mercredi 30 avril 2014

Un mot, des titres : PIERRE

Coeur de pierre
Comme je l'annonçais sur le forum du challenge, c'est bien le titre que je cherchais mais pas du même auteur. N'ayant pas de pierre dans ma PàL, pourtant bien lourde, j'avais été séduite par l'illustration de couverture de ce bel album autant que par le résumé. Le 15 janvier 2014
J'ai bien fait de persister car l'album Coeur de pierre répond bien aux attentes qu'il avait suscitées. C'est tarabiscoté sans être mièvre et je trouve dans les dessins d'Almanza une inspiration Jugendstil qui me plaît beaucoup. L'histoire est assez torturée et la fin plutôt sombre pour un album jeunesse. Elle confronte trois personnages illustrant des qualités de coeur qu'on retrouve associées dans des expressions : La petite fille au cœur d’artichaut aime tout le monde et plus particulièrement le garçon né avec un cœur de pierre. Elle lui offre son coeur feuille à feuille, mais lui ne sachant répondre à ses élans, les rejettent avec indifférence. Le garçon au cœur d'or aime la fillette. Il ramasse tous les petits bouts d'artichaut et le moment venu, il offre ce trésor reconstitué à la fillette mourante. Lu le 30 avril 2014
 
Pierre (bis) avec ce Coeur de pierre de Pierre Péju
En attendant, le challenge m'a de nouveau permis une belle découverte avec les personnages de Leïla (lycéenne), Schulz (SDF), Larsen (écrivain) et Juliette (actrice).
Sur une route déjà empruntée par Pirandello, Pierre Péju donne corps à un forme d'intertextualité, pleine d'intérêt et de questionnements. Les premiers chapitres montrent Schulz un homme déchu qui est sur le point d'être expulsé de sa maison et Leïla, une jeune beur qui étouffe au lycée et dans la vie à laquelle elle s'attend. Une rencontre improbable mènent ces deux êtres en souffrance sur les routes de l'Ile de France. L'objectif de Leïla est Marseille, mais le destin les arrête bien avant. Alors que Leïla est ulcérée, Mémé la noire une sorte de devineresse pleine de sagesse, lui indique un chemin... Leïla, qui comprend immédiatement que l'impensable vient de se produire, se met en quête de Larsen. Elle n'a pas l'intention de lui mâcher ses mots.
Larsen habite une curieuse maison dont la façade s'orne d'un coeur sculpté réaliste. Comme Schulz, il est en train de plier bagages car il a vendu à un promoteur qui compte bâtir un lotissement. Alors que Leïla fait son apparition dans sa vie, Juliette son épouse a disparu depuis quelque temps, suscitant la curiosité avide des villageois. Actrice en quête du rôle qui la révélera, elle aussi a accusé l'écrivain d'être sans coeur !
Un récit à clefs et à tiroirs dont j'ai aimé suivre les péripéties. C'est bien écrit, d'une simplicité apparente, mais cela soulève des questions existentielles auxquelles l'homme est exposé et ne peut qu'apporter des réponses intuitives. Qui ne s'est jamais demandé le pourquoi de tout cela ?

Le prochain mot est CHANSON, pour le 1er mars, mais pour l'instant je n'ai aucun titre en vue.
Suggestions : La grammaire est une chanson douce et La chanson de Charles Quint d'Erik Orsenna

mardi 29 avril 2014

challenge oh my, cette couverture !

C'est décalé et irrévérencieux donc irrésistible : le but est de trouver la couverture la plus kitsch et/ou la plus moche (les deux peuvent se cumuler) mais de lire le livre tout de même !
Le challenge est ouvert depuis le 15 janvier chez Cess et dure jusqu'au 15 juillet 2014.

Certains ont déjà commencé à balancer leurs souvenirs, alors je vous dit qu'il y a des perles aussi en BD et quand on parle de syndrome moussaka, j'ai des exemples qui me viennent à l'esprit !
Typiquement, j'ai toujours trouvé les couvertures du Vagabond des limbes plutôt hideuses, celle-ci en particulier, il n'empêche que je suis fan depuis toujours de la série de Godard et Ribeira.

J'ai trouvé la couverture, reste à dénicher le roman pour le lire : je n'aurais jamais cru tomber sur cette perle en explorant la bibliographie de Françoise Sagan (Le sang doré des Borgia, scénario)

dimanche 27 avril 2014

Eric-Emmanuel SCHMITT (2)


COGITO ERGO SUM... Et si la vie n'était qu'un songe ? Et si les nuages, les oiseaux, la Terre et les autres hommes n'étaient que des visions de notre esprit ? Qui n'a jamais songé que le monde n'existait qu'en, par et pour sa conscience et imaginé que les autres et le monde autour n'étaient que le fruit de son imagination ?
Dans l'impossibilité de lever le doute, il faut lire ce roman hallucinant où Eric Emmanuel Schmitt exhume les écrits d'un auteur dont le traité est allé au bout de la supposition, un texte fondateur pour les partisans de ce mouvement égocentrique extrémiste qui a pour nom Secte des égoïstes. 
Dans une salle du sous-sol de la Bibliothèque nationale, un chercheur découvre par hasard la trace d'un inconnu excentrique, Gaspard Languenhaert, qui soutint  la philosophie " égoïste "  dans les salons du XVIIIe siècle, théorie selon laquelle le monde extérieur n'a aucune réalité.
Intrigué, le chercheur abandonne ses travaux et part à la découverte d'éventuels documents sur ce singulier penseur. Mystérieusement, toutes les pistes tournent court. Conspiration ? Malédiction ? La logique devient folle. Sur les traces des disciples de Languenhaert de Paris à Amsterdam, cette enquête l'emmène au fond de lui-même, emportant le lecteur avec lui dans des vertiges hallucinants.
Lu le 11 janvier 2013

Il manquait à mon challenge Éric-Emmanuel Schmitt. La nuit de Valognes, première pièce de théâtre écrite par l'auteur, repose sur l'exploitation du mythe de Don Juan, tout en le projetant sous un jour plus contemporain. Les traits anciens empruntés à la postérité sont là, comme le fidèle Sganarelle, avec son précieux carnet, pour attester des " victoires " de son maître dans plusieurs pays d'Europe. Mais Don Juan a changé... Face au tribunal réunissant tous les modèles de femmes qu'il a bafouées, il déjoue le complot organisé par la duchesse visant à le condamner au mariage avec sa filleule et il s'en tire une fois encore, avec une pirouette qui laisse le spectateur pantois. Quelle maîtrise des idées et de l'écriture, déjà !
Lu le 27 avril 2014

samedi 26 avril 2014

Lune mauve

Pourquoi tous les romans jeune adulte me donnent-ils l'impression de se ressembler ? Une héroïne de 16 ans, des enjeux qui la dépassent et/ou une situation désespérée dont elle est la clef naïve et ignorante, deux prétendants représentant des forces antagonistes et un entourage qui n'est jamais tout à fait fiable...
Venue de Crozon en Bretagne, Séléné Savel d'Hauterive intègre le très réputé lycée parisien Darcourt. Elle est rejetée presque d'emblée par la petite communauté où la domination de sa ravissante cousine Alexia est déjà bien établie. L'arrivée d'un nouvel étudiant, le beau Lazlo, agite tout ce petit monde : sa perfection semble le destiner à Alexia, mais il joue avec elle autant qu'avec le coeur de Séléné.
L'écriture est habile et la réalité pourrait suffire à expliquer des rivalités complexes, sans même faire appel à l'imaginaire ou à la fantasy. Toujours le besoin d'en faire plus, de plonger du côté obscur de la force !
Quand l'auteur Marilou Aznar a proposé son roman en partenariat, je me souviens d'avoir été vraiment tentée, notamment par la couverture que je trouve très réussie. Maintenant, l'effet d'annonce est un peu retombé et je me sens déçue. 
== SPOILER==
La suite devrait se passer sur Viradan, le monde jumeau de la Terre, que Séléné doit rejoindre pour succéder à sa mère Iris comme messagère de la déesse lunaire Ishtar. Les couleurs de ce monde, reprises dans l'univers pictural d'Iris, donnent envie : une lune mauve, un ciel vert pâle, des prairies bleu outremer, une falaise d'un noir d'obsidienne.

vendredi 25 avril 2014

Cryptozoïque

L'écoulement du temps est le thème que partagent ces deux romans, leur autre point commun est que je ne les ai guère appréciés, pour l'un, je viens de le finir : Cryptozoïque de Brian Aldiss, pour l'autre, cela fait bien longtemps : Le monde inverti de Christopher Priest, (challenge un mot, des titres, session Monde en janvier 2012) mais depuis je n'ai rien trouvé de vraiment positif à en dire.
  1. La possibilité de voyager dans le temps, sans avoir aucune possibilité de changer le cours de l'histoire. Un artiste qui recrée des environnements, leur idéologie, l'esprit du moment. Puis vient l'idée d'inverser le cours du temps, la mort devenant une naissance, une balle retournant dans le canon du pistolet, le monde n'allant pas vers le futur mais vers le passé.
autre piste de lecture : Les évadés du précambrien (= cryptozoïque)

Les habitants de Terre ne sortent jamais au dehors. Seuls quelques élus, appartenant aux puissantes guildes, ont le droit de s'y aventurer. Que ce soient les cartographes ou ceux du rail, ils oeuvrent à faire continuellement avancer la ville, en démontant les rails sur lesquels elle avance de l'amont pour les remonter en aval le lendemain. Tous les jours, le point est fait pour situer la ville par rapport à un optimum temporel vers lequel tendent tous les efforts.
Aucun ralentissement n'est permis et il n'est bon pour personne de rester trop en arrière. Une sourde menace pèse sur les esprits, alors que le reste de la population est maintenue dans l'ignorance des faits et causes de ce cheminement perpétuel. Pourtant un jeune apprenti, futur membre des guildes, au comportement plus curieux ou plus rebelle que les autres, va perturber de ses questions l'organisation immuable et par ses prises de position mettre en danger l'ensemble du système.
J'ai trouvé le roman complexe et hermétique, même si la fin apporte une explication assez simple qui permet de comprendre la situation et que tous les indices trouvent leur place. L'image de la trajectoire hyperbolique est séduisante, mais les clefs de ce jeu intellectuel sont trop compliquées, l'incompréhension est restée la plus forte.

mardi 22 avril 2014

Ma double vie

Sociétaire turbulente de la Comédie Française (deux fois démissionnaire), critiquée pour ses excentricités, actrice, sculpteur et peintre, Sarah Bernhardt fut plus qu'une tragédienne de renom : Jean Cocteau inventa pour elle l'expression "monstre sacré". Elle croisa sur sa route Victor Hugo, Théophile Gautier, George Sand... Déterminée et très volontaire, elle parvint peu à peu, en dépit d'une santé fragile, à s’imposer par sa voix « divine » et son jeu exalté.
Dans ses mémoires publiés en 1907, elle raconte sa prime jeunesse en Bretagne, sa période mystique au couvent puis ses débuts de comédienne alors qu’elle n’a que 19 ans, son engagement pendant la guerre de 1870, la Commune, ses premières tournées, à Londres, puis à travers les États-Unis (7 mois et plus de 50 villes) ; attentive à construire sa légende, elle reste pourtant modeste dans le succès et très discrète sur sa vie privée.

Source : Bibliothèque numérique romande
Téléchargements : ePub - PDF - PDF (liseuse) - Kindle-Mobipocket - Sony Reader - word

lundi 21 avril 2014

Sang du ciel

De l'originalité conjuguée à mes centres d'intérêt m'a fait choisir ce roman : Marcello Fois est présenté comme l'équivalent sarde d'Andrea Camilleri. Or la Sardaigne est peu représentée dans la littérature et l'histoire, se déroulant à la fin du XIXème siècle, l'éloigne encore plus de nos conceptions habituelles. Les nombreuses inclusions d'expressions du dialecte local contribuent à faire de ce policier un roman du terroir, ce que l'auteur défend en soulignant des particularités insulaires par opposition aux " continentaux ".
L'enquêteur n'est pas un policier mais un avocat obstiné qui ne décroche pas de " son " affaire avant de l'avoir totalement élucidée. Poète à ses heures, il communique par rêve avec son père et ses aïeux, lorsqu'un problème l'obsède.
Filippo Tanchis, le cadet de trois frères est accusé du meurtre de Bobere Solinas. Sa tante et tutrice ne peut y croire et charge Bustianu de le sortir de prison, lequel découvre que le jeune homme est déséquilibré mais que la victime était un usurier et un indicateur. Filippo ne lui laisse pas le temps de le sauver et s'ouvre les veines. Sa connaissance de l'île, de ses habitants, de ses moeurs et des codes qui régissent la vie dans le village de Nuoro, va aider Bustianu à faire éclater la vérité.
L'atmosphère pesante est rendue encore plus oppressante par la tourmente qui souffle d'Afrique et apporte une pluie drue, épaisse et chaude qui souille de rouille les rues, les champs et abrutit les hommes et les bêtes, d'où le titre.

dimanche 20 avril 2014

Histoires de CHAOS

Le chaos en marche
Premier volet d'une trilogie signée Patrick Ness, Le bruit du couteau présente ce Nouveau Monde où tout fait bruit : les pensées des hommes, les animaux et même les choses bruissent d'une cacophonie ininterrompue. Le mal viendrait d'un virus répandu par les Spackles, les premiers habitants de ce monde et aurait causé la mort de toutes les femmes.
Todd Hewitt est le dernier garçon de Prentissville qui doit accéder à la majorité dans un mois, pour ses treize ans, au cours d'une initiation par laquelle sont déjà passés tous les habitants de la communauté. Sa mère l'a confié à Ben et Cillian pour qu'ils l'élèvent et le protègent.
Au cours d'une promenade aux limites de la ville, Todd découvre une créature dont ne filtre que du vide, aucune pensée. Il hésite devant l'inconnu, s'agit-il d'un Spackle rescapé ou d'une fille ? Viola est la seule survivante d'un vaisseau de reconnaissance mais le prédicateur du village, Aaron, bien décidé à s'emparer d'elle, nourrit de noirs desseins. Les deux enfants se lancent dans une fuite en avant, exténuante et vouée à l'échec.
J'ai moyennement aimé ce roman, pourtant entré cette année dans le classement du Baby challenge SF à un rang élevé. Il s'agit d'une sorte de roman d'aventures doublé d'une initiation, mais les rebondissements se font un peu attendre et ils passent des pages et des pages à courir presque sans manger ni dormir. C'est assez peu crédible, et encore moins les multiples réapparitions d'Aaron, horriblement défiguré mais toujours vivant, et là le registre serait plutôt l'épouvante.
Une des originalités vient du traitement graphique des sons dans les pages du roman : bruits représentés par des amas de mots juxtaposés et superposés, cris en majuscules, accents traduits par des néologismes ou des orthographes fantaisistes, une sorte de parler analphabète dont je n'ai pas saisi l'intérêt.
Lu le 20 avril 2014
 
La théorie du chaos
challenge numérique catégorie math'en mots
fractales et Poincaré sont à la base de ce roman policier de Leonard Rosen
Lu le 22 juin 2014

Edit du 7/7/17 : je ne me souviens même plus de ma lecture, heureusement il y a le blogue
extrait du résumé éditeur
La Théorie du Chaos est un plaidoyer pour la nature humaine, fondamentalement irréductible à tous les modèles mathématique, statistique ou économique dans lesquels on tente en permanence de renfermer. C'est surtout un magnifique roman d'intrigue et de suspense, d'une rare intelligence.
Avec ce premier roman salué par une critique unanime, Leonard Rosen introduit les mathématiques dans l'univers de John le Carré. Professeur à Harvard et à Bentley, il vit dans le Massachusetts et collabore au Boston Globe. La Théorie du chaos est son premier roman.

jeudi 17 avril 2014

Six appeal


Janet Evanovitch a ses fans. Je viens de découvrir les mésaventures de Stéphanie Plum dans le cadre du Baby challenge policier et j'en fais désormais partie. Autant j'ai été déçue - sur une idée assez similaire - par les Spellman de Lisa Lutz, autant les démêlés de Stéphanie avec les autres membres de la famille Plum et notamment sa grand-mère ou son cousin et patron, m'ont fait garder le sourire presque de bout en bout de ce sixième tome de la série : j'y reviendrai avec plaisir, mais il y a tellement à lire...
Tous les titres sont portés par un jeu de mots et celui-ci rend bien compte de son contenu car Stéphanie est peu farouche et cela donne lieu à quelques scènes assez torrides, avec deux beaux gosses entre lesquels son coeur balance : deux opposés, deux représentants de la loi, mais chacun d'un côté de la barrière morale, un privé et un flic conventionnel, un méchant, qui fut son mentor et exerce encore un grand ascendant sur elle et que la police officielle recherche pour meurtre et un gentil qu'elle connaît depuis l'adolescence, qui est invité dans sa famille et voudrait l'épouser.

ABC polar 2014 : lettre E
challenge numérique : chiffre 6

mercredi 16 avril 2014

De sang froid

Récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences
Inspiré par un fait divers, Truman Capote mène une enquête minutieuse. A force de détails, de témoignages, d'observations, il raconte ce qui a pu se passer dans cette nuit de novembre 1959 à Holcomb, une petite ville du Kansas. Le roman-réalité vient de naître.

Le 15 novembre 1959, quatre personnes, le père, la mère et leurs deux enfants adolescents, sont assassinés au fusil de chasse dans leur ferme située à Holcomb, dans l’ouest du Kansas. Les membres de la famille Clutter étaient appréciés dans tout le comté et rien ne semble relier les meurtriers à leurs victimes. Le crime, presque parfait car il n’existe pas non plus de mobile apparent, aurait pu rester non élucidé sans l’obstination de quelques policiers.
Le Kansas est un des états qui applique encore la peine capitale, par pendaison, et en ce début des années 60, quelques criminels jugés coupables d’homicide ont fini leurs jours dans le « coin » d’un pénitencier d’état.

On retrouve dans ce roman de Truman Capote des préoccupations proches de celles de Nell (Harper Lee), amie de l’auteur et écrivain, notamment une réflexion sur le pouvoir de justice, le droit à la défense pour tous, l’application de la peine de mort…
J'ai voulu voir également le film qui valut un oscar du meilleur premier rôle à l'acteur incarnant Truman Capote. Il dialogue de façon très intéressante avec le roman qu'il éclaire sur le métier d'écrivain, le travail journalistique et l'élaboration du roman.





50 billets, 50 états
Holcomb, KANSAS




Extrait de Wikipedia
En 1959, à Holcomb, Kansas, deux jeunes truands tuent, sans mobile apparent, quatre membres d'une famille puritaine modèle. Capote, tombant sur l'article traitant de ce crime, décide de relater cette histoire avec la plus grande précision. Pour cela, il quitte New York et part s'installer quelque temps à Holcomb, afin de recueillir le maximum d'informations sur la façon dont s'est déroulé le crime. Il recueille donc le témoignage et l'avis de la population et des autorités locales, et surtout il rencontre et interroge les assassins eux-mêmes dans leur cellule.
Capote commence par décrire le lieu du crime, une petite ville de la Bible Belt. Tous les protagonistes sont ensuite présentés, grâce aux témoignages recueillis et divers documents consultés par l'auteur. Vient ensuite la description du crime et la traque des criminels.
Le texte s'intéresse particulièrement à la psychologie des deux jeunes criminels. Capote décrit l'étrange processus qui mène de simples marginaux, rongés par une multitude de démons intérieurs, à un quadruple meurtre. Un autre sujet qui fascine l'auteur est la façon dont une petite communauté sans histoire vit une telle tragédie.
D'abord publié dans le New Yorker, en 1965, De sang-froid (1966) devient un classique de la littérature américaine du 20ème siècle. Vendu à plus de 8 millions d'exemplaires, l'ouvrage vaut à Truman Capote une immense gloire, mais le précipite également dans une dépression dont il ne sortit plus, touché à jamais par sa rencontre avec Perry Smith, l'un des deux assassins, et dans lequel il se reconnut tel qu'il aurait été, s'il n'avait pas décidé d'être écrivain.

vendredi 11 avril 2014

Soie

étape 1 du challenge des cinq continents (avec une énigme finale)
Les inscriptions sont closes, le défi est lancé, un billet par continent : Qui découvrira l'énigme en premier grâce aux indices récoltés chaque mois ? Je m'ajoute la contrainte supplémentaire de chercher des romans ou des récits basés sur le voyage.

Je poursuis le voyage vers la Chine avec deux albums autobiographiques de l'illustrateur québécois Guy Delisle : Shenzhen (2001) et Pyongyang (2003) où il raconte ses expériences dans des studios d'animation. J'ai lu récemment Chroniques birmanes (2007) qui relate un séjour d'une année à Rangoon avec son épouse, expatriée de Médecins Sans Frontières et leur fils nouveau-né.
Quatre ans plus tard paraît Chroniques de Jérusalem qui relate l'année 2008-2009 passée par la famille en Israël, et qui lui vaut le prix du meilleur album : Angoulême - Fauve d'or - 2012

Du meilleur au moins bon à mon avis :
A Pyongyang (Corée du Nord) où il passe deux mois comme superviseur dans un studio d'animation, Guy Delisle relit 1984 de George Orwell, ce qui lui permet de mettre en résonance ce qu'il constate de la vie des Nord-Coréens. Très critique et acerbe, l'album montre le confinement dans lequel sont maintenus les étrangers et l'impossibilité de toute confrontation réelle avec la population. Avec un humour grinçant, il rend compte du mélange de propagande et d'idolâtrie dont  la première dynastie communiste au monde fait l'objet : Kim-II-Sung et son digne héritier en dictature Kim-Jong-II ont une manière "incontestable" d'entretenir le culte de la personnalité et d'étouffer dans l'oeuf toute opposition. 

Shenzhen (Chine)

Myanmar 
J'en avais lu le plus grand bien tant dans le cadre du challenge PàL sèche que de celui Carnets de voyage. Est-ce pour cela qu'il s'est finalement révélé une déception ? Je m'attendais certainement à quelque chose de plus consistant et j'ai finalement trouvé le tout assez nombriliste et superficiel, avec des problématiques occidentales et une vie de père au foyer guère émaillée d'épisodes intéressants, sauf le séjour dans un établissement bouddhiste (oh zut, panne de clim' ou il n'y a plus de cornflakes au magasin du coin ou comment je pourrais bien me faire parrainer pour profiter de la piscine du club australien...)
Il y est assez peu question des conditions de vie de la population birmane, alors que c'est un privilège de pouvoir vivre plusieurs mois dans un pays tellement difficile à pénétrer ; d'un autre côté, si tout ce qui est écrit ou dessiné risque d'être retenu contre les protagonistes locaux, je peux comprendre. Il y a encore deux autres de ses précédents recueils au CDI, donc je vais pouvoir vérifier si les conditions de censure du pays ont influencé l'écriture du reportage. J'aurais aimé aussi plus de scènes aussi fouillées que les deux dessins de camions de pompiers japonais des années 40.
Lu le 11 février 2014

jeudi 10 avril 2014

Les diamants de l'hiver

Annette Byrne est la matriarche d'une famille aisée comme il en existe trop : la vie devrait leur sourire mais ses deux fils se sont brouillés à la suite d'une grave faute professionnelle, ses deux petites filles vivent des situations de couple compliquées... Elle décide d'user d'un subterfuge pour réunir tout le monde dans sa magnifique propriété à quelques heures de New York. L'occasion pour tous de se réconcilier pense-t-elle, sans imaginer que le pire sera évité de justesse lors de ce week end de décembre.
J'ai suivi le roman de Belva Plain en livre audio, un bon passe temps, même si la fin est sans surprise, qui m'a tenu toute une semaine de trajet en voiture : c'est intéressant, car la vie de chaque membre de la famille est évoquée tour à tour et j'avais envie d'entendre la suite, mais je ne l'aurais jamais lu " en vrai " car c'est un roman qui déborde de bons sentiments (les "Mon Dieu" et "Seigneur" abondent et à la longue le ton de la lectrice pour le dire m'horripilait) et n'apporte pas grand chose en définitive.

lundi 7 avril 2014

Un été indien

I remember my Grandpa, 1943, est la première nouvelle connue (avant la redécouverte de La traversée de l'été) de Truman Capote
Bobby se souvient de l'année où il a quitté, désespéré, son grand-père et la ferme familiale où avaient grandi et travaillé plusieurs générations. Son père a décidé d'aller s'installer de l'autre côté des montagnes Allegheny, afin d'accéder à une meilleure vie en ville et d'envoyer son fils à l'école. La grand-mère n'a pas survécu au choc de leur départ et est décédée le lendemain. Le grand-père a résisté huit années supplémentaires sans cesser de penser un seul jour à son petit-fils. En dépit de leur "secret" et de sa promesse, le gamin n'a pas écrit à l'aïeul chaque semaine et avec ses parents, ils ne sont jamais retournés sur leurs terres, laissées en fermage. Bobby comprend avec le recul la richesse de cet héritage humain légué par le vieil homme à la veille de leur séparation. Cette déchirure est marquée par le passage abrupt du flamboiement de l'été indien aux premières neiges d'un hiver précoce qui précipite leur départ en voiture.

Truman Capote, dont j'apprécie le style et la pertinence tant dans ses nouvelles Petit déjeuner chez Tiffany que, et même plus encore, dans son roman De sang froid, livre à son habitude une réflexion pleine d'égards et un témoignage aigu des mutations de l'Amérique profonde au mitan du XXème siècle.






50 billets, 50 états
VIRGINIE OCCIDENTALE

dimanche 6 avril 2014

Une nuit à Rome

Raphaël, presque quarantenaire, vit en couple avec Sophia. Elle lui a organisé une fête surprise avec tous ses amis avant le week end qu'ils doivent passer dans la belle famille. Une vieille cassette VHS arrivée par la poste remet tout en question : dans la tête de Raphaël, les certitudes n'ont plus leur place face aux images de la nuit de ses 20 ans en compagnie du rire de Marie.
L'album démarre sur une note dramatique qui plombe d'emblée toute la suite de l'histoire : on attend à chaque page tournée, le désastre imminent, mais l'auteur sait mener l'intrigue et son lecteur vers l'abîme. En dépit de cette ambiance oppressante, les planches sont aériennes, légères, lumineuses et forment un étrange contraste. Les explications sont livrées dans la genèse du scénario qui ajoute un contrepoint intéressant.

Des pistes sont lancées, certains personnages secondaires forcent l'intérêt, comme cette veuve italienne qui ne veut pas survivre à la disparition de son conjoint...
Lu le 9 octobre 2012
C'est un dyptique (argh) dont j'attends la suite impatiemment : elle est en cours, voir le blog de l'album

Les premières pages du second volet (tant attendu, enfin paru) montre l'incertitude des retrouvailles, puis bascule lentement dans la folle nuit de leurs 40 ans entre noce russe et palace romain, la fuite de Marie au petit matin laissant Raphaël aussi démuni que 20 ans plus tôt. Elle est restée une gamine capricieuse, voire pire, une femme fragile et déséquilibrée à la limite du point de rupture. Pourtant, lui qui devrait la fuir doublement, ne semble pas avoir tiré les leçons du passé, ni celles du présent. Je me demande s'il n'y aura pas un troisième volet, car l'alchimie entre Marie et Raphaël jette le trouble sur tout ce qu'ils vivent ensemble. D'autre part, des réponses manquent (par exemple la veuve est presque absente de cet album), Damien le compagnon de Marie accepte trop facilement sa défaite et Sophia, plus longue au pardon, pourrait bien être la dupe de nouveau, bien que mère et épouse...

On doit à Jim/Téhy le scénario de Fées et tendres automates.

Post du 11/04 : Tiens qu'est-ce que je disais... pas plus tard qu'aujourd'hui !  
Nuit à Rome 3 et 4
Hier, j'ai écrit quelques idées, quelques premiers bouts de scènes qui viennent, pour le début de Nuit à Rome 3. Je connais la dernière case de l'album. Je vois très grossièrement de quoi j'ai envie de parler. Ça s'apparente à de la sculpture, une sorte de forme sans forme actuellement, et va falloir sculpter, pétrir tout ça. J'ai un an, un an et demi pour écrire. C'est ça, le vrai luxe. Noter les idées quand elles viennent. Ça donne l'impression de ne jamais travailler…
Je vous en reparlerai probablement… :-)
dimanche 6 avril 2014

samedi 5 avril 2014

Le contraire de un

challenge des nombres : UN
Deux n'est pas le double mais le contraire de un, de sa solitude.
Ma deuxième tentative d'approche d'Erri de Luca ne m'a pas convaincue davantage que la première (Montedidio Femina - Etranger - 2002), je le regrette car j'ai le sentiment de passer à côté de l'auteur qui recueille tant de critiques favorables, j'en attendais peut être trop de ses origines napolitaines et du sujet de ses nouvelles.
Les textes sollicitent la vue, l'ouïe, l'odorat, autant que les souvenirs, parfois biaisés comme les délires fiévreux provoqués par la malaria, mais au final je n'ai pas ressenti d'engouement, ni de rejet, juste une vague incompréhension mitigée d'ennui.

mardi 1 avril 2014

Destins

Nouvelle saga au long cours sur le thème du Choix, la série orchestrée par Frank Giroud associe un nouveau duo scénariste/dessinateur à chaque tome. le lecteur aura la possibilité de découvrir toutes les vies d'Ellen au fil des 14 tomes dévoilant 5 destins parallèles selon les choix faits par la protagoniste principale, avec en filigrane, la question suivante : quelle influence nos choix ont-ils sur notre destin ? Un ultime album terminera toutes ces lignes de vie et apportera un épilogue surprenant.

tome 1 : Le hold-up - Giroud - Durand
Ellen Baker a commis un erreur de jeunesse en accompagnant Greg dans un casse qui a mal tourné, faisant trois victimes : le jeune homme, le vigile et une mère de famille. Les enregistrements ne permettent pas de la reconnaître et elle laisse accuser à sa place, Jane la compagne de Greg connue pour ses activités militantes. 
Ellen s'est racheté une conduite en s'engageant dans l'humanitaire et dix-sept ans après, épouse et mère comblée, elle est devenue "la madone des assoiffés" une personnalité en vue dans le monde des ONG. Mais après une séparation amère, l'époux de Jane, qui lui avait servi d'alibi, se rétracte et l'envoie sur la chaise électrique. Ellen est face à un choix crucial : dans l'une ou l'autre alternative, sa moralité est mise en porte à faux
Lu le 30 janvier 2014

les tomes 8-9-10-12 suivent le fil rouge de l'histoire de Frank Giroud illustrée et scénarisée par des duos d'auteurs et de dessinateurs : lorsqu'elle apprend le procès et la condamnation de Jane pour le hold up sanglant qu'elle a commis à 22 ans avec Greg, Ellen Cluster née Baker se dénonce et encourt la peine capitale dans l'Etat du Texas où elle est née avant de tout quitter pour l'Irlande et de finir par s'installer à Londres où elle travaille pour une ONG qui se bat pour l'accès de tous à l'eau potable, la WAFA

les tomes 6-7-11-13 suivent le fil bleu, Ellen ne se dénonce pas et elle part pour l'Afrique avec son convoi humanitaire, ce schéma réserve beaucoup plus de surprise que le précédent, ce qui est intéressant c'est de retrouver des points de convergence entre les deux destins
J'ai hâte de lire la suite et fin, tomes 13 et 14 où se rejoignent les deux fils