filmUn roman SFFF young adultUn livre SFFF se passant en OrientUn livre SFFF parlant d'une ou de femme(s) dans la guerreUn roman graphique / BD / comic avec une femme pour héroïneUne oeuvre de SFFF par un auteur non occidentalUne oeuvre de SFFF dans laquelle l'Afrique / un pays d'Afrique tient une place prépondéranteUn conte que vous avez adoré étant enfantUne oeuvre de SFFF écrite par une personne issue ou militant pour la communauté LGBTQIAUn livre de cli-fi (climate fiction) ou éco-fictionUn livre de SFFF féministeLe premier livre d’une série SFFF que vous n’avez jamais luUn livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérantUn livre SFFF traduitUn recueil de nouvelles SFFFUn livre de SFFF transhumaniste / posthumaniste
Un imperceptible vacarme (Belgique) valide les items 2 (19)
Faire des sciences avec Star Wars,
Le visage de Dieu valident l'item 3
Eruptions (La Réunion),
Interférences (Cuba) valident l'item 4
Sphère (Etats Unis) valide les items 5 (18)
Bleu argent (France) valide l'item 6
Lexicon (Australie) valide les items 7 (8, 18)
Chroniques du monde émergé (Italie) valide les items 8 (1, 6, 16, 18, 20)
Songes (dyptique) valide l'item 9
Des yeux de chien bleu, Plop (Argentine) valident l'item 10
La Terre bleue de nos souvenirs valide l'item 11 (16, 17, 18, 20)
Michka (France) valide l'item 12 (1)
Le prince d'été (Etats Unis) valide les items 13 (1, 4, 6, 18, 20)
L'homme aux yeux à facettes (Taïwan) valide les items 14 (4,7,10)
Nouveau printemps (Etats Unis) valide les items 15 (6, 8, 16, 18)
Les héritiers de l'aube, T1 : Le septième sens (France) valide l'item 16 (6, 8)
Time riders T3 : Code Apocalypse (Royaume Uni) valide les items 17 (5, 6, 18)
Corpus delicti, un procès (Allemagne) valide les items 18 (1)
Les 20 ans de Bifrost valide l'item 19 (1, 4, 20)
Les Pousse-pierres valide les items 20 (8, 17)
Mr Vertigo de Paul Auster,
Plop de Rafael Pinedo



















mercredi 16 novembre 2016
Time riders [4]
Lu le 21 mars 2016
Bien qu'un peu déçue par le sujet précédent, je me suis attachée aux personnages et je suis clairement tentée de les accompagner dans la suite de leurs aventures (8 tomes parus)
Le deuxième roman se passe au Crétacé, avec des herbivores géants majestueux mais aussi de vilains petits reptiles, rapides, sanguinaires et très doués pour apprendre. Mortellement intelligents, ils ont une technique de chasse particulièrement effroyable.
Les filles ont un peu le second rôle car cette aventure concerne surtout de Liam, aidé de Becks, une version féminine de Bob. Ils ont été aspirés loin dans le passé au cours d'une mission de routine pour sauver d'un attentat le futur théoricien des voyages dans le temps.
Lu le 7 janvier 2016
Le troisième tome commence par la première tentative de voyage dans le temps, dont l'inventeur revient en direct devant un parterre de journalistes, épouvanté par la " Fin des temps " et décidé à détruire sa machine.
Sur les traces d'un codex indéchiffrable, Liam accompagnés des deux clones de soutien se rend cette fois dans la forêt de Sheerwood, au service du roi Jean sans terre. Une relique de Terre sainte envoyée par Richard Coeur de lion pour la rapporter en son château a été dérobée à ses Templiers. A priori plus intéressant pour la thématique, ce tome est pourtant moins immersif que le précédent car le schéma de la mission se reproduit sans surprise et les attentes quant à l'intrigue principale (l'agence) et secondaire (le Graal) ne sont pas comblées. Du côté des nouveautés bienvenues, j'ai aimé l'irruption farfelue d'Adam dans la vie des trois Time riders... et l'évolution féminine de Becks.
Lu le 20 mars 2016
Le quatrième tome commence par le recrutement de Joseph par Waldstein, devenu un misanthrope fortuné. Il souhaite l'associer à son projet qui n'est pas explicité... mais la fin contient certains indicateurs.Liam, Sal et Bob sont envoyés en 1831 sauver Abraham Lincoln d'un accident de la route. Mais le jeune homme intrépide les suit dans l'Arche puis s'échappe dans les rues de Manhattan. Une onde temporelle particulièrement forte endommage les installations et fait basculer les Etats-Unis dans une guerre fratricide sans fin, sous la pression des Français au Sud et des Britanniques au Nord. Pendant de Maddy et Becks essaient de réparer, l'autre groupe chercher à les rejoindre depuis Washington.
Le guerre de Sécession, vieille de plus de 130 ans et enrichie d'innovations plus ou moins effrayantes, est bloquée dans un statu quo démentiel : une ligne de front qui s'étire d'Est en Ouest et partage New York en deux zones dévastées. Le devenir de ce monde sur les bases proposées - à savoir la disparition de Lincoln et l'abolition symétrique de l'esclavage aussi bien au Nord qu'au Sud ayant empêché l'émergence de l'Union - se révèle assez peu convaincant. Mais certaines énigmes prennent forme : le passé de Sal et son lien avec un certain ourson en peluche, l'intérêt de Maddy pour le contenu du Graal emprisonné dans le cerveau de Becks, le vieillissement prématuré de Liam.
samedi 4 juin 2016
Martial Caroff [2]
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Suite : tome 2 de la trilogie Intelligences (ce tome spoile la fin du tome 1), Antarctique il m'a été offert lors du Swap Tissons des liens d'été et il quitte enfin ma PàL, pourtant ce n'est pas l'envie qui m'a manqué !
Dijon. décembre 2037
L'archéologue Jacques Kieffer, célèbre depuis qu'il a participé aux découvertes sur l'Exoplanète, reçoit la visite de deux confrères sud-américains. Ils espèrent sa collaboration afin de poursuivre leurs fouilles en Terre de Feu argentine, où le chantier a livré des artefacts d'âge inconnu dont les décors témoignent d'un style artistique sans équivalent dans l'Histoire.
Au même moment, en Antarctique, dans la colonie israélienne des Vallées Sèches, un chien indocile fait la découverte fortuite d'un étrange humérus. Le paléontologue Vitzhak Goldstein identifie un très ancien fossile de primate...
C'est ainsi que s'amorce une double investigation, l'une archéologique en Amérique du Sud, l'autre paléontologique sur le pourtour du continent austral. Les deux équipes vont accumuler des trouvailles plus fantastiques les unes que les autres, qui les amèneront à se rejoindre dans la Péninsule antarctique
La double piste qui a fait ses preuves dans le premier tome - héritée du parcours scientifique de l'auteur convaincu que les découvertes proviennent d'un faisceau de recherches ? - est reprise dans l'intrigue de ce roman. En dehors du personnage de Kiefer, dont la notoriété permet de rassembler les financements, il n'y a pas le lien entre les deux tomes, comme je l'ai cru au début, d'une présence extraterrestre préhistorique en Antarctique. L'auteur explore une autre piste scénaristique passionnante : l'apparition de l'intelligence et de l'outil dans l'hémisphère austral qui aurait permis le développement d'une civilisation avancée bien avant l'homo sapiens et qui aurait disparu (?) à cause des grandes glaciations et de l'apparition du courant circum-antarctique. L'hypothèse est séduisante, d'autant qu'elle est développée avec style et clarté. J'ai adoré les passages qui expliquent la convergence évolutive entre espèces différentes (exemple : marsupiaux et placentaires) et les évocations des terribles tigres à dents de sabre (André Chéret et Rahan m'ont familiarisée avec cette représentation dont il est prouvé qu'elle est anachronique !)
Kieffer s'attache à une jeune collègue australienne tout aussi passionnée que lui et qui l'entraîne à la découverte des arts premiers aborigènes. Rêve est le dernier tome qui conclut la série et dont je confirme la place dans ma LàL.
samedi 14 mai 2016
Chroniques de la fin du monde

Ainsi s'achève par un COUP DE COEUR ma participation au Babychallenge Livraddict SF 2013 avec le tome 1 des Chroniques de la fin du monde de Susan Beth Pfeffer
Au commencement Enfin c'est le grand soir : l'astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L'impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s'est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle... L'électricité puis l'eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu'ils la connaissaient a disparu à jamais (le titre en VO est plus informatif : Life as we knew it)
Bien sûr ce roman est plein d'imperfections, d'incohérences et d'imprécisions, mais une fois accepté le postulat de départ et une quantité de trucs peu crédibles qui heurtent la raison, je me suis laissée emporter par la survie de la famille Evans dans cet univers post-apocalyptique : Miranda, sa mère et ses deux frères Greg et Jon s'organisent pour survivre en Pennsylvanie, alors que leur père, remarié, tente de rejoindre les parents de sa nouvelle épouse plus au Sud. Je me suis vite attachée à Miranda et à son petit monde, dont les exigences se réduisent comme peau de chagrin face à l'adversité.
Ce roman est à la fois extrêmement prenant et très flippant car il rend conscient que notre vie facilitée par la technologie est tributaire de tellement peu de chose. Il s'en dégage, à la manière de tout récit de survie, une ambiance de fin du monde. On suit le quotidien sans lendemain de Miranda au travers de son cahier, un récit intimiste où elle raconte sans fard ses espoirs et ses mécontentements.
Sans transport, sans eau ni énergie, les survivants replongent en quelque sorte dans le passé de leur pays. J'ai aimé ce côté qui m'a fait penser à la famille Ingalls, leur installation toujours plus à l'Ouest, les espoirs de récolte, les mauvaises années et les rudes hivers.
Lu le 14/11/2013
L'exil
Les survivants
Dans le tome 3 je m'attendais à ce que les personnages se rejoignent, mais j'ai quand même été prise au dépourvu parce qu'ils ne sont pas arrivés par une voie détournée. En effet, Hal, Lisa et le bébé qui est né avant Noël ont fini par rebrousser chemin et sont de retour en Pennsylvanie, après avoir séjourné dans un camp de réfugiés où ils ont croisé la route de Charlie, d'Alex et de Julie.
Lus le 12 mai 2016
Pour quelle(s) raison(s) ai-je moins aimé ces tomes ? Sans doute parce que la découverte étant passée, j'ai été plus sensible au caractère des personnages et il faut admettre qu'Alex est bien moins charismatique que Miranda, bien qu'ils soient tous les deux sans concession. Les tomes souffrent également d'un décalage énorme dans le traitement de la situation entre les deux familles : Miranda garde tous les siens autour d'elle, alors qu'Alex les perd un à un dans des circonstances dramatiques. J'ai fini par ne plus tellement adhérer à l'histoire.
Challenge SFFFvalide les items 1 (auteur féminin) 6 (YA) 14 (climate fiction) et 18 (traduit de l'anglais)
défi déstockage de PàL en duo, l'effet boomerang
challenge 50 états, 50 billets
PENNSYLVANIE
NEW YORK
mardi 10 mai 2016
Les 20 ans de Bifrost
1996/ Jean-Jacques Nguyen – La Limite de Chandrasekhar (7)
Justine est aspirante sur le Lehman (clin d'oeil à l'auteur de la nouvelle suivant) : elle est envoyée comme chef de mission sur Madina, la planète aux fleurs (carnivores et hallucinogènes) mais il s'agit d'un guet-apens organisé par l'oligarchie qui gouverne la planète afin de monnayer les otages contre une réduction de peine pour avoir enfreint plusieurs lois de l'empire : anti-esclavagiste, anti-colonialiste, etc
1997/ Serge Lehman - L’Inversion de Polyphème (60)
Mick, Paul, Francis et Hugo dits la bande des Engoulevents, sont férus de SF, au point de voler les titres de la série Anticipation qu'ils ne peuvent s'acheter au libraire du coin. Blessé d'u coup de couteau, Paul porte un oeil de verre qui lui permet de voir une quatrième dimension, "repliée" dans la nôtre. Cela lui permet d'assister avec ses amis, au crash d'un curieux garçon monté sur un dinosaure. Mais les hommes en noir lancés à leurs trousses les menacent de représailles...
Cette nouvelle est truffée de références aux classiques de la SF et témoigne de la vocation d'écrivain installée dès l'adolescence de l'auteur.
1998/ Greg Egan – Vif Argent (112)
Un virus très actif conduit à la mort en quelques jours par desquamation massive. Les rares victimes secourues à temps, sont conservées dans un gel anesthésiant. La narratrice, chercheur en biologie, suit une piste sanglante pour trouver un porteur sain présumé qui se déplacerait d'est en ouest. Elle croise une curieuse communauté totalement interconnectée qui vit dans de minuscules villages de quelques centaines d'âmes. Ses membres pratiquent la quête du Sentier du bonheur par référence au Sentier de larmes des indiens cherokee déportés au siècle précédent.
Un point commun avec la nouvelle qui précède : la capacité à regarder au-delà des apparences et un questionnement du monde " réel ".
1999/ Michael Swanwick – La Vie des morts (150)
Je me suis un peu trompée mais à peine sur le sort que Courtney, redoutable chasseuse de tête, réservait à Donald dans ce monde où les zombies font une excellente main d'oeuvre, infatigable et docile.
La nouvelle est plutôt courte, comme de coutume chez cet auteur, mais elle est néanmoins ma préférée incontestable pour le moment, tant pour le style concis, essentiel que pour l'inspiration
challenge SFFF valide l'item 20 : société posthumaine
2000/ Thomas Day – Dirty Boulevard (165)
Un texte qui exploite l'exploration des bas-fonds : vices humains et monde underground habitué des catacombes confondus, à travers l'histoire d'un urgentiste attiré par une jeune femme gothique en mal d'expériences extrêmes. Un nouveau rendez vous manqué avec l'auteur, comme à mon habitude, je n'ai pas aimé, c'est pourtant bien écrit, plein de références, mais trop tordu. J'ai pensé à Poppy White.
2001/ Bruce Holland Rogers – L’Autre Bord (209)
Conserver l'esprit humain dans une enveloppe artificielle est le sujet de nombreuses nouvelles. Maas et Richardson ont créé ensemble une fascinante machine " LAB " capable de traiter des données à l'égal d'un esprit humain. A la mort de leur sponsor, ils décident de reconstituer sa personnalité à partir des souvenirs de dizaines de personnes qui l'ont connu, puis ils se servent de la reconstruction pour continuer à communiquer sur le projet. Mais si Maas veut accéder à l'immortalité, Richardson se pose des questions sur le passage, la mort.
2002/ Karl Schroeder – Le Dragon de Pripiat (239)
Le nom me rappelait un souvenir, mais je ne m'attendais vraiment pas à ce sujet de nouvelle... puis le souvenir s'est précisé avec la description des abords, de la route, de la forêt... plus avant dans ma lecture, plus aucun doute, c'est de la même veine que Printemps à Tchernobyl d'Emmanuel Lepage.
J'ai beaucoup aimé ce texte, Gennary chasseur de primes des temps modernes et Lisaveat qui m'a fait penser à une autre hackeuse prénommée Lisbeth.
2003/ Philippe Caza – Les pierres vivent lentement (285)
J'aime ce que le monsieur dessine, mais il écrit un peu de la même façon, avec une matière très visuelle, poétique ; la nouvelle m'a évoqué une sorte de mythe de Pygmalion inversé ou Une Vénus d'Ille moins inquiétante, plus subtile mais néanmoins effrayante par son caractère inéluctable.
Au rang 3 actuel de mes préférences,
2004/ Xavier Mauméjean – La Faim du monde (298)
Une autre sorte d'artiste - un cuisinier universel qui pour le compte des Nations Unies règle les différends entre les peuples - mais une cérémonie qui ressemble au happening de Yoss dans une des nouvelles qui composent Planète à louer. Ici ce sont des extraterrestres blasés de nouveautés qui assistent au spectacle de la mise à mort théâtralisée de l'artiste, là ce sont des diplomates de toutes les nations qui goûtent aux mets confectionnés dans les traditions culinaires du monde entier qui communie à la paix par le repas sacrificiel d'un homme, figure christique volontaire.
Le texte oscille à la frontière de l'horreur et de l'esthétique absolues.
2005/ Jacques Barbéri – L’Âme des sondeurs (319)
Kougar et Isadora sont des sondeurs qui découvrent en Kaliandra le Paradis recherché par leur vaisseau pour le compte du Nouveau Rédempteur. Mais la planète est occupée par des humanoïdes télépathes, accueillants et heureux. L'installation de la cathédrale est sur le point de transformer leur monde en enfer. Les âmes recueillies par les Kaliandrais, associées à Kougar et Isadora, sur un scénario imaginé par Donatello vont parvenir à éliminer le danger. Ode à la liberté
2006/ Catherine Dufour – La liste des souffrances autorisées (344)
autre texte de l'auteur « Je ne suis pas une légende », in Bifrost 30
La nouvelle décrit une société future où le marketing à outrance est sans limite, comme dans Soda et Cie de Max Barry, mais où le simulacre édoniste est maintenu grâce à de la nouvelle cuisine aussi virtuelle qu'improbable servie dans des cadres paradisiaques pour noctambules blasés
au rang de mes préférées à classer au final
2007/ Alastair Reynolds– Un espion sur Europe (365)
La colonisation des océans et des planètes lointaines se rejoint dans cette nouvelle cruelle, une très belle première partie, lénifiante, enthousiasmante quand le héros découvre les réussites de la Démarchie, puis une seconde partie qui bascule dans ce que le titre annonce, une affaire d'espionnage où tous les coups sont permis.
valide l'item transhumaniste
2008/ Stéphane Beauverger– Origam-X (390)
Basée sur une relation SM futuriste, cette nouvelle pour adultes où tout est suggéré, mais rien n'est dit, est (presque) à mettre entre toutes les mains, le malaise n'en est que plus insidieux. Ce n'est pas la première de ce recueil qui questionne de façon extrême le processus artistique en le reliant aux effets de la drogue et/ou de l'accoutumance, de l'art total, etc
2009/ Lucas Moreno– Demain les eidolies (408)
Desmond Torrent est le père de la maïeutique de surface ou l'art de faire émerger aux yeux du profane les eidolies qui peuplent toute surface plane. Le professeur Shaninsky a commencé une thèse sur l'artiste avant qu'il ne disparaisse... pour le convoquer étrangement une dizaine d'années plus tard. Mais l'étudiant n'est-il que le fruit de l'imagination du savant ou le savant lui-même la création d'un artiste supérieur ? La créature pensante née d'une créature se pensant pensante... comme des gigognes emboîtées qui vont bien plus loin que le titre déjà le laissait imaginer.
2010/ Laurent Genefort– Rempart (429)
déjà téléchargé sur Bifrost et lu la suite Points chauds
2011/ Jérôme Noirez– Faire des algues (452)
La Lisière est un monde en équilibre sur la réalité du nôtre par un point tangent. Pourtant un salon des écrivains y a lieu, avec ses artifices et ses figurants : organisatrice, invités, public... Sous la loupe de l'auteur, les petits travers des uns et des autres apparaissent à peine grossis un peu décalés mais bizarrement proches, comme dans une homothétie.
2012/ Christian Léourier– La Source (472)
Un peuple migrateur, vivant de frugalité confronté à une entité extraterrestre très avancée qui teste sur eux les conséquences d'offrandes de nourriture, de technologie... Un vieux Sachant qui attend le retour de sa fille malgré l'hiver. Une nouvelle ouverte qui questionne sans tenter de réponse
2013/ Thierry Di Rollo– Le Choix du quêteur (492)
Blom est un quêteur, un enquêteur qui cherche à faire la part des responsabilités dans des accidents spatiaux à partir de la reconstitution des scènes ultimes grâce aux prélèvements d'holums (hologrammes des intervenants) sur les lieux. Il s'attache à certains d'entre eux et ne parvient pas à les laisser disparaître totalement. Martha Brodie est la plus déconcertante de tous les holums qu'il a détournés du néant.
2014/ Léo Henry– Le Major dans la perpendiculaire (513)
Une nouvelle autour de l'univers de Boris Vian, avec plein d'auteurs dedans et une histoire d'uchronie loufdingue, mais tout finit bien d'aplomb comme dans les récits linéaires que Gustave le robot apprécie de lire
2015/ Mélanie Fazi– La Clé de Manderley (535)
En allusion très transparente à l'univers de Daphné du Maurier (Rebecca et Maxime de Winter dont j'ai adoré la lecture au lycée) cette nouvelle fantastique gravite autour du patrimoine cinématographique, du travail de mémoire et d'oubli, mais aussi des façons de passer "derrière le miroir" à la manière de Lewis Carol.
bilan SFFF :deux auteures
un seul auteur métissé
des auteurs traduits
du planet et même du space op
du fantastique et des mondes parallèles
des IA et des humains augmentés
etc
valide l'item 19 : recueil de nouvelles
dimanche 10 avril 2016
Lexicon
On suit la vie de deux personnages sans trop comprendre dans quoi ils sont embarqués : tous les deux ont la particularité d'être soumis à des aléas qui les dépassent. Will Parke est amnésique, il ne se souvient absolument pas d'avoir vécu en Australie, mais son cerveau présente une singularité qui intéresse des ravisseurs : alors qu'il vient d'être pris en otage à l'aéroport, sa femme tente également de le tuer (le début rappelle Total recall pour ceux qui l'ont vu). Tom l'aide à s'échapper et ils partent en cavale.
Emily Ruff quant à elle, est une petite arnaqueuse qui survit au jour le jour dans les rues de San Francisco grâce à des tours de cartes truqués. Repérée par Eliot convaincu de son potentiel, elle réussit les tests d'entrée et intègre une école aux méthodes un peu spéciale qui recrute des gamins naturellement doués pour la persuasion. Elle se montre rapidement une élève particulièrement perspicace et autonome dans ses apprentissages et découvre autant qu'elle apprend les éléments d'une théorie comportementaliste extrêmement efficace. Leur fondateur a établi que chaque individu appartient à un groupe (ou segment) psychologique auquel une clef mentale identique permet d'imposer sa volonté. Dans la pratique, cela agit comme de l'hypnose mais en beaucoup plus fort puisque l'énumération de la suite de syllabes choisies annihile toutes ses barrières mentales et le transforme en exécutant obéissant aux commandes, y compris contre son gré. Les plus brillants étudiants acquièrent le statut de poète, celui qui sait se servir des mots.
Broken Hill, une ville minière d'Australie, est devenue une ville fantôme. Les habitants s'y sont entretués jusqu'au dernier. Un mot unique : le lexème universel, en serait la cause. Son périmètre, encore supposé dangereux, est interdit d'accès.
En parallèle, T. S. Eliot est sur la piste de Virginia Woolf. Leurs capacités en font deux des membres les plus puissants de l'organisation à laquelle ils appartiennent. Mais elle est une dissidente qui représente désormais un immense danger et qu'il doit éliminer. On comprend que les fils du récit vont se rejoindre dans le temps et l'espace mais un suspense savamment mené fait le sel de l'histoire.
J'ai autant aimé les trois personnages Will, Emily et Eliot et je ne me suis ennuyée à aucun des passages abordant le point de vue de l'un ou l'autre.
Je crois qu'avec un peu de recul, j'aurais pu comprendre les astuces de la construction de l'intrigue, mais la dynamique a été la plus forte, qui fait tourner les pages pour connaître la suite. La manipulation par le langage placée au coeur du scénario, une réflexion sur le mythe de Babel et ce qui suscita le courroux de Dieu m'ont bien intéressée et je me suis laissée entraîner dans cette course poursuite sans répit qui est en même temps une course contre la montre menée tambour battant.
mardi 29 mars 2016
Mr Vertigo
"Tu ne vaux pas mieux qu'un animal. Si tu restes où tu es, tu seras mort avant la fin de l'hiver. Si tu viens avec moi, je t'apprendrai à voler."Repéré et recueilli à neuf ans auprès d'oncle et tante qui ne s'en soucient guère, Walt est formé durant trois dures années seulement éclairées par la présence bienveillante de Maman Sioux et d'Esope, un jeune noir, éduqué à devenir un savant et intégrer une des plus prestigieuses universités.
Puis vient le premier et exaltant résultat de milliers d'heures d'entraînement. Désormais sous les encouragements de son maître, Walt monte sur scène - ou plutôt "s'élève" sur scène à douze ans, pour un public de petites villes. Le succès grandit, la célébrité suit et leur tournée devient prestigieuse : l'étape ultime, la consécration, doit se produire à New York !
Pourtant, le phénomène incroyable que Walt parvient à maîtriser lui cause de terribles effets secondaires. L'explication est hélas sans appel. Son cas est doublement rarissime car l'approche de la puberté le frappe d'incapacité à exercer son " art ". Il préfère renoncer à l'opération, radicale mais incertaine, qui pourrait lui permettre de continuer et envisage une reconversion professionnelle.
Avec M. Yehudi, il prend donc la direction de l'Ouest avec le pécule amassé lors de leurs représentations, pour tenter une carrière à Hollywood... Mais l'oncle de Walt, envieux, mauvais comme une teigne et armé des pires intentions, se trouve sur leur route pour la seconde fois, fatale. Le destin de Walt bascule de nouveau... mais ce n'est pas la dernière fois d'une vie riche en rebondissements, de grandes fortunes en immenses désastres : il se refait, rechute, repart de zéro...
Bonus 50 états 50 billets car les deux personnages principaux ont traversé les Etats Unis de part en part à plusieurs reprises,
KANSAS, CALIFORNIE, ILLINOIS, NEW JERSEY
même s'ils ont fait halte dans des bases plus ou moins stables à Wichita et pour Walt à Chicago.
Je vous laisse découvrir ce magnifique roman sans en dévoiler toutes les péripéties. Je voulais lire la Trilogie new yorkaise de l'écrivain. J'ai opté pour ce roman inscrit au challenge Livraddict et je ne le regrette pas, car le titre seul ne m'aurait pas attirée. J'aime l'écriture enchantée de ce roman d'initiation et de désespérance. L'Amérique de Paul Auster est comparée à celle, violente et misérable, sauvage et naïve, de Mark Twain ou de Steinbeck : l'Amérique des années vingt et trente, du Ku Klux Klan et du jazz, des gangsters et du cinéma.
vendredi 4 mars 2016
Sphère
résumé éditeur :Dans le sud de l'océan Pacifique, à des milliers de mètres sous la mer, un étrange vaisseau spatial est repéré, reposant sur les fonds sablonneux... Un groupe de savants américains descend dans les abysses pour examiner cette extraordinaire découverte qui défie leur imagination : un engin extraterrestre intact après une chute aussi vertigineuse ! Encore plus incroyable, il semble qu'il ait traversé au moins trois siècles... Provient-il d'un univers différent ? Du futur ? Un fait est certain : il n'a pas été construit par l'homme.
Avec une entrée en matière qui m'a fait espérer un roman proche de La nuit des temps de Barjavel, Sphère de Michael Crichton explore des fonds - marins et psychologiques - totalement différents. Les personnages rassemblés dans cette expédition vivent la mise en situation IRL (in real life) de la théorie élaborée par l'un d'entre eux, spécialiste des réactions humaines en situation extrême de confinement.
Le côté fantastique est partout présent : au sens propre, avec l'annonce de cette incroyable nouvelle d'un contact extraterrestre ancien, au sens figuré ensuite par des biais plus inattendus, voire déconcertants pour un esprit cartésien conformément au genre littéraire auquel l'intrigue se rattache.
L'influence de la sphère, d'abord imperceptible, devient peu à peu envahissante. Le roman se développe alors dans une direction onirique parfois mitoyenne du cauchemar, qui crée une véritable surprise et enflamme l'imagination. La fin présente une nouvelle volte-face, avec une approche pragmatique parfaitement " raisonnable " et apporte une conclusion crédible à un texte qui a surfé en grande partie sur l'irrationalité. Elle clôt admirablement ce texte que je relirai pour mieux profiter de ses beautés et de ses astuces, maintenant que je ne suis pas pressée par la curiosité d'en connaître la conclusion narrative.
item 5 du défi SFFF et diversité :
L'adaptation du roman en film est réalisée par l'auteur et Barry Levinson avec Dustin Hoffman (Norman, le psy), Sharon Stone (Beth, son ex, biologiste) et Samuel Lee Jackson (noir, asocial et prodige mathématique). L'intrigue entretient une certaine proximité avec Planète interdite un film SF de Fred McLeod Wilcox sorti en 1956, qui se passe sur une planète éloignée, tandis que le milieu aquatique situe la rencontre du 3ème type plutôt dans l'esprit d'Abyss de James Cameron. 271215
samedi 20 février 2016
Bleu argent
Bleu argent n'est pas un titre très parlant. Dans le premier chapitre, on apprend que cet objet céleste retient particulièrement l'attention de deux adolescents vivant sur les marges de la curieuse planète Poéïa, constituée d'anneaux géants imbriqués. Chacun rêve devant les étoiles : Joris attend impatiemment son admission dans la prestigieuse navette-université le Melkine (objet d'une trilogie signée Olivier Paquet) tandis que Lyzia doit partir incessamment pour l'anneau intérieur afin d'étudier avec les meilleurs conteurs professionnels de sa planète.Lorsque Bleu argent s'écrase non loin d'eux, ils sont les premiers sur place pour découvrir l'intérieur de la capsule éventrée. Leur avenir qui semblait fixé par avance, est sur le point de basculer.
Poéïa est une société dominée par le conte : Légende fondatrice d'Origine, la station située au coeur des anneaux et dont l'alliance avec les roches de la planète offre l'énergie nécessaire à ses habitants, mythe du Melkine, le vaisseau-université qui visiterait l'ensemble des mondes de l'Expansion terrestre recruter de futurs élèves mais dont l'existence n'est pas vraiment attestée, histoires répétées par les Déclameurs ou sorties de l'imagination de Lyzia (je suis sous le charme de son monstre des marais retourné à la mer).

J'ai beaucoup aimé cette histoire en dépit des défauts que je reproche souvent aux romans Jeune adulte et que j'imaginais dus à une sorte de simplicité naïve. Je crois comprendre grâce à ce texte que ma gêne vient de mon impossible identification à des héros adolescents, quelle que soit par ailleurs la réelle qualité de l'écriture.
Je trouve généralement que Manchu réalise un travail magnifique sur les couvertures imaginaires et celle-ci ne déroge pas.
lundi 30 novembre 2015
Le facteur 119
118 facteurs pour une IA parfaite, telle est la formule du professeur Ellyard McComb, cybernéticien de génie. Lorsqu'il découvre que ses créations ont été détournées de leur but premier par Henri Havensborn, son patron sans scrupule, il doit lui aussi faire une entorse à son procédé. Il parvient à modifier, dans leur programmation, le facteur surnuméraire, pour sauver un peuple entier de l'extermination, prenant tous les risques jusqu’à mettre sa propre existence, ainsi que celle des Intelligences artificielles qu’il a créées, en péril.
J'avais très envie de lire Le facteur 119 depuis sa sortie. Je remercie Livraddict et Voy'[el] pour ce partenariat qui m'en donne l'occasion. La lecture sur écran ne m'a pas du tout entravée tant j'avais hâte de connaître la suite et là les pages se tournaient comme des vraies !
Les Bellosiens, pacifistes en avance de plusieurs siècles trahis par une autre espèce, ne laissent qu'un navire stellaire géant, de la taille d'une ville et gouverné par une IA qui va tenter de comprendre le génocide de " son " peuple et imaginer une vengeance à la mesure de ses formidables pouvoirs technologiques.
Les Médroviens sont les méchants de l'histoire. Expansionnistes, ils projettent depuis longtemps de conquérir l'empire voisin des Loraniens. Ils possèdent de gros moyens d'action et sont prêts à toutes les traîtrises : utilisation des querelles intestines de leurs victimes, détournement des IA commandées pour contrer leur menace, guerre bactériologique. Leur bras armé est le chef de la police secrète, Keyrl Hoden installé comme ambassadeur dans la confédération.
Ellyard McComb et son oncle Donovan, un trafiquant au grand coeur, vont s'opposer à leurs sombres desseins. Ils sont accompagnés par Karl, un majordome cyborg et de 4 IA de sa conception : Gabrielle (militaire) Tyler (informaticien) Ethan (médecin) et William (comte et membre de la confédération). En dépit du caractère artificiel des personnages principaux, l'humain est au coeur des questionnements qui sous-tendent le roman, car chacun fait preuve de personnalité et de caractère.
Tirées des cuves de croissance de manière précipitée, jetées dans la bataille avant la fin de leur cycle d'apprentissage, les IA évoluent au fil de l'histoire. " Nées " adultes et surpuissantes, elles continuent à progresser dans leurs apprentissages et montrent leur capacité d'adaptation, notamment pour ne pas heurter les humains. Elles s'interrogent sur leur absence de besoins vitaux : sommeil, nourriture, etc, mais aussi sur les sentiments qu'elles ressentent envers leur créateur et les êtres qu'il leur a donné pour mission de protéger.
De même, les humains sont gagnés par la sympathie qu'ils éprouvent pour ces " créatures " : l'adolescent partagé entre admiration, amour et méfiance, l'homme bouleversé par une attirance contre nature, la femme entravée par ses sentiments envers la copie conforme mais subtilement différente de son mari, l'homme mûr qui n'accepte pas la réplique en plus parfaite de son neveu... tous les degrés d'acceptation sont représentés parmi ceux qui les côtoient : le rejet, le mépris, la crainte.
L'action est très présente au coeur du roman, les IA n'ont guère de répit dès leur venue au monde. Hyperadaptées, elles réagissent au quart de tour et semblent exemptes d'erreurs de jugement. Pourtant, dans les moments de répit, elles sont capables d'éprouver la beauté, l'attachement, la tristesse, la colère, la peur de la perte... ce qui les rend très humaines, fragiles en dépit de leur perfection physique évidente. Elles m'ont évoqué les androïdes en fuite de Blade Runner : même si elles ont trouvé une terre d'accueil provisoire sur Ridhmir, en vivant cachées parmi la population ignorante de leur existence. On peut supposer une suite moins favorable si elles devenaient trop nombreuses ou trop visibles.
Ce roman m'a beaucoup plu et j'espère retrouver Gabrielle et ses compagnons, mais aussi Gebth l'héritier de Ridhmir, pour voir comment ils vont vivre la suite des événements, l'apaisement des tensions entre les duchés, le maintien de la paix et la reconstruction de l'Empire.
dimanche 20 septembre 2015
Aïna, fille des étoiles
La fille des étoiles est une série SF qui met en scène une jeune héroïne, volontaire et dynamique mais ingénue. Aïna quitte le confort d'une vie adoptive sur Terre et part à l'aventure dans l'espace pour découvrir le secret de ses origines. Plus jeune que les actuelles héroïnes de YA, elle n'a que 13 ans, plutôt l'âge des Fantômette donc! C'est sans doute dû à l'époque déjà révolue où sont parus les textes de Christian Grenier, un auteur pour la jeunesse dont je suis en train d'explorer l'oeuvre systématiquement. J'ai préféré parmi les six épisodes ceux où les ressources du bestiaire sont les plus exploitées : la planète des quadrupèdes Oglonis ou celle des primates Makis, espèces non humaines intelligentes, organisées et évoluées. Plutôt placée sous les apparences du space opera, l'ensemble de la série repose toutefois sur une uchronie majeure. Le destin parallèle d'Aïna dans son futur et celui de Jeanne dans notre passé sont intimement liés et le passage d'un univers à l'autre pour parvenir à la résolution finale des deux lignes de divergence est habilement mené.
tome 1 : La mission
Un soir de l'été 2222, Aïna part pour Utopia afin de retrouver ses parents qui l'ont cachée autrefois sur la Terre. Clandestine sur une navette, elle rencontre le futur compagnon de ses aventures, un drôle d'animal philosophe. Mais les cruels Dénébiens seigneurs des Mondes marchands la traquent sans relâche...
tome 2 : Le secret des Oglonis
Au passage, Aïna délivre un monde condamné à l'exploitation et au malheur par l'avidité et la barbarie des Dénébiens et elle se lie indéfectiblement à des amis utiles.
tome 3 : Le pirate de la comète
Dans cet épisode, Aïna pourrait célébrer ses retrouvailles avec son ami Paul, mais celui ci est devenu un adulte puissant focalisé psychologiquement sur la réminiscence d'un âge idéal perdu. Cela m'a mise mal à l'aise, un peu comme la pré-puberté éternelle de la petite compagne du Vagabond des limbes.
tome 4 : Supermaki
Sur la planète de Raha et avec l'aide d'un allié inattendu, le dessein final d'Aïna commence à se dessiner. Ce tome dédié aux habitants de Kaligari et à la quête suprême des Makis est un intermède plaisant mais chargé de sens au sein de la série.
tome 5 : L'arbre vie
Echoué sur une planète utopique, le vaisseau d'Aïna est irréparable. Sa quête semble devoir s'arrêter là, dans les bras du Prince de cet eden. Pourtant l'indispensable Raha, jamais à court d'idées, trouve le moyen de sauver Aïna du piège de cette planète malsaine et de ses habitants.
tome 6 : Faut-il brûler Jeanne ?
J'ai fini par dénicher ce tome qui m'intriguait le plus car il reprend l'histoire de Jeanne d'Arc contre les Anglais, mais il n'est pas celui qui m'a le plus enchantée en dépit de mes attentes. Il m'a rappelé la pirouette uchronique de Poul Anderson dans Le grand roi.
Lire sous la contrainte : deux trilogies ^-^
Un mot, des genres : fille
challenge Summer Star Wars III
vendredi 18 septembre 2015
Centaurus
J'ai aimé l'image du vaisseau de transport géant qui contient la reconstitution d'une vie rurale avec campagnes, ville et villages au contraire de l'imaginaire spatial usuel plein de technologies avancées, stations hydroponiques...
La présentation progressive des personnages est intéressante car si le lien des jumelles apparaît très fort dès le début, leur mystère s'épaissit au cours de l'album. Ensuite, il n'est pas dit d'emblée qu'il s'agit d'un univers clos et que fatalement, tout le monde se connaît plus ou moins, ce qui devrait réserver de belles surprises pour la suite. Un rattrapage de PàL dans le cadre du Summer Star Wars III
Lu le 18 septembre 2015
Le tome 2 vient de sortir
jeudi 20 août 2015
Le chant des psychomorphes
Zéar Shybbs, fonctionnaire modeste et peu fantaisiste, se trouve mêlé à une sombre affaire de conspiration à cause de la visite mystérieuse d'un diplomate brixtéen manipulateur. Pour échapper à cette inconfortable situation, il doit passer dans la clandestinité et se cacher parmi les parias des docks avant de fuir jusqu'à Lambano. Malheureusement, il débarque alors qu’une guerre d’annexion éclate subitement entre Brixto et le système voisin d’Antalys. Zéar, qui se retrouve bien malgré lui au coeur de la rébellion, est expédié dans une base secrète perdue dans les jungles préhistoriques de D04-340. Rattrapé par l’organisation qui l’avait recruté de force comme agent secret, il rejoint le camp des insurgés par un fâcheux concours de circonstances. Aventurier velléitaire bien loin d'avoir l'étoffe d'un héros, il subit chaque soubresaut de l'aventure et semble posséder à fond l'art de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment : il ne fait que s’enfoncer à chaque étape dans un marasme politico-militaire qui le dépasse. La narration au présent et à la première personne plonge le lecteur directement au cœur de l'action, en plein conflit spatial. L'histoire est trépidante et intense et les enchaînements sont efficaces. Tout est raconté du point de vue du personnage principal, Zéar, les autres ayant un peu moins de présence y compris Tingal, un jeune paria, presque un môme mais dont les ressources dans les situations critiques, sont quasiment inépuisables ou le capitaine Trask et son second Wang qui lui sauvent la mise à plusieurs reprises.
Par la lecture de ses commentaires en cours d'écriture, je m'attendais un peu au style de Laurent Whale, une langue proche du lecteur, et à son esprit d'aventure dans un contexte galactique. Cela ne m'empêche pas de déplorer que l'aventure prenne le pas sur la science-fiction. En bref, le roman est plutôt une transposition dans l'espace d'une aventure d'espionnage et de géopolitique où l'aspect space opera n'est pas assez développé à mon goût. J'ai, de loin, préféré la fin qui montre enfin dans leur transcendante beauté les Psychomorphes, dont l'apparition est aussi extraordinaire que brève mais j'ai regretté de ne pas en savoir plus sur cette communauté extragalactique capable de léviter un vaisseau par la pensée, mais qui se meurt sans que la raison en soit explicitée. Si l'auteur fait preuve d'une grande richesse d'imagination, de manière générale, j'aurais aimé plus d'informations sur l'environnement et les espèces alors que les différentes races en présence sont à peine esquissées.
vendredi 31 juillet 2015
Planète à louer
L'univers de Yoss m'a emportée, émue, séduite, questionnée, intriguée... en passe d'égalité avec Laurent Genéfort ce qui n'est pas peu dire (dommage que son oeuvre soit plus réduite). Je ne regrette pas de l'avoir versé un jour dans ma WL et je remercie grandement Asmn qui l'a distingué parmi tous mes souhaits et me l'a offert.
Des cinq longues nouvelles accompagnées de cinq courts de contextualisation il n'y a rien à retrancher, sinon ajouter que j'aurais aimé que l'immersion dure un peu plus longtemps. L'auteur prévient que le rapprochement avec Cuba des années 90's est voulu. Sans avertissement l'évidence est la plus sensible avec le texte Tunnel de fuite et m'a rappelé un film (dont j'ai oublié le titre mais je vais le rechercher) montrant la volonté de quitter la terre natale et les tentatives de fuite sur des chambres à air.
Les personnages sont forts et marquants, même ToiGrandeBrute, le Colossien méprisé par les siens car de trop petite taille. D'un texte à l'autre, les épisodes se répondent, montrant des points de vue différents qui construisent peu à peu une histoire globale, et dessinent une image de désolation tous azimuts. Après le Contact avec les espèces extraterrestres, les xénoïdes, et leur Ultimatum, la Terre est devenue une destination vouée au tourisme sexuel où la majorité de la population asservie essaie juste de survivre. Planète à louer est à la fois un texte engagé à très forte résonnance et une oeuvre de SF complète, magistrale, envoûtante comme le spectacle ultime de Moy.
Pour conclure, une couverture parfaitement adéquate, qui me rappelle je suis une légende... le dernier homme
lundi 30 mars 2015
La lune seule le sait 1/3
Printemps 1889. Un vaisseau hybride de chair et de métal fait irruption dans le ciel de Paris, stupéfiant la foule venue célébrer la clôture de l'Exposition universelle. L'humanité entre en contact avec les extraterrestres Ishkiss et découvre une technologie qui surpasse ses rêves les plus fous.
Dix ans plus tard, l'Europe s'est transformée mais la science fabuleuse, alliant la vie et le métal, est devenue un instrument d'oppression entre les mains de l'Empereur français. Les droits des peuples sont bafoués et les opposants déportés grâce à la nef ishkiss vers le nouveau bagne que Louis Napoléon vient d'inaugurer dans les entrailles de la Lune. Pourtant, la révolte gronde, menée par les artistes et les écrivains exilés en Amérique.
Le déroulement du premier tome de la trilogie se passe au cours d'une visite de personnalités sur la Lune, au moment choisi pour une mutinerie d'envergure. Parmi les membres de la délégation terrienne figure un des précurseurs et prolifique auteur de SF français, dont les rêves ont fasciné et inspiré des milliers de lecteurs. Il est peut être le seul sur Terre susceptible de comprendre les véritables enjeux d'une situation de crise conçue et préparée de longue date.
Ce titre vient compléter ma participation au challenge de Magicienne d'Oz avec un dernier genre : SF, uchronie. Il me permet également de renouer avec le challenge Steampunk de Lord Orkan von Deck qui présente l'avantage d'être illimité dans le temps et autorise donc à découvrir des oeuvres pour se faire plaisir, sans courir après le billet.
J'ai survolé la fin de ce tome et je ne crois même pas que je tenterai la suite. Dommage car j'avais bien envie qu'il me plaise... En effet l'idée de jouer avec la personnalité de Jules Verne est intéressante mais le niveau me semble inadéquat, avec trop de références pour un public jeune, mais pas assez de consistance pour un lectorat adulte et la démarche, l'intrigue sont floues, empesées. 15/4/-3










