Michka de Marie Colmont, illustré par Fédor Rojankovsky, 1941
Ce conte désormais classique, voire patrimonial, n'est pas simplement un conte adoré, c'est mon conte préféré entre tous, mon premier souvenir de lecture personnelle en maternelle.
Je rêvais de le relire et puis j'ai appris qu'il était réédité, je viens de lire qu'il était illustré différemment, je crains que ce soit dommage.
La semaine dernière, je suis tombée par hasard, sur l'étagère d'une école, sur une version similaire à l'édition originale de l'album du Père Castor lu et relu dans mon enfance. Je l'ai dévoré le temps d'une récréation ! Mon merveilleux souvenir était assez peu précis, mais l'émotion intacte.
Un peu comme la chèvre de Monsieur Seguin, sauf que le vieux berger était bon, Michka s'enfuit au matin du 24 décembre et profite d'une belle journée de liberté dans la forêt : il joue avec un roitelet moqueur, se nourrit d'un pot de mielMm ! Mm ! faisait Michka en se régalant, que la vie est belle dans les bois ! Jamais plus je ne serai un jouet, ça, non !Il s'est enfui de chez sa petite maîtresse parce qu'Elisabeth est une fillette trop gâtée qui maltraite puis se désintéresse de ses vieux jouets.
Lui, c'est un petit ours.
En peluche.
Avec le dessous des pattes en velours rose, deux boutons de bottine à la place des yeux, trois points de laine à la place du nez.
(et de grandes oreilles duveteuses)
Mais la nature est dure pour un petit ours habitué à vivre au chaud dans une maison. Alors, il est bien content de rencontrer le Renne de Noël et de l'aider dans sa tournée. Seulement, au seuil de la dernière masure délabrée où les attend le soulier d'un petit garçon pauvre et malade, le fond du sac de cadeaux se révèle vide... le petit ours se tourne vers le renne, désemparé. En ce soir si particulier, chacun doit faire une bonne action et Michka aura un bel élan de générosité !
C'est l'un des plus beaux contes à mon sens, l'histoire d'un ourson qui préfère renoncer à sa liberté et s'offrir en cadeau. Je le trouve bouleversant encore aujourd'hui. La dernière image au crayon noir, où il s'assied devant la cheminée pour attendre l'aube est attendrissante à pleurer.
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