lundi 28 septembre 2020

Donato Carrisi [2]

ABC polars : lettre C
Autour d'une saison : titre en rouge
Bingo : 25. une scène d'amour + photo
Consigne validée pour Piwi : 11. une enquête 
Tenebra Roma
Une enquête de Sandra Vega et Marcus 
La bulle pontificale de Léon X est au coeur du troisième roman de la saga Marcus et Sandra : alors que les intempéries plongent Rome dans un black out total de 24 heures, l'avertissement du pape se réalise... La ville est plongée dans l'obscurité où l'impunité assurée permet les pires atrocités. Le prêtre pénitencier et l'ex-enquêtrice photo doivent élucider dans ce très court délai l'énigme d'un jeune garçon enlevé 9 ans auparavant. Je découvre les personnages et je me suis attachée à eux, j'ai cru en eux jusqu'au dénouement, ce qui m'a sans doute permis de relativiser l'angoisse du suspense. L'auteur tend des ressorts à double voire triple détente ; pour une fois les attendus sont déjoués, même je suis restée un poil en dessous du Chuchoteur pour le côté immersif.
 
Le chuchoteur
Une enquête de Mila Vasquez
Prix SNCF du Polar - 2011
Je n'ai vraiment rien vu venir... ou plutôt j'avais ma petite idée, que certains éléments sont venus étayer... et je me suis complètement fourvoyée. J'aime bien cette idée qu'une intrigue puisse me surprendre, car j'ai parfois le sentiment que mon plaisir de lecture s'émousse par manque de stimulation. Le choix de nouveaux auteurs apportent cette bouffée d'étrangeté.
J'ai emprunté et écouté Le chuchoteur en audiolivre, en prévision d'un déplacement assez long, je n'ai pas vu le temps passer ! En réserve, tout prêt dans ma PàL, j'ai encore un roman de Donato Carrisi qui m'attend. J'en suis contente et j'espère qu'il me plaira autant.

Je ne connaissais pas le terme de chuchoteur : un tueur en série " subliminal " avec ceci de particulier qu'il agit par suggestion sans que rien ne le relie en apparence à la victime ni au meurtre. Les explications de l'auteur en épilogue, avant les remerciements, est aussi intéressante que bienvenue.Albert est le nom de code donné par les enquêteurs chargés d'élucider l'enlèvement de cinq fillettes, suivie de la découverte d'un cimetière de bras, puis de la mise en scène, au compte-gouttes, de cinq cadavres. Le criminologue Goran Gavila qui manage Sara Rosa, Boris et Sterne, bénéficie de la confiance et du soutien du chef Roche. L'anticipation manifestée dans la réalisation du plan, qui se révèle cadavre après cadavre, et le raffinement dans le défi déconcerte l'équipe pourtant bien rodée. Mila, une nouvelle collègue spécialisée dans la recherche d'enfants disparus lui est adjointe.   
Ecouté le 24 juin 2020

vendredi 25 septembre 2020

La fenêtre jaune

Random et ABC Polars : lettre B
Autour d'un saison : G2-4 - thriller
Bingo de l'automne : 4) créatures surnaturelles + PIWI 1) se passe en CALIFORNIE

La couverture de La fenêtre jaune de Serge Brussolo annonce un thriller inédit. Très orienté science fiction, voire fantastique, il y est question de relativité du temps. L'intrigue soulève des questions éthiques intéressantes : les personnages y répondent en fonction de leur caractère, mais ils restent, en particulier Cassie, assez prévisibles. Les plus improbables sont les V.E. ou virtual ego, des créatures surnaturelles nourries d'énergie et de rancoeur. Je regrette que le cadre de l'intrigue, un environnement historique qui puise au contexte de la guerre froide mais aussi à une vision fantasmée de la guerre de Sécession, soit abordé trop brièvement et de façon superficielle. J'ai apprécié le suspense longtemps maintenu entre une mystification ou un phénomène paranormal qui défie toute logique et j'ai rêvé, émerveillée, à la beauté des objets issus de la transmutation.

Dans une réserve indienne située en plein désert de Californie, des carambolages étranges se produisent autour de l'autoroute zéro, une base militaire désaffectée, destinée pendant la guerre froide au lancement des super-bombardiers menaçant Moscou. Les premiers indices y conduisent Cassidy et Mitch lancés à la recherche de Woody et Nathan, le frère et le petit ami de la jeune femme, disparus à quelques mois d'intervalle sans laisser de traces. Les renseignements et preuves matérielles fournis par Ziggy Starboy et un indien Shoshone, deux solitaires vivant près de l'ancienne piste d'envol les rend perplexes et dubitatifs. Mais le retour de Nathan affecté d'un mal contagieux qui transforme tout être vivant en or pur les décide à tenter à leur tour l'abordage de la mystérieuse fenêtre jaune qui s'ouvre certaines nuits pendant une fraction de minutes.

jeudi 24 septembre 2020

Deux enquêtes du vice-commissaire Carl Mørck

Random et ABC Polars : lettre A + BONUS septembre : adaptation cinématographique

Autour d'un saison : roman de plus de 500 pages

Bingo de l'automne :  + PIWI : Grand Prix des lectrices Elle 2012 - Policiers.  Les prix scandinaves les plus prestigieux couronnent la première enquête de l'inspecteur Mørck.

Misericorde de Jussi Adler-Olsen

Après une bavure qui a entraîné la mort d'un de ses équipiers et la paralysie de l'autre, le vice-commissaire Carl Mørck est relégué dans les sous-sols de la préfecture de police et nommé à la direction du fictif département V, à l'initiale de la parlementaire qui est à l'origine de sa création. Il s'attend à couler des jours ennuyeux et passifs, mais ce n'est pas du goût de Hafez el Assad, son assistant-homme à tout faire. Parmi les dossiers non résolus figurent une affaire qui a fait les échos de la presse cinq ans auparavant. Merete Lyyngaard, une étoile montante de la scène politique d'opposition, a disparu sans laisser de trace sur un ferry assurant la liaison entre l'Allemagne et le Danemark. J'ai assez vite soupçonné les éléments de résolution de l'enquête, bien qu'ils aient été assez habilement dissimulés. Ma meilleure surprise est venue d'ailleurs et je ne l'aurais pas envisagée si je n'avais déjà lu précédemment le tome 4 de la série. Contre toute attente, l'improbable et hétéroclite duo fonctionne pour le lecteur : la figure entourée de mystère mais charmeuse du réfugié politique syrien contrebalance le peu avenant mais habile enquêteur Danois.

Dossier 64

Quelle déception alors que je croyais bien ajouter le Danemark à mon tableau des nationalités ! Néanmoins j'ajoute une lettre - le A - et une nouvelle équipe à mon challenge ABC polar avec Dossier 64 de Jussi Adler Olsen et les trois membres, plus atypiques les uns que les autres, du département V, le service des affaires classées de la police criminelle de Copenhague. 

Carl Mørck est vice-commissaire ; la saga existe depuis déjà trois tomes, ce qui fait que je ne sais pas comment les deux autres l'ont rejoint. Hafez-el-Assad, Assad pour ses collègues, possède de multiples talents, mais pas de ceux dont son supérieur aimerait se vanter en public ; il a été parachuté dans le service qui occupe le sous-sol de la préfecture de police et de larges pans de son passé et de sa vie actuelle sont obscurs. Rose, ou parfois sa soeur Yrsa car elle souffre de dédoublement de la personnalité, n'a pas sa pareille pour dénicher dans les archives des affaires pendantes qui méritent d'être élucidées ; elle a la langue bien acérée et quand elle tient une idée, elle ne la lâche plus...

Résumé :
A la fin des années 80, quatre personnes disparaissent mystérieusement en l'espace de quelques jours. Jamais élucidée, l'affaire se retrouve sur le bureau du Département V. Carl Mørck et ses improbables assistants, le réfugié syrien Assad et la pétillante Rose, ne tardent pas à remonter jusqu'aux années 50 où s'ouvre un sombre chapitre de l'histoire danoise : sur la petite île de Sprögo, des femmes sont internées et stérilisées de force sous la direction du docteur Curt Wad, obsédé par l'idée d'un peuple " pur ". Plongé dans une terrible histoire de vengeance, Mørck enquête cette fois dans le milieu politique opaque d'une société danoise où l'influence des extrêmes se fait sentir.

Dans la veine des "socio-polars" scandinaves, Jussi Adler-Olsen prétexte un roman pour s'emparer d'un sujet d'investigation qui touche à un point douloureux du passé national. Généralement, je n'apprécie pas ces fictions, parce que les thèses développées ne se mêlent pas harmonieusement à la trame narrative fictionnelle et je trouve les passages descriptifs, parfois intéressants mais souvent très ennuyeux. Ce n'est pas le cas dans Dossier 64. Au milieu du 20ème siècle, de nombreux pays européens se sont laissés tenter par les convictions eugénistes et ont exclus, de gré ou de force, des centaines de femmes du droit d'être mères. L'enquête du département V le conduit vers les milieux d'extrême-droites qui ne reculent ni devant la force, ni devant les moyens de parvenir à leurs fins politiques. Un double rebondissement vient clore l'affaire et si une partie du scénario est attendue, l'ensemble est plein d'imprévus et de surprises agréables, comme les histoires parallèles de Carl, Assad et Rose. 

Lu le 4 septembre 2017

mardi 1 septembre 2020

Agnès Martin-Lugand [3]

 

 

Les couvertures figent bien l'attente suspendue... Des femmes blessées, engourdies, une forme de dépaysement, de renouveau possible, l'amorce d'un amour salvateur, une recette qui se répète mais un style qui se lit bien ; j'ai été contente de retrouver Diane et Edward après quelques années de blogue, la fantaisie de Félix et l'idée du café littéraire " Les gens heureux " ; Hortense et Elias m'ont moins convaincue, mais restent tout de même attachants.

A la lumière du petit matin
À l'approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, jusqu'au jour où le destin la fait trébucher...
Lu le 1er septembre 2020

Saga Les gens heureux lisent et boivent du café
Diane perd brutalement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Égarée dans leur souvenir, elle s’exile en Irlande.
tome 2 : La vie est facile, ne t'inquiète pas
Rentrée d'Irlande, Diane est décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire.
Lu le 31 août 2020

Les gens heureux lisent et boivent du café
La vie de Diane bascule avec l'accident de voiture qui coûte la vie à Colin son mari et leur fille Clara âgée de six ans. Elle végète pendant un an, traînant dans les souvenirs de leur appartement parisien, incapable de s'intéresser encore au café littéraire qu'elle a ouvert avec Félix. Décidée enfin à se reprendre en main, elle s'exile en Irlande et loue un cottage au bord de la plage, dont l'unique voisin, un photographe, est souvent absent. Mais ses quelques rencontres avec Edward provoquent des étincelles.
L'auteur, Agnès Martin-Lugand, est psychologue clinicienne de formation. Le roman parle de deuil bien sûr et de difficile reconstruction, avec des mots qui touchent. Clara est ouvertement écorchée, mais Edward ou même Félix, l'un ténébreux et l'autre solaire, cachent leurs propres fêlures sous des abords plus rudes.
J'ai aimé le titre qui me l'a fait emprunter, j'ai aimé le texte qui fait partager un fort attachement à l'Irlande, évoque avec beaucoup de bonheur ses paysages grandioses autant que sauvages et donne envie d'aller à la rencontre de ses habitants.
La suite : La vie est facile, ne t'inquiète pas

Lu le 26 février 2017