mercredi 30 mars 2011

Sambre


Au programme du circle challenge ABC 2011, Yslaire n'est pas réellement une découverte mais Petite Fleur m'invite à me repencher sur Sambre, une série fantastique à base historique en cinq tomes, avec laquelle j'ai toujours eu du mal...Pourtant, j'aime son trait sombre et nerveux, ses paysages ciselés, sublimes et lugubres, la beauté émaciée de ses personnages, sa grisaille (comme dans les vitraux médiévaux) de lavis, son économie de couleur trouée de touches plus vives de rouille, d'ocre, de pourpre, de sepia...
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Présentation de la série par l'éditeur :
Yslaire écrit avec les mots fulgurants de la passion et dessine avec un élan flamboyant cet hymne à l'amour impossible. Sambre où l'illustration exacte et parfaite du « Romantisme », entre noirceur de l'âme et brûlure des sentiments... A l'occasion de la sortie du cinquième tome tant attendu, quatre nouvelles et magnifiques couvertures ont été réalisées par Bernard Yslaire qui a également refait toutes les couleurs des albums, les rendant encore plus époustouflants. Ces dernières années, Yslaire a énormément travaillé sur la couleur, cela se sent notamment à la lecture de XXème ciel, et les nouvelles versions de Sambre en bénéficient pour notre plus grand plaisir ! Avec la sortie du dernier tome, Bernard Yslaire nous offre donc 5 nouveaux albums à lire et relire avec passion...
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Plus ne m'est rien...
Bernard tombe amoureux de Julie, la dernière représentante de la race honnie, maudite par le vieux Sambre son père, qui s'est sucidé après s'être crevé les yeux. Sa veuve se console furtivement avec un cousin officier de police à Paris et sa fille Sarah reprend l'écriture de La guerre des yeux, un ouvrage fanatique contre les humains aux yeux rouges, exterminés jadis par une coalition de toutes les autres races. Les ingrédients d'un amour impossible et d'une haine fratricide sont rassemblés, place à l'histoire complexe et fascinante des Sambre, sur fond de règne Louis Philippe. Une fable sur l'aveuglement et la folie...

Je sais que tu viendras...
Julie, accusée du meurtre de Mme Sambre, a réussi à s'enfuir et a disparu. Le frère et la soeur la recherchent ; Sarah, par l'entremise du cousin Guizot, pour la faire taire et Bernard pour la faire parler... Sous prétexte de vendre l'hôtel particulier de leur père, il se rend à Paris dans l'espoir de la retrouver et cherche où elle a pu trouver refuge. Le scénario quitte la province, source de scènes bucoliques, symbole de l'innocence encore possible, pour la ville, capitale des vices, où se côtoient misère sordide et envie dans les bas-fonds, idées révolutionnaires, faux-semblants et mondanités dans les salons.

Révolution, révolution...
Février 1848. L'agitation et le mécontentement à l'encontre du régime bourgeois de Louis Philippe couvent dans les bas-quartiers. A l'évocation de la Liberté, la fièvre monte, ainsi que les barricades. Pendant qu'elle sert de modèle au peintre Egon Valdieu qui l'a recueillie et soignée, Bernard, auquel des bribes de secret familial sont révélées, poursuit ses recherches et retrouve la trace de Sambre. Il reçoit l'aide doublement intéressée de Guizot, fat et inconscient du danger : point de révolution sous la pluie, Paris ne gronde qu'en juillet !

Faut-il que nous mourions ensemble...
Julie, de nouveau à la rue et recherchée pour meurtre, est cachée par Rodolphe, un révolutionnaire. Comme pour Valdieu, elle incarne pour ses compagnons d'oppression l'image de la Liberté immortelle. Mais enceinte et se sentant trahie, c'est la mort qu'elle appelle sur les barricades. Bernard ne va guère mieux : il cherche à rassembler les pièces d'une vérité qui semble tantôt se dévoiler, tantôt se dérober. Des révélations de Guizot, un Sambre illégitime, de sa soeur Sarah, du Vicaire, un brocanteur proxénète ou du majordome qui ont connu le vieux Sambre, il ne sait plus que croire.

Maudit soit le fruit de ses entrailles...
Guizot est convaincu que l'ancienne malédiction que les femmes aux yeux rouges font peser sur la lignée des Sambre, ne peut être levée que par le départ de Julie. Il la tire du bagne pour organiser sa déportation en Guyane, tandis que Bernard-Marie, le dernier Sambre, né sur les barricades, est élevé par Sarah. Une nouvelle fois, le scénario joue l'éloignement, laissant derrière lui la terre de France, pour la promesse d'une autre vie.

sortie du tome 6 La mer vue du purgatoire

Graphiquement, les planches de cet album sont les plus abouties. Pourtant, est ce l'histoire ou ce rouge leitmotiv, le malaise que j'éprouve à cette BD ne s'estompe pas vraiment. Julie Saintange, avec son regard grenat et son visage en citrouille m'empêche de profiter pleinement de l'agrément du scénario et des illustrations, bien que je trouve un intérêt grandissant à cette série. Je retrouve également un autre élément constant qui me fait apprécier l'oeuvre de Bernar Yslaire : il intègre toujours à la trame narrative de ses albums de nombreux éléments de culture et d'histoire.
30 mars 2011

Une suite raconte La guerre des Sambre... à lire.

dimanche 27 mars 2011

Persépolis

challenge tour du monde : Iran

Persepolis 1/4
Ce livre est une grande première qui fait entrer la production artistique iranienne dans le monde de la BD.
Marjane Satrapi raconte la révolution iranienne vue de l'intérieur, dans un style noir et blanc qui, bien qu'au service de l'aspect mélodramatique du témoignage, n'exclut pas pour autant les touches d'humour.
La technique graphique est originale : proche de la carte noire à gratter, elle utilise largement de grands aplats noirs détourés en blanc ou des contours au trait fortement stylisés.
Les quatre tomes ont fait l'objet d'une adaptation au cinéma, sous la forme d'un long métrage d'animation supervisé par l'auteur.

Première période : Téhéran, 1979-1980, instauration de la république islamique
Le récit en images exprime le point de vue d'une petite fille de huit ans, issue d'une famille moderne, cultivée et politisée. En dépit de son jeune âge, elle fait preuve de beaucoup de recul, notamment sur sa position privilégiée dans la société : elle s'interroge sur la cadillac de son père, la bonne qui ne mange pas à leur table mais dans la cuisine... Elle développe pourtant un imaginaire propre à l'enfance, où la religion et la politique revêtent des caractères simplifiés. Elle rêve avec exaltation d'un rôle dans un monde en marche : prophète de Dieu, avec qui elle entretient de longues conversations, puis révolutionnaire de gauche, Marx et Dieu n'étant pas à ses yeux totalement dépourvu de ressemblances. Bien que les hommes de son entourage, emprisonnés pour leurs idées, soient ses héros absolus, elle ne peut exclure de se poser des questions sur la notion de martyrs... La cohabitation avec la révolution et la chute du régime du Chah, puis la répression, les purges et l'exil, enfin la guerre passée avec la Russie, puis le blocus américain, évènements vécus à travers l'histoire de sa famille et le quotidien de ses proches, l'aident à corroborer et à mûrir les nombreuses idées puisées dans les livres.
J'ai appris beaucoup sur l'histoire et la grandeur de l'Iran, ancienne Perse vaincue et occupée, mais au passé néanmoins glorieux et à la culture identitaire forte, mais aussi sur son actualité récente et sur le vécu d'une partie de la population. Marjane Satrapi cherche une vérité qui  fuit les faux-semblants : elle livre un témoignage digne et émouvant, mais sans pathos.

samedi 26 mars 2011

Balade Balade

Pour l'anecdote, alors que Tiphanya m'envoyait Balade, Balade dans le cadre du Loto BD - Fictions réalistes, elle-même, via sa moitié, lauréat dans la catégorie Histoires imaginaires, recevait de son côté... Balade Balade. en LC avec elle le 26 mars 2011
Il est vrai que les deux positions se défendent... car une histoire fantastique où se croisent plusieurs sources d'inspiration littéraires s'imbrique dans une narration plus quotidienne et réaliste, jusqu'à ce que les deux se rejoignent de manière intelligente dans un dénouement inattendu, dont je ne révélerai rien de plus que le résumé de l'éditeur !

A la suite de l'annonce lancée aux quatre coins de l'univers d'une mise en vente de notre planète, débarque un éventuel acheteur qui, en guise d'état des lieux, exige d'en faire le tour complet avant d'en signer l'acte de vente... Un superhélico l'attend pour ce long voyage. Mais le client n'y entend rien, il désire entreprendre ce tour du monde à cheval... - Avez-vous une vague idée de la balade ? - Balade balade !! Partant de cette idée de scénario géniale, Kokor nous invite à un formidable et loufoque voyage à travers le monde, où nous croiserons des références à Don Quichotte, à la légende du roi Arthur et aux formidables récits radiophoniques d'Orson Welles.

110 pages d'un voyage émaillé de poésie, de féérie et d'humour : j'ai aimé le petit drapeau sur le sac à dos du guide et sa bonne volonté de vendeur, à toute épreuve, le caractère gentiment tyrannique de l'acheteur potentiel et ses choix de monture improbables, ses lubbies et la manière incompréhensible dont il communique et pourtant se fait comprendre, un duo qui fonctionne en dépit des invraisemblances et de toutes les incongruités, puis devient un trio : qui est ce Moineau qui cosigne avec Lexlord le scénario du feuilleton Balade, Balade ? Un grand merci pour cette découverte de l'univers de Kokor, que je ne connais pas non plus sous son nom d'Alain Koch.

vendredi 25 mars 2011

Gagnante !

Grâce aux partenariats du Blog-ô-Book, je viens de trouver trois livres coup sur coup dans ma BàL :
- Le voyage de Sparte de Maurice Barrès paru chez François Bourin Editeur
- Au-delà d'Abencorr de Michel Spielmann chez Mon petit éditeur
- Le chant des pistes de Bruce Chatwin, Le livre de poche. Merci BoB !

Dans le cadre du Winter time travel sur le thème de l'uchronie organisé par le RSF Blog, j'ai pu me hisser à un rang convenable des commentateurs de BD (derrière Mo' et les deux grands gagnants toutes catégories confondues Anudar et Eumène de Cardie) et je recevrai avec joie :
- Ceux qui sauront de Pierre Bordage. You're always welcome Lhisbei !

Enfin, Babelio m'annonce que dans le cadre de ma participation à un concours associé au Grand jury du roman policier, je vais être destinataire d'un exemplaire de :
- Thomas Cook, Les leçons du mal. Je suis ravie, merci !

lundi 21 mars 2011

Polynie

Grâce à un partenariat avec BoB et les éditions Robert Laffont que je remercie tous les deux, je viens de recevoir un roman " polaire " de la rentrée littéraire d'hiver 2011 dont le titre évoque une étendue d'eau
libre ou recouverte d'une mince couche de glace qui se forme au sein d'une banquise en période estivale. Dans la continuité du Journal intime d'une prédatrice de Philippe Vasset, Mélanie Vincelette va m'entraîner en Arctique, aux antipodes de mes lectures sur le Grand Sud !
Présentation de l'éditeur :
On a retrouvé le corps sans vie de Rosaire Nicolet dans une chambre d'hôtel de la ville d'Iqaluit, une toute petite bourgade près du cercle polaire. Qu'est-il arrivé ? Tout le monde aimait Rosaire, cet ardent défenseur de la cause des Inuits, ce robuste gaillard toujours joyeux, ce beau parleur qui racontait aux dames de si jolies histoires. Quand il apprend cette mort, Léandre est bouleversé. Il part à Iqaluit reconnaître le corps de son frère. Mais une fois sur place les certitudes de Léandre fondent comme neige au soleil. Sans être un parfait salaud, Rosaire n'était pas un ange non plus. Sa mort demeure étrange… Mélanie Vincelette avait reçu le prix Anne-Herbert en 2007 pour "Crimes horticoles" (Éditions Robert Laffont). On retrouve dans "Polynie" le ton unique, drôle et poétique de cette jeune Canadienne qui s'impose comme une voix majeure de la littérature francophone.

Les deux frères Nicolet vivent à proximité du cercle arctique.
Ambroise est cuisinier dans une concession minière sur l'île de Baffin. Il est amoureux de Marcelline, une belle glaciologue qui fait pousser des fraises sous serre, mais il est loin d'être le seul.
Rosaire, un brillant avocat en droit international spécialisé dans la cause inuit, vit à Inaquit. Il est retrouvé mort, empoisonné par un excès de vitamine A, dans une chambre d'hôtel minable " le cercle polaire ".
La recherche d'un mobile et d'un coupable donne à Ambroise l'occasion de se questionner sur leur relation fraternelle et sur la personnalité de celui qu'il croyait connaître " comme un frère ".

Polynie est un roman que j'ai lu avec intérêt et agrément mais qui ne m'a pas convaincue.

Comédie sentimentale ? Marcelline est une femme libre, dont le coeur n'est pas facile à prendre : Ambroise a pour principal rival Tommy, natif de la région et paré de son aura de pilote : il ne peut lui opposer que sa timidité envers les femmes et les petits plats qu'il cuisine avec amour (c'est un livre qui donne envie de le lire une fourchette à la main... avec d'appétissantes recettes à chaque détour de chapitre).

Comédie de moeurs ? Les jolies jeunes femmes inuits sont présentées comme des intrigantes qui n'hésitent pas à descendre au Sud, à Montréal, et à se prostituer avant de trouver le mari idéalement riche : Marie-Perle, qui a séduit Brice de Saxe-Majolique, prince et propriétaire de la mine mais ne l'aime pas, Lumi la dernière petite amie de Rosaire, qui a pour habitude de faire prendre des assurances-vie dont elle est la bénéficiaire à ses soupirants.

Intrigue policière ? Les si nombreuses pistes suggérées sont finalement abandonnées lors du dénouement qui tourne un peu court avec l'intervention d'un " deus ex machina " : les aveux rapides d'un outsider, dont les raisons sont bien moins convaincantes que celles d'autres suspects.

Intrigue historique ? Rosaire a suivi les traces de leur ancêtre, Jean Nicolet, qui avait tenté d'ouvrir une nouvelle voie - septentrionale - vers les richesses de l'Asie sur la base d'une carte maritime volée et détenait peut être la preuve que les Chinois auraient devancé Christophe Colomb en Amérique

Chronique ethnographique ? Les revendications des grandes puissances et les difficultés des autochtones à faire reconnaître leur droit ancestral sur le grand nord canadien, la description des conditions de vie arctiques et de l'exploitation des ressources minérales sont certes dignes d'intérêt, mais elles ne font qu'effleurer la réalité inuit et n'atteignent pas à la truculence et à la vigueur des racontars d'un John Riel, même si j’en apprécie modérément les écrits.

Globalement, cela m'a donné l'impression d'une extrême touffeur et d'un manque de profondeur.
Je comprends mieux mon sentiment depuis que j'ai lu que l'auteur envisage d'écrire un autre roman dans le même univers : « J’écrirai certainement quelque chose d’autre avec cette ganglà, pour un prochain roman. Je pense en faire un dont l’intrigue se passerait dans un village de pêche sur la glace. » et qu'elle a travaillé cinq années à la réécriture de ce texte : « J’ai enlevé des pages et des personnages, comme lorsqu’on fait bouillir la sève d’érable et que ça devient du sirop, pour garder le plus "sucré" d’une certaine manière. ». 
A mon avis, elle n'a au contraire pas assez édulcoré et elle a encore gardé trop de matière pour un seul ouvrage, ce qui ne nuit en rien à sa qualité d'écriture mais disperse l'attention du lecteur dans trop de directions divergentes et aboutit à une insatisfaction, quand l'intérêt éprouvé pour certains aspects du roman se trouve un peu floué.

dimanche 20 mars 2011

Le cycle d'Ostruce

France/Suisse
Le Cycle d'Ostruce
Entamée il y a quatre ans, cette série écrite par Nicolas Pona a révélé le talent du dessinateur neuchâtelois Christophe Dubois et s'achève sur le tome 4 « Le désespoir des Dracks ».
L'héritier du dragon
Dans une Russie de légendes, entre steampunk et uchronie, l'empire a sombré dans le chaos. Le tyran-dragon Ivanovitch vient d’être assassiné et ses œufs massacrés, tandis que les foules prolétariennes hurlent leur révolte sous les fenêtres du palais.
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L’amazone Drack Ajjer Kosak, une redoutable guerrière de l’ancienne garde rapprochée de feu l'empereur est en cavale. Elle se fait dérober le trésor qu’elle cache dans ses bagages par Katiana, voleuse de grand chemin et un peu sorcière, qui s’attache à ses pas. Intervenant dans une querelle, elle vient en aide au sanguinaire peuple Elkin menés par l’ogre Iron. Frimas, le glacial commissaire de la nouvelle république est sur ses traces… Le début est prometteur. Les personnages sont ambigus et le scénario, complexe, ne laisse aucun répit. Les dessins aquarellés, époustouflants, donnent classe et vigueur au grand vent épique qui souffle sur cette aventure.


Héria
Au début du tome 2, Ajjer et le dernier œuf-héritier du grand dragon empereur sont sous bonne garde. Frimas entend les livrer aux révolutionnaires et les fait embarquer sur un étrange vaisseau-sorcière. Le dirigeable dont les cales regorgent du trésor des Ivanovitch, est animé par Héria, figure de proue qui se prend pour une déesse et a ses propres aspirations. Une autre Drack ambitieuse et froide entre en scène… Les paysages de neige rivalisent avec la beauté des figures féminines. Héria, dernière de ses semblables, est pathétique et attachante dans sa volonté d’élever un temple à sa gloire dans une chaude contrée.

Désillusion
L'oeuf, symbole de pouvoir dans cet empire déliquescent, a été enlevé Iron qui en espère la faveur des révolutionnaires et livré à Frimas. Ajjer a été blessée grièvement au cours du combat avec l’autre Drack.
Katiana qui ne l’a pas abandonnée obtient qu’elles soient conduites à un hôpital. Le directeur est une sorte de Docteur Moreau qui a trouvé dans cet ancien sanatorium perdu dans les neiges et isolé, le moyen de poursuivre des recherches monstrueuses sur la génétique.


Le Cycle d’Ostruce est un conte essentiellement féminin, beau et violent qui invite l'heroic-fantasy en pleine Révolution d'Octobre ! Pona et Dubois proposent un saisissant rêve en rouge et blanc dans des contrées sauvages et glacées, un voyage fantastique pimenté de magie et de nouvelles technologies, un mélange déstabilisant entre ancien et nouveau monde.
La série est imaginative et tortueuse, le lecteur peut apprécier la qualité de l'intrigue principale et l’inventivité des personnages secondaires, sans saisir, jusqu'à l'aboutissement final, où il se fait mener.
Une très belle découverte due au challenge Winter time travel.

L'impératrice rouge 4/4


Je poursuis avec une autre uchronie inspirée de la révolution bolchevique, L'Impératrice Rouge, la grande saga russe de Jean Dufaux et Philippe Adamov (dont je suis fan depuis Les eaux de Mortelune), en quatre tomes également.
A la tête de toutes les Russies, le vieil empereur Pierre et sa jeune épouse Catherine se disputent le pouvoir : tous les coups sont permis dans l'affrontement impitoyable auquel se livre le couple ennemi.
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Le sang de Saint Bothrace
L'impératrice Catherine, reine de toutes les Russies, refuse de se soumettre à son terrible époux, vieillissant mais encore puissant. Belle et intrigante, elle aspire au pouvoir sans partage et fomente intrigues et complots pour parvenir à évincer l'empereur. Cherchant à s'allier des forces présumées indomptables, le couple rivalise dans la trahison et la cruauté. La lutte qui s'engage dans les couloirs du palais s'étend bientôt à toutes les steppes !
Une ambiance fantastique, des personnages typés, des événements en phase avec notre actualité : une série qui démarre haut et fort.


Cœurs d'acier
Avec ce deuxième tome, on continue d’évoluer dans un univers futuriste au parfum d’URSS, qui n'avoue toutefois pas pleinement son appartenance à l'uchronie. Pourtant... Une référence à Trotsky peut laisser croire que la révolution de 1917 a bien eu lieu ; des cavaliers cosaques semblant surgis du Moyen âge s'emparent d'ogives nucléaires !
Mêlant splendeur graphique et suspense haletant, aspect historique et imagination débridée au sein d'un univers original, le scénario permet toutes les supputations pour les amateurs d'enjeux de pouvoir et d'embrouilles machiavélico-politiques.

Impurs
L’impératrice rouge qui semblait mener la danse en début de série, subit de sérieux revers et se retrouve bientôt seule et sans aide. Ses trois principaux alliés se débattent dans des situations quasi désespérées. Pierre semble donc prêt de triompher. Pourtant, dans les oubliettes du palais, une étrange révolution est en marche, préparant la coalition des forces de la plaine et de la ville pour la victoire finale... Un palais impérial où l'or remplace la pierre et une étoile rouge tombée dans la boue, tel est le décorum fantastique d'un opéra baroque où science-fiction et nostalgie, splendeur et misère se côtoient au fil des pages.

Les grands cachalots
Avec ce tome prend fin le cycle de L'Impératrice Rouge, une vision audacieuse de l'ascension de la grande impératrice Catherine et des tensions qui ont émaillé sa prise de pouvoir étonnante. Les pièces du puzzle s'assemblent en une fresque fantastique qui allie passé, présent et futur pour imaginer un contexte historique sur mesure dont l'intrigue est suffisamment dense pour autoriser toutes les suites.
La rouille guette les cachalots d'acier oubliés au fond de la mer, rappelant qu'il n'y a pas de pouvoirs sans pertes, ni renoncement, même si le siècle qui s'ouvre pour la nouvelle Russie semble d'or et de brocart.

Winter time travel 2011 [uchronies]

« L'uchronie » du grec U (non-) et chronos (temps), en clair un temps qui n'existe pas, est un genre littéraire dans lequel l'Histoire s'est modifiée à partir d'une date de divergence. Ainsi l'uchronie propose aux lecteurs de découvrir différentes Terres alternatives ou univers parallèles dans lesquels l'Histoire a suivi un cours différent.
Le genre est apparu en 1836 avec la parution en France du roman de Louis Geoffrey, Histoire de la Monarchie Universelle, considéré comme le premier véritable roman uchronique, suivi d'Uchronie de Charles Renouvier en 1857. Le thème a été progressivement « récupéré » par la Science Fiction dont il permet d'aborder tous les genres traditionnels et toute les variantes possibles.

Durant trois mois, du 21 décembre 2010 au 21 mars 2011, j'ai participé au challenge hivernal du RSF Blog, sur le thème de l'uchronie.
Merci à Lhisbei pour les bonnes idées "récidivistes" et l'organisation sans faille ; en plus, cerise sur le gateau, j'ai le plaisir inespéré de gagner un des livres de Pierre Bordage mis en jeu.

Je n'ai bien sûr pas lu tout ce que j'avais envisagé et il me reste encore un programme consistant de titres à découvrir (liste dans les commentaires).
Néanmoins et pour commencer, j'ai découvert deux des dix incontournables du genre, dixit les spécialistes :
  • Le Nez de Cléopâtre , Robert SILVERBERG (1994) six nouvelles
  • Le Maître du Haut Château (The Man in the High Castle) , Philip K. DICK (1970) en lecture commune avec Lhisbei and Co (voir le commentaire) : publication le 20 janvier !
J'ai également ajouté un commentaire à ma lecture de Futurs antérieurs (juin 2009) pour :
  • Celui qui bave et qui glougloute de Roland C. WAGNER
et du côté des BD :
  • Uchronies New Harlem t1, Corbeyran
  • Luxley, t1 : Le mauvais œil, Mangin, Ruizgé
  • Waterloo 1911, t1 : Un rouquin de trop et t2 : Welly le petit, Gloris, Zarcone
  • Le cycle d'Ostruce, 4 albums, Pona, Dubois
  • L'impératrice rouge, 4 albums, Dufaux, Adamov
  • Les chroniques de l'Antiquité galactique : Le fléau des dieux, t3 et Le dernier troyen, t6 et fin, Mangin, Démarez, Gajic
  • Valérian et Laureline, dyptique : Métro Châtelet et Brooklin station
  • Sept psychopathes, Vehlmann, Philips

Chroniques de l'Antiquité galactique

La force de ces deux séries tient dans l'extraordinaire habileté de Valérie Mangin à jouer avec les concepts de l'uchronie et à mêler références historiques et (science-)fiction.
  • Le fléau des dieux est une libre adaptation de l'affrontement du terrible roi des Huns et du général romain Flavius Aetius. Aleksa Gajic esquisse des personnages tout en finesse écrasés par la force de leur destin. J'aime beaucoup son trait précis, sa palette subtile, ses grandioses reconstitutions de cités antico-futuristes.
tome 3 : Urbi et orbi Attila poursuit sa conquête de l'empire romain galactique mais les coordonnées de la légendaire capitale Rome continuent de se dérober à lui, tandis que sa déesse tutélaire Kerka, qui s'est incarnée dans une jeune romaine Flavia Aetia, le trahit et prend la tête des armées impériales.
  • Le dernier troyen est une série qui appartient aux Chroniques de l'Antiquité galactique inspirées à Valérie Mangin par la littérature classique : l'Odyssée d'Homère et l'Enéide de Virgile. Sur une trame empruntées aux poètes grec et latin, l'auteur conte les origines légendaires de la Rome galactique et mêle avec une extraordinaire habileté concepts de science-fiction et références historiques. A travers Ulysse et Enée ce sont leurs protectrices, les déesses Minerve et Vénus qui se livrent un combat titanesque. Les dessins d'ombres et de lumières de Thierry Démarez conviennent à traduire le combat des hommes contre la puissance des dieux._
tome 1 : Le cheval de Troie
Défait devant Troie assiégée par Achille, Hector le stratège est remplacé par Enée l'époux de sa soeur Créeuse. Contre toute attente, les Achéens semblent abandonner la bataille, ne laissant derrière eux qu'un astéroïde taillé en forme de cheval, l'emblème de leur cité. Malgré les mises en garde, l'appel à la méfiance et l'opposition de certains, les Troyens font entrer la sculpture dans la caverne principale qui abrite le palais troglodyte du roi Priam. De nuit, les soldats cachés dans le creux de la statue, menés par le basileus Ulysse, réussissent à ouvrir les portes de Troie et à faire entrer les troupes d'invasion revenues en secret.
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La volonté des dieux annoncées par les oracles est en train de s'accomplir : contraire aux Troyens, elle n'épargnera que le sang d'Enée, dont la fuite avec son fils Jules, son père Anchise et une petite poignée de compagnons permettra la fondation d'une nouvelle cité. Le récit, destiné à l'empereur Auguste, est introduit par Virgile, qui s'est attaché aux traces d'Enée en Méditerranée comme Homère à celles d'Ulysse. L'épisode se termine par le salut final, sur scène, de tous les acteurs face au public/lecteur.
Dessiné conjointement par Gajlic et Démarez, La louve de Rome, un livret de présentation de la série Le Fléau des Dieux (Attila) qui ébranla les fondements de la suprématie romaine et fit trembler la puissante ville éternelle, accompagne le tome 1.
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tome 2 : La reine des Amazones
Sur le chemin du retour, les troupes achéennes font relâche sur la planète des Amazones, alliées de Troie dans la guerre. Au cours du festin offert bon gré mal gré par la reine-guerrière, un mal foudroyant s'abat sur le palais, dont seuls Ulysse et ses compagnons, protégés par Minerve, peuvent fuir à bord de leurs astronefs. Dans la capitale et ses environs, toute l'eau - de la mer, des cours d'eau et des êtres vivants - s'est transformée en sel. La nouvelle reine implore Enée, qui vient de se poser à son tour, d'aider son peuple : un oracle lui a révélé qu'un homme serait l'artisan de la survie de leur monde.
L'album est fondé sur un des épisodes les plus connus de la mythologie méditerranéenne, revu, corrigé et extrapolé par les auteurs qui expliquent  leur démarche dans l'encart joint.
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Avec une mise en ombre et lumière remarquable, Thierry Démarez parviennent à traduire le combat titanesque des hommes confrontés à la puissance versatile des dieux : Vénus la mère d'Enée, déesse tutélaire de Troie abandonne sous la contrainte la cité au couroux et à la fureur dévastatrice de Mars et Minerve. Soulignant le caractère épique de cette histoire pourtant bien connue, les illustrations lui apportent un supplément d'âme.
Le pari tenté par Valérie Mangin est réussi : revisiter les textes antiques et leur donner un sens plus moderne, en les transposant à l'échelle cosmique et en les plaçant dans une perspective futuriste.
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tome 3 : Les Lotophages
Après avoir affronté le monde minéral généré par la colère de Minerve et vaincu Méduse, les Troyens goûtent un repos mérité sur la planète des Amazones. Mais ils sont renvoyés dans l'espace à la recherche d'Ulysse qui a disparu avec ses troupes. Pour les protéger d'un ultime danger, Minerve leur confie sa chouette sacrée.
Attirés depuis l'espace par de curieuses constructions concentriques ils se posent sur une planète non référencée : Occulus est habitée par une population pacifique qui se nourrit exclusivement des produits issus de Lotus, la déesse-plante qui couvre toute leur planète. Mais Lotus est expansive, envahissante même et elle assimile tout ce qui lui est étranger.
tome 4 : Carthago
Echappés de justesse à la terrible planète Occulus et à l'emprise de Cérès, terrassée par Minerve, les Troyens arrivent dans le cadran solaire de Carthago, une incroyable planète biface. La reine Didon a vu dans le miroir des oracles la bataille future qui opposera sa planète à l'Orbis romaine et elle souhaite anéantir l'ennemi avant l'heure. Mais la mère d'Enée veille et elle envoie son fils Cupidon décocher une flèche dans le coeur de la souveraine. La bipolarité est exploitée tout au long de cet album. Un encart explique le cheminement des auteurs et leur position par rapport aux récits mythologiques qui les ont inspirés et rattache la série aux autres publications de la collection dirigée par Denis Bajram.

tome 5 : Au-delà du Styx
Enée qui a déjà vu son épouse Créeuse mourir sur Troie, ne se remet pas de la perte de Didon. Il avale une des graines de Lotus pour être sûr que Cérès empêchera Vénus de le ressusciter. Mais la puissance déesse obtient qu'Ulysse accompagné d'Anchise et d'Andromaque se rendent aux Enfers gouvernés par le dieu noir Pluton pour tenter d'en ramener Enée. Les trois compagnons franchissent les portes du Styx et se présentent devant les trois gardiens du séjour des morts. Asphodèles, Tartare ou Champs Elysées, selon leur voeu le plus cher au moment de leur trépas, voire leur sentiment de culpabilité et leur souci du châtiment, les défunts revivent indéfiniment un épisode choisi de leur vie. Hector a bu l'eau du Léthé et Andromaque ne parvient pas à le convaincre de la suivre.
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Cet album est le plus fantastique de la série, qui entre la fiction futuriste d'un empire romain galactique et les écrits de Virgile et Homère ne manque pourtant pas d'évoquer des univers surnaturels. Il permet au talent de Thierry Démarez de s'exprimer avec brillance et démesure. La plupart des planches livre matière à une mise en page grandiose : les anneaux du Styx qui entraînent dans leur flot tumultueux les morts humains ou légendaires (Scylla vaincue par Ulysse, les Titans punis par les dieux), le tribunal des morts et les personnages de la mythologie chtonienne (Cerbère, Perséphone, un Pluton coupé des dieux cruels mais étonnament bienveillant envers les humains). Son album le plus abouti parce qu'il s'éloigne de son inspiration directe tout en réalisant une synthèse extravagante des sources antiques, la couverture est également ma préférée de la série.

tome 6 : Rome (fin du cycle)
Après la chute de Troie, Enée et ses compagnons ont atteint Rome, avec l'aide du dieu des Enfers, et ils ont obtenu une trêve avec les Dieux. Ils découvrent leur nouveau monde, peuplé de dinosaures, mais devraient prendre garde aux marais qui recèlent une mystérieuse cité engloutie. 


Si vous ne le connaissez pas, c'est l'occasion de découvrir sur cette série le blogue Les chroniques de l'invisible !



 

samedi 19 mars 2011

Giro in Italia : primo passo

  1. un livre ou une BD dont les héros sont italiens et/ou dont l’action se déroule en Italie
  2. un livre ou une BD d’un auteur italien
  3. un film italien (réalisateur italien ou tourné en Italie)
  4. un plat et/ou un dessert italien
  5. un élément (musique, peinture…) qui représente l’Italie
La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano
Alice et Mattia traînent un secret d'enfance qui les exclut du monde. Lorsqu'ils se croisent au lycée, chacun reconnaît en l'autre une solitude égale à la sienne. Leur rencontre pourrait rompre leur isolement, mais ils sont tellement encombrés de leur incapacité à communiquer qu'ils ne parviennent pas à se rejoindre.
A l'âge adulte, leur insertion professionnelle réussie masque leur handicap sans réussir à le faire disparaître. Il est autiste et surdoué en algèbre mais ne parvient pas à se laisser aller à une relation amoureuse. Elle est anorexique et se passionne de photographie, mais son refus d'enfant fait échouer son mariage avec Fabio.
Le constat de deux vies vouées à l'échec des rapports à autrui (parents, collègues...) est assez déprimant. Pourtant, l'auteur parvient à montrer la richesse de leur personnalité et à les rendre attachants en dépit de la dureté presque scientifique avec laquelle il dissèque leur (non-)relation. Il a une très jolie image pour décrire leur état : deux nombres premiers jumeaux, seulement mais irrémédiablement séparés par un nombre pair. Ce premier roman lui a valu le prix Strega (Goncourt italien) en 2008. Je voulais le lire depuis longtemps et il ne m'a pas déçue mais beaucoup surprise.

Benvenuti al Sud de Luca Miniero
Pour le punir d'avoir simuler un handicap afin d'obtenir la mutation de ses rêves à Milan, Alberto est envoyé comme directeur d'une petite agence postale de Campanie, dans la région de Naples. Cette affectation, qui avait au départ l'allure d'un vrai cauchemar, devient peu à peu une telle villégiature qu'Alberto se croit obligé d'organiser une mascarade lors de la visite de sa femme pour continuer à l'apitoyer sur son sort ! Comme le dit son grand ami Mattia, le facteur, avec philosophie : " à Naples, on pleure deux fois, quand on arrive et quand on repart".
Sans avoir jamais vu Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon, dont elle est adaptée, j'en ai reconnu de suite l'inspiration. Benvenuti al Sud est une comédie qui brocarde les travers des Napolitains, ainsi que, et surtout, les préjugés des habitants du nord de l'Italie à leur égard. Un bon moment de cinéma, surtout quand on connaît la région, mais pas un film inoubliable, loin s'en faut.
 
Voyages de rêve de Vittorio Giardino
Cet album rassemble quatre courts récits sur le thème du voyage, de nature onirique ou fantastique, qui transportent le lecteur aux abords de contrées inconnues situées aux confins de l'âme, de ses aspirations ou de ses hantises. Dans la lignée de Vacances Fatales, l'Italie, la Grèce ou Gibraltar sont le théâtre de vacances où chaque personnage se retrouve cruellement confronté à l'essence même de ses rêves, pour le meilleur... ou pour sa pire angoisse.
Le dessin, précis, sert admirablement le texte et la chute, lapidaire, est imparable.

Tiramisu` pour 12 verres (ou un grand moule à charlotte) :
- préparer 1/4 de litre de café (additionné éventuellement de quelques gouttes de Marsala ou d'Amaretto)
- séparer les jaunes des blancs de 4 oeufs très frais
- mélanger 250 g de mascarpone, 100 g de sucre et les 4 jaunes
- battre les blancs en neige et les incorporer au mélange
- tapisser le fond du moule avec des biscuits boudoir trempés rapidement dans le café
- recouvrir d'une couche de mélange, puis alterner les couches de biscuits et de mélange
- réserver au réfrigérateur pendant quelques heures
- saupoudrer de chocolat amer en poudre juste avant de servir.

Galleria Borghese
Située dans un des plus beaux parcs de Rome, elle abrite au rez de chaussée quelques magnifiques sculptures dont Apollon et Daphné du Bernin et à l'étage une incroyable collection de tableaux de maîtres très représentative des XVI et XVIIèmes siècles, notamment ma préférée, La dame à la licorne de Raphaël, mais aussi Amour sacré et Amour profane du Titien, Leonard de Vinci, plusieurs Caravage, Botticelli...

vendredi 18 mars 2011

Cassio

BD - PàL sèche - Avril -
Thriller historique en trois quadriptyques
Premier cycle :
Le premier assasin, Le second coup, La troisième plaie, Le dernier sang

Lucius Aurelius Cassio, avocat et médecin personnel de l'empereur Antonin le Pieux est devenu en quelques années l'un des hommes les plus riches et les plus influents de Rome. Un biographe romain rapporte son décès, frappé à mort dans sa villa, par quatre coups de poignards portés conjointement par quatre mystérieux conjurés.
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Au XXème siècle à Ephèse, un chantier de fouilles met au jour une tombe ornée de fresques, contenant une série de flacons et un parchemin apparemment autographe, où Cassio dénonce un de ses meurtriers. L'énigme vieille de tant de siècles résonne alors fortement dans l'esprit d'Ornella Grazzi, l’archéologue à l'origine de la découverte. Décidée à percer le mystère de ce crime non résolu étrangement dénoncé par sa victime, elle s'engage dans la reconstituion de la conspiration.

Cassio, un peu trop honnête pour n'être pas devenu trop encombrant, aurait été très proche de ses meurtriers, qui tous semblent avoir mal accepté de lui être redevables. Parfois, l'amour et la haine peuvent se rejoindre et l'affront doit alors être lavé dans le sang.
Ornella reçoit certaines aides inattendues, mais alors qu'elle se rapproche de la vérité, les tentatives d'intimidation dont elle est victime se précisent. L'énigme du passé se dédouble dans le présent.

A travers cette fresque épique et fantastique, Stéphane Desberg plante le décor au milieu du IIème siècle, de la Turquie à l'Egypte, dans quelques unes des plus belles villes de l'Antiquité admirablement restituées par Henri Reculé, qui trouve le juste trait : plus contemporain qu'Alix l'intrépide de Jacques Martin, mais sans la précision (maniériste) du Murena de Jean Delaby. J'avais déjà beaucoup apprécié leur collaboration dans Le dernier livre de la jungle.

mercredi 16 mars 2011

Nan Aurousseau (2)

J'ai beaucoup aimé ce premier roman de Nan Aurousseau, même si la fin m'a laissée un peu " dans le brouillard " (comme dans le texte). Sur un sujet grave comme le déséquilibre des rapports sociaux et l'exploitation patronale, l'auteur réussit, avec son langage cru et un humour parfois décapant, à faire passer de vraies réflexions.
Je ne suis pas forcément fanatique des citations mais il y a de vraies perles telles qu'une femme qualifiée de " bulldozer de la pensée quotidienne ", des fesses comme " du fromage blanc dans un sac plastique " ou bien encore " il me restait mes poches et j'ai mis mes mains dedans ".

Le racisme et l'intolérance en moins, le sujet m'a rappelé Elise ou la vraie vie de Claire Etcherelli, prix Femina 1967, qui figurait au programme de mes années lycée. Et aussi un ouvrage plus récent que je devrais enfin lire, Les derniers jours de la classe ouvrière d'Aurélie Filippetti, qui est dans ma PAL.

A deux ans d'écart par pur hasard :-) j'ai voulu confirmer mon excellente première impression par une autre lecture Du même auteur. Hélas, je n'ai pas exactement retrouvé le style que j'avais tant apprécié.
Un écrivain a fait fortune avec son premier roman, très largement autobiographique et oeuvre au prochain. Il se fait kidnapper par une jeune femme rendue hystérique par un viol dont elle ne se souvient pas, mais pour lequel elle a retrouvé dans sa boîte aux lettres une dénonciation anonyme accusant son voisin l'écrivain et une arme. Une cavale s'ensuit et une poursuite par un flic trop bienveillant pour être totalement honnête. Les flash backs rendent l'histoire difficile à suivre et le lecteur finit aussi égaré que les deux victimes de ce sombre coup fourré. Tout le monde n'a pas le talent d'un P. D. James pour créer des embrouilles inextricables avant d'abandonner le héros désemparé à son triste sort.

samedi 12 mars 2011

Nemi Montoya

Norvège

Découverte grâce à Fildediane et au Loto BD (catégorie fiction réaliste), Nemi Montoya a le look gothique, le sourire ravageur, l'humour grinçant, la révolte toujours proche et son mot à dire sur tout.
Avatar iconoclaste et à peine déguisé de Lise Myhre, une jeune illustratrice norvégienne qui maîtrise parfaitement son sujet (et pour cause), Nemi laisse libre cours à son enthousiasme et sa critique, donne à tort et à travers des avis tranchés et définitifs sur le monde, l’amour, la musique (quelques belles illu de pochettes incluses)… sans oublier le sel de la vie : les potes, les copines et les virées régulières au pub.
J'ai senti que j'allais l'adorer avant même de mettre la main dessus et dès la couverture, l'impression s'est concrétisée : c'est un bel album souple au revêtement un peu vinyle, dont le plumage va si bien avec le ramage de la belle !!
A découvrir et à consommer sans modération... Les planches de vignettes se laissent également picorer au petit bonheur, sans ordre précis.

jeudi 10 mars 2011

Bleu presque transparent

Mon envie de découvrir l'univers du vainqueur du Goncours japonais s'est heurtée au style très cru de Murakami Ryû. L'auteur livre une peinture déprimante et oppressante de la ville, cette autre "cité des enfants perdus" qu'est le Tokyo dans lequel il consume sa jeunesse en compagnie d'un groupe d'adolescents et de jeunes adultes sans avenir, une génération "no future" blasée et revenue de tous les vices.
Premier roman au titre prometteur paru en 1976, Bleu presque transparent navigue entre le dégoût et le désespoir, qui prennent le pas sur l'étrange beauté de certaines digressions, qu'il est aisé d'imaginer inspirées par les effets conjugués de l'alcool et de la drogue.

" Leur déchéance possède la couleur du bleu presque transparent de la pureté ". L'image me fait penser aux tranches bleues des glaciers dont l'étonnante couleur proviendrait de l’eau pure emprisonnée et gelée dans leurs flancs.
Mais il est bien difficile de discerner trace de rédemption sous la noirceur des actes. Les rares sursauts d'amour ou de morale semblent uniquement destinés à être moqués ou bafoués. Les quelques moments de répit dans le cours du roman ne permettent que de replonger de plus belle dans la narration fétide et nauséeuse de toutes les dégradations physiques auxquelles le groupe se livre à corps perdu, dans des rencontres de hasard. Pourtant, à la dernière page, seule face à tout ce malaise ambiant apparaît porteuse d'espoir la lettre adressée par Ryû à l'une des compagnes de ses nuits de déchéance.

Le livre est parti chez Choco qui me l'a échangé contre Le cahier bleu : j'attends impatiemment ses commentaires de lecture. Il était dans ma PàL depuis le swap Bleu orangé.
Je ne suis pas sûre finalement de vouloir la rencontre avec Les bébés de la consigne automatique qui figurait également dans ma LàL.

Valérian et Laureline

Métro Châtelet et Brooklin station
J'ai cessé de lire les aventures du couple d'enquêteurs galactiques Valérian et Laureline depuis un certain temps, mais le scénario de ce dyptique justifie son inscription au titre du challenge Winter time travel.
Même si je retrouve avec nostalgie le formidable duo Mézières-Christin, comme pour Le vagabond des limbes ou même Les naufragés du temps, je trouve que les dessins sont datés et ont plutôt mal vieilli.

Valérian enquête dans le passé, en 1980, avec l'aide de M. Albert, un agent fixe de Galaxity installé en France. Leurs indices les mènent à la poursuite de mystérieuses créatures qui semblent surgies de l'imaginaire collectif et symbolisent les quatre éléments opposés deux à deux : la terre et le feu, l'eau et l'air.
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Deux grands groupes industriels américains semblent s'intéresser également aux étranges phénomènes.
Pendant ce temps, Laureline explore les étages souterrains de la planète Zomuk et obtient d'une des fabuleuses mémoires immortelles qui les habite, des informations intéressantes sur des évènements similaires survenus sur Ohuru dans un lointain passé. La planète abritait une civilisation médiévale et a explosé après une succession d'apparitions fantasmatiques du même ordre que sur Terre.

Ces épisodes sont intéressants parce qu'un peu à la manière des Yoko Tsuno, l'héroine de Leloup, ils mêlent plusieurs sortes d'imaginaires : un ailleurs lointain dans le temps et l'espace, des références terrestres à la fois contemporaines et fantastiques.

mercredi 9 mars 2011

Au nom du père - Ciudad perdida


Après une double escale réunionnaise : débarquement par Le port de l'encreuse, suivi d'un petit détour chez moi avant de repartir vers la métropole dans mes bagages, Au nom du père poursuit sa route pour rejoindre sa destinataire suivante : Hathaway. J'avoue que je n'étais pas très tentée et que je me suis fait un peu pousser pour la lire (il aura fallu les conseils conjoints de Mo' (armateur à l'origine du voyage) et de L'encreuse (gîte d'étape) pour que je me décide, mais je ne le regrette absolument pas... sauf que je n'avais pas vu qu'elle est en deux parties ! A la dernière page, le livre m'est tombé des mains : quelle déconvenue. Dire que maintenant il va me falloir attendre la suite pour connaître le dénouement de ce dyptique prometteur.

Son diplôme d'ingénieur en poche et au grand dam de ses parents que les voyages n'ont jamais tentés, Etienne décide de passer une année sabatique en Amérique latine. En Colombie, à Ciudad perdida, il se fait enlever avec six autres touristes par un groupuscule d'opposants mal identifiés. Son père Michel, qui ne se fie pas aux efforts de la mission diplomatique, prend l'avion pour Bogota et se lance sur ses traces. Le journal de ses recherches, qu'il adresse à sa femme restée en France, montre qu'il découvre peu à peu une facette inconnue de leur fils. Après avoir étudié un peu d'espagnol dans une école pour étrangers, Etienne s'est lancé sac au dos, sur les chemins du Gringo Trail, un parcours mythique que suivent les jeunes routards.
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En dépit de mes réticences de départ, j'ai beaucoup aimé cette BD douce amère qui traite de l'altérité. Toute en retenue, aussi bien pour le ton (Serge Perrotin) que pour les couleurs (Clément Belin), elle ne fait pas dans l'exubérance et les hauts cris : elle laisse de côté le sujet politique pour se concentrer sur les rapports parents-enfant et les questionnements auxquels Michel se trouve confronté. Le dépaysement, presque anecdotique devant l'énormité de l'autre découverte, fournit à Michel l'occasion de s'interroger sur le sens des valeurs auxquelles il croit (ou croyait croire) et de revenir sur l'éducation qu'il a donnée. La mère, un peu tenue à l'écart et apparemment en retrait dans les décisions, est pourtant l'alter ego de l'histoire, celle à laquelle il dresse le portrait de ce fils surprenant qui lui échappe et qu'il tente de retrouver à travers les témoignages d'étrangers qui l'ont cotoyé avant son enlèvement.

Edit 2012 : Le tome 2 est paru, dans ma LàL

mercredi 2 mars 2011

Metropolitan

tome 1 : Borderline
Le trouble de la personnalité borderline est un trouble de l'émotion.

"Ils ont une tendance à réagir plus intensément que les autres à des niveaux de stress moindres. L'on parle de dérégulation émotionnelle ou de surémotivité, d'hyperémotivité".(Définitions.non médicales). Les changements d'humeur soudain sont fréquents dans le trouble borderline.

Un premier tome troublant, série à suivre
Lu en mars 2011