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samedi 18 avril 2020

Deux enquêtes de l'inspecteur Barry Donovan

Une nuit éternelle de David Khara
Presque 3 ans après jour pour jour, je reprends la suite des aventures de Barry Donovan, flic new-yorkais d'origine écossaise et Werner von Lowinsky, un homme pas comme les autres, transformé en vampire en pleine guerre de Sécession... Ce n'est pas tout à fait un coup de coeur au même titre que le premier tome, mais toutes les explications y trouvent place. Ceci explique peut être cela : encore quelques surprises, mais moindres dans la relation entre les deux amis, plus de place à l'enquête, en lien naturellement avec la part de fantastique du roman. J'ai adoré le préambule, où apparaît le personnage de Nicolae, entouré de mystère lui aussi. Les deux personnages féminins, la légiste Lana Carvey et l'enquêtrice Abigayle Raven, sont également un bon atout dans l'histoire. J'espère qu'il y aura une suite !
De nos jours... A peine remis d'une blessure en service, Barry est embarqué dans une nouvelle affaire sordide : le double meurtre d'un pasteur et de son jeune fils. A la demande du tueur qui s'est dénoncé, Barry se rend sur les lieux du crime.

COUP DE COEUR
Les vestiges de l'aube
En rupture complète avec la filiation actuelle des livres de vampires, mais avec juste la touche d'hémoglobine pour justifier l'appartenance au genre, le roman de David Khara explore les questionnements de Werner von Lowinsky vis-à-vis de sa condition d'immortel. Il y a dans le récit de son passé, un peu de Tara (Margaret Mitchell) qui m'a beaucoup plu.
Son alter ego dans l'histoire, Barry Donovan, est un policier durement éprouvé lors des attentats du 11 septembre, enquêteur à la brigade criminelle de New York.
L'équilibre entre les deux est subtilement et intelligemment mis en balance. 
La fin est très largement ouverte sur une perspective qui me donne envie d'inscrire immédiatement la suite dans ma WL.
à dévorer lire dans ma PàL : Une nuit éternelle
Lu le 9 avril 2017 
ABC polar : K

jeudi 30 juillet 2015

Un mot des genres # 3 : bonus

challenge Un mot des genres : La fille de la nuit (thriller)
Jane ou John Doe, c'est le nom qu'on donne aux Etats Unis aux personnes dont il est impossible de retrouver l'identité.
Découverte inanimée au pied de l'enseigne géante d'Hollywood, Jane a reçu une balle dans la tête qui au lieu de la tuer lui a effacé la mémoire. Curieusement, elle l'accueille l'amnésie comme une délivrance avec l'espoir de démarrer une vie alternative mais elle se sent bientôt menacée jusque dans sa chambre d'hôpital. Le docteur Crook, qui ne voit en elle qu'un passionnant sujet d'études pour de futures publications, refuse de la croire. Avec l'aide de Sarah, directrice d'une agence de protection rapprochée, Jane s'efforce d'échapper à un Indien qui la poursuit pour l'achever. La nuit, des crises de somnambulisme la transforment en des personnes aussi radicalement différentes qu'inquiétantes, alors que son comportement de jour semble induit par un rigoureux conditionnement. Des bribes d'existence relatives à une dangereuse et implacable exécutrice lui reviennent sous la forme de terrifiants cauchemars.

J'ai tenté de lire Serge Brussolo en SF mais j'ai eu du mal de suivre le labyrinthe de ses pensées. Dans le registre du thriller, cet aspect de son écriture fait merveille. Plusieurs énigmes s'enchevêtrent, les deux femmes trainent un lourd passé, les personnages sont ambivalents et il est difficile de distinguer les victimes des manipulateurs. Dans une hécatombe des personnages principaux, Serge Brussolo signe un thriller très très noir qui laisse peu de place à la foi en l'humanité.

dimanche 6 avril 2014

Une nuit à Rome

Raphaël, presque quarantenaire, vit en couple avec Sophia. Elle lui a organisé une fête surprise avec tous ses amis avant le week end qu'ils doivent passer dans la belle famille. Une vieille cassette VHS arrivée par la poste remet tout en question : dans la tête de Raphaël, les certitudes n'ont plus leur place face aux images de la nuit de ses 20 ans en compagnie du rire de Marie.
L'album démarre sur une note dramatique qui plombe d'emblée toute la suite de l'histoire : on attend à chaque page tournée, le désastre imminent, mais l'auteur sait mener l'intrigue et son lecteur vers l'abîme. En dépit de cette ambiance oppressante, les planches sont aériennes, légères, lumineuses et forment un étrange contraste. Les explications sont livrées dans la genèse du scénario qui ajoute un contrepoint intéressant.

Des pistes sont lancées, certains personnages secondaires forcent l'intérêt, comme cette veuve italienne qui ne veut pas survivre à la disparition de son conjoint...
Lu le 9 octobre 2012
C'est un dyptique (argh) dont j'attends la suite impatiemment : elle est en cours, voir le blog de l'album

Les premières pages du second volet (tant attendu, enfin paru) montre l'incertitude des retrouvailles, puis bascule lentement dans la folle nuit de leurs 40 ans entre noce russe et palace romain, la fuite de Marie au petit matin laissant Raphaël aussi démuni que 20 ans plus tôt. Elle est restée une gamine capricieuse, voire pire, une femme fragile et déséquilibrée à la limite du point de rupture. Pourtant, lui qui devrait la fuir doublement, ne semble pas avoir tiré les leçons du passé, ni celles du présent. Je me demande s'il n'y aura pas un troisième volet, car l'alchimie entre Marie et Raphaël jette le trouble sur tout ce qu'ils vivent ensemble. D'autre part, des réponses manquent (par exemple la veuve est presque absente de cet album), Damien le compagnon de Marie accepte trop facilement sa défaite et Sophia, plus longue au pardon, pourrait bien être la dupe de nouveau, bien que mère et épouse...

On doit à Jim/Téhy le scénario de Fées et tendres automates.

Post du 11/04 : Tiens qu'est-ce que je disais... pas plus tard qu'aujourd'hui !  
Nuit à Rome 3 et 4
Hier, j'ai écrit quelques idées, quelques premiers bouts de scènes qui viennent, pour le début de Nuit à Rome 3. Je connais la dernière case de l'album. Je vois très grossièrement de quoi j'ai envie de parler. Ça s'apparente à de la sculpture, une sorte de forme sans forme actuellement, et va falloir sculpter, pétrir tout ça. J'ai un an, un an et demi pour écrire. C'est ça, le vrai luxe. Noter les idées quand elles viennent. Ça donne l'impression de ne jamais travailler…
Je vous en reparlerai probablement… :-)
dimanche 6 avril 2014

samedi 2 novembre 2013

La nuit du fantôme

challenge tour du monde : Chine

Cette belle BD est la première publication d'une jeune dessinatrice chinoise prometteuse, Qian Yu. J'aime beaucoup le graphisme des étoffes et des parures notamment, mais aussi l'intrigue adaptée d'un roman de Ye PingPing. En dépit de certaines mises en page un peu difficiles à suivre, on se laisse entraîner par l'enquête du docteur Li (prénom Lotus), ce mystérieux lettré un peu fantasque, qui ne se déplace pas sans sa maison, le pavillon aux lotus de bon augure, et jouit de la réputation de faire revenir les morts à la vie. Le récit m'a rappelé aussi bien le style policier asiatique, que ce soit le vietnamien Tran Nhut ou le Dee Goong An chinois, que la manière toute européenne d'utiliser ses petites cellules grises sans l'air d'y toucher comme chez Hercule Poirot ou Sherlock Holmes. Une  première enquête insolite dans une riche famille pleine de secrets et adepte du Qi Gong, l'art de maîtriser l'énergie vitale.   à suivre (non publié en France)

samedi 15 octobre 2011

Challenge Un mot, des titres...

Tous les mois et demi, nous sommes de plus en plus nombreux à répondre à l'appel (une trentaine maintenant) et à partager des lectures autour d'un mot commun. Les thèmes se suivent et ne se ressemblent pas toujours : au mois de septembre, après le soleil de juillet, c'est la nuit, suggéré par Félina, qui est sorti du chapeau de Calypso. Une quatrième session démarre qui nous mènera jusqu'au 1er décembre et je vous invite à découvrir le mot secret sur le site d'Aperto Libro.

Nuit noire, une BD (trilogie) de Chauvel et Lereculey
Douce nuit, un polar de Mary Higgins Clark
en cours : Bleues nuits, des nouvelles
complétées de mes anciennes lectures :
David BENIOFF : 24 heures avant la nuit
John BERENDT : Minuit dans le jardin du bien et du mal
Marc HADDON : Le bizarre incident du chien pendant la nuit
Alain NUEIL : La mille et deuxième nuit
Daniel VAXELAIRE : Bleu nuit ou les sept vies du moine

Quelques BD lues ou à lire :

lundi 10 octobre 2011

Douce nuit

Mary Higgins Clark, en ce suspense construit spécialement autour de Noël, produit un conte émouvant où un enfant de sept ans armé de la force de son amour et de son courage affronte les pires épreuves d'une nuit de cauchemar à la veille de la fête de la Nativité.
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Une bouffée l'espoir et de rêve s'accroche à une médaille miraculeuse qui a sauvé son grand-père pendant la guerre et doit protéger son père des suites d'une opération vitale. Plus prosaïquement, le petit médaillon de Saint Christophe a permis à une serveuse de fast food de le repérer et donc de mettre la police sur les traces du preneur d'otage, car en effet, par un concours de circonstances malheureux, le petit garçon a croisé la route d'un criminel sans coeur prêt à tout pour ne pas retourner en prison.
Il n'y a plus guère de surprise avec Mary Higgins Clark : une écriture efficace au service d'un récit prenant et tragique, mais voilà, c'est tellement attendu que cela ne marche plus, je me suis sentie détachée de cette histoire qui tombe dans le piège de la facilité avec la mise en scène des angoisses enfouies d'une jeune mère : craindre la nuit de Noël pour la vie de son mari et de son fils... et apprendre au cours de la messe de minuit que la police vient de le retrouver ! Décevant et un dénouement peu crédible.









50 états, 50 billets 8/50
NEW YORK

jeudi 29 septembre 2011

Nuit noire

triptyque de David Chauvel et Jérôme Lereculey paru dans la collection Sang froid chez Delcourt (1996-1997)

Marc et (Joel) Joey sont deux amis unis depuis l'enfance. Sans être véritablement malheureuse, ils ont eu tous les deux une adolescence difficile. Les continuelles disputes des parents de Marc ont fini par aboutir à un divorce. Le beau-père de Joey est un homme violent et Joey a préféré quitter la maison après lui avoir rendu coup pour coup. Marc fait de petits boulots, sans continuité. Joey a toujours de l'argent plein les mains. Un jour, il se fait prendre par la police et purge une peine de prison. A sa sortie, il n'a qu'une idée : ne pas y retourner. Marc l'héberge. Il travaille aux Jonquières, un centre d'hébergement pour jeunes handicapés moteur. Joey l'accompagne lors d'une soirée. Le lendemain, deux policiers débarquent pour les interroger. Dans un accès de colère, Joey fait feu sur eux. Il convainct Marc de fuir avec lui en Espagne.
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L'histoire débute... au rythme de leur longue nuit de cavale, avec une alternance de retours en arrière sur des moments de leur enfance : 9 ans... 10 ans... 15 ans... 22 ans et des projections dans la préparation du procès d'assises. Un découpage très très classique, des encrages marqués, de larges zones d'ombre... j'aime le traitement de la couleur, des tonalités tranchées, sans dégradés et le texte qui apparaît hors cadre, en dessous de la zone de vignettes comme en voix off, les minutes de l'interrogatoire de Marc par l'avocat de la défense commis d'office qui cherche à comprendre et à trouver ces fameuses circonstances atténuantes qui parsèment les souvenirs de Marc dévoilés tout au long de l'intrigue. En dépit du caractère criminel de l'affaire, la fin ne manque pas d'être bouleversante et d'interpeler tout juré potentiel de cour d'assises.

mardi 26 octobre 2010

Bleu nuit ou les sept vies du moine

Institutrice, Florence Leblanc est également pigiste dans un journal de l'île de La Réunion. Globalement contestataire, elle est plutôt contre les idées reçues et l'ordre établi, mais elle ne pourrait certifier que son action est à la mesure de son engagement moral.
Sujette à un accès de déprime un soir de réveillon, elle s'amuse à taquiner les esprits à l'aide d'une planchette de oui-ja. A sa grande surprise, elle obtient une réponse qui la dérange, mais va bientôt l'entraîner dans une aventure spirituelle hors du commun.
D'abord sceptique puis séduite, elle devient la confidente d'un ancien moine napolitain, défroqué et quelque peu pirate, fondateur d'une république utopiste, libertaire et égalitaire. A travers une série d'entretiens "téléphoniques", Angelo lui fait partager ses doutes, tout en lui racontant sa vie et celle de plusieurs personnages ayant en commun l'océan indien... et une dague mauresque ancienne et délicatement ouvragée.
Communication avec l'au-delà ou allégorie de l'éveil de sa conscience, Florence subit peu à peu l'influence du moine qui semble poursuivre à son égard un dessein connu de lui seul et parvient tour à tour à l'émouvoir, la questionner, la pousser à agir.
Daniel Vaxelaire signe un roman subtilement construit où il pose de façon multiple la question de l'identité et de la construction de soi.

lundi 20 septembre 2010

La mille et deuxième nuit

" Dans un sérail chatoyant et secret, la Reine déchue appelle les Concubines et les Eunuques à s'allonger à tour de rôle sur le divan du conteur, afin de confier, sans risque d'être inquiétés, toutes les histoires du harem dont chacun et chacune a été l'acteur ou le spectateur. "

Alain Nueil fait revivre, sous un titre déjà choisi en son temps par Théophile Gautier, les mystères de la cour du roi de Perse Shahryar et de sa légendaire concubine Shéhérazade.
Il imagine que le plus insignifiant des scribes, Halemi, ait écrit dans l'ombre de ces importants personnages, des contes d'inspiration très personnelle, prêtant des propos tour à tour licencieux ou séditieux aux occupantes et gardiens du harem.

Il écrit dans une langue charnelle et impudique qui évoque les sortilèges d'un lointain Orient fantasmé, monde clos du harem où les existences sont entièrement vouées aux lois du plaisir et où les sens imposent un art de vivre qui trouve sa légitimité entre le païen et le sacré. Il est professeur agrégé.

J'adore l'opulence toute orientale de ce tableau de Matisse.

lundi 13 avril 2009

24 heures avant la nuit

A coups de flash back, David Benioff dresse le portrait de Monty Brogan, beau gosse, flambeur, dealer, enfant chéri de Manhattan.
24 heures avant la nuit suit le cours ordinaire de la journée de ses deux amis d'enfance, jusqu'au moment où ils vont le rejoindre pour clore, par une soirée d'adieu, la dernière journée de liberté de Monty dont on comprend qu'il doit se présenter à l'aube pour une incarcération de sept ans, après qu'un de ses proches l'a trahi.