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mardi 25 février 2020

Pierre Pelot [3]

Roman de gare me laisse un (dé)goût d'inachevé et pourtant, la nouvelle est mon genre préféré. Le style est une effroyable logorrhée. Quant au sens du texte, je penche par bienveillance pour du second degré fantasmatique, à savoir les pensées chaotiques d'un doux dingue juste échappé de l'asile (allusion du texte à une sortie d'hôpital) qui " tue " son temps au café de la gare... plutôt que de passer à l'acte. Dire que Pierre Pelot écrit aussi des choses aussi belles que Les étoiles ensevelies. Avec une production aussi massive (215 titres à ce jour sur Babelio) c'est délicat de réussir à toucher son lecteur à coup sûr.

 
Sous le vent du monde, en collaboration avec le paléontologue Yves Coppens (le "père" de Lucy) attend dans ma PàL, j'espère être moins déçue.
Dans le premier volume, nous sommes en Afrique, voici 1,7 millions d'années: Nî-éi, une jeune femme Homo Rudolfensis rejetée par sa tribu, entreprend un voyage et va rencontrer Moh'hr, Homo habilis. Ils feront un bout de chemin ensemble, apprendront à se comprendre en inventant le langage.

Les étoiles ensevelies
J'ai choisi un peu au hasard en section jeunesse Les étoiles ensevelies de Pierre Pelot pour découvrir une autre facette de cet auteur très prolifique (voir Une fille au sourire fragile). Sous ce titre, je m'attendais plutôt à lire du space opera dans le cadre du SSW du RSFBlog... Aucunement ! Je reste très contente d'avoir eu la main heureuse pour cette première. Il s'agit en effet d'un très beau texte initiatique sur une aventure humaine entre un petit garçon et un étranger sans domicile ni papiers. Vendredi matin, Ludo part avec son cartable sur le dos, mais il n'a pas l'intention d'aller à l'école. Il a pris toutes ses économies (32 francs) pour acheter un nouvel âne et rendre plus facile à sa mère la corvée d'eau en bas de la colline. Il fait froid, c'est l'automne, il est tard et le brouillard tombe, il s'est aventuré trop loin de chez lui et il s'apprête à passer la nuit dans une cabane rudimentaire lorsqu'il aperçoit Antonio qui se cache des rares voitures passant sur la route défoncée. Travailleur clandestin saturé de mauvais traitements, Antonio repart à la chaleur de son rude pays, l'Andalousie. Quand il croise la route de Ludo, son premier réflexe est la fuite, pour éviter les ennuis qui ne manqueront pas d'arriver s'il reste avec le gamin. Pourtant, de la rencontre va naître une belle histoire de confiance, de solidarité et d'amitié, mais aussi de séparation dont l'enfant sort grandi. Certaines scènes, comme le copeux petit déjeuner dans l'auberge, sont très simples et pourtant émouvantes. Le titre - magique - prend tout son sens avec une histoire racontée par Antonio, qui résume sa quête et qu'il transmet comme message d'espoir à Ludo : les étoiles ensevelies sont ces étoiles filantes qui brillent aussi intensément que soudainement avant de disparaître : il convient de faire un voeu quand on les aperçoit. Elles sont venues se cacher sous terre et il appartient à chacun de trouver la sienne pour que son voeu se réalise.
Epilogue : l'âne tant convoité finit par être trouvé et ramené à la maison.
Lu le 17 juillet 2015


Une jeune fille au sourire fragile
Catherine Tolviac se sent bien vivante mais Jean Michel son compagnon est persuadé qu'elle est morte assassinée dans un village des Vosges où elle faisait retraite pour finir l'écriture d'un scénario. Elle a eu un an auparavant un gravissime accident de la route qui l'a laissée dans le coma. Mathilde Bihrlinger est bien morte au volant de sa voiture mais Aline sa soeur est convaincue du contraire. Catherine et Aline auraient pu ne jamais se rencontrer si l'une, ayant décidé de revenir sur les lieux de ses premières colonies de vacances n'avait loué un étage de sa maison à l'autre.
Le livre est classé fantastique mais seul l'épilogue l'est vraiment. Pour le reste du roman, les apparences ont des accents de vérité quotidienne seulement perturbés par certains passages plus allusifs qui sèment le trouble. Vous aurez compris que son auteur Pierre Pelot signe un embrouillamini d'où le lecteur lui-même ne sort pas indemne. Deux femmes Alice/Aline et Cathie/Kate/Mathilde interagissent dans un certain état de confusion mentale limite psychiatrique. Du titre à son raccourci il n'y qu'un pas, sans doute voulu Une jeune fille fragile.
Lu le 17 juin 2015 dans le cadre du challenge un mot, des titres * FILLE *

mercredi 8 mai 2019

La Mort est une femme comme les autres

ABC imaginaire : P
Autour du printemps G2-2 : Fantastique
La femme à la faux est prise d'un gros coup de blues. Elle qui fauche sans relâche et avale les kilomètres par milliers, chaussée de ses bottes de sept lieues, n'est plus capable de mettre un pied devant l'autre. Sur Terre, la situation tourne à la catastrophe car les moribonds ne peuvent plus mourir. Les centres de soins palliatifs sont les premiers touchés, mais rapidement tous les hôpitaux sont débordés, submergés d'accidentés mortels en suspens.
Le contexte anormal permet la rencontre improbable d'Anatole, médecin urgentiste couvé par une mère ultra protectrice envahissante et de Suzie, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale. Emm (la Mort puisqu'il s'agit d'elle) qui s'est attachée aux pas de Suzie à la suite d'un geste généreux de sa part, suit attentivement leurs faits et gestes. A se laisser aller à côtoyer des Humains, elle fait l'apprentissage des petits plaisirs de la vie... La Mort deviendrait-elle philanthrope ?
Le style est drôle, léger, enlevé, sans temps mort. La mort est montrée sous un jour fantaisiste, voire en gaffeuse sexy. Les personnages sont attachants : de Suzie à la Faux dotée de parole et de caractère, d'Emm à Anatole et à son chef de service, du voisin âgé de Suzie jusqu'à la mère horripilante d'Anatole, tous sont bien campés, utiles à l'histoire, à laquelle ils apportent chacun leur pierre personnelle. Je n'imaginais pas passer un bon moment avec un sujet aussi redoutable mais Marie Pavlenko réussit le pari ! Presque un coup de coeur

dimanche 2 avril 2017

L'argent du diable


challenge des nationalités : MEXIQUE
L'argent du diable
Un père jésuite légèrement incontrôlable est appelé de toute urgence à Rome pour élucider un meurtre. Les premiers indices semblent indiquer la renaissance du fameux Ordre noir, le service de contre-espionnage du pape, pourtant dissout depuis plusieurs siècles. Ce polar mexicain se déroule au Vatican de nos jours et durant la montée du fascisme. Il tente de prendre la mesure de l'étendue des compromissions entre la papauté, représentée par le cardinal Pacelli, secrétaire d'état de Pie XI, puis pape sous le nom de Pie XII, et les menées d'Hitler à la tête du parti national-socialiste. J'avais déjà un peu étudié la question de l'organisation du St Siège et du Vatican en cours d'italien. Pour ceux qui sont ignorants de la superposition d'un Etat avec la gouvernance de l'Eglise, je pense que certaines particularités doivent compliquer la compréhension. Sinon Pedro Angel Palou livre un très bon roman, avec même un brin de romance. 

samedi 15 octobre 2016

Destockage de PàL en duo // 2

Je poursuis l'aventure avec Amarüel, nous partons avec 60 points acquis au cours de la session précédente.
Sa présentation et ses choix
Thème 1 : La Nuit des Quintanelles de Pascale Perrier (France)
Thème 2 : Strate-à-Gemmes de Terry Pratchett
Mes choix :
Thème 1 : Cet été là de William Trevor qui se passe en Irlande
Thème 2 : Les hommes cruels ne courent pas les rues de Katherine Pancol

L'article du challenge  Destockage de PàL en duo
Les règles
► Chaque édition comportera 2 sessions de 2 mois, le challenge durera donc 4 mois
► Le challenge se joue en duo ! Chaque participant devra ensuite choisir dans sa propre PAL un livre qu’il devra lire et commenter (chronique ou avis sur le forum) dans le temps imparti selon des thèmes imposés :
      ♦ session 1 : 2 thèmes sont proposés, le participant pourra choisir soit l’un des 2, soit les 2. Pas de joker. Chaque thème rapporte un nombre de points déterminés. Attention, 2 thèmes, 2 livres !
      ♦ session 2 : pas de thème, le participant choisit dans sa propre PAL le livre de son choix
Les thèmes
► Session 1 : Juillet - Août 2016
Thème 1 - Un pays à l’honneur : l’action doit se dérouler dans un pays de la communauté européenne
Thème 2 - Choisir un livre avec titre original genre Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ou Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage
► Session 2 : Septembre - Octobre 2016
Choisissez dans votre PAL le livre de votre choix

Binôme Volsted Gridban au rapport

Seconde partie de session :
Par jeu, j'avais inscrit plusieurs fois le même titre de différents auteurs dans un questionnaire de swap et j'ai été exaucée : sans tarder je lis donc le deuxième de cet envoi
Cet été là de Véronique Olmi. Prix des maisons de la presse 2011
Trois couples se retrouvent sur la côte normande pour fêter le 14 juillet. Leurs habitudes sont solidement ancrées : les hôtes, Denis et Delphine, présentent toutes les apparences de la réussite sociale, Lola toujours accompagnée de son amant du moment illustre le refus de l'engagement durable, Marie et Nicolas, ami de longue date avec Denis, forment un couple uni en dépit des difficultés professionnelles.
Mais sous l’insouciance trompeuse des plaisirs d'été et des repas entre amis, la parenthèse fragile de cette belle harmonie est menacée : Dimitri un jeune inconnu qui tourne autour de l'adolescente de la maison et pourrait même cacher un but encore plus inavouable, incarne subitement tous les risques ...
Une bien belle lecture, faussement légère, qui amène sans en avoir l'air des réflexions sur les apparences, la réussite, le couple, l'amitié, etc

Thème 2 : un titre original
Cruelle déception avec ce roman de Katerine Pancol une auteure dont j'entendais tant de bien que ma PàL contient aussi Les yeux jaunes des crocodiles. Je n'ai pas été capable d'apprécier si le style pouvait me plaire ou non et j'espère donc me faire une meilleure opinion grâce à une seconde lecture.
En premier lieu je n'attendais pas un récit autobiographique mais une sorte de roman humoristique, léger, citadin et féminin. La narratrice revient sur un deuil inachevé suite à la mort (récente) de son père et dévoile un complexe d'Electra persistant qui l'entraîne dans la recherche de relations amoureuses sans cesse vouées à l'échec.
A la place du divertissement attendu, j'aurais pu trouvé matière à m'intéresser aux remarques de l'auteur sur la vie à New York qu'elle semble connaître comme le fond de sa poche. Hélas, j'ai trouvé ce roman larmoyant, assez répétitif, ennuyant, et même déprimant.
En conclusion, passée la première et agréable surprise de style, j'ai trouvé le roman bien moins original que le titre ne le laisse supposer.
J'ajoute pour enfoncer le clou que je déteste les couvertures de la réédition Points dans laquelle je l'ai lu : donc je préfère montrer celle ci-contre.
Lu le 9 août 2016 dans le cadre du challenge Destockage de PàL en duo : Amarüel et XL| Volsted Gridban, pour le thème 2 : Choisir un livre avec titre original

Thème 1 - Un pays européenn à l’honneur : IRLANDE
Florian Kilderry est le fils unique d'un couple d'artistes fusionnels. Lui même n'ayant jamais trouvé le don dans lequel exceller, il s'est contenté d'exister dans l'ombre de ces deux êtres solaires et fantasques. Dès lors que plus rien ne le rattache à la petite communauté de Rathmoye, il envisage la vente de la maison familiale et l'exil.
Dans les années 1950, il ne se passe pas grand chose aux confins de la ruralité irlandaise. Le décès d'une notable pourtant austère, la riche veuve Connulty, fait figure d'événement et le jeune homme venu par désoeuvrement prendre des photos à l'enterrement est l'objet de tous les questionnements.
Orpheline recueillie par des religieuses, Ellie a d'abord été placée auprès du fermier Dillahan pour le seconder dans les tâches de la basse cour et de la laiterie, avant qu'il ne lui propose de devenir sa seconde épouse par commodité plus que par amour. Dure à l'ouvrage et d'un heureux caractère, Ellie trouve son compte dans cette association sans risques jusqu'à sa rencontre fortuite avec Florian. D'abord, elle repousse son penchant mais ils se recroisent et ils finissent par se rencontrer en secret. Elle est un dérivatif, un intermède de quelques semaines cet été-là alors qu'il vide la maison de son contenu avant de la livrer à des acheteurs. .
Le roman présente une esquisse suggestive de la vie sans relief dans la campagne irlandaise au milieu du siècle dernier. Le portrait moral des personnages, peu nombreux, est tracé avec justesse : leurs actes les décrivent et modèlent l'image collective d'une société austère, laborieuse et sans joie dont toutes les Ellie sont des victimes. Le vieux Orpen Vren, dans son dérangement mental et la vieille demoiselle Connulty, aigrie par une vie d'assujettissement familial, sont les seuls clairvoyants de cette histoire. J'en ai apprécié néanmoins l'ambiance douce amère et j'ai caressé l'espoir d'une rédemption avant la fin qui paraissait pourtant inéluctable.

samedi 14 mai 2016

Chroniques de la fin du monde


Ainsi s'achève par un COUP DE COEUR ma participation au Babychallenge Livraddict SF 2013 avec le tome 1 des Chroniques de la fin du monde de Susan Beth Pfeffer

Au commencement 
Enfin c'est le grand soir : l'astéroïde dont tout le monde parle va percuter la Lune ! Familles, voisins, amis, tous se rassemblent pour observer le phénomène. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. L'impact a été si violent que la Lune a dévié de son orbite et s'est rapprochée de la Terre. Peu à peu tout se dérègle... L'électricité puis l'eau sont coupées et les vivres commencent à manquer. Miranda et sa famille vont devoir accepter que la vie telle qu'ils la connaissaient a disparu à jamais (le titre en VO est plus informatif : Life as we knew it)

Bien sûr ce roman est plein d'imperfections, d'incohérences et d'imprécisions, mais une fois accepté le postulat de départ et une quantité de trucs peu crédibles qui heurtent la raison, je me suis laissée emporter par la survie de la famille Evans dans cet univers post-apocalyptique : Miranda, sa mère et ses deux frères Greg et Jon s'organisent pour survivre en Pennsylvanie, alors que leur père, remarié, tente de rejoindre les parents de sa nouvelle épouse plus au Sud. Je me suis vite attachée à Miranda et à son petit monde, dont les exigences se réduisent comme peau de chagrin face à l'adversité.
Ce roman est à la fois extrêmement prenant et très flippant car il rend conscient que notre vie facilitée par la technologie est tributaire de tellement peu de chose. Il s'en dégage, à la manière de tout récit de survie, une ambiance de fin du monde. On suit le quotidien sans lendemain de Miranda au travers de son cahier, un récit intimiste où elle raconte sans fard ses espoirs et ses mécontentements.
Sans transport, sans eau ni énergie, les survivants replongent en quelque sorte dans le passé de leur pays. J'ai aimé ce côté qui m'a fait penser à la famille Ingalls, leur installation toujours plus à l'Ouest, les espoirs de récolte, les mauvaises années et les rudes hivers.
Lu le 14/11/2013

L'exil
Le tome 2 de la trilogie raconte la survie d'Alex et de ses soeurs Briane et Julie dans New York de 18 mai au 29 décembre. Ils se retrouvent orphelins dès les première heures de la catastrophe. Leur mère a disparu dès les premières heures en se rendant à son travail d'aide-soignante dans le Queens et leur père se trouvait à Porto Rico lorsque l'île a été ravagée par les raz de marée. Leur aîné Carlos, engagé dans les Marines, a pu les joindre par téléphone et leur envoyer une carte postale. Bri accueillie un temps dans une congrégation à la campagne, souffre d'asthme depuis que le ciel s'est obscurci de cendres dues à la reprise d'activité volcanique. Julie se révèle une battante, à égalité avec son frère. Les morts et les rats s'accumulent dans les rues. Ayant pu survivre jusqu'à Noël grâce à des trafics, ils sont cependant poussés par le froid et les nouvelles alarmantes à chercher refuge plus au Sud.

Les survivants
Dans le tome 3 je m'attendais à ce que les personnages se rejoignent, mais j'ai quand même été prise au dépourvu parce qu'ils ne sont pas arrivés par une voie détournée. En effet, Hal, Lisa et le bébé qui est né avant Noël ont fini par rebrousser chemin et sont de retour en Pennsylvanie, après avoir séjourné dans un camp de réfugiés où ils ont croisé la route de Charlie, d'Alex et de Julie.
Lus le 12 mai 2016

Pour quelle(s) raison(s) ai-je moins aimé ces tomes ? Sans doute parce que la découverte étant passée, j'ai été plus sensible au caractère des personnages et il faut admettre qu'Alex est bien moins charismatique que Miranda, bien qu'ils soient tous les deux sans concession. Les tomes souffrent également d'un décalage énorme dans le traitement de la situation entre les deux familles : Miranda garde tous les siens autour d'elle, alors qu'Alex les perd un à un dans des circonstances dramatiques. J'ai fini par ne plus tellement adhérer à l'histoire.

Challenge SFFF
valide les items 1 (auteur féminin) 6 (YA) 14 (climate fiction) et 18 (traduit de l'anglais)
défi déstockage de PàL en duo, l'effet boomerang
challenge 50 états, 50 billets
PENNSYLVANIE
NEW YORK

samedi 20 février 2016

Bleu argent

Bleu argent n'est pas un titre très parlant. Dans le premier chapitre, on apprend que cet objet céleste retient particulièrement l'attention de deux adolescents vivant sur les marges de la curieuse planète Poéïa, constituée d'anneaux géants imbriqués. Chacun rêve devant les étoiles : Joris attend impatiemment son admission dans la prestigieuse navette-université le Melkine (objet d'une trilogie signée Olivier Paquet) tandis que Lyzia doit partir incessamment pour l'anneau intérieur afin d'étudier avec les meilleurs conteurs professionnels de sa planète.
Lorsque Bleu argent s'écrase non loin d'eux, ils sont les premiers sur place pour découvrir l'intérieur de la capsule éventrée. Leur avenir qui semblait fixé par avance, est sur le point de basculer.
Poéïa est une société dominée par le conte : Légende fondatrice d'Origine, la station située au coeur des anneaux et dont l'alliance avec les roches de la planète offre l'énergie nécessaire à ses habitants, mythe du Melkine, le vaisseau-université qui visiterait l'ensemble des mondes de l'Expansion terrestre recruter de futurs élèves mais dont l'existence n'est pas vraiment attestée, histoires répétées par les Déclameurs ou sorties de l'imagination de Lyzia (je suis sous le charme de son monstre des marais retourné à la mer).

J'ai beaucoup aimé cette histoire en dépit des défauts que je reproche souvent aux romans Jeune adulte et que j'imaginais dus à une sorte de simplicité naïve. Je crois comprendre grâce à ce texte que ma gêne vient de mon impossible identification à des héros adolescents, quelle que soit par ailleurs la réelle qualité de l'écriture.
Je trouve généralement que Manchu réalise un travail magnifique sur les couvertures imaginaires et celle-ci ne déroge pas.

mercredi 4 mars 2015

2065 La ville engloutie 3/3

Ce roman jeunesse constitue le premier tome d'une trilogie de Jean Michel Payet dans laquelle j'ai plongé à la suite du jeune héros. 
Emile Kolaux partage avec de nombreux adolescents la particularité de ne pas trop étudier en classe, mais plus encore, il partage une grande connivence avec un grand père original auquel il rend visite régulièrement dans son petit village. Un jour, il réussit à lui extirper son secret et apprend que Vladimir possède dans sa cave le moyen de retrouver chaque année, le jour de ses 20 ans, Marthe, sa tendre épouse trop tôt disparue. Traumatisé parce qu'une camarade de classe l'a traité de gros naze et de futur raté, Emile décide de tenter le voyage pour vérifier de ses yeux ce que l'avenir lui réserve. Il débarque par erreur dans un futur beaucoup plus tardif que prévu et fait le constat des nombreux désagréments survenus à sa commune et à sa famille, dont la disparition de sa soeur jumelle Clémence. Dès lors, il n'a qu'une idée, revenir dans son époque et agir pour prévenir les funestes évènements. La suite appartient aux tomes 2 et 3
Lu le 26 mars 2013


L'avis d'ImagIn qui me l'a troqué et que je remercie. Comme moi, elle a été sensible au message écologique destiné au jeune lectorat et curieuse de connaître les autres épisodes, elle poursuit la lecture de la série.

A presque deux ans d'intervalle, je découvre la suite de La ville engloutie. Emile est revenu dans son présent en 2010 mais tout va plutôt mal pour sa famille. Les quotas de pêche empoisonnent la vie de son père et l'argent manque catastrophiquement à la maison. Pour mettre un peu de beurre dans les épinards, Emile imagine un procédé qui n'est pas très glorieux, retourner en 2065 chercher les résultats des jeux de hasard pour forcer la fortune. Il a également un alibi plus personnel auquel sera sensible son sentimental grand père pour le laisser de nouveau emprunter le passage temporel de sa cave à Dréanzé : Emile compte revoir dans le futur la belle Alaska dont il s'est épris. Hélas, comme dans le premier tome, les choses ne tournent pas comme prévu. Dréanzé est déserté car l'eau est devenue tellement rare et chère que seuls les villages alimentés par une source ont pu subsister. Sur la côte, Saint Port où vivait sa famille est aux mains du maître de la seule source encore potable depuis que l'usine a pollué durablement tout le site. Emile est aussitôt recherché par la milice municipale car il est le parfait sosie d'Esteban, un jeune rebelle qui s'oppose au maire et dénonce ses agissements comme avoir fait disparaître des témoins gênants. Emile retrouve Alaska qui s'appelle Caroline dans cet univers et ne le reconnaît pas : au début, elle peine à le croire mais elle va de nouveau finir par lui venir en aide.
La série s'adresse à un jeune public dans le but de l'informer et de le sensibiliser sur les conséquences à moyen terme de la consommation insouciante des ressources naturelles. Emile prend de plus en plus conscience des risques écologiques. Il est revenu de sa première expédition persuadé que chaque geste anti-gaspi importe. Mais il se rend compte que son attitude impacte le futur et il craint de ne pas retrouver Alaska. La magie opère moins dans ce tome, sans l'attrait de la nouveauté ou que l'action musclée prend le pas sur la romance qui est moins présente. Le sujet est toujours en rapport à l'eau une ressource aussi précieuse que coûteuse qui cette fois est devenue l'enjeu d'une manipulation malhonnête de la part de Rodolphe Boulanger, un camarade de classe qui s'est approprié l'ensemble de la ressource et pratique un tarif monopolistique. Son personnage cynique et sans scrupules, il se pose en bienfaiteur qui a construit hôpital et donné ses infrastructures à la ville, montre la cupidité et l'absence de conscience morale des affairistes.

mardi 20 janvier 2015

Du pays des amazones aux îles indigo

Un album de toute beauté mais un peu inclassable de François Place (il a été président de jury du festival Etonnants voyageurs) qui illustre un peu à la façon des enlumineurs. L'Atlas des géographes d'Orbae fait partie d'une trilogie, nous n'avons ici que les premières lettres de l'alphabet, mais suffisamment pour comprendre que ces cartographes d'Orbae sont vraiment des maîtres conteurs, des poètes, des enchanteurs. Les textes imaginaires sont mêlés de légendes, de merveilleux et de mythologie empruntés à tous les peuples, mais il est parfois possible d'y reconnaître la référence à une région, à des coutumes traditionnelles.




A Pays des Amazones (Asie centrale)
B Pays de Baïlabaïkal (Asie septentrionale)
C Golfe de Candaâ (Asie du Sud Est)
D Désert des tambours (Asie centrale)
E Montagne d'Esmeralda (Amérique du Sud)
F Pays des frissons (Arctique)
G Île des géants (Ecosse/Ile de Pâques)
H Pays des Houngalïls (Asie caucasienne)
 I Îles indigo (Asie méridionale)
Candaâ est le centre névralgique de ce monde de navigateurs et de marchands.

J'ai aimé la récolte des fleurs de l'herbe à nuage, de couleur changeante selon l'heure du jour et de la nuit (indigo) qui permet de tisser la toile à nuages, les coeurs de géants dont l'ambre pulse d'une myriade d'étincelles de vie, l'utilisation de la mue des serpents géants pour la fabrication des canoës par les pêcheurs Baïlabaiks, l'armée endormie du désert des tambours, mais aussi les rudes guerriers Houngalïls, les sages habitants du Pays des frissons qui hibernent dans un iceberg dérivant tandis que les baleines à bec rouge se gavent dans les verts pâturages sous-glaciaires ou les rusés sauvages de la montagne d'Esmeralda qui ont renvoyé l'envahisseur ibérique sur l'océan d'où il venait.

samedi 25 octobre 2014

Avant la tourmente



Reine du polar victorien, Anne Perry décrit, sur fonds de conspiration, l'atmosphère d'avant guerre et les divers mouvements d'opinion en Angleterre : les tensions et les factions, les pacifistes et les colonialistes, les indépendantistes irlandais et les diplomates pro-allemands. Elle a ses nombreux adeptes, mais j'ai trouvé que la lecture s'engluait dans les événements politiques et les passages introspectifs trop nombreux.
En ce magnifique mois de juin 1914, les journées s'étirent, ensoleillées, intemporelles. Mais pour Joseph Reavley, professeur à St. John (Cambridge), cet été idyllique est anéanti par la mort de ses parents, John et Alys Reavley, dans un accident de voiture. En lui annonçant la terrible nouvelle, son frère Matthew, agent des services secrets britanniques (SIS), lui révèle que leur père lui apportait justement un mystérieux document... Les deux frères se mettent en quête de ce fameux dossier concernant un sinistre complot, et rejoignent leurs soeurs Hannah et Judith dans la demeure familiale. La première est la femme d'un officier de la marine britannique. La seconde, petite dernière, est indécise sur son avenir, mais toutes les deux ont du caractère ! Avant la tourmente est le premier d'une série de cinq romans policiers historiques montrant le destin d'une famille bourgeoise traditionnelle, alors que l'attentat de Sarajevo menace d'engager l'Europe dans la Première guerre mondiale.

vendredi 8 août 2014

Orbital [5 tomes]

Orbital est une une série de science-fiction co-signée par Serge Pellé et Sylvain Runberg. Les tomes 1. Cicatrices et 2. Ruptures forment un dyptique brillant qui m'a donné envie de suivre les aventures de Caleb et Mézoké.. Un nouveau cycle débute avec le tome 3.

Le premier tome est paru en 2006 chez Delcourt dans la collection Repérages. J'avais été séduite par le preview (j'étais alors abonnée à Triangle rouge) et je l'avais lu dès sa sortie, avec un sentiment mitigé. La suite et fin que je viens de découvrir confirme les bons côtés que j'avais appréciés : le dépaysement, même si l'univers de la BD peut rappeler Valérian, Sillage ou La guerre éternelle, l'intrigue, intéressante, qui transpose les problèmes délicats de racisme, de manipulation et de cohabitation entre les peuples dans un univers intergalactique, un dessin original, peu coloré et parfois imprécis, mais efficace et un duo de héros antithétiques, attachant, crédible et qui fonctionne bien. Caleb Swany, le terrien et Mézoké Izzua, l'extra-terrestre sont agents de l’Office Diplomatique Intermondial, qui représente les quelques 800 races d'une alliance confédérée interstellaire. Ils forment un binôme exemplaire et symbolique : c'est la première fois en effet dans l'histoire de la galaxie que leurs races respectives accèdent à un tel honneur. La Terre, écartée jusqu'à présent des plus hautes instances, vient d'être récemment admise et les Sandjarr, le peuple de Mézoké, s'étaient tenus à l'écart des instances politiques inter-mondiales jusqu'au violent conflit qui les a opposés aux humains à peine quinze ans auparavant.
Ils appartiennent à une unité d'élite de négociateurs musclés chargés de faire respecter la paix et les accords entre les multitudes extraterrestes. Au début, ils ne se supportent pas mais, tout frais émoulus de la station Orbital, base de l'ODI, ils sont bien obligés de faire équipe. Dès la fin de leur entraînement, ils embarquent pour leur première mission à destination de Senestam où les appellent les Jävlodes, une race pacifiste et non-interventionnsite qui en est propriétaire.
Outre les attaques des Stilvulls, des bestioles grégaires surgies des profondeurs et abominablement destructrices, Caleb doit affronter les manigances de groupes rivaux, tandis que face à l'hostilité des terriens à son encontre, Mézoké a préféré se rendre sur la planète Upssal, pour négocier avec les Jävlodes. Divisés par la Colère Ronde, une étonnante prise à parti pour un peuple réputé tranquille, ils sont entrés en conflit avec la colonie terrienne qui occupe leur petite lune et y exploite une mine de trélium, un puissant explosif. Des agitateurs oeuvrent en sous main pour saper les négociations, mais heureusement placé en orbite autour de Senestam, l’étonnant Angus, un vaisseau métamorphe et Nina son pilote androgyne, veillent et réservent quelques surprises aux uns et aux autres...
Lus le 17 février 2011

tome 3 : Nomades
Sylvain Runberg et Serge Pellé poursuivent leur association et proposent une nouvelle mission diplomatique de conciliation pour les agents de l'ODI, Caleb et Mézoké.
L'aventure ne se déroule pas en terrain inconnu pour Caleb puisque cette fois, le décor est planté sur Terre où une cérémonie commémorative de réconciliation entre leurs deux peuples, Humains et Sandjarrs, doit se dérouler à Kuala Lumpur. Au XXIII ème siècle, la Malaisie est un exemple de cohabitation réussie entre les humains et les races extraterrestres qui oeuvrent à la construction sur les chantiers navals ou au recyclage des dizaines de nefs abandonnées dans la gigantesque " casse " spatiale. Cela n'empêche pas les
populations sédentaires de voir d'un mauvais oeil l'arrivée d'une tribu nomade, les Rapakhuns cannibales mais pacifiques, et d'être prêts à les rendre responsables des désastreuses dernières pêches... L'activité a repris depuis peu, grâce aux technologies extra-terrestres qui ont rendu la vie aux eaux des mangroves et les marins malaisiens comptent beaucoup sur cette récente source de revenus.
Selon un procédé maintenant rodé, cet album sert de mise en place des tenants de l'action. Caleb et Mézoké, toujours assistés d'Angus le vaisseau métamorphe piloté par Nina, se retrouvent au coeur des tensions : ils doivent résoudre l'énigme de la destruction des bateaux pêcheurs tout en s'efforçant de préserver le fragile équilibre de la rencontre au sommet. Mézoké est un peu en retrait, même si elle livre une partie de son passé et la raison de son désaccord avec les " représentants " de son peuple.

Un album, qui confirme mon point de vue sur les excellentes promesses du premier diptyque et un autre bon point pour le challenge SSWeV. Il y a autant d'inventivité que dans les meilleures sériés SF : par exemple Valérian et Laureline en plus actuel au niveau du graphisme et de la mise en couleurs.
Remarque : j'adore le personnage ambigu de Nina (tiers homme/tiers femme/tiers machine cf. également la nef dans le Cycle d'Ostruce) qui je le crois sera amené à évoluer fortement et à prendre de plus en plus de place dans la série.
Lu le 11 août 2011 déjà pour le SSW

Pour le SSW 2014, j'ai ajouté les deux tomes qui viennent conclure cette deuxième histoire d'une série qui devient addictive, avec toujours cette sobriété dans les tonalités  :

4. Ravages      et      5. Justice
Caleb et Mézoké, malmenés dans ces épisodes mais plus unis que jamais, sont confrontés à leur choix de vie, notamment leur engagement au sein de l’ODI. Reposant sur leur intime conviction, la défense des Rapakhuns les amène à prendre position contre des forces qui les dépassent, alors que la gouvernance intermondiale est au centre des enjeux de pouvoir. Nina et Angus sont également mis à mal au cours de l'album, mais le final laisse présager que les héros vont sortir grandis et endurcis de ces épreuves, qui leur a permis également de compter leurs amis et alliés.
Lus le 8 août 2014

à venir :
6. Résistance
Ce nouvel épisode d'Orbital boucle l'intrigue amorcée dans Justice. Après leur spectaculaire évasion d'Orbital, Caleb et Mézoké se sont réfugiés sur la planète Shem, au sein d'une petite communauté d'exilés volontaires dont les parents de Mézoké font partie. La vie s'écoule paisiblement quand surgissent les vaisseaux de guerre Achérodes qui ont réussi à remonter leur piste. Un script tendu et sans concession de Sylvain Runberg, parfaitement servi par le dessin précis et foisonnant de Serge Pellé. Orbital, une série qui ne plaît pas seulement aux amateurs de space opera. mais qui séduit aussi les lecteurs et lectrices d'aventures tendues, riches et spectaculaires.


samedi 31 mai 2014

Club Dumas


A-t-on réellement découvert un chapitre manuscrit des Trois Mousquetaires ? Et quel rapport y-a-t-il entre le chef-d'œuvre de Dumas et ces Neuf Portes du royaume des ombres, livre diabolique dont l'auteur fut brûlé l'année même de la mort de D'Artagnan ?
Telles sont les questions auxquelles Corso, chercheur de livres rares pour collectionneurs fortunés, tente de répondre en butant sur des cadavres, de Tolède à Cintra, puis chez les bouquinistes de Paris et au bord de la Loire, suivi par d'étranges sosies de Milady ou de Rochefort.
Comme il l'a fait avec Le Tableau du maître flamand, Grand Prix de Littérature policière 1993, Arturo Pérez-Reverte nous entraîne ici, avec une érudition et un brio qui laissent pantois, dans une aventure où la réalité semble n'être qu'une des versions possibles de la fiction.

Comme dans tout roman d'Arturo Perez Reverte, il existe plusieurs niveaux de lecture : l'intrigue proprement dite, souvent magistrale, à laquelle il faut se soumettre en tant que lecteur et une réflexion inhérente au sujet même de l'intrigue, à savoir dans le cas du Club Dumas, un intérêt pour l'intertextualité (relations entre les oeuvres d'auteurs appartenant à différentes époques). Le roman se situe dans l'univers des livres, incunables, autographes et autres raretés chères au coeur des bibliophiles.
Depuis des années, Lucas Corso fait figure d'expert dans ce domaine. Des libraires et autres amateurs de livres fortunés s'adressent à lui  pour qu'il déniche tel ouvrage rarissime sur lesquels ils ont des vues, ou pour authentifier tel autre opus qu'ils viennent d'acquérir à un prix prohibitif. Varco, un libraire richissime installé à Tolède, est en possession d'un des trois exemplaires rescapés d'un autodafé ayant conduit à l'exécution d'un imprimeur vénitien et à la destruction de tous volumes sortis de ses presses. Il est convaincu que l'ouvrage n'est pas totalement authentique et envoie Corso chercher des preuves auprès des deux autres propriétaires : un noble portugais désargenté qui survit en vendant au compte goutte les pièces de sa bibliothèque et une fondation ayant pour objet l'étude des textes de démonologie dont le siège est l'appartement parisien d'une vieille duchesse excentrique.

mercredi 30 avril 2014

Un mot, des titres : PIERRE

Coeur de pierre
Comme je l'annonçais sur le forum du challenge, c'est bien le titre que je cherchais mais pas du même auteur. N'ayant pas de pierre dans ma PàL, pourtant bien lourde, j'avais été séduite par l'illustration de couverture de ce bel album autant que par le résumé. Le 15 janvier 2014
J'ai bien fait de persister car l'album Coeur de pierre répond bien aux attentes qu'il avait suscitées. C'est tarabiscoté sans être mièvre et je trouve dans les dessins d'Almanza une inspiration Jugendstil qui me plaît beaucoup. L'histoire est assez torturée et la fin plutôt sombre pour un album jeunesse. Elle confronte trois personnages illustrant des qualités de coeur qu'on retrouve associées dans des expressions : La petite fille au cœur d’artichaut aime tout le monde et plus particulièrement le garçon né avec un cœur de pierre. Elle lui offre son coeur feuille à feuille, mais lui ne sachant répondre à ses élans, les rejettent avec indifférence. Le garçon au cœur d'or aime la fillette. Il ramasse tous les petits bouts d'artichaut et le moment venu, il offre ce trésor reconstitué à la fillette mourante. Lu le 30 avril 2014
 
Pierre (bis) avec ce Coeur de pierre de Pierre Péju
En attendant, le challenge m'a de nouveau permis une belle découverte avec les personnages de Leïla (lycéenne), Schulz (SDF), Larsen (écrivain) et Juliette (actrice).
Sur une route déjà empruntée par Pirandello, Pierre Péju donne corps à un forme d'intertextualité, pleine d'intérêt et de questionnements. Les premiers chapitres montrent Schulz un homme déchu qui est sur le point d'être expulsé de sa maison et Leïla, une jeune beur qui étouffe au lycée et dans la vie à laquelle elle s'attend. Une rencontre improbable mènent ces deux êtres en souffrance sur les routes de l'Ile de France. L'objectif de Leïla est Marseille, mais le destin les arrête bien avant. Alors que Leïla est ulcérée, Mémé la noire une sorte de devineresse pleine de sagesse, lui indique un chemin... Leïla, qui comprend immédiatement que l'impensable vient de se produire, se met en quête de Larsen. Elle n'a pas l'intention de lui mâcher ses mots.
Larsen habite une curieuse maison dont la façade s'orne d'un coeur sculpté réaliste. Comme Schulz, il est en train de plier bagages car il a vendu à un promoteur qui compte bâtir un lotissement. Alors que Leïla fait son apparition dans sa vie, Juliette son épouse a disparu depuis quelque temps, suscitant la curiosité avide des villageois. Actrice en quête du rôle qui la révélera, elle aussi a accusé l'écrivain d'être sans coeur !
Un récit à clefs et à tiroirs dont j'ai aimé suivre les péripéties. C'est bien écrit, d'une simplicité apparente, mais cela soulève des questions existentielles auxquelles l'homme est exposé et ne peut qu'apporter des réponses intuitives. Qui ne s'est jamais demandé le pourquoi de tout cela ?

Le prochain mot est CHANSON, pour le 1er mars, mais pour l'instant je n'ai aucun titre en vue.
Suggestions : La grammaire est une chanson douce et La chanson de Charles Quint d'Erik Orsenna

vendredi 25 avril 2014

Cryptozoïque

L'écoulement du temps est le thème que partagent ces deux romans, leur autre point commun est que je ne les ai guère appréciés, pour l'un, je viens de le finir : Cryptozoïque de Brian Aldiss, pour l'autre, cela fait bien longtemps : Le monde inverti de Christopher Priest, (challenge un mot, des titres, session Monde en janvier 2012) mais depuis je n'ai rien trouvé de vraiment positif à en dire.
  1. La possibilité de voyager dans le temps, sans avoir aucune possibilité de changer le cours de l'histoire. Un artiste qui recrée des environnements, leur idéologie, l'esprit du moment. Puis vient l'idée d'inverser le cours du temps, la mort devenant une naissance, une balle retournant dans le canon du pistolet, le monde n'allant pas vers le futur mais vers le passé.
autre piste de lecture : Les évadés du précambrien (= cryptozoïque)

Les habitants de Terre ne sortent jamais au dehors. Seuls quelques élus, appartenant aux puissantes guildes, ont le droit de s'y aventurer. Que ce soient les cartographes ou ceux du rail, ils oeuvrent à faire continuellement avancer la ville, en démontant les rails sur lesquels elle avance de l'amont pour les remonter en aval le lendemain. Tous les jours, le point est fait pour situer la ville par rapport à un optimum temporel vers lequel tendent tous les efforts.
Aucun ralentissement n'est permis et il n'est bon pour personne de rester trop en arrière. Une sourde menace pèse sur les esprits, alors que le reste de la population est maintenue dans l'ignorance des faits et causes de ce cheminement perpétuel. Pourtant un jeune apprenti, futur membre des guildes, au comportement plus curieux ou plus rebelle que les autres, va perturber de ses questions l'organisation immuable et par ses prises de position mettre en danger l'ensemble du système.
J'ai trouvé le roman complexe et hermétique, même si la fin apporte une explication assez simple qui permet de comprendre la situation et que tous les indices trouvent leur place. L'image de la trajectoire hyperbolique est séduisante, mais les clefs de ce jeu intellectuel sont trop compliquées, l'incompréhension est restée la plus forte.

jeudi 10 avril 2014

Les diamants de l'hiver

Annette Byrne est la matriarche d'une famille aisée comme il en existe trop : la vie devrait leur sourire mais ses deux fils se sont brouillés à la suite d'une grave faute professionnelle, ses deux petites filles vivent des situations de couple compliquées... Elle décide d'user d'un subterfuge pour réunir tout le monde dans sa magnifique propriété à quelques heures de New York. L'occasion pour tous de se réconcilier pense-t-elle, sans imaginer que le pire sera évité de justesse lors de ce week end de décembre.
J'ai suivi le roman de Belva Plain en livre audio, un bon passe temps, même si la fin est sans surprise, qui m'a tenu toute une semaine de trajet en voiture : c'est intéressant, car la vie de chaque membre de la famille est évoquée tour à tour et j'avais envie d'entendre la suite, mais je ne l'aurais jamais lu " en vrai " car c'est un roman qui déborde de bons sentiments (les "Mon Dieu" et "Seigneur" abondent et à la longue le ton de la lectrice pour le dire m'horripilait) et n'apporte pas grand chose en définitive.

vendredi 13 septembre 2013

Le goût des abricots secs

challenge Tour du monde : Argentine

Petit bijou de sensibilité qui interroge le thème du souvenir, j'ai compris pourquoi Le goût des abricots secs de Gilles D. Perez m'a fait parfois penser à Patrick Modiano. Une musique douce et apaisante émane de ce court roman, qui traverse pourtant des épisodes douloureux.
Deux hommes s'obstinent à occuper leur appartement dans un résidence délabrée vouée à la démolition. La pluie incessante rend le récit un peu surnaturel, hors du temps ; plongés dans leurs souvenirs, ils semblent coupés du reste de l'humanité, hormis les visites qu'ils s'échangent, parfois sans parole, autour d"un verre de vodka.
J'ai beaucoup apprécié la façon d'entrer dans le roman par couches successives, de s'approprier des bribes d'un passé qui en dévoilent un peu plus sur les protagonistes : le vieux couple qui a fui son pays vers la liberté est resté très uni  (on apprend à la fin qu'il s'agit de la République tchèque) et leurs voisins de palier, un jeune couple qui occupe l'appartement grâce à une vieille amie de la famille se sont rencontrés adolescents sur une plage du Sud Ouest (dans les Landes sans doute).
Le veuf écoute chaque nuit un même morceau de musique (Les scènes d'enfant dans un enregistrement au piano de son épouse décédée) et l'homme solitaire contemple la seule photo qu'il possède de Véra, sa femme dont l'absence obsédante plane sur le récit, après qu'elle a disparu en ayant brûlé ses carnets intimes et toutes leurs photos.
En arrière plan, la musique et la folie sont omniprésentes, celle de Schumann, génie et aliéné qui a fini reclus et coupé des siens, mais aussi celle qui plane au-dessus de la jeune femme, toujours évoquée mais jamais présente.
Il faut prendre le temps de lire cette plume élégante, intimiste, se laisser prendre au rythme du récit. C'est un roman suspendu, qui ne se déroule pas linéairement entre le début et la fin mais creuse en profondeur. Les abricots secs de M. Perez ont un goût de revenez-y.

mardi 18 juin 2013

Messieurs les enfants


Sujet :
Vous vous réveillez un matin, et vous constatez que, dans la nuit, vous avez été transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants. Racontez la suite.

Au début, j'ai trouvé le propos un peu ennuyeux, une redite du petit Nicolas en moins drôle et avec beaucoup moins de copains. Je me suis même demandé si je ne l'avais pas déjà abandonné une première fois !
Pourtant dès la deuxième partie (je ne préciserai pas plus car tout le sel de l'histoire s'en trouverait enlevé pour un futur lecteur) je me suis sentie beaucoup plus intéressée et intriguée par les aléas qui allaient survenir avec une telle hypothèse de départ.
Le roman met en scène trois écoliers aux prises avec le terrible maître, Monsieur Crastaing : Igor, fils de Tatiana, Joseph fils de Pope et Moune et Nourdine, fils d'Ismael et frère de Rachida. Si ces détails familiaux vous semblent anecdotiques, ils ont toute leur importance.
J'en suis là dans ma lecture et je suis "dedans". Les détails sur la peinture d'Ismael me font particulièrement rêver.
Une citation : L'amour, mon amour, est une somme de petits actes qui racontent en silence une histoire précaire...
La suite est encore meilleure car elle se complique. Le phénomène d'échange parents-enfants n'a pas une application arithmétique et quand ces nouveaux adultes exaspérés veulent se retourner contre le responsable, ils se heurtent à une nouvelle surprise. A contrario, le curieux narrateur qui depuis le début semble bien au courant et avoir réponse à tout, pourrait bien être plus qu'un simple témoin extérieur à l'aventure.
Le sujet donne lieu à d'intéressantes digressions sur la famille, l'éducation et la pédagogie, une très belle page en particulier, vers la toute fin du roman, sur ce qu'est l'enfance et aussi les adultes dans leur rapport au passé, les souvenirs d'enfance ou leur absence (qui m'a rappelé un passage d'Un roman français de Frédéric Beigbeder).

L'info en plus :
Daniel Pennac écrit au début du livre : "A l’ami Pierre Boutron, qui, pendant que j’écrivais ce roman, racontait la même histoire au cinéma. Il ne lira ces lignes que le jour où je verrai son film. Telle a été la règle de notre jeu."
Maintenant que j'ai lu le livre, reste à trouver le film  de Pierre Boutron Messieurs les enfants, d'après l'œuvre homonyme de Daniel Pennac, réalisé en 1996 et sorti en 1997.

samedi 12 janvier 2013

Quand le 9ème art rend hommage au 7ème...

Première série 
En référence aux films d'Akira Hurosawa (Les 7 samouraïs) ou de John Sturges (Les 7 mercenaires), David Chauvel, à l'origine du projet, imagine une série de 7 récits complets, 7 aventures, 7 missions à haut risque, mettant en scène 7 équipes de 7 hommes décidés à tout pour réussir, 7 psychopathes, prisonniers, yakusas, guerrières, voleurs, pirates et missionnaires... autant de genres et d'univers variés et solidement construits, servis par 7 scénaristes et 7 dessinateurs différents, venus des quatre coins du globe.
1. Premier de la série, Sept psychopathes de Fabien Vehlmann, accompagné au dessin par le britannique Sean Philips est sorti en mai 2007, bientôt suivi de Morvan, Chauvel, Le Galli, Gabella, Bertho et Ayrolles et du côté des dessinateurs : Lereculey, Tim McBurnie, Manapul, Critone, Tandiang et Hikaru.
Je suis enthousiasmé par cette uchronie basée sur une hypothèse géniale et fantaisiste, improbable et néanmoins convaincante : le Führer a trouvé la mort dans l'attentat de Munich en 1939, mais ses proches ont gardé le secret afin de continuer à diriger les forces de l'Axe.
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Octobre 1941 en Angleterre, Winston Churchill cherche le moyen pour les Alliés de mettre fin radicalement au conflit : il faudrait assassiner Hitler mais il est trop protégé et toutes les tentatives ont été anticipées et déjouées par une garde rapprochée surentraînée. Pourtant, Joshua Goldschmidt, un professeur de religion un peu mystique, propose un plan au colonel Thompson de l'armée britannique : donner carte blanche à des tueurs imprévisibles et totalement déroutants, des hommes au raisonnement hors norme, choisis et recrutés parmi les détraqués des prisons militaires et des asiles. Les sept psychopathes, ingérables et tous plus dangereux les uns que les autres, représentent la quintessence de la folie ! En se servant de leurs sautes d'humeur pour contourner les protocoles classiques de protection d'Hitler, Goldschmidt assure au colonel la totale réussite de l'entreprise.  Contre toute attente, Churchill donne son accord, en raison du faible coût de l'opération et de ses chances légitimes de succès. Avant même que le commando-suicide soit parachuté au dessus de l'Allemagne, la belle tactique mise au point sur le papier connaît ses premiers dérapages...
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Le graphisme, assez proche des comics, convient bien à ce récit d'aventure et d'action : un choix stylistique qui colle à l'ambiance particulière de " mission impossible " imaginée par Fabien Vehlmann. L'histoire est dense, rondement menée, sans temps mort, inattendue à chaque page et surprenante jusqu'à la chute.
Lu en mars 2011
3. Pour le troisième volet de la série, l'univers retenu est celui de R.L. Stevenson et les personnages sont les compagnons d'aventure de L'île au trésor.
Jim Hawkins, l'ex jeune mousse, devenu négociant selon ses voeux, le docteur, le charpentier... se rendent à contre-coeur au rendez vous fixé par un mystérieux commanditaire. Le trésor de Flint n'a pas été entièrement découvert et il les a réunis pour les envoyer à la recherche de la seconde cachette indiquée sur le plan. Comme prévu, leur bateau se fait arraisonner par des pirates qui poursuivent le même but. Pour sauver leur peau, ils doivent les prendre de vitesse.
Sans doute par méconnaissance de la première aventure, je ne m'attendais pas à la chute, que j'ai trouvée plutôt "savoureuse".
Le style graphique correspond bien aux paysages de grande ampleur : océans, îles paradisiaques... mais aussi aux scènes plus intimistes et aux expressions du caractère des personnages.
Lu en juin 2012
4. Sept missionnaires incarnant les sept péchés capitaux, il fallait le tenter. Le résultat aboutit de mon point de vue à un des albums les plus réussis de la série.

Quand le père abbé doit choisir sept évaangélisateurs pour les envoyer face aux terribles guerriers de l'Ile du Nord qui ravagent les monastères de la côte placés sous la protection du Haut Roi, il prend soin de ne pas choisir les meilleurs mais ses moines les plus calamiteux. Sous menace d'excommunication, ils n'ont d'autre choix que de réussir ou périr en martyrs afin d'expier leurs trop nombreuses fautes : paillards et batailleurs, irrévérencieux, ils incarnent tout l'éventail des péchés capitaux. Ce sont pourtant ces défauts - aux yeux de l'Eglise - qui va leur attirer l'intérêt, puis la sympathie des barbares et les faire échapper à une mort programmée. Comble d'ironie, ils vont parvenir, là où on ne les attend pas, à remplir leur improbable mission.
Un scénario allègre, beaucoup d'humour, des clins d'oeil manifestes comme dans toute la série, des personnages truculents et hauts en couleurs, des dessins hardis, colorés et expressifs.
Lu en janvier 2013
6. Les Sept yakuzas, de Jean David Morvan et Takahashi Hikaru sont les avant-derniers de la série inaugurée avec les Sept psychopathes.
Tokyo, d'hier à aujourd'hui. Sept criminels prêts à mourir pour rétablir leur honneur sont réunis autour de Tokobuki Ichiro pour l'accompagner dans sa vengeance. A 90 ans passés, Tokoburo est encore un oyabun - le chef d'un clan de yakuzas - craint et respecté, jusqu'à l'attentat où il ne doit sa vie sauve qu'à son extrême vivacité et à l'aide d'un sauveteur inattendu, son ancien ami Hotei avec lequel il s'est brouillé après l'avoir soupçonné d'une relation plus qu'amicale avec sa jeune épouse. Ils découvrent ensemble qu'un autre clan insignifiant lui conteste la mainmise sur une partie de la ville.

L'occasion est trop belle pour le scénariste d'évoquer un de ses sujets de prédilection :  parler de l'histoire récente du Japon, revenir sur la conclusion traumatisante de la seconde guerre mondiale et les séquelles de l'occupation par les forces armées américaines, passer en revue, à travers les portraits de 7 personnages emblématiques, les réactions de la population : l'acceptation résignée, la mise à profit, l'imitation, la résistance... et souligner la persistance des principes ancrés dans la société japonaise comme la fidélité à la tradition et le sens de l'honneur.
Cette fois encore, le travail graphique accompagne bien le propos, avec un découpage proche de la BD d'action : à l'origine, Takahashi Hikaru est illustrateur de jeux video.

Après une longue introduction qui prend son temps, où il n'est question que du personnage principal, sa jeunesse, son entrée dans le clan, son ascension fulgurante, les 7 personnages entrent en scène un à un : vient l'amitié avec le deuxième personnage, suit la fidélité à la vie à la mort du troisième, le lieutenant incarcéré à sa place... En pendant de l'introduction, une longue mise en scène filée, prélude à la conclusion inattendue, solde l'affrontement entre les deux factions rivales : l'assaut, la bataille rangée, le ballet de mort façon Kill Bill... le théâtre des opérations se découvre au rythme de la progression sanglante des Sept dans les étages du pavillon occupé par le clan adverse.
Lu en juillet 2011


Dans la deuxième série David Chauvel reprend  le même principe avec de nouveaux groupes de 7 scénaristes et 7 dessinateurs différents, venus des quatre coins du globe : chaque BD raconte une histoire comprenant sept personnages principaux, appartenant tous à une même catégorie 7 clones, naufragés, survivants, pistoleros, détectives, personnages, dragons...


8. Sept survivants
Quelque part dans les Alpes, entre la France, l'Italie et la Suisse
Déroutée par une tempête de neige, une voiture entre dans un tunnel. À son bord, en proie à quelques tensions, un neurologue réputé, sa femme, et son frère. Non loin derrière, un inspecteur des stups, lancé à la poursuite d'un couple de dangereux criminels... Sans le savoir, tous se dirigent droit vers un piège infernal, qui les conduira vers leurs pires cauchemars.
Un scénario qui exploite les ressorts du film d'horreur (enfermement, psychoses, puissance maléfique, etc) mais avec une touche d'originalité et une chute qui n'est pas dénuée d'humour et de perversité.  
Je le conseille assurément pour ces qualités, même si on n'aime pas le genre, ce qui est mon cas ! Lu en février 2013

9. Sept personnages
Quelle raison aurait-on d'assassiner Molière ? Tartuffe, Harpagon et quelques autres ont reçu chacun une partie du secret. Pour mener à bien leur mission posthume, ils doivent coopérer.
Je croyais avoir affaire à une redite de Personnages en quête d'auteur, il n'en est rien. Le scénario est original, bien ficelé quoiqu'au final un peu déprimant. Le graphisme n'est pas parmi mes préférés.
Lu en décembre 2012

13. Sept détectives d’Herik Hanna (scénario) et Eric Canete (dessin).
Sept enquêteurs défiés par un mystérieux assassin.
Londres, 1920. Une série de meurtres atroces frappe la ville. À chaque nouvelle victime, non loin des corps, Scotland Yard retrouve une liste de sept noms : ceux des sept plus grands détectives connus dans le monde, invités à participer à l'enquête... par le tueur lui-même. Malgré le scepticisme général face aux menaces du criminel, ces derniers acceptent de relever le macabre défi.

Merci Oliv' car dans ma BàL ce soir, j'ai eu le plaisir de trouvé une BD que tu m'invites à découvrir. Les sept détectives ont bien voyagé.
Mon avis : un bon album mais pas mon préféré néanmoins. Lu en février 2013

L'un des témoins raconte ou plutôt confie à un journal intime le déroulement de l'enquête qui voit la déconfiture des sept plus fins limiers de la littérature policière.
Le scénario est rondement mené, selon les modèles du genre et comme il se doit, le lecteur suffisamment égaré dans l'intrigue, jusqu'à la fin qui voit se lever le rideau sur un mobile inattendu. Les couleurs sont glauques à souhait et les intérieurs bourgeois, cosy comme on les imagine à Londres au siècle dernier.
Vous pourrez peut être retrouver les célèbres modèles  de ces personnages :
Capitaine Macgill  
Miss Adélaide Crumble (institutrice en retraite, dans une petite ville située si au Nord de l'Angleterre qu'elle en est " presque écossaise ")
Frédérick Abstraight ( policier britannique)
Inspecteur Martin Bec (policier judiciaire français)
(Richard) Dick Monroe  (détective privé de Los Angeles)
John Eaton (ancien médecin et compagnon du suivant)
Nathan Elsie (plus grand détective de tous les temps)
Ernest Patisson (détective suisse installé à Londres et voyageur impénitent)

jeudi 5 juillet 2012

Clown

et autres histoires de cirques

Oliv' mon binôme dans le swap BD et chocolat de Loula avait eu la gentillesse de m'offrir en sus une dédicace de Le Hir, l'auteur de cet album que je découvre.
Un clown itinérant un peu bourru recueille un nourrisson abandonné qu'il élève comme un père : leur vie connaît une embellie en dépit des difficultés. Devenue jeune fille, Zoé découvre les premiers émois mais aussi la méchanceté et la vilenie. Le destin tragique auquel elle a échappé petite la rattrape.
Un album poignant dans un style épuré, beaucoup de poésie, une économie de moyens verbaux mais pas visuels, une mise en couleurs magnifique dont vous pouvez vous rendre compte ICI

L'univers du cirque ne donne pas toujours lieu à des histoires gaies, mais elles sont humainement vraies et peuvent donner à réfléchir à petits et grands sur des thèmes comme la justice, l'équité, la cruauté...

Le manchot d'Arnaud Quéré (album jeunesse)

Un couple de clowns improbable, un manchot et un rhinocéros, réinvente la blague de la tarte à la crème. Martin le manchot a compris que le héros de la scène est le lanceur de tarte mais il met tout son coeur dans son numéro. La brute également, qui prend plaisir à l'entarter chaque soir ! Le rapport de force pourrait un jour s'inverser à la faveur des circonstances et donner à Martin l'occasion de montrer les ressources de son tempérament.
En préparation, un billet sur la trilogie Echec et automates du même auteur.



 

***
Il y a des artistes récurrents dans les histoires de cirques : si le clown triste est souvent présent, la jolie écuyère manque rarement à l'appel...
Dans des styles différents, deux diptyques dont j'aime particulièrement le ton, l'humour et le graphisme.

Dans Ring circus de Cyril Pedrosa, mademoiselle Blanche, l'écuyère vedette suscite l'amour de Jerold, qui n'hésite pas à s'embarquer dans l'aventure comme passager clandestin pour les beaux yeux de la belle.
Dans Les farfelingues de Loisel, mademoiselle Violette partage la galère d'un ramassis d'artistes ratés. Comme elle est un peu naïve, elle multiplie les mésaventures, notamment quand Vulcain, le vieux lion fatigué de Prince Modolo le dompteur, décide de se sustenter et crée l'émoi parmi la population.

lundi 20 février 2012

Le grand jeu 1 et 2

de Jean Pierre Pécau et Léo Pilipovic
tome 1 : Ultima Thulé

1945. La seconde guerre mondiale, terminée depuis 4 ans, a abouti à la victoire des Alliés. Hitler est mort, mais l’Allemagne nazie n'a pas été abattue. Tandis que l’heure est à la méfiance vis-à-vis de l’Union soviétique, le Charles de Gaulle, fleuron de la flotte dirigeable d'Air France, a disparu quelque part au nord du Groënland. Il avait à son bord un espion chargé de faire des photos au dessus de la baie...
Le reporter Nestor Serge, de France Soir, est chargé d'accompagner l'expédition qui se porte à leur secours, pour faire la lumière sur l'accident. Le héros semble avoir la fâcheuse habitude de se faire de solides ennemis, mais par ailleurs, il a des alliés fiables, présents au bon moment.
Dans ce premier tome, certains détails me rendent perplexe et me pousseraient à me replonger dans la "vraie" histoire de la seconde guerre mondiale. Il y a bien aussi quelques anachronismes dérangeants, des feux follets (?), de vilaines bêtes ou des super héros en chair et en os qui paraissent surgis de l'imagination à l'oeuvre dans les mythes, les histoires fantastiques ou la BD. Mais j'attends la suite de cette série classée Uchronie.
Lu le 20 février 2012

jeudi 19 janvier 2012

Merci

Daniel Pennac se met dans la peau d'un artiste récompensé pour l'ensemble de son oeuvre. Au cours de la tournée de remise du trophée, organisée par le jury, il se livre à l'exercice obligé des remerciements. Dans un théâtre loué pour l'occasion et face à un public "choisi", il révèle peu à peu l'envers de la mise en scène. Faute de se voir refuser la prime assortissant le prix qui lui a été accordé, il est astreint par contrat à tenir un discours d'une durée minimale de 75 minutes. Dont acte (I scène 1).
Il m'a fallu environ 1h15 pour lire ce long monologue où l'auteur, avec quelques détours vers les sens du mot remercier/(sans)merci, passe en revue les différentes manières d'exprimer sa gratitude à des destinataires qu'il égratigne plus qu'il ne flatte : équipe, jury, parents, amis... tous finissent par succomber à sa verve critique.
Non, définitivement, personne ne lui semble digne de partager le mérite de son oeuvre ! Il se montre pédant, imbu de lui, désagréable... mais brillant, drôle et grave tour à tour.
Le texte mérite assurément d'être joué (ce fut le cas) et pour une fois, je suis tentée par la version audio où Claude Piéplu prête sa voix inimitable au narrateur. Inconditionnelle (de l'humour et du style) de l'auteur, je ne suis pas très objective : c'est un petit divertissement que je recommande chaudement pour lutter contre les tentations d'un ego surdimensionné et prendre du recul... car nous sommes tous potentiellement redevables, mais bien en peine de l'exprimer.
ABC2012   4/26
voir sur Biblioblog le billet de Laurence