Le passager clandestin a entrepris en 2013 de rééditer des textes
courts ayant marqué l'évolution de la SF internationale. Disponibles dans la collection
Dyschroniques, les 21 petits cartonnés soignés sont très agréables en main.
Quand les futurs d'hier rencontrent notre présent !
+++ Avec Un logique nommé Joe, Murray Leinster imagine en 1946 les dérives d’un réseau informatique mondial. Joe, une IA défaillante, croit servir au mieux l'humanité en programmant la réponse à toutes les questions possibles et imaginables. C'est sûrement fortuit, mais la couverture m'évoque feu le minitel.
Lu le 1er novembre 2017
++ Dans la vague montante, Marion Zimmer Bradley imagine en
1955 une société d’abondance frugale soustraite à l’empire de la
technologie. Une expédition interstellaire découvre les descendants d'une expérimentation sans être en mesure de les comprendre. Sa couverture m'évoque une DeLorean (Retour vers le futur) déglinguée.
Lu le 19 novembre 2017
+ Dans Les retombées, Jean Pierre Andrevon imagine en 1979 un coin de
France, le jour d’Après. L'ambiance hallucinée du début, quand les
rescapés fuient dos à la catastrophe s'estompe avec l'internement de la population rescapée dans des camps militaires. Les
questions demeurent...
+ Audience captive, daté de 1953 et unique texte d'Ann Warren Griffith, anticipe sur les conséquences d'un monde aux mains des publicitaires.
Lu le 5 janvier 2019
++ Où cours-tu mon adversaire ? Ben Bova imagine en 1969 une expédition pionnière confrontée à une espèce primitive dans un monde sans technologie. Le choc des civilisations survient d'une cause totalement inattendue.
Lu le 2 mars 2019
+++ Avec Pigeon, canard et patinette, Fred Guichen entraîne le lecteur
dans une drôle de société post-apo. En 2016, il imagine que des impasses
de la toute puissance naîtra le pouvoir de la fragilité.
++ Dans 37° centigrades, Lino Aldani imagine en 1963 une société encadrée par la consommation de masse et le risque de la maladie.
++ Avec Frank Merriwell à la Maison blanche, Ward Moore imagine en 1973 la machine politique ultime. Création/créature d'un savant fou, Frank Merriwell affirme comme slogan électoral " Je suis contre le progrès ". Après avoir gravi tous les échelons de la législature, il est parvenu à ses fins et peut se tourner vers le sport de haut niveau pour lequel il a été initialement conçu.
Lu le 1 Décembre 2019
+ Dans Le testament d'un enfant mort, Philippe Curval imagine en 1978 le regard d'un nouveau-né sur un monde sans avenir. Pour comprendre les décès massifs de nouveaux-nés, un homme crée une machine qui permet de transcrire les pensées d'un de ces " hyper-maturés " qui brûle la chandelle par les deux bouts.
Lu le 5 Décembre 2019
+ Traverser la ville de Robert Silverberg rend mieux sous son titre anglais Cross over, car dans ses quelques jours d'errance, le héros effectue une petite traversée topographique mais un bond psychologique.
Lu le 10 Décembre 2019
+
Dans La montagne sans nom, Robert Sheckley imagine en 1955, le dernier
des grands projets inutiles. Une entreprise de terra formation ne tient
pas compte des avertissements de la population autochtone. La nature se
rebelle au-delà de toute mesure pour faire valoir son désaccord face à
l'invasion venue de la Terre. Lu le 27 janvier 2020
+ Avec l'examen, Richard Matheson imagine en 1954 une société qui régule le vieillissement de la population. Tom a 80 ans. La veille de son examen, son fils Leslie lui fait réviser les tests d'aptitude physique et psychologique qui vont décider de son maintien en vie.
Lu le 21 mars 2020
++ Par faute de temps,
John Brunner en 1963 imagine un monde hanté par le ressentiment des générations futures. Une sorte de spasme temporel précipite le docteur Max Harrow, dont le jeune fils est décédé d'une maladie génétique rarissime dans un monde de cauchemar plus vrai que nature. Lu le 22 mars 2020
++ Dans Continent perdu, Norman Spinrad imagine en 1970 un voyage dans les abîmes de la civilisation américaine défunte. Dans NY dévastée, Ryan pilote d'hélicoptère sert de guide indigène aux riches Africains en mal de supériorité raciale, de connaissances ou de sensations. Lu le 22 avril 2020
++ Avec Vent d'Est, vent d'Ouest, Frank
M. Robinson imagine en 1972 un monde où la passion automobile l’emporte
sur le besoin de respirer. L'air irrespirable, pollué et toxique ne se
renouvelle faiblement que grâce aux courants circumterrestres. Démunie
face aux puissants lobbies industriels, l'agence de la Qualité de l'Air
préfère traquer les quelques particuliers qui ont désobéi à l'acte de
Restitution pour conserver un véhicule équipé d'un moteur à combustion.
Un banal enquêteur admire à égalité son patron qui se meurt d'une
maladie pulmonaire et le chef des " renifleurs ". Lu le 7 mai 2020
+ Avec La main tendue, Poul Anderson imagine en 1950 l'anéantissement de la diversité culturelle par un impérialisme intergalactique. Le plan Marshall transposé dans les colonies intergalactiques fait disparaître la brillante civilisation de Cuanalao. La courageuse bévue du négociateur de Skangar oblige son peuple à se relever de la guerre contre sa voisine, avec ses propres moyens et à trouver d'autres voies de développement que celle imposée avec les subsides de la Confédération de Sol.
Lu le 17 mai 2020
+ Avec A voté, Isaac Asimov imagine en 1955 le nec plus ultra de la démocratie sondagière. Un seul électeur, parmi la population mâle de moins de 60 ans, est désigné chaque année pour répondre à des questions d'opinion, en fonction desquelles un ordinateur-compilateur de sondages choisit le candidat idéal aux élections. La nouvelle questionne à la fois le niveau le plus élevé de la démocratie représentative et la valeur des statistiques.
Lu le 1er juillet 2020
++ Dans Le royaume de Dieu, Damon Knight imagine en 1954 un monde de violence et de peur délivré par l’empathie. Aza-Kra est l'ambassadeur venu porter aux hommes le message des peuples anciens de l'univers : à brève échéance, tous les carnivores sont appelés à disparaître. Enrôlé malgré lui par la créature extraterrestre, un journaliste trop perspicace contribue à disséminer son pouvoir de persuasion.
Lu le 3 juillet 2020
++
Avec Les gaspilleurs, Mack Reynolds imagine en 1967, l’émergence d’un
complot contre le progrès économique. Paul Kosloff est habité d'un motif
personnel qui fait de lui l'un des meilleurs agents secrets au service
des
États-Unis. Mais la perception de la guerre froide change et il faut lui
trouver un nouveau cheval de bataille pour canaliser sa
soif d’en découdre... comme un groupe de pensée un peu radical. Lu le 19 février 2020
+++ Avec Le mercenaire, Mack Reynolds imagine en 1962 un monde où la guerre est conduite par les multinationales. Joe Mauser
Lu le 26 décembre 2020
Dans
La tour des damnés, Brian Aldiss imagine en 1968 une expérience aux
proportions babyloniennes pour mesurer les effets de la surpopulation.
Second coffret
En 1969, Blish imagine un basculement géologique causé par l’espèce humaine.
En 1962, Fritz Leiber imagine l’Humanité Assistée par Ordinateur.
En 1954, Damon Knight imagine un monde où l'humain s'émancipe de la machine pour vivre en symbiose avec la nature

COUP DE COEUR
Pigeon, canard et patinette
Ce livre est le résultat du concours d’écriture lancé par Le passager clandestin sur les thèmes de la terreur nucléaire, du complexe militaro-industriel, du mensonge d’État et du contrôle politique. Jean-Pierre Andrevon, l'auteur de la nouvelle qui a servi de point de départ aux candidats, faisait partie du comité de lecture.
Une centaine d'années après Les retombées, toujours dans le même petit coin de Bretagne, rebaptisé le Secteur, les descendants des survivants occupent trois hameaux distincts, mais ils se regroupent pour les "corvées", sous l'autorité d'un contremaître, notamment l'entretien de la centrale nucléaire remise en service après la catastrophe.
Le lecteur découvre peu à peu les particularités de Patinette, son ami Canard, sa soeur Hermeline et leur étrange Petit frère, ainsi que Pigeon, le maire du village qui préside aux destinées collectives...
Si j'avais trouvé le texte d'Andrevon très froid, dans la narration des conséquences d'une catastrophe nucléaire dont on ignore si elle est civile ou militaire, puis de l'isolement et du confinement des victimes de l'accident, Fred Guichen, tout en allant plus loin, livre une nouvelle pleinement humaine et chargée d'émotion. Le gouvernement extérieur a décidé de la relégation des survivants, de leur observation à des fins d'abord scientifiques, puis de leur exploitation pure et simple. Mais l'espoir n'est pas absent de cette histoire de mutants qu'il faut apprendre à connaître pour cesser de voir les monstres en eux et découvrir derrière les apparences des êtres extraordinaires, pétris de bonté, qui portent sans doute tous les espoirs de l'humanité.
Improbable
Lu le 4 février 2018