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mercredi 8 mai 2019

La Mort est une femme comme les autres

ABC imaginaire : P
Autour du printemps G2-2 : Fantastique
La femme à la faux est prise d'un gros coup de blues. Elle qui fauche sans relâche et avale les kilomètres par milliers, chaussée de ses bottes de sept lieues, n'est plus capable de mettre un pied devant l'autre. Sur Terre, la situation tourne à la catastrophe car les moribonds ne peuvent plus mourir. Les centres de soins palliatifs sont les premiers touchés, mais rapidement tous les hôpitaux sont débordés, submergés d'accidentés mortels en suspens.
Le contexte anormal permet la rencontre improbable d'Anatole, médecin urgentiste couvé par une mère ultra protectrice envahissante et de Suzie, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale. Emm (la Mort puisqu'il s'agit d'elle) qui s'est attachée aux pas de Suzie à la suite d'un geste généreux de sa part, suit attentivement leurs faits et gestes. A se laisser aller à côtoyer des Humains, elle fait l'apprentissage des petits plaisirs de la vie... La Mort deviendrait-elle philanthrope ?
Le style est drôle, léger, enlevé, sans temps mort. La mort est montrée sous un jour fantaisiste, voire en gaffeuse sexy. Les personnages sont attachants : de Suzie à la Faux dotée de parole et de caractère, d'Emm à Anatole et à son chef de service, du voisin âgé de Suzie jusqu'à la mère horripilante d'Anatole, tous sont bien campés, utiles à l'histoire, à laquelle ils apportent chacun leur pierre personnelle. Je n'imaginais pas passer un bon moment avec un sujet aussi redoutable mais Marie Pavlenko réussit le pari ! Presque un coup de coeur

samedi 19 décembre 2015

Les cycles au féminin d'Andrea Japp

  • Diane Silver
J'ai lu les deux premiers tomes de cette série dans le désordre, sans en être dérangée : Dans la tête, le venin et Une ombre plus pâle (Lu le 27 mai 2010) ; la suite La mort simplement vient de paraître.

Nouvelle héroine d'Andrea Japp, Diane Silver est parmi les meilleures profileuses du FBI. Ancienne psychiatre installée à Manhattan, habituée des stars, elle a rejoint les troupes de Quantico à la suite d'un drame personnel qui l'a d'abord fait sombrer en enfer : quinze ans auparavant, un pervers multirécidiviste a violé, torturé puis tué sa fille Leonor âgée de onze ans. Mais Diane, devenue insensible à tout, s'est relevée ; avec hargne, elle s'est juré de traquer sans merci les pires serial killers dont elle a fait sa cible exclusive.
Son pendant masculin est Nathan Hunter, qui lui aussi s'intéresse de près aux tueurs en série. Beau, plus que riche et très intelligent, ce personnage ambigû et plutôt inquiétant intrigue afin d'amener Diane à une alliance a priori contre nature. Ses desseins sont obscurs mais Diane ne semble pas en avoir cure.
Face à ces deux sombres protagonistes taillés pour l'affrontement, le personnage solaire d'Yves Guéguen apporte une touche d'humanité à ce thriller. Colonel de la police française, il a été initié par Diane aux techniques du profilage et apparaît comme un pointillé dans l'histoire.

  • Helen Baron

De l'autre, le chasseur
Pendant trois ans, Helen a vécu le parfait amour avec Cordell Taylor-Caedon, totalement ignorante de sa double vie de serial killer. Refusant d'admettre qu'il l'ait épargnée, alors qu'il a assassiné les membres de leurs deux familles, elle s'est réfugiée dans le reniement de son ancienne vie. Devenue Julia Holmer, elle est décidée à mettre un terme définitif aux "jeux" de son mari, disparu dans la nature. Lorsque les enquêteurs du FBI retrouvent sa trace semée de cadavres, elle propose son aide. S'apercevant de discordances dans le mode opératoire entre les anciennes et les plus récentes victimes, elle leur permet de remonter enfin une piste valable. Mais Charly, prédateur par divertissement, semble s'amuser d'avoir toujours une longueur d'avance.

Un violent désir de paix
Charly a de nouveau pris tout le monde de vitesse et Helen échappe de peu à ses griffes. Il est tenté de la reconquérir ; elle est décidée à le perdre... Ayant accepté de servir d'appât pour en finir, "Terry" emménage dans un atelier isolé dont le système de sécurité présente a priori un unique point faible.
Toutefois, un autre prédateur, fasciné par Charly et ses semblables, est maintenant sur la piste d'Helen. Du point de vue de Cordell, il est hors de question que sa proie lui échappe... ou qu'une tierce personne s'immisce dans l'histoire d'amour et de haine qui le lie intimement à sa femme.
Un mystérieux internaute semble tirer les ficelles.

Sang premier
Helen bénéficie de nouveau du programme de protection des témoins mis en place par le FBI et se cache en Ecosse sous le nom de Constance Wilson ; elle y retrouve sa combattivité. Lorsque Charly sort de son "inactivité" et met en place un piège machiavélique pour la pousser à se dévoiler, elle est prête pour l'affrontement final...
Un des grands plaisirs procurés par les romans d'Andrea Japp tient dans la finesse psychologique des personnages, principaux et secondaires. Dans cette série, la plupart des protagonistes de l'enquête sont récurrents et évoluent au fil des tomes : le lecteur est manipulé jusqu'à l'empathie.



  • Gloria Parker-Simmons

J'ai découvert avec délectation à la médiathèque tout un rayon de policiers signés Andrea H. Japp qui m'avait échappé jusqu'alors. Je me suis précipitée sur La raison des femmes, sans savoir qu'elle était précédée de trois autres enquêtes où apparaissent le même duo de personnages. James Irving Cagney est comportementaliste au département d'études des comportements du FBI chargé de dresser les portraits psychologiques de serial killers. Gloria Parker Simmons (Mme GPS) mathématicienne surdouée mais introvertie, est l'inventeur d'un logiciel basé sur les nuages statistiques, capable de cerner les mobiles et la personnalité d'un tueur en série. Le couple de protagonistes, qui n'en finit pas de se chercher, offre beaucoup de similitudes avec celui imaginé par Patricia Cornwell autour du personnage de Kay Scarpetta.

  1. La parabole du tueur Lu le 7 février 2011
  2. Le sacrifice du papillon Lu le 7 février 2011
  3. Dans l'oeil de l'ange Lu 12/10/10  
  4. La raison des femmes
  5. Le ventre des lucioles
Avis de l'éditeur
Née en 1996 sous la plume d'Andrea H. Japp, la mathématicienne Gloria Parker-Simmons se détache rapidement de sa créatrice pour acquérir une autonomie qui n'appartient qu'aux héroïnes d'exception.
Tout au long des quatre romans qui composent ce volume, elle évolue au rythme d'enquêtes particulièrement retorses, mais aussi et surtout au rythme de son histoire personnelle, dans laquelle le rôle du profileur du Fbi James Irwin Cagney croît en importance.
Lorsque Gloria réfléchit, l'écriture d'Andrea H. Japp se fait dense et précise, déchirante quand elle aime ou déteste, et la romancière parvient ainsi - talent ou magie ? - à doter le lecteur d'une amie. Plus, d'une sœur.

La raison des femmes
Deux hommes dans la cinquantaine se font tirer à bout portant puis égorger. La scène de crime semble maquillée en cambriolage et la police locale, qui revient bientôt sur l'évidence du mobile, se voit supplantée par le FBI : en effet, l'arme du crime a déjà servi, dans un double meurtre onze ans auparavant. Gloria, qui s'intéresse aux circonstances de l'affaire, propose son aide jusqu'à ce que l'approche de la vérité la mette face à sa conscience.
Andrea Japp signe un polar original, qui sort des sentiers battus - la plupart de serial killers sont des hommes, mais je n'en dis pas plus - et entraîne le lecteur dans son univers, criminel certes mais qui reste humain, subtilement psycholoqique, féministe sans être militant.

Le ventre des lucioles
La poésie du titre recouvre une réalité sordide. Les lucioles sont l'image des adolescentes arrachées aux pays de l'est et prostituées au bord des routes, que les feux qu'elles allument pour se réchauffer signalent aux clients. Installé d'abord en Europe, le trafic se propage outre-atlantique ; il se double parfois d'une perversion supplémentaire.



  • Ann Hawk
Le septième cercle
Dans l'Enfer de Dante, le septième cercle est occupé par les traîtres et les lâches.
Ann Hawk était au volant lors de l'accident qui a coûté la vie à son fils et son mari. Elle n'a pensé qu'à sa propre survie durant les quelques secondes avant l'explosion de la voiture. Bien qu'en état de choc, elle a repris son travail dans un cabinet de conseil aux entreprises. Mais elle ressent une sorte d'urgence à agir, qui reste vague jusqu'à ce que se précisent des impressions paranormales en rapport avec le meurtre d'une journaliste d'investigation. Pour comprendre, Ann s'associe avec Richard Codrington, cosignataire d'un article primé de Clara Saragan.
Andrea H. Japp adopte une manière d'écrire économe, très incisive et sans effets superflus, qui rend comme au ralenti le décalage entre la succession rapide des événements et le ressenti du narrateur.
Lu le 5 octobre 2009

La voyageuse
Comme beaucoup de romans d'Andrea Japp, l'histoire se déroule à Boston. Ann se sent un peu comme une voyageuse sans attache depuis qu'elle survit à la mort de son mari et de son fils. Elle, si rationnelle autrefois, ne se fie plus qu'à son instinct au jour le jour. Elle décide qu'il est temps de changer d'air et visite une maison de banlieue à Newton. Mais une impression déplaisante devant la jeune femme qui la reçoit, une odeur de maison mal tenue qui plane dans les pièces délabrées et une atmosphère malsaine suffisent à alarmer son esprit critique. De retour chez elle, Ann décide de s'en ouvrir à Richard qui se lance dans quelques investigations. Mme Gee, l'occupante des lieux lui a menti sans raison apparente.
La suite est un suspense insoutenable et dense comme sait les construire l'auteur. La tonalité du roman est  lourde, traumatisante. Les personnages bizarres et inquiétants, manquent totalement de sérénité. La mort plane, elle a déjà frappé l'entourage de Richard et Ann. Le lecteur sent un drame latent sans savoir où il va éclater...

50 états, 50 billets
Boston , Massachusetts

samedi 28 novembre 2015

Walking dead

Initiée grâce au marathon de LaurenceAuthentique et au challenge Halloween de Lou et Hilde, ma lecture de Walking dead se poursuit tant que la médiathèque locale parvient à me fournir ma dose hebdomadaire ! J'ai vu hélas que les bacs ne contiennent pas de tome postérieur à 17 alors que les auteurs annoncent que la série n'est pas prêt de finir et que les couvertures insérées en fin d'album montrent des numéros au delà de la trentaine.

Rick est resté longtemps dans le coma à la suite d'une arrestation qui a mal tourné. Lorsqu'il se réveille, le monde a définitivement changé.
tomes 1 à 3 : je me suis arrêtée faute de carburant car je n'avais pas emprunté la suite, il y a de quoi faire vu la longueur de la série ! Cela regorge de zombies mais je n'ai pas réussi à trouver cela trop gore car je me suis plutôt intéressée à l'aventure humaine de l'ex-policier et de ses compagnons de hasard et d'infortune.
J'emprunte la suite à raison de 2 par 2 pour faire durer. Les survivants ont fini par trouver une relative sécurité dans une position défendable, mais ils ne sont plus seuls. Chaque épisode est une histoire qui peut être lu indépendamment, notamment grâce au récapitulatif placé en tête d'album qui montre l'ensemble des personnages entrés et sortis avec leur tome d'apparition.

Le stock de la médiathèque s'arrête au numéro 17 mais je suis devenue définitivement fan de cette série (au début j'ai choisi cette lecture du challenge Halloween par curiosité envers les nombreux billets enthousiastes que j'ai pu croiser sur les blogues que je visite).

Walking Dead est une série de comic books publiée depuis 2003. Elle a été créée par Robert Kirkman (scénariste) et Tony Moore (dessinateur) puis Charlie Adlard (dessinateur). Cette série narre les péripéties d'un groupe de personnes essayant de survivre dans un monde peuplé de zombies. L'origine du phénomène demeure inconnue. Rick Grimes, le héros, tente tant bien que mal de protéger sa famille et d'autres rescapés dans ce monde hostile et effrayant, cherchant le refuge idéal, l'endroit qu'ils pourront appeler foyer.

Du groupe de survivants des débuts de l'histoire, il n'en reste que très peu : Rick et Carl son fils maintenant âgé de huit ans, Andréa et Michonne, respectivement tireuse d'élite et experte au katana.
Deux types d'organisations prévalent :
- des groupes armés et ultra violents, plutôt nomades qui règnent par la terreur, rançonnent et exploitent la faiblesse des autres survivants : Woodbury et son Gouverneur organisateur de jeux du cirque, les chasseurs (cannibales), les Sauveurs et leur leader Negan, des gangs de motards
- des communautés d'entraide, installées et retranchées, qui recherchent et accueillent les survivants isolés, pour recréer les meilleures conditions de survie possible : Alexandria avec Aaron et Eric, la Colline avec Jésus, ce que Rick et ses compagnons ont tenté dans la prison
Maintenant que la survie est relativement assurée, en dépit de morts brutales et fréquentes qui amenuisent le groupe de Rick, chaque album se permet d'aborder des phénomènes micro-sociaux. Alors que la gestion des rôdeurs du dehors est devenue presque gérable, sauf lorsqu'ils atteignent la taille critique d'une horde, ce sont les relations humaines qui continuent à poser problème : envie, exploitation, pouvoir, sexe, rivalités, etc

Origine : Comté de King, Atlanta, GEORGIE
Destination : Washington, MARYLAND
à travers :
CAROLINE DU SUD, CAROLINE DU NORD, VIRGINIE


samedi 1 juin 2013

Elle qui chante quand la mort vient

Reçu au cours du Swap des couleurs : Jaune, comme giallo en italien (se dit "noir" en français) c'est un polar publié dans la collection du célèbre Masque à la plume sur fond jaune : le challenge Un mot, des titres me donne l'occasion de le sortir de ma PàL de swaps (3/33)

Serena Jensen, fille unique des fondateurs de Jensenville a accepté d'épouser Zachary-Lee Tauprin : on le sentait prêt à tout pour la convaincre, mais on ne saura jamais trop comment il a fini par y arriver, pour le meilleur et pour le pire. Le bel oiseau serein enfin encagé, on pourrait imaginer l'époux heureux et l'épouse adulée se satisfaisant d'un sort envié dans la communauté villageoise qui doit tout à la dynastie Jensen. Ce serait sans compter sur le talent dramatique de la romancière, qui signe son deuxième titre après La Bostonienne qui l'a fit connaître et remarquer.
Elle qui chante quand la mort vient se passe dans la même région, dans une ville reculée à quelques heures de Boston où il ne se passe jamais rien, pour la plus grande tranquillité des habitants et de leur shérif Bernie qui en est à sa seconde élection... jusqu'à ce que les meurtres surviennent et se succèdent rapidement. Une jeune inconnue aux longs cheveux blonds blancs qui ressemble à Séréna est retrouvée près de l'étang, puis une de ses amies d'enfance, Ann-Lee également blonde, jeune mariée heureuse et enceinte.
Quand elle n'en peut plus de tenir son rang d'ex petite fille bien élevée, d'adolescente obéissante et de jeune femme parfaite sous tout rapport, Serena s'échappe à La Fonderie avec Adrian, un décorateur homosexuel avec lequel elle pourrait parler de jolies choses pendant des heures.

Bernie fonce au volant de sa voiture. Un gamin a découvert le corps de Serena Jensen au bord de l'étang de Saint-Basile. Non, ce n'est pas possible, pas miss Serena, n'importe qui mais pas miss Serena...
Là, au bord de l'eau, il se force à se pencher sur le corps recroquevillé, à saisir les longs cheveux blonds qui couvrent le visage... Dieu merci, pense Bernie, ce n'est pas elle ! Mais cet instant de soulagement ne dure pas, remplacé par l'épouvante à la vue de ce qui lui reste dans la main...
La victime a été scalpée, et l'horreur ne fait que commencer pour Bernie, le shérif de Jensenville, une petite ville bien tranquille des États-Unis...

De mon point de vue, ce n'est pas un des meilleurs thrillers d'Andrea Japp, même si les qualités de l'auteur sont bien présentes : l'intrigue est obscure à souhait et semée de fausses pistes, les caractères sont finement rendus et évidemment imprévisibles, l'environnement social et les mécanismes relationnels sont attentivement étudiés et restitués.

50 états : MASSACHUSETTS