Je remercie la toute jeune maison d'éditions Les aventuriers de l'étrange pour ce premier partenariat (et historiquement le dernier) avec Livraddict : publié en 2005 par Ariadna Editorial en Espagne, Omar le navigateur est sorti en version française le 8 mars 2018, le prochain album prévu en mai est un autre titre espagnol avec Duerme pueblo (Et le village s'endort).
Il est déjà intéressant de noter que le titre original de Pedro Rodriguez : Omar, el Navegante : Jin-el Rais (2005) met plutôt l'accent sur l'autre membre du duo, Andreas, devenu chef pirate non affidé, sous le nom de Jin el Rais.
L'histoire se passe au XVII ème siècle, dans le bassin méditerranéen. Omar et Andreas sont deux jeunes crétois qui partagent les jeux de leur âge avec une bande de garçons. Alors qu'Omar n'a pas froid aux yeux, Andreas est en butte aux chamailleries du groupe. Comme mise à l'épreuve, ils doivent sauter d'une falaise. Sous les flots, ils découvrent une épave de bateau, avec un homme ligoté au mât et une carte au trésor, qu'ils divisent en deux en se faisant le serment de la réunir quand ils auront les moyens de naviguer. Peu après, Andreas, coiffé de la tiare du mort, se fait enlever par des pirates débarqués sur l'île ; Omar leur échappent. Quelques années plus tard, leur route se recroise, mais les deux garçons ont bien changé. Omar est devenu un marchand d'affaires qui parcourt les ports de Méditerranée ; Jin el Rais la sillonne pour rançonner les bateaux. Il n'a pas oublié le trésor.
Pedro Rodriguez s'adresse à un jeune lectorat qui va pouvoir s'identifier aux deux héros d'une dizaine d'années, mais je trouve que le scénario est bien habile et permet une lecture plus profonde. Le monde méditerranéen et les relations qui se tissent entre gens de mer et gens de terre sont subtilement évoqués. Pirates, enlèvements et séquestrations dynamisent cette histoire
d'aventures sur fond de chasse au trésor qui
met en scène un exemple des péripéties de conquêtes entre peuples de la
Méditerranée. L'empire ottoman domine la Crète au milieu du XVIIème
siècle, mais cela n'empêche absolument pas les pirates de piller ses
côtes, comme en témoigne l'enlèvement du jeune Andreas. D'un point de vue psychologique également, les choses sont bien vues. Les deux garçons
se trouvent séparés avant que leur amitié naissante ait pu se
développer. Le déséquilibre potentiel de leur relation, parce qu'ils
sont de caractère opposé, l'un entreprenant, l'autre timide, se trouve renversé à l'âge adulte. Comme on ignore tout des épreuves qu'a probablement dû surmonter Andreas pour asseoir sa réputation de " Rais ", on ne sait pas ce qui va pouvoir advenir des
retrouvailles entre Omar le marchand pacifique et Andreas le pirate
redouté. Ce tome appelle manifestement une suite...
Enfin, le choix de cette aire géographique est intéressant : l'Ouest de la Méditerranée est assez peu exploré en BD et comme tout récit qui touche aux îles me tente, j'y jetterai un regard plus exhaustif, comme j'ai pu le faire pour les îles des mers du Nord.
jeudi 31 mai 2018
dimanche 27 mai 2018
Une bonne nouvelle (presque) inattendue
challenge au long cours toujours consacré au space opera et au planet opera, est de retour : romans, essais, BD, nouvelles, films, séries, jeux vidéos, compte-rendus d’expositions ou de conférences sont acceptés comme bagages de bord lors de ce voyage ludique intergalactique .
Embarquement le 21 juin.



Nous sommes plusieurs à avoir le tome 2 Sous le vet d'acier dans notre PàL, peut-être l'occasion d'une LC autour des enfants de Poséidon ?
J'aimerais aussi finir le tome 2 de l'intégrale Omale et lire Les derniers jours de Paradis.
La Terre bleue de nos souvenirs
Premier tome de la trilogie Les enfants de Poséidon d'Alastair Reynolds. De nouveau, merci à Lhisbei qui m'a permis de le remporter ! Lu le 15 mai 2016
Retour sur
UN TRES GROS COUP DE COEUR

XXIIe siècle. Le Mécanisme sait tout. Où vous êtes, à quoi vous pensez. Geoffrey et Sunday Akinya savent que garder un secret peut s’avérer dangereux. Leur famille a profité de l’essor économique de l’Afrique. Eux l’ont rejeté en bloc. Geoffrey travaille sur l’intelligence animale au Kilimandjaro et Sunday mène une carrière artistique sur la Lune, hors de portée du Mécanisme. Mais en mourant, leur grand-mère laisse un secret qui va les lancer dans une course désespérée… sous l’œil impassible du Mécanisme.
Sunday et Geoffrey sont les arrière petits enfants d'Eunice Akinya bâtisseuse d'un empire dans la galaxie. Elle vient de mourir après s'être retirée pour vivre les dernières années de sa vie dans le Palais d'hiver en orbite autour de la Lune. Les cousins Lucas et Hector (malgré une coquille en début de roman où il s'appelle Victor) ont repris les rênes administratifs et financiers du groupe. Hommes d'affaires sans foi ni loi sauf celle du profit, ils s'opposent à Sunday qui entend vivre en libre penseur et en artiste dans la zone non observée de la Lune et Geoffrey pour lequel compte seule l'étude des derniers éléphants d'Afrique. En plus de l'héritage, Eunice semble leur avoir légué un facétieux et intrigant jeu de piste qui commence dans le coffre fort d'une banque lunaire.
J'ai embarqué dans ce roman dès la mise en place des différentes intrigues qui nous placent au coeur des intérêts de plusieurs groupes d'influence chinois, indiens et africains : les Akinya et les Cho qui ont bien profité du dérèglement climatique pour s'ériger un empire industriel et financier, les Pan(spermistes) qui veulent essaimer la vie "l'efflorescence verte" dans toute la galaxie, Plexus et ses concurrents qui développent l'intelligence artificielle, etc
Les personnages sont tous dignes de curiosité : Geoffrey et ses tentatives d'ouvrir un portail cognitif entre son cerveau et celui de Matilda une matriarche éléphante, Sunday et son expertise dans la manipulation des nouvelles technologies, les déplaisants cousins et leur foi inébranlable dans l'impérialisme économique familial, Eunice l'aïeule qui semble encore tirer les ficelles et enfin Memphis, une sorte de majordome qui a élevé Geoffrey et Sunday mais dont l'identité autant que le statut sont incertains.
La partie 2 emporte le lecteur dans de merveilleux voyages (j'ai du mal à trancher en faveur de l'une ou l'autre préférence). Les circonstances conduisent Geoffrey à solliciter la citoyenneté des Nations unies aquatiques. Il visite en hôte de marque la cité sous-marine de Tiamann et il rencontre la fondatrice des Pans sous une apparence déconcertante, Arethrusa. Sans avoir le temps de reprendre ses esprits, il est lancé en direction de la Reine d'hiver pour tenter de percer les secrets d'Eunice. Une course de vitesse s'engage avec le vaisseau d'Hector qui subit quelques avanies. Raconter la suite serait du spoiler ! De son côté, Sunday est partie enquêter sur Mars, après une escale sur Phobos où elle a visité le campement où a séjourné Eunice. Le voyage martien ne cède en rien, ni en beauté, ni en frissons, ni en exotisme devant celui de Geoffrey aux fonds des mers.
La dernière partie remet Eunice sur le devant de la scène, bien qu'elle ne l'eut quittée qu'en apparence. Elle est même doublement, voire triplement présente... Elle est bien pire manipulatrice que j'avais imaginé ! Mais le rêve est là, en technicolor, auquel elle nous convie à la suite de ses petits enfants, sous la plume d'Alastair Reynolds.
samedi 26 mai 2018
La peau blanche
Voyage autour du thé
A l'ordre du jour de ce mois de mai, la couleur blanche (du muguet) devait se trouver dans le titre ou en dominante sur la couverture. J'ai choisi dans ma liste initiale La peau blanche de Joël Champetier.
La suite s'en éloigne radicalement mais le début m'a beaucoup fait penser à Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer ? premier roman de Dany Laferrière car la situation-cadre présente un certain ombre d'analogies : Montréal, deux étudiants qui partagent une colocation et passent leurs journées à digresser sur l'existence, l'un est haïtien et ne fait même pas semblant d'étudier, l'autre est originaire de Dijon, venu à l'UQAM pour étudier l'oeuvre de Michel Tremblay. Thierry fait une fixation/répulsion sur les rousses à la peau trop translucide ; pourtant lorsqu'il croise Claire lors d'un concert classique, toutes ses réticences s'envolent. Mythes, légendes urbaines, vaudou créole se croisent dans la trame de ce roman, qui sans ce questionnement ne serait qu'une bluette un peu effrayante. Le propos - outrancier - est pourtant soutenu par une théorie sur les races et l'évolution qui n'est pas sans intérêt.

Résumé :
Elles sont parmi nous... Un soir de la fin de septembre, Thierry Guillaumat, jeune français étudiant à l'UQAM, et Henri Dieudonné, son ami haïtien, décident de faire une virée dans les coins chauds de Montréal. L'aventure, qui se voulait sans conséquence, tournera pourtant au drame.
Elles sont parmi nous... Au cours de l'hiver, Thierry tombe éperdument amoureux de Claire Lefrançois, une énigmatique rousse. La relation qui s'ensuit est loin d'être facile, surtout que Thierry soupçonne Claire de lui cacher un terrible secret.
Elles sont par parmi nous... Quelques semaines plus tard, Henri, fin observateur, se pose plusieurs questions au sujet de Claire et de sa famille. Les hypothèses qu'il soulève choquent profondément Thierry, mais après enquête, ce dernier doit lui aussi se rendre à l'évidence.
Elles sont parmi nous... Et elles sont mortellement dangereuses
A l'ordre du jour de ce mois de mai, la couleur blanche (du muguet) devait se trouver dans le titre ou en dominante sur la couverture. J'ai choisi dans ma liste initiale La peau blanche de Joël Champetier.
La suite s'en éloigne radicalement mais le début m'a beaucoup fait penser à Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer ? premier roman de Dany Laferrière car la situation-cadre présente un certain ombre d'analogies : Montréal, deux étudiants qui partagent une colocation et passent leurs journées à digresser sur l'existence, l'un est haïtien et ne fait même pas semblant d'étudier, l'autre est originaire de Dijon, venu à l'UQAM pour étudier l'oeuvre de Michel Tremblay. Thierry fait une fixation/répulsion sur les rousses à la peau trop translucide ; pourtant lorsqu'il croise Claire lors d'un concert classique, toutes ses réticences s'envolent. Mythes, légendes urbaines, vaudou créole se croisent dans la trame de ce roman, qui sans ce questionnement ne serait qu'une bluette un peu effrayante. Le propos - outrancier - est pourtant soutenu par une théorie sur les races et l'évolution qui n'est pas sans intérêt.

Résumé :
Elles sont parmi nous... Un soir de la fin de septembre, Thierry Guillaumat, jeune français étudiant à l'UQAM, et Henri Dieudonné, son ami haïtien, décident de faire une virée dans les coins chauds de Montréal. L'aventure, qui se voulait sans conséquence, tournera pourtant au drame.
Elles sont parmi nous... Au cours de l'hiver, Thierry tombe éperdument amoureux de Claire Lefrançois, une énigmatique rousse. La relation qui s'ensuit est loin d'être facile, surtout que Thierry soupçonne Claire de lui cacher un terrible secret.
Elles sont par parmi nous... Quelques semaines plus tard, Henri, fin observateur, se pose plusieurs questions au sujet de Claire et de sa famille. Les hypothèses qu'il soulève choquent profondément Thierry, mais après enquête, ce dernier doit lui aussi se rendre à l'évidence.
Elles sont parmi nous... Et elles sont mortellement dangereuses
vendredi 25 mai 2018
Une enquête de Chet et Bernie
challenge ABC polar : lettre QVa chercher ! Le roman de Spencer Quinn ressemble à un croisement entre le film Didier avec Alain Chabat dans le rôle du chien et le roman Le bizarre incident du chien pendant la nuit. Le narrateur expose un point de vue décalé qui n'est pas celui auquel le lecteur s'attend : " Moi c'est Chet, chien-détective. ". Le principe est que tout est vu à hauteur de truffe. Chet est associé à Bernie, un détective privé qui partage avec Magnum, du feuilleton où le personnage est joué par Tom Selleck, un goût immodéré pour les chemises à motif hawaïen et les belles voitures.

Le sujet de l'enquête est la fugue d'une adolescent surdouée, qui aurait faussement disparu une première fois, alarmant sa mère, puis une seconde, réellement cette fois, alors que Bernie est dessaisi de l'affaire par le père. Le décor emprunte au désert et au canyon des éléments naturels évocateurs. Enfin, une aide inattendue mais salvatrice est apportée par une gentille journaliste qui sait gâter les animaux.
lundi 21 mai 2018
Les Crèvecoeur I - Edith et Romain
Silk Thread Publishing réédite en deux tomes : Les Crèvecoeur, un roman d'Antonia Medeiros. Je dois dire que la couverture m'a incitée à m'inscrire pour ce dernier
partenariat proposé par Livraddict, dont je remercie encore les
bénévoles pour l'ensemble de leur activité dans ce domaine. L'illustration suggère bien le contenu de ce premier volet de la saga intitulé Edith et Romain, mais il faut avoir fini sa lecture pour en comprendre toute la finesse. L'arbre un peu inquiétant qui déploie ses branches torturées représente l'ascendance généalogique de Raphaël Crèvecoeur, le narrateur et destinataire de la confession de Germain Crèvecoeur, son père dont il ignorait tout jusqu'à l'ouverture du testament.
Peu avant la première guerre mondiale, Edith, seule fille d'une lignée de cordonniers n'ayant jamais manqué d'un héritier mâle auquel transmettre patronyme et savoir-faire, doit être mariée pour perpétuer le nom et l'entreprise. L'heureux élu se présente sous tous les abords du gendre providentiel en la personne de Romain Crèvecoeur. Mais que sa toute jeune épouse ne se berce pas d'illusions : dès la nuit de noces, il est clair qu'il mènera la vie qu'il veut, en aventurier sédentarisé pour mieux s'approprier la cordonnerie familiale et ne s'encombrera pas de sentiments pour sa belle-famille. Un enfant naît pourtant, refuge pour les sentiments de sa mère, encombrement importun pour son père. De son enfance, Germain conserve une forme d'incapacité à aimer, qui va de pair avec un goût immodéré pour les chaussures féminines.
Extraits du résumé :
Ce premier volet de la saga des Crèvecœur commence en 1914. La guerre éclate et la jeune femme y voit l’occasion de fuir le désastre de son mariage. Amours secrètes et interdites, obsessions dangereuses et ambitions démesurées. Enfant sensible et conscient de sa différence, Germain puisera dans l’amour inconditionnel de sa mère et la folie de son père toute la force de son génie créatif et partira à la conquête des pieds des femmes. Bayeux, Paris, la découverte de la sensualité, la création de sa première collection de chaussures féminines, plus rien n’arrête Germain dans quête de l’élégance féminine. Mais jusqu’où peut-on vraiment fuir les secrets de notre famille ?
J'ai énormément aimé LE sujet du roman : LA CHAUSSURE et l'exploration aussi bien technique que symbolique qui en est faite. Germain est tombé dans la marmite tout petit et il porte en lui les gènes d'une lignée d'artisans du cuir, mais il va porter la folie de son père à un niveau de passion pour revêtir le pied féminin qui me laisse rêveuse... presque autant qu'une des rues de Paris est consacrée aux boutiques de chaussures sur mesure.
De nombreuses parties du roman traduisent parfaitement cet accord parfait entre l'idéal de Germain et les créations qui sortent de son crayon d'abord, puis de ses mains ensuite. Tout est intéressant, son observation attentive et silencieuse depuis l'arrière boutique de son père, ses déboires chez les compagnons mais sa reconnaissance pour les enseignements irremplaçables qu'il y reçoit, son long séjour à l'usine de prêt-à-chausser et le sympathique couple Bertram, sa première collection de luxe et la fierté des ouvrières qui les façonnent de porter l'une de ces paires pour travailler. Car si Germain est maladroit avec les femmes et finalement assez ingrat envers le dévouement de sa mère, il est sans pareille quand il s'agit de combler leurs désirs secrets à travers les pieds féminins.
Edith, la mère de Germain, est un beau personnage qui tient le coeur du roman. Bien qu'elle soit absente d'une grande partie du roman, son empreinte indélébile marque la vie de son fils. Elle puise inspiration et réconfort dans la contemplation " mystique " de la tapisserie de Bayeux (dite de la reine Mathilde) et la dialectique entretenue entre elle et les trois seuls personnages féminins représentés contribue à construire ce personnage fort et libre dans sa condition de femme mal mariée. Durant l'épisode de la première guerre mondiale, quand elle est infirmière volontaire pour soigner les soldats nazis blessés, je l'ai imaginée sous les traits de la magnifique Kristin Scott Thomas dans Le patient anglais.
Contrepoint monstrueux mais néanmoins victime elle aussi m'est apparue la princesse chinoise aux pieds idéalement minuscules enlevée par Romain et érigée comme le trophée prestigieux de sa collection de chaussures usagées. Enfin, la maison d'enfance de Germain à Bayeux, labyrinthique, onirique, muséale, sorte d'accrétion vouée au culte de la chaussure, est un personnage à part entière qui incarne l'héritage tangible, mais aussi immatériel, de Raphaël. Je pense que les frères Jeunet s'empareraient du sujet avec délices !
Peu avant la première guerre mondiale, Edith, seule fille d'une lignée de cordonniers n'ayant jamais manqué d'un héritier mâle auquel transmettre patronyme et savoir-faire, doit être mariée pour perpétuer le nom et l'entreprise. L'heureux élu se présente sous tous les abords du gendre providentiel en la personne de Romain Crèvecoeur. Mais que sa toute jeune épouse ne se berce pas d'illusions : dès la nuit de noces, il est clair qu'il mènera la vie qu'il veut, en aventurier sédentarisé pour mieux s'approprier la cordonnerie familiale et ne s'encombrera pas de sentiments pour sa belle-famille. Un enfant naît pourtant, refuge pour les sentiments de sa mère, encombrement importun pour son père. De son enfance, Germain conserve une forme d'incapacité à aimer, qui va de pair avec un goût immodéré pour les chaussures féminines.
Extraits du résumé :
Ce premier volet de la saga des Crèvecœur commence en 1914. La guerre éclate et la jeune femme y voit l’occasion de fuir le désastre de son mariage. Amours secrètes et interdites, obsessions dangereuses et ambitions démesurées. Enfant sensible et conscient de sa différence, Germain puisera dans l’amour inconditionnel de sa mère et la folie de son père toute la force de son génie créatif et partira à la conquête des pieds des femmes. Bayeux, Paris, la découverte de la sensualité, la création de sa première collection de chaussures féminines, plus rien n’arrête Germain dans quête de l’élégance féminine. Mais jusqu’où peut-on vraiment fuir les secrets de notre famille ?
J'ai énormément aimé LE sujet du roman : LA CHAUSSURE et l'exploration aussi bien technique que symbolique qui en est faite. Germain est tombé dans la marmite tout petit et il porte en lui les gènes d'une lignée d'artisans du cuir, mais il va porter la folie de son père à un niveau de passion pour revêtir le pied féminin qui me laisse rêveuse... presque autant qu'une des rues de Paris est consacrée aux boutiques de chaussures sur mesure.
De nombreuses parties du roman traduisent parfaitement cet accord parfait entre l'idéal de Germain et les créations qui sortent de son crayon d'abord, puis de ses mains ensuite. Tout est intéressant, son observation attentive et silencieuse depuis l'arrière boutique de son père, ses déboires chez les compagnons mais sa reconnaissance pour les enseignements irremplaçables qu'il y reçoit, son long séjour à l'usine de prêt-à-chausser et le sympathique couple Bertram, sa première collection de luxe et la fierté des ouvrières qui les façonnent de porter l'une de ces paires pour travailler. Car si Germain est maladroit avec les femmes et finalement assez ingrat envers le dévouement de sa mère, il est sans pareille quand il s'agit de combler leurs désirs secrets à travers les pieds féminins.
Edith, la mère de Germain, est un beau personnage qui tient le coeur du roman. Bien qu'elle soit absente d'une grande partie du roman, son empreinte indélébile marque la vie de son fils. Elle puise inspiration et réconfort dans la contemplation " mystique " de la tapisserie de Bayeux (dite de la reine Mathilde) et la dialectique entretenue entre elle et les trois seuls personnages féminins représentés contribue à construire ce personnage fort et libre dans sa condition de femme mal mariée. Durant l'épisode de la première guerre mondiale, quand elle est infirmière volontaire pour soigner les soldats nazis blessés, je l'ai imaginée sous les traits de la magnifique Kristin Scott Thomas dans Le patient anglais.
Contrepoint monstrueux mais néanmoins victime elle aussi m'est apparue la princesse chinoise aux pieds idéalement minuscules enlevée par Romain et érigée comme le trophée prestigieux de sa collection de chaussures usagées. Enfin, la maison d'enfance de Germain à Bayeux, labyrinthique, onirique, muséale, sorte d'accrétion vouée au culte de la chaussure, est un personnage à part entière qui incarne l'héritage tangible, mais aussi immatériel, de Raphaël. Je pense que les frères Jeunet s'empareraient du sujet avec délices !
dimanche 20 mai 2018
Week end à 1000
Un week end prolongé en perspective : qu'envisager de mieux durant ces trois jours que de belles lectures farniente ? Le logo est de LiliBouquine.
vendredi : 200 dernières pages de Trois souris aveugles, le sujet : un réseau d'amateurs de snuff movies en direct sur le Net, un suspense signé Mikaël Ollivier
50 pages autour de Planète lointaine par Li-Ann
samedi : 150 pages de Va chercher, une enquête de Chet et Bernie, un duo détective décalé chien policier recalé par Spencer Quinn, le sujet : la disparition d'une fugueuse
dimanche : une visite au festival Le goéland masqué de Penmarc'h et une mini moisson de BD : Lax Prado, une adaptation de Carlos Salem et la découverte de Robin Cousin, 50 pages de son dernier album Le profil de Jean Melville
100 pages pour finir Les Crèvecoeur tome 1 Edith et Romain d'Antonia Medeiros
lundi : 70 pages supplémentaires de Va chercher, mais sortie cinéma pour voir Luna d'Elsa Diringer
total : 620 pages
vendredi : 200 dernières pages de Trois souris aveugles, le sujet : un réseau d'amateurs de snuff movies en direct sur le Net, un suspense signé Mikaël Ollivier
50 pages autour de Planète lointaine par Li-Ann
samedi : 150 pages de Va chercher, une enquête de Chet et Bernie, un duo détective décalé chien policier recalé par Spencer Quinn, le sujet : la disparition d'une fugueuse
dimanche : une visite au festival Le goéland masqué de Penmarc'h et une mini moisson de BD : Lax Prado, une adaptation de Carlos Salem et la découverte de Robin Cousin, 50 pages de son dernier album Le profil de Jean Melville100 pages pour finir Les Crèvecoeur tome 1 Edith et Romain d'Antonia Medeiros
lundi : 70 pages supplémentaires de Va chercher, mais sortie cinéma pour voir Luna d'Elsa Diringer
total : 620 pages
samedi 19 mai 2018
Trois souris aveugles
mardi 15 mai 2018
La maison de Marie à Ephèse
Les éditions Pierre Téqui présentent des extraits du journal du père Eugène Poulin consignant les étapes de la redécouverte de la maison où Marie finit ses jours à Éphèse, en Asie mineure (Turquie actuelle) grâce aux visions d'une religieuse allemande vivant à la fin du 18ème siècle.A l'encontre de la tradition historique qui situe la " dormition de la Vierge " à Jérusalem, les Pères Poulin et Jung, saisis par la précision des révélations de la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, transcrits par le poète Clemens Brentano, décident d'en vérifier l'authenticité. Ils entreprennent dès 1891 une première expédition afin d'établir la situation géographique des lieux décrits. Fouilles, enquêtes, contre-enquêtes, investigations les conduisent ensuite à des découvertes qui écartent toute contradiction.
Le livre est divisé en trois parties d'inégal intérêt : le journal des fouilles, relatées selon les pratiques archéologiques de l'époque, une sélection des sources et documents authentiques appuyant le récit, la transcription partielle des révélations d'Anne-Catherine Emmerich, troublantes par certains détails inexistants au moment des fouilles.
jeudi 10 mai 2018
Lectures BD du mois
Voyage au Centre belge de la bande dessinée à Bruxelles, pas une première visite mais toujours une belle découverte parce que c'est plus qu'un musée, un cadre hors pair : architecture art nouveau de Victor Horta pour les anciens grands magasins Waucquez), des classiques toujours renouvelés : les genres en BD (humoristique, réaliste, expressionniste, historique, animalière, didactique, roman graphique, SF et héroic-fantasy), les rapports à la presse et des thématiques nouvelles : Boerke, un extrait de l'exposition Hergé à Louvain, Peyo et ses Schtroumpfs, les auteurs de langue flamande, la BD chinoise, etc. Présentation à voir sur un blogue
Lu à la bibliothèque municipale de Doullens, de passage chez Magicienned'Oz
Margaux Motin et Pacco : Oui ! 101 questions à se poser avant de se marier
dimanche 6 mai 2018
Jeunesse sur Babelio
Masse Critique : recevez un livre, publiez une critique
une dizaine de choix en mai et ma sélection du 11 avril dernier ci-dessous : Plein les yeux !
Les réponses commencent à arriver, j'espère toujours, même si j'ai peu de chance depuis plusieurs années maintenant... encore une fois sans moi !
Les réponses commencent à arriver, j'espère toujours, même si j'ai peu de chance depuis plusieurs années maintenant... encore une fois sans moi !

samedi 5 mai 2018
La mort est un jeu d'enfants
Kitty Keeler est d'une beauté solaire, rayonnante. Joe, chargé de l'enquête concernant le meurtre de ses deux enfants Terry et Georgie âgés de six et trois ans, n'échappe pas à la fascination qu'elle exerce sur les hommes et qui n'a d'égale que la jalousie haineuse des femmes. Elle apparaît d'emblée comme la suspecte idéale, d'autant qu'elle se défend bien mal, avec hauteur et une apparente indifférence à son sort.
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