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lundi 7 octobre 2019

Une enquête de l'inspecteur Singh

flag   Tour du monde :  MALAISIE

Meurtre en Malaisie de Shamini Flint est le premier volet des aventures de l'inspecteur Singh, qui sillonne l'Asie en luttant contre le crime ! Sikh obèse, encombré de sa personne mais pas débonnaire, subordonné récalcitrant, " le meilleur des limiers de Singapour " est d'emblée sympathique parce qu'il prend la défense de la veuve et de l'opprimé. Plus subtil qu'il n'y paraît, il représente un allié de poids pour Chelsea, crédible dans ses réactions de mère éplorée mais néanmoins prête à user de tous les moyens pour conserver la garde de ses trois fils. 

L'inspecteur Singh est dépêché par le police de Singapour pour mener, à Kuala Lumpur, une enquête mettant en cause une de leurs ressortissantes. Le célèbre top-model Chelsea Liew, divorcée d'Alan Lee pour violences conjugales, est passible de la peine de mort pour le meurtre à bout portant de son ex-mari. Les mobiles ne manquent pas dans l'entourage du magnat forestier, à commencer par ses deux frères Jasper l'aîné et Kian Min le cadet, parce que le premier est opposé à l'exploitation de la forêt primaire à Bornéo et au délogement des populations indigènes, et l'autre pour des motifs contraires, parce qu'il trouve son frère trop mou à la direction de l'entreprise familiale. Pourtant Chelsea a le meilleur des mobiles : Alan voulait la séparer de ses enfants grâce à la loi coranique... La coopération avec la police malaise mobilise toutes les ressources de l'astucieux inspecteur Singh ; il trouve un partenaire compréhensif en la personne du jeune policier Shukor, chargé de l'escorter sur ordre de l'inspecteur Mohammad.

mardi 25 septembre 2018

Elise Fischer [2]

Les alliances de cristal par FischerLes alliances de cristal
J'ai reçu en cadeau un exemplaire dédicacé par l'auteur.
Comme mon premier roman d'Elise Fischer (ci-dessous) plusieurs générations, des Vosges à la capitale de la Lorraine, dessinent le l'histoire d'une famille et traversent deux guerres et les séquelles d'une première défaite devant l'Allemagne. J'ai choisi ce titre car j'aime particulièrement l'Art nouveau et le travail du cristal et ce roman montre bien la passion ayant habité les artistes/artisans qui ont pleinement déployé leur savoir faire aux moments des grandes expositions universelles.
Matthieu Thuillier est l'enfant d'un homme qui n'a pas su choisir entre deux femmes, les a rendues également insatisfaites et malheureuses, les a conduites à la folie pour l'une et à la mort pour toutes les deux. Il ne reprendra pas l'entreprise paternelle car sa vocation l'attire vers le travail de la pâte de verre, mais il suivra l'exemple des amours contrariées. Du début du siècle à son épilogue en 1969, le roman permet de parcourir le processus d'innovation aux côtés d'Emile Gallé et ses contemporains, la montée en puissance de la concurrence, avec les ateliers Daum et Lalique, puis la crise de l'Art nouveau, art bourgeois et la révolution esthétique de l'art moderne...

Extrait : Dans le four rougeoyant, le mélange de sable et de chaux entre en fusion. Par quel miracle, au bout de la canne du souffleur, le verre fondu devient-il un vase, une coupe, un objet d'art ? Tous les jours, après l'école, Matthieu Thuillier s'émerveille de ce spectacle magique. Il sait déjà que sa vocation, son métier, sa passion sont là, dans la pénombre de l'atelier de verrerie. [...]


Grâce à son goût inné et à son ingéniosité, Matthieu va devenir un maître, l'égal des meilleurs créateurs de l'école de l'Art nouveau. Mais il y a la guerre qui menace et, plus encore, la révolution esthétique des modernes qui s'annonce...
Le talent de Mathieu me semble fortement inspiré par les recherches d'Emile Gallé dont l'illustration de couverture des éditions Pocket est le portrait par Victor Prouvé (vers 1892-1893) exposé au Musée de l'Ecole de Nancy ; ci-contre, un autre portrait par Louis Hestaux.

 *  *  *
Trois reines pour une couronne
En Lorraine, le destin de trois femmes de caractère : Adèle, sa fille Charlotte, et Louise, sa petite-fille. Au-delà des liens du sang qui les unissent, elles partagent la même passion pour la fabrication de la bière, cette boisson couleur de l'or. Filles ou petites-filles de brasseurs tonneliers, elles travaillent dans l'ombre des hommes et contribuent à l'essor de la célèbre brasserie de Champigneulles, près de Nancy.
Elise Fischer retrace un siècle de l'histoire relative à cette toute petite partie de la vallée de la Meurthe située à 4 km de Nancy en direction de Metz fondée sur l'essor de la brasserie.
Lu le 15 octobre 2013

En une superbe fresque historique et trois générations de femmes, élues tout à tour miss Reine des bières : Adèle la sage, Charlotte la rebelle et Louise l'affranchie, l'auteur parcourt le destin troublé mais fertile de cette partie de la France à travers celui de deux familles aussi étroitement liées qu'impossibles à rapprocher, les Thouvenelle, famille de brasseurs et les d'Auzécourt, des notables nancéiens.
Le portrait de ces femmes courageuses, qui n'ont pas réellement connu la "Belle époque" contrairement à ce que laisserait entendre la couverture, est fort et émouvant, comme la vie pour laquelle elles se sont battues. Paradoxalement, ce roman montre une forme d'émancipation féminine, en parallèle à l'asservissement de l'humain à l'industrie puis au capital.

1798-1997, c'est aussi la célébration du centenaire d'une bière portée par la vision d'un homme, le père de la Reine des bières, le concepteur des futures Grandes brasseries de Champigneulles, qui sut profiter de l'annexion de l'Alsace pour se développer et racheter toutes les petites brasseries de l'Est et du Nord de la France avant de se heurter à la zone d'influence de l'autre géante d'Alsace, remise de l'occupation et de l'interdiction d'exporter, la Hatt (Kronenbourg) avant que les deux ne tombent dans l'escarcelle de BSN (Gervais Danone).

Chose plutôt rare, j'ai apprécié ce roman historique, sans doute parce que je connais bien la région, mais aussi parce que les éléments du réel s'insèrent sans lourdeur dans la trame romanesque. On vit l'évolution de la vie dans une campagne en cours d'industrialisation au rythme de trois générations, avec les progrès et les espoirs, mais aussi les difficultés. Comment imaginer aujourd'hui la peur et le désastre suggéré par la venue imminente d'un orage, cela m'a rappelé un passage des souvenirs de Laura Ingalls Wilder, l'auteur de la petite maison dans la prairie, quand les intempéries ruinent les attentes des familles de colons.


samedi 11 mars 2017

June - Le souffle / Le choix / L'invisible

Je regrette un peu de ne pas avoir reçu durant le mois de... Manon Fargetton la suite des aventures de June que j'ai commandée à peine le tome 1 refermé. Je souhaitais faire un commentaire commun de la trilogie car je pense que Le souffle ne fait que mettre en place un univers dont j'avais envie d'explorer l'intégralité développée par l'auteur.
Je lis partout qu'elle excelle à créer des univers riches et complexes, où des personnages attachants vivent des aventures à 100 à l'heure. Ce n'est pas totalement vrai pour ce roman, plutôt lent et ample après un démarrage sur les chapeaux de roues, car il retrace la période d'apprentissage de June avant qu'elle ne s'élance réellement vers son destin.

Le souffle
Enfant, elle a croisé la route de la dernière fée de l'air, moribonde, et elle en a recueilli le don ultime : le souffle. Adolescente inséparable de son jeune frère Locki, elle a dû fuir le refuge de la maison close tenue par sa tante à cause d'un client un peu trop attentionné à son égard.
Ses pas et un instinct mystérieux, à moins que ce soient des guides tout aussi mystérieux, l'ont conduite vers l'arbre qui donne accès à un monde invisible et protégé où elle va pouvoir finir de grandir. Entourée de quelques gardiens, June apprend le pouvoir qui repose en elle et s'essaie aux moyens de le contrôler. Elle devra affronter des forces menaçantes qui s'opposent à la vitalité de la nature.
Le monde de June offre des similitudes avec un univers médiéval où les légendes et la féérie auraient une part active. Il reste beaucoup d'inconnues à expliquer à l'issue de ce premier tome introductif.
Les personnages ont tous un rôle dans l'apprentissage de l'héroïne, mais ils présentent une épaisseur qui permet de s'intéresser à leur vécu et de vouloir en savoir plus sur leur passé. J'ai pour ma part préféré le personnage de Locki dont il est dommage qu'il apparaisse plutôt comme un faire valoir de sa soeur.
La couverture est une vraie réussite (supérieure aux suivantes même si leur sens devient explicite à la lecture) ; si vous doutez que la ressemblance de June avec l'auteur soit fortuite ou si vous êtes curieux de plein d'autres détails, ses romans, ses habitudes, etc, RDV sur le site de Bookenstock pour les interviews de Manon Fargetton.
Lu le 30 avril 2014

Le choix
J'avais raison d'imaginer que le deuxième tome serait encore meilleur que le premier. L'auteur garde cette écriture fluide qui fait la qualité des aventures vécues par June, mais en plus son imaginaire se déploie pleinement dans la suite des événements. La nature de la deuxième source est l'objet d'émerveillements encore plus grands si c'était possible. Quelle beauté associée à la description des flux d'air, de la lumière, des pensées et de la musique tout au long de ce roman. J'ai aimé aussi la nouvelle maturité de June, qui ne lui fait en rien perdre sa fraîcheur et son enthousiasme communicatif. Locki devient également un personnage très intéressant, fort contrasté, bien que toujours très uni à sa soeur. Enfin j'ai bien envie de découvrir la vérité sur les Oldariss car je suis persuadée qu'il y a un secret caché dans leur existence brumeuse. Bref, je n'ai qu'un mot : vivement la suite... heureusement elle est dans ma PàL !
Lu le 28 février 2017

L'invisible
Je viens de finir le dernier tome de la trilogie et je suis émue par la fin, un peu déçue qu'elle soit terminée, mais confiante qu'il y a trop de vitalité en June et trop de vies dans toutes les strates de l'invisible pour qu'elles laissent Manon Fargetton les oublier aussi facilement.
C'est une histoire merveilleuse, au sens propre et l'auteur parvient à renouveler le genre avec une facilité déconcertante.
Elle réalise un beau travail d'écriture sur la visualisation des vibrations : musique et lumière, ainsi qu'autour des forces qui régissent le monde : harmonie et chaos.
Je suis sûre d'avoir envie de relire cette série une seconde fois pour en apprécier chaque détail : à la première j'avais trop hâte de connaître la suite.

jeudi 23 février 2017

Gillian Flynn [2]

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »
Les apparences comme l'a écrit Fan2polar qui en a proposé la LC est un titre trop transparent en français par rapport à l'original Gone girl. Il attire l'attention sur leur côté trompeur et dès lors la lecture est d'emblée faussée.
Offert par Magicienned'Oz à l'issue du challenge Chacun son époque

Dans une première partie, les jours défilent dans le journal des faits et gestes de Nick depuis la disparition de sa femme Amy le jour de leur cinquième anniversaire de mariage. Les apparences sont celles d'une lutte à leur domicile. Amy avait l'habitude d'organiser une chasse au trésor autour d'évènements et de lieux emblématiques de l'année écoulée, pour guider son mari jusqu'à son cadeau. Au fur et à mesure du décompte, les indices apparaissent et l'aura de culpabilité qui se dessine autour de Nick provoque le revirement des enquêteurs, des beaux-parents, de l'opinion publique. Ceux qui au départ avaient soutenu le mari, comme victime collatérale, commencent à pointer du doigt ses manquements, son absence d'émotivité, sa perte de crédibilité.

== ATTENTION SPOILER ==

Dans une deuxième partie, Amy vit par procuration le plaisir d'avoir organisé sa disparition et programmé dans le moindre détail la chute progressive mais irrémédiable de son mari.
Dans un troisième partie, elle fait une réapparition théâtrale et vient savourer sa victoire pleine et entière sur Nick.
Amy est une manipulatrice machiavélique, une redoutable perverse narcissique, une mante religieuse schizophrène. Sous les apparences de la plus grande douceur, la fille cool que chaque homme rêve de rencontrer et d'épouser, est devenue une femme au foyer désenchantée, aigrie et désoeuvrée. Si l'épatante Amy est le sujet d'une série à succès qui a fait la fortune de ses parents, celle qui se rêvait l'héroïne d'un roman d'amour perpétuel prépare minutieusement sa vengeance contre l'amoureux séduisant qui n'a pas su le rester.
L'histoire est glauque, tortueuse, malsaine mais m'a semblé moins pénible à lire que Sur ma peau ; sans doute parce que n'ayant pu m'identifier ni à l'un ni à l'autre des protagonistes, je me suis sentie moins impliquée. Le roman dissèque les ressorts psychologiques qui ont amené une petite fille chérie, enfant unique adorée d'un couple fusionnel, en un monstre assoiffé de marques d'amour. J'ai le regret que certaines pistes se révèlent des impasses et ne soient pas exploitées comme les relations incestueuses.

***
50 états, 50 billets
MISSOURI


Sur ma peau de Gillian Flynn
Originaire de Wind Gap mais peu enthousiaste à l'idée de retourner sur les lieux de son enfance, Camille Preak, une jeune journaliste prometteuse, est envoyée par son rédacteur en chef pour dénicher le scoop avant tous les journaux à grand tirage  : une petite fille a disparu. Déjà, l'été dernier, une enfant modèle avait été sauvagement assassinée...
Un lourd secret enfoui depuis des années remonte à la surface alors qu'elle enquête sur les deux meurtres pour tenter de trouver un lien. Adolescente, Camille a vécu dans une souffrance qu'elle n'a pu exprimer, mais tout son corps témoigne de la tragédie...  Sitôt adulte, elle a préféré fuir. Il est pourtant grand temps d'affronter les démons de son passé si elle tient à découvrir la vérité.

Gillian Flynn propose une histoire de relation mère-fille destructrice. L'horreur de bout en bout, mais le pire est qu'elle m'a paru plausible jusque dans ses excès. Je l'ai lue au bord de la nausée, sans pouvoir m'empêcher de continuer, car je voulais savoir si Camille réussirait à s'échapper une bonne fois pour toutes.

Lu le 21 décembre 2015

50 états, 50 billets
Wind Gap, MISSOURI

mardi 10 janvier 2017

Songes

Dyptique de Denis-Pierre Filippi (scénario) et Terry Dodson (illustration)

Un étrange adolescent, inventeur de génie malgré son jeune âge, vit complètement retranché parmi ses livres et ses expériences. Engagée comme dame de compagnie mais peu sollicitée par son travail, la voluptueuse Coraline est victime de crises de sommeil peuplées de rêves étranges, où elle est inévitablement sauvée par un inconnu qui demande sa récompense. Décidée à en savoir plus, elle mène l'enquête... le plus souvent en petite tenue, ce qui donne lieu à diverses scènes érotiques et/ou coquines. La jeune femme comprend peu à peu qu'elle doit ramener un enfant à la réalité, lui apprendre à grandir, en faisant le deuil de ses parents.  
Je craque souvent pour les belles couvertures en BD, parfois je suis déçue par les pages intérieures, mais l'album tient ses promesses : en dehors de l'héroïne, le décor rétro-steampunk assez largement inspiré de l'Art nouveau et peuplé de créatures mécaniques fabuleuses donne un véritable attrait à cette histoire. Il faut se laisser mener par la vue, sans trop chercher à se raccrocher à une logique de construction pour apprécier pleinement cette aventure onirique.

lundi 1 février 2016

Des femmes bien informées

J'ai reçu ce livre de Missmolko au cours d'un troc surprise. Le résumé me plaisait assez mais pas suffisamment pour le lire. Je l'ai donc inscrit au challenge demi-ABC polar pour le sortir de ma PàL et le hasard a voulu qu'il fasse aussi partie du tirage Random PàL.
Ce roman possède certains qualités de départ dont le résumé rend compte :
Un meurtre, huit femmes. Chacune a vu ou entendu quelque chose. Chacune sait, croit savoir ou peut-être feint de ne pas savoir. Car chacune, de près ou de loin, est mêlée à une affaire sordide... On a retrouvé le cadavre d'une jeune prostituée roumaine dans un fossé de la périphérie de Turin. Crime crapuleux ? règlement de comptes ? ou incroyable machination ? Comme dans un kaléidoscope, les voix des huit femmes se croisent et se mêlent tandis que la police piétine.

L'histoire est à la fois banale et originale.
Une jeune prostituée roumaine est retrouvée étranglée dans un fossé, ce qui laisse penser à un meurtre mafieux. Mais il s'avère que Milena, rapidement identifiée, est également la récente épouse d'un banquier turinois en vue. Les pistes s'étoffent... Huit femmes vont donner leur avis, sans parfois qu'il leur soit demandé !
Prendre le point de vue de huit femmes pour construire l'enquête, cela change des habituels inspecteurs. Mais l'écriture (ou la traduction), surtout dans les premiers chapitre, est d'un niveau qui ne passe pas du tout. Retranscrire du langage parlé, pour moi ce n'est pas écrire. En outre, des expressions incompréhensibles sans indication de sens sont laissées à l'entendement du lecteur.

Du côté des investigatrices : une gendarme perspicace mais empêchée par sa hiérarchie et une journaliste en électron libre : leurs recoupements vont les amener à la solution.
Du côté des proches de la victime, Lucia est une bénévole participant à un programme de réinsertion privé, en faveur de victimes d'esclavage sexuel venues d'Europe de l'Est. Elle connaît très bien Milena pour ce qu'elle est, une fille belle, douce et intelligente, puisqu'elle l'a aidée à s'en sortir et faisait partie des invitées de sa noce. Camilla est la fille du banquier. Divorcée, elle s'est installée au rez de chaussée chez son père avec ses deux fils, dont Milena était la baby-sitter. Beatrice, meilleure amie depuis l'enfance de Fiorenza, la première épouse décédée d'une maladie orpheline, est sa proche confidente. Elle a apporté une aide indéfectible au père et à la fille. C'est elle qui par relations a permis le recrutement de Milena.
Du côté des témoins, les deux femmes qui ont découvert le cadavre sont des opposés : une serveuse, gentille fille sans histoire et une surveillante-chef  aigrie et malveillante qui cherche les histoires. Une vieille comtesse recluse dans une tour mais très observatrice rapporte des détails qui m'ont mis la puce à l'oreille.

Des huit versions des faits monte une voix polyphonique qui finit par dessiner la sordide réalité de ce crime scabreux auquel les huit femmes sont mêlées de près ou de loin. Au-delà se peint un portrait au vitriol d'une société bien pensante, raffinée, désoeuvrée et cruelle, qui s'achète une conscience pour ignorer la férocité des bas-fonds, d'une société de l'information où le racolage sordide de la presse répond à l'avidité de scandale du petit peuple.
destination : ITALIE
Carlo Fruttero a reçu le prix Campiello pour ce roman.

lundi 24 août 2015

Vango

Paris, 1934. Devant Notre-Dame, une poursuite s'engage au milieu de la foule. Le jeune Vango ne sait pas qui il est, mais certainement il doit fuir la police qui l'accuse et les forces mystérieuses qui le traquent. Son passé cache de lourds secrets. Des îles silencieuses aux brouillards de l'Écosse, tandis qu'enfle le bruit de la guerre, Vango cherche sa vérité.
Ce roman d'aventure sur fond de seconde guerre mondiale m'a semblé idéal pour la jeunesse mais je me suis également beaucoup plu à le lire. Le héros est charmant, il y a un peu d'Arsène Lupin en lui !
tome 1, Entre ciel et terre de Timothée de Fombelle :
« J'ai mis dans ce roman tout ce qui compte pour moi : le souffle de l'aventure, la fragilité, la cruauté, la beauté des existences. Je voulais une saga qui emporte le lecteur, mais qui laisse chez lui des traces » 
Lu le 13 mars 2013

enfin le tome 2, Le prince sans royaume dans ma PàL 

mercredi 26 novembre 2014

Rien de rien

Masse Critique Jeunesse vous donne rendez-vous chez Babelio le 16 octobre à partir de 7h pour tenter de remporter le livre jeunesse de votre choix en échange d'une critique. L’opération est ouverte à tous les membres ayant déjà rédigé des chroniques sur le site.
Edit du 20 octobre 2014
J"ai participé et j'ai remporté un très joli album signé Yaël Frankel.
L'illustratrice vit à Buenos Aires, en Argentine. Son univers est peuplé de personnages drôles et attachants qu’elle fait évoluer également sur des petits objets de la vie quotidienne. 
L'histoire : un caillou et un petit garçon auxquels il n'arrive rien, jamais rien, RIEN DE RIEN. Deux êtres qui font partie tout les deux, d'une vie à laquelle ils ne participent pas.... jusqu' au moment de LA RENCONTRE
Le site de l'éditeur Passepartout et sur Babelio.com   Rien de rien  Yael Frankel  Rien de rien 
 
Les trois quarts de l'album démontrent la justesse du titre à travers les situations observées par ce caillou, gris et insignifiant, environné de la richesse des péripéties de la vie qu'il voudrait partager.  Le petit garçon arrive sur la fin, son cheminement est autocentré, lent, pensif. Puis survient l'inattendu, l'élément déclencheur, le non évènement, banal en soi, mais porteur de l'espoir probable d'une rencontre qui changera les choses pour les deux protagonistes. La dernière page lie l'histoire de cette pierre et de cet enfant, vers quelque chose d'extérieur au récit...  
Des demi teintes utilisées en transparence, égayées de rares touches colorées dans les détails, comme les éclats des petits bonheurs quotidiens, donnent le ton de cette histoire de repli, intimiste. Poétique et sensible, le récit rencontre la douceur des illustrations. Les couleurs dominantes expriment  la monotonie, l'ennui, la solitude, la mélancolie. Une belle rencontre comme celle du caillou et du petit garçon.

Lecture partagée avec un groupe d'élèves de primaire, leurs réactions 
J'ai prêté ce bel album cartonné au graphisme actuel pour une séance de Lire et faire lire auprès de jeunes/petits lecteurs. Il a beaucoup plu à son public et l'histoire a permis l'ouverture d'un débat  sur ce qui allait se passer après  la rencontre, différent selon l'âge des participants : les petits se laissent guider mais l'abstraction les tient éloignés des suites possibles au récit, les plus grands y trouvent matière à faire travailler leur esprit et leur imagination.

dimanche 2 novembre 2014

Kililana song

challenge tour du monde : KENYA

Pour poursuivre sur ma lancée, je vous présente le dyptique de Benjamin Flao, une histoire qui tisse étroitement la réalité, le mythe, le romanesque en un magnifique carnet de voyage ayant pour cadre un petit coin presque ignoré du Kenya.

Les destins croisés de Günter, marin hollandais et trafiquant occasionnel, de Naim, orphelin plus soucieux d'école buissonnière que d'étude du Coran, et d'Ali, vieillard solitaire dépositaire des secrets des ancêtres, forment cette aventure africaine dans l'archipel de Lamu : Kililana au large du Kenya.
Après le passage d’une grosse tempête, Hassan est une fois de plus, à la recherche de son turbulent petit frère. Naïm s'est embarqué avec Ali et les ossements du vénérable Liogo Fumo, le dernier héros de leur peuple, qui reposait sous l’arbre sacré et qu’il fallait impérativement mettre à l’abri des pelleteuses et autres engins de terrassement.
En effet, parvenus à leurs fins, les promoteurs blancs lancent la construction de leur complexe hôtelier de luxe, projet qui risque fort de passer au second plan maintenant que la reprise des chantiers pétroliers de l’Afrique de l’Est est rendue possible par l'indépendance du Sud-Soudan. Traversant l’Éthiopie, le pipe line doit aboutir sur les côtes kenyanes, en un immense port en construction lui aussi. Le temps de l’insouciance et de la nonchalance est fini pour Naïm et les habitants de Kililana emportés par un tourbillon qui les dépasse. Leur territoire convoité est devenu la proie des industriels, d’enjeux financiers et même d’Islamistes qui font fie de l’économie et du respect de la biodiversité locales.

Mais pour en parler mieux que moi, je vous livre des extraits d'avis de mes bédéphiles préférés (ils sont dans ma blogroll mais je vous remets les liens aussi) :

Jérôme : Une intrigue un brin décousue qui sert surtout de prétexte à la découverte d’une région naturelle n’étant pour l’instant par encore passée sous le rouleau compresseur de la modernité. L’histoire se déroule d’ailleurs à hauteur d’enfant, c’est ce qui fait tout son charme. L’autre point fort de l’album tient évidemment à la qualité du dessin. Un trait proche du crayonné, des décors somptueux et des couleurs chaudes. [...] Le talent de conteur de Benjamin Flao est impressionnant. Son canevas, tissé serré-serré, est d’une redoutable précision. Malgré la multiplicité des personnages, des lieux et des événements, on passe de l’un à l’autre avec une incontestable fluidité.

Mo : La présence de cet enfant comme acteur central permet à l’auteur de construire un scénario riche qui parle à la fois du passé, du présent et de l’avenir d’un pays écrasé par le poids d’un héritage colonial mais dont il tire des avantages financiers non négligeables [...] Servi par un graphisme de toute beauté, ce récit nous fait voyager au-delà de nos propres frontières. On navigue au milieu de magnifiques aquarelles. La présence de longs passages muets a une réelle incidence sur le rythme de lecture. Ainsi, on se surprend régulièrement à profiter des paysages qui s’étalent en pleine page, on prend le temps de dévisager un fou ou un vieil homme perdu dans ses pensées 

Oliv :  L'île de Lamu étant située dans la province côtière du Kenya, à 100 km au sud de la frontière somalienne. Une mission y est menée afin de parvenir à un développement durable et responsable de l'île et ainsi de préserver l'intégrité environnementale, sociale et culturelle de la communauté Lamu. L'équilibre est fragile tant les promoteurs sont nombreux et véreux... Naïm est sur un dhow avec le vieil Ali, ultime descendant des gardiens de l'arbre sacré. L'orage gronde, il va se transformer en tempête. Les dégâts sont importants sur l'île et les habitants sont inquiets. Une certaine tension règne sur terre comme en mer car les temps changent.

jeudi 12 juin 2014

Histoires d'hommage posthume

La plus que vive
Je cherchais un autre titre de Christian Bobin lorsque je suis "tombée" sur ce court fascicule d'occasion. Il est difficile de parler d'un roman, il s'agit plutôt d'un témoignage d'amour. Le 12 août 1995, l'auteur perd une amie très chère d'une rupture d'anévrisme : Ghislaine, 44 ans, laisse un second mari, deux enfants adolescents, une petite Clémence de 4 ans, ainsi qu'un ami désemparé mais heureux : cela parait antinomique mais le texte nous apprend que Ghislaine avait le talent de rapprocher les inconciliables. L'évocation des moments de bonheur passés avec elle, parfois de longues causeries, parfois plus brefs, comme une promenade de cinq minutes au pas de course, la montre demeurant très présente dans la vie de l'auteur, comme le souligne le titre. Le texte, confiant et lumineux, ne s'appesantit pas sur la perte mais sur l'ajout : d'une capacité au bonheur, d'un rire toujours clair, d'une liberté sans pareille et d'un amour inconditionnellement donné.

Comme une curieuse résonance, je lisais il y a presque un an jour pour jour, le magnifique témoignage de...
Veuf
Jean Louis Fournier, régulier comme une horloge, va sortir son prochain roman de la rentrée. En attendant, je viens de découvrir son hommage à Sylvie, sa femme, brutalement retirée à l'affection des siens, comme dit la formule consacrée. Ce court roman fait revivre les heures heureuses, de la rencontre à la disparition soudaine, le creux des heures qui demeure.
J'avais déjà trouvé qu'il sait évoquer ses proches comme s'ils étaient sous nos yeux. Que vous connaissiez l'auteur (pour le retrouver) ou pas (pour le découvrir) ce livre est un petit bonheur à savourer.
Illustration de couverture :
Photo souvenir de Sylvie Fournier avec un de ses chapeaux cloches dans leur traction blanche

« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c’est bien triste, cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement.
J’ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m’a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C’était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j’avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m’a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n’aimait pas parler d’elle, encore moins qu’on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu’elle est partie. »
Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n’a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d’elle, il nous parle de lui.
Lu le 14 juin 2013

dimanche 11 mai 2014

Le portail de l'ange

L'auteur propose, en partenariat entre Livraddict et les éditions Slatkine m'a permis de découvrir l'un des romans de Sonia  Frisco  dont le résumé m'a tentée :

L'esprit humain est aussi puissant que dangereux... et il ne faut pas toucher à tout sans savoir ce que l'on touche.
Dans un univers où toutes sortes de forces s'entremêlent, dans un labyrinthe où la plus limpide lumière provoque aussi son ombre, le petit Justin est venu au monde pour amener un sourire... puis se taire à jamais.
Tout ce qui n'est pas prédateur est-il destiné à devenir proie ?
La belle saison était revenue. Un grand renouveau avait déferlé sur la Terre Mère, en un souffle puissant et neuf, le souffle de la naissance, celui de la création, de la vie et de l'éclat.
On l'appelait Printemps. Marta l'appela Justin.
Devant l'immense tout est permis pour rester en Vie.
Dans toutes les histoires, il y a ce qu'on nous dit et il y a ce qu'on entend.

Le roman est arrivé joliment emballé, comme un cadeau, accompagné d'un petit mot et d'un marque page assorti. J'apprécie énormément l'attention, mais ce n'est pas tout, car dans le paquet se cache un précieux présent  : le partage de ce merveilleux enfant qu'est Justin.
J'ai été séduite, emportée par l'histoire de Marta, l'incroyable Marta, si puissante et si fragile. Entourée de ses deux hommes, Joss le taciturne qui ne la comprend pas toujours mais l'aime inconditionnellement et leur petit Justin, si attachant, l'enfant du miracle puisque son oncle Gustavo s'était assuré que Marta ne pourrait jamais être mère.

J'ai aimé découvrir ce roman lentement, en m'imprégnant des impressions laissées par la créativité de chacun à sa façon, Justin qui découvre le monde, Marta qui l'enchante de ses conceptions architecturales ou Ignacio son jeune frère qu'elle guide subtilement dans cette voie. Marta se lance dans tout à corps perdu, elle ne sait pas se ménager, ni se modérer. Emerveillée par sa progéniture, mais parfois désemparée, sujette à des crises de doute, Marta trouve compréhension et soutien auprès du docteur Régent et de l'institutrice Julia Andrade. Une improbable rémission lui permet même de reprendre les papiers et les crayons remisés dans le garage et de modeler son jardin et sa maison à l'image des projets merveilleusement sensibles qui habitent son esprit.
L'histoire est racontée du point de vue de l'enfant qui interprète parfois difficilement le monde des adultes en dépit de sa précocité. Il ne m'a pas échappé que les initiales des Trinidad leur donnaient des airs de sainte famille et cela a renforcé l'effet de prodige produit par les exploits secrets de Justin. Mais mon imaginaire se serait satisfait de n'avoir aucune explication rationnelle trop précise et je regrette presque que le roman ne se soit pas clos avant l'épilogue, en me laissant apporter mes propres réponses aux énigmes soulevées par l'état de Marta, l'existence de Julien, l'intérêt de Julia, etc.
Merci  pour cet Echange

RDV entre ses lecteurs et Sonia Frisco sur Livraddict le 18 Septembre 2014 21:41:16 :
Chère XL,
En voilà une belle surprise à laquelle je ne m'attendais pas, mais alors pas du tout !
J'ai aussi hâte de "découvrir ma plume en italien" ^^
Merci pour votre très belle chronique sur Le Portail de l'Ange

lundi 21 avril 2014

Sang du ciel

De l'originalité conjuguée à mes centres d'intérêt m'a fait choisir ce roman : Marcello Fois est présenté comme l'équivalent sarde d'Andrea Camilleri. Or la Sardaigne est peu représentée dans la littérature et l'histoire, se déroulant à la fin du XIXème siècle, l'éloigne encore plus de nos conceptions habituelles. Les nombreuses inclusions d'expressions du dialecte local contribuent à faire de ce policier un roman du terroir, ce que l'auteur défend en soulignant des particularités insulaires par opposition aux " continentaux ".
L'enquêteur n'est pas un policier mais un avocat obstiné qui ne décroche pas de " son " affaire avant de l'avoir totalement élucidée. Poète à ses heures, il communique par rêve avec son père et ses aïeux, lorsqu'un problème l'obsède.
Filippo Tanchis, le cadet de trois frères est accusé du meurtre de Bobere Solinas. Sa tante et tutrice ne peut y croire et charge Bustianu de le sortir de prison, lequel découvre que le jeune homme est déséquilibré mais que la victime était un usurier et un indicateur. Filippo ne lui laisse pas le temps de le sauver et s'ouvre les veines. Sa connaissance de l'île, de ses habitants, de ses moeurs et des codes qui régissent la vie dans le village de Nuoro, va aider Bustianu à faire éclater la vérité.
L'atmosphère pesante est rendue encore plus oppressante par la tourmente qui souffle d'Afrique et apporte une pluie drue, épaisse et chaude qui souille de rouille les rues, les champs et abrutit les hommes et les bêtes, d'où le titre.

mercredi 12 juin 2013

Bleu Eldorado

COUP DE COEUR
Grand prix du roman d'évasion

(Premières lignes) Bob :
L'été, à New-York, c'est un vrai cauchemar. Pas d'air, pas de lumière. Une marmite de béton. Les bouches d'incendie explosent en gerbes d'eau et les buildings eux-mêmes transpirent. Chaque été, sous cette chaleur écrasante, je travaille dans un garage de Brooklyn. Exit les vacances. Pourtant, des fois, quand je répare toutes ces voitures qui ressemblent à des morceaux de paradis, il me prend l'envie de tourner la clé de contact et de filer droit vers une destination inconnue. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai jamais fait. Peut-être que je suis trop fainéant comme dit mon père. En fait de voir le monde, je n'ai quasiment pas quitté les faubourgs de Brooklyn, et je connais peu Manhattan. Quant à ce qui se trouve au-delà, paraît que ça existe, vu qu'on en parle à la télé.
- Eh, Geronimo, au lieu de rêvasser, tu me la passes, la clé de douze ?

Quand Bob, fils d'Irlandais mêlé d'un quart de sang Cherokee, mécano dans un garage de Brooklin, croise au commissariat, la route de Kate, une jeune fugueuse des beaux quartiers, un vent de liberté souffle sur sa destinée. Lui qui n'a jamais, même en pensée, dépassé l"île de Manhattan, se retrouve embarqué dans une cavale improvisée à travers les Etats-Unis. Leur chemin se trouve sur celui de Lefty, un mystérieux personnage qui  en plein orage les prend à bord de sa Cadillac de collection Blue Eldorado. Il semble se déplacer sans but précis et se prête au désir de Kate de rejoindre Atlanta, qui la déçoit, puis la Californie qui attire Bob, avec un détour par Las Vegas. Le doute les habite sur les intentions de Lefty, trop généreux pour être honnête. La musique s'invite aussi dans leur virée, omniprésente : jazz, blues, folk, rock... La voix de Kate alterne avec celle de Bob pour raconter leur équipée au fur et à mesure des chapitres. Pourtant, les personnages ne se révèlent pas totalement, ils gardent une part secrète. A la moitié du roman, je n'ai pas idée du dénouement, une sorte d'épée de Damoclès paraît suspendue au dessus d'eux, sans qu'on sache qui au final est menacé et si la funeste Parthe tranchera le fil ou non.
C'est rare que je mette spontanément un visage sur un personnage de roman, mais je me suis constamment imaginé Jeremy Irons dans le rôle de Lefty, son charme certain et néanmoins inquiétant, son côté tourmenté et son style improbable.

De tous les états qu'ils ont traversés, je choisis le Vermont où ils ne sont pas allés mais dont il est souvent question dans le roman, comme une antithèse de ce Pacifique rêvé qui les attend au bout du chemin.





50 états, 50 billets 24/50
VERMONT






@Sofynet : il faut absolument que tu découvres le blogue de Laurence Fontaine l'auteur du roman; elle aurait droit à une mention spécial dans ton challenge ! En plus de magnifiques photos, j'y ai trouvé des articles instructifs et notamment :

ALABAMA : de 'Alabanza' qui signifie 'louanges' en espagnol
ALASKA : Ceux qui éclairent les fourrés (indien )
ARIZONA : Petite source (indien )
CALIFORNIE : d'après une légende espagnol, il s'agit d'une île mythique où vivent des amazones. le mot pourait aussi venir de "calor' en espagnol, 'chaleur'
COLORADO : 'Rouge' en espagnol
CONNECTICUT : 'sur les rives de la longue rivière' ( indien )
DELAWARE : D'après Lord de la  Warre, qui découvrit cette contrée
FLORIDE : Découverte par Ponce de Leon le jour de la 'pasqua florida' ( pâques fleuries' en espagnol).
GEORGIE : Nommée ainis en hommage au Roi George II d'Angleterre
IDAHO : 'joyau des montagnes' pour la tribu des nez-percès ou shoshone, selon les sources
ILLINOIS : Tribus des hommes exceptionnels, explorés par les français Marquette et Joliel. Ils y rencontrèrent les ' chicago', tribu amérindienne.
INDIANA : la terre des indiens en espagnol
IOWA : la belle terre ( indien)
KANSAS : Le peuple du vent du Sud en Sioux
KENTUCKY : Terre de demain en iroquois
LOUISIANE : Nommée ainsi en l'honneur u roi de France, Louis XIV par Cavelier de la Salle
MARYLAND : EN l'honneur de la reine Henriette-Marie d'Angleterre
MASSACHUSETTS : Lieu des grandes montagnes ( indien)
MICHIGAN : Le grand lac qui purifie ( indien)
MINNESOTA : ' les eaux teintées par le ciel ( indien )
MISSISSIPPI :la terre des eaux ou ' le père des eaux', selon les sources ( indien)

MISSOURI : Lieu des grands canoë ( indien )
MONTANA : Montagne en espagnol
NEBRASKA : Les eaux plates, pour les indiens Otos
NEVADA : enneigés, en espagnol, référence  à la sierra nevada, et son plus haut sommet, le Mont Whitney ( 4000 m)
CAROLINE : en l'honneur de Charles 1er d'Angleterre
DAKOTA : 'Alliés' en sioux
OHIO : 'ravissant' en iroquois ( singifie aussi ' belle rivière')
OKLAHOMA : le peuple des hommes rouges, en indien Choctaw
PENNSYLVANNIE : En l'honneur de William Penn, amiral anglais
RHODE ISLAND : référence  à l'île grecque de Rhodes
TEXAS : Amis ( indien )
UTAH : d'après les indiens 'utes' qui se désignaient comme les ' montagnards'
VERMONT : Du français les ' verts monts' nommé ainsi par Samuel de Champlain
VIRGINIE : En l'honneur d'Elisabeth 1er d'Angleterre, parfois surnommée la ' reine vierge'
WISCONSIN : COnfluence des eaux, pour la tribu Ojibwas
WYOMING : les grandes plaines ( indien )

mercredi 16 mai 2012

Dans ma BàL ces jours-ci

Un grand merci à l'organisatrice du swap anniversaire qui nous tient en haleine depuis un an (reste Mandy dans les Vosges qui attend toujours son colis, la pauvre !). Tout au long de l'année, Petitebelge avait également proposé un concours intra-swap sur le thème de " l'anniversaire-mystère ". Comme je ne suis arrivée que deuxième, elle a eu la gentillesse de me faire parvenir un super lot de consolation : des livres que  j'avais très envie de lire :
0.4 de Mike Lancaster
L'élue de Lois Lowry (la suite du Passeur découvert grâce au Babychallenge science-fiction)
La salle de bain du Titanic de Véronique Osvaldé

Ensuite, du côté des partenariats avec Livraddict ça se bouscule
Le Livre de Poche vient de m'adresser Kane et Abel de Jeffrey Archer - Chronique pour le 15 juin 2012

Les éditions Hachette jeunesse m'ont envoyé Au commencement il y avait Bob de Meg Rosoff - Chronique pour le 19 juin 2012

mercredi 1 février 2012

L'homme qui m'aimait tout bas

Eric Fottorino a une dizaine d'années quand Michel entre dans la vie de sa mère, pour leur apporter le soleil de sa Tunisie natale, la sécurité affective et la certitude d'appartenir à une famille.
Après le suicide de ce dernier, l'écrivain se penche sur les souvenirs attachés à la personne de cet homme calme et souriant, silencieux mais chaleureux, qui l'a accompagné comme un père et dont l'absence lui rappelle le prix des moments partagés.
Comme beaucoup en pareille situation, il cherche à comprendre le dernier geste et se rend compte qu'il est sans doute passé à côté de certains aspects de la personnalité de son père adoptif. Fier mais démuni, privé d'existence sociale par l'obligation de cesser ses activités de kinésithérapeute, il est parti sans rendre de comptes, mais en laissant à ses proches une ultime lettre venue du coeur.
Peu construit, le récit s'égrène au fil des pensées, suivant un ordre relativement chronologique, mais au-delà de l'évidente sincérité de l'hommage et de l'émotion, il est un peu redondant et d'un intérêt biographique qui devrait être réservé aux proches.
L'écriture est belle mais je n'ai pas vraiment apprécié cette lecture et je m'y suis reprise à plusieurs fois, avec l'impression qu'à tout moment, je pouvais quitter ce récit sans y revenir et ne rien manquer d'important.

ABC 2012   3/26

L'envie

Quand je lis la chronique de Fonelle, j'ai toujours un sourire amusé... alors j'ai cédé à la tentation de lire le roman récemment paru de Sophie Fontanel, ne sachant pas ce que cachait son titre : L'envie. Bien m'en a pris car si la fille joyeuse et délurée du magazine féminin a toujours le mot pour rire, la femme de la vie réelle a des choses profondes à dire. Elle part d'un constat lucide mais sans amertume sur la perte, l'épuisement de son désir, l'absence de repères et dit son choix de la solitude affective, pour se retrouver et redonner un espace à sa vie personnelle. Elle partage ses réflexions sur la norme et l'identité sociale, les relations sentimentales voire moins si affinités, la frénésie sexuelle, le regard des autres, etc.
J'ai beaucoup aimé l'absence de tabous, sans pruderie, ni exhibitionnisme de la confession d'une femme "libre" qui, se rendant compte qu'elle enchaîne les relations sans véritable satisfaction et plus aucune attente, choisit de se mettre en retrait(e). Le ton me semble juste pour parler et souligner une autre forme de consumérisme actuel.

ABC 2012    3bis/26
à rapprocher de La femme en bleu de Noëlle Châtelet

jeudi 5 janvier 2012

Largo Winch a vingt ans

Que cela ne laisse pas de vous surprendre ou bien que vous vous soyez souvent posé la question de son âge... ?
La/les réponse(s) à Versailles du 21 janvier au 26 février
http://www.bd-sanctuary.com/news/1059/philippe-francq-s-invite-a-versailles.html

Mon billet sur le film, les romans, la BD

jeudi 21 juillet 2011

Lucky Star

Séance nostalgie
Le Summer Star Wars me donne l'occasion de me replonger dans certaines de mes vieilles BD SF ! Lucky Starr par Fernando Fernandez, publié il y a tout juste vingt ans, correspond pour moi à une époque révolue mais que je continue à apprécier.
Attirée par son originalité et une réelle qualité graphique, je l'ai acheté en même temps que je suivais les séries pionnières de la BD SF parmi lesquelles : Les naufragés du temps par Paul Gillon et Jean Claude Forest ou Le vagabond des limbes  par Christian Godard et Julio Ribera (billets à venir).
Bien qu'Isaac Asimov ne soit pas cité (et d'ailleurs j'apprends aujourd'hui qu'il en est l'auteur), il s'agit de l'adaptation d'un épisode du Cycle de David Starr, une série de science fiction pour la jeunesse qu'il a créée sous le pseudonyme de Paul French.
David Starr est une sorte de détective cosmique chargé par le comité scientifique terrestre de résoudre des énigmes sur les planètes du système solaire récemment colonisées.
Ses enquêtes successives vont l'entraîner dans les lieux les plus emblématiques : la ceinture d'astéroïdes, les planètes Vénus et Mercure, les lunes de Jupiter, les anneaux de Saturne. Dès le premier épisode, il reçoit l'aide d'un petit homme natif de la planète rouge, John Bigman Jones, et fait une étrange rencontre avec des entités martiennes qui se cachent des humains.
Les poisons de Mars ont fait l'objet d'une adaptation par Jacques Stoquart et Eric Loutte.
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Les océans de Vénus
Un agent du comité scientifique terrestre a disparu, ce qui semble bien difficile, voire impossible, en raison de la configuration de la planète. Les conditions qui règnent sur la planète obligent les humains à vivre au fond de l'océan vénusien à l'abri d'un globe protecteur ! Pour David Starr, les surprises commencent avec les manifestations intempestives d'une entité inattendue.

vendredi 1 juillet 2011

6666 - Habemus papam

Je découvre l'oeuvre fantastique de François Froideval et Franck Tacito à travers ce premier tome de 6666, la suite des aventures qui opposèrent dans 666, Carmody le pape de l'Apocalypse à Lilith, princesse des démons, bien décidée à conquérir la Terre et à faire des hommes ses jouets.
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5000 ans ont passé : la Terre a gagné puis perdu un vaste empire galactique.

Mais voilà que l'heure de la revanche a sonné. Les troupes terrestres ont armé une flotte de vaisseaux cathédrales encore plus puissante que la précédente. Ne manque qu'un chef, un mentor pour mener les Terriens contre les planètes bellicistes. Le très saint père Leslie 12 a décidé que pour cela rien ne valait un clone de Carmody lui-même. Ramené à la vie contre son gré, il montre toujours un aussi mauvais caractère, d'autant qu'il découvre un environnement non-fumeur d'où le tabac a disparu. Leur premier adversaire sera Waldemar l'empereur du Reich... qui vient justement de mettre fin à la longue dérive dans l'espace du tombeau de Lilith, a réussi à la ramener à la vie et vient de lui offrir en holocauste le spectacle de la destruction totale de la planète Amazonia.

tome 2 Civis pacem parabellum
Au fin fond du cosmos, les forces du Bien et du Mal qui s'affrontent depuis des millénaires se déchaînent avec une rage paroxystique. Héros éternels, le Pape Carmody et Lilith la maléfique se livrent ainsi à une guerre sans repos et sans merci. Mais le pire reste encore à venir pour ces deux ennemis jurés : une menace se profile dans l'ombre, une tierce puissance risque de contraindre les deux camps à envisager l'alliance impossible.



Du coup, je suis allée lire immédiatement le premier tome de 666, Ante demonium, pour comprendre les antécédents des personnages principaux. L'imprévisible père Carmody, exorciste de troisième zone, amateur d'alcools forts et de gros calibres, c'est un peu Hellboy en soutane : trash et barbare à souhait. Les démons n'ont qu'à bien se tenir !
Je trouve pourtant que le scénario est plutôt desservi par le dessin, trop approximatif à mon goût. Sinon au second degré c'est une série assez marrante par son côté outrancier et malsain : à défaut de rire, j'ai souri.
Dans le même univers, je suis certaine d'avoir au moins Succubus dans ma bibliothèque, que je n'ai pas encore lue...

Space (c'est sûr) opera (peut être) : pour ma première participation au Summer StarWars, c'est même très très space !

mardi 12 avril 2011

Elle voit des rhinos partout [2]

Entre crédibilité et fantaisie pure, Franquin signe une série qui fait entrer Fantasio dans la longue lignée, issue de Tintin, des grands reporters intrépides.

La corne de rhinocéros 
Vous ne connaissez pas le diceros bicornis auricornis qui ne vit que dans le parc naturel de M'saragba ? Alors plongez dans la lecture du tome 6 des aventures de Spirou et Fantasio. Toujours en quête d’un reportage sensationnel pour la revue Le Moustique, le journaliste Fantasio est encore tombé sur une affaire d'espionnage industriel et de sabotage. Il entraîne son ami Spirou et l'écureuil Spip à la poursuite des plans ultra-secret d'un prototype révolutionnaire des usines Turbot. Seccotine la bien nommée et des espions zélés ne les lâchent pas d'une semelle... La piste les mène jusque dans la brousse africaine, où pour rendre service à son ami Martin, le chef des Wakukus a eu l'idée de cacher les microfilms dans la corne d'un rhinocéros. Il ne reste aux deux compagnons qu'à retrouver lequel parmi les 200 que compte la réserve !
 
Alain Surget écrit des aventures destinées aux jeunes lecteurs, qui mettent en scène un défenseur de la nature, Paul Nature.  Dans le cas présent, il cherche à éveiller leur attention aux méfaits du braconnage des animaux sauvages dans les réserves africaines, ici l'Afrique du Sud.

Dans l'ombre des rhinocéros
Tout jeune Swazi doit prouver son talent de chasseur pour entrer dans l'âge adulte : Shaka se met en route pour la réserve de Pilanesberg, où le gibier abonde. En chemin, il croise plusieurs cadavres de rhinocéros blancs plus ou moins décomposés, qui semblent avoir été broyés. Wanda, une des gardiennes du parc l'intercepte en jeep et le ramène à son village en lui conseillant plutôt d'étudier en classe.
Dix rhinocéros morts en un mois ! Les braconniers tuent pour les cornes : ils ne les auraient pas laissées en place. Personne ne comprend rien à ces massacres.  Avec l'aide de Paul Nature, les deux jeunes gens vont découvrir la cause naturelle de cette surmortalité et ramener le calme dans la réserve.