lundi 28 juin 2010
Comment les haïkus naissent dans les choux
Dans ce petit manuel rapide à lire, Gilles Guilleron initie le lecteur aux principes traditionnels des haïkais japonais dont il retrace un bref historique ; il livre ses recettes, illustrées par l'exemple, afin que chacun trouve les moyens de créer sa propre fabrique de mots du jour, à partir de son environnement et de ses expériences.
Il tempo invecchia in fretta - Le temps vieillit vite
Ce recueil de courts textes d'Antonio Tabucchi, entre nouvelles et essais, ou récits comme il les appelle, donne lieu à quelques histoires étranges à la limite du fantastique. Ils puisent leur inspiration parfois dans la réalité, mais tracent toujours une ligne poétique qui s'en éloigne, représente un travail de réflexion sur l'essence de la mémoire. L'écriture est fluide, presque sans ponctuation, en concordance avec le texte - bien que cela ne me crée pas une gêne, une difficulté de compréhension comme chez Alain Mabanckou - et traduit le flux des pensées qui s'enchaînent en continu, instants insaisissables qui s'enfuient déjà mais que l'auteur réussit à capter dans une expérimentation liant intimement fond et forme expressive.
dimanche 27 juin 2010
Rose de pierre
Je peux dire qu'Anne Bragance n'est pas là où on l'attend. Si le début est intéressant, la fin - qu'il serait dommage de dévoiler - laisse sans voix, dans une chappe de silence pesant comme la pierre !
Rose[belle] qui porte si mal son prénom est une adolescente intelligente, grosse et moche, qui souffre de psoriasis, mais surtout d'un immense complexe d'amour frustré. Entre sa mère, la redoutable Madame T. autoritaire et distante, une tante pianiste et compréhensive mais qui vit à Genève et un père idéalisé qui a disparu de leur vie pour ses quatre ans, Rose peine à trouver sa place et se réfugie dans les livres, trente cinq au total.
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Heureusement, elle rencontre la Joie en la présence de Souade, une française d'origine algérienne de la deuxième génération, qui devient son amie et lui fait partager sa famille. En dépit de leur pauvreté, les Bouhazane constituent un véritable foyer, dans la barre de banlieue où ils occupent un appartement chaleureux aux couleurs de l'Algérie. Cependant, les autorités ont décidé de raser l'immeuble devenu dangereux et les habitants seront relogés contre leur gré. Souade ne se résout pas à accepter la situation ; elle entraîne Rose dans l'immeuble déserté frappé d'interdition.
Un roman lumineux qui m'a appris, pour l'anecdote, que le nom des Deglatnour, les meilleures des dattes, mûries au soleil de l'oasis de Biskra en Algérie, signifie littéralement les "doigts de lumière".
Un roman lumineux qui m'a appris, pour l'anecdote, que le nom des Deglatnour, les meilleures des dattes, mûries au soleil de l'oasis de Biskra en Algérie, signifie littéralement les "doigts de lumière".
mardi 22 juin 2010
Pension alimentaire

Eric Neuhoff se penche avec le lecteur sur une histoire de divorce et bien plus encore : le narrateur perd son père, ses fils, sa femme et son estime pour elle, ses illusions sur la nature humaine s'il lui en restait, mais reste attaché à sa dignité et à une certaine naïveté éclairée. Je soupçonne l'auteur d'une part autobiographique, qui se dévoile à demi-mots, avec beaucoup de pudeur et suscite des éloges unanimes et mérités, comme par exemple sur
http://livres.fluctuat.net/eric-neuhoff/livres/pension-alimentaire/
jeudi 17 juin 2010
Les voies d'Anubis
Les voies d'Anubis ne sont pas impénétrables : elles ouvrent des brèches dans la surface gelée de la rivière du temps. Quatre sorciers qui ont appris à les prévoir veulent utiliser les pouvoirs du dieu cynocéphale, afin de restaurer la puissance de l'ancienne Egypte.
A Londres au XXème siècle, Cochran Darrow est parvenu à la maîtrise de ces trous de vers. Il organise une "excursion" en 1810 à l'attention de richissimes voyageurs temporels, dans le but de financer d'autres projets de recherche plus personnels.
Brandon Doyle, un universitaire californien spécialiste des poètes romantiques anglais du XIXème siècle, fait partie de l'équipe pédagogique. Il est kidnappé au cours de l'expédition et se retrouve empêché d'effectuer le voyage de retour. Retenu contre son gré dans un Londres qui évoque Les mystères de Paris, il s'évertue, à travers péripéties et rebondissements dignes des romans de capes et d'épées, à réintégrer son époque d'origine, mais se heurte à des intérêts qui ont bien peu à voir avec la science.
Une intrigue au schéma compliqué pour un intérêt en somme assez moyen
A Londres au XXème siècle, Cochran Darrow est parvenu à la maîtrise de ces trous de vers. Il organise une "excursion" en 1810 à l'attention de richissimes voyageurs temporels, dans le but de financer d'autres projets de recherche plus personnels.Brandon Doyle, un universitaire californien spécialiste des poètes romantiques anglais du XIXème siècle, fait partie de l'équipe pédagogique. Il est kidnappé au cours de l'expédition et se retrouve empêché d'effectuer le voyage de retour. Retenu contre son gré dans un Londres qui évoque Les mystères de Paris, il s'évertue, à travers péripéties et rebondissements dignes des romans de capes et d'épées, à réintégrer son époque d'origine, mais se heurte à des intérêts qui ont bien peu à voir avec la science.
Une intrigue au schéma compliqué pour un intérêt en somme assez moyen
jeudi 10 juin 2010
La légende de Gösta Berling
Suède 
A mon avis, le roman aurait pu - plus justement - s'intituler "La vie calamiteuse de Gösta Berling" tant le héros, qui semble par ailleurs avoir tous les atouts pour réussir brillamment dans la vie, fait preuve d’un sérieux penchant à mal s'entourer et à s'attirer les ennuis. Prêtre défroqué, il rejoint la compagnie des cavaliers d'Ekebu, plus prompts à la fête et aux mauvaises farces qu'au travail.
Mais il faut plutôt entendre le titre dans le sens original de "saga" ou d'épopée et non celui de "vie légendaire". J'y vois pour ma part un sens additionnel en lien avec la tradition des Contes et légendes, que rend bien l'écriture un peu surannée de Selma Lagerlöf et qui devrait séduire les amateurs. Je préfère d'ailleurs la couverture de l'édition anglaise, plus appropriée au texte à mon goût .



du même auteur, à lire peut être : La merveilleuse histoire de Nils Holgersson.

A mon avis, le roman aurait pu - plus justement - s'intituler "La vie calamiteuse de Gösta Berling" tant le héros, qui semble par ailleurs avoir tous les atouts pour réussir brillamment dans la vie, fait preuve d’un sérieux penchant à mal s'entourer et à s'attirer les ennuis. Prêtre défroqué, il rejoint la compagnie des cavaliers d'Ekebu, plus prompts à la fête et aux mauvaises farces qu'au travail.
Mais il faut plutôt entendre le titre dans le sens original de "saga" ou d'épopée et non celui de "vie légendaire". J'y vois pour ma part un sens additionnel en lien avec la tradition des Contes et légendes, que rend bien l'écriture un peu surannée de Selma Lagerlöf et qui devrait séduire les amateurs. Je préfère d'ailleurs la couverture de l'édition anglaise, plus appropriée au texte à mon goût .



du même auteur, à lire peut être : La merveilleuse histoire de Nils Holgersson.
mercredi 9 juin 2010
Quand la lune sera bleue
Tome 1 des Suites majorquines, Quand la lune sera bleue tire son nom d'une croyance populaire : il arrive très rarement qu'une seconde pleine lune se produise dans le même mois et au cours de cette nuit de "lune bleue", plus particulière qu'aucune autre, toutes les folies des hommes sont à craindre.
En acceptant un poste à Palma de Majorque, son île natale, après six années de formation sur le continent, Pilar Màs s'attendait à retrouver avec plaisir ses amis, la plongée et l'escalade, les sites enchanteurs de sa jeunesse. Elle savait aussi qu'elle renouerait avec ses vieux démons et ses problèmes non résolus.
Son rôle de technicienne de la police nationale est de photographier les scènes de crime et celles-ci ne manquent pas depuis son retour. Des morceaux de cadavres non identifiés, des mises en scène sophistiquées et sanglantes portant la marque d'un tueur violent et retors, semblent orienter les recherches vers le passé de la jeune femme en lien avec sa parentèle.
Martin Solanes, alias de Martine Mairal, signe un roman subtil sur le poids du passé, des traditions, des liens familiaux, qui donne également très envie de visiter les Baléares et d'en découvrir les paysages, les coutumes et les habitants dont les incontournables "abuelas" (grands-mères).
En acceptant un poste à Palma de Majorque, son île natale, après six années de formation sur le continent, Pilar Màs s'attendait à retrouver avec plaisir ses amis, la plongée et l'escalade, les sites enchanteurs de sa jeunesse. Elle savait aussi qu'elle renouerait avec ses vieux démons et ses problèmes non résolus.Son rôle de technicienne de la police nationale est de photographier les scènes de crime et celles-ci ne manquent pas depuis son retour. Des morceaux de cadavres non identifiés, des mises en scène sophistiquées et sanglantes portant la marque d'un tueur violent et retors, semblent orienter les recherches vers le passé de la jeune femme en lien avec sa parentèle.
Martin Solanes, alias de Martine Mairal, signe un roman subtil sur le poids du passé, des traditions, des liens familiaux, qui donne également très envie de visiter les Baléares et d'en découvrir les paysages, les coutumes et les habitants dont les incontournables "abuelas" (grands-mères).
lundi 7 juin 2010
Autopsie d'un viol
Georges Lamont rentre du travail un peu tard, comme à son habitude : sa femme agonise dans la chambre conjugale. L’agresseur, encore présent sur les lieux, tire deux coups de feu dans sa direction avant de prendre la fuite. Grièvement blessé, Lamont parvient à prévenir les secours.Pour le shérif du comté, l'affaire est entendue et son bureau recueille sans tarder la déposition du suspect, un garçon simplet, obsédé et voyeur. Mais deux autres candidats aux aveux s'accusent de l'homicide, un journaliste local en mal d'écriture et un notable scrupuleux dont la victime fut le premier amour. Un juge est chargé de départager le(s) coupable(s) et il revient donc au ministère public de démontrer l'innocence des prévenus.

Auteur et illustrateur belge d'expression française, Stanislas André Steeman a œuvré à l'introduction de la psychologie dans le genre policier et apparaît aujourd'hui comme un maître du roman à énigme. Au modèle classique anglais, où le meurtre est le point de départ d'un jeu logique, l'auteur ajoute le sens du suspense, de la cocasserie et du jeu.Un moment éclipsée par la gloire de Georges Simenon, son œuvre jouit aujourd'hui d'un regain d'intérêt. Parmi ses titres les plus célèbres, deux ont été adaptés au cinéma par Henri Georges Clouzot, L'assassin habite au 21 et Légitime défense, qui devient à l'écran Quai des orfèvres.
vendredi 4 juin 2010
Meurtres et obsessions
Le principe des collectifs présentés par Otto Prenzler est simple et efficace : rassembler quelques-uns parmi les meilleurs auteurs d'intrigue actuels sur une thématique commune et les inviter à donner libre cours à leur imagination.Quand ces dames tuent, un excellent recueil de 17 nouvelles lu précédemment m'avait permis de (re)découvrir de talentueux experts du genre.
Dans Meurtres et obsessions, 15 des maîtres du suspense américains se penchent sur le thème du désir obsessionnel et ses conséquences incontrôlables, parfois meurtrières.
mardi 1 juin 2010
Talyate's circle challenge by XL à la mi-parcours
J'étais très impatiente de recevoir ma liste de lectures 2010 et au cours de ce premier semestre, je me suis inspirée de cette sélection très largement féminine concoctée par Talyate pour aborder des lectures vers lesquelles je ne serais pas allée a priori. A la mi-parcours, le bilan est moins positif que prévu, puisqu'il me reste 15/26 titres à lire.
Récapitulatif
En janvier donc, j'ai lu quatre titres de la liste de Talyate, dont deux sans surprise car je connaissais les auteurs et deux découvertes intéressantes (mes notes de lecture étant disponibles au fur et à mesure sur mon blogue, je préfère publier ici une mise à jour mensuelle (@noldenol : ça te convient ?) :
Récapitulatif
En janvier donc, j'ai lu quatre titres de la liste de Talyate, dont deux sans surprise car je connaissais les auteurs et deux découvertes intéressantes (mes notes de lecture étant disponibles au fur et à mesure sur mon blogue, je préfère publier ici une mise à jour mensuelle (@noldenol : ça te convient ?) :
- KING Stephen => Shining
- HIGGINS CLARK Mary => Dans la rue où vit celle que j’aime
- JAHAM Marie-Reine (de) => L’or des îles
- LAROUI Fouad => Les dents du topographe.
- XENAKIS Françoise => Désolée, mais ca ne se fait pas
- STEEL Danielle => Joyaux.
- Juliette BENZONI => Les dames du Méditerranée-Express : tome 1 : La jeune mariée et tome 2 : La fière Américaine
- Christian JACQ => Le pharaon noir.
- Emile ZOLA => Thérèse Raquin, un de ses premiers romans.
- Barbara WOOD => La pierre sacrée
- Barbara TAYLOR BRADFORD => L'espace d'une vie.
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