mercredi 8 mai 2019

La Mort est une femme comme les autres

ABC imaginaire : P
Autour du printemps G2-2 : Fantastique
La femme à la faux est prise d'un gros coup de blues. Elle qui fauche sans relâche et avale les kilomètres par milliers, chaussée de ses bottes de sept lieues, n'est plus capable de mettre un pied devant l'autre. Sur Terre, la situation tourne à la catastrophe car les moribonds ne peuvent plus mourir. Les centres de soins palliatifs sont les premiers touchés, mais rapidement tous les hôpitaux sont débordés, submergés d'accidentés mortels en suspens.
Le contexte anormal permet la rencontre improbable d'Anatole, médecin urgentiste couvé par une mère ultra protectrice envahissante et de Suzie, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale. Emm (la Mort puisqu'il s'agit d'elle) qui s'est attachée aux pas de Suzie à la suite d'un geste généreux de sa part, suit attentivement leurs faits et gestes. A se laisser aller à côtoyer des Humains, elle fait l'apprentissage des petits plaisirs de la vie... La Mort deviendrait-elle philanthrope ?
Le style est drôle, léger, enlevé, sans temps mort. La mort est montrée sous un jour fantaisiste, voire en gaffeuse sexy. Les personnages sont attachants : de Suzie à la Faux dotée de parole et de caractère, d'Emm à Anatole et à son chef de service, du voisin âgé de Suzie jusqu'à la mère horripilante d'Anatole, tous sont bien campés, utiles à l'histoire, à laquelle ils apportent chacun leur pierre personnelle. Je n'imaginais pas passer un bon moment avec un sujet aussi redoutable mais Marie Pavlenko réussit le pari ! Presque un coup de coeur

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